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Full text of "Scene di Venezia"

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CARACTERE AR ICE RER RONA ER ACT R P 


THE LIBRARY 
OF 
SARAH COOPER HEWITT 


PRESENTED IN MEMORY OF 
HER FATHER 


ABRAM S. HEWITT 


AND HER SISTER 


ELEANOR GARNIER HEWITT 


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Prononcé par les lèvies d’un bon 
citoyen le nom de patrie y appelle 
toujours un doux sourire; ce nom 
ebranle toutes les facultés de l’es- 
prit et inonde lè coeur de la joie la 
plus pure; c’est lui qui a enfanté 
tant des héros, c’est la muse qui 
nous inspire les hymnes les plus tou- 
chans, c’est la source sacrée des plus 
nobles vertus. Mais si c’est le nom 
d’une patrie illustre, d’une patrie 
distinguée per sa civilisation et ses 
vertus; le nom d’une patrie qui a été 
le modèle de toutes les nations et qui 
dans tous les temps a brillé du plus vif 
éclat, ne devient-il point alors une 
Voix secrète qui ordonne à tous ses 
enfans de ne rien négliger pour culti- 
ver les lauriers immortels qui ceignent 
le front de leur mère? Venise, bien 
qu'elle ait aujourd’hui perdu sa 
nationalité, est pourtant si grande 
dans l’histoire, si intéressante dans 
sa chûte, si imposante jusque dans sa 
dépendance, qu’elle offrira toujours à 
l'esprit et au coeur le plus intéres- 
sant sujet d’ étude. Belle par son ciel, 
belle par ses monumens, Venise est 


Quando* suona il nome di patria. 
sul labbro del vero cittadino gli ec- 
cita un amoroso sorriso; a questo 
nome entro al petto il cuor si con-. 
fonde fra la gioia e l’ ebrezza del 
gaudio; è un nome che fece .degli 
uomini eroi; egli è la musa ispira- 
trice delle più calde desianze; il 
maestro più saggio di discipline no- 
bili ed eccellenti. Che se questo nome 
valga una patria illustre, una patria 
per leggi di civiltà e di ‘costumi di- 
stinta; se questa sia stata 1} modello 
de’ governi, se conseguito abbia un 
alto grado di reputazione e di pos- 
sanza, non solo nei facili ma nei 
difficilissimi tempi, allora non è ella 
una voce arcana che intima ad un 
suo fislio di usar dell’ ingegno e del- 
la mano a coltivare gli allori di cui 
il erine adornossi? Vinegia, benchè 
di sè ormai non signora; è tuttavol- 
ta tanto grande ne’ suoi fasti, tanto 
interessante nella sua caduta; tanto 
imponente nella sua dipendenza, che 
puote ben d’ assai per indirigere la 
mente ed il cuore a parlare su lei, 
Bella pel suo cielo, bella ne’ suoi 


üne nation; de la forme du gouver- 


nement mème qui varla et se mo-- 


‘ difia selon les circonstances, des mo- 
yens auxquels ies Vénittens eurent 
recours pour arfiver au plus haut 


degré de grandeur, de richesses et 


de puissance; de toutes les institu- 
tions en um mot qu’ un génie puis- 
sant laissa après lui comme un te- 
stament du passé, institutions qui sé 
divisent en sacrées et civiles, com- 
prenant dans les, premières toutes 
fes oeuvres spéculatives et morales, 
arustiques et littéraires, dans les se- 
condes l’influence du élergé sur le 
peuple, selon PEvangile, conforme 
aux principes répüblicains. 

Ces fondemens, que l’on péut re- 
garder comme la cause et l’effet du 
pouvoir dans un etat, devaient don- 
ner aux moeurs une empreinte origi- 
nale. En. effet, puisque les premiéres 
causes d’ action ont été differentes 
chez les Venitieus de celles de tout 
autre peuple antique et moderne, il 
est clair que les consequences, c’est- 
a-dire les inoeurs, devarent aussi 
l'être. Or, cela une fois prouve, il est 
evident que tout progrès devait être 
mecessalrement subordonné à l’im- 
pulsion prennère chez un peuple 
qui ne fut à sun berceau ni abso- 
iumeut miserabile, ni absolument 
tranquille, mars parfaitement initié 
aux secrets de la grandeur et de 
la prospérite dout il avait joui ju- 
squ' alors sur le’ continent. L'image 
de la prosperite ne saurait s’effacer 
du coeur humain ; les oeuvres de l’es- 
prit et du coeur, comme celles de 
la force physique, devaient donc se 
ressentir de leurs causes premières, 
bieu qu'aux siècles du moyen âge 


forme del reggimento stesso che si 
accrebbero e modificarono secondo 
le circostanze della repubbiica ; dai 
mezzi di cur Viniziani usarono per 
fiorire in uno stato esteso, ricco € 
potente ; da tutti quegli studi ancora 
che il genio prosperoso fascia qual 
testamento di ciò che fu, i quali si 
spartiscono in civili e sacri, negli 
uni comprendendo tutte le opere spe- 
culative e morali, artistiche e let- 
terarré, negli altri la influenza det 
clero sul popolo secondo il Vangelo, 
che si conforma ad ogni foggia di 
regolare civile governo. 


Da queste fonti, che ponne dirsi 
la causa e l’effetto dei poteri di uno 
stato, 1l costume doveva prendere 
un carattere di origimtalità, concios- 


siadio, date le prime cause di azione 


differenti da quelle di ogni altro po- 
polo antico e moderno dell'universo; 
era conseguente la particolarità del 
medesimo. UI0 provato, ogui ragione 
di progresso doveva essere subor- 
dinata alle prime impressioni del- 
l’utile appresso un popolo che nei 
suoi principit non era assolutamente 
misero nè perfettamente iranquillo; 
sì per intero istruito di ciò che è 
grandezza, perchè di poco nella Vi- 
uegia terrestre la aveva lasciata. Le 
immagini della fortuna fiorente sono 
di un'impronta incancellabile nelle 
menti umane; quindi così le opere 
dell’ intelletto e del cuore, siccome 
quelle della mano, seutir dovevano 
delle cause loro, benchè nel secoli 
di mezzo, od a dir meglio in quel- 
li della quasi barbarie, odorino del 
depravato gusto, che pero, dobbiam 


se (4 


è 

pu pour mieux dire de la quasi-bar- 
barie, elles aient subi l'influence du 
mauvais goût qui, toutefois, nous de- 
vous le dire pour l’honneur de notre 
patrie, ne vint jamais à bout de de- 
truire ce caractère de grandeur et de 


solidité qui distingua les grecs et 


les romains. 


Ayant considéré l'originalité des 


moeurs comme la conséquence d’une . 


cause première dont dépendent les 
accroissements de la république, il 
est aisé de reconnaître l’origine des 
moeurs particulières ou présentes qui 
se relient précisement aux générales. 

Cette union prouve que la diffé- 
rence entre les coutûmes répubh- 
caines et les présentes consiste seu- 
lement en ce que l’ urbanité des 
gouvernemens républicains était bien 
faite pour allumer dans tous les coeurs 
l’ ambition la plus noble, tandis qu’ 
aujourd’ hui les coutùmes sont plu- 
tot un moyen de divertissement in- 
différént, mais nécessaire au soulage- 
ment de la population. 

Après avoir exposé la raison de la 
différence entre les moeurs antiques 
et modernes de Venise, faisant toute- 
fois dépendre ces dernières des pre- 
mières, nons ayons cru sage de suivre 
un système logique dans leur classi- 
fication, les divisani en deux parties, 
sacrée et civile, parties qui furent phi- 
losophiquement développées par les 
anciens. Nons avons cru en outre que 
Ja méthode la plus avantageuse à ado- 
pter dans l’exposition des moeurs de 
Venise, c'était de suivre naturelle- 
ment l'ordre des saisons, commençant 
par les délassemens de |’ automne. 


Chaque trait caractérisque de ces 


moeurs forme une scène particulière, 


LA 


Li 


dirlo, non fu mai potente a distrug: 
gere ne’ nostri quel 


grandioso e quel 
solido, ch’ erano i 


grandi caratteri 
# 

per cui le greche e le romane opere 
si distinsero, 


Così messa la originalità del costu- 
me come conseguenza di una prima 
causa da cui le ragioni del progresso 
della repubblica dipendono, è facile 
comprendere la provenienza de’costu- 
mi particolari od odierni che per noi 
a punto a’ generali si collegarono. 

Cotal colleganza è pruova che la 
differenza fra gli usi repubblicani 
ed i presenti consiste soltanto in 
questo, che quelli del governo ari- 
stocratico valevano ad incendere 
negli animi il desiderio di emulare 
intraprese gloriose che rimembra- 
vano, mentre 1 monarchici sono piut- 
tosto mezzo di divertimento indiffe- 
rente, ma necessario al sollievo della 
popolazione. 

Dopochè esponemmo la ragione 
della differenza fra gli antichi e mo- 
derni costumi di Vinegia; ai quali 
ultimi peraltro demmo ‘una dipen- 
denza ai primi, ci parve opportuno 
voler tenere la via del raziocinare 
nell'ordinamento dei medesimi, con 
lo spartirli in due parti, civile e 
sacra (parti che pur furono filosofi- 
camente svolte negli antichi); e piut- 
tosto miglior cosa estimammo pren- 
dere le odierne usanze civili di Vi- 
negia secondochè si osservano nel 
volgere di un anno, cominciando 
dalle villeggiature autunnali. Ciascuu 
tratto di questi costumi forma una 
scena particolare, ché non è consen- 


— 8 — 


ear il est gontrare aux principes 
dé Ja saine logique de rallier plu- 
sieurs choses de nature différente à 
un trait particulier; il faut les sé- 
parer les unes des autres, si l’on ne 
veut point faire disparaître sous 
Jeur nombre le fait même qui en est 
le sujet. 

Il semblera peut-être inconvenant 
que dans cet ouvrage nous ayons passé 
des principes les plus élevés à des de- 
scriptions minues et familières, mais 
nous trouvons dans ce que nous avons 
dit jusqu’à présent de l’idée et du plan 
général de cet ouvrage une réponse 
toute prête: c’est, nous le répétons, 
que l’on doit étudier les effets jusque 
dans leurs causes, et que l’on ne sau- 
rait traiter un sujet moral sans le 
considérer sous ce rapport. Que l’on 
ne s’avise donc point de nons ac- 
cuser inconsidérément d’ incohéren- 
ce; en fait de moeurs, pour si min- 
ces et si humbles que soient les ef- 
fets, leurs causes importantes et so- 
lemnelles leur prêtent toujours l’ ine 
terêt le plus grand. 


Nous avons exposéle caractère moral 
de cet ouvrage ; espérons que, grâce 
au motif qui nous l’a inspiré, il sera, 
sinon loué, du moins excusé par les 
bons citoyens, et que les étrangers le 
considéreront certes comme une in- 
contestable preuve de patriotisme ; 
mais lorsque nous réfléchissons qu’ 
un ouvrage de ce genre équivaut à un 
abrégé moral de tout ce qui s'opère 
dans un état, nous devons avouer que 
l’entreprise est épineuse et que l’ef- 
fet n'y répond point toujours à notre 
bonne volonté. En un mot, entrepren- 
dre d’ extraire: de l’histoire entière 


Ziente al principit ‘di un buon ra- 
gionare se in fatto di costume vi 
concorrano assieme cose di natura 
differente, le quali debbono disce- 
verarsi le une dalle altre per non 
distruggere il fatto medesimo che n’e 
il soggetto. 7 


Ad alcuno potrebbe sembrare per 
ayventura incongruo esser noi in 
progresso dell’ opera da sottili prin- 
cipii passati a descrizioni minute e 
famigliari; ma, da quello che sin qui 
abbiam messo fuori per far cono- 
scere l'indole universale di questo 
nostro lavoro deriviamo la risposta 
che ci giustifica. Perchè abbiam det- 
to che gli effetti devono conside- 
rarsi entro le loro cagioni, e che per 
nessuna guisa sì può traltare cosa 
morale senza considerarla in questo 
rapporto. Chi volesse adunque in- 
colparci d’' incoerenza è avvisato di 
guardarsi a'piedi, avvegnadio il co- 
stume da cause grandi e solenni pro- 
cedente, per quanto minuta é semplice 
ne sia la descrizione, ha un’ impor- 
tanza assai rilevante. 

Esposto il carattere morale della 
nostra opera, noi, per il fine che ci 
spigne ‘a pubblicarla, crediamo che 
dagli amatori della patria, se non di 
laudi seguita, sarà almeno scusata, e 
da’ stranieri avuta certamente come 
un saggio di patrio affetto. Quando 
poi siam consci a noi stessi che 
imprese di questa guisa equivalgono 
ad un compendio morale di tutto 
quello che si opera in uno stato, 
dobbiamo confessare che |’ assunto 
è arduo, i mezzi spesso disacconci 
e talora impacciati, e talfiata troppo 
spediti. Infatti egli è istesso clie an- 


RARO 


d’un pays une pensée qui indique 
avec une certitude morale le cara- 
ctère général et particulier de ce 
même pays, c’est la plus pénible et 
la plus ardue de toutes les entreprises. 


Au reste, nons avouons franchement 


que c’est sur l’analyse que nous avons 
posé les fondemens de cet édifice 
litiéraire et patriotique. Si dans la 
synthèse notre faible talent et nos 
efforts ne réussissent pas toujours à 
le satisfaire, nous prions le lecteur 
d’avoir égard aux efforts que 1° a- 
nalyse a coutés à notre esprit, et de 
vouloir bien croire que nous aurions 
pu peut-être constamment nous sou- 
tenir, si dans les difficultés diverses 
que nous rencontrions, nous avions 
toujours pu nous passer de génie. 
Exiger partout des phrases recher- 
chées et des vérités largement dé- 
velloppées, des raisonnemens subtils 
et profonds à Ja fois, un’ style élé- 
gant et rapide, ce serait prétendre 
que la matière fut ioujours élevée 
et susceptible de tous les genres d’é- 
loquence. 


dar a trovare l'addentellato fra i ro- 
vi e le prunaie quando s'imprende 
a volere da tutto quanto fece un 
governo spremere un concetto che 
indichi il carattere generale e par- 
ticolare di quello con una morale 
certezza. Confessiamo d’altronde, che 
questo luogo a cui attaccare la fab- 
brica, direm così, de’ nostri studii 
patri fu da noi rinvenuto per la 
analitica, Che se nella sintesi ci ven- 
ner meno loingegno e l’arte, nol non 


facciam altro che pregare sì ris- 


guardi alla fatica della mente messa 
nell’ analisi, e si reputi che l’arte 
forse sarebbe stata ad essa per tutto 
sollecita soccorritrice, se nelle diffi- 
coltà grandi che si paravan davanti 
avesse potuto sempre da se senza 
lo ingegno bastare. Quindi lorchè 
si richiede in, ogni cosa la es- 
pressione. studiata e la verità am- 
plamente svolta, i ragionamenti ac- 
cortamente distesi, la lingua sempre 
vezzeggiante e vispa, non si farebbe; 
altro che chiedere una veste solenne 
per il giorno delle angustie. 


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UN MOT DE PREFACE UN CENNO PROEMIALE 
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Jamais préface ne fut plus juste- 
ment motivée, j'ose le dire, que celle 
qu'on va lire, si toutefois les quel 
ques lignes qui suivent méritent un 
titre st pompeux. On n°y trouvera 
certes point, selon l'usage, un pa- 
négyrique ennuyeux de l'ouvrage 
qu'elle précède, encore moins un 
insignifiant étulage d’eloges men- 
diés et obtenus de la complaisance 
de quelques amis: c’est tout sim- 
plement l'expression d'un sentiment 
vrai, et l’accomplissement du plus 
sacré des devoirs, celui de rendre 
hommage à la vérité, 

Arrivé en Italie, 1 y a quelques 
mots, imbu des préventions défavo- 
rables que les Français mes com- 
patriotes ne portent que trop sou- 
vent duns ce payss et que bon nom- 
bre d’'entr'eux, ce qui est bien pis 
encore, reportent obstinément dans 
leurs foyers, j'ai été plus heureux 
et plus juste que ces derniers. 
Quelques semaines de séjour ont 
. dessilé mes yeux ; Jai reconnu 
clairement toute l'injustice de mes 
preéventions, et certes, je ne pre- 
ends point avoir eu méme en cela 


Mai fu prefazione; come io ho; 
che più di questa necessaria tornas- 
se, se però alle poche linee da cui 
essa risulta possa darsi una simile 
appellazione. Esse non formeranno 
il panegirico all opera che prece- 
dono, ed a gran pezza meno un’ 
insignificante enumerazione di elo- 
gi; le più volte dall’amicizia e dalla 
simpatia derivati; ma la significa 
zione di un sentimento vero, e 
l adempimento del più sacro dove- 
re: dare omaggio alla verità. 


Giungeva în Italia da pochi mesi 
imbevuto di sfuvorevoli prevenzioni 
verso la stessa, delle quali riempiuti 
arrivano quivi quasi sempre i miet 
compatrioti francesi, e sogliono 
con seco riportarle, cosa fortemente 
peggiore, ripatriando. Io fui più 
felice e più giusto di questi, av- 
vegnadio alcune settimane di $0g- 
giorno mi fecero cadere dagli occhi 
la benda, e chiaramente conobbi 
ingiuste le mie prevenzioni. Nè di 
fermo perciò io vanto merito al- 
cuno. L'accoglienza ch'io nv ebbi 


le moindre merite 5 l'accueil que 
j ai recu de torts les Italiens, et des 
Venitiens surtout, était trop franc 
et trop hospitalier pour qu'il en 
put étre üutrement. Libre alors des 
préjugés qui avaient jusque là trou- 
blé ma vue et fuussé mon jugement; 
j at pu voir les Italiens tels qu'ils 
sont; c’est-a-direé bien différens de 
ce que la plupart des voyageurs 
nous les ont dépeints. Peuple déchu, 


mais non degenere ; hunulié, mais 


non aviliet demoralisé, les Italiens 
peuvent encore se montrer dignes 
de leurs ancètres, jadis maitres de 
L'univers: ve dei 

Je tv arrête ; ce n'est point si: 

rement la matière ou la bonne vo- 
lonté qui me manques mais les 
bornes que je me suis fixées et 
une autre raison encore ne me per- 
mettent pas de m’ étendre sur ce 
sujet comme je le voudruis. D? ail- 
leurs ce n° est point une upologie de 
la nation italienne que jul entrepri- 
se: cette noble tiche est réservée à 
de plus illustres défenseurs. Pour 
moi, en écripant cette préface, je n'a 
eu d'autre but que d'exprimer pu- 
bliquement ma sympathie pour le 
peuple italien; sympathie si vraie 
que, venu à Venise dans l'intention 
de ne n'y arreter que quelques se- 
maines, j y suis depuis plusieurs 
mois, et j y resterai probablement 
long=temps encore, ayant entrepris 
la traduction que je présente au- 
jourd hu au public. 

Puisque l’ occasion d'en parler 
s'offre st naturellement ici, je vais 
en profiter pour renfermer en 
quelques lignes tout ce que je crois 
«io à dire à ce propos: c'est que 


1 


4 


setta 


da tutti gli Italiani, e dai Vinigia- 
ni specialmente, fu così cordiale e 
sincera; che veniva impossibile mi ri- 
manessi nelmio primo pensiere. Li- 
beratomi dai pregiudizi che furono 
della nua mente signori, mi venne 
fatto di vedere gli Italiani tali e 
quali essi sono, cioè differenti molto 
da quello che dallu meglio parte dei 
viaggiatori descritti mi furono. Po- 
polo decaduto, ma non degenerato; 
umiliato; ma non avvilito e demora- 


lizzato, gli Italiuni hanno ben donde 


per reputarsinon indegni di que’ lo- 
ro maggiori che stesero lo scettro 
di dominio sulla terra universa . . 

E qui facciò sosta; non già per- 
chè muitria 0 volontà mi mun- 
chi, ma per la prefissami brevità. 
D’ altra parte non è questa un’a- 
pologia della nazione italiana ch'io 
stami proposto; assunto che ad- 
domanderebbe un ingegno ben al 
mio superiore ; imperocchè per 
questi cenni non riquardai ad altro 
da quello infuori di manifestare 
la mia simpatia per il enetico po- 
polo ; simpatia cost vera e così 
sentita che, condottomi a Vinegia 
col divisamento di fermarmivi poco” 
tempo, fanno bene alcuni mesi ch'io 
mi vi trovo, e rimarrovvi d'ayvan- 
taggio, conciossiachè abbia preso a 
voltare nella francese favella la 
opera presente. 


Giacchè spontaneamente mi è 
pérta occasione di parlarne, ne 
vuo’ trar profitto per racchiu- 
dere in poco quello ch'io vorrei 
dire su tal proposito, cioè ch'io 


cei 
je n'aurais jamais publié un ou- 
vrage français à l étranger, et en- 
core moins une traduction, si l’ a- 
mitié n° avait point triomphé de mes 
scrupules et de mes irrésolutions. 
Tout lecteur intelligent appréciera 
aisément mes motifs. 

Quant à l'accueil que cette pu- 
blication recevra en Italie, il doit 
m'intéresser à double titre; en effet, 
si j'étais assex heureux pour qu'on 
l’y accueillit avec indulgence, mon 
coeur, plus que mon amour-propre 
encore, serait charme d'un suffrage 
que je considererais, non seulement 
comme un succès flatteur, mais aussi 
comme une nouvelle preuve de la 
bienveillance italienne. Au reste, 
quelque sort le destin qui l'attend, 
cette traduction aura toujours un 
grand prix à mes yeux: elle n'a 
fourni l’occasion de rendre justice 
à un peuple trop souvent calomnié; 
mon témoignage est malheureuse- 
ment bien peu de chose dans la ba- 
lance de l’opinion publique, mais au 
moins certes, n'est-ce point le mé- 
rite de la sincérité qui lui manque. 

C’en est assez ; après avoir volé 
un instant avec mes propres ailes, . 
je vais humblement les replier main- 
tenant et reprendre mes chuines 
de traducteur ; je m'y résigne avec 
moins de regret, à présent que mon 
coeur au moins et ma conscience, 
dirais-je presque, sont satisfaits ; 

J'ai accompli ce que je regarde + 
_ comme un devoir véritable, j'ai réa- 
| lisé un de mes voeux les plus chers, 
et j'ai prouvé à mes amis que je 
n° hesite point au besoin à repeter 
hautement ce que je leur ai dit 
tant de fois en particulier. 


non qvrei pubblicato guammai in 
estero paese un’opera franzesca, e 
meno una traduzione, se l amicizia 
non avesse trionfuto de’ muei seru- 
poli e delle mie irresoluzioni. Gli 
intelligenti lettori qiustificheranno i 
miei motivi. 

In quanto all'accoglimento che 
questa traduzione in Italia riceverà, 
deve doppiamente interessarmi. In- 
fatti, se abbastanza fossi fortunato 
di vederla con indulgenza accolta, il 
nuo cuore più ancora del mio amor 
proprio godrebbe deliziosamente di 
un suffragio che considererei non 
solo come un lusinghiero successo, 
ma extandio siccome novel benevolo 
contrassegno dell’ italiana nazione. 
Tuttafiata, quantunque sia il destino 
che le è riserbato, questa traduzione 
avrà sempre un gran merito agli 
occhi miei, di avermi sommbaustrata 
l'occasione di render giustizia ad un 
popolo troppo spesso calunniato. 
Che se la mia sentenza è di un gra- 
do ben lieve nella bilancia della pub- 
blica opinione, ail essa certamente 
non mancail merito della sincerità. 

Dopo essermi un istante soste- 
nuto con le mie proprie al, vado 
umilmente a ripiegarle e ripren- 
dere le mie catene di traduttore. 
Mi vi rassegno con meno ramma- 
rico, adesso che il mio cuore e la 
mua coscienza vennero soddisfatti. 
Ho adempiuto a quel che considero 
come un sacro dovere, ho realizzato 
uno de’ voti miei più cari, ho pro- 
vato a’ miei amici che non esiterò 
mu un solo istante ad esternar 
altamente quello che dissi lor tunte 
volte in particolare. 


iz SOL La into y: 


Ke” 


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Origine des moeurs venitien- 
nes et caractère particutier 
qui les distingue. 


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Delle fonti de’viniziani costumi 
e come per esse abbiano un 
carattere loro particolare. 


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+ . cite riche d’or, mais plus 
encore de gloiré; puissante par ses 
richesses, plus puissante encore 
par sa vertù ; fondee sur de solides 
marbres, assise plus solidement en- 
core sur les bases dela concorde ci 
vile; entouree par les flots incorru- 
pübles de la mer, protegée par des 
lois plus incorruptibles éncore. 

PETRARQUE. 


Si, animé par les plus nobles, senti- 
mens de l’amour patriotique; on aimait 
à s’entretenir de temps en temps des 
objets qui intéressent le plus vivement 
Vesprit et le coeur d’un bon citoyen, 
certes on ne saurait mieux faire que d’é- 
iudier les moeurs du pays qui nous vit 
naître, d’ exposer les scènes de sa vie 
privée et de dessiner ses fastes inscrits 
dans les oeuvres admirables d’ un génie 
industrieux et puissant. Mais si ces 
moeurs privées sont parfaites et classi= 
ques, siles plus merveilleux chefs-d’oeu- 
vre des nations civilisées de l’ancien et 
du nouveau monde à peine peuvent sou- 
tenir la comparaison avec ces prodigieux 


ouvrages, alors notre espril, uniquement 


occupé de la gloire de nos ancetres, peut 
s’élever au plus haut dégré d’ enthou- 
siasme, et égaler, s’il est possible, par 
V étude de l’esprit et la force de la pa- 
. role, ce muet mais éloquent langage de 
la vie privée et des chefs-d’oeuvre des 
arts. Or, si l’on veut comparer les Vé- 
nitiens avec les autres peuples et pro- 
noncer un jugement sur le plus ou moins 


. + » città ricca d’oro, più ricca 
di fama ; potente per facoltà, più 
potente per virtù; fondata sopra 
solidi marmi, più solidamente 
piantata sulle basi della civile 
concordia ; cinta da salsi incor- 
ruttibili flutti, protetta da più in- 
corrutubili consigli. 

PETRARCA. 


Quando con le più calde disposizioni 
di animo patrio di tratto in tratto piaces- 
se andare intrattenendosi sugli oggetti 
che toccano più da vicino il cuore e la 
mente di un vero cittadino, nessuna co- 
sa riuscirebbe migliore da quella in fuori 
di meditare il costume della terra che 
ci fu culla, e quindi di trarre le scene 
della vita privata, e di delineare i di lei 
fasti espressi nelle opere maravigliose 
dell’ industre genio possente. Ma il pri- 
vato costume se sia eccellente e classico, 
se le meravigliose operazioni del genio 
appena appena ammettano comparazione 
con quelle delle nazioni incivilite dell’an- 
tico e del nuovo mondo, allora l'animo 
vòlto alla. contemplazione della gloria 
dei maggiori, trova accendimento per 
ispignersi alto, ed adeguare, se possibile 
fosse, colle espressioni della mente e del- 
la parola quelle eloquentissime del co- 
stume e delle esterne opere. Quindi se 
voglionsi compararele cose fra di loro, ed 
istituirne raziocini intorno alla minore o 
maggiore ‘bontà di costume e di ester- 
na produzione, noi certamente i costu- 


sl 


de perfection des moeurs et des arts chez 
les uns et chez les autres, il est hors de 
doute qu’un tel parallèle ne peut qu’ac- 
croître encore le trop juste sentiment 
d’amour national qui nous anime à trai- 
ter un tel sujet, i 
Mais comme il est impossible de détail- 
ler à la fois les causes particulières de 
toute chose, voici le plan que je me pro 
pose de suivre dans l’examen de tout ce 
qui concerne les moeurs Vénitiennes anti- 
ques et modernes et ses productions ar- 
tistiques : dans les premières pages, je 
traiterai en général toutes les questions 
capables de donner une connaissance 
exacte des unes et des autres, me résers 
vant d approfondir plus tard cette ma- 
tière dans un discours détaillé sur le su- 
jet en question. De ceite manière, on 
pourra saisir plus facilement la vérité 
des propositions générales, èt une lu- 
‘miére plus pure se répandra en même 
temps sur celles qui, bien qu’ elles en 
semblent séparées au premier abord, se 
rattachenttoutefois intimement aux prin- 
cipes généraux. 
Quiconque veut établir un système 
général sur les moeurs des peuples: ne 
saurait s’écarter des premiers pas qu’ils 
firent dans leur enfance, C’est lorsque les 
peuples débutent sur li scène sociale qu? 
ils manifestent au publiciste un caractère 
particulier qui les distingue, et ce cara- 
ctère est toujours l'effet du besoin. Les 
Vénitiens, à l’aurore de leur existence 
politique, ne furent ni aflligés par une 
extrême indigence, ni exempts des crain- 
tes qu’ éprouvent tous les hommes qui 
fuient l’ esclavage pour chercher la liber- 
té. Ainsi leurs premières actions procé- 
daient d’une crainte et d’un besoin pré- 
sents. Mais les besoins et la crainte dans 
des âmes libres et patriotiques, bien loin 
de les abrutir, les aiguisent au contraire 
et les perfectionnent, parce qu’ ils les 
obligent à chercher les moyens d’éloigner 


l’une et de subvenir aux autres. 


mi e le ÿiniziane opere con quelli e 
con quelle degli altri popoli raffrontan- 
do, avremo assai di che nutricare l’in- 
terna fiamma di patrio affetto che a co- 
desto meditare ci sprona. 

E perchè tutte le particolari ragioni 
delle cose non si porieno andare. rivili- 
cando, così a sporre ordinatamente tutto 
quello che ha pertinenza al costume vi- 
niziano antico e moderno, ed alle pro- 
duzioni artistiche, scientifiche e letterarie 
de’ Viniziani, noi fin dal principio, gene- 
ralmente dicendo, metteremo fuori tutti 
que’ragionamenti che inducano un'esatta 
conoscenza di queste e di quello, rimet- 
tendoci alle nozioni particolari nel di- 
scorso minuto dell’uno e dell’altre, don- 
de più agevolmente si comprenderà la 
verità delle generali proposizioni, e si 
spargerà lume di chiarezza col mezzo di 
questo*sopra quelle le quali, quantunque 
sembrino disparate, pure si collegano 
strettamente coi generali principii. 


A stabilire norme generali sui costu- 
mi dei popoli non può discostarsi dalle 
prime mosse che essi fecero nella loro 
infanzia. Egli è quando gli uomini se- 
gnano sul quadro sociale i primi lor toc- 
chi che al pubblicista mamifestano qual 
carattere peculiare li distingua dagli 
altri; e questo carattere è l’ effetto del 
bisogno. Viniziani fin dal primo albore 
della lor vita non furono nè astretti dal- 
P estremo rigore dell’indigenza, ned il- 
lesi dai timori che hanno gli uomini che 
fuggono servità per salvar libertà. Per- 
tanto l effetto della loro azione primiti- 
va procedeva da un bisogno presente e 
da un presente timore. Bisogno e timore 
in animi liberi e conti delle cose civili 
non infermano gli spiriti, sì li assoliglia- 
no, caldamente inviandoli a rinvenire 
que’ mezzi che valgano ed i bisogni a 
rimuovere ed i timori a sgomberare. 


Pourstiivis par les barbares, les habi- 
tans de la terre-ferme se réfugièrent sur 
nos ilôts déserts et fangeux, et la, soit qu’ 
ils trouvassent d’anciens habitans, comme 
c’est l’opinion la plus commune, suit qu? 
eux-mêmes s ÿ établissent les premiers, 
ils ne voyaient autour d’eux qu’une mef 
immense et libre, des terres incultes et 
des ennemis qui, s’ils ne pouvaient tottf- 
menter les peuples, les épuiser, les pri- 
ver de leurs biens, ne leur laissaient pas 
un instant de paix dans leurs demeures. 

Nos ancetres, ayant trouve un asile, et 
connaissant à fond les arts et les métiers, 
cherchèrent, pressés par la nécessité, les 
voies qui répondaient le mieux à leurs 
besoins. Déjà, errants sur de petites bar- 
ques ; ils. parcouraient | Adige, le Ta- 
gliantento, le Sile, la Livence, échangeai- 
ent les denrées du continent avec les 
produits de la péche,etse rendaient aus- 
si souvent atiles aux pays voisins pour 
le transport des marchandises. Ces pre-. 
miers essais de leur industrie et le voi- 
sinage de la mer indiquaient assez clai- 
rement aux Vénitiens la route qu’ils de- 
vaient suivre, tandis que la terre-ferme 
était désolée par les barbares, l Ita- 
lie oppressée, et perdue toute espé- 
tance d’un meilleur avenir. Le nom- 
bre des habitans s’ accrut rapidement, 
et les besoins de la vie s’ étant accrus 
en même temps par une suite toute na- 
turelle, ils s’adonnérent à la marine, et 
parcoura nt les mers, fréquertérent les 
nations étrangères. Enhardis par le bon 
succès de leurs premières expéditions, 
ils bornèrent moins leurs désirs, et 
bientôt une foule d° entr’ eux, débar« 
quant tantôt sur une côte, tantôt sur une 
autre, glanèrent de leur mieux dans les 
propriétés d’autrui, et transportèrent 
leurs gains avec ardeur au sein de leur 
chère patrie. 

Alors se présentèrent d’autres besoins 
que ceux de la vie matérielle. Les riches- 
ses immenses dont regorgeaient les îles 


e 


Sur isolotti deserti e limacciosi quei 
del continente portavansi, e quivi, o. che 
tinvenissero, come è universale opinione, 
antichi abitatori, o ch'eî, dalle barbari- 
che incursioni sospinti, primi vi si pos 
nessero, non vedeano intorno the mare 
immenso e libero, terre inculte e nemici 
che se non poteano fafestare i popoli 
mungendoli e disertandoli di ogni benc; 
non gli volevano quieti e tranquilli nelle 
loro sedi. 


Riparati così i nostti primi avi, con- 
scii delle arti e mestieri in mezzo alle 
angustie delle cose, mossero da quella 
parte che più rispondeva 21 loro biso- 
gni. Giù per F Adige, pel Tagliamento, 
pel Sile, per il Livenza con alcune bar- 
chette andavano vagando, € permutavas 
no co’ prodotti della pesca le merci del 
continente; e talfiata giovavano a’ paesi 
vicini con trasportare derrate. Questi 
principii di loro industria, ed il mare vi- 
cino suggerirono a’ Viniziani assai facil- 
mente a cosa dovessero volgersi, mentre 
il continente era discorso dai barbari, 
gli Italiani erano oppressati, ed era vòlta 
in fuga ogni speranza di fortuna miglio= 
re. Quindi accresciuti di numero, e di 
conseguente cresciuti anco i bisogni, 
eglino si posero sul mare, e quiñct € 
quindi scorrendo, pratiearono con le na- 
zicui straniere, e fatti audaci dell’ esito 
bene avventurato delle prime spedizioni, 
allargarono i toro desiderii, ed in breve 
molti di que’ valorosi misero un piede 
or su questa or su quell’altra costa, spi- 
golando dell’ altrui quel meglio che po- 
terono, e nel seno della patria diletta a- 
lacremente trasportandolo. 


Qui sursero altri bisogni che non era- 
no quelli di far procaccio de’ mezzi di 
sostentare la vita. Riboccando nelle isole 


enfantèrent Pavidité et l’ambition qui ne è 


croissent et ne se dévellopent jamais das 


vantage que lorsque les intérets coms - 


muns ne sont pas réglés et contenus par 
un bon gouvernement politique et civil: 


Ce fut à cette époque que l’on posa 
les bases de la constitution républicaine 
exclusivement destinée à garantir la li- 
berté ou à toûrner à l avantage du bien 
national les forces particulières des mem- 
bres qui composaient le naissant Etat dé 
Venise: 

Nos ancêtres s étaient d’abord lais: 
sé gouverner par des tribuns, mais ces 
magistrats , ne décidant rien sur les 
affaires d’ importance sans le consente: 
ment, de l'assemblée nationale, appor- 
taient mille retards et mille empeches 
meris dans les cas qui exigeaient de sa- 
ses et promptes ‘résolutions. Voulant 
donc obvier à cet inconvénient; on ju+ 
gea necessaire de concentrer le pouvoir 
dans les mains d’un seul à qui l’on don: 
ha le nom de doge et le droit de décider 
de son chef, lorsque tous les membres du 
conseil national ne pourraient se rassem- 
bler. Cette élection fut la souree de nos 
tables avantages, mais elle causa aussi 
de grands maux. En effet la puissance 
ducale se rapprochant beaucoup du pou- 
voir royal et absolu, les doges boule: 
werserent souvent les interets nationaux, 
et exposerent l État aux plus terribles 
conséquences: 


\ 


Le droit d’hérédité que P on accorda 
et ravit alternativement aux fils des do- 
ges, selon qu'ils se rapprochaient plus ou 
moips du mérite de leurs pères, pronve 
évidemment que ces chefs de la répu- 
blique, investis d’ un pouvoir si éten- 
du, prévariquèrent quelquefois, et que 
la nation était si jalouse de sa liber- 
té qu’elle n° hésitait pas un instant 
à la revendiquer lorsqu’ elle la croyait 
sérieusement menacée. Remarquez en 


gran copia di dovizie tolte agli altri, le 
umane cupidini germogliarono, lè quali 
allora crescono piucchemai e si distendo- 
no quando i comuni interessi non sono 
ancor regolati e bene disposti per politico 
e civile governo. i 

E qui fu dove si posero le basi fon: 
damentali della repubblicana costituzio- 
ne; le quali intesero esclusivamente a 
guaréntire la libertà e ad attivare con 
maggior frutto dei beni nazionali le for- 
ze dèi singoli membri ehe il nascente : 
stato veneto componevano. 

Erano già in sulle prime i nostri la: 
sciatisi reggere ai tribuni; ma questi 
poteri divisi; benchè in cosé universali 
non deliberassero che col consenso della 
nazionale assemblea, erano di grande 
rintoppo ad espedirsi di quelle bisogna 
che domandavano sensate e pronte riso- 
lazioni. Indi si pensò che a questo difet= 
to volendo provedere, mestieri fosse di 
concentrarli in una sola persona, a cui 
diessi il titolo di doge, ed il diritto di 
deliberare nelle circostanze in cui tutte 
le persone votanti nel nazionale cons 
cilio non si potessero convocare. Sur- 
sero non per tanto grandissimi danni, 
benchè da questa elezione. d’ altronde 
rilevanti vantaggi provenissero ; con- 
ciossiaché la ducea, essendo pressoché 
regia ed assoluta autorità , dapprinci- 
pio non cessò di manomettere qualche 
fiata gl interessi nazionali, e di esporre 
lo stato alle conseguenze le più formi- 
dabili. 

Il diritto di eredità che fu tolto e 
concesso alternativamente a’figliuoli dei 
dogi secondochéè più o meno si accosta- 
vano ai buoni diportamenti paterni, 
prova evidentemente che codesti capi 
della repubblica di tanto potere inve- 
stiti prevaricarono qualche volta, e che 
non s’infermesse mezzo a- rivendicarla 
quando veniva soverchiamente minac- 
ciata. Aggiungi, questa libertà, la quale 
poteva assai nci cuori dei veneti, chia. 


outre que cette liberté, qui avait tant 
d’empire sur les coeurs vénitiens, démon- 
ire clairement que leurs chefs savaient 
accorder parfois les droits suprémes avec 
ceux de la liberté, choses si opposées 
d'ordinaire. Et puisque le gouvernement 


d’un prince bon, sage, actif et prudent 


peut en quelques années faire fleurir le 


bien public, même dans le pays où un 
long esclavage a énervé et détruit l’es- 
prit national, à plus forte raison les 
princes Vénitiens, qui étaient souvent 
des hommes d’ un grand mérite, choisis 
qu’ils étaient par la nation elle-même, 
pouvaient diriger à leur gré vers le but 
que leur ambition croissante leur in- 
diquait un peuple qui jouissait, dans 
toute sa plénitude, de la force d’hom- 
mes libres et résolus. Et voilà pourquoi, 
bien que l’autorité ducale eût été re- 
streinte avant le VIII.® siecle, déjà nos 
ancétres étaient assez hardis et assez 
puissants pour battre sur mer les Es- 
clavons, s’opposer vigoureusement aux 
progrès des armes françaises sur la ter- 
re-ferme, acquérir rapidement une in- 
fluence étonnante à Byzance, dominer sur 
l’Italie inférieure et élever Venise à un 
haut dégré de splendeur. Il est donc 
prouvé que si le gouvernement d’un seul 
parmi des hommes libres peut, s’il vient 
à prévariquer, entraîner des maux et 
des inconvénients, passagers d’ailleurs, 
incalculables sont les avantages qu’il 
procure lorsqu'il s accorde avec l’esprit 
national. La forme du gouvernement ne 
pouvait néanmoins avec le temps s’ada- 
pter et se plier aisément aux besoins du 
pays. Venise s’accroîssait à vue-d’oeil, ses 
relations s’étendaient, et, par suite,sesin- 
téréts commencaient naturellement à se 
diviser en extérieurs et intérieurs. Vou- 
lant donc régler les uns et les autres, il 
fallut, soit pour les internes, soit pour 
les externes dispositions, adjoindre aux 
doges d’autres personnages distingués par 
leurs vertus et leur mérite, à qui l'on 


, in quegli stati 


riva eziandio che i capi loro qualche 
volta sapevano temperare co’diritti sus 


remi quei della libertà, cose dissocia- 
te; in un tempo anteriore. E siccome 
la vita di un buon principe, saggio, pru- 
dente ed attivo puote in breve giro di 
anni far fiorire ogni bene civile anche 
ove la spirito naziona- 
le non è pronto ed alacre per antico 
servire, così i principi viniziani, che 
buoni occorrevano spessissimo , perchè 
eletti dal comune consenso della nazio» 
ne, tanto meglio potevano drizzare il 
governo a quegli scopi che i crescenti 
desideri conseguire volevano, perche po 
tevano usare della forza di uomini liberi 
e volonterosi. Ed ecco, benchè prima 
del secolo VIII l'autorità dei dogi fos- 
se poco ristretta, che i nostri potevano 
armare legni per battere gli Slavi, o sì 
veramente gli abitatori delle liburniche 
e dalmatiche coste, opporre alla forza 
delle armi franzesche, farsi ragguarde- 
voli in Bisanzio, imporre all Italia infe- 
riore, ed innalzare Vinegia ad un alto 
grado di floridezza. Ecco dunque vero 
che se il governo di un solo fra uomini 
liberi prevaricando . produce danni e 
questi transitorii, tenendosi collo spirito 
nazionale i massimi vantaggi importa e 
conduce. La forma però del governo 
coll’ andare del tempo non si poteva di 
leggieri a’ nazionali bisogni intieramente 
acconciare. Di giorno in giorno che Vi- 
negia ampliavasi i suot rapporti cre. 
scevano, e pertanto i suoi interessi co- 
minciavano naturalmente a dividersi in 
interni ed esterni. Volendo adunque 
che gli uni agli altri si componessero 
bene, era mestieri che tanto pegli in- 
terni quanto pegli esterni provvedimen: 
ti accedessero alla dignità ducale altri 
personaggi per virtù e per meriti di. 
stinti, a’ quali venisse addossata o que» 
sta o quell’altra porzione di reggimento, 
ma così, che la privata amministrazione 
come pubblica manifestamente apparis- 


+ 


+ 


ore 


pùt confier les diverses branches d’ admi- 
nistration, mais de telle manière pourtant 
que la gestion privée fùt considérée com- 


A : . SU, 
me gestion publique. Par suite, de vio» 


lens soupçons commencèrent à germer 
dans l'esprit du peuple qui, à mesure que 
la prospérité s’augmentait, voyait ceux 
qui, dés long-temps, se fesaient appeler 
nobles, usurper sous ses yeux tantôt 
l’un, tantôt Pautre des droits qui ap- 
partenaient auparavant à la société 
commune; usurpation qui enfanta bien- 
tôt l’exaspération des esprits, les sou- 
lévemens, les révoltes et mille autres 
troubles publics qui auraient abouti à la 
ruine de la république, si les patriciens, 
dont le pouvoir s’ était consolidé avec 
le temps, n’eussent définitivement ré- 
servé à eux seuls le droit de décider 
sur la chose publique et décrété que le 
salut de l Etat exigeait le cessation de 
tous rapports entre nobles et plébéïens. 
Il est vrai que cette décision fit couler 
bien du sang, mais pour si terribles qu? 
\ en furent les conséquences, elles le fu- 
rent moins aux nobles qu’ aux plébéiens 
qui se virent dépouillés sans retour d’un 
droit qui leur était si précieux. Les 
grands aussi s’en ressentirent vivement, 
à dire vrai, tout victorieux qu’ils é- 
taient, car le peuple ayant refusé de 
les secourir dans plusieurs guerres qu’ 
ils avaient alors sur les bras, les nobles 
pris à la gorge, se virent contraints à 
dissiper en frais de guerre les trésors 
amassés pour les besoins publics et l’em- 
bellissement de la capitale (1). L'esprit 
variable du peuple finit enfin par se plier 
aux circonstances et le pouvoir, partagé 
d’abord entre tous, s’étant concentré en- 
tre les mains de quelques grands, le gou- 
vernement devint une véritable aristocra- 
Lie. Les nobles voyant, leur puissance tel- 
lementaccrue après la victoire remportée 
sur le peuple, jugèrent à propos de di- 


(1) Laugier. 


se. Nacquero quindi le suspizioni grandi 
negli animi de’popoleschi, i quali secon- 
doché le fortune aumentavano, vedevan- 
sì andare innanzi quelli che fin dapprima 
si dicevano nobili, e pigliarsi or questo 
or quello diritto che d’ avanti alla co- 
mun societade apparteneva; e perciò le 
concitazioni degli animi, le insorgenze, 
le sollevazioni, le riotte, e mille altre 
civili disturbanze occorsero , le quali 
intentavano la rovina del governo, se i 
nobili, afforzatisi del potere, risolutamen- 
te non avessero tirato a se ogni facoltà 
di deliberare nelle cose pubbliche, e 
messo bando che in appresso, per le esi- 
genze dello stato, le comunicazioni fra 


_ nobili e plebei non avrieno potuto sus- 


sistere che con universale pernicie. Ben 
è vero che questa risoluzione levò molto 
sangue cittadino; ma quantunque si fosse 
la conseguenza, dessa non fu tanto infau» 
sta a’ nobili quanto lo fu a’ plebei, che 
al postutto si videro dispogli di quella 
faceltà che tanto accarezzavano. Anche 
maggiorenti però, a voler dire lo vero, ne 
risentirono assai benché vittoriosi, impe- 
rocché la plebe difese di soccorrere lo» 
ro in alcune guerre insorte; e dovettero 
pigliarla per la gola, profondendo quei 
beni che avevano ammassato peribisogni 
nazionali e per ornamento della capita- 
le (1). L’animo del volgo volubile alla 
fine prese le imbeccate, e quello che dap- 
prima era governo costituito dalla po- 
tenza di tutti, fu rappresentato da pochi 
potenti e virtudiosi; vale a dire si tras- 
mutò in una perfetta aristocrazia. Ora gli 
aristocrati dopo la vittoria contro la 
plebe veggendosi alti di potere, pensa- 
rono che fosse mestieri diminuire quello 
del supremo capo della repubblica, e 
perciò, fatto diversi senato-consulti, il 
diritto assoluto di dominio del medesi- 
mo fu pareggiato a quello degli altri 
aristocrati, lasciandogli, diremmo quasi, 


(1) Laugier. 


— 2 


minuer celle des doges, et en conséquen- 
ce ils publiérent divers sénatus-consul- 
tes par lesquels son autorité absolue 
fut réduite à celle des autres nobles, On 
ne lui laissa, pour ainsi dire, que le nom 
de souverain, et les apparences extérieu- 
res de grandeur, nécessaires pour le di- 
stinguer comme chef supreme de la 
nation. 

Les aristocrates avaient usurpé le pou- 
voir, mais une forme parfaite de gouver- 
nement n’avait point encore été adoptée. 

‘ On n’ayait pas encore songé aux disposi- 
tions particulières qui subdivisent Le pou- 
voir sous l’action de diverses autorités. 
Ce besoin se fesait principalement sentir 
au XIIL® siècle lorsque nos ancêtres, au 
moyen de leurs flottes, inondèrent tout 
l’Orient à l’époque des croisades. L’hi- 
stoire nous apprend que les Vénitiens é- 
taient alors si florissans qu’ on les regar- 
dait comme le peuple le plus riche du 
monde. Or, si les richesses dans un Etat 
libre ne sont point employées en objets 
de munificence nationale, si l’on n’en 
use point pour le plus grand bonheur 
public et particulier, si on ne leur don- 
ne point une. valeur qui réponde à l’ac- 
ctivité et à L industrie du peuple, elles 
introduisent les germes funestes de la 
corruption, et chassent du coeur cette 
activité efficace qui, tandis que d’un cô- 
té elle éloigne de la mollesse, de l’autre 
produit des biens qui font la joie du tra- 
vailleur. Et une longue expérience ayant 
appris aux Vénitiens que cet excès de 
richesses pourrait nuire à leur prospéri- 
té, ils résolurent d’un commun accord 
d’ établir pour chaque branche de l’in- 
dustrie nationale divers commissaires et 
agents revetus de la noblesse vénitienne, 
et dont la rigoureuse droiture sur tout ce 
qui concernait |’ intérét général, fut mi- 
se à l’abri de la tentation de prévari- 
quer par les bénéfices immenses que cet- 
te charge leur offrait. En conséquence, 
les nobles de Venise résolurent de s’as- 


il solo titolo di sovranità e quegli es- 
terni monumenti di grandezza ch’erano 
necessarii per distinguerlo come capo 
della nazione. 


Senonché, assunto il supremo dritto 
di deliberare dagli aristocrati, la forma 
perfetta del governo non erasi per anco 
stabilita. Mancavano quelle disposizioni 
particolari le quali suddividono il po- 
tere sotto l’azione di varie maestrature. 
Questo bisogno incontravasi particolar- 
mente nel secolo XIII, quando i nostri 
per mezzo delle crociate scalarono con 
le loro flotte l'universo Oriente. Di- 
cono gli storici, che a questa volta Vene- 
tici s' ebbero tanta copia di beni, che sti- 
mati erano uomini di uno stato il più 
ricco di tutto il mondo. Ora in un go- 
verno libero se non si adopera delle do- 
vizie in oggetti di munificenza naziona- 
le, se non si convertono in usi confe- 
renti alla maggiore felicità pubblica e 
privata, se non si dà loro un valore che 
corrisponda all’ attività ed alla industria 
del popolo, introducono î mali semi 
della corruzione, e sbandano gli animi da 
quella operazione efficace, la quale men» 
tre da un lato disvia dalla mollizie, da 
un altro ingenera beni, la salubrità dei 
quali giocondissima torna all’ operante. 
E siccome Viniziani conoscevano per 
lunga esperienza di casi che questo ef- 
fetto della redundanza dei beni porrebbe 
aggiuso ogni loro fortuna florida, statui- 
rono unanimemente di preporre a tutti 
i rami dell’industria nazionale varii com- 
messari ed agenti della viniziana nobil- 
tade insigniti, i quali per rapporto al co- 
mune interesse non potessero fuorviare, 
arraffando soverchi frutti dell agir loro. 
Quindi li veneti aristocrati concordaro- 
no di porsi in eoncilio per istabilire non 


4 


sembler en conscil, non seulement pour 
arrêter définitivement les principes gé- 
n raux d’action, mais aussi les régles 
particulières qui devaient diriger com- 
missaires et agents dans l’administration 
de la chose publique. On a déjà observé 
dans le Tableau Historique de Venise qu? 
au XII. siècle, plus qu’à aucune autre 
époque, les Vénitiens s'occuperent de 
formuler des lois qui, bien que modi- 
fiées et accrues pour les mêmes raisons 
au XV.°, ont toujours été la base fonda- 
mentale du gouvernement. Or, comme 
la loi est le tableau des moeurs et sert 
même de régle pour les coutûmes à ves 
nir, il arriva qu’au XV. siècle les 
moeurs vénitiennes avaient une forinean= 


tique quant à leur essence, et moderne à 


cause de nouveaux statuts nécessités par 
les biens que, dans le laps de neuf siécles; 
l’industrie nationale avait acquis et aug- 
mentés. Ainsi, puisque lon ne saurait 
faire connaître les moeurs en général sans 
remonter aux lois fondamentales et en 
examiner , sinon les détails, au moins 


’ensemble, nous allons passer en revue | 


les statuts concernant les diverses bran- 
ches de l’industrie, ce qui doit pré- 
eisément nous mener droit aux moeurs 
vénitiennes.. ; i 

Les lois de Venise peuvent se diviser 
en deux branches pripcipales: les lois 
civiles et militaires formaient la premiè« 
re; les lois concernant le culte extérieur 
dû à Dieu et aux saints formaient la see 
conde. 

Quant aux lois qui regardent 1’ ordre 
civil, les Vénitiens pensèrent sagement 
qu’il était nécessaire de ne jamais per- 


mettre aux grands la transgression des 


règlemens qui les contenaient dans le 
respect dû à la justice. Us fixèrent donc 
‘clairement les droits et les devoirs du 
doge, des inquisiteurs d’Etat, du conseil 
des X, des Quarante et du grand conseil. 
Ainsi, les dignitaires les plus élevés de 
VEtat devant obéir à une régle:générale, 


solo formalmente i principii generali di 
azione, ma quelle norme particolari die- 
tro le quali e commessari ed agenti do- 
vessero la pubblica cosa rettamente am- 
ministrare. Nel Quadro Storico di Vene- 
zia si osservò come in quest'epoca del 
trecento più che mai Viniziani messero 
loro ingegni alla forma delle leggi .le 
quali, benchè nel cinquecento per le 
stesse ragioni modificate ed aumentate, 
furono però sempre la base fondamen- 
tale del governo. Ora siccome le leggi 
sono il quadro dei costumi e norma an- 
cora alle future costumanze, così ad- 
divenne che nel secolo XV li nostri co- 
stumi avessero la forma antica in rela- 
zione alla loro essenza, c la moderna 
rispettivamente ai nuovi statuti derivan- 
ti dai beni che col processo di nove se- 
coli l'industria della nazione aveva ac- 
quistato ed acercsciuto. Ed avveghaché a 
conoscere il costume in generale non si 
può altrimenti fare che risalire alle leggi 
fondamentali e vederle, se non minuta- 
mente, almeno in*generale nella impor- 
tanza loro, così noi lo faremo distenden- 
doci ad osservare quegli statuti che avea- 
no rispetto ai diversi rami dell’industria, 
il che appunto dee fraitarci la meglio 
parte di conoscenza sul costume. 

Le leggi viniziane possono dividersi in 
due rami essenziali, in quello cioè che 
avea riguardo all’ ordine civile e milita- 
re, edin quello che rispettava al culto 
esteriore dovuto al Signore ed ai Santi. 


E dicendo delle leggi che risguarda- 
vano all’ordine civile, Viniziani cre- 
dettero saviamente opportuno non si 
dovessero trasgredire quelle discipline 


che contenessero in divozione alla giusti- 


. zia ed allaequità i maggiorenti dello sta-. 


to. Quindi statuirono quali diritti e do- 
veri spettasséro al doge, agli inquisitori 
di stato, al concilio dei X, alla quarantia 
ed al maggior-covsilio. Così nasceva che 
i poteri più cfficaci dello stato dovendo 


il s’ ensaivait qu’ ils ne pouvaient, lors 
même qu’ils Pauraient voula, se laisser 
emporter au torrent des passions privées, 
et par conséquent à des abus de pouvoir 
qui sont le germe des maux les plus fu- 
nestes pour Etat, puisque, grâce à cette 
distribution régulière des droits et des 
devoirs de chaque magistrat, bien con- 
rue de 
ent été 
pis. Ainsi done, si les chefs de l Etat 


sur le-champ découverts et pu- 


cux-m'mes ne pouvaient se laisser en- 
trainer au mal, à combien plus forte rai- 
son n’était-il pas impossible de le faire 
aux magistrats inférieurs qui dépendaient 
des premiers? S° il s’élevait un soupçon 
sur quelque employé subalterne , qui 
pouvait échapper à Vocil du sénat qui, 
par la sagesse de sa constitution, de- 
vait nécessairement découvrir jusqu'aux 
moindres foutes des fonctionnaires pu- 
blics? Mais si les chefs,de la république 
eux-mêmes étaient si sévé-ement surveil- 
lés, à quel point ne devaient pas } être 
les simples citoyens qui voyaient briller 
dans es magistrats l’éloquence, la mode- 
stie, l’indulgence ct la fermeté réunies ? 
Combien est juste l’ancien proverbe qui 
dit que chacun se conforme à l’exemple 
du prince! En outre les lois civiles qui 
subdivisaient les charges devaient en mè- 
me tempsles classer de facon que chaque 
affaire, selon sa nature, fût traitée par 
icl ou tel magistrat. En effet, permettre 
à tous fndistinctement de prononcer ju- 
ridiquement leur jagement sur des ma- 
üières semblables, € aurait été un véri- 
table désordre. 


Nous avons vu plus haut que le ARE 
siècle fut un des plus florissans pour Ve- 
nise, si l’on considère spécialement les 
trésors imménses ct Vincorruptible vertu 
qui se conservaient et s° accroissaient 
encore. Une suite naturelle defcel état de 
choses fut la création de magistrats char- 
gés de survciller Les diverses branches 


tout le monde, ces abus aurai-' 


agire in conformità ad una massima uni- 
versale, non potevano essere distratti da 
private cupidigie e conseguentemente da 
quegli abust di potere ehe sono il ger- 
me funesto d inconcepibili mali agli sta- 
ti; conciossiachè per questa regolare 
disposizione dei diritti e dei doveri déi 
singoli magistrati, diritti è doveri a tutti 
nolt,i violatori di questi sarieno stati con 
tostezza disvelati, ed all’uopo puniti. Se 
dunque ciò che costituiva il nerbo del- 
l’ autorità dello stato mon poteva alle 
male arti inclinare, quanto men lo do- 
vevano quegli altri maëéstrati inferiori 
che dello in tatto da lui dipendevano? 
Occorreva quindi qualche suspizione so- 
pra an ministero subalterno, chi poteva 
faggire all’ occhio del senato, che per la 
saggezza della sua istituzione necessa- 
riamente intravedeva e discovriva i più 
piccoli mancamenti de’ministri? Che se 
quelli che presicdevano alla pubblica 
cosa andavano così riguardati per noû 
adombrare ed incespare, cosa dovevano 
essere i privati cittadini i quali nelle ma- 
gistrature vedevano la equità eloquente 
e chiarita, la modestia. speéchiata , 
la bontà indulgente e ta forza  confor- 
me? È ben vero l’antico adagio che allo 
esempio del principe tutto il mondo 
s’informa. Le leggi poi civili che suddivi- 
devano ministri, dovevano eziandio clas- 
sarneli perche le bisogna; secondo la na- 
tura loro, o da quello o da questo mae- 
strato trattate venissero y conciossiadio 
sarebbe stato disordine. che indistinta. 
mente avessero essi portato: giuridica- 
mente loro sentenza sopra un oggetto 
della medesima qualità. 

Più insuso abbiam detto che il secolo 
XII fu uno de’ più floridi del veneto go- 
verno se si risguarda specialmente, ai 
molteplici beni ed alle incorrotte virtà 
che si serbavano ed accrescevano. Quin- 
di andava di conseguenza vi si insti 
tuissero maestrature le quali tenessero 
forte sui diversi rami clio componeta- 


+, 


x 


qui formaient la totalité des richesses 
vénitiennes. Or, le besoin ayant poussé 
nos ancêtres à s’adonner à la marine, et 
les ressources maritimes. formant leur 
principale force, ils dürent naturelle- 
ment s’ appliquer à perfectionner leur 
art, à découvrir les nations et les ports 
les plus avantageux pour l échange de 
leurs marchandises, à lier des relations 
avec les puissances étrangères au moyen 
de la diplomatie, à obtenir auprès d’el- 
les des charges et des dignités, afin de 
pouvoir protéger les établissemens et les 
colonies vénitiennes, et enfin, s’appliquer 
à mettre les Vénitiens au niveau des con- 
naissances scientifiques, artistiques et 
économiques des autres peuples. Il fal- 
lait done que la marine eût des inspec- 
teurs particuliers qui veillàssent à ce 
que l’étude de la Nautique, de la Géo- 
métrie, de la Mécanique, de 1° Astrono- 
mie, de la Physique, de 1 Architecture 
navale fùt encouragé et sagement réglé. 
En outre il fallait un Amiral ou chef su- 
preme de la flotte, qui connùt à fond, 
non-seulement les réglemens en question, 
mais aussi la Géographie, l’Ethologie (ou 
science des moeurs des peuples), la Phi- 
losophie, les Langues, la Politique et la 
Diplomatie pour traiter avec les souve- 
rains étrangers en qualité de chargé 
d'affaire oureprésentant dela république, 
l Economie enfin pour: pouvoir équita- 
blement balancer les intérêts de son pa- 
ys et ceux des autres nations. Il fallait 
encore un magistrat qui veillàt dans l’in- 
térieur de 1° Arsenal à l’activité des tra- 
vaux, car chacun sait que le temps me- 
sure la valeur des choses et que là où 
régnent la paresse et 1’ indolence, il est 
impossible de se former une idée juste 
des choses et d’en calculer les effets. 


En outre lorsque l’activité des marins 
avait obtenu les bénéfices que l Etat en 
attendait, il fallait que d’autres magis- 


no la università delle fortune della re- 
pubblica. E perocchè il bisogno primo 
suggeriva agli antichi avi nostri di affi- 
darsi alle sorti marittime , nasceva che i 
principali loro esercizi referendosi alla 
marina, introducessero altri bisogni, i 
quali consistevano nel perfezionare que- 
st’ arte, nel trovare porti e nazioni con 
le quali mercantare col massimo utile, 
nell’ aprire una comunicazione fra la re- 
pubblica e gli stati esteri mediante ia 
diplomazia , nell’ assumere gradi e di- 
gnità appresso gli esteri sovrani onde 
guarentire le colonie viniziane ed i fon- 
dachi che vi si porrebbono , e nel da- 
re simultaneamente allo stato scientifi- 
ci, artistici ed economici rapporti con 
altre popolazioni. Quindi si richiedeva 
necessariamente che per la marina vi fos- 
sero uomini del senato i quali invigilas- 
sero perchè lo studio della Nautica, del- 
la Geometria, della Meccanica, dell’ As- 
tronomia, della Fisica, dell’Architettura 
navale venisse promosso e saviamente 
temperato. Oltre ciò vi voleva l’ ammi- 
raglio od il duce supremo della flotta il 
quale ne sapesse assal avanti di cosiffal- 
te discipline e della geografia eziandio, 
dell’ etica o dei costumi dci popoli, di fi- 
losofia, delle lingue degli esteri, di poli- 
tica per trattar seco loro, di diplomazia 
per conferire legalmente co’medesimi 
come autorità delegata o rappresentante, 
di economia per poter bilanciare equa- 
mente gli interessi del proprio con quel- 
li degli altri stati. Vi doveva essere .n- 
cora il magistrato che intendesse nello 
interno dello arsenale all’attività dei la» 
vori, perchè ognuno sa che il tempo mi- 
sura le cose e dà il valor alle cose; e per- 
ciò si dice che là ove è ignavia e vecor- 
dia, non è andazzo a poter formarsi un 
sicuro termine delle cose per calcolare 
dei loro effetti. 

Da presso, quando l’attività dei ma- 
rini avesse riportato gli avvantaggi che 
lo stato si aveva proposto, era biso- 


. 


— 29 — 


trats particuliers se chargeassent de di- 
sposer le plus avantageusement pos- 
sible pour la république des denrées, 
des produits et des ouvrages étrangers 
importés à Venise. Les magasins de cet. 
te ville étaient donc seus la surveillance 
de divers mandataires du sénat qui, d’a- 
près des ordonnances particulières, ré- 
glaient le pr des marchandises, les 
échangeaient avec l Etranger et en fi 
xaient la valeur, afin que les citoyens 
n’eussent poiut à souffrir des caprices 
du marchand, qui, s’il n’est point surveil- 
lé, donne souvent aux denrées un prix 
supérieur à leur valeur véritable. Mais ces 
réglemens étaient en vigueur au-dehors 
comme au dedans de la ville, carles pro- 
vinces sujettes à Venise devaient, con- 
formément à la politique de l’ Etat, ado- 
pter les usages et les statuts Vénitiens, le 
sénat traitant en véritable père les habi- 
tans des pays conquis comme ceux de la 
capitale. Les mandataires à qui le sénat 
confiait le gouvernement des provinces 
conquises, étaient à peu prés ce que sont 
aujourd hui les gouverneurs ét les vi- 
ce-rois. 


Si les objets acquis n’étaient pas des 
stinés à l’usage des particuliers, mais à 
des ouvrages publics, alors le soin en 
était remis à d'autres présidents et à d’ 
autres directeurs. I” histoire vous aura 
déjà appris qui lorsque il .s’ agissait de 
paver quelques quartiers boueux de la 
ville, de poser les fondemens d’ édifices 
publics, etc., c’étaient des commissaires 
ad hoc qui traçaient le plan des constru- 
ctions, et le soumettaient immédiate- 
ment au sénat, afin de pouvoir ensuite 
mettre la main à l’ ouvrage avec la dili- 
gence et l’activité qu’ exigent de pareils 
travaux. 


On peut dire que jusqu'au XV. siè- 


! 


gno che altri maestrati particolari a- 
vessero cura che le merci, le grascie, le 
derrate e le opere straniere nel seno del- 
la repubblica traslate, fossero disposte in 
modo il più utile per la medesima. Quin- 
dii fondachi di Venezia erano diretti 
da diverse persone dal senato deputate, 
le quali dietro particolari statuti sta» 
bilivano li prezzi alle mercatanzie, le 
permutavano con le straniere, ne fis 
savano i valori perchè i cittadini non 
avessero a soffrire per il capriccio del 
mercante, il quale se non è vigilato di 
spesso dà alle merci un valore maggiore 
alla intrinseca lor qualità. Ma non sola- 
mente nello interno erano in vigore questi 
provvedimenti, sì nello esterno ; concios- 
siadio le provincie soggette alla domina- 
zione dei Viniziani dovevano per princi» 
pio esclusivo della loro politica assume- 
re un fare conforme al veneto ‘governo, 
perchè da lui veniano risguardati con 
occhio del padre tanto i sudditi della 
capitale, quanto quelli delle terre sog- 
gette. I ministri della repubblica delega- 
ti a curare i dipendenti a lei nelle terre 
di sua conquista rappresentavano le ve- 
ci del governo alla maniera, stessa che 
noi veggiamo fare dai vicerè e dai go» 
vernatori a’ tempi nostri. 

Se poi gli oggetti acquistati non fosse- 
ro stati per uso dei privati, ma ayesser 
dovuto convertirsi in pubbliche opere, 
allora altra maniera di presidenti e di: 
rettori delle opere stesse si richiedevano. 
Già si sa per le storie che o fosse da la» 
stricare diversi tratti palustri della città, 
o si avesse da porre le fondamenta a edi- 
fizi,a templi e così via, commessari si de- 
putavano i quali formavano i loro studii 
per le pubbliche costruzioni, e gli as- 
soggettavano da presso alle deliberazio- 
ni del senato, per poter poi dar mano. 
con quella diligenza operosa che si ri» 
chiede a condur bene a fine un qualun. 
que proposto. 


La gerarchia ecclesiastica de’ Viniziani 


- 


= 90 16 


éle un évêque fat le chef de l'hiérarchie 
ecclésiastique à Venise, mais Laurent 
Giustiniani, à qui ses vertus ont mérité 
F honneur insigne d’être mis au rang 
des saints, ayant été, apres la suppression 
du Patriarchat de Grado, revêtu de la 
dignité de Patriarche de Venise, le sénat 
se vit alors obligé par les cirtonstan- 
ces de réformer, au moyen de lois civiles 
coërcitives, l’ordre et les moeurs du cler- 
gé, conformément aux lettres encycliques 
que le Patriarche publiait pour le me- 
me objet. Ce fat alors sttrtout que les Vé- 
nitiens montréerent l’ influence dont ils 
jouissaient auprès du concistoire papal, 
car on peut avancer hardiment que des 
puis le XV.° siécle jusqu’à plus de la 
moitié du XVIII, ils eurent toujours 
pour évêques; soit x Venise, soit dans les 
provinces, des nobles où tout au moins 
des sujets vénitiens. 

Vers la fin da XVII. et au commen: 
cement du siècle présent, les potentats 
Européens, et Napoléon surtout, fi- 
rent FPimpossible pour que Rome remit 
aux souverains la nomination des évé- 
ques, et se réscrvàt seulement le droit de 
confirmation et de consécration. Nos ans 
cetres pourtant, sans tant guerroyer avec 
le St Siége, obtinrent presque dés l’au- 
_rore de leur influence politique ce. pri= 
vilége qui ne laisse pas d’être important 
pour la bonne harmonie entre les droits 
civils et ecclésiastiques. De plus, comme 
ceux qui arrivaient à Venise au faite des 
grandeurs sacrées, étaient presque tou- 
jours patriciens, le sénat pourvut à ce 
que les menses épiscopales et surtout la 
patriarcale, continuàssent à jouir des re- 
venus primitifs qui certes, n’étaient pas 


modiques, puisque chacun sait avec quel- 


le adresse les clercs, tant séculiers que 
réguliers, avaient su profiter dans les pre- 


miers siècles de l'Eglise, de la généreuse 


piété des croyants catholiques. 


fino al secolo XV può dirsi atesse capo 
da un vescovo; ma investito, colla sop- 
pressione dél patriarcato di-Grado, della 
dignità e della giurisdizione di patriarca 
di Vénezia Lorenzo Giustiniani, che per 
la santità della vita, la mitezza dei co- 
stumi ificorrotti fu assunto all’alto onore 
de’santi, allora nelP amplitudine dei casi 
il senato provvide a rif(8mare per civili 
leggi coercitive 1’ ordine e la vita de’ che- 
rici, unitamente alle lettere encicliche 
che il patriarca medesime al medesimo 
éffetto spacciava. Fu allora specialmente 
che Viniziani mostrarono diavere fortein+ 
fluenza nel concistoro papale, pechè può 
ben dirst senza dubbio di errare che dal 
secolo XV fino oltre la metà del XVIII 
eglino ebbero sempre non si in Venezia 
che nelle provincie vescovi tratti dalla 
nobiltà, o per lo meno figliuoli della re- 
pubblica. 

Sul terminare del secoto XVIIF e sui 
principii del presente; i potentati curo- 
pei e specialmente Napoleone fecero tan- 
to perchè Roma consentisse che le no- 
mine dei vescovi appartenessero ai go+ 
verni civili, é che essa si ritenesse sol- 
tanto il diritto della conferma e della 
éonsecrazione dei medesimi. Eppure, i 
nostri senza tanto guerriare di opinioni 
colla santa sede, si può dire che sin dal 
bel principio della loro‘ influenza politica 
conseguissero questo effetto, che pure è 
vilévantissimo per la composizione dei 
diritti civili ed ecclesiastici insieme. Sic- 
come poi erano quasi sempre uomini di 
gente patrizia quelli che ai supremi gra- 
di della dignità ecclesiastica erano mos- 
si, così ancora il senato provvide che le 
mense épiscopali e peculiarmente la pa- 
triarcale ritenessero gli antichi proventi, 
i quali certamente erano ricchissimi, 
giacchè si sa quanto bene, scorsi i secoli 
della chiesa primitiva, i cherici sì se- 
colari che regolari avessero saputo ap- 
profittare della pietà generosa dci cre- 
denti cattolici. 


e 31 — 


7 


Mais tous les corps ecclésiastiques: ne 
pouvaient s’ administrer ex officio. H 
existait à Venise une loi civile qui obli- 
geait tous les corps ecclésiastiques à ren- 
dre compte à l Etat de leurs revenus, 
et lorsqu? ils dépassaient les bornes qui 
doivent être fixées à la modique fortune 
des ministres de Dieu, on prélevait l’ex- 
cédent pour lé déposer dans le trésor pu- 
blic, tandis que si au contraire les rentes 
de quelque corps ecclésiastique étaient 
insuffisantes pour pourvoir convenable- 
ment à son entrelien, c’était V Etat qui 
comblait le déficit. Une autre loi véni- 
tienne relativement aux fonds des famil- 
les sacrées, établissait aussi sur cet article 
deslimites déterminées. Une troisièmeloi, 
arrêtée parle sénat an commencement du 
XVI.° siècle, statuait en outre que, dans 
les cas urgents, les biens ecclésiastiques é- 
taient déclarés aliénables, ou du moins 
leurs revenus disponibles de manière que, 
sans priver le clergé des moyens de subsi- 
stance, on pùt soulager en même temps 
les besoins de la répüblique. Le sénat 
qui, par les diverses dignilés dont il jo- 
uissait, était à même de connaître la con- 
duite morale et civile des cleres ne 
négligeait point, chaque fois qu’une so- 
ciété religieuse se refusait à remplir telle 
ou telle autre obligation, de lui interdi- 
re tout exercice des fonctions sacrées, et 
au besoin même, de la punir selon les 
lois qui concernaient la lésion du droit 
public. 

Nous avons dit que les magistratures é- 
taient constituées de manière è pouvoir 
aisément découvrir et redresser tout abus 
politique, et que par conséquent elles sa- 
vaient agir vigoureusement lorsque les 
circonstances l’ exigeaient; mais cepen- 
dant la politique demandait que lorsque 
les délinquants appartenaient de loin cu 
de près au culte des autels, leur juge- 
ment et leur punition fussent remis à 
une commission ecclésiastique. IT s° en- 
snivait que Ie champ des questions cc: 


Ma tatti i corpi ecclesiastici non pe- 
tevano amministrarsi ex officio, Vi avea 
una legge civile appo i Veneti la quale 
statuiva dovessersi riconoscerele rendite 
di tutti i corpi morali ecclesiastici, e 
quelle che eccedessero i confini entro i 
quali 1’ economica fortuna dei ministri 
dell’ altare dovea essere ristretta, si de> 
cimassero, depositando le giunte nel 
pubblico erario, ed allo incontro si sup- 
plisse coi prodotti del pubblico se li pro- 
venti di alcuni non fossero stati bastan- 
te al loro convenevole mantenimento. 
Anche un’altra legge ricorrea ne” vene- 
tici statuti relativamente ai fondi delle 
famiglie sacre, per cui essi non potevano 
averne che una determinata quantità. Si 
stabiliva con un’altra legge, che fu vins 
ta in pregali nel priocipiare del XVI 
secolo, che ove imperiose circostan- 
ze dello stato lo richiedessero, i ‘be- 
ni ecclesiastici fossero alienabili, od als 
meno disponibili i frutti loro in quella 
misura che non privasse i cherici dei 
mezzi da sostenersi, e conferisse poi e- 
‘gualmente ai pubblici interessi. Il senato 
che per quelle differenti dignitadi che 
aveva cera necessariamente al caso di co- 
noscere la condotta morale e civile dei 
cherici, non trasandò, alloraquando al- 
cune società religiose certe obbligazioni 
non disimpegnavano, di sospendere ogni 
loro azione, e se bisogno vi fosse stato, 
di punirle secondo le leggi che riguar- 
davano alla lesione del pubblico diritto. 

Noi diceinmo che così erano composte 
le maestrature da poter di leggieri ogni 
mal uso politico comprimere e distorna- 
re, e che perciò ove gliene occorreva la 
circostanza, sapeano farlo di netto; ma 
nondimanco la politica insegnava, che 
le pene che si dovevano infliggere a’ rei 
che fossero iniziati, o che veracemente 
le cose sacre ministrassero, fossero rico- 
nosciute da una delegazione ecclesiasti- 
ca e per essa sancite. Ne derivava di qua, 
cho i negozi ecclesiastici‘avevano un fos 


PE" 00 


clésiastiques offrait toujours un libre ac- 
ces à tous les droits du civil, ou pour 
mieux dire, le gouvernement civil jouis- 
sait sur ces matières d’une influence aussi 
grave qu’ indépendante. L’ office de la 
Sainte Inquisition en cffet était en tout 
conforme à celui des Inquisiteurs d’Etat, 
Si ceux-ci connaissaient des actions qui 
blessaient les principes fondamentaux de 


Ja république, de leur côté les ministres 
de la Sainte Inquisition connaissaient 
des faits moraux qui, non-seulement s° 
opposalent aux maximes de la religion, 
vais pouvaient aussi attenter à celles de 
Ja république. De manière que la Sainte 
Inquisition se combinait sur plusieurs 
points avec l'office de 1’ Inquisition ci- 
vile et politique; d’où s’ensuivait néces- 
sairement que les intérets civils et ec- 
clésiastiques se combinaient simultané- 
ment entr” eux. ; 

Les collégiales canoniales étaient aussi 
sous la surveillance politique de l'Etat, 
et les paroisses de la capitale elles-mé- 
mes réconnaissaient des employés civils 
revétus par le sénat d’un pouvoir délibé- 
ratif sur les intérêts de chacune d'elles. 

Noas avons aujourd’hui pour la dota» 
tion des clercs que l’on nomme patrimoi- 


ne ecclésiastique, divers règlements qui 


ont beaucoup de conformité avec les ca-. 


mons du concile de Trente. Les Vénitiens 
pourtant n’avaient point tout-à-fait les mês 
es principes ;, plus. désireux d’avoir de 
bons que de doctes ministres des autels, 
ils n’exigeaient pas de nombreux certifis 
cats d’une science ample et variée; mais 
P étude de la morale, du droit canon et 
de la théologie suffisait pour permettre à 
tout homme de bonne volonté de se con: 
sacrer au service divin, et l’on pourvoyait 
aux frais, soit avec une partie des menses 
épiscopales, soit avec une pension viagé- 
re, soit par l’entretien assigné av sein de 
quelques familles régulières, ou enfin au 
moyen des contributions volontaires que 
les patriciens offraient aux jeunes-gens 


ro aperto perché quello civile vi entras- 
se co’suoi diritti, che è meglio dire, lo 
stato civile esercitassesur essi un’impore 
tanza gravissima ed indipendente. L’ uf- 
ficio della sacra Inquisizione di fatto era 
conforme a quello degli inquisitori di 
stato. Se, questi inquisivano di quelle 
azioni che si opponessero a’principii fon- 
damentali della repubblica, non meno i 
ministri della sacra Inquisizione si vede- 
vano inquirire que’fatti morali che oppo- 
nendosi alle massime di religione potes- 
sero attentare simultaneamente a quelle 
della repubblica. Sicché la sacra Inqui- 
sizione per alcuni lati si combimava con 
l’ufficio della civile e della politica, e 
perciò contemporaneamente si compo- 
nevano cogli interessi ecclesiastici gli 
interessi civili. 


Le collegiate canonicali erano puran- 
co sotto la veglianza politica dello stato, 
è le parrocchie medesime della capitale 
riconoscevano alcuni ministri civili, in- 
vestiti dal senato di un potere deliberati» 
vo intorno agli interessi di ciascheduna. 

Noi di presente per la dotazione dei 
cherici, che si chiama patrimonio eccle- 
siastico, abbiamo alcuni regolamenti i 
quali si conformano ai canoni del Con- 
cilio Tridentino. I Viniziani però non 
aveano questo costume ; anzi, pieghevoli 
ad avere buoni ministri sacri, non esige- 
vano solenni prove di ampla scienza mol- 
teplice, ma, studiata la morale, la teolo- 
gia e la canonica, lasciavano che gli uo- 
mini di buona volontà venissero conse- 
crati all’altare; e ciò facevano con asse- 
gnamento vitalizio o a carico delle mense 
vescovili, o con l’assegno di qualche 
prebenda, o col mantenimento assicurato 
in famiglie regolari, o finalmenté mercè 


le contribuzioni che offriano i patrizi a 


que’ giovani chiamati alla religiosa car- 
ricra, a’ quali assegnavasi qualche chiesa 
da reggere, o figliale o ‘succursale; 0 col 


— 33 — 


destinés à l'Eglise, leur confiant la direc- 
tion de quelque paroisse, succursale ou 
&hapelle particuliere. Et voila comment 
sans jamais manquer de prêtres, ils n’en 
avaient jamais de trop. 

Ils veillèrent ensuite à ce que les mi- 
mistres réguliers ne pussent former qu’ 


un. nombre fixe de communautés, et ‘ 


voulant obvier à l’excessive générosité 
des fidèles ils attachèrent aux legs cere 
taines conditions, En général tels sont 
les principes de constitution civile et 
ecclésiastique qu’ adoptérent les Veni» 
tiens pour parvenir au brillant dégré de 
splendeur où nous les verrons. 

Mais les lois concernant la constitu» 
tion de l’Etat ne pouvaient etre séparées 
de celles qui tendent à conserver l’é- 
galité des rapports entre les actions et 
la loi, entre la loi et la nature. Ces lois 
se divisaient en civiles et ecclésiastiques. 
Les lois civiles se subdivisaient en lois 
naturelles, statistiques, criminelles, politi- 
ques, de commerce et de procédure civi- 
le et criminelle. Les lois ecclésiastiques, 
en archéologiques, herméneutiques, exé- 
gétiques, théologiques, dogmatiques, mo- 
rales, canoniqués, pastorales, d’éloquence 
sacrée et sciences bibliques. 

Pour régler la compilation du code na- 
turel, il est cértain que l’on doit étudier 
Phomme dans ses ‘rapports aveé Dieu, 
avec ses semblables et avec lui-même, 
et que par conséquentses droits et ses 
devoirs respectifs doivent être sagement 
distingués sous ce triple rapport. L’anti- 
Gue jurisprudence romaine fut probable 
ment le nicdelt que les Vénitiens se pro- 
poserent dans la classification de ces droits 
et de ces devoirs de la race humaine, 
Toutefois comme l’homme est un animal 
raisonnable, et que ses facultés peuvent 
plus ou rnoins s’étendre ou se restreindre, 
selon que l'action primitive est plus où 
moins favorable à l’un où à l’autre, il s 
ensuivit que les Venitiens appellés à la 
Vie civile, mis par une impulsion par 


nome di privato oratorio ; ed eeco la ma- 
niera per cui i nostri ned avevano difet - 
to di cherici, nè ve ne numeravano di 
soverchio. 


Disposero poi, che i regolari ministri 
non potessero formare che alcune deter- 
minate famiglie ; e volendo ovviare alla 
troppa generosità de’ fedeli, misero con- 
dizioni a'legati. Ecco generalmente qua- 
li principii di costituzione civile ed ec» 
clesiastica tennero i Veneti per fiorire in 
quell’altezza che li vedremo. 


Ma le leggi risguardanti alla costitu- 
zione del governo non potevano essere 
separate da quelle altre che tendono a 
conservare la giustezza dei rapporti fra 
le azioni e la legge, fra la legge e la na- 
tura. Queste leggi adunque si divide va- 
no parimenti in leggi civili ed ecclesia- 
stiche, Le civili in naturali, statistiche, 
criminali, mercantili, di procedura civi- 
le, criminale ed in leggi politiche. Le ec- 
clesiastiche, in archeologiche, ermeneu» 
tiche, esegetiche, dogmatiche, morali, 
canoniche, pastorali, omeletiche, ed in 
scienze bibliche. 

Se si risguarda alla compilazione del 
codice naturale, egli è certo che hassi a 
contémplar | uomo nei suoi rapporti 
con Dio e co’ suoi simili e con se stesso, 
e conseguentemente che siano bene di- 
stinti i doveri ed i diritti a questo tri- 
plice termine corrispondenti. L’antica 
giurisprudenza romana fu forse l’ esem- 
pio a cui Viniziani s’informarono per 
statuire questî doveri e questi diritti del- 
l uomo. Nondimeno siccome l’uomo è 
animale ragionevole, ele sue potenze pos» 
sono essere e più distese e più coartate, 
secondoché }' azione primitiva era più o 
nieno favorevole a dilatamento od a ri- 
stringimento, così occorse che l’uomo 
venetico, aggregato in convivenza civile, 
attivo per un determinato impulso par- 

5 


ticnliére, dàrent obtenir des juriscon- 
sultes un système particulier de lois. De 
ce principe tire son origine le code des 
actions, basé pourtant tonjours sur le 
code naturel, et adapté aux moeurs véni- 
tiennes qui, comme nous l’avons déjà dit 
plus haut, pri ’sentaient un aspect anor- 

mal, et divers de celui des autres peuples. 

Chez les Vénitiens on peut considérer 
le codé de commerce plutôt comme le ta- 
bleau deleuractivité que comme un guide 
sûret unique pour qui se propose de trai» 
ter des droits et des deyoirs des nations 
qui échangent entr elles marchandises et 
guméraire, conservant toujours aux cho- 
ses leur juste valeur. Le code s’ étendait 
bien, il est vrai, à toutes les branches 
de commerce, mais on ne saurait le con- 
siderer comme une collection de principes 
mercantiles applicables è a tousles penples, 
et encore moins à tous les Etats et à tous 
les temps du monde civilisé. On y trou- 
vait en effet une multitude de lois qui 
ne se rapportaient qu’au commerce de 
Venise, par la raison que ce commerce 
était absolument distinct et séparé de 
celui des autres peuples. 

Le code politique était un recueil de 
maximes, fruit de la prudence d’un gou- 
vernement libre et ancien, qui servaient 
de bases à tous les reéglemens, soit au de- 
dans, soit an dehors de l’ Etat, et elles 
servaient encore de juste mesure pour 
apprécier Je dégri de prospérité publique 
par la condition des particuliers,et pour 
trouver parce moyen les dispositions ca- 
pables de maintenir les sujets dans le de- 
voir, les nobles dans l° exercice régulier 
de leur ministère, et la république dans 
une profitable harmonie avec les Etats 
étrangers. 

La partie des. dispositions légales ex- 
posée jusqu'ici, apres. avoir parlé de la 
forme du gouvernement civil et religieux 
a Venise, n'aurait point suffi pour nous 
offrir la cause de.la perfectibilité de la 
morale humaine, si des châtimens et des 


ticolare a lui soltanto, doveva dai giuress 
prudenti essere trattato,con una manie; 
ra speciale di leggi. Surse quindi il codi-, 
ce delle azioni, il quale si appoggiava 
sempre sul codice naturale, conforme 
al yiniziano, che per le relazioni dette 
più sopra presentava alti particolari e 
da quelli degli altri uomini distinti. 

Il codice mercantile può meglio dirsi 
appo Veneti ii ritratto della loro attività, 
che una guida sicura ed unica a chi vuol 
trattare dei diritti e dei doveri di nazio» 
ni e di popoli che fra loro. mercanzie 
permutano e pecunia, serbando sempre 
equità dei valori, Si foggiava bensì que: 
sto codice a tutti i rami di commercio, 
ma non lo si potrebbe equiparare ad una 
collezione di principii mercantili applica» 
bili lo ripetiamo a nazioni, a popoli che 
mercanteggiano, ned a tutti i tempi ed in 
tutti gli stati del mondo incivilito. Dif- 
fatti in esso vi erano molte leggi che 
esclusivamente si riferiano al venetico 
commercio per quella ragione che il traf- 
fico divenuto era cosa spartita e distinta 
dal traffico delle altre nazioni. 

Il codice politico era una raccolta di 
massime desunte dalla prudenza di un 
governo .antico e libero, le quali servi- 

vano di fondamento a tutte le disposizio- 
ni dello interno e delo esterno dello sta- 
to, ed era ancora una misura equa per 
conoscere dalla condizione del popolo la 
grandezza della repubblica, onde da que» 
sto rinvenire que’ provvedimenti i quali 
mantenessero il suddito nei termini del- 
la sua devozione, i nobil nella regola- 
rg condotta dei lor ministeri, e tutto lo 
stato in un’ utile armonia con le estere 
. potenze. 

Avendo esposto fin qui parte delle di- 
sposizioni legali dopo indicata la forma 
del civile e religioso governo dei. nostri, 
vogliamo dire che ciò non sarebbe stato 
bastevolea porgere la causa della perfetti- 
bilità della umana morale se nonsiayesse 


‘ 


) 


» 


EE 195 


récompenses! n avaient point été réser- 
vés aux bonnes et aux mauvaises actions. 
On a observé que dans lesrépubliques le 
parti le plus avantageux à suivre était 
de donner un prix immense aux plus 
petites choses quand elles sont destinées 
a récompenser la vertù. La raison en èst 
que Îa liberté étant encore viérge, et par 
conséquent énergique le désir de chaque 
citoyen de la conserver telle à force d'ac- 
‘ tions héroïques et généreuses, il serait 
trésspernicieux que les grands hommes, 
comme on eh compte toujours au sein 
des républiques, se partageàssent d’écla- 
tantes récompenses. En outre lon intro- 
‘ duirait par là Pesprit de cupidité, déplo- 
ble écüeil des âmes fières et libres, on 
affaiblirait l’ardeur de chaque particulier 
pour le bien public, et l’égoïsme s’ ini- 
sinuant bientôt dans tous les coeurs, sa- 
perait les bases des pouvdirs civils. La- 
_cédémone accordait bien pei de chose 
aux Vainqueurs, Athènes n’était pas plus 
généreuse envers les siens, et Rome ju- 
squ a Marcellus, ne déploya dans ses 
récompenses civiques que la simplicité 
de ses vertus sublimes. Aux jeux Py- 
thiens, Eléens, Isthmiques, Néméens, O- 
Iympiques, quel prix obtenatent les va- 
inqueurs à la course à cheval, au pugilat, 
les conducteurs de char, lés athlètes ? Un 
trépied, une couronne de laurier, un 
casque, une cuirasse, un bouclier ou 
tout autre arme, Dans les premiers tem- 
ps Venise aussi, que l’on peut nommer 
la plus parfaite de toutes les républi- 
ques, quel prix offrait-elle à ses preux ? 
tes bénédictions du penple, les lare 
ines si douces de la joie, un inscription 
honorable sur leur urne funéraire, un 
mausolée, qui n’était rien enfin en compas 
raison du mérite éclatant de ses braves. 
Pourtant Venise produisit des héros de- 
‘Puis son aurore jusqu’à son coucher, et 
des héros vraiment grànds, enfantés non 
par l’audace et la témérité, mais par un 
invmoible courage, tuais par un brutant 


dato alle azioni premii e pene a lor cori- 
venieuti. Nelle repubbliche si osservò es- 
seré stato il miglior provvedimento quello 
di assegnare un valore grandissimo alle 
cose più piccole che servono a ricom- 
pensare le virtü. La ragione si è perchè, 
incorrotta ancora la libertà, e perciò 
forte essendo il desiderio in ciascuno dei 
membri che le compongono di mante- 
nerla con atti generosi € preclari, nasce- 
rebbe massimo scapitò sé ai sommi no | 
mini, ché ve ne son sempre nelle re- à 
pubbliche, si compartissero ricompense 
di rilevanza soverchia. Con di più s’in- 
trodurrebbe lo spirito dell’avaro guada- 
gno, infausta meta per Te anime volon: 
terose e libere ; sicché affievolirebbesi 
l’ energia delle azioni per il bene uni« 
vefsale, e introducendosi 1 egoismo, si 
atcagiorierebbe irreparabilmente la dis- 
soluzione dei civili poteri. Lacedemone 
dava poco premio ai gloriusi vincitori, 
ed Atene nov era Targheggiatrice di do- 
ni squisiti, e Roma, innanzi a Marcello, 
spiegava nelle ricompense la semplicita 
delle superbe sue virtu. Ai giuochi pitii, 
elei, istmici, nemei, olimpici, qual premio 
aveano i cavalcatori del celete, quale gli 
atleti, quale gli aurighi, quale i pugilato 
ri senonchè un tripide, una laurea corona, 
un cimiero, una corazza, uno scudo od al- 
tro arnese marziale? Nei primi tempi an- 
coVinegia, che può dirsi lo spirito di tut- 
te le repubbliche, qual premio offeriva 
ella a’ suoi prodi? La benedizione del 
popolo, la dolce lagrima della gioia, una 
parola di conforto sul cippo sepolcrale, 
ed'il mausoleo, ch’erano un nulla rispetto 
ai meriti de’suoi valorosi, Eppure Vine- 
gia contò eroi dal suo nascere infino qua- 
si al suo tramonto, ma eroi veramente 
eroi, costituiti non dall’audacia e dalla 
temerità, ma dall’invilto coraggio, ma 
da un desiderio possente’ d’ incarnare 


. alti concepimienti, ma da una prudenza 


conta delle cose, la quale prudenza uni- 
ta alla forza, nulla Ha che le sia di rin 


— 36 — 


désir de réaliser les plus hautes conce- 
ptions, mais par une prudence maîtresse 
des événemens, prudence qui, lorsqu’elle 
s’unit au courage, ne trouve point d’ob- 
stacle qui l’arréte, qui la retarde, qui 
l’entrave. Ulysse est grand dans Homes 
re, mais Ulysse, tout robuste de corps 
et tout hardi de coeur que le poëte nous 
le représente, n’aurait point immolé taut 
de héros à la gloire de sa patrie et abat- 
.ta les orgueilleux remparts de Troie, si 
Minerve, c’est-à-dire la prudence, n° a- 
* vait point toujours veillé à ses côtés. 
Nous avons dit qu’il y a deux voies 
pour obtenir la fin que se propose tout 
gouvernement sage: l’émulation, fille des 
récompenses; et la terreur, conséquence 
naturelle des châtimens. Nons avons dé- 
ja parlé de la première, reste donc à exa- 
miner la seconde, introduité dans le co- 
de criminel de Venise qui, par sa nature, 
exige une étude particulière et appro- 
fondie sur l’importauce de ses principes. 
Dans les républiques, un mauvais cito- 
yen, s’il n’est point réprimé, cause un 
scandale universel qui détruirait bientôt 
la liberté. Rien ne prouve mieux la véri- 
té de cette assertion que ce que l’on a 
toujours observé dans les républiques. La 
soif du pouvoir, dit Salluste, qui forvie 
même les hommes les plus modérés dans 
leurs désirs, s'étant introduite à Bome la 
république ne tarda pas à être déchirée 
par une foule de factions que la terreur 
seule put dompter et soumettre à l'ordre. 
Et Tacite vient à l’appui de cette remar- 
que lorsqu’ il dit que le gouvernement 
d’un seal fut principalement utile parce 
qu’il ramena la paix dans la république, et 
cet unique chef fut Auguste qui proscri- 
vit tant de citoyens, qui affaiblit l’au- 
torité des nobles et du sénat, qui u- 
surpa enfiù tout pouvoir. Il est évident 
que lorsque les citoyens, dans une ré- 
publique, abandonnent le sentier de la 
vertu, l unique moyen de sauver l’Etat 
c’est de le purger de tous lès mauvais 


‘toppo, nulfa che la distorni, nulla che la 


rintuzzi. Ulisse è grande appo Omero; 
ma se Ulisse, sebben forte del corpo, ar- 
dimentoso di spiriti, non avesse avuto 
sempre da lato Minerva, cioè la pruden- 
za, Ulisse non avria raggiunto lo scopo di 
travolgere all’orco tanti corpi di eroi, e 
sovvertire le rocche di Ilio, ed abbatte» 


re Troja. 


Noi abbiam detto, che due sono le vie 
per conseguire gli alti fini dello stato ; 
temperando cioè ad unità le azioni, ani- 
mandole col diletto del premio; oppure 
reprimendole col terror della pena. Della 
prima abbiamo parlato ; rimanci ora toc- 
care della seconda, la quale fu classifica- 
ta dal codice criminale de? Veneti, e di 
sua natura richiede particolar meditazio- 
ne sull’ importanza de’suòi principii. 

Nelle repubbliche un malvagio citta- 
dino, se non venga tolto di mezzo, porta 
uno scandalo universale, per cui si sof- 
focherebbe la libertà. Nessuno maggiore 
indizio della certezza di questo effetto 
può essere da quello in fuori che si vi- 
de avvenire in tutte le repubbliche. In- 
trodotasi, dice Sallustio, in Roma la 
cupidine di dominare, la quale forvia 
anche gli uomini più temperati nei loro 
aspiri, occorse che la repubblica venisse 
lacerata, ed a molte fazioni distratta, le 
quali non si puotero più riordinare ad 
una che mettendole sotto il terrore; ed il 
medesimo annalista Tacito;/benchè in di- 
verso significato, fa la medesima conside» 
razione, quando dice, che ad avere lapace 
nella repubblica giovò fosse timoneggia- 
ta da un solo. E questo fu Augusto, che 
proscrisse tanti cittadini, che compresse 
V autorità de’nobili e del senato, che ar 
raffò ogni diritto di dominio. Dunque è 
vero che alloraquando le repubbliche non 
si regolano più alle virtà, l’unico mezzo a 


citoyens par la voie du terrorisme. Les 
Vénitiens pourtant n’avaient pas besoin 
au XIII.® siècle de surveiller sévèrement 


Lo 
CS | 


les actious des citoyens pour les réprimer 


par la terreur, si elles étatent criminelles, 
mais prévoyants comme ils l’étaient en 
toute chose, ils se préparérent à com- 


battre par un code rigoureux les consé- . 


quences inévitables de la surabondance 
des biens. Ainsi l’on peut dire que lé 
code criminel au XIJI.® siecle n’était qu’ 
un code préventif. Ils furent en outre 
admirables dans l'application qu’ils fi- 
rent aux actions perverses des statuts du 
code Romain, dans lequel la multiplicité 
et la scélératessé des crimes font bien voir 
ce que l’homme peut devenir lorsqu'il 
page dans l’abondance de tous les biens. 
Ils eurent ensuite la sagesse de régler les 
lois pénales et coércitives de. manie- 
re qu’elles pussent toujours s appliquer 
convenablement aux cas diverses qui 
p'uvent se présenter dans un gouver- 
nement libre. Mais comme la considé. 
ration du présent et de } avenir ne 
suffit pas pour former un bon code et 
que les lois coërcitives doivent (tre im- 
médiatemeut soutenues par des lois exé- 
cutives, lés Vénitiens voulurent que le 
châtiment suivit de pres le délit, afin que 
I inévitable châtiment d’ une mauvaise 
action fùt assez notoire et retentissant 
pour apprendre aùx citoyens que l’on ne 
saurait commettre un crimeimpunément, 
et encore moins obtenir à force d’intri- 
gues et de suppliques, l’adoucissement de 
la punition infligée, ou la faculté da 
moins de laisser courir le temps au profit 
du coupable; en un mot, afin que les ci. 
toyens reconnùssent en même temps } a- 
ctive surveillance du gouvernement et 
la justice vengeresse, d’une manière plus 
conforme au délit et plus propre à con- 
- tenir les sujets dans le devoir. En outre 
les pères conscrits de Venise statuérent 
que l’on devait différencier les peines 
criminelles selon que le délit blessait les 


voler salvare lo stato è quello di spur- 
garlo dei pravi cittadini col mezzo del 
terrorismo, Viniziani però delsecolo XII 
non avevano un rigoroso bisogno di 
sommare le azioni per istabilire norme 
a comprimerle, se malvagie, in un modo 
di terrore; ma siccome egli erano in tut- 
te cose previdenti, con un codice severo. 
sì prepararono contro quegli effetti che 
emergono sempre dalla redundanza dei 
beni; laonde si può dire, che il Codice 
Criminale fosse nel secolo XIII un codi- 
ce di previsione. Furono poi ammirabili 
in questo da comporre insieme le azio- 
ni cattive colle norme del Romano Co» 
dice, nel quale per la moltiplicità dei 
casi e per la pravità delle azioni, tante 
se ne enumerano,; che ben si può dedurre 
qual possa essere l’uomo messo in lar- 
ghezza di fortune; ed ebbero eziandio il 
saggio giudizio di ordinare le leggi dei 
delitti e delle pene in una maniera che 
potessero essere sempre valide, conformi 
sempre alla possibilità di quelle azioni che 
nei liberi governi sogliono accadere.E sic- 
come a stabilire un codice non basta che 
tu risguardi al presente ed al futuro tem. 
po, ma the pensi debbano le leggi coer- 
citive essere accompagnate immediata- 
mente dalle leggi esecutive, così perche 
la perfetta conoscenza di un’azione male 
vagia avesse una pena. aperta e clamoro» 
sa, la quale avvisasse i cittadini che im- 
punemente non si ponno commeltere 
delitti, né per maneggi secreti raddolcie 
il vigore delle pene, oppure trasferire il 
tempo delle medesime a beneficio dei 
delinquenti, eglino vollero che la pena 
seguisse Immediatamente il delitto, onde 
da tutti contemporaneamente si ricono» 
scesse la vigilanza solerte del governo 
e la giustizia punitrice in un modo più 
conforme ai delitti e più utile a serbare 
nel termine det doveri loro i -cittadini 
stessi. Oltracciò:, i padri della veneti- 
ca repubblica deliberarano si dovessero 
distinguere ke pene «criminali seconde 


droits de lEtat où ceux des partîculiers. 
Par crimes d’Btat, ils n’entendaient au- 
tre chose que les lois violées de propos 
délibéré par un citoyen ou un étranger 
au service de ta république dans le des- 
sein de la renverser. On ignerait donc à 
Venise ce que l’on nomme crime de le- 
‘se-majesté, parce que les sénateurs ne 
considéraient comme tel qu’ un atten- 
tat à la sûreté ou aux droits de ba nation 
entiere. À Rome aussi avant Anguste 
on regardait simplement le crime de le- 
se-majesté comme un attentat à la sûre- 
te et a la majesté du sénat et da peuple 
romain. Les temps changerent ensuite 
pour Rome, et la république ayant été 
remplacée par un individu qui la repré- 
sentait à lui seul, puisque il avait réuni 
en lui les droits de tous, il s’ ensuivit 
que le crime de lèse:majesté attaqua et 
concerna seulement le prince à qui fut 
réservée 1° autorité de le punir par la 
peine de mort où de lui pardonner par 
l'effort d’uue sublime clémence, 


Vers les derniers temps, la découverte 
de l Amérique par Christophe Colomb 
à la fin de XV.° siécle ayant mis fin à 
leur prépondéranee maritime, et la per 
te de la fatale bataille d’ Agnadel a- 
yant de beauconp diminué leur puis- 
sance, l’activité des Vénitiens en res- 
sentit terriblement le contre-coup ; ies 
riches citoyens de la république commen- 
cèrent à penser exclusivément à eux me- 
mes, et si parfois ils s’occupérent. d’inté- 
réts nationaux, ce fut moins par un reste 
d'esprit républicain mele à leur indivi- 
dualisme que parce que ils ne défendaient 
pas seulement alors l'honneur de la répu- 
blique,mais aussi leur domination privée, 
&e fut précisémént à cette période de 
parfaite lachété que les grands commen- 
cerent à s’arrogér tantôt un droit exclu- 
sif, tantôt un autre, ét conséquemment à 
regarder comme crime de lèse-majesté 
ce qui n'était qu'une injure particulie 


che ledevano i diritti dello stato od i die 


. ritti della persona. Per quelli dello sta- 


to non intendevano altrimenti che i di 
ritti violati deliberatamente da un citta- 
dino o da uno straniero, a’ servigi della 
repubblica a fare che questa cadesse o 
si alterasse. Quindi non avevano il cri: 
menlese orl il delitto di lesa maestà, per- 
che non volevano riferire questi diritti 
che alla totalità della nazione. Anche a 
Ruma prima della monarchia si pensava 
che il erimenlese altro non equivalesse 
che ad una colpa la quale intentasse alla 
sicurezza ed alla maestà del senato e del 
popolo romano: Ma mutatisi i tempi e 
cessa la romana repubblica in mano di. 
uno che avendo: in sè uniti i diritti dé 
tutti la rappresentava, venne che il cri- 
menlese od il delitto di lesa maestà ri- 
sguardò solamente al principe, a cui era 
serbato l’ autorità o di punirlo con lx 
pena di morte, o di perdonarlo con la 
generosità della clemenza. i 


Viniziani degli ultimi tempi, quando 
non erano più attivi, avendo Vinevia 
cessata la sua influenza marittima’ per la 
scoperta dell’ America fatta al finire del 
secolo XV da Cristoforo Colombo, e per- 
duto gran parte della sua dominazione 
con la battaglia infausta di Agnadel sul- 
Adda, à cittadini opulenti della repubs 
blica pensarono esclusivamente a sé, e 
se talfiata deliberarono per i pubblici 
negozi, non fu altro che un individuali- 
smo misto ad una reliquia di spirito re- 
pubblicano, per cui si difendeva non 
l’onor nazionale, ma le private doini- 
nazioni. Fu appunto in questo stato di 
quasi perfetta ignavia che i potenti pre 
sero a voler avere or questo or quello 
diritto esclusivo, e perciò a disegnar co- 
me erimenlese quello che in fatto non era 
che un’ingiuria privata; il che vuol dire 
che il diritto di lesa maestà dal seco- 
lo XVI fin quasi il termine del XVHI 


se Lala 


re; ce qui signifie qu’ à dater du XVI 
siècle jusqu’à la fin du XVIII le crime 
«le lèse-majesté ne fut autre chose qu’ 
un crime ou un offensc commis contre 
une persoine puissante. 

Mais puisque lon distinguait les délits 
entr’eux, il était bien naturel qu’on dis 


slinguàt aussi les peines, et sur cet arti-: 


cle les Vénitiens adoptèrent, sans restri- 
ction, le système de la rigueur, en fesant 
toutefois rarement usagc, et dans ce cas, 
toujours avec justice et avec solennité. 
Ceux qui avaient trahi l'Etat ou que l’on 
croyait fermement du moins coupables 
de ce crime horrible, subissaieat Pinfà» 
mie du bannissement ou la mort qu’ils 
recevaient tantôt exitre les deux colon- 
nes qui s'élèvent sur la Piazzetta, tan- 
tôt dans les salles du palais ducal. Le 
meurire et le vol, le viol, la profana- 
tion des lieux et des choses sacrées, les 
blasphèmes, ete, étaient punis de diverses 
manières selon les diverses époques ;. on 
sait bien en effet qu’il y a certains âges de 
la vie civile où le délit peut être amené 
par d’impérieuses circonstances, comme 
il peut être aussi le fruit de la scéléra- 
tesse innée et de la ferme détermination 
du coupable. Le sénat toutefois, lorsqu'il 
institua les lois criminelles, n’oublia pas 
de déclarer qui elles pourraient étre abro- 
gées, suspendues, dérogées et subrogées, 
parce que ces lois, comme nous l’avons 
dit d’abord, étant presque toutes pré 
ventives, n° auraient pu toutes avec le 
temps conserver la même efficacité,beau- 
coup la même disposition et quelques 
unes auraient même pu devenir enfin 
pernicieuses (1). 

Nous nous proposons de diviser de mè, 
me la politique de Venise en deux bran- 
ches: l’une conceruant les relations de 
l'Etat avec les autres peuples et la sureté 
intérieure, l autre qui nous prouvera la 


{1) Histoire des i Gismondo 
Sismondi. 


poteva appellarsi un delitto contre una 
persona potente. 


Ma il mezzo ancor delle pene doveva 
distinguersi, se si distinguevano, i delitti 
fra loro, ed iz questo Viniziani adotta; 
rono a pennello il sistema del rigore co- 
me abbiam tocco, eseguendolo però rara» 
mente, e con giustizia,se lo eseguivano, e 
con solennità. Quelli che avevano tradi- 
to lo stato; 0 che si supponevano rei di 
quella colpa esecranda, soffrivano la in- 
famia del bando o la morte, che loro ve» 
niva data fra le due colonne che alte 
s’innalzano nella piazzetta, o secrctamen- 
te nelle stanze del ducale palazzo. La 
uccisione ed i furti, i stupri e le profa- 
nazioni dei luoghi sacri, le bestemmie 
ereticali e così avanti, aveano differenti} 
pene nei differenti tempi ; imperocchè è 
noto esservi alcune etadi della vita ci- 
vile in cui il delitto può essere disposta 
da circostanze imperiose, ed ancora com- 
messo con una deliberazione di animo 


Ad 


una volta però il senato nello statuire le 


turpe e deliberatamente scellerato. 


leggi criminali non ommise che di quan: 
do in quando potessero essere abrogate, 
sospese, derogate e surrogate, perché es- 
sendo le medesime per la più parte pre- 


| ventive, col corso del tempo né tutte 


avrien potuto avere efficaccia, né poche 
la stessa disposizione, ed alcune anco» 
ra potevano essere anziché no pernicio- 


se (1). 


‘Anche la politica viniziana noi vo- 
gliam distinguerla in due parti,in quella 
che avea a retaggio i rapporti dello stato 
con altri stati e colla interna sicurezza, 
e nell’ altra da cui si ha la perspicacia 


(1) Storia delle Repubbliche, AO 
do Si smondi. 


sagacité avec laquelle les Vénitiens fesa- 
ent tourner les choses et les événemens 
extérieurs au profit de la magnificence, 
de la gloire et de la sûreté de leur pays. 
Si nous étudions la première, c’est-à-dire 
celle qui concerne les relatious extéricu- 
res, il est digne de remarque que les Vé- 
nitiens n’ adoptérent jamais de titres ho- 
norifiques et pompeux dansleurs relations 
diplomatiques, qu’ils ne cherchèrent ja- 
mais à s’ériger en médiateurs entre deux 
peuples étrangers et enfin qu'ils nambi- 
tionnèrent jamais de prouver combien é- 
taitimmenseleur force interne et externe. 
Leurs desseins politiques étaient absolu- 
nent cachés sous un voile épais, et ce 
n'était que dans leurs conséquences im- 
portantes qu'un oeil pénétrant pouvait re- 
connaitre leur sagesse et leur profondeur. 
On sait d’ailleurs avec quelle pompe 


ieut les ambassadeurs, les nonces, les 
chargés d’affaire, et comme ils n’oubliai- 
ent rien pour prouver, à force d’ amabi- 
lité et de magnificence, combien était 
vif et véritable leur désir de s’aitirer 
Pamitié d’autrui. Ils obtenaient par-là 
trois résultats de la plus grande impor- 
tance: le premier, c’ était la prévention 
favorable qu’ ils fesaïent naître à leur 
égard par un semblable accueil dans l’es- 
prit des représentans des nations étran- 
gères; accueil qui leur prouvait néces- 
sairement que la politesse, la courtoisie, 
Famabilité étaient des vertus innées chez 
les Vévitiens ; ce sont elles principale- 
ment qui attachent tous les coeurs, et 
lorsque V on fait briller ces précieuses 
qualités dans un but politique, elles de- 
viennent un sûr moyen d’obtenir tout 
ce que l’on désire. Personne n’est assez 
sauvage et rustre, assez impassible et ré- 
galcitrant pour ne pas se laisser prévenir 
en faveur de ceux qui le comblent de 
politesses. La Jo1 des compensations est 
éternelle comme le monde, et le bien ne 
saurait être payé par le mal. Cette loi 


et quelle solennité nos ancélres receva- 


dei viniziani nel regolare le cose esteme 
da poter formare nella materialità un 
soggetto che conferisse alla magnificen- 
za, alla gloria ed alla sicurezza. E pi- 
gliando quello che rispetta ai rapporti 
dello stato veneto cogli esteri stati, è os- 
servabile che Viniziani non adoperaro- 
no mai titoli di maggioranza in fatto di 
sentenze politiche, né presunsero di far- 
si mediatori fra P uno e l’altro degli sta« 
ti esteri, né cercarono mai di mostrare 
che si conoscesse quale autorità di forze 
esterne ed interne esercitare potessero. 
I loro consigli politici erano muti di ogni 
luce, e solo a traverso gli effetti dei me- 
desimi lo sguardo veggente potea rileva- 
re quanto fossero previdenti e profondi. 


E’ noto ancora che i nostri allora- 
quando ricevevano le legazioni, le am- 
bascerie, le messaggerie, accettasserle in 
un modo solenne e magnifico, e nulla in- 
tralasciassero che potesse servire a di- 
mostrare, mercedio la gentilezza e la 
pompa, come ei inelinassero a voler es- 
sere amici degli altri. Ne nascevano da 
questa banda tre effetti rilevantissimi, 
che amiamo’ ricordare. Il primo era la 
prevenzione che con tal guisa di tratta- 
mento mettevano nell’ animo dei rappre- 
sentanti le esterne nazioni, per il quale 
eglino necessariamente vedeano nei no- 
stri uomini il gentile costume, la cortesia, 
la amorevolezza ; cose che vincolano le 
menti ed i cuori, e quando sieno usate 
con fine politico sono il mezzo di avere 
ciò che si si propone di conseguire. Nes- 
suno è di natura tanto silvestre e rude, 
e di animo: tanto schivo. e brutale che 
quando si vegga dagli altri cortesemente 
trattato, non si disponga a favorirgli. La 
legge della compensazione è eterna quan- 
to il mondo, ed i beni non ponno veni- 
re compensati da’ mali. Essendo questa 
giustizia invariabile, i Viniziani dunque 
ricevendo con dimostrazioni di anime 


étant invariable, les Vénitiens donc, en 
accueillant avec toutes les démonstra- 
tions d’un coeur sincere, généreux et 
civil les représentants des puissanées é- 
trangéres, parveñaient à obtenir le ré- 
sultat le plus avantageux, celui de pou- 
voir glisser dans les traités telle ou telle 
autre clause en leur faveur, sans avoir à 
craindre de trouver de forts obstacles du 
còté des ambassadeurs. — Le second 
©’ était que par cette pompe extérieure 
nos ancétres prouvaient aux étrangers 
que la république vénitienne était réel- 
lement ce qu’ ils supposaient qu’elle fût, 
’ est-à-dire grande, généreuse, magnifi- 
que; ce qui produisait un autre effet, à 
savoir, que les ambassadeurs étrangers se 
persuadaient bien que l’on ne saurait plier 
les Vénitiens aux vues intéressées des au- 
tres Etats;par suite, nos ancêtres savaient 
faire tourner à leur profit les traités d’al- 
liance offensive et défensive, de renouvel- 
lement ou d’agrandissement de pouvoir. 
L'adresse et la force assurent toujours 
le succes des entreprises généreuses, Zs 
Le troisième résultat enfin,‘non-moins 
important, c’était que la magnificence 
extérieure et les équitables conditions 
que le sénat imposait aux autres Etats 
excitaient merveilleusement l'admiration 
des nations sujettes, et leur montraient 
que l’ insolence des rebelles et des fa- 
ctieux vient toujours se briser contre la 
sagesse et la force. 

Maintenant que nous ayons exposé les 
conséquences qui dérivaient de l’accueil 
gracieux fait aux ambassadeurs, aux non- 
ces, aux légats, aux commissaires, aux 
agents, et aux envoyés étrangers, nous 
allons quitter Venise et nous transporter 
dans les différentes capitales de l'Europe 
avec les représentans de Venise, afin d’ 
étudier la conduite civile et politique 
du sénat et du peuple vénitien. 

Non-seulement les envoyés devaient 
traiter avec les cabinets et les ministres 
étrangers les matières sur lesquelles rou- 


sincero, generoso e gentile i rappresen- 
tanti delle potenze straniere, consegui- 
vano il massimo effetto, di potere nelle 
convenzioni mettere in mezzo questa 0 
quell’ altra eccezione a lor profittevole, 
senzache dai detti rappresentanti aves- 
sero a temere ostacoli forti. — Il se- 
condo era, che con Ja munificenza este- 
riore i nostri chiarirono agli stranieri 
la viniziana repubblica fosse veramente 
quella che da essi era reputata splendida, 
grande, magnifica ; il che pure partoriva 
un altro effetto, dovessero questi rappre- 
sentanti pensase non essere ‘tanto facile 
Vinegia piegarsi ai voleri interessati de- 
gli altri stati. Quindi dai trattati di lega 
offensiva e difensiva o di rifusione o di 
estendimento di potere i nostri ne cava- 
vano profitto. La destrezza e la forza as» 
sicurano sempre i buoni effetti delle im- 
prese generose. — Il terzo effetto, non 
meno importante degli altri era, che la 
esteriore magnificenza, la giustezza delle 
condizioni che il senato esigeva dagli al» 
tri stati influissero mirabilmente a far 
meravigliare i popoli soggetti, ed a far 
conoscere la saggezza e la forza non 
dicrollare per lo insolentire de’ faziosi 
e degli insorgenti. 


Ciò detto rispetto a quello che costi» 


_tuisce gli effetti derivanti dal modo di 


ricevere ambasciatori, nunzi, legati, com- 
messari, agenti, deputati stranieri, con- 
vien ora che noi partiamo di Vinegia e 
che ci trasferiamo nelle capitali del mon- 
do coi ministri viniziani, per conoscere 
la condotta civile e politica gel senato 
e del popolo viniziano. 


Di fermo, non solo e’ dovevano confe- 
rire co”gabinetti e cogli esteri ministri 
intorno a quelle bisogna che costituisco- 


6 


lent d’erdinaire les intrigues diplomati- - i__no gli ordinari maneggi degli stati, ma 


ques, mais en outre, lorsqu'ils 8° étaient 
acquittés de leurs missions principales, 
ils devaient chercher tous les moyens et 
toutes les connaissances qui pouvaient 
Jeur servir à surprendre les secrets des 
gouvernemens étrangers. Par conséquent 
on a vu bien souventlesambassadeurs vé- 
pitiens fournir les détails les plus exacts, 
non-seulement sur la condition générale 
des autres peuples, mais aussi sur toutes 
leurs mesures particulières , soit pour 
telle ou telle branche de prospérité na- 
tionale, soit dans telle ou telle autre cir- 
constance, lorsque l Etat penchait vers 
sa ruine on qu’il était menacé d’une ag- 
gression étrangère. De là provenait que 
le sénat vénitien pouyait juger, sans 
crainte de se.tromper, des forces, des 
projets, des délibérations des autres 
puissances, et que par conséquent il 
pouvait aussi adopter dans ses délibéra- 
tions avec la plus grande précision pos- 
sible le parti le plus avantageux à suivre 
dans toutes. les conjonctures sociales. 
Souvent les sénateurs se rassemblérent 
pour étudier à fond les relations que leur 
soumettaient les ambassadeurs auprès 
des cours étrangères, et pour en extraire 
les idées dont se forme le jugement au 
moyen duquel l’homme sage obtient 
des avantages, éloigne des inconvénients 
ou modifie à son grè sa propre influence 
et l'influence politique d’autrui; aussi 
avant que les ambassadeurs étrangers 
eussent exposé l’objet de leur mission, 
Je sénat savait déjà tout, et avait arrêté 
les résolutions à prendre. En effet les 
représentans ou envoyés étrangers, des 
leur entrée dans la capitale, pressentaient 
à coup sûr, à l’ accueil qu’ils recevaient, 
tout ce qui*devait advenir dans le con- 
seil, et conséquemment n° hésitaient 
point à exposer sincérement les dispo- 
sitions de leurs cours respectives, bien 
sûrs qu’elles n’étaient plus un mystère 
pour le gouvernement de Venise. Pres- 


espeditisi delle loro imcombenze imme- 
diate, cercavano tutte quelle conoscenze 
al di fuori le quali inducessero di ne- 
cessità lo disvellamento delle disposizio- 
ni degli stranieri governi. Quindi noi 
vedemmo spesse fiate, col mezzo di que: 
sti ambasciatori viniziani, relazioni esat- 
tissime delle condizioni delle altre po- 
tenze. Di più, un certo ragguaglio indi- 
viduale delle mosse specifiche delle me. 
desime intornota questo od a quell'altro 
oggetto di nazipnale prosperamento o 
di rimedio nella circostanza che la na- 
zione declinasse al peggio o che fosse 
minacciata dalla violenza di forze ester- 
ne. Nasceva da ciò, che il senato vini- 
ziano parlasse sicuro in tutte quelle co- 


se che concernevano le forze, la inten- 


zione e la deliberazione degli stati, e che 
conseguentemente statuisse ‘con tutta 
precisione dalla sua parte quali delibera- 
zioni egli stesso piglierebbe in questa od 
in quell’ altra sociale emergenza. Spesso 
accade padri nostri si raunassero a eri- 
brare la ragione delle relazioni che a lor 
facevano gli ambasciatori appo le estere 
corti, e ne raccogliessero le idee che 
formano il criterio, di cui l’uomo saggio 
se ne vale od a conseguire i beni, od a 
prevenire i mali, od a modificare l’in- 
fluenza propria, o l’influenza politica 
altrui. Quindi prima che i legati stra- 
nieri esponessero al senato la ragione di 


. lor missione, a lui era tutto manifesto, 


ed aveva già abbracciato il partito da 
prendersi. Infatti come questi rappre 
sentanti delle altre nazioni entravano 
nella capitale della repubblica, dal mo- 
do con cni erano ricevuti avevano il 
presentimento sicuro di quanto sarebbe 
avvenuto nel consiglio, e perciò sincera- 
mente esternayano le disposizioni delle 
rispettive lor corti, che già discoyer- 
te conoscevano. Quasi sempre il senato 
colpiva quel segno verso il quale saet- 
tando bersagliava, Incontraya che une 


que toujours le sénat frappait droit au 
but où il visait. Une puissance étrangère 
montrait-elle de favorables dispositions 
pour Venise? Ses ambassädeurs étaient 
immédiatement admis aux assemblées du 
sénat, et bbtenaient aisément objet qui 
formait le but de leur mission; mais il n° 
en était certés pas ainsi lorsque quelque 
souverain étranger menacait un allié 
de la république, ou machinait secrete- 
ment contre la république elle-même. 
| Dans ce cas, on conservait toujours les 
dehors et les démonstrations d’üne ma- 
gnificencé solennelle, d’ une générosité 
étonnante et d’vne meïveilleuse riches- 
se, mais accompagnées d’une sombre in- 
differente qui empéchait l’ambassadeur 
de se présenter devant le sénat. On al: 
léguait tantôt un prétexte, tantôt un au: 
tre pour traîner les choses en longueur, 
tandis que la noblesse donnait les fêtes 
les plus somptucuses auxquelles elle vou- 
lait que les représentans ‘étrangers parti- 
cipassent, fesant enteudre à la fois qu’ 
elle ävait pénétré les projets de la puis: 
- sance hostile, et que l’indifférence qu’ 
elle montrait pour ses représentans était 
son unique réponse, Cet étalage prodi- 
gieux d’opulence était bien fait pour 
donner ‘une haute idée de la richesse 
et de la püissance de la république, 
prérogatives brillantes auxquelles les 
Vénitiens joignaient cette connaissance 
parfaite des matières civiles, si précieuse 
pour an Etat, comme nous Vavons dit 
aütre part (1). 

La politique vénitienne avait aussi les 
yeux fixés d’une manière spéciale sur tes 
moindres actions des GARE sv de 
pouvoir veiller sans cesse à la sûreté de 
V Etat. Nous avons parlé : à l’article des 
lois criminelles des délits les plus graves 


(1) X. Laugier et Dari dans lés en- 
droits’ de leur ouvragés qui traitent de 


l'accueil que le sénat fesait dux dmbas- 
sadeurs étrangers. 


stato avesse buone inclinazioni per la 
tépubblica? allorà i suoi ambastiatoïi 
äppo Veneti venivano immediatamente 
Ammessi alle conferenze col senato, e 
prontamente conseguivanogli effetii del- 
la loro missione j cosa che non avveniva 
lorquando qualche potenza minacciasse 
un alleato della repubblica, oppure con- 
tro il médesimo stato vinizidio segreta- 
mente macchinasse. Anche allora erario 
le dimostrazioni di mignificenza solénrie, 


di generosità singolare, di splendida ric- : 


chezza, ma con una cupa indifferenza 
impedivasi accortimerte 1’ ambasciatore 
estero si presentasse nel consiglio dei pa- 
dri, pretestando questo 0 quell'altro nio= 
tivo di ritardo, mentre intanto la nobiltà 
non cessava di darsi ai più sontuosi, fe- 
steggiameriti, dei quali voleva anclie gli 
esteri rappresentanti partecipassero, ddu 
do così a conoscere ad utia volta, ‘che 
avevano orinui frugäto i sensi della iiimi- 
ca potenza, è che la rispostä che tie dava- 
no era la trascuranza in cui teuevano la 
medesima ne’ suoi ambasciatori rappre- 
sentata, inferendo quasi di rielto,. con 
uno sfarzo grandioso di opuleriza, che il 
loro stato era ricco e possente da non 
temere nimici, accoppiando peraltro alla 
ricchezza ed alla possanza quella perfetta 
cognizione delle cose civili, la quale frut- 
tai rilevanti vantaggi degli stati; come 
altrove abbiam tocto (1): 


La politica viniziana converse gli oc- 
cli eziandio in un modo speciale alla 
disquisizione delle cose chie passavano fra 
cittadini, onde in qualunque caso prov- 
vedere alla sicurezza dello stato, Parlan- 
do delle leggi criminali, abbiamo accen- 


fi 


(1) Vedi Luugieh è Daiu in quelle 
parti ove b Abe del modo con cui it se- 
nate riceveva forastieri ambasciatori. 


= 4h — 


contre l’ordre public, ou tendant même 
à sa subversion, et nous en avons aussi 
indiqué.les châtimens respectifs. Main: 
tenant nous devons examiner par quelles 
voies politiques le sénat vénitien pour- 
vut constamment à la sûreté interieure et 
extérieure du pays. Nous avons dit éga- 
lement qne dans un gouvernement libre 
les lois criminelles doivent être basées 
sur la terreur, et nous u’avons pas ou- 
blié les magistrats chargés par les sé- 
nateurs de cette importante branche 
de gouvernement. Les inquisiteurs d’ E- 
tat décidaient sur ces matiéres, mais on 
peut les considérer plutôt comme les 
exécuteurs des principes politiques et 
des lois criminelles que comme des arbi- 
tres suprèmes en pareille matière. Leur 
charge avait pour objet de diriger les 
manèges secrets de la politique, de choi- 
sir de lcur pleine autorité des hom- 
mes uniquement destinés à aller épier 
en tous lieux les dispositions favorables 
ou hostiles des citoyens pour l’ Etat, et 
même sans l’ entremise de semblables 
agents, de conférer sur ces matières tan- 
tôt dans le palais ducal (1), tantôt dans 
l’ eglise de S. Moïse ou bien à S. Jean 
et S. Paul, dans le péristyle intérieur 


(1) Les nobles venitiens étaient «i loin 
de favoriser un espionnage vil et humi- 
liant, qu'ils fonderent plusieurs lieux pu- 
blics où chaque citoyen püt venir depo- 
ser'contre ceux qui avaient attente à la 
sttreté et à la paix de l'Etat. Par conse- 
quence en divers lieux de la ville où 
chacun pouvait voir l accusateur, ils fi- 
rent placer dans l'interieur des murs 
certaines boîtes avec un trou assez élroit 
pour ne donner passage qu’ à quelques 
feuilles de papier pliées. Dans le corri- 
dor que l’on trouve au haut de l’ Escalier 
des Géants on voyait en face, sans com- 
pter la boîte susdite, divers trous, au mo- 
yen desquels si l’on ne voulait pas écrire, 
on pouvait communiquer de vive voix les 
secrets politiques à un fonctionnaire pu- 
blic qui, renferme dans une salle intérieu- 
re, recevait toutes les depositions sans 
étre vu. 


natò alcune colpe delle più grandi che 
spettavano contro l’ ordine civile ed alla 
sovversione del medesimo, e ne abbiamo 
anche indicato le pene relative. Ma qui 
convien prendere ad esame per quali vie 

il senato viniziano provvide all’ interna 
ed esterna sua sicurezza col mezzo del- 
la politica. Abbiamo detto parimente es- 
sere necessario.che in un governo libe- 
ro le disposizioni criminali abbiano un 
fondo di terrore, e parimente non ta- 

cemmo quali ministri perciò usassero i 
membri costituenti il veneto senato. Sta- 
tuivano gli inquisitori di stato, ma questi 
potevano dirsi piuttosto gli esecutori dei 
principii politici e delle leggi criminali, 
anzichè di per se inquisitori delle colpe 
di stato. Eglino avevano ad oggetto di 
loro magistratura il dirizzare i maneggi 
secreti della politica, l’eleggersi indi- 
pendentemente da qualunque altra au- 
torità nomini che andassero raccogliendo 
qua e là tutto quanto occorreva in fatto 
di disposizione di animo favorevole o 
sfavorevole al governo, ed eziandio sen- 
za l'elezione di questi esploratori, di ri- 
cercare sulle disposizioni volontarie che 
si facevano tanto saliti la scala dei Gi- 
ganti nel palazzo ducale (1), quanto en- 


(1) Era tanto lungi che viniziani ari- 
stocrati coltivassero una maniera di spio- 
naggio vile ed umiliante, che vollero 
alcuni luoghi pubblici stabilire, a’ quali 
potesse qualunque cittadino accostarsi a 
deporre contro quelli che alla sicurezza 
e tranquillità dello stato intentato uves- 
sero. Quindi in parecchie parti della cit- 
tà, ove ciascuno avrebbe potuto vedere il 
depositore, fissarono nell’ interno de mu 
ri certe cassette le quali avevano un 
piccolo foro capace di pochi fogli pie- 
gati che entro si volessero colare. Nel 
corridoio poi che si trova appena pog- 
giata la scala dei Giganti, si vedevano 
nella parte di fronte, oltre la accennata 
cassetta, alcuni fori dai quali, non vo- 
lendo deporre scritti, si comunicavano 
i secreti politici ad una persona dello 
stato che eravi nella stanza di dentro, la 
quale non veduta raccoglieva ogni cosa. 


d'une édifice aujourd’hui transformé en 
hôpital. 


\ 


Tant que la terreur fut nécessaire, 
ì’ inquisition fut sacrée, inviolable, vier- 
ge comme étaient sacrés, inviolables, 
vierges les sentimens d’ équité qui diri- 
geaient les patriciens dans leurs délibé- 
rations. Mais lorsque les passions privées 
mêlées au terrorisme menacèrent de le 
changer en un instrument de barbares 
caprices, lorsque l’ espionnage devint un 
véritable fléau pour les citoyens, alors la 
politique intérieure affaiblit l'énergie des 
esprits, et l’inquisition, objet d’une hai- 
ne secrète, préparait elle-même l’état de 
faiblesse et d’imbécillité où elle tomba 
au XVIII.® siècle, et avec elle succomba 
sans retour la puissance de Venise. Dans 
un Etat. la faiblesse volontaire doit avec 
le temps devenir pernicieuse; car l’inac- 
tivité est une, véritable mort physique 
et civile. L’ homme est né pour agir; 
l’action c’ est pour lui l'existence. 


Mais la politique ne se bornant pas à 
la tranquillité externe et interne, et 
s’étendant à tous les moyens qui peu- 
vent raviver les images de la vertu, mon- 
trer aux citoyens la splendeur et la ma- 
gnificence des grands , et les exciter à 
le devenir eux-mêmes, nous devons l’é- 
tudier aussi sous le rapport civil, moral, 
religieux, scientifique et artistique, puis- 
que de la condition plus ou moins floris- 
sante de la morale; de la chose publique, 
de la religion, des sciences et des arts 
dans un Elat, on en déduit aisément la for- 
me ou pour mieux dire, la perfection. Les 
Vénitiens commencèrent au XIV.° siècle 

* à dévelloper leur génie, et le XV.° n’é- 
tait pas encore écoulé que déjà ils l’ava- 
ient élévé à un brillant dégré de splen- 
deur, Ce siècle, qui peut rivaliser avec 


tro lo pareti della chiesa di S. Moise, la» 
teralmente alla via, ed in altro luogo, a 
SS. Gio. e Paolo, vogliam dire nell’ atrio 
di quello stabilimento che ora sì è con 
vertito nello spedale. 

Finchè il terrore era necessità, l’in- 
quisizione era sacra, immacolata, ver- 
gine, come sacri, immacolati, vergini 
erano i sentimenti di equità che mo» 
veano i patrizi nelle loro deliberazio- 
ni. Ma quandochè il terrorismo per ins 
sinuazione delle passioni private potè ans 
che venire diletto di sevizie; allora lo 
spionaguio fattosi il flagello dei cittadi- 
ni, la politica interna infermò la eners 
gia degli animi, e la inquisizione, divenu- 
ta oggetto di odio secreto, preparava a 
se stessa quello stato di debolezza ed 
imbecillità, in cui nel secolo X VII fu 
veduta. Cadde per conseguente ogni pos- 
sanza viniziana, e cesse agli uomini fore 
ti e volonterosi. Negli stati la debolezza 
volontaria non dura senza pernicie, ché 
laignava mente in corpo fatigato equivale 
a morle civile e fisica. L'uomo è nato 
per agire fisicamente e moralmente nel 


«medesimo tempo : la sua esistenza è ese 


pressa nell’ azione. 

Senonche la politica non estendendosi 
soltanto alla tranquillezza esterna ed în» 
terna, sì anco a que’ provvedimenti che sj 
fanno per tener vivele immagini della vir» 
tù, per persuadere j cittadini della gran- 
dezza e magnificenza dei maggioringhi e 
eccitargli ad essere grandi pur essi, do- 
manda che noi la consideriamo ancora 
nella sua influenza civile, morale; reli- 
giosa, scientifica ed artistica, avvegna- 
dioche egli è vero che dalla civiltà, dal. 
la morale, dalla religione, dalle scienze 
e dalle arti che più o meno fioriscono 
in un governo, si deduce della forma 
o meglio diremo della bontà esterna ed 
interna di esso. Viniziani cominciaro. 
no dopo del secolo XIV a sviluppa- 
re. gli ingegni, e già non era discorso an- 
cora il secolo XV che gli avean portati 


ceux de Péricles et d’ Auguste, éternisa 
les fastes glorieux de Venise. Cette ré- 
publique qui, à dater de l'an 1400, s’é- 
tait non-seulement agrandie sur l’Adria- 
tique, la Mer Egée, la Méditerranée, les 
côtes d’ Afrique et d’Asie, mais était 
aussi devenue presque la souveraine mat- 
tresse de l{talie entière, formait un Etat 
puissant qui, grâce à la délicatesse qui lui 
‘était propre, à la finesse de son goût per- 
‘fectionné par un paralléle continuel entre 
les chefs-d’oeuvre de la Grèce et ceux de 
l’ Italie, et grâce surtout au concours des 
‘lumières et du génie de ses nobles en- 
fans, put ntieux que tout autre peuple 
employer ses trésors à produire des chefs- 
d'oeuvre et des édifices, monuments éter- 
tiels de ses triomphes et de sa gloire. 


Ayant indiqué les fins que la politique 
se propose sur les actions humarnes dont 
nous avons traité plüs haut, il nous reste 
à nous occuper de ses règles en matière 
d'influence civile; mais comine lorsqu’ il 
s’agit de définir l’administration civile 
ét municipale ou la police; ce qui est 
la même cliose, on ne saurait que décri- 
re les moeurs privées d’un peuple ou d° 
üne nation, nous nous réservons d’ en 
parler plüs tard, puisque nous devons 
traitér ce sujet avec détails, partant tou- 
jours des principes que nous exposons 
maintenant. Mieux vaut parler de la mo- 
rale, animée ou dirigée par la politique, 
afin de comprendre l’importance des do- 
cuments nationaux de Venise qu’on peut 
certainement regarder comme ùn excel- 
lente école pour former de bons citoyens. 

‘ Envisager la morale vénitienne subjecti- 
vement et objectivement est le parti le 
plus sage, puisque ainsi nous offrirons 
quant au sujet, les matières morales qui 
sont immenses, ét quant à l’objet la fin 
vers laquellé doit tendre tout bon gou- 
vernement. 

Le fonds de la morale vénitienne (ct 

- par là nous cutendons ces principes d’é- 


CN 


ED 


‘ad un sommo grado di altitudine. Que: 


sto secolo, che compete con quello del 
sapere di Pericle e di Augusto, può ben 
dirsi esternasse i fasti gloriosi de’ Vini- 
ziani. Venezia, che dopo il millequattro- 
cento non solamente erasi allargata d’as- 
sai nell’ Adriatico, nell’Egeo; nel Meditet- 
raneo; sulle coste dell’ Africa e nell’Asîa, 
ma puranco quasi insignorita di tutta 
Italia, era una repubblica che con la dis 
licatezza propria a lei sola, con la finez- 
za del gusto, conseguito per tanti con- 
fronti fra le opere classiche della Grecia 
e della Italia, animata da spiriti no- 


- Lili e generosi ad incarnare le cose. del- 


la bellezza, potè sicuramente delle sue 
ricchezze usare a fermrsi di que” mont: 
menti che perpetuassero la mémoria 
delle sue fortune e delle site glorie. 

Dati i fini clie si può proporre la p6- 
litica intorno a quelle azioni umane che 
più insuso abbiamo detto, noi doviemmo: 
osservare la sua condotta nell’ influenza 
civile; ma siccome quando st tratta di 
diffiniré la civiltà o la urbarità o la poli- 
zia, che üna cosa sola suonano; non si 
fa altro che descrivere i particolari co- 
stumi di un popolo e di una nazione ; 
noi. dobbiamo soprassedere, conciossia- 
chè di questa urbanità ci oécorrerà di- 
scorrere alla minuta; facendola derivare 
dalle cose che ora sponiamo. Meglio è 
che per noi si parli della morate diretta 
dalla politica, per tomprendeté Y împor- 
tanza degli atimaestramenti nazionali di 
Vinégia, i quali senza più devono» ris: 
guardarsi come uña scuola precipua a 
formare il buon cittadino. Prendere la 
morale viniziana subbiettivamenteed ob- 
biettivamente è il miglior modo ché vi 
abbia, perchè ‘nel soggetto daremo la 
materia della morale; chie è amplissima, 
e nell’ oggetto il fine, quello che dee vos 
lere qualunque 


sa 
+ 


La materia della morale viniziana (c 
con questo nome di morale intendiamo 


governo buono e saggio. 


Soi 


sjuité nationale et individuelle, et Finté- 
ret réciproque qui lie un citoyen libre 
à un autre citoyen libre, afin de conserver 
la liberté et d’accroitre la fortune et la 
gloire du pays) avait pour sujet les ace 
tions particulières et générales des cito- 
yens sur tont ce qui concerne la justice 
distributive et commutative et la cone 
duite pratique des particuliers, soit en- 
ir eux, soit envers leur gouvernement. 
Il n° y en eut jamais certes qui, plus 
que le Vénitien, ait dans toutes ses déli- 
bérations solennellement montré à l’uni- 
vers la sagesse et la justice réunies pour 
le bien des particuliers. Une seule déci- 
sion du sénat put sembler injuste, celle 
qui ravit la couronne de Cypre aux Lusi, 
gnans pour la mettre sur la tete d’ une 
fille de Venise, et la réunir ensuite à la 
république. Quelques écrivains conti- 
»uent encore à reprocher aux Vénitiens 
l'injustice de la mort de Carmagnola; et 
réellement vers ces derniers temps, il 
ne manqua pas d’auteurs qui en dirent 
tout le mal imaginable. Daru les accusa 
aigrement et Alexandre Manzoni dans 
sa tragédie (1) n’hésite pas à regarder la 
mort de ce héros comme le fruit d’une 
trahison de Venise, et par conséquent, 
comme un injustice incontestable. Cette 
prétendue injustice trouva pourtant des 
défenseurs, mais, quoiqu” il en soit, deux 
exemples . d’injustice , controvers?s ju- 
squ’à nos ‘jours, ne peuvent empè cher 
de reconnaître dans la république Veni- 
tienne un fond de probité et d’honnéteté 
naturelles qui en fesait le modèle de tous 
les gouvernemens. Lorsque nous disons 
qu elle fut probe et honnéte, nous ne 
mettons pas dans la balance les con- 
trats suggérés par la politique, contrats 
qui, à Pombre du nom imposant de 
raison: d’ Etat, blessérent quelquefois 
directemeut on indirectement les droits 
d'une autre nation, ce qui au reste, 


(1) Brécisément intitulée Carmagnola. 


quei principii di equità nazionale ed in- 
dividuale, e quel vicendevole interesse 
che lega un cittadino ad un altro, per 
conservare ed accrescere la patria. for- 
tuna e gloria) avea per soggetto le azio- 
ni particolari e generali de?’ cittadini in 
quello che concerne alla giustizia distri- 
butiva e commutativa ed alla pratica con- 
dotta del privato verso l’‘altro privato 
ed al governo cui ‘appartiene. ]1 governo 
veneto in tutte le deliberazioni che fece 
ha solennemente dimostrato ‘equità e 
sapienza combinate assieme col bene dei 
singoli. Talune deliberazioni parvero 
ingiuste, tra le quali la tolta corona a 
quelli di Lusignano che regnavano in Ci- 
pro, per metterla sulla testa ad una fi- 
glia di Vinegia, per poscia riunirla al 
berretto ducale. Alcuni scrittori non ces- 
sano ancora di rimproverare al senato 
un’ altra ingiustizia nella morte di Car- 
magnola; e veramente anche negli ulti- 
mi tempi gli scrittori non mancarono di 
dirne assai male. Darù lo appalesò agre- 
mente; ed Alessandro Manzoni nella sua 
tragedia (1) nan dubitò di svelare nella. 
morte di questo eroe un tradimento del- 
la viniziana repubblica, e per conseguen- 
za un’aperta ingiustizia. Nondimeno que- 
sta pretesa ingiustizia troyò ben riputati 
difensori. D'altronde due casi d’ingiusti- 
zia. i quali però sono ancora gantrover- 
si, non potranno far sì che si nieghi al- 
la repubblica viniziana un fondo di pro- 
bità ed onestà ‘naturale, che la rendeva 
specchiatissima. Quando diciamo che un 
governo fu probo ed onesto, non inten 
diamo di escludere tutti que? fatti indi- 
minutamente'i quali, passando sotto il 
riguardo d’imperiose ragioni di stato, 
leggiam tal volta nelle storie, sembra- 
no ledere o direttamente od indiret. 
tamente i diritti di qualche altra nazio- 
ne. Data dunque la giustizia distributiva 
e commutativa nella pienezza di glo 


(1) Carmagnola appunto intitolata. 


d’ apres les idées généralement adop- 
tées sur cet article, ne constitue point 
un crime véritable. La justice distributi- 
ve et commutative brillant pendant qua- 
torze siècles de tout l’éclat de le gloire, 
quels généreux exemples de probité pri- 
vée ne devait-elle point enfanter? Les 
Vénitiens étaient si francs, si loyaux, si 
intègres, que chez eux la tromperie était 
inconnue, la ruse un fantôme effrayant 
et le mensonge une brutale prostitution 
de la sincérité naturelle. De Jà dérivait 
ce qui constitue l’objet de la morale, et 
les citoyens harmonisant avec les prin» 
cipes de la république, ne manquaient 
point de cette union de principes dont 
se forme une efficace unité. Que si I° us 
pité efficace et active dans un Etat libre 
produit le bonheur relatif, la justice 
du sénat et du peuple était donc une 
source perpétuelle de biens, car [à où 
régne la justice règne | harmonie; et 
l’harmonie est la cohérence de prin- 
cipes ; l’union des principes c’est l’unité 
ou beauté; le beauté c’est l’amour, c’est 
Ja felicité. Ayant donc exposé le sujet 
et l’objet de la morale, nous allons passer 
à P influence indirecte que la politique 
exerce sur la religion. 

La religion protégée par Ja politique 
est ur moyen puissant de rendre les ci- 
toyens bons, tranquilles et obéissans. 
Mais il faut que la politique la considere 
alors, non comme un agent subalterne, 
mais comme un principe indispensable 
aux hommes, comme un anneau central 
qui unit le ciel etla terre, comme un be- 
soin naturel de la raison, et par consé- 
quent elle doit toujours s’y conformer 
rigoureusement. 

Les dispositions que la politique véni- 
tienne adopta sur Particle de la religion 
concernérent donc l’extérieur, c’est-à-di- 
re ils pourvurent au moyen d'objets sen- 
sibles à ce que les esprits fussent veri» 
tablement pépétrés d’une vive et sincere 
dévotion envers le Tout-Puissant, fesant 


D. — 


ria per il corso non interrotto di quats 
tordici secoli, quali esempli di probità 
privata non ne dovevano emergere? Li 
cittadini della repubblica erano così 
schietti e, leali, così integri, che appo 
loro l’inganno potevasi dire ignoto, 
l’ insidia una larva paurosa e la men- 
zogna una brutta prostituzione alla na- 
turale sincerità. Da ciò ne deriva quello 
che costituiva l’oggetto della morale, ed 
i cittadini armoniando coi principii del- 
la repubblica non mancavano di quella 
alleanza di massime che rappresentano 
la unità efficace. Che se l’unità efficace 
ed operosa in un governo produce la fe- 
licità relativa, la giustizia del senato 
adunque e del popolo era fonte perenne 
di bene, perchè ove il giusto si serbi è 
armonia, ed armonia è coerenza di 
principii, ed upione di principii è uni» 
tà o bellezza, la bellezza è amore, è fe- 
licità. Dato così il soggetto e 1’ oggetto 
della morale, convienci passare a quel- 
l’altra parte su cui la politica influisce 
indirettamente, che è la religione. 


La religione tutelata dalla politica è 
il mezzo potentissimo per avere quieti, 
ubbidienti e buoni i cittadini. Convien 
poi che la politica non usi dalla religione 
con un modo di superiorità, ma invece 
la coltivi e sostenga convenientemente 
come cosa tutta necessaria agli uomini, 
come un anello centrale a cui si lega il 
cielo ‘e la terra; che essa la abbia come 
un bisogno essenziale dell’ uomo, e per- 
ciò direm anzi sia confederata con essa. 

Le ‘disposizioni che la politica vinizia- 
na prendeva intornoallareligione furono 
perciò esterne, cioé provvedevano, con 
mezzi cadenti sotto i sensi, gli animi u- 
mani fossero penetrati da una sincera ed 
accesa devozione versoIddio, al quale ef« 
fetto si presentavano i templi, gli arredi 


vo — 


don aux églises à cet effet de riches or- 
hemens sacrés, favorisant la fréquence des 
fonctions solennelles, privées ou publi- 
ques, et les exemples de piété religieuse 
qui, soit dit en passant, sont peut-être le 
moyen le plus avantageux et le plus sûr 
de maintenir le peuple dans la bonne 
route. En conséquence les magistrats qui 
pensaient sagement sur la politique, ac- 
cordaient volontiers leur concours aux 
évèques'afin de veiller à ce que les clercs 
s° acquittàssent exactement de leurs de- 
voirs non-seulement dansles églises, mais 
aussi en tout autre lieu, à ce qu’ils 
priassent pour la conservation des auto- 
rités constituées, à ce qu’ils leur incul- 
quässent des principes de soumission et 
démonstrassent évidemment que sans les 
autorités il n°y a point d’ordre, et sans 
ordre, point de bonheur, que la seule 
tranquillité des Etats peut enfanter la 
prospérité publique, et qu’avec une for- 
tune médiocre il est plus facile d’exer- 
cer les vertus civiles et religieuses qui 
obtiennent une récompense éternelle a- 
prés leur mort à ceux qui furent bons et 
humbles pendant leur vie. Tels étaient 
les moyens extérieurs par lesquels la po- 
litique de nos ancêtres pourvoyait au 
bien civil et moral des peuples, auquel 
Ja religion se pretait admirablement. Le 
fameux publiciste Montesquieu lui-même 
s’écriait presque hors de lui dans un 
transport de joie: « Chose étonnante! 
la religion chrétienne qui semble n'avoir 
d’autre objet que de mériter aux hom- 
mes la béatitude éternelle, forme aussi 
leur félicité ici-bas ! » 

Il nous reste maintenant à voir quel 
système, soit pour les temples, les orne- 
mens sacrés, soit dans les fonctions ex- 
térieures du culte divin, avaient ‘adopté 
les pères conscrits de Venise, suivant tou- 
jours les grandes maximes de l'Evangile 
pourobtenir la double fin de rendre heu- 
reux les sujets par les biens de la vie 
présente, et de les préparer par l’exer- 


sacri, l’uso delle funzioni solenni e pri- 
vate e pubbliche egualmente, e gli esem- 
pli di religiosa pietà, i quali esempli per 
avventura piucche tutt’altro son neces» 
sari per tenere nella buona via il po- 
polo. Quindi i magistrati si prestavano 
co’ vescovi perchè i cherici adempies- 
sero esattamente a’loro doveri, non so- 


‘ lamente nelle chiese, benanco al di fuo- 


ri, perchè pregassero per la conservazio- 
ne delle autorità costituite, inculcassero 
le massime di soggezione alle medesime, 
e dimostrassero ad evidenza che senza 
le autorità non vi è ordine, non vi e fe- 
licita: che la sola tranquillitade degli 
stati puote produrre i beni civili, e che 
col mezzo delle moderate fortune si può 
aprirsi una via ad esercitar meglio le vir- 
tù cittadine e religiose, e quindi procac- 
ciarsi il premio della beatezza che dassi 
a colui il quale rettamente vive e som- 
messo. Questi erano i mezzi esterni coi 
quali la politica dei nostri provvedeva 
al bene civile e morale dei popoli, a cui 
la religione mirabilmente si prestava. 
Anco il famoso pubblicista Montesquieu 
esclamava quasi fuori di se per ebbrez- 
za di gioia: » Gran cosa! La Lu 
» cristiana, la quale non sembra avere 
» altro oggetto che di trarre gli uomini 
» all’eterna beatezza , forma a loro la 
» felicità anche nella vita presente! 


Ciò detto, è da vedere come tanto nei 
templi, negli arredi sacri, nelle opere e- 
sterne del culto religioso i padri coscritti 
del veneto stato si diportassero, usando 
sempre delle grandi massime del Vangelo 
per conseguire il duplice scopo, di feli- 
citare i sudditi coi beni della vita, e col 
prepararli ornati di cristiane virtà ad 
avviarsi colà ove i giusti hanno guider- 


DINI 


cice de toutes les vertus chrétiennes 
à passer dans un monde meilleur où 
une incorruptible félicité est réservée 
à tous les justes, Nous avons dit que 
les Vénifiens dans lid application de la 
politique aux choses religieuses, sui- 
vait V’esprit évangélique , et ils le 
prouvérent bien par tant d’édifices ad- 


mirables dont nous nous occuperons ‘ 


bicutòt. L’ Evangile est une loi d’amour 
qui par conséquent est Dieu même, Qui- 
conque observe les lois évangéliques, 
ressent- l’influence de cette plé: itude et 
de cette charité qui sont Dieu mime, et 
dans les ouvrages humains qu’il élève, 
sait clairement revêtir d’une formela pen- 
sée qui l’absorbe, c’est-à-dire un amour 
sans bornes. — Chàteaubriand, dès les 
premières pages de son Génie du chri- 
stianisme, déclare qu’une comparaison 
entre les chefs-d’oeuvres du génie chré- 
tien et ceux du paganisme ne peut qu "è 
tre défavorable aux derniers. Il ny a 
point de science, de doctrine on d'art 
chrétiens qui n’ait été porté au dégré de 
perfection qui caractérise extérieurement 
l'influence de I? amour divin. 
Les®temples, oeuvres du culte exté- 
rieur, élevés dans la capitale de la répu- 
blique, exigeraient maintenant un exa- 
men particulier sur le style de leur ar- 
chitecture, et par conséquent il nous 
faudrait Dci en revue les différentes 
époques où ils furent construits, afin 
d’ en distinguer les styles différens, mais 
nous en parlerons plus tard. Ce qu il 
importe de savoir pour le présent, « e est 
que la Basilique de S. Marc, bien que 
ce soit un complexe de styles, peut ètre 
considérée comme un mus? de d’antiquités, 
un document du caractère et du goût du 
moyen-âge, une DEGUVE de la toute puis- 
sance de nos ancètres, un asile solitaire 
où le coeur est saintement ému par les 
religieuses inspirations que fait naître 
en foule le majestueux silence de cette 
enceinte sublime ; on peut la considé- 


done indefettibile, eterno 2 Abbiam 
detto che Viniziani; usando della politi= 
ca in cose di religione, sentissero alta- 
mente dello spirito, evangelico; e vera 
mente provarono di sentirlo per quelle 
opere | del culto esterno che ora verremo 
trattando. Il Vangelo è e la legge di amo- 
re, che è Dio stesso. Chi adempie alle 
leggi evangeliche, sente l'influsso del- 
I. amplitudine e della carità, che è Dio; 
e nelle umane opere che porge fa net- 
tamente rilevare, che nell’ informarle al 
proprio concetto era dall’ amore infinito 
compreso — Chateaubriand fin da prin: 
cipio del suo Genio del Cristianesimo 
pronunzia; che le opere del genio eri- 
stiano non ponno senza sfregiare quelle 
del genio gentile mettersi loro a paraggio. 
Non vi è scienza, disciplina od arte dei 
cristiani, la quale non fosse portata a 
quel grado di perfezione che caratterizza 
estrinsecamente l’ influenza dell’amore 
divino. x 


Ora fra le opere del culto esterno vi 
sono i templi, i quali nella capitale ve- 
neziana sì alzarono. E° domanderebbono 
una speziale distinzione per quello che 
concerne il loro ordine architettonico, e 
conseguentemente converrebbeci andar 
passando le diverse epoche della repubbli: 
ca nelle quali vennero queste moli erette 
per determinarne lo stile, ma di, ciò par: 
leremo altrove. Quello che importa sa- 
pere di presente egli è, che la basilica 
di S. Marco, benchè sia. un complesso 
di stili, é da aversi un, museo di anti- 
chità, un documento del carattere del 
gusto dei tempi di mezzo, una prova 
della possanza dei nostri, un asilo romi- 
to, in cui il cuore è mosso secretamente 
da quelle sante ispirazioni che derivano 
dal maestoso silenzio del ricinto subli- 
me ;. può dirsi infine un tutto in cui la 


rer comie un ensenible rierveilletix où 
les sentimens les plus tendres de la pié- 
lé s'unissent aux plusmobles conceplions 
du génie des arts, un monument grans 
diose de la reconnaissance d’une puissane 
te république envers le süprème dispen: 
sateur dé tous les biens, un nionument 
enfin qui réveille à la fois les souvenirs 
de l’histoire et les pensées de religion, 
les notions des temps avec celles des 
choses, l’idée de la félicité témporélle 
avec celle de l’éternelle béatitude. Nous 
pourrions passer en revue bien d’autres 
temples où brille du ménie éclat la piété 
Vénitienne , et celui de S. Jean et S: 
Paul, ét celui des Frari et celui de S. 
Etientie qui font naitt'e les mêmes Emo: 
tions; moins par leur antiquité et le 
vout ädmirable de leur architecture que 
par ün indicible empreinte de mysté 
rieuse piété qui révèle en niême temps 
la force républiedine et les plus intimes 
sentimens de dévotioh. 

Les ornemens sacrés de Vénise n° éta- 
ent point certes inférieurs ou même 
seuilenient compar ablesà ceux que l’on ad 
mire. dans les tempies les plus fameux de 
Ÿ univers catholique, et si les heureux 
enfans de li Révolution Française n’a- 
vaient converti à des usages profanes 
une grande partie des ricliesses sacrées, 
rious pourrions aujourd’hui prouver plus 
incontestablement encore aux étrangers 
quels furent nos trésors, et notre piété: 
Cependant üne Bonne partie de nos 
ürnemens sacrés échidppa du sort com 
intin; que Pon visité la cathiédrale de 
S: Mare et plusieurs autres églises de 
Vénise, on verra dé ses propres yeux 
si fios éandelabres, nos lämpes d’ ar- 
gent sont peu bombieux, si nos tentu- 
res et nos tapis sont inesquins, s’il y a 
disette de calices, dé patènés, d” osten- 
soirs, de vases sacrés, de lustres, de cier- 
ses, de surplis, d’aubes, etc. Sans nul 
doute, après un parallèle consciencienx 
entre les églises de Venise et celles des 


pietà si associa alle i ispirazioni dei geni 
delle arti; un luogo dove si scorge di- 
rem quasi il sentire di unà nazione ri- 
conoscente verso il fattore di tutti i 
beni ; un luogo per il quale si risveglia- 
io le idee dello stato con quelle della re- 
ligione; le nozioni dei tempi con quelli 
delle cose; la niemoria della felicità con 
quella della beatitudine. Potremmo di- 
scorrere altri templi nei quali non man: 
co lo raggio d’amore rifulge. Quello dei 
SS. Giovanhi e Paolo, quello de’ Frari, 
e quello di S. Stefino sono apparteneriti 
alla classe chie risveglia le attennate idee; 
non sì per Pantichezza ed il gusto del 
travaglio, quanto per quel certo secreto 
pietoso che in esse si scorge, da cui si 
disvela l’uso della forza repubblicana 
è gli intinii sentimenti della pietà. 


Gli arredi sderi dppo Veneti tion pa- 
fivano medietà o minoranza su quelli 
che si banno hei templi più illugtri del 
mondo cattolico; e se le mälaügürate 
impfese della rivolazione francese non 
avessero convertito in uso profago gran 
parte di questi arnesi consecrati agli al- 
tati, noi oggigiorno avrem bene di che 
meglio mostrare alle nuzioni quali fum- 
mo in dovizie, quali in pittà e quali in 
politica. Nondimanco di questi sacri ar- 
fedi grati parte fu salva; € se vadasi 
nella basilica di S. Matco è in qualche 
altra cliesa di questa capitale, si vedrà 
se sia poco la copia degli argentei doppie- 
ri, se sdrusciti gli arazzi e i tapetti, se 
Vha povertà di calici, di patene, di. os- 
tensori, di pissidi, di vasi sacri, se di can 
délabri e di lampade, di pianete e piviali, 
è così innanzi. Certo se si confrontino 
gli arredi delle chiese venete con quelli 
delle chiese di molte altre città, non po- 


‘trà scusarsi uom che sia dal convenire 


in quello che più insuso abbiam detto. 


N 


autres peuples, personne ne pourra s’em- 
pecher de convenir avec nous de ce que 
nous avons avancé plus haut. 

‘Mais il est encore du ressort de la po- 
litique de veiller aux solennités, d’encou- 
rager les pratiques les plus avantageuses 
au culte sacié, et d’accroître sans cesse 
la piété par ces moyens réunis. Aussi chez 
les Vénitiens les cérémonies sacrées é- 
taient empreintes d’une onction, d’ une 


majesté particulière. On y voyait accou- 


rir une foule de particuliers qui, portant 
une banniére, un guidon sur la toile du- 
quel un pinceau habile avait représenté 
quelque trait de la vie d’un saint, pré- 
eédaient la corporation qui appartenait 
à ce saint, parcourant processionellement 
les rues, et unissant leurs voix à celles 
du clergé, ils chantaient des hymnes de 
louanges et d'actions de gràce au sou- 
verain maître de toutes choses. On y 
voyait assister les grands de Venise mé- 
lés indistinctement aux plus pauvres, 
avec un piété ardente et exemplaire, ca- 
pable de porter les plus heureux fruits 
pour la religion chrétienne. 

Les Vénitiens regardèrent comme leur 
premier et le plus essentiel devoir de s’ 
affectionner le clergé, et nous dirons mè- 
me, de s’en former un auxiliaire dévoué. 
Lorsque le gouvernement ne protége 
point les ministres de l’ autel, il doit 
tomber tôt ou tard. La raison en est que 
les consciences de tous leur éiant confié- 
es, elles se corrompraient bientôt si leur 
sublime sacerdoce n’était point vénéré 
comme il le mérite. Personne n’aime à 
avoucr sa fublesse. L’homme qui s’estime 
naturellement lui-même, répugne à s’hu- 
milier devant autrui, et il le fait seule- 
lement lorsqu un puissant intéret l’y in- 
vite. Or, si les ministres de l’autel, in- 
terprètes de cette religion admirable qui 
va miséricordieusement chercher elle- 
meme le péchear pour appliquer son 
baume divin sur les plaies de l'âme, ces 
ministres, disons-nous, s’ils n° étaient 


Ma della politica è ancora. vigilare 
alle solennità, e promuovere gli usi mi- 
gliori delle cose sacre, e volere che con 
questi mezzi viemmeglio la pietade si 
serbi. Quindi appo nostri le religiose so- 
lennita si facevano con una unzione di 
santità più specchiata. Molti cittadini vi 
accorrevano, e prendendo una massa do- 
rata 0 dipinta, da cui pendeva una tela 
svolazzante, sulla quale da maestro pen 
nello qualche santo colle sue gesta era 
pinto, avviavansi, precedendo la scuola 
che a quel santo medesimo era intitolata, 
santamente processionando, ed unendo 
le proprie alle voci del clero cantavano 
gli inni delle lodi e dei rendimenti di 
grazie al Supremo Signor delle cose. In 
queste processioni vedevansi pure i mag- 
giorenti dei Veneziani assistervi con a 
canto un poverello, ed in un modo così 


‘ sinceramente pietoso, da far frutto di 


cristiana religione con un esempio il più 
perfetto e più dolce. 


I Viniziani credettero primo cd essen- 
ziale loro dovere di tenersi amicate, € 
se vuoi anco devote le persone del cle- 
ro; poichè i ministri dell’ altare se non 
vengono sostenuti dal governo, il gover- 
no necessariamente cade. La ragione pre- 
cipua è, che le coscienze degli uomini 
essendo in lor mano, ove la santità del 
loro grado non sia stimata e venerata, 
sarebbero guaste e corrotte. Nessuno 
vuole confessare debolezza. L’uomo, che 
ama naturalmente se stesso, rifugge dal- 
P umiliarsi innanzi altrui, e lo fa allora 
solamente che un interesse possentissi- 
mo ve lo spinga. Ora i ministri dell’ al- 
tare che predicano la religione, la quale 
pietosamente va cercando le ferite de- 
gli animi per guarirli dalle morali infe- 
zioni, se non fossero creduti degni ed abili 
a questo effetto, o che volesscro eonse- 


point dignes ou eapables de cette mission 
sacrée, on s'ils voulaient la remplir sans 
Papprobation des hommes, ne feraient 
qu’accroitre le mal et conséquemment 
corrompre l’ordre moral tout entier. 
Et rien ne saurait être plus nuisible à 
l’Etat que la lutte qui s'ensuivrait entre 
deux forces également puissantss, l'ordre 
civil et la religion. Ils réglèrent donc qu’ 
à certaines fêles de l’année auraient lieu 
des fonctions où le doge,siégerait à côté 
ou tout pres du patriarche et des au- 
tres dignitaires eeclésiastiques. En outre, 
bien que le doge eut droit dans la basi- 
lique de S. Marc à un siége élevé, il ne 
V’était pourtant pas assez pour éclipser 


ceux du patriarche et des chanoines. Ils 


jugèrent également avantageux de ras- 
sembler de temps en temps en un même 
lieu les autorités civiles et ecclésiastiques; 
et pour ce, le doge invitait à diner à cer- 
tains jours les fonctionnaires civils et ec- 
clésiastiques, traitant ses derniers dans 
ces occasions avec toute la déf'rence et 
le respect possible, sans déroger pourtant 
à l’élévation et à la majesté de son rang 
supreme. Les avantages politiques que 
le gouvernement retirait de ce système 
étaient immenses, car rien ne favorise 
plus puissamment le rapprochement des 
principes et des idées que cette réunion 
de tous les grands de 1’ Etat sur un ter- 
rein aussi commode, aussi cordial que 
l’est d'ordinaire un somplueux banquet, 
une conversation franchè et polie, ou 
pour mieux dire les autorités civiles et 
ecclésiastiqu es vivant ensemble en bon- 
ne harmonie, dirigeaient vers le méme 
but les forces de l Etat afin de consoli- 
der la sûreté des droits personnels et 
réels, et tout ce qui contribue à embellir 
l'existence, lorsqu’elle est à l’abri des 
rigueurs du besoin. 

L’hiérarchie ecclésiastique devait rem- 
plir exactement deux offices; celui de 
bon pretre et celui de bon citoyen. Les 
réglemens sévères de la discipline reli- 


guirlo eolla disapprovazione degli nomi- 
ni, null’altro farebbero che rincrudire. il 
male, e questo rinerudito, ogni ordize 
morale guastare e corrompere. Quindi 
allora lo stato ne avrebbe gravissimo 
nocumento. avvegnadio due forze egual- 
mente grandi lotterebbone fra loro, ci- 
viltà e religione, da cui è costituito. Fu 
perciò ch’eglino in alenni di solenni, 
nella basilica di S. Marco certe fun- 
zioni stabilivano, dove il doge stava di 
costa 0 dappresso al patriarca ed alle 
altre dignità ecclesiastiche, e mella stes- 
sa basilica, benche il veneto principe 
il seggio eminente avesse, non: era pe- 
ro tanto che il patriarca e li canonici 
pure con ordine di grandezza non pom- 
peggiassero. Avvenne anche pensassero 
fosse bene che le civili e Fe eccltesiasti- 
che autorità in certi luoghi convenissero;. 
laonde si dava una grida per la quale 
fissavasi un di “o l’ altro in cui il doge 
imbandirebbe a’ civili e .ad ecelesiastici 
maestrati; nella quale circostanza è no 
to che il principe si avea umanamente 
e rispettosamente co’ cherici, senza pe- 
rò scemare di sua dignità, la quale so- 
leva essere eminente e reverenda. Dr 
qua accadeva un buon effetto: politico, 
perchè la mistione de’ maggiorenti eellò» 
stato in un modo il più semplice, il più 
urbano, quale si è quello del vivandare 
e del trattar conversevole, produceva un 
grande avvicinamento di principii, 0 a 
dir meglio le medesime autorità civili 
colle ecelesiastiche armoniosamente sem- 
pre avendosi, drizzavano allo stesso fine 
le forze dello stato onde avere la felicità 
della sicurezza de’ diritti personali e rea- 
li, e quegli altri buoni effetti che si av- 
vicinano ad indolciare la esistenza, per- 
che prodotti dal genio non édueato dal 


rigore dei bisogni. 


La gerarchia ecelesiastica era intesa a 
disimpegnare esattamente due uffici, 
quello del buon sacerdote e quello del 


‘gieuse qui certainement ne négligeait pas, 
sur tout ce qui regarde l’otdre et la 
pureté des doctrines, de veiller à ce que 
les ecclésiastiques s'acquittassentreguliè- 
mement de leurs devoirs et de leurs 0° 
bligations, répondäient à coup sûr de 
l’ accomplissement du premier. Quant 
au second office d’un ecclésiastique ; 
qui produisait la fusion la plus complete 
des pouvoifs de l’Etat, ou l’activité sage- 
ment réglée de ces mêmes pouvoirs, c'é- 
tait le civil. Mais ces pouvoirs ne procés 
dant pas seülemetñt de I’ etcellence des 
lois divineinent inspirées mais aussi des 
lois civiles, le gouvernement fit tous ses 
efforts pour qu’elles influässent Érergi- 
quement sür les äctes extérieurs du cler- 
gé, cummé nous l’avons dit. Conséquem- 
ment tout ce qui coricerne les devoirs 
purement civils des ecclésiastiques, était 
pour la société la sourtesd? effets eucOre 
plus avantageux, En modérant Pinfuene 
ce extétietire du clergé, et én natia 
tant toùt du bien dé l'homme civil, 1 
république Vénitienrie obtint cinqavans 
tages: L’ exécution exacte des lois civi- 
les par les persünnes que leur cara- 
ctëre appellat à donner |’ exemple de 
la Sdiné morale ; la cohérente des nra- 
ximés eéclésiastiques et politiques, con- 
siquente des usages obtenus par Pin- 
fluencé des lois civiles; la consolidation 
et la vénération de Pautorité des aristo- 
crates, car ki soumission aux lois, est une 
marque implicite de respect pour les 
législateurs; I’ accraîssement de l suto- 
rité civile sur totites les matières qui 
pouvaient dans. ceértains Cas intéressef 
simultanément |’ Eglise et PEtat; enfn 
la conformité des principes de tôus les 
citoyens avec écux des lois fondamenta- 
les de ta république. Additionnant Ges 
cinq avantages, fruits de Ja combinaison 
de Fordre politique et civil avec Pecclé- 
siastique , le produit, © est la félicité 
publique. 
Ainsi, traitant de cette maniére tout: s 


= 
Cali 


buon suddito. Il primo nonpotevasi tras: 
curare, se non altro per le ingiunzioni 
delle leggi religiose, le qiiali certamente 
in fatto d’ordine e di fermezza nelle 
dottrine non trascutavano d° invigilare 
che gli ecclesiastici si comportassero e- 
sattamente nell’adempimento degli offici 
imposti loro. Il secondo degli uffizi del- 
l ecclesiastico, dal quale proveniva la 
colleganza più forte dei poteri dello $ta< 
to, ovvero l’ordinata attività de’medesi- 
mi, era il civile. Siccome poi questi po- 
teri non procedevano solamente dalla 
bontà delle leggi divinamente ispirate; 
benancb dalle civili, così il governo 
operò validamente perche le medesime 
influissero helle azioni esterne del clero, 
come abbiam detto. Ma veniva che quel- 
lo che risguarda agli üffizi meramente 
civili che doveansi eseguire dagli ec- 
clesiastici, dava alla società effetti che 
sono ancora più luculenti. Posta una 
temperanza all’ influenza esteriore del 
clero, e riducendo il tutto al bene del- 
luomo civile, la repubblica viniziana 
conseguì cinque vantaggi: l’eseguimento 
esatto delle leggi civili da parte di quel- 
le persone che pet il loro carattere do- 
vevano mostrarsi |’ esempio di buona 
riorale ; lai coereñza delle massime ec 
clesiastiche colle politiche, quale conse- 
güenza degli usi derivati dall’ influenza 
delle leggi civili; l'autorità degli aristos 
crati assicurata e venerata, perchè ta 
sommessioie alle leggi è tin implicito 
ossequio ai legislatori; l’ incremento del- 
l’dutorità civile in tutte quelle cose che 
nelle ciréostanze poteano interessare si- 
niultaneamente € la chiesa € lo stato; é 
da ultimo la uniformità delle massime 
di tutti i cittadini con quella delle leggi 
fondamentali della repubblica. Somma 
ti tutti questi cinque vantaggi derivati 
dalla politica col mezzo del clero alla 
stessa informato; il prodotto è felicità. 


Così partendo tutti i soggetti della 


les branches de la politique, nous ayons 
assuré à la République un principe pres- 
que constitutionnel, parce qu'après pn e- 
xamen consciencieux des lois, tout homme 
sensé et raisonnable devra govclure que, 
pour rendre heureux un peuple, il est ab- 
solument impossible de négliger les règles 
qui ont pour objet la conservation d’une 


autorité libre, mais modéréc, et en mé- 


me temp la fixation de tous les moyens 
qui peuyent conserver la liberté et la 
modération, et en outre par ce que ré- 
pandant son influence libre et modérée 
sur les citoyens, il en résulte la franchi 
se, la promptitude dans Ies actes géné- 
reux, et la modération, c’est-à-dire la 
prudence qui regle les actions importan- 
tes et solennelles de manière à obtenir 
le résultat le plus désirable : la félicité 
relative ! 

Mais les Vénitiens eurent encore d’ 
autres lois à établir, et ce sont celles 
qui concernent l’économie civile et ru- 
rale. L'économie civile n’est autre cho» 
se qu’une discipline exclusivement occu- 
pée à traiter de tous les intertts de VE 
tal, restreignant pourtant sa juridiction 
aux matières qui ont pour objet l’intéret 
de la constitution morale, civile et poli- 
tique de P Etat. D’un autre côté les lois 
de la statistique embrassent plus com- 
plétement l’économie rurale, et on peut 
donc la nommer un complexe des di- 
verses lois morales et physiques qui con- 
duisent les hommes au plus haut dégré 
de prospérité. » 

Ayant exposé ayant tout ces disposi» 
tions différentes de la loi, nous nous ab- 
stiendrons de parler plus au long de tout 
ce qui.concerne les réglemens externes et 
internes de l’Etat. Nous avons dit dés les 
premiéres lignes de cet ouvrage que la 
pr ospérité, croissante des Vénitiens suggé- 
ra clairement : à nos ancêtres, qu’il était 
nécessaire de donner à la république une 
conslitution uniforme au dehors comme 


au dedans et c’est d’après ce principe 


politica, nai abbiamo gssicurato alla re- 
pubblica un principio quasi costituzioz 
nale; perche esaminate a fondo le leggi, 
ogni uomo sensato e ragioneyole dovrà 
concludere, che a voler felici i papoli 
non si può assolutamente trasandare 
quelle norme le quali abbiano per ogget- 
to la conseryazione di una autorità lis 
bera ma moderata, ed in pari tempa la 
determinazione di tutti i mezzi per cui 
conseryi liberta e mogerazione, ed an- 
cor perche diffonda la sua influenza li- 
bera e moderata nei cittadini; da ens 
trambe le quali risulta la franchezza e 
prontitudine nell’ agir generoso, e la 
moderazione, che è la prudenza, da re- 
golare le azioni alte e salenni, per final 
mente asseguire lo scopa, che è appunto 
la felicità relativa. 


Ma altre legg 
tere i Veneti, le quali sono quelle che 


i ancora ebbera a disen- 


rispettano all'economia, in civile e ru- 
rale divisa. L’‘economia civile non è al- 
tro che una disciplina la quale si occupa 
esclusivamente a trattare degli interessi 
tutti dello stato, resiringendosi peraltro 
a stabilire le sue dottrine rispetto a que- 
gli oggetti i quali hanuo per iscopo lo 
interesse della costituzione morale e ci- 
vile e politica. L'economia rûrale d’ 1 
tra parte è abbracciata meglio dalle leggi 
della statistica, e perciò si può dire un 
complesso di diyerse leggi morali e fisi= 
che che conducono gli uomini ad un 
grado maggiore di prosperamento. 
Messe avanti queste disposizioni delle 


leggi, 


non intralascieremo qualunque 
altro discorrimento intorno a quello che 
concerne il regolamento interno ed e- 
sterno degli stati. Fin da principio ab- 
biamo accennato, che le crescenti for- 
tune della repubblica vipiziana fecero. 
edotti i nostri, ch’ era mestieri dare. a 
questa un’organica costituzione si al di 
dentro che ‘al di fuori; e noi dietro a 


tale principio incontrastabile abbiamo 


incontestable que nous avons parlé des : 


dispositions légales et de leur influence 
d’une manière brève et concise, mais 
pourtant capable de. donner une idée 
exacte du gouvernement vévitien et de 
ses institutions civiles et religieuses ; ee 
qui nous amenera naturellement à trai- 
ter le caractère spécial des moeurs vé- 
nitiennes. 

Mais comme les moeurs civiles se ré- 
vélent non - seulement dans Îles lois 
et les formes du gouvernement , mais 
aussi dans les actions pratiques des hom- 
mes, il est indispensable pour notre plan 
que le commerce de Venise soit mùre- 
ment examiné et jagé. L’adresse formait 
la base du systéme mercantile de nos 
ancêtres, adresse qui s’alliait toutefois 
aux formes de l’équité et qui consistait 
à donner aux produits vénitiens une 
haute valeur soit au dedans, soit au de- 
hors de l'Etat, et à déprécier ceux des 
étrangers. Il s’ensuivait que ceux-ci, 
considérant les produits de Venise com- 
me les plus rares et les plus précieux, 
les recherchaient avec empressement, 
donnant en échange en profusion des 
denrées estimées aussi chez eux, mais qu’ 
ils croyaient de très-peu de valeur aux 
yeux des Vénitiens. Ce fut alors que 
nos aïeux transporterent à Venise cette 
infinité de statues, de marbres, d’ ob- 
jets précieux, soit pour le travail, soit 
pour la matière, et les destinérent à l’em- 
bellissement de la capitale et des autres 
villes. De cette adresse et des heureux ef- 
fets qui en résultaient il est facile de dé- 
duire avec quelle ardeur les Vénitiens 
recherchaient le trafic avec les peuples 
d'outre-mer. 


Mais les nations qui habitaient’ les 
côtes de la mer Adriatique fesant obsta- 
cle, ou du moins mettant des entraves 
au libre dévelloppement de la marine 
vénitienne , nos ancetres, jugeant sage 
et indispensable de renvereer cette bar- 


già discorsi i gradi delle magistrature, 
notammo le disposizioni delle leggi e la 
loro influenza in modo bensi conciso e 
breve, ma tale da poter formaréi una i- 
dea del governo venetico e delle sue isti- 
tuzioni civili e religiose; del che noi po- 
tremo condurre le conseguenze, che ci 
faranno argomentare dello speciale ca- 
rattere del costume veneziano. 

Siccome però i civili costumi, oltreché 
a traverso le leggi e le forme dei gover- 
ni, si conoscono eziandio nelle azioni 
pratiche degli uomini, così accade che 
la parte del commercio dei Veneti deb- 
ba essere bene esaminata c ponderata. 
La base fondamentale del mercantare 
de’ nostri era sempre ia destrezza. la 
quale però offriva le forme dell’equità, 
e consisteva nel saper dare alle cose vi- 
niziane nello interno dello stato e fuori 
un grandissimo valore, ed a quelle dei 
popoli stranieri uno minore. Così nasce- 
va, che questi risguardando gli oggetti 
di mercatauzia veneta come peregrini ed 
esquisiti, ne facessero procaccio con 
molta ansictade, rendendo in cambio a 
dovizia ciocche appo loro era pure ec- 
cellente, ma creduto di poco interessa- 
mento pei nostri. Allora fu che Viniziani 
asportarono dalle provincie straniere nel- 
le nostre quella ricca copia di suppelle- 
tili, di marmi, di oggetti preziosi per fi- 
nitezza di travaglio e per la intrinseca 
bontà loro, e vollero che ad arricchire 
ed adornare magnificamente la capitale 
e gli altri luoghi soggetti servissero. Da- 
to per fondamento questa destrezza ed il 
buon frutto che ne ricavavano, è ben 
facile argomentare quanto i Viniziani 
fossero desiosi di praticare cogli oltra- 
marini. 

Se non che l’intrapreso esercizio della 
marina infin sulle prime venendo a’ Vene- 
ziani nostri impedito od almeno difficul- 
tato dai popoli che stavano sulle coste 
del mare Adriatico ; così reputarono e- 
glino savio ed indispensabile uffizio di” 


rière, déclarérent la guerre; par raison 

de commerce, aux. Patriarches d’Aqui- 

1 e, dont dépendaient les évèques d° Is- 

trie et de Dalmatie, et qui protégeaient 

presque ouvertemént une piraterie si 
préjudiciable à la république. 

Teiles furent les luttes opiniâtres 
ue soutinrent les Vénitiens aux VII. 
SIL et IX.° siècles, luttes qui, sou- 

vent renouvellées , finirent par don- 
ner à la république une pleine liber- 
té commerciale à laquelle, sans parler 
de leur antique suprématie sur les la- 
gunes, les Vénitiens ajoutérent bien. 
iòt une prépondérance marquée sur 
I Istrie, la Dalmatie et même sur Aqui- 
lée. Alors notre commerce put rapide- 
ment étendre son influence sur Bizance, 
sur la mer Egée, parcourir les côtes de 
l’Asie Mineure, pénétrer dans la Syrie 
et ressusciter le trafic des ansiens habi- 
tans de Tyr, de Sidon, et de la Phéni- 
cie. Certes, depuis le VIIL.® jusqu’au 

XIV © siècle, les Véüitiens purent à bon 

droit se comparer aux Phéniciens et aux 

Carthaginois qui, confiant le soin de F 

Etat à de sages vieillards, parcouraient 

les mers sur de nombreux vaisseaux, Vi= 

sitant tantôt les Celtes, les Ibères, et 
les Oenotriens, tantôt les peuples de la 

Trinacrie et de la Sardaigne, et butinant 

cà et là, retournaient au sein de leur 

patrie chargés des fruits de leur audace 
et de leur gérie. Nous avons observé dans 
le Tableau Historique de Venise que le 

XIL®et le XIII siècles affranchirent 

les relations commerciales des Vénitiens, 
et leur facilitèrent dans les Echelles du 
Levantles moyens de s'emparer des mu- 
numens les plus parfaits de Egypte, de 
la Perse, et de la Grèce qui surpassa de 
beaucoup les Etrusquesidans tous les arts. 

‘Or; les peuples que nos ancétres fréquen- 

taient étant fort au-déssous du hiveau de 

la civilisation qui brillait de tout son éclat 
dans la répubtiune, il n’éiait pas difficile 


Ce | 


sfavsi di coloro che facéano rintoppo:al ... 
loro marittimi progressi, e surse per ra-, 


gione di commercio una voce che dichia- 


-rava guerra a’ patriarchi di Adfüileja, i 


quali imponevano a’ vescovi dell’ Istria 
e della Dalmazia, e quasi protég geano 
quella pirateria: 

Ecco le lotte che occorsero nel, VII, 
nell’ VIN ‘e nel IX secolo contro co- 
storo, le quali però, benchè di tratto 
in tratto si rinfrescassero, conseguirono 
finalmente la libertà commerciale dei 
veneti repubblicani. i quali aggiunsero 
all’antica signoria delle lagune -nostrali 
quella dell’ Istria e della Dalmazia e di 
Aquileja puranco. Allora il commercio 
viemmaggiormente portò le sue influenze 
a Bisanzio e nelle isole del mar Egeo, e 
passato il Bosforo Tracio, stendevasi sulle 
coste della Natolia, 
Siria, e faceva redivivere quello degli 
antichi Tiri, Sidoni e Fenici. Sicura- 
mente che dal VIII al XIV secolo Vini- 


Ziani: ponno a buon dritto gli antichi 


s? ipternava nella 


Fenici e Cartaginesi addimandarsi, i 
quali. le patrie terre lasciando sotto, il 
governo de’ vecchi assennati, sopra navi 
agguerrite ivano pel mare, e recavansi 
ora fra i Celti) gli Iberi, e gli Enotri, 
quando fra i Trinacri e quelli della Sar- 
dinia ; e quinci e quindi raspando, rie- 
divano ai, patri lari con i copiosi frutti 
della audacia e dello ingegno. — Osser- 
vammo nel Quadro Storica di Venezia 
come nel XII XIII secolo s° affrancasse 
la libertà commerciale dei nostri, ed 
a loro venisse più agevole lo salire 
la scala di Levante a pigliare ì migliori 
monumenti delle opere dell’Egitto e del- 
la Persia, nonchè della incivilita Grecia, 
che le etrusche opere avanzar seppe a 
gran pezza. È siccome i popoli fra’ quali 
i nostri versavano al di sotto erano in 
que! tempi alla viniziana civiltà, mentre 
questa  fiorentissima nella repubblica 
mostravasi, riusciva facile che si lascias- 
sero vincere alle maniere gentili ed ine 


8 


‘aux Vénitiens de se les affectionner par 
‘ Teurs manières aimables et insinuantes, 
‘d’en obtenir sans délai leur admission 
au seifde leur pays, la permission‘ d” é- 
tablir des entrepôts, des magasins, le 
privilége de se régir par leurs propres 
‘lois, de jouir de la pleine liberté de 
leurs actions, et d’en étre considérés 
comme compatriotes; en un mot ils sava- 
ient en faire des amis prompts à défen- 
dre leurs droits et à favoriser autant qu’ 
il leur était possible, l’accrotssement de 
leur prospérité. 
Le commerce étant parvenu à son a- 
| pogée, et la république au plus brillant 
dégré de splendeur, on institua pour en 
assurer toujours davantage la sage direc- 
tion diverses lois dont nous avons traité 
plus haut en partie; ce qui nous laisse 
libres de nous étendre à présent sur les 
objets du commerce, et d’ examiner en 
général quels étaient ceux qui conve- 
‘ naient le mieux aux intérêts nationaux, 
quel était le plus ou moins de facilité 
avec laquelle on pouvait les obtenir, et 
enfin quels étaient les moyens les plus 
sûrs pour les employer convenablement 
lorsqu’on les avait obtenus. Les objets 
du commerce de nos aïeux peuvent se 
diviser en plusieurs classes, et nous di- 
rons quelques mots sur les principales. 
‘Les vêtemens et les usages Grecs s é- 
tant introduits chez nous, à cause des 
fréquentes relations de la république a- 
vec la cour Byzantine, nous transportions 
de l’ Orient à Venise tout ce qui sert 
aux commodités de la vie domestique et 
civile. Immense était donc le trafic des 
étoffes et des voiles qui, dans des temps 
reculés, s'appellaient pepli (péplon); on 
recherchait avidement à l’étranger les 
rideaux, les tentures, les vases, et les 
‘autres ornemens intérieurs des apparte- 
ments. Alep, Damas, et plusieurs autres 
villes d’Orient fournissaient des étoffes 
moins recherchées pour leur antique 
réputation de bonté, que pour l’ excel 


— — _ _____m____——__y———____mm_m_ÉÈ@—_—m_@—_—_——_——_—_—_——ÉmÉmTÉ_———_m__É_—_———_—té@ 


sinuanti de’ nostri, e che non frammet- 
tessero ritardo quando chiedevano ricet. 
to nel concederlo loro, nel permettere 
ponessero ‘di loro fondachi, si reggessero 
alle leggi patrie, godessero quindi libertà 
di esercizi, e si avessero con essi come 
connazionali, gli difendessero nei diritti 
reali e personali, e per quanto era în 


“loro ogni bene di fortune ne promoves- 


sero ed allargassero. 


Arrivato all’ apice il commercio dei 
nostri, e quindi salita la repubblica ad’ 
uno stato eminente di floridezza, si sta- 
tuirono delle leggi per quello sempre 
meglio dirigere, le quali, perocchè in 
parte alcuna più insuso dettate, ci la- 
sciano il campo di spaziare sugli oggetti 
di commercio, e di conoscere in genera- 
le quali fossero quelli che erano più a 
portata degli interessi nazionali; quale 
facilità o difficoltà incontrasse nel con- 
seguirli, e quali mezzi ad un detto si 
ponessero in mezzo perchè conseguiti 
venissero debitamente doperati. Gli og- 
getti del commercio mercantile de’ no- 
stri ponno a diverse classi riferirsi, delle 
quali noi le precipue brevemente toc- 
cheremo. i 

Siccome invalse il costume del vestire 
e dell’usare che facevano i Greci per le 
grandissime relazioni che la repubblica 
aveva ‘con Ja corte bizantina, avvenne 
che in tutte quelle cose le quali hanno 
rispetto ai comodi della vita dimestica e 
civile si trasportassero dall’ Oriente al- 
Occidente. Impertanto grande era il 
traffico delle stoffe e degli sciali, che fin 
dai tempi remoti si dicevano pepli, e le 
cortine ed il vasellame di casa, e gli or- 
namenti interni delle stanze e via si ti» 
cercavano bramosamente al di fuori. A- 
leppo, Damasco e diverse altre città del- 
} Oriente apprestavano le stoffe, che 
erano non sì per antica fama, quanto per 


Hence réelle de leur tissu. L’empire de 
la Chine dont les forêts de müriers ali- 
mentent une innombrable quantité de 
vers à soie, offrait à notre industrie na- 
tionale les moyens de commercer acti- 
vement dans les soieries, et d’en tirer de 
considérables profits. Les Vénitiens cul- 
tivérent donc avec ardeur cette branche 
de négoce, et transportant à Venise 
les soies et les autres produits précieux 
de cet empire, ils les vendaient avanta- 
geusement aux Italiens, anx Francais, 
aux Espagnols, amassant une immense 
quantité d’or, d’ argent et de marchan- 
dises qui contribuaient à la prospérité 
publique. Les îles de lAdriatique et 
de Archipel, l Attique, la Thrace, 
le Péloponèse et PEpire fournissa- 
ient aux Vénitiens des produits non- 
moins précieux et importants. Ils fesa- 
ient en outre le commerce de coton, de 
cannelle, de sucre, et de mille autres 
drogues estimées qu’ ils achetaient à vil 
prix dans les régions orientales où elles 
sont indigènes pour les revendre très- 
cher dans nos contrées où elles sont abso- 
lument inconnues. Les blés furent aussi 
considérés par les Vénitiens comme un 
article lucratif de spéculation, et le Yro- 
ment qu’ils exportaient de l Egypte, de 
la Perse et de la fertile Grèce valait à 
nos ancêtres des gains précieux. Ils ne 
négligerent pas nom plus le négoce des 
bois. L’art de teindre étant originaire des 
régions dont nous venons de parler, et 
la connaissance des matières colorantes 
y ayant été acquise par nos aieux et 
transportée en Europe, ils achetérent 
avec ardeur le bois de campeche et au- 
tres semblables pour les revendre avec 
bénéfice en Italie et ailleurs. Les plan: 
tes exotiques elles-mêmes, destinées à 
former l’ornemenrt de nos jardins, devine 
-rent pour les Vénitiens une utile bran- 
che de commerce, et l’ on peut en dire 
autant des plantes médicinales qui rap- 
portérent beaucoup à la république, 


Er 


eccellenza di opera le più domandate.e. 


più care. L'impero della China colle sue: ;; 


boscaglie di gelsi nutricava quantità jme, 
mensa di filugelli, e. per conseguente 
somministrava all’ industria nazionale un 
mezzo di esercitarsi nella seteria e di ti- 
rare un vantaggio rilevante. Quindi i no» 
stri si spinsero anche a quella volta, e 
ne ritraevano le seriche ed altre opere 
di finissimo tessuto, e giunti nelle nostre 
provincie, le vendevano agli Italiani, a’ 
Francesi ed a’Spagnuoli, e così rammas- 
savano quantità forte d’ oro e d’argento ‘ 
e di altri oggetti che servivano bene ad 
aggrandimento e decoro della repubbli- 
ca. Le isole del Mar Interno e dell’Arci- 
pelago, ed il litorale dell’ Attica e della: 
Traccia, del Peloponneso e dell’ Epiro 


rendevano altre guise di opere non men | 


delle prime preziose e ragguardevoli, le: 
quali in mano de’ nostri fruttavan loro», 
utili i più grandi. Oltracciò vi occorse 
il commercio di bambagia, di cannella, 
di zucclieri e di mille altre droghe squi- 
site , le quali abbondantissime nelle 
regioni orientali, si dovevano vendere a 
caro prezzo nelle nostre, in cui di esse. 
vi e assoluto difetto. Anche le biade fu- 
rono considerate dai Viniziani come og- 
getto di speculazione, ed i frumenti stessi 
che si trasportavano dall’ Egitto, dalla. 
Persia e dalle feconde terre della Grecia 
portavano agli avi un grande interes- 
se. Né tampoco neglessero i Viniziani 
il commercio dei legnami. Siccome l’arte 
del tignere dalle accennate regioni pro- 
veniva, così traslata che fu appo nostri» 
la conoscenza delle materie coloranti, 
avvenne il verzino, il legno tauro ed al: 
tri legni si comperassero; e nell’Italia ed 
altrove trasportati con' grande guadagno 
si rivendessero. Quello ancora che ri- 
spetta ‘alle piante esotiche per ornamen- 
to de’ giardini fu per Viniziani messo ad: 
esercitare il commercio; e le piante me- 
dicinali furono usate ancora ad aumen» 
tare i beni dello stato, specialmente do- 


e? 


là 


DITE 


08) | 


su Gia 


spécialement lorsque Maitre Thaddée, | 


. florentin, autrement dit Taddeo Alde- 
“rotto de Florence, (appelé aussi Thad- 
dée de Bologne parce qu’ il professait 
‘dans cette ville les doctrines d’Hippo- 
rte, de Galien et d’ Averroés), ayant! 
| mis eh vogne les simples, on fut obligé 
- de les tirer en abondance de l'Orient, si. 


'’ rîche‘en drogues et en plantes médici-. 


®) 


‘ nales. Notre bois de chéne et autres bois 


ur 
‘durs formaient aussi JI objet d’un come 


DS 


ü 


Tio 


© merce important, principalement avec la 
‘©’ Turquie où l’on en avait un besoin ex- 


-‘trème pour les constructions navalés. 
Nous pourrions parler d’une foule d’au- 
tres denrées dont nos pères trafiquaient, 
“mais 1° article Île plus considérable, 


‘i exétait le sel qui rapportait des sommes 


immenses à la République. Non-seule- 


‘ment elle en avait assez pour les besoins 


des sujets, maïs elle en. envoyait encore 


“i. en Allemagne, dans les régions septen- 


‘trionales de la Haute-Italie, lés échane 


EN n, 2 A 
‘gcant contre du fer, du cuivre, et mème 


: les produits manufacturiers qui lui man- 


quaient. Toutefois, les résultats des tran- 
“actions commerciales devant, comme 
«nous l'avons déjà dit, se répartir en di- 
: verses branchés, chacune avait son dépar- 
‘timent particulier; et les différentes na- 


tions qui se rendaient à Venise peur tra- 


:….fiquer ‘avait pareillement nu quartier 


: séparé où elles habitaient. On se rappelle 


: encore le quartier des Allemands, celui 


des Turcs, le quai des Esclavons et 


: autres lieux. semblables où ces peuples 


‘exposaient leurs denrées en vente. Ainsi, 


-crien n° étant plus facile aux acheteurs 


que de trouver chaque marché spécial, 
les transactions commerciales devenaient 
plus aisées, plus expéditives, les commu 


: nications entre Jes Vénitiens et les étran- 
‘© gers plus immédiates, et les magistrats 


qui présidaient à l’ administration publi- 
que pouvaient avec moins de peine et 
de temps rendre compte au sénat de 
Pactifet du passif de l'économie pu- 


poche maestro Taddeo, fiorentino, ev- 
vero Taddeo d’Alderotto da Fiorenza, 
il quale perche spiegò a Bologna le dot- 
trine mediche d’Ippocrate, di Galeno, fu 
detto. anche di Bologna e di Anverroes, 
onde gran necessità di farmachi dessunti 
dalla botanica. bisognarono, i quali dal- 
I Oriente. soltanto poteano- derivare. I 
legni nostri tanto di:rovere ed: altri pu- 
re che si dicono forti servivano spesse | 
volte come di cambio, e specialmente in 
Turchia, dove accorrevano i bisogni per 
le navali costruzioni Potrebbesi annove- 
rare altri oggetti eziandio de’ quali i no- 
stri mercatavano; ma quello che più ime 
porta si è sapere dei sali, da cui la re- 
pubblica grandissimi vantaggi ricavava. 
Non solamente essa provvedeva con que- 
sti alle occorrenze dei sudditi suoi, ma 
in Germania, nelle parti. nordiche del- 
l'alta Italia mandavane, permutandoli 
con ferro, con ottone ed anche con ope- 
re condotte, di cui essa andava bisogno- 


“sa. È risultati perd dell’ agir commerciale 


dovevano, come altrove abbiamo ‘osser- 
valo, ripartirsi in diversi. rami, ed in 
conseguenza ciascun ramo aveva un di- 
castero privato; siccome le varie nazioni 
che’ conducevansi a Venezia per commer- 
ciali bisogna tenevano loro particolar luo- 


go ove abitavano. Si ricordano ancora il 


Fondaco de Tedeschi, quelio de’ Turchi, 
la riva degli Schiavoni e va innanzi, 
nei quali luoghi gli oggetti di commercio 
che questi oliremarini depositavano per 
lo smercio, di leggieri dal desideroso 
di farne acquisto si rinvenivano, é così 
espedivansi più facilmente i negozi, più 
pronte ed immediate erano le communi- 
cazioni fra’ Viniziani-e i popoli stranieri, 
ed i magistrati che. presiedevano alla 
pubblica azienda in poco tempo e con 
molta. facilità sapeano render conto ‘al 
senato della parie attiva e, passiva del. 
l'economia dello stato. Ne conseguiva da 
ciò, che con prontezza si prendesse in 
tutti i casi le ppportunc:disposiziont per 


— 61 — 


blique. I! en résultait une promptitude 


admirable dans toutes les dispositions è. 


adopter pour les epérations des particu- 
liers.et Ja protection que l’Etataccordait 
aux négociants encourageait les entrepri- 
ses commerciales. Telle fut la source de 
celte abondance de biens de toute espèce 
qui, se répandant au sein de l'Etat, per- 
mettait à chaque citoyen de mener une 
vie aisée, et maintenait le bon ordre. 
Ainsi, sans entrer dans de plus longs 
détails sur les réglemens de la républi- 
que \éaitienne qui concernaient les di- 
verses branches du commerce, nous nous 
arrelerons ‘ici puisqu' il nous reste à 
exposer maintenaint en détail les cone 
séquences du commerce, c'est - à - dire 
les arts et les sciences, parvenus à leur 
plus bant dégré de dévelloppement; con- 
séquences principales de la prospérité d’ 
un Élat. Nous avons parlé autre part des 
dispositions de la loi, il pourra donc 
sembler étrange qu’après en avoir cé: 
jà traité, nous retournions encore sur 
ce sujet. Il n’y a point cependant là 
de répétition, car nous. avons plutôt 
étudié les effets et l’influence dessusdites 
lois que les matières qui en forment la ba- 
se. En effet il était absolument nécessaire 
de faire connaitre les réglemens intérieurs 
et extérieurs qui constituaient le gouver- 
nement, Et, puisque nous avons parlé de 
presque toutes les lois, il n’était pas moins 
nécessaire de parler du commerce, prin- 
cipale occupation de. nos ancêtres, qui 
intéressait immédistement les lois civie 
les, la politique et l’économie. Or, con- 
naissant V importanee du commerce, les 
fondemens sur lesquels il reposait, la vae 
riété et la maltitude des objets qui le 
composaient, et consé juemment la quan- 
tilé de trisors que | Etat en retirait, 


nous croyons maintenant convenable et 


important de passer à l’examen des pro- 
ductions de l’ esprit.et du coeur qui ac- 
compagnent toujours celles de la fortune. 
di est également chair et démontré «que 


regolare i particolari negozi, e si animas- 
sero le intraprese commerciali, perche 
chi al commercio altendea, vedevasi dal- 
la repubblica protetto. Di qua venne 
quelia ricca quantità di beni d’ogni ma» 
niera, la quale si diffuse in tutto il go- 
verno, per cui ogni privato cittadino vi- 
vea una vita comoda e tranquilla, il 
buon ordine si serbava e la speranza di 
fortune migliori. 

Noi così, senza metterci singolarmente 
a trattare degli ordini del venctico g0- 
verno rispetto alla condotta dei rami pes 
culiari del suo commercio, crediamo di 
por fine a questo capitolo, perché. i suoi 
effetti sono piuttosto da considerarsi in 
tuttociò.che mostrerem, nel suo massimo 
aggramdimento, i quali effetti sono ap- 
punto le arti e le scienze, conseguenza 
precipua della fortuna prosperevole del 
governo. Abbiamo. altrove veduto le di- 
sposizioni della legge, quindi parrà stra- 
no che dopo il giscorso di questa scien 
za noi vogliam qui uscire trattando delle 
scienze e delle arti. Eppure la bisogna 
non si tira in contraddizione; imperoc: 
ché le leggi accennate si considerarono 
per noi piuttosto negli effetti loro o nella 
loro influenza, che precisamente nelle 
materie che le-compongono. Era infatti 
necessario che posta la costituzione del 
governo si dovessero far conoscere gli 
interni ed esterni regolamenti che quella 
formava. Nè meno era necessario, dopo 
quello che si «disse di tutte Je leggi, di 
trallare del commercio, cosa esclusiva 
alla oceupazione de? nostri, ovverosia 
parte che immediatamente interessava la 
legge civile, la politica e la economia, 
Quindi, conoscendo Ja importanza. del 
commercio, il fondo su cui appoggiava, 


osgetli € he lo 


la varietà dei molteplici ; 
fotto) 


. Cosliluivano, e pertanto la quantità dei 


veni che allo stato ne derivava, ci parve 
rosa” più ovvia. ‘e più immediata venir 
igionando di que’ prodotti della mente 


e del cuore che conseguitano ‘sempre 


lorsque les premiers besoins sont satisfai- 
ts, les seconds sont ceux du plaisir, et 
que par conséquent les sciences et les 
arts habitent toujours le temple de l’a. 
bondance. La cohérence de nos principes 
exige donc que nous en parlions mainte- 
nant, et de manière à faire admirer en 
ceci encore la sagesse avec laquelle nos 
aïeux surent mettre en usage les riches- 
ses du pays pour occuper noblement l’es- 
prit et le coeur des citoyens. À 
On peut regarder toute science com- 
me un moyen de parvenir à la vérité, et 
les arts comme 1’ application matérielle 
des principes abstraits tendant à trouver 
la même vérité. Il n’y a point de science, 
point d’art sans unité de principes; les 
sciences et les arts sont freres, et découlent 
d’une cause premiere. Tout ce qui existe 
physiquement et moralement ne se conser- 
ve que par l’action présente et directe de 
la cause génératrice. Le monde se décom- 
pose sans ce principe, ef par ce principe 
au contraire il se perpétue, il parcourt 
toutes ses phases; sous un ciel tantôt se- 
rein, tantôt sombre; sur les flots agités 
ou calmes; dans l'air tantôt doux et tan- 
tôt rigoureux; dans les animaux qui se 
succèdent les uns aux autres par une al: 
ternative perpétuelle de vie et de mort; 
dans les plantes qui reverdissent, por- 
tent leurs fruits et meurent: dans l’es- 
prit humain en proie tantôt à la joie et 
tantôt à la tristesse: dans le coeur de |’ 
homme que se disputent tour-i-tour les 
plus sublimes vertus et les plus impures 
passions. Rien ici-bas, nous le répétons, 
ne se eonserve que par ce principe, qui 
n’eniraine point toutefois nécessité, mais 
seulement contingence libre dans les 
choses morales, de manière que les biens 
et les maux, indispensables dans le sy- 
stème de Punivers, peuvent être détruits, 
modifiés on augmentés, soit pour un in- 
dividu , soit pour le corps social. Sar 
cette doctrine se fonde le principe des 
caractères différens des sciences et des 


CD 


quelli della fortuna. È pur noto e dimo? 
strato che soddisfatti i primi, i secondi 
bisogni sono quelli del diletto , e che 
quindi le arti e le scienze stanno sempre 
rinchiuse nel tempio dell’abbondanza. 
Ecco dunque la coerenza dei nostri prin- 
cipii richiedere ora che di esse si parli, 
e per l’ esposto hostro si conosca e si 
ammirì anco la saviezza con cui Vinizia- 
ni usarono della lor fortuna per occupa- 
re lo intelletto ed il cuore de’ sudditi. 
Le scienze ponno tutte appellarsi la 
investigazione del vero; le arti invece 
l’applicazione dei principii astratti a rin- 
venire la stessa verità. Non vi è scienza 
senza unità di principii, non arte. Le 
scienze e le arti si collegano, e tutte sì 
uniscono ad una causa prima. Tutto, 
quello che esiste fisicamente e moral- 
mente non altrimenti è consistente che 
per l’azione presente e direttrice della 
causa generante. Il mondo si scompagina 
senza questo principio, e con queste sta 
unito, ed offre tutte le sue variazioni nel 
cielo ora sereno ed ora nemboso ; nel 
mare ora quieto ed ora fluttuante; nel- 
l’aere ora mite ed ora frigido e scibil- 
lante; negli animali che si succedono con 
vece assidua di vita e di morte; nelle 
piante che rinverdiscono, fruttificano e 
caggiono ; nelle menti mortali, nelle quali 
si alternano i tristi coi lieti pensieri; nei 
cuori che ora fervono di pure fiamme 
ed ora da brutte son guasti e corrotti. 
Nulla vi è quaggiuso che non si serbi 
per quel principio, il quale non ammette 
però necessità, ma libera contingenza 
nelle cose morali; sicchè i beni ed i 
mali, che sono indispensabili nel mondo, 
ponno essere per un individuo o per un 
corpo morale o distratti o modificati od 
augumentati. Su queste dottrine si fonda 
il principio dei caratteri delle arti e del- 
le scienze. Infatti le necessità umane ed 
i bisogni primi, che sono le prime oc- 
correnze della vita, danno alle azioni, 
agli affetti ed ai pensieri un’ impronta 


4 


— 63 — 


arts: En effet les premiers besoins de la 
vie communiquent aux actions, aux sen- 
timens etaux pensées une empreinte par- 
‘ticulière, cu du moins relative à leur im- 
portance. Nous proposant de parler des 
‘sciences et des arts à Venise; il nous a 
semblé nécessaire de remonter aux deux 
principes dont l’un donna aux sciences 
et aux arts un caractère particulier, et 
l’autre forma le goùt au moyen duquel 
nous jugeons des unes et des autres. 

Les raisons particulières qui nous ont 
fait dire autre part que l’action des be- 
soins sur l’ esprit des peuples dirige Vim- 
pulsion de leur caractère vers telle ou tel- 
le autre fin, sont incontestablement prou- 
vées chez les Vénitiens par les ouvrages 
matériels mieux encore que par ceux 
de la littérature. En effet, d’ aprés 
l'influence du premier mobile d’ action 
chez nos ancêtres, la grandeur des objets, 
V'ardent désir d’élever de glorieux mo- 
numens pour la postérité n° ayant pu 
étre négligés, nous ne saurions manquer, 
traitant” des moeurs vénitiennes, d’ y 
trouver un infinité de choses qui, dispo- 
sées avec un art et un choix particuliers, 
dirigées toutes de concert vers un but 

unique, impriment dans l’âme le sceau 
de la beauté. Tout le monde tombera d’ 
accord que les Vénitiens sont encore 
plus vantés pour les ouvrages de l’espace 
que pour ceux du lemps, ainsi que 
nous l’avons affirmé tout-à l'heure; il 
nous suffit pour cela d’avoir démontré 
que, poussés par l’action d’un premier 
besoin, ils s’ adonnèrent à la marine qui, 
au milieu des malheurs de tous les au- 
tres peuples, devint pour eux l’abondan- 
te source où ils puisérent les trésors et 
les connaissances qui les élevérent enfin 
à un si haut dégré de splendeur. Nous 
déclarons ici avec la conviction la plus 
intime que nous ne croyons pas qu'il 
existe une seùle nation qui puisse riva- 
liser avec l’abondance des richesses et 
des trésors que Venise amassa jadis, Or, 


particolare o veramente relativa alla loro 
importanza. Dovendo quindi delle arti e 
delle venete scienze parlare, parrebbe 
incongruo non risalire ad un principio 
di principio, perché vuolsi osservare i- 
noltre, che il primo principio informò Te 
ane e le altre ad un marchio particolare 
e distinto, da cui derivò il secondo prin- 
cipio, che è il criterio per giudicare del- 
le medesime. 


Le ragioni particolari per cui noi ab- 
biamo altrove detto che lazione de’ bi- 
sogni sulla morale de’ popoli serve ad ad- 
drizzare l'indole delle naturali loro po- 
tenze a certi obbietti singolari, appe 
Viniziani si provano specialmente. col 
mezzo delle opere dello- spazio meglio 
che con quelle del tempo o del progres- 
so. Siccome infatti, per 1’ influenza del 
bisogno primo di agire che ne’ nostri ve- 
tustissimi avi riscontrammo, V ampiezza 
delle idee, la grandiosità, i forti desiderii 
d’ innalzar monumenti superbi non pò- 
tevano mai lasciarsi da parte, così è che 
volendo de’ costumi veneti ragionare, in 
quelle rinverremo grande copia di cose 
per fonte loro, che a maniera di suppel- 
leitile doviziosa per iscelta, e per arte 
disposte ordinatamente, ‘e dall’ armonia 
rette improntino nell’anima il suggello 
della bellezza. Noi vedremo che è vera 
la nostra sentenza, Viniziani cioè avere 
avanzato in quella delle opere dello spa- 
zio più che sulPaltra delle produzioni . 
del tempo, imperocchè quando si è di- 
mostrato che per l’azione del bisogno 
primo e’ seppero darsi alla parte del ma- 
re, da cui in mezzo alla infelicità de’ po- 
poli dell’ universo ritraevano tutti quei 
beni che li fecero sì possenti, assai ci 
basta. Non sapremmo quali nazioni alla 
nostra paragonare se nella quantità dei 
tesori che cumulò vogliasi un poco con- 
siderarla. Ora questo bisogno accorto dei. 
mezzi più alti e solenni, per soddisfarsi 
aveva da gettar nelle ‘produzioni una 


co Ra 


le besoin que nos ancétres sentaient de 
salisfaire aux exigences de l’amourepro- 
pre national par des moyeus plus élevés 
et. plus solennels, devait nécessaires 
ment revelir tous leurs ouvrages d’ un 
earactère de grandeur qui les distin vat 
de ceux de tous les autres gouvernemens 
contemporains. En effet, si l’on excepte 
Rome au X V.fsiécle, il est impossible de 
trouver un seul peuple qui égalàt le véni- 
tien par l’'immensiié de ses ouvrages, 
Les arts qui ont besoin pour revétir 
une forme de l’espace ct de la matière 
ont eu chez nous deux époques principa- 
les de gloire. La première est celle du 
paganisme qui malérialisa la pensée en la 
divinisant, et en la façonnant a un type 
particulier, c'est-à-dire à une forme qui 
sariait selon les différentes idécs du beau 
que se formait tel on tel autre artiste, La 
seconde époque, au contraire, spiritualisa 
la matière, en lui confiant l’ expression 
des beautés sévères, mais sublimes de la 
foi ch é:ienpe. Les Vénitiens, ayant reçu 
en héritage de leurs pères les souvenirs 
du paganisme , les conservérent long- 
temps dans leur esprit. comme un pieux 
legs. 
Ainsi, an VI siècle, tous les ouvrages 
d'architecture qu’ils élevérent se ressen- 
tept de l'influence du paganisme, ct l’on 
peut en dire autant de font ce qu'ils fi- 
rent jusqu'à l'époque fortunée dela Ligue, 
Lombarde, lorsque 1 Fvangile accomplit 
J'édification morale du monde opérée 
sous l’inflnence du grand pontife Alexane 
dre I, Et réellement qui pourrait pier 
que les ocuvres d'art chez les Vénitiens 
avant cette époque ne respirent point le 
goût du paganisme ? L? église, ou pour 
mieux dire da basilique ‘de Saint Marc, 
pour ne rien dire des autres édifices an- 
térieurs à ces temps, nest-elle point eme 
; preiute, jusque dans ses moindres détails, 
de cet orgneil payen qui sépare le mo- 
yen de la fin exigéc par l'esprit évangéli- 
que? Dans cette église superbe, nos 2icux 


{ specie di virtù, di grandezza che distin- 


guessele su tutte quelle di quantunque 
governo contemporaneo. Egli è vero in- 


fatto che, se cccettui Roma nel seco - 


lo XV, niuno potè tanto quanto i nostri 
per opere dello spazio. 


Le arti dello spazio appo Veneti hanno 
due epoche generali di gloria. La prima 
e quella pagana, che spiritualizzò la ma- 
teria levandola dalla natura, ed infor» 
mandola ad un tipo particolare, vale a 
dire ad una forma che differente era se- 
condo la idea di bellezza che si formava 
questo o quell’ altro artista. La seconda 
è quella che animò la materia ordinan- 
dola ad una bellezza rappresentante una 
bellezza superiore, P amore primo. lie- 
darono gli avi nostri le idee pagane per- 
chè eran le idee de’padri loro ; quindi 
le serbarono come sacro tesoro nello 
menli e ne’ cuori. * 1 


Nel VI secolo impertanto quello 


che operarono in fatto di opere dello 


spazio sente tutto, il pagauismo che 
volete; e ciò dite pure fino a quel 
tempo felicissimo della lega lombarda, 


in cui il Vangelo compie la edifica- 


zione morale del mondo sotto l’influen- 
za di quel massimo papa Alessandro II, 
E dadlovero chi ci porrebbe oppor- 
re che le opere di arte appo Veneti 
innanzi epoca ora citata non risen- 
tano elleno tutto il gusto pagano ? 
La chiesa, o come la dicono, la basi- 
lica di San Marco, per tacere di alcune 
altre opere anteriori al tempo detto, non 
si mostra ella picna di quella superbia 
pagana che separa il mezzo dal fine do- 
mandato dallo spirito evangelico ? Infatti 
in essa è dipinto a vivi colori il carafters 


ont revêtu des plus vives couleurs le 
caractère de la république, c’est-à-dire 
l'esprit d’individualisme de la nation vé- 
hitienne. La multitude de colonnes, de - 
statues, de chapiteaux, d’ ornemens ar- 
chitectoniques de tout genre que l’on 
admire à Venise n’a point eu d’ autre 
cause. Chez quiconque est tant soit peu 
versé dans la connaissance de. notre 
histoire, la vue de ces objets réveille 
instantanément le souvenir des acquisi- 
tions, des soins ambitieux et du transport 
actif que firent nos ancêtres des chefs- 
d’oeuvre les plus admirables des pays 
étrangers dans le nôtre. Ainsi fait l’es- 
prit payen qui, dans ses oeuvres, ne re- 
présente point la vérité pour le bien du 
genre-humain ; mais lui-même pour la 
satisfaction de leurauteur. Heureusement 
un goût pareil (qui aurait abouti chez 
les Vénitiens, dirons-nous presque, à la 
construction d’ ouvrages gigantesques , 
semblables à celui que la postérité de 
Noè éleva dans les plaines de Sennar ou 
bien encore à ceux des anciens rois d’. 
Egypte qui construisirent les fameuses 
Pyramides, les obélisques, les catacom- 
bes immenses qui ont subsisté jusqu’à 
nos jours, ouvrages gigantesques, gran- 
dioses, merveilleux, mais peut-être aussi 
un peu extravagants, puisqu’ ils absor- 
bérent follement les ressources du pa- 
ys, les sueurs et le sang de millions d’ 
ouvriers, sans produire ancun avantage 
réel pour le bien public ou pour celui 
des arts}, un goût pareil, disons-nous, ne 
tarda pas à changer, et les peuples mo- 
dernes, pénetrés d’idées moins arides en 
matière d’ art, consacrerent leurs tra- 
vaux et leurs trésors à de plus utiles et 
plus intéressans ouvrages. Les Vénitiens 
ne tardérent pas eux aussi à fondre 
les idées payennes dans les sublimes re- 
vélations du christianisme, mais la soif 
ardente d’agrandissement qui les dévo- 
rail, 
au rapide progres de cette régénération 


mit obstacle chez eux long-temps 


È 


della repubblica, vogliam dire l'interesse 
solipso della viniziana nazione. À che 
quella immensa zeppaja di basi, quel bo- 
sco di colonne, quell’ingombro di ca- 
pitelli e di fregi? Qualunque che sappia” 
un po’ del governo antico de nostri ri- 
corda subito acquisti, ambiziosa pietà, 
disertamento di opere egregie dalle terre 
altrui. Ed ecco l’opera pagana che non 
. rappresenta il vero. sommo. per il bene, 
ma se stessa pel suo facitore. Ma questo 
gusto, che n° avrebbe quasi diremmo con- 
dotti alla maniera di opere monumentali 
di que’ signori che fecero, fabbricare la 
torre nelle pianure di Seenarre , e di 
que? despoti d° Egitto che misero il lago 
Meride, obelischi e piramidi, ed altre 
opere spropositate, stravaganti, inestima-, 
bili, operando tante braccia che fatto, 
avrieno circolare i beni comuni per tut- 
te le cose de’cittadini, cangiossi, e le na- 
zioni si sentirono invogliare ad opere ad 
ed a quel bello che 


di semplicità risentiva. Anco Viniziani 


amore conformi, 


non tardarono a modificare il gusto pa- 
gano alle ispirazioni di carità; ma per la 
loro crescente ambizione di distendimen- 
to di terreno potere ritardarono li buoni 
effetti della rigenerazione dell’ estetica, 
e si tennero ad un fare artistico misto o 
composto di differenti stili sino al tre- 
cento, in cui si sviluppò lo spirito di li- 
bertà nel continente vicino. 


Meli - feb 


admirable ; ils s’en tinrent donc à un 
genre mixte jusqu’ au XIVÆ siècle, é- 
‘ poque du développement de l esprit 
de liberté sur le continent voisin. 

Quelques écrivains nos compatriotes, 
s’ arretant à la superficie des choses, et 
croyant avoir beaucoup fait pour la gloi- 
re de leurs pays lorsqu’ ils ont cousu de 
leur mieux dans leurs périodes sonores 
d'intarissables phrases d’éloge, ne 5° a- 
perçoivent point qu’une telle métho- 
de est capable de faire plus de mal que 
de bien à la cause qu’ ils défendent; 
chacun sait en effet qu’il n’y a rien 
de parfait ici-bas, que les choses hu- 
maines sont comme les plantes qui 
creissent. portent. leurs fruits, se desse- 
chent et meurent, que toutes les choses 
différent entr’elles , à cause soit de la 
nature et de l’art, soit d’ accidents que 
l'esprit de l’homme ne saurait prévoir; 
ainsi notre jugement est toujours suspen- 


du entre la probabilité ‘et l'incertitude, : 


meme lorsqu'il s’agit de choses qui sui- 
vent des règles constantes dans leur suc- 
cession. Certes nous nesourions loner sans 
faire preuve de partialité les principes 
des Venitiens en matiere d’esthétique; la 
cause en est que, jusqu’au XIV. siecle, 
leur esprit d’individualisme avait empt- 
ché l'influence évangélique de retremper 
le goùt payen des arts dans les fécondan- 
tes inspirations du christianisme, fusion 
mémorable qui enfanta l’art moderne. 
Il est indispensable maintenant, si nous 
voulons clairement indiquer l’origine 
de nos moeurs et de nos usages, de fixer 
le commencement de la seconde période 
des arts à Venise et d’exposer ici en peu 
de mots par quels moyens ils se déve- 
oppèrent, se perfectionnèrent, et par- 
vinrent enfin à l’apogée de leur gloire. En 
effet, l'influence des produits quelcon- 
ques de l’art, depuis l’origine de la 
république jusqu’au XIV. siècle, ne 
pouvait guere enfanter que des moeurs 
barbares ou du moins l’ égoisme national 


| 


Alcuni scrittori viniziani i quali stan- 
no contenti al dire superficiale, e che 
credono di onorare alla patria quando 
racapezzano diversi periodi di lodi sper- 
ticate, non s’ avvedono che fan più male 
che bene alla lodata, perchè perfezioni 
umane non si danno, perchè le cose tut- 
te hanno i loro incunabuli, e vengon su 
come le piante, e fruttificano, e poi vol- 
gono giù ; perche le cose differiscono fra 


.loro per cagione ili natura, per arte € 


per accidenti alle umane menti impre- 
veduti, onde i giudizii della vita stanno 
fra il probabile e l’ incerto anco in quel- 
lo che per leggi costanti deve accadere. 
Certamente noi non possiamo lodare per 
principii estetici la nostra repubblica né 
in fatto di arti libere speculative e mo- 
rali, e ciò addiviene perche fino al tre- 
cento la forza solipsa aveva impedito 
che Ja morale della carità trasformasse 
inlieramente lo spirito artistico pagano 
in quello della umana natura, altimenti 
dello cristiano. 


Ma quando si abbia a segnare propria- 
mente il principio dell’ epoca seconda 
della gloria artistica viniziana, come si 
incrementasse, venisse eccellente, pre- 
clara e singolare nel suo genere, è questo 
che importa ora dire per derivare il tipo 
del costume dal triplice belle. Infatto 
sotto l'influenza delle opere artistiche , 
che incominciarono dalla origine della 
repubblica fino al trecento, non poteva 
derivare altrimenti che un costume an- 
tropofago , ovvero il suismo ‘nazionale, 
che è il carattere, come abbiam detto, dei 


— 6 


qui est le véritable caractere de la répu- 
blique vénitienne. Mais lorsque cet é- 
goisme n’eut plus seulement pour mobile 
la crainte des injures et la soif des ri- 
chesses, les Vénitiens tournerent leur 
ambition du côté des provinces et des 
royaumes, afin d’ ajouter l’étendue à la 
solidité de leur puissance , ‘et alors ils 
dûrent nécessairement s'initier aux se- 
crets de la politique universelle qui re- 
fleurissait précisément en Europe à cette 
époque. Il en résulta une transformation 
profitable dans l’ordre des choses; les 
oeuvres de Part commencérent a revêtir 
l'empreinte du génie chrétien et les ré- 
miniscences payennes s’effacèrent insen- 
siblement. 

Ainsi donc au XIV. siècle, nous L’a4- 
vons déja dit, la fusion complète de 
la liberté religieuse et de la liberté 
politique ouvrit la veine des trésors de 
l'ait; mais ces deux principes moraux 
avaient commencé à se développer dès 
le V1.® siècle. D’un côté le clergé fon 
dait des “églises et des couvents, tandis 
que de l’ autre le pouvoir temporel 
élevait des palais, des arcs de triom- 
phe, des mausolées, des établissements 
artistiques et scientifiques de tout gen- 
re; oeuvres colossales d’un goût pur et 
sublime formé à l’école d’ Athènes et 
de Rome, mais refondu et anobli par 
l’influence de la civilisation chrétienne. 
L’ action simultanée de l Eglise et de 
V Etat, animée par l’ardeur de produire 
de'grandes choses, brille incontestable- 
ment à Venise de tout son éclat dans le 
palais ducal, dans les vieilles Procuraties 
et dans les nouvelles, dans l'escalier des 
Géants, dans l’église des Miracles, dans 
celle du Rédempteur, le palais Pisani, Gri- 
mani et autres qui rivalisent avec les plus 
beaux monument d’architecture des Gre- 
‘cs et des Romains sous l'e rapport du goût, 
comme sous celui de la magnificence et 
de l’immensité. Aux Apelle, aux Xeu- 
xis, aux T'imanthe, aux Parrhasius des 


veneto governo. Ma quando questosuismo 
non fu quello de’timorosi d’ingiurie poten- 
ti, e degli avidi delle ricchezze, siccome 
quelle che in essi Veneti avevano lascia- 
to le immagini più allettanti, allora il Vi- 
niziano non ambi che regni e provincie 
per aggiugnere estensione a solidità, onde 
gli venne mestieri di attemprarsi alla po- 
litica universale, che appunto nel trecen- 
to rifioria in Europa, per non cadere vit- 
tima delle coalizioni potenti. Nacque di 
qua impertanto che gli effetti riuscendo 
nazionali per eccellenza, ed insieme mon- 
diali per rapporto alle condizioni dei 
tempi, marcarono meglio le opere artisti- 
che del suggello della carità, e il gusto 
pagano da quelle si bandiva. 

Abbiam detto che il secolo XIV aperse 
la ‘vena dei tesori artistici, annestando 
alla libertà religiosa la civil libertade. 
Queste due condizioni morali si svilup- 
parono infino dal seicento. Il clero da 
un lato magnificava il culto esteriore con 
le basiliche e con conventi, e l umana 
società fondava reggie, palazzi, ponti, ar- 
chi, mausolei, stabilimenti artistici e 
scientifici, opere monumentali di un gù- 
sto superbo, fattosi alla scuola di Aterie 
e di Roma, ma corretto ed ordinato a 
rappresentare cristiana civiltà. Questa 
simultanea e vigorosa ‘operazione della 
chiesa e dello stato, rinfiammata dal de- 
siderio di cose ma.giori, è mirabilmente 
riconosciuta a Venezia nelle procuratie 
vecchie e nuove; nel palagio ducale; nel 
ponte dei Sospiri, nella scala de*Giganti, 
nel tempietto dei Miracoli, in quello del 
Redentore, nel palazzo Pisani, ne! ponte 
di Rialto, e via, che contrapesano alla 
forza architettonica dei greci è romani 


. monumenti € per quello della grandio« 


sità e della magnificenza. Che se: Apelle 


-e Xeusi, Timante e Palignoto o Parrasio 


espressero con divini pennelli il mondo 
fisico e morale onde decorare i portici, 


- le sale di Percile, il tempio. di Partene 


e quello di Apollo Delfico; i Vecelli e i 


Ri 


Grecs dont le pinceau divin embellit le 
Parthénon, le temple d’Apollonà Delphes, 
et une infinité d’autres édifices, nous 
Vénitiens, nous pouvons opposer les Ve- 
celli,les Cagliari, le Tintoret, Giorgione, 
Carpaccio, Bellini, les Bassani, Y Amal- 
teo, les Palma, Jean d’ Udine, Pelegrino 
de S. Daniel et le Pordenone, pour ne 


rien dire du Paduarino, du Tiepolo, et 


de tant d’autres qui enfantérent une. in- 
finité de chefs-d’ ocuvre, superbes orne- 


«ments de la république vénitienne. Que 
-si Athènes se glorifie d’avoir donné le 


jour à Phidias qui sculpta la célèbre sta- 


-tue de Jupiter Olympien et celle de Mi- 
nerve au Parthénon, Venise peut s’en- 


orgueillir à bon droit d’avoir fait élever 
dans son sein tant d’ouvrages immor- 
tels par les Scamozzi, les Sansovino, 


les Palladio qui, retrempant le goût 


-délicat des anciens dans les sublimes in- 


spirations chrétiennes, obtinrent pour 
résultat une perfection merveilleuse qui 


fit de ces froids monuments de marbre 


-le plus touchant langage de la piété ca- 


tholique. Vint enfin l’immortel Antoine 


- Canova qui se présente à I univers é- 


“tonné sans craindre de rivaux. Dans son 
vol d’ aigle il laisse bien loin derriere lui 
les conceptions les plus audacieuses du 


“génie et surpasse jusqu’ aux rêves les 


- plus brillants de l’imagination qu'il é- 


-blouit. Il réunit à l’originakité de ta 


‘ conception premièrela vérité de l'expres- 


sion, la pureté des formes au sublime 


de la pensée; tantôt ses ouvrages ad- 
mirables sont empreints d’une force in- 


“dicible , tantôt des sentimens les plus 


[a 23 n 
délicats; la passiontendre et vraie, l’éner- 


| gie la plus frappante; la mélancolie suave, 
-la grâce, la douleur, la majesté y respi- 
rent tour-à-tour. Qui, nous lavancons 
‘ hardiment, et certes quiconque a con- 


‘templé les chefs-d’oeuvre de Canova en 


conviendra avec nous, les temps anciens 


et modernes n° offrent rien de’ compara- 


ble aux ouvrages de ce génie immortel. 


Caliari, Tintoretto e Salomone, Cute 
paccio ed il Bellini, il Bassanese e 1° A- 
malteo, i Palma e Giovanni d’ Udine, 
Pellegrino di S. Daniele e il Pordenone, 
per tacere del Padoanino, del Tiepolo e 
di molti altri, diedero una bellezza so- 
vrana e celeste, vrnamento superbo ed 
invidiato della veneta dominazione. Che 
se Fidia effigiò Giove e gli eroi della 
guerra Ilaca, di Salamina e di Maratona, 
ben Vinegia va superba di aver fatto o- 
perare gli Scamozzi, i Porta, i Sansovini, 
i Palladii, che ricopiando il gentile gusto 
dei marmi modificato alle evangeliche 
ispirazioni, diedero una meravigliosa bel- 
lezza, che è un eloquente linguaggio a 
ricordare le gesta dei maggiori. E desso 
.solo quell’immortale genio di Antonio 
Canova si parrà avanti alle generazioni, 
e come aquila veloce nel corso ogni ge- 
nio umano trascorre & sorpassa, perché 
compose assieme la verginità dello stile, 
la verità delle forme, la gentilezza e la 
eleganza con la sublimita dell’ azione, 
«che spira. quando forza. invincibile , 
quando passione molle e dilicata, quan- 
-do investe di pensieri romiti e pieni di 
doglienza. Lo scalpello di Canova. non 
può avere confronti di nessuna opera 
‘greca e romana, antica e moderna. 


ON: 0 


Des nos premières lignes sur le gou- 
vernement de Venise nous avons parlé 
d’un premier principe et nous avons re- 
connu en lui une action qui poussait 
exelusivement à la mer, et qui enfanta 
par conséquent des effets qui firent de 
chaque Vénitien un commercant. Ayant 
ainsi fixé le premier principe et le pre- 
mier besoin, une analyse du caractère 
des sciences et des arts à Venise nous a- 
menerait au second principe, c’est-àedire 
à reconnaitre qu’ ils ne pouvaient étre 
originaux, autrement dit qu’ils ne pou- 
vaient avoir cette empreinte de création 
qui les distinguait chez les Etrusqnes et 
les Grecs qui, par la constitution de P 
Etat ou même grâce à des circonstances 
fortuites, avaient ouvert le champ de 
I’ imagination et des sciences. Il en ré- 
sulta qu’ils parcoururent cette rou- 
te nouvelle de manière à laisser peu de 
chose à faire aux générations suivantes, 
à moins que le monde n’enfantàt un gé- 
nie transcendant qui, dépassant les limi- 
tes des arts et des sciences chez les an- 

‘ ciens, embrassant à lui seul le monde 
moral‘ et physique tout entier, les ana 
lysant avec une critique et une profon- 
deur supérieures, les unit de telle ma- 
‘ niére, qu’il en résultàt un chef:d’ oeuvre 
‘ unique: ce génie fut Alighieri Dante dont 
‘ la renommée est encore si grande par- 
mi fous les peuples civilisés. 


Aprés ces observations préliminaires, 
- nous diviserons le domaine du savoir hu- 
‘ main après avoir esquissé un tableau histo- 
- rique»de ses progrès chez les Vénitiens. 
Etroitement unis avec les Grecs, nos an- 
cêtres, au milieu:de la barbarie des peu- 
- ples de l'Occident, du Nord, et du Midi, 
+ conservérent ‘un. dépôt de science qui 
“leur fut d’abord extrèmement utile pour 
- la sage organisation de leur gouverne- 
- ment, Bien des Vénitiens, même avant 
la fin du VIII® siècle, connaissaient à 
. fond la langue grecque, et nous en ont 


Fin d’allora che noi abbiam posto i 
fondamenti del governo venetico trat- 
teggiammo il principio primo, ed in lui 
riconoscemmo per le circostanze del 
tempo un’ azione che si volgeva al mare, 
e quindi ingenerava nuove azioni d’ in- 
teresse. economico che formavano dei 
Viniziani tanti mercadanti. Dato così 
il principio primo od il primo. biso- 
gno, ogni analisi sul carattere eziandio 
delle scienze viniziane si ridurrebbe a 
questo secondo principio, ch’ elleno non 
poteano essere originali, vale a dire che 
non potevano avere quell’ impronta di 
creazione che aver puotero dagli Etru- 
schi e dai Greci, i quali per le costitu= 
zioni dello stato; od anco per le circo- 
stanze dei tempi aveano aperto il campo 
dell’immaginazione e della natura, don- 


‘de accadeva il quadro intellettuale, ar- 


tificiale e fisico venisse disegnato e rile- 
vato in modo, che poco restasse da ag- 


- giungervi dalle seguenti generazioni, a- 


menochè non vi fosse sorto un genio 
trascendente, il quale passando gli ‘anti- 
chi termini, ed abbracciando in certa 
guisa sua propria il morale ed il fisico, 
ponendogli ad esame con miglior critica 
e più potenza pensante, gli avesse com- 
posti insieme così, che ne derivasse una 
unità di cose ‘universali. e magnifiche; 
e questo fu il fiorentino Dante degli: A- 
lighieri, di cui la fama cotanto ancora 
dovunque si onora. 

Premesse queste ‘osservazioni, noi 
spartiremo lo scibile dopo di aver dato 


- un cenno storico del suo progresso appo 


Viniziani. Stretti in colleganza coi Gre- 
ci, eglino in mezzo alla barbarie dei po- 
poli occidentali e settentrionali e del 


- mezzogiorno serbarono un modo di dot- 


ti 


trina che fruttò ad essi prima di ogni 
altra cosa la buona organizzazione del 


‘loro governo. Molti fra loro ‘innanzi al 


termine del VIII secolo conoscevano la 


lingua greca elenistica, e'se ne hanno'an- 


cora imonumenti nelle lapidi sepolcrali 


laissé des preuves durables dans les pier 
res sépulerales et les manuscrits que l’on 
conserve à la bibliothèque de S. Mare. 
Sortant d'un pays où le goût des lettres, 
bien loin d’être totalement perdu, com- 
mencait à refleurir au contraire, grâce à 
Ja protection de T'héodoric. roi des Go- 


ths, qui régna en Italie au V.° siècle, ils- 


conservérent la langue latine dans pres- 
que toute sa pureté. Aussi les ouvrages 
Vénitiens de cette époque, en comparai- 
son des originaux du moyen-àge écrits 
dans la même langue, semblent apparte- 
nir au siècle d’or de la littérature. Mais 
les soins que réclamaient impérieusement 
leurs institutions civiles aux premiers 
temps de la république, les empéchérent 
de publier rien d’important en matière 
de poésie. On lit quelques distiques la- 
tins, quelques épitaphes ‘et inscriptions 
des premiers périodes de la république, 
si mauvais que bien loin de mériter le 
nom de bons vers, ils ne sauraient arrè- 
ter un seul moment notre attention. On 
en peut dire autant des odes, chansons, 
idylles, chants, épithalames, etc., que Pon 
trouvera réunis dans la susdite biblio- 
thèque. L’ éloquence cratoire an con- 
traire, bien que d’un style Apre et 
grossier, conserva toujonrs une trempe 
forte et énergique, soit que les orateurs 
parlassent en latin, soit qu'ils eûssent 
recours à la langue vulgaire qui avait 
emprunté plus d’un mot au latin et au 
grec. Et nos aïeux en furent redevables 
au besoin continuel d’agiter mille que- 
stions dans le Sénat. L'esprit s’échauf- 
fait alors, et trouvait avec une admirable 
spontanéité les expressions les plus con- 
cises et les plus énergiques, les idées les 
plus fortes et les plus relevées, les sen- 
tences les plus sages et les plus convain- 
cantes. Les matières de religion en bar- 
monie avec les usages du temps étaient 
d'ordinaire confiées aux moines et par 
conséquent les sciences théologiques rou- 
laient plutôt snr les lois dogmatiques et 


ed in alcuni antichi manoscritti che si 
serbano nella biblioteca Marciana. Sicco- 
mei Veneti secondi proveniano da paesi 
ne’quali il gusto delle lettere non era gua- 
sto interamente, anzi ristorato per l’in- 
fluenza di Teodorico re de’ Goti, che 
nel V secolo Italia dominò, conscrvaro- 
no assai avanti la lingua del Lazio, e i do- 
cumenti loro messi in comparazione con 
quelli che si hanno dei tempi di mezzo 
in questa lingua dettati, ponno dirsi del 
secolo aureo. In poesia, perocchè nei 
primi tempi della loro istituzione civile 
erano troppo distratti dalle cure di con- 
servarsi, non può dirsi i nostri offrissero 
opere di qualche merito. Si leggono al- 
cuni distici latini dei primi tempi della 
repubblica; alcuni cpitaffi ed iscrizioni, 
le quali però son tanto lungi dal meri- 
tare gli encomi di buona. poesia, che non 
possiamo permetterci nemmanco i} pen- 
sarvi sopra per un poco. Dicasi lo stesso 
di alcune odi e canzoni, idili, canti epi- 
talamici e.così innanzi che in pergame- 
na si veggono ancora nell’ accennata bi- 
blioteca. L’ oratoria per lo contrario, 
benché in istile rusticano e gregio, si 
mantenne di tempra forte ed. energica, 
e quando prestavasi a questo effetto la 
latina lingua, e quando la vulgare che 
avea contraffatto diversi vocaboli del la- 
tino e del greco. La ragione per cui que- 
sta si mantenne, era il continuo bisoguo 
di dover discutere alcune ragioni di sta- 
to, nelle quali sempre gli, animi rinfuo- 
candosi schizzano le espressioni più con- 
cise e più robuste, le idee più gagliarde 
e forti e le sentenze più saggie e pene- 
tranti. Le cose della religione corrispon- 
dendo agli usi del tempo, erano per lo 
più in mano dei monaci,ed in conseguen- 
za le discipline teologiche versavano me- 
glio sulle leggi canoniche e domatiche, 
che su quelle che istituiscono il ministro 
dell’ altare nella conoscenza regolare e 
profonda delle leggi evangeliche, le quali 
tatte in latina favella trattate venivano. 


canoniques que sur celles qui initient le 
ministre des autels à la connaissance ré- 
gulière et profonde des lois évangéliques 
qui étaient.toutes traitées en latin. Lors- 
que l’idiome vulgaire commença à pren- 
dre pied, les Vénitiens conservaient enco- 
re Pusage de la langue latine, non-seule- 
ment dans les actes publics, mais plus d’ 
une fois aussi dans les actes privés. Cet 
usage se maintint jusqu’au XIIL. siècle, 
et les décrets du prince, les lettres ency- 
cliques de l’Evèque de Castello et du pa- 
triarche de Grado s’écrivaient pareille- 
ment en latin. Voilà les causes qui 
retardérent l’étude de la langue vulgaire, 
ar une suite naturelle des principes 
fondamentaux de la république, les Véni- 
tiens étant occupés de bien autre chose 
que des études qui remplissent les loisirs 
des gens adonnés à la vie contemplative, 
manquérent jusqu’au XIV. siècle d’un 
bon écrivain en langue vulgaire, On sait 
que le chanoine Caquirino fut un des 
Premiers à y réussir, mais si nous com- 
parons ces faibles essais avec les ouvra- 
ges parfaits que les T'oscans avaient d‘ja 
publiés, nous serons forcés de convenir 
de nouveau qu'à Venise le goût de Ja 
saine littérature fut trés-tardif à se for- 
mer. Mais dans le cours du XIV. siècle 
le goût ‘des sciences, des lettres et des 
arts se développa parmi nos ancêtres, 
et ils prouverent avec éclat que leur 
génie était capable de réussir dans plus 
d’un genre. La prospérité dont on jouis- 
sait alors réveilla tous les esprits, et en 
peu d’années, Venise aussi compta dans 
son sein plus d'un auteur illustre. Mais 
au XV. siecle, lorsque le génie de la 
science embrassa dans son vol non-seule- 
ment l’Italie mais PEurope entiete, alors 
les arts libéraux, rivaliserent glorieuse- 
mentchez nos aieux avec ce qué la To- 
scane et }’Italie entiere, pouvaient offrir 
de plus parfait. Bembo; Garzoni, Cocco 
suffiraient seuls pour fonder la gloire lit- 
téraire de Venise. Ce fut Bembo qui pu- 


Quando surse l’ idioma volgare, i nostri 
tenevaro ancora gli antichi modi della 
lingua latina, non solamente negli atti 
pubblici, ma spesso ancora accadeva nei 
contratti privati. Fino al XIII secolo 
questo costume siserbd, e i decreti del 
principe e le lettere encicliche del ve- 
scovo di Castello, o del patriarca di Gra- 
do, parimenti si scrivevano in latino. Di 
qua venne quel ritardo che si. fece di 
studiare la lingua vulgare. Viniziani, che 
attendevano pei loro principii a tutto al- 
‘tro che a questi studi che sogliono farsi 
da coloro che attendono esclusivamente 
agli ozi della vita contemplativa, rima- 
sero fino al secolo XIV senza un buono 
scrittore in lingua vulgare. Si sa che il 
canonico Caquirino fosse upo dei primi 
a darne un saggio; ma paragonando 
questo saggio con le opere già evulgate 
de’ Toscani, noi siamo sempre obbligati 
alla nostra sentenza, cioè di confessare. 
che in Vinegia il buon gusto delle let- 
tere emerse assai tardi. Ma nel secolo 
XMIV principiò a svilupparsi appo mostri 
il diletto delle scienze, delle lettere e 
delle arti, e diedero prove fortissime di 
avere un ingegno capace di condurre a 
termine buono qualunque intrapresa. 
La felice e fiorente condizione della re- 
pubblica risvegliò le menti, ed in breve 
giro di anni si contarono scrittori ec- 
cellenti anco nello stato venetico. Giun- 
to poi il XV secolo, in cui il genio del 
sapere aleggiò non solo in Italia, ma 
nell’ Europa universa, allora gli studi 
ameni ed astratti e meccanici che i no- 
stri fecero, furono reputati degni di es- 
sere confrontati con quelli della incivili- 
ta Toscana e d’Italia tutta ; ed i soli Bem- 
bo, Garzone ed il Cocco basterebbero a 
rendere gloriosa la repubblica. in fatto 
di nomini di lettere, Fu il Bembo che 
trasse fuori il dolce nostro idipma dal 
-volgare uso letro, e rese Pultima pulita 
ad esso, meglio che non fecero il Mao- 
chiavello ed Guicciardino. Lodovico 


rifia, anoblit ct perfectionna notre gra- 
cieux idiome mieux que Machiavel et 
Guicchardin. Lodovico Arioste son ami 
lui accorde hautement les mêmes louar- 
ges, et l’on compte encore de nos jours 
«Pierre Bembo au nombre des plus illu» 
stre écrivains du siècle de Léon X. Alde 
Minuce, le plus fameux des typographes, 
ne s’acquit par moins de renommée par 
ses ouvrages latins et grecs, si élégants 
et si chatiés qu’on les lit oserons-nous 
dire, avec autant de plaisir que ceux 
de Cicéron, de Cornelius Nepos, de 
Jules-César , ete. chez les latins ; a- 
vec autant d’intérét que ceux de 
Xénophon, de Demosthènes et de So- 
phocle chez les grecs. André d’ Asola, 
le Pontano et quelques autres du mè. 
me siécle peuvent aussi étre considérés 
comme des ‘écrivains dignes des plus 
grands éloges. 

Passant maintenant du XV.f au XVI.® 
siècle, la progression diverse qu’ adopta 
la littérature à cette époque nous oblige 
à parler ea particulier d’un des plus 
puissants génies qu’enfanta Venise en ma- 
tiére d’arts, de sciences et de belles-let- 
ires, nous voulons dire P. Paolo Sarpi dé- 
jà cité, qui poussa si loin ses recherches 
dans tout ce qu’il est permis à l'esprit 
humain de savoir qu’il rectifia presque 
toutes les idées que l’on avait adoptées 
avant lui; il en trouva une foule d’au- 
tres qui devinrent par la suite le germe 
fécondant des systèmes les plus impor- 
tants. Mais le XVI, siècle, aprés les ter- 
ribles agitations civilés, morales et reli- 
gieuses du XV.° perdit l’expression éner- 
gique et exacte de la nature physique et 
morale, et adopta un style maniéré, fleuri, 
élégant, qui fut Ja ruine de la‘saine lit- 
térature. La simplicité ayant passé de mo- 
de, les plus exiravagantes hyperboles la 
remplacèrent; 1’ enflure de ses périodes 
boursoufflés, la puérilité ridicule des in- 

| novations corrompirent bientôt le goût 
de la nation, arbitre suprème en fait de 


* 


Ariosto, suo amico, lo Jodò fortemente» 
per questo merito, ed a’di nostri Pietro 

Bembo e enumerato fra classici scritto- 

ri del secolo di Leone X. Ne fama meno 
celebre in latina lettera ed in greca ac- 
quistossi a questo tempo il più celebre 

dei tipografi, Aldo Manuzio, il quale 

scrisse molte cose con uno stile si purga- 
to ed elegante, che non si possono leg- 
gere senza provare il medesimo piacere 
che proverebbesi leggendo le opere di 
Tullio, o a dir meglio di Cornelio Nepo- 
te, di Cajo Giulio Cesare etc. fra latini e 
Xenofonte e Demostene e Tucidide e 
Sofocle, fra Greci. Anche Andrea da A- 
sola ed il Pontano ed alcuni altri in que- 
sto secolo ponno annoverarsi quali scrit- 
tori eccellenti ed ottimi. 


Passando ora dal secolo XV al XVI, 
te cose delle lettere, procedendo oltre 
in diversa maniera, richieggono che noi 
ci fermiamo sur uno dei più possenti ge- 
ni che abbia dato la repubblica in fatto 
di lettere, scienze ed arti, ed egli e il P. 
Paolo Sarpi, il quale stese le sue inda- 
gini tanto in addentro nello scibile, che 
rettificò quasi tutte le idee che erano 
state esposte in latino al suo tempo; 
molte ve ne discoverse che . servirono 
appresso come di germe fecondatore di 
altissimi principii. Ma il secolo XVI do- 
pole grandi agitazioni civili, morali e 
religiose del XV, passò dall’ espressione 
energica, vigorosa ed esatta della natura 
fisica e morale, nell’ammanierato ed e- 
sagerato ; e fu di ‘grande pernicie in 
conseguenza alle lettere, perchè tolta 
la semplicità, tutto si designava con i- 
perboli le più strane ; e la turgidezza di 
periodi e la vanezza delle novità cor- 
ruppero il buon gusto; il che quanto va- 
le per le lettere, altrettanto tiene per le 
arti e per le scienze. Questo alternare 
di beni. e di mali e inevitabile sulla ter- 


\ 


sciences et d’ arts comme en fait de bel- 
les-lettres. Cette alternative de bien et 
de mal est inévitable ici-bas; la tristesse 
et la joie, le style simple et le style am- 
poulé, l’ordre et la confusion, la beau- 
té et Ja laidear, le bon-sens et l’étour- 
‘derie,etc., ne sont séparés l’un de l’autre 


que par une mince toile, si même tou- 


tefois chaque chose ne renferme point 
dans son propre sein le germe de la cor- 
ruption, et si la corruption ne renferme 
point à son tour le germe de la vertu, 
ce qui prouverait ce que l’on a répété 
tant de fois, c’est-à-dire, que les extrêmes 
se touchent. Mais aprés cette premiere 
effervescence des cerveaux, on retourna à 
de plus saines idées, et au X VIL.® siècle la 
littérature et tous les arts adoptérent une 
forme philosophique. Les Vénitiens aussi 
s’adonnerent avec succès à l’analyse des 
choses et le célébre Foscarini le prouve 
sans réplique, Dans l’histoire de la lit- 
térature de sa patrie que publia cet illu- 
stre écrivain, il expliqua rationnellement 
les progrès scientifiques de ses concito- 
yens, préparant à ses neveux une am- 
ple matiére pour juger du mérite de 
leurs ancètres en fait de sciences et 
d’ arts. 

Les ouvrages matériels eux - mêmes 
se ressentirent de cette profondeur de 
pensées ; dans les somptueux palais qu’ 
une foule de patriciens firent élever à 
cette époque on voit toujours unie la 
simplicité de style à la solidité et à la 
magnificence. Il en était aussi dans tou- 
tes les villes de la république comme 
dans la capitale. L’esprit d’ analyse par- 
courait le domaine entier de la science, 
et en peu de temps on recueillit tou- 
tes les théories qui surgirent après les 
grands bouleversemens opérés en Eu- 
rope. Le XVIII.® siècle perfectionna dé- 


-finitivement la philosophie naturelle , 


et partout commencèrent les princi- 
pes libéraux, à analyser, à faire va- 
loir les droits de l'individu et de la 


/ 
ra, i piaceri ed i disgusti, gli stili .séme 
plici e contraffatti, e gli ‘ordini ed i dis- 
ordini, il, brutto ed il bello, 1 assenna« 
to ed il leggero, e così avanti sono sepa- 
rati per un filo tenuissimo, seppure nel- 
la virtù stessa delle cose non è rinchiu- 
sa la semente della corruzione, e nelle 
stesse corruttele non germoglia il prin- 


* cipio della virtù; il che prova che quag- 


giuso tutto si collega. Ma cessata la ef- 
fervescenza delle idee, gli uomini batte- 
rono miglior via, e nel secolo XVII la 
letteratura e le arti belle e le mecca- 
Gli 
stessi Viniziani si diedero meglio all’ a- 


niche assunsero un fare filosofico. 


nalisi delle cose, ed il celebre, Foscarini 
provò appieno questa nostra sentenza. 
Nella Storia ch’ ei ci diede della Letie- 
ratura della sua Repubblica, spiegò ra- 
zionalmente il progresso scientifico dei 
suoi, preparando una ricca materia ai 
nepoti*per calcolare della importanza in, 
fatto di scienze e lettere del governo ve- 
netico. 


Anche le opere. materiali sentirone 
della stessa gravità; conciossiaché in 
questo secolo molti patrizi, facendo eri- 
gere di magnifici e sontuosi palagi, vol- 
lero alla semplicità di stile accoppias- 
sero la solidezza e la grandiosità. Ciò che 
accadde nella capitale della repubblica, 
avvenne in tutti i luoghi alla repubblica 
stessa soggetti. Lo spirito analitico an- 
dava percorrendo tutto lo scibile, ed in 
poco tempo raccoglievasi tutte quelle 
teoriche le quali apparavano ‘appresso 
la grande mutazione delle cose civili di 


‘Europa. Il secolo XVIII diede l'ultima 


mano alla filosofia naturale, e dovun- 

que i liberali principii sursero a stra- 

namente investigare i diritti dell’ uomo 

e delle società civili, e poscia a riguar- 
10 


doclété, et par conséquent, à traiter 
en ennemi tout pouvoir qui s’ efforça 
vigoureusement de s’opposer au dève- 
loppement de ces droits. La mème cause 
introduisit dans ja république un esprit 
d’innovation mais, comprimé par les ins 
stitutions politiques de l’ Etat, il ne pou- 
ait se développer qu’après sa chûte, Ve. 
mise toutefois ne manqua pas d’écrivains 
qui prédirent un prochain changement de 
choses ; non-seulement on prévoyait pour 
Venise la conséquence des tendances 
nouvelles de l’Europe, mais on la pro- 
phétisait hautement. Enfin, aprésla chùte 
de la république, Ugo Foscolo et Victor 
Benzon entonnérent des bymnes égale: 
ment sublimes, bien qu’ absolument die 
vers par leur esprit. Le premier. occupé 
d’idées plus vastes et plus. générales, 
laissa au second le touchant oflice d’ ex- 
primer dans son poéme intitulé: Mella; 
Je sentiment le mieux fait pour antéres- 
ser un coeur patriotique, et tous les 
deux écrivirent selon les idées philoso- 
phiques de l’époque où ils vivaient. Le 
XIX.° siècle alterna le destin des scien- 
ces, des lettres et des arts à Venise; tan- 
tôt ils se distinguèrent par leur. éclat et 
leur énergie, tantôt ils se montrérent fai- 
bles et obscurs. La physique, la médecine 


et la philosophie spéculative formerentla 


seule partie du domaine de Ja science que 
les esprits studieux pussent cultiver, ou 
pour mieux dire, on nes'occupa alors que 
de tout ce qui n’est pas du ressort des 
idées civiles et politiques. La mémoire 
du professeur Scarpa, celle de. Razori, 
de Fanzago e du professeur Gallino sont 
célèbres de nos jours. Telle fut la mar- 
che des sciences, des arts et des belles- 
lettres chez les Vénitiens, marche qui 
clairement exposée, nous met eh état de 
distinguer facilement les uns des au- 
tres, et de les étudier chacun en parti- 
eulier pour découvrir quelle est la for- 
me de gouvernement la plus favorable 
à leur développement et si la républi- 


dare temerariamente ogni potenza che 
si opponesse all’ avverameñto di così 
torti principii, come nemica dell’ uomo 
individuale e collettivo. Tali motivi in- 
trodussero anche nella repubblica vini- 
ziana uno spirito di novità, il quale pe- 
raltro compresso per le. costituzioni del 
venetico governo, non poteva spiegarsi 
che dopo la caduta di questo. Nonper- 
tanto i vaticini della permutazione delle 
cose si facevano per opere:degli serlttori 
viniziani, e le conseguenze di quel mias- 
ma che l’universa Europa avea preso, 
si prevedeva in esse, anzi lo si profetiz- 
zava. Spenta poi la repubblica, Ugo Fo- 
scolo e Vettor Benzon intuonarono caw- 
ti sublimi, benchè con diversi fini. Il 


primo, dominato da idee più universali, 


lasciava al secondo di esprimere nel suo 
Nella una passione che più avvicina i 
cuori alle cose patrie; ma ambidue si 
espressere secondo lo spirito filosoficu 
del loro tempo. Il secolo XIX avvicen- 
dò la sorte delle scienze, delle lettere e 
delle arti viniziane, e quando si mo- 
strano energiche e liberali, e quando 
deboli e misteriose. Tuito quello che si 


riserbò alle indagini degli studiosi fu so- 


lo la natura fisica e la medicina ela fis 
losofia speculativa, 0 sì veramente furo- 
no coltivati tutti quegli studi che sona 
lontani dalle idee civili. Oggigiorno è ce- 
lebre la memoria del professore Scarpa 
e quella di Rasori e di Fanzago, nonche 
del professore Gallino, Tale € il progres- 
so della storia morale delle lettere, del- 
le scienze e delle arti viniziane, per cui 
ci torna ora chiaro e facile assai più pote» 
re e le une e le alire spartire e ciascuna 
considerare particolarmente per conosce» 
re meglio sotto quali condizioni di go- 
verno più 0 meno s’accrescano gli studi 
dello ingegno, e se la repubblica vene- 
tica abbracciò un reggimento civile che 
corrispondesse esattamente alla promo- 
zione od allo aggrandimento de’ medesi- 
mi studi. 


que vénitienne en avait adopté une qui 
répondît exactement aux besoins de 
i esprit. 

Si l’on veut distinguer clairement les 
différentes branches d’étude , on doit 
remonter à leur origine, et les faire tou» 
tes partir d’un principe unique. L’hom- 


me naquit élre pensant et raisonnable, : 


et ses premières idées avaient la même 
extension que ses besoins ; les arts deva- 
ient donc précéder les sciences, parce que 
les premiers besoins de la vie sont ceux 
de la conservation de l’individu qui en 
jouit, et que ce sont précisément les arts 
qui satisfont à ces besoins. Ce passage des 
arts aux sciences n’est donc autre cho» 
se qu’un pas de plus fait par les hom- 
mes vers la civilisation et 1’ embellisse- 
ment de l’existence humaine. L’ histoire 
du progrès des arts et des sciences n’ a 
point encore été éclaircie par les savans. 
Et ce, qui le prouve, c’est l’ignorance 
où nous sommes du point de départ des 
migrations des peuples primitifs; car si 
toutes les races primitives fussent parties 
d’un méme point, les nations septentrio- 
nales et méridionalesauraient conservé, à 
peu de changemens près, la même langue, 
les mêmes moeurs et le même gouverne. 
ment. Or, l'ignorance de ce point de 
départ renferme implicitement celle de 
l'origine des arts et des sciences. Et l 
obscurité qui la voile à nos yeux est un 
effet du temps ; en effet les premiers be- 
soins ayant poussé les familles primitives 
à de longues et difficiles excursions, re- 
tarderent chez les peuples naissants la 
création des disciplines qui embellissent 
la vie de plaisirs moraux. Mais, si l’on n° 
est point sur ce point aussi, dans une par- 


faite ignorance, du moins ne saurait-on | 


établir des données bien claires et bien 
positives sur l’époque de ce retard, et 
sur les causes étrangères qui firent per- 
dre aux races dans leur fusion entr’elles 
léurs moeurs primitives, leur gonverne- 
ment et leur langue. Il est done. impose 


Per istabilire uno spartitamento esate 
to di studi, conviene prendere la origis 
ne loro, e da questa farli tutti derivare. 
L’uomo naque ragionatore, e i suoi pen 
sieri primi avevano la estensione de’suoi 
bisogni: le arti in conseguenza doveano 
precedere le scienze, perchè i primi bi- 
sogni della vita sono quelli della propria 
conservazione, e per tale conservazione 
le arli appunto si prestano. Questo pas- 
saggio dalle arti alle scienze non è dun 
que che un progresso che fanno gli uo- 
mini verso la civiltà onde addolcire la 
umana esistenza. La storia del progresso 
delle arti e delle scienze non è ancora de- 
terminata dai dotti. Ciò pruovasi dalla 
ignoranza che si ha delluogo primo di do: 
ve le peregrinanti generazioni partirono, 
conciossiaché se partite fossero da un 
medesimo sito, settentrionali e meridio- 
nali avrieno pressoché la identica lingua, 
simiglievoli ‘costumi e governi serbato. 
È lo si pruova ancora dal tempo, ay- 
vegnadio avendo i bisogni primi inclinato 
ì popoli a lunghi difficultosi scorrimenti, 
producessero dei ritardi nei popoli che 
avean già fermata dimora in qualche re- 
gione della terra in quello che ha ris 
spetto alle discipline che condiscono di 
morali piaceri Ja vita. Ma anche questo 
ritardo, quando sia accadulo positivamen- 
te,e per quale stranio modo le umane fa» 
miglie tramescolandosi abbian perduta 
la primitiva maniera dei costumi, dei goa 
verni e della lingua, se non signora to- 
talmente, non si può peraltro con mol» 
ta fiducia di.dir il vero profittevolmente 
chiarire. 11 grado della progredita cul- 
tura quindi non può avere un’ epoca 
fissa. 


x 


sible de fixer nn époque aux commen- 
cements et aux progrès de la civilisa- 
tion. 

Mais, s’il faut en eroire Vico, d’im- 
portantes vérités avaient déjà été décou- 
vertes du temps des Mythes, vérités ex- 
primées dans des fables ou par des signes 
symboliques; fables et symboles qui, réu- 
nis ensemble,constituèrent la Mythologie, 
c’est-à-dire précisément la science des 
Mythes. Or donc, si, remontant aux pre- 
miers âges de la barbarie, nous étudions 
les débuts de la civilisation, nous con- 
clurons facilement de cette étude qu’el- 
le doit dater de l’ antiquité la plus recu- 
lée. Les bases de la civilisation ayant été 
ainsi posées, les générations suivantes 
qui en goûtèrent les premiers fruits du- 
rent naturellement s’ appliquer à la cul- 
tiver; car le besoin et le plaisir sont les 
inventeurs les, plus ingénieux de nou- 
velles théories propres à les conserver et 
a les augmenter encore. En effet, du mo- 
ment que les hommes établirent parmi 
eux une espèce d’ordre civil, ils trouvè- 
rent dans la civilisation la source d’une 
foule de plaisirs qu’ils ignoraient dans 
l’état de nature, et la cause d’ occupa- 
tions nouvelles, indispensables pour obtc- 
nir tel ou tel autre jouissance. La poésie 
précéda tous les autres arts; soeur de l’ 
enfance du monde, elle en chanta la sim- 
plicité avec un rithme enchanteur cet 
donna l'éveil en même temps aux pas- 
sions Jes plus tendres, aux vertus et aux 
vices les plus prononcés. Première in- 
slitutrice des générations, elle unit plus 
étroitement les hommes entr’ eux et fit 
naître dans désir 
aussi naturel que violent de jouir des 
biens de la nature le plus complète. 
ment possible. La poésie décrivait les 


tous les coeurs le 


révolutions des astres, le cours des fleu- 
ves, le murmure de la tempête, le chant 
des oiseaux, /le souris des fleurs, les dis- 
grâces et la gloires des ancêtres, l’ inno- 
eente vie des patriarehes: de là naquit 


' 


Ma pare a Vico che aneora ai tempi 
dei Miti grandi verità fossero discoverte, 
le quali per favole e per segni simbolici 
venivano rappresentate ; favole e simboli 
che raccolti insieme costituiscono la Mi- 
tologia, od appunto la scienza dei Miti. 
Se dunque rimontando alla prima barba- 
rie, noi guarderemo’ ai principii del- 
la civiltà. di leggieri arguiremo questa, 
secondo la natura dei tempi, ad epo- 
ca rimotissima salire, Ponendo così le 
basi della civiltà, era facile che le ge- 
nerazioni, le quali ne gustarono i pri- 
mi semi, attendessero a volerla nutrire; 
imperciocchè il difetto ed il piacere 
sono ingegnosissimi ritrovatori di nuove 
teorie per conservarsi ed accrescersi fi- 
no alla felicità relativa. Diffatto, messisi 
gli uomini a stabilirsi alcune norme di 
vita civile, crebbero tosto di morali 
piaceri, più assai di quando erano in 
uno stato naturale, e produssero quindi 
diversi oggetti di occupazione perchè 
or questo or quel piacere fiorisse, ed or 
una or un’altra felicitade. La poesia 
precesse ogni scienza: sorella dell’ infan- 
zia del mondo, dessa cantò la propria 
semplicità con un ritmo armonioso, € 
destò le passioni più tenere, i vizi natu- 
rali e le virtù schiette e vergini. Maestra 
prima delle generazioni, legò meglio gli. 
uomini fra loro, e sparse nelle menti e 
ne’ cuori tutti i desideri più veementi e 
le voglie più calde, da prendere dalla na- 
tura i migliori frutti. Siccome essa stu- 
diava il moto degli astri, il corso dei 
fumi, il susurro della tempesta, il can- 
to degli augelli, il sorriso dei fiori; e le 
sciagure e le glorie degli avi, e la inno- 
cente vita de’ patriarchi, naquero i di- 
versi studi dell’ astronomia, che si repu- 
ta la scienza più antica e più vicina al- 
le osservazioni de’poeti, I Caldei diede- 
ro questa disciplina agli Egizi. e dagli E- 


l'astronomie que-l’ on regarde comme 
la science la plns ancienne et la plus 
rapprochée de l’âge poétique. Les Chal- 
déens communiquérent cette science 
aux Égyptiens et les Egyptiens aux E- 


x 


trusques qui, à une époque' plus récen- 
te, l enseignèrent aux autres peuples. 
L’ avidité que les hommes montrerent 
toujours davantage pour la connaissance 
de l’avenir, fut le moteur principal qui 
les poussa à consulter les astres afin de 
lire dans leurs révolutions l’ histoire 
des événemens futurs. L’astronomie se 
relie à |’ expérience et aux observations 
antérieures des hommes primitifs qui, 
exclusivement occupés du ciel, croya- 
ient trouver dans les astres les causes 
de tous les événemens d’ici-has. Mais, 
retournant un instant aux poètes, disons 
que ces premiers chantres de la nature 
n° obtenaient point des couronnes de 
lauriers ou de myrtes; elles n° étaient 
pas nécessaires pour encourager leur 
Muse; c’était dans le sein fécond de 
la terre qui rendait avec usure les se. 
mences qu? on lui confiait qu’ils trou- 
vaient leurs encouragemens et leur ré- 
compense. L’ardeur de récolter enfan- 
ta chez les hommes un vif désir de 
trouver les méthodes les plus favora- 
bles à la culture des campagnes et de dé- 
couvrir sous quels astres étaient situées 
les terres les plus fertiles ; en conséquen- 
ce, à l’étude de 1’ influence des signes 
célestes sur l’univers, ils joignirent celle 
des produits de la terre dont ils chanta- 
ient les délices. Ainsi dès les premiers 
âges, ils s’ adonnèrent presque simule 
tanément à la poésie, à l'astronomie et à 
l’agriculture. L’art de cultiver les cham- 
ps demanda bientôt d’autres ressources 
que l’influenee des astres, on commenca 
à lever des plans, à étudier la qualité 
du sol, à Pentrecouper de murs et de 
fossés, et de 1h naquit la géométrie dont 
on ‘attribue l'invention -aux Égyptiens 
qui avaient un absoln besoin de cette 


es 


gizi P ebbero gli Etruschi, che in un'e- 

poca la professavano nelle terre di Eno- 

tro. Il desiderio che ebbero sempre più 

gli uomini di presagire il futuro, fu il 
grande movente che gli impulse a. con- 
sultare gli astri, per conoscere dal loro 
moto cosa potria succedere in terra. L’a- 
stronomia si lega con la esperienza 0 con 
le osservazioni che furono fatte, innanzi 
ch’essa nascesse, dagli uomini primi, che, 
volti tutti al ‘cielo, non sapevano che 
detrarre da lui la ragione di ogni uma- 
no avvenimento. Ma per que’ primi poe- 
ti non v’era lauro né mirto: non eran 
questi necessari per incoraggiar la lor 
musa, lorché la terra, che in un al greg- 
ge coltivavano, abbondantemente ger» 
mogliava. Ne’ frutti dei semi ch’ essi a 
lei consegnavano aveano incoragg'amen- 
to e dolce compenso. I piaceri dei pro- 
dotti ingeneravano negli uomini ardentis- 
sime brame di veder via perchè le cam- 
pagne venissero meglio preparate, e di 
sapere sotto quali segni del cielo fossero 
meglio o peggio collocate; ed in conse- 
guenza univano la osservazione dell’ in- 
fluenza dei segni celesti sulle cose ter- 
restri colle opere della terra, i cui di- 
letti cantavano ; e sino dalle prime età 
poterono in una volta sola, poesia, astro- 
nomia ed agricoltura professare. Parte 
poi di coltivar i campi domandava altri 
sussidi ; e se fu veduta reggersi dalle in- 
fluenze celesti, non manco dalle terre-, 
stri volle esserlo. Pertanto misurava ‘i 
piani e gli livellava ; calcolava della loro 
qualità; cingevali di ripari, e così la geo- 
metria, che vuolsi derivata dagli Egizia- 
ni, per quella che mettessero loro studi 
intorno alle innondazioni del Nilo, dive- 
niva indispensabile; e la idraulica e la fi: 
sica vi concorsero insieme. Queste pri- 
me scienze, o discipline che dir piaecia, 
uniscono in se stesse tutti i principii del- 
le altre; conciossiadio, merce la fisica 
uscirono l anatomia, la storia naturale, 
la botanica, la chimica, la patologia e 


science pour mesurer les inondations du 
Nil. On peut en dire autaut de Phydrau- 
lique et de la physique, sciences pre- 
mières qui renferment les élémens de 
toutes les autres. La physique, par e- 
xemple, enfanta |’ anatomie, |’ histoire 
naturelle, la botanique, la chimie, la 
pathologie, et ainsi de suite, sciences si 
précieuses pour la conservation et l’em- 
bellissement de l’existence humaine. 

Noue pouvons appliquer cette Genèse 
de l’origine de la civilisation à l'histoire 
de la littérature vénitienne et trouver 
aivsi un moyen aisé d’en étudier les 
diverses branches ; étude particulière 
que nous ne saurions negliger sans man- 
quer à l’ensemble de notre plan. 

Chez les Vénitiens déjà avancés dans 
la route de la civilisation, le premier 
des beaux-arts était le plus cultivé, de 
tous. On entendait les pêcheurs et les 
bateliers chanter une foule de chansons 
dans le dialecte vénitien, les uns lorsqu? 
ils partaient joyeusemeut pour la péche 
sur les flots de P\driatique, et les autres 
lorsqu’au sein des lagunes, ils se divertis- 
saient à rivaliserentr’eux de vitesse. Mais 
ce n° était pas la muse de Bembo, ce n° 
était pas celle de Cocco, c’ était sa pro- 
pre muse qui accompagnait sans cesse Je 
pècheur, serénant son front dans le tra- 
vail, ‘et adoucissant son coeur par ses 
douces et mélancoliques inspirations. 
Telle était la poésie primitive de nos 
- ancêtres que portèrent plus tard au plus 
haut dégré de perfection Bembo e Coc- 
co, et plus récemment encore Ugo Fo- 
scolo, Victor Benzon, Hyppolite Pinde- 
monte, ct enfin Luigi Carrer, leur élève 
et leur illustre émule, dont nous nous 
réservons de parler plus tard avec détail, 
noms qui, unis à celui de l'illustre Ga- 
spard Gozzi, méritérent l'honneur d’ Ca 
tre mis au rang des plus célèbres poetes 
italiens. 

Les belles» lettres eurent de faibles 
eommencemens à Venise, mais leur étue 


8 — % 


così innanzi, le quali servono da vicine 
l’ umana condizione a migliorare. 


Fatta questa genesi dell’ origine della 
civiltà, noi possiamo applicarla alla sto- 
ria della letteratura viniziana, e ‘quindi 
aprirci una via facilissima n ragionarne 
dei diversi rami che la componevano, 
per adempire al dovere di unità. 


Appo Viniziani; che già erano incivi- 
liti d’ assai, la prima scienza delle altre 
generatrice era cara, e moltè canzoni si 
udiano cantare da’ marinari nel dialetto 
venetico quando ivano sui Joro pali- 
schermi per la laguna adriatica piglian- 
do lor pesca, o quando sollazzavansi su 
per queste acque rivaleggiando nel corso 
di loro barchette. Non era però la musa 
del Bembo, ne quella del Cocco, ma era 
Ja musa semplice del pescatore che sta- 
va sempre con lui, rasserenandogli la 
fronte nel travaglio, e movendogli il cuo- 
re a dolci ispirazioni col melanconico 
dire delle sue note. Così era la poesia 
primitiva de’nostri, che poi passò a quel 
grado di eccellenza a cui trasserla i due 
mentovati Bembo e Cocco, e finalmen- 
te Ugo Foscolo e Vittore Benzon, ed 
Ippolito Pindemonte, e Luigi Carrer, 
di loro alunno e chiarissimo emulo, di 
cui ci riserbiamo più lungamente parlare 
in appresso; nomi che uniti a quello di 
un Gaspare Gozzi e di altri meritano di 
essere registrati tra i più celebri della 
lira italiana. 


# “i è 3 Ù 
Le belle lettere anch’ esse dx prinei- 
pio ebbero un'importanza tenne. che 


% 


de étant nécessitée par les besoins civils 
et moraux et l’ obligation où se trouva- 
ient les sénateurs de parler en public, 
elles furent ensuites cultivées avec ar- 
deur, et si Venise n’a point fourni des 
littérateurs insignes, elle en compte au 
moins plusieurs distingués par leur goût 
leur franchise et leur originalit. E 1- 
le produisit plus tard aussi des pro- 
sateurs réputés classiques, et peut en 
citer aujourd” hni d’ illustres qui ont 
traité tous les genres de littérature, Le 
P. Antonio Cesari, le P. Vallardi et 
autres publièrent des ouvrages excellents 
que l’on regarde encore de nos jours 
comme des modèles de style. N'oublions 
pas ici Foscolo déjà cité qui fut pour 
ainsi dire, l’inventeur d’un nouveau style 
et le modéle des prosateurs, tellement 
son style est saillant, nerveux, expressif 
et convenable. 

L’astronomie dès son début, c’est-à-dire 
aux temps où régnait la superstition, occu- 
pa une place distinguée parmi les scien- 
ces auxquelles s° adonnèrent nos aïeux 
mais elle brilla moins depuis le VII.® ju- 
squ’au IX.° siècle que du XI.° au XV.® 
Alors l’astronomie se divisa en deux 
branches; l’astronomie proprement dite 
forma la première, et l’astrologie la se- 
conde. Celle-là conservant sa dignité 
premiére, découvrait de nouvelles pla- 
nétes dans l'espace immense des cieux, 
la force centrifuge, et centripète,etc,; ex- 
pliquait les éclipses, les comètes et les 
divers phénomènes atmosphériques ré- 
sultant de l’influence des astres. Celle- 
ci, au contraire, imbecille esclave de la 
superstition, prétendit lire dans lesastres, 
et tirer au moyen de l’ étude de leur 
marche et de leurs révolutions des horo- 
sccpes certains sur les destinées de la nas 
turc entiere et de l’homme surtout. Cette 
extravagante science enfanta des oeuvres 
immenses par leur étendue, dont cha- 
que page préchait le fanatisme et l’oubli 
total de la providence. Mais l'esprit hu- 


appresso poi, aumentate le bisogna civiil 
e morali, e richiedendosi l’eloquenza 
negli aristocrati, furono coltivate a gran 
pezza, e diedero se non letterati insigni, 
almeno letterati pieni di giudizio e di 
schiettezza e di originalità. Venezia po- 
steriormente si accreditò di prosatori, 


i che furono riputati classici, ed oggigior- 


no ne conta di preclari in ogni maniera 
di ragionamenti che alle umane lettere 
appartenga. Il padre Antonio Cesari, ed 
il minor conventuale padre Vallardi, ed 
altri diedero opere eccellentissime, che 
tuttora si venerano come modelli delbel- 
lo ed ameno scrivere. Nè è da intrala- 
sciare l’accennato Foscolo, il quale può 
appellarsi come ritrovatore di un nuovo 
stile prosaico, od il Varano della prosa: 
tanto il suo dire e lanciato, robusto, es- 
pressivo, proprio ed'eloquente, 
L’astronomia nel bel principio, cioe 
in quell’agio di tempo in cui Ja supersti- 
zione era fomentata, tenne un posto no- 
bile e dignitoso fra gli esercizi. morali 
dei cittadini; ma non crebbe tanto in 
orranza ne’secoli VII, VHI e IX quan- 
to nel XII, XII, XIV e XV. Allora l’a- 
stronomia si parti in due divisioni: l’una 
fu quella dell’astronomia propriamente 
detta, e l’altra dell’astrologia. La prima, 
serbando la sua dignitàde, con molta no- 
biltà andava investigando i nuovi piane- 
ti nell'ampio cavo dell’aere; ne studia- 
va i rapporti, ne indicava le leggi della 
forza centrifuga e centripela, e ragionava 
esattamente delle ecclissi e di diver- 
se mutazioni subite nell'atmosfera per 
l’ influenza degli astri superiori, L’ astro- 
logia all’incontro, serva. della supersti- 
zione, pretese di leggere negli astri stessi 
e di derivare dal modo con cui.si pre- 
sentavano, dei vaticini, i quali spettasse- 
ro alla natura tutta e spezialmente degli 
uomini. Delirante e pazza, dessa compo» 
se opere rilevanti per mole, in ognipagi- 
na delle quali il fatalismo era predicato 


— 80 — 


main s’étant enfin éclairé, l’ astronomie, 
débarrassée de cette soeur bâtarde, reprit 
tous ses droits, et l’illustre Galilée fut 
invité à venir professer cette science à 
P Université de Padoue. Ce fut lui qui 
publia ces sublimes théories qui s’accor- 
dent si bien avec les lois physiques dont 
résulta la découverte de l’immobilité du 
soleil et d’une foule d’autres lois physi- 
ques si clairemeut expliquées et démon- 
trées qu’ aujourd’ hui il ne nous reste 
que peu à perfectionner et rien à dé- 


couvrir. 


Les mathématiques proprement dites 
ne furent point négligées non plus, et il 
était impossible qu’elles Je füssent, puis- 
que la mécanique et la navigation for- 
maient la base des ressources et des'oc- 
cupations du peuple vénitien. Jourdain 
Ricati et deux autres membres de la mî- 
me famille, firent faire de notables pro- 
grés à 1’ Etude de l’Algebre, de la Mé- 
canique et de la Physique Expérimenta- 
lc. Pourtant il parait que la gloire des 
études métaphysiques manga aux Véni- 
tiens, et la raison en est que de sembla- 
bles études ne sauraient s’ accorder avec 
V esprit républicain qui préféra toujours 
‘les sciencés exactes et utiles aux sciences 
‘purément contemplatives et abstraites. 

Mais on ne saurait en dire autant de 
la philosophie morale qui peut vanter 
‘des auteurs insignes presque dés lorigi- 
me de la république. Conforme aux do- 
ctrines évangéliques les plus propres à 
‘un gouvernement libre, elle se développa 
avec un éclat surprenant, et la congré- 
‘gation des Somaschi de Marano publia 
une foule d’ouvrages qui ne sont certes 
“inférieurs qu’à un très petit nombre d° 
‘écrits des plus illustres Pères de PEglise 
‘ Catholigne. Nous pourrions citer plus 
‘d’un nom, mais nous craignons de nous 
‘étendre trop. Si le lecteur veut bien se 


e Pabbandonamento della provvidenza. 
Ma fattasi più svegliata e più pensante la 
mente umana, l’astronoiia, reietta questa 
spuria figliuola, riassunse tutti i diritti 
suoi, e venne chiamato Galileo Galilei 
a professarla nell’ università patavina, 
donde emersero quelle immense teoriche 
che st bene confannosi con le leggi fisi- 
che, intantochè dalla composizione di 
tutte il sublime calcolo derivando, og- 
gimai la forza di attrazione così ad evi- 
denza si spiegò, e tante leggi fisiche si 
discovrirono, per cui, quasi diremmo, 
null’altro rimane a fare, che perfezio- 
nare e non più ritrovare, 

Oltre alle scienze accennate, le ma- 
tematiche propriamente dette non puo- 
tero essere messe in abbandono; e tanto 
meno, ché i particolari, anzi totali eser- 
cizi de’ Viniziani in cose mecca niche e 
mercantili dello intutto versavano. Gior- 
dano Ricati, e due altri dei quali igno- 
riamo il nome, della stessa famiglia, pro- 
‘mossero grandemente lo studio dell’ al- 
gebra, della meccanica e della fisica spe- 
rimentale, Parve peraltro rimanesse ai 
Viniziani da desiderare la gloria degli 
studi metafisici. La ragione di questo 
difetto è perché cotali studi non si asso- 
ciavano ai principii dello stato ; concios- 
siadio le repubbliche mirano più: all’ u- 
tile che alla contemplazione di verità a- 
stratte e sottili. i 

Ciò non possiamo però dire della fi- 
losofia morale, che vanta nomi illustri 
fino dai principii della repubblica. Con- 


‘forme dessa alle dottrine evangeliche, si 


spiegò maravigliosamente ; e la congre- 
gazione de’ Somaschi di Murano diede 
molte opere di questo genere che non 


‘temono confronto che di poche, dettate 
-da’ più celebri'padri della chiesa cristia- 
‘na cattolica. Noi potremmo citare diver- 
‘sì nomi, ma questo ci menerebbe trop- 


po per le lunghezze. Chi si ;sovvenga: di 
quello che abbiam detto più insuso par- 


-Jando: dell’ unione dei poteri civili ed 


2 Biffi, LC 


- rappeller ce qui fut dit plus haut à pro- 
pos de l’union des pouvoirs civils et ec- 
clésiastiques, il en sera pleinement con- 
vaincu. Quant aux oeuvres ascétiques, 
elles sont innombrables, et le spiritua- 
lisme était répandu à un tel point parmi 
les Vénitiens qu’ il enfanta de nombreux 
et importants ouvrages où brillent admi- 
rablement leur sincère piété. 

Parlant plus haut des mathématiques, 
nous avons dit que l’étude dela mécani- 
que était universellement cultivée chez 
nous.Aucune autre science ne pouvait être 
plus utile aux Vénitiens qui, s’adonnant 
particulièrement aux constructions nava= 
les, ayant des masses énormes à remuer, 
et fesant un fréquent usage de leviers et 
de poids, devaient nécessairement con- 
uaftre les lois de l’équilibre, afin de 
pouvoir calculer la force des leviers, é- 
tudier les propriétés de tel ou tel mode 
de construction navale, la pesanteur de 
certains corps et le dégré de force né- 
cessaire pour les élever ou les abaisser. 

, En outre il n’était pas moins indispensa- 
ble pour nos aïeux de connaître les di- 
mensions, les distances, la profondeur, 
et la vitesse des corps, etc., connaïssan- 
ces que la mécanique seule nous donne. 

Maisle commerce formant l’objet prin- 
cipal de notre marine, il fallait lui ouvrir 
des routes sûres sur le vaste sein des flots; 
astronomie, dont on a déjà parlé, était 
donc également nécessaire, ainsi que la 
physique expérimentale pour connaître 
les vents, les variations atmosphériques; la 
nature des mers, des golfes, etc., et sa- 
voir se servir de la boussole dont quelques 
écrivains attribuent même 1’ invention 
à nos ancêtres. Mais non-moins néces- 
saires ét non-moins studieusement cul. 
tivées étaient chez les Vénitiens la géo- 
graphie, l’histoire et la statistique qui 

se relient intimement à la science nau- 
tique et aux principes du gouvernement 
vénitien. Et maintenant, après ce rapide 
eoup-d’ oeil jeté sur l’état des sciences, 


ecclesiastici, rimarra persuaso € con- 
vinto. Le opere ascetiche poi non hanno 
numero. Lo spiritualismo era tanto ge- 
neralizzato ne’ repubblicani, che ne dic» 
dero esempli diversi e moltiplici di que- 
sti studii. La viniziana pietà fulge in es- 
si mirabilmente 


‘ Noi dicemmo poc’ anzi, parlando del- 

le matematiche, che fra’ nostri lo studio 

della meccanica era assai coltivato. I Vi- 

niziani, ch’ erano intesi in peculiar mo- 

do alle costrnzioni navali, abbisognavano 

di questa disciplina, perchè trattando 

sempre cerpi, ed usando sempre di for- 

ge, di misure, era mestieri adoperas- 

sero le Jeggi dell’ equilibrio delle for- 

ze per conoscere la forza delle leve, le 
proprietà delle carrucole, la consistenza 

dei corpi, il grado di forza nél sollevarli 

o nel deprimerli che occorreva. Di più, 

le dimensioni, le distanze, la profondità, 

la celerità e la velocità che si apprendo- 
no dalla meccanica, erano pet essi indi- 

spensabili a sapersi. 


Siccome poi ogni opera navale avea 
per iscopo il commercio ‘o l’ utile del 
commerciante, e che duopo era aprirsi 
le vie del mare; così anco dell’ astrono* 
mia avcano bisogne, della quale toccam- 
mo, e della fisica sperimentale, per sa- 
pere dei venti, della costituzione atmo- 
sferica, della natura dei mari, dei golfi 
ec. Con questa seppero usare delle: bus» 
sole; scoperta che da alcuni vuolsi a 
loro attribuire. Ma se le scienze accen- 
nate erano necessarie ed istudiate dai 
Viniziani, non lo eran meno la geogra- 
fia e la storia e la statistica, che si colle- 
gavan fortemente con la nautica e con 
le ragioni del governo venetico, 


FE 


sat 


retournons à l’ histoire dont nous devons 
parler plus au long. | 

* L'histoire est la collection des actions 
de tous les hommes dont les vertueux e- 
xemples doivent les exciter à la vertu au 
moyen de l’ émulation et les actions per- 


verses doivent les éloigner du mal par. 


I horreur qu’elles inspirent. Cette sage 
institutrice des nations, qui éleva son 
trône au milieu des générations naissan- 
tes, étend encor son sceptre anjourd’ hui 
sur toutes les nations. L'histoire du pas- 
sé, léguée de pere en fils chez tous les 
peuples, et la connaissance des grandes 
actions et des faiblesses de leurs ancêtres 
furent tout-à-la fois une gloire etune leçon 
pour leurs descendans. L’homme ne se 
sépare point de l’homme ni par vice ni 
par vertu; prolongation, pour ainsi dire, 
de l'existence d’un individu antécédent, 
il aimera toujours ses semblables, quelles 
que soient d’ailleurs les passions qui le 
dominent. L’ histoire étendit son do- 
maine avec le temps et raconta les faits 
qu’elle recueillait dans le langage sim- 
ple du monde naissant. L’ univers ayant 
passé de 1° enfance à la puberté, les pas- 
sions privées commencérent à se dévelop- 


per, ce qui fit adopter à l’histoire les! 


artifices de l’éloquence qui, offusquant 
bientôt l'éclat de la vérité des récits, 
introduisit peu-à-peu dans l histoire 
les mensonges et l’esprit de parti. L’u- 
nivers enfin étant devenu adulte, les 
hommes, excités par mille désirs, in- 
fluencés par mille doctrines pernicieuses, 
se corrompirent de plus en plus et alors 
le vice fut déguisé sous les couleurs les 
plus agréables tandis que la vertu persé- 
cuiée futcouverte d’un sombre voile. Les 
générations parvinrent ensuite à un au- 
tre période; période de mollesse ‘et de 
crimes durant lequel l’histoire servit 
plutôt à encomrager les faiblesses et les 
turpitudes des hommes qu’à les com- 
battre. Cela est absolument vrai pour le 
monde en général; mais il faut excepter 


x 


La collezione di tutti gli atti dei cit- 
tadini e degli uomini tutti per ispronar- 
gli al bene con l’esempio delle azioni 
virtuose, e tenerli lontani dal male con 
l’ esempio delle turpi, è la storia, Questa 
maestra della vita innalzò il suo trono 
tramezzo alle prime generazioni, ed il 
suo scettro si estende ancora sulle genti 
della terra. Ogni popolo saggio raccontò 
a’ suoi ed a’ posteri quello che avvenne, 
e fu vera gloria e correzione simultanea- 
mente sapere le illustri gesta degli avi 
e le umane lor debolezze. L’uomo non 
si dislega dall'uomo né per vizio nè per 
virtù: prolungazione dell’ esistenza del 
primo, non può non amare il suo simile, 
per quanto le passioni vili e le generose 
lo imperino. La storia distese la sua do- 
minazione sul tempo, e raccolse gli av- 
venimenti, e gli disse col linguaggio sem- 
plice delie muse, ch’era quello della 
schiettezza e simmetria del mondo in- 
fante. Passato il mondo dall’infanzia al- 
la pubertà, le piccole passioni incomin- 
ciarono a svilupparsi, ed allora alla’ sto- 
ria s’ innestarono gli artificii del dire, 
per cui offuscato il nitore delle narra» 
zioni, a poco a poco la storia die’ricetto 
alla menzogna ed al privato ‘ partito. 
Watti adulti gli vomini, circondati da 
mille desiderii, dall’influenza delle dot= 
trine accresciuti, svisarono tanto meglio 
le passioni degli animi, e sulla virtù in- 
nocente si gettò un velo nerezgiante, cd 
il vizio fu onestato colle tinte della pu- 
rezza. Un'altra etade ebbero le genera- 
zioni, e fu quella del rammollimento, in 
cui la storia si prestò meglio a favorire 
le umane turpitudini e le nostre debo- 
lezze, che a correggerle, Ciò è vero ri- 
spettivamente al mondo universo; ma 
in relazione ai diversi governi della so- 
cietà civile, soffre alcune eccezioni. Nel- 
le repubbliche la storia é franca e libera 
fino al tempo della mollizie. La virtù, 


= 83 — 


quelques nations. Dans les républiques, 
l’histoire est franche et libre jusqu’ aux 
temps de mollesse. La vertu, formant la 
base des gouvernemens républicains, a 
besoin d’être constamment préconisée, 
et son image doit étre continuellement 
mise sous les yeux des citoyens. Voilà 
pourquoi elle protège l’histoire puis- 
samment, regarde les historiens comme 
ses prêtres, et les comble d° honneurs. 
La république vénitienne s° est bril- 
lamment distinguée dans ce genre, soit 
par l’infinité d’ historiens qui ont en- 
registré ses fastes, soit par la généreuse 
franchise et la rare clarté avec laquelle 
ils exprimérent de mâles vérités. Elle 
ne manqua d’historiens véridiques que 
lorsqu” elle perdit sa puissance. La guer- 
. re universelle en Europe et la complica- 
tion des affaires publiques empéchèrent 
qu’on sen occupàt et que lon exposàt 
les secrets du gouvernement. Ainsi les 
peuples ne pouvant remonter à l’origi- 
ne des choses, furent oblig‘s de deviner 
la morale du siècle, au lieu de l’appren- 
dre dans des écrits exacts et véridiques. 

Les chroniques abonderent des les pre- 
.miers temps de Venise et il nous en re- 
ste une foule de manuscrites ou d’ im- 
primées qui prouvent à merveille ce que 
nous avancons. Nos historiens ne se bor- 
nèrent pas à traiter au long’ les évène- 
mens nationaux; s’en servant en même 
temps comme d’une base, d’un point 
de départ, ils étendirent tellement leur 
sujet que l’on peut donner à leurs écrils 
le nom d° histoire universelle. Foscarini 
observe avec beaucoup de justesse dans 
la partie de Ja-littérature vénitienne qui 


concerne les chroniques et les histoires, 


que nos auteurs ont considéré | histoire: 
d’un peuple comme celle de l'univers. 


entier et qu’ils ont su, lorsque LP occa- 
sion s’en présentait, entrer dans des 
details étranges en apparence à leur 
sujet principal afin de faire jaillir des 
conséqueñtes universelles de ces rap- 


essendo la base dei reggimenti repubbli- 
cani, ha interesse di venir sempre enco- 
miata, onde la sua immagine sia sempre 
viva innanzi agli oechi della mente dei 
cittadini, e perciò promuove a tutta sua 
possa lo studio, e predilige gli storici 
come suoi sacerdoti, e gli onora ed ac- 
carezza. La repubblica viniziana ha un 
vanto più generoso in questa maniera di 
studii, non solo per la quantità degli scrit- 
tori di storie patrie, quanto per le ma- 
schie verità che vi messero per entro 
con la maggiore chiarezza svolte. Solo 
quando cessò il suo dominio, dessa di- 
fettò di storici veraci. La pace universa- 
le di Europa, e la complicazione degli 
umani negozi non permisero che si rile- 
vassero gli arcani dei governi, e pertan- 
to i popoli non potendo comprendere la 
origine delle cose; furono costretii ad 
indovinare ia morale del secolo, anzichè 
riconoscerla mercedio una veridica ed. 
esatta descrizione. 


Fin dai primi tempi del governo ve- 
nelico, a gran copia le cronache parla- 
rono, e ce ne sono rimase di molte co- 
pie manoscritte ed istampate che prova- 
no ad evidenza la verità degli annunziati 
principii. Storici veneti non solamente 
diedero opera a trattare esclusivamente 
gli avvenimenti nazionali, ma di questi 
formando il fondamento delle loro nar- 
razioni, vi fabbricarono sopra diversi ar- 
gomenti storici, per cui poteva dirst 
dessero quasi una storia universale. Fu 
bene osservato dal Foscarini in quella 
parte della sua Letteratura Viniziana 
che risguarda alle cronache ed alle sto- 
rie, i nostri aver considerato la storia di 
un popolo come quella del mondo, e che 
quaudo gliene veniva fatto, sapevano 
abbracciare diverse cose estranee alla 
storia loro principale, onde dai confron- 
ti derivare universali conseguenze. In 


— = 


prochemens habiles. Quant à la préci- 
sion et au naturel du style, nous n° hési- 
tons pas à les déclarer supérieurs aux 
écrivains Florentins et Bolonais. Ceux- 
ci exclusivement occupés de 1° élégan- 
ce du style, négligèrent bien souvent 
les pensées énergiques, les réflexions pro- 
fondes et cet esprit d’universalité qui, 
tout en déposant dans l’histoire le germe 
des principes les plus sublimes, en for- 
me une collection de théories les plus 
propres à nous faire étudier la société 
dans l’individu. Les Vénitiens au con- 
traire, considérant à bon droit le fond 
comme bien plus important que la for- 
me, s’attachcrent principalement à 1 
essence des choses et simplifiérent la 
matière autant qu’il était possible. Ils 
adoptèrent une méthode claire, natu» 
rellé, presque parfaite; osons méme dire 
que, mieux. que les historiens de tous 
les temps, ils surent se rapprocher de la 
beauté et de Padmirable simplicité du 
Pentateuque, du Livres des Machabées et 
des Actes des Apòtres., 

Nous avons observé plus haut que les 
différentes époques influent sur le plus 
ou moins de simplicité de l histoire; les 
historiens de Venise n’échappérent point 
à la loi universelle, Personne n’ignore qu? 
su XV.° siècle la république était parve- 
nue au plus haut dégré de splendeur, et 
cest précisément alors qu’elle voulnt 
que des écrivains spéciaux, et c’ étaient 
toujours des secrétaires du Sénat, enre- 
gistrâssent ses fastes, Mais le systéme de 
l'équilibre des puissances ayant commen- 
cé précisément aussi à cette époque en 
Europe, les gouvernemens dùrent appli- 
quer tous leurs soins à ce que les écri- 
vains ne parlàssent des dispositions in- 
ternes de l’ordre civil et politique que 
de manière à ne point nuire à l’Etat; 
l’histoire devint alors nécessairement la 
fille de la politique, et du mensonge 
bien souvent, par conséquent, On peut 
citer à ce propos l’histoire du cardinal 


quello poi che riguarda alla disinvoltura 
ed alla naturalezza con cui storiavano, 
non temeremo di anteporli agli scrit- 
tori di Fiorenza e di Bologna. Questi, 
intesi meglio a descrivere con fiorentine 
eleganze e con larghezza liviana, trascu- 
rarono spesse volte i maschi pensieri e 
le ponderate riflessioni e quello spirito 
di universalità, il quale mentre feconda 
le storie di alti e generali principii, fa 
di esse un complesso di teoriche le più 
adatte per considerare nell’ uomo colle- 
tivo 1’ uomo individuale. Viniziani per 
lo converso, piuttostochè alla lingua 
posero attentissimi loro studi all’ impor- 
tanza della scienza che professavano, ed 
allacciati alla sostanza delle cose, sem- 
plificarono quel più che poterono le ma- 
terie, diedero loro una forma naturale 
e pressochè perfetta, e quasi oseremmo 
dire, che fra tutti gli scrittori di storie 
di ogni tempo, eglino più si avvicinaro= 
no a quella limpidezza e fluidità soave 
che si osserva nelle storie del Pentateuco, 
dei Macabei e negli Atti degli Apostoli. 
Siccome abbiamo più sopra osservato 
i diversi tempi influire sulla maggiore o 
minore semplicità della storia, così ac- 
cade ancora influissero sul carattere sto» 
rico dei viniziani serittori. È notissimo 
la repubblica nel secolo XV essere sa- 
lita al più alto grado di fortune, ed. in 
quello appunto volle che storici propri, 
ch’ erano sempre secretari del senato, i 
suoi fasti estendessero, Accadendo però 
in questa etade di tempo surgesse il si- 
stema di equilibrio di potenza, onde la 
maggiore politica possibile dovea da’ go- 
verni adoperarsi perche gli ordini in- 
terni del reg.imento politico civile fos- 
sero esposti da’scrittori in una maniera 
conforme a’ nazionali interessi, allora 
incontri specialmente che la storia fosse 
figlia della politica, e quindi spesso della 
menzogna. Ricordiamo le storie del car= 
dinal Pietro Bembo, scritte appunto do- 
po la battaglia di Agnadel, le quali so- 


SA a 


Pierre Bembo, écrite précisément après 
la bataille d Agnadel, qui est plutôt uue 
apologie de la conduite du sénat et du 
peuple vénitien qu’un exposition sin- 
cére des projets et de 1’ espérance que 
nourrissait la républiqne de mettre le 
pied dans tous les Etats d’Italie. Les 
histoires publiées plus tard furent en- 
core moins véridiques que celle de Bem- 
bo, et sans parler de l’esprit de pare 
tialité qui y règne, clles manquent tou 
tes de l’élégance et de l'énergie de sty- 
le qui caractérisent les ouvrages latins et 
italiens du cardinal. Ces histoires nous 
prouvent incontestablement combien l 
esprit d’individualité et d’égoïsme com- 
mençait à se généraliser dans le gouver- 
nement vénitien, et nous obligent par 
conséquent à en conclure que ’influen- 
ce des Vénitiens devait tomber au moin- 
dre choc, du moment que les principes 
fondamentaux de constitution civile aus 
raient cessé d’être en vigueur. Enfin au 
temps de la liberté et de légalité pré- 
tendues des droits de l’homme, les ou- 
vrages historiques ne servirent plus à 
déguiser les vices ou à exagérer les 
vertus des nobles ; on s y attacha au 
contraire a présenter leur défauts sous 
les couleurs les plus repoussantes, afin 
d’ inspirer aux Venitiens la haine et le 
wépris pour leur ancien gouvernement. 
Le nombre et la violence des libelles que 
Pon publia dans les états de Venise de- 
puis 1794 jusqu’ à 1797 font dresser les 
cheveux de surprise et d’horreur. Les ob 
scénités les plus sales, les calomnies les 
plus atroces, les sarcasmes les plus mor- 
dants sont encore ce qu’ils renferment 
de moins infame, Telle fut Vhistuire à 
Venise jusqu” à ce que cette ville ayant 
passé sous d’autres lois, elle trouva 
chez les étrangers et même dans son 
-propre sein, plus d’un historien qui soit 
ignorance ou caprice, soit partialité 
plébéienne, déchiraeit noir, etdénatura 
ses fastes. Carlo Botta seul au milieu de 


no più l’apologia della condotta del se- 
nato e del popolo di Venezia, che una 
sincera narrazione dei fini ch’avea la 
repubblica viniziana di porre un piede 
su tutti gli stati d’ Italia. Le storie che 
dappoi vennero, furono ancora meno ori» 
ginali di quelle del Bembo; imperciocchè 
oltre la parzialità difettavano di quello 
stile robusto ed elegante e svariato da 
cuî quelle latine ed italiane dell’.accene 
mato cardinale sono contradistinte. Que- 
ste servono di argomento ineluttabile a 
riconoscere come lo spirito privato si ges 
neralizzasse nel governo veneto, e quindi 
a far concludere che, cessata la materia- 
le «condotta della costituzione civile, 
l’ importanza politica de’ Viniziani sa- 
rebbe ad ogni urto caduta e sfasciata. Ai 
tempi poi della pretesa libertà ed egua- 
glianza dei diritti dell’uomo, queste nar- 
razioni non più valsero a coonestare i 
difetti di alcuni degli aristocrati, o ad 
esagerare le loro virtù, ma furono usate ‘ 
per colorarne i vizii con le tinte più ab- 
bominevoli, perchè si voleva nel suddito 
viniziano ingenerare l’odio e il disprezzo 
verso le repubblica: Dal millesettecen- 
novantaqualtro al millesettecennovana 
tasette tanti libelli infamatorii uscirono 
dallo stato veneto, da far raccapricciare 
d’orrore e dispetto qualunque ne li di- 
scorra. Le lascivanze le più sozze, le in- 
vettive più calunniose , i sarcasmi più 
frizzanti sono il meglio ch’egli compren- 
dano. Tale fu la condizione della storia 
del governo venetico, finché poi passato 
questo sotto possenti e splendidi auspi- 
cii, trovò storici stranieri e nazionali che 
a seconda del capriccio o per crassa 
ignoranza de’ suoi fasti, o per plebeia 
malevolenza quelli storpiò, annerì ed 
imbruttì; e Carlo Botta solo in mezzo a 
tutte le parzialità disse sur Venezia dol- 
ci e vere parole, quando appellavala nata 
senza pianto, e se avea pianto, quello 
fosse stato dello amore verso Dio e ver- 
so la patria. 


‘ee déchainement générai, parla de Ve- 
nise dans les termes les plus flatteurs et 
les plus vrais, disant d’elle qu’elle était 
née sans verser des pleurs, ou pour mieux 
dire que l'amour envers Dieu et la pa- 
trie seul lui en avait fait répandre. 

Puisque nous nous sommes proposé de 
parler de toutes les sciences auxquelles 
s’adonnerent les Vénitiens, nous ne' sau- 
rions passer sous silence les études théolo- 
giques,et nous serions d’autant plus inex- 
cusables de le faire que les choses civiles 
furent toujours inséparables des choses 
sacrées, grâce à une sage pohtique qui 
voulait rendre par cette union l’exi- 
stence des citoyens plus heureuse dans 
ce monde ei dans l’autre. 


. Les sciences théologiques embrassaient 
toutes les branches d’études différentes 
professées par la prêtres vénitiens, avec 
un succes divers et d’une manière diffé- 
rente; nous n° entendons point dire par 
la qu’ils en modifiérent P essence, mais 
seulement .qu? ils se bornèrent aux ‘par- 
ties les plus essentielles, aimant mieux 
comme nous l’avons observé ailleurs, 
connaitre à fond seulement la morale é- 

‘ vangélique que d’avoir une connaissance 
superficielle de toutes les branches de la 
théologie. Dans les premier temps ils 
eurent la Bible pour mère et l Evangile 
pour pére, comme l’a dit Gozzi ‘et étu- 
diérent ensuite particulierement le droit 
canon, mais. debarrassé du cortége de 
questions et de controverses agitées dans 
le XVI.° siècle sur les prérogatives papa- 
les. L’éloquence qu’ils cultiverent était 
simple comme leurs, mocors; jamais ils 
ne cherchaientcommele font anjourd’hui 
les modernes, à éblouir et à surprendre 
l'esprit des auditeurs par la pompe de 
leurs périodes et la recherche de leurs 
expressions. 


ir SE i 


Bsposto in generale le principali di- 
scipline a cui si applicarono Viniziani, 
tornerà buono e profittevole dire quale 
che cosa intorno a’studi teologici e sacri, 
etanto meglio lo dobbiam fare, in quanto 
che vedemmo andar di conserva lo studio 
delle civili con quello delle sacre cose, 
perchè con la congiunzione di queste 
derivasse ai sudditi di Venezia una con- 
dizione di vita la quale si attemperasse 
meglio ai bisogni presenti ed 2’ futuri 
destini della vita. 

Le teologiche e sacre discipline si 
partiscono in archeologia, esegesi, intro- 
duzione dall’ Antico e Nuovo Testamento, 
in istoria ecclesiastica, in diritto canoni- 
co, in morale, in dogmatica, in pastora- 
le, in pedagogia, in metodica, in sacra 
eloquenza ed in istudio biblico; ed in 
queste parti e racchiusa tutta la scienza 
teologica, la quale fu professata da’vini= 
ziaui sacerdoti con diverso esito in dif- 
ferenti modi, non per rispetto a modifi- 
cazioni che facessero della di lei sostan- 
za, ma perché si restrinsero a quello che 
era il più essenziale, amando meglio, co- 
me altrove abbiamo osservato, di saperne 


avanti di morale evangelica, anzichè sa- 


per poco volendo saper tutto che ris» 
guarda all immenso studio teologico 
Ne’ primi tempi egli ebbero la Bibia per 
madre ed il Vangelo per pàdre, ad usare 
le parole del Gozzi, e appresso furo» 
no fortemente studiati della canonica, 
senza quel corredo di quistioni che 
farono destate nel secolo XV intorno 
i diritti pontifici. La eloquenza ch’ e- 
glino coltivarono era semplice come i 
loro costumi, né giammai affettarono, co- 
me alcuni d’ oggidi, di voler sbalordire 
e fare attoniti gli animi col romore di 


/ 


Tei s’arrète tout ce que nous avons à 
dire sur ce qui constituait, soit à l’exté- 
rieur, soit à l'intérieur, FPessence du 
gouvernement vénitien, sur la chose ci- 
“ile, sur la politique, les arts, les sciences 
et les lettres à Venise. 

Mais comme un résumé succint ne suf- 
firait point pour nous donner une idée 
si claire et si précise da gouvernement 
de cette ville que nous pussions passer 
immédiatement de ce coup-d’ocil général 
à un examén détaillé, nous allons main- 
tenant parler avec toute la brièveté pos- 
sible des divers établissemens qui étaient 
à Venise l’asile des sciences et des arts, 
car personne n’ignore qu’il ne guffit 
point de connaitre le plan général des 
choses, mais qu’on doit.aussi savoir par 
quelles voies et par quels ressorts on ar- 
rive à tel ou tel résultat. La première 
étude nous présente le tableau de la sa- 
gesse du gouvernement et la seconde 
nous prouve celle sagesse. 

Nous pouvons avancer que chacune 
les diverses institutions civiles, politi» 
ques et artistiques de Venise personnifia- 
ient, pour ainsi dire, une des branches 
d’activité de l’Etat. La marine eut l’Ar- 
senal, la politique et la jurisprudence le 
Sénat, la théologie ent d’abord les cou- 
vents de moines ‘et ensuite les séminai- 
res où l’on enseignait à la fois la phi- 
losophie , les belles-lettres et la gram- 
maire. Quant aux arts, s’ils n’ eurent 
point dans les premiers temps de local 
particulier, c’est qu’on pouvait regar- 
der la deméure de chaque artiste comme 
‘une école, et celles des patriciens et 
des bourgeïs leurs Mécénes comme de 

‘véritables galeries, asile du génie des 
beaux-arts. Telles furent les premières 
écoles artistiques et littéraires à Venise. 
. Mais lorsque la république se fut empa- 


rée de la ville de Padoue, célèbre par © 


son université, les Vénitiens prirent tous 


periodi sonanti e col solleticamento di 
frasi studiate. 

Di questa guisa noi poniamo termine 
a quello che costituiva la forma interna 
ed esterna del governo venetico e delle 
di lui occupazioni civili, politiche, scien- 
tifiche ed artistiche. 


Siccome poi questo specchio non ci 
varrebbe una îdea precisa delle occupa- 
zioni immediate dei Veneti per poter 
derivare il costume, universale, da cui 
appresso al particolare discendere, così 
ora con toccni brevissimi tutto ciò. che 
concerne ai vari stabilimenti nei quali 
le accennate discipline si professavano 
andremo sponendo; perche si sa che non 
basta conoscere il piano generale delle 
cose, ma che e’ conviene eziandio saper- 
ne i mezzi per cui questi piani e questi 
disegni sono ad effetto condotti. La pri» 
ma idea ci forma il quadro intorno a cui 
si argomenta della saviezza del governo, 
la seconda è prova della saviezza me- 
desima, 

Possiamo stabilire che i diversi isti» 
tuti civili, politici, artistici de’ Veneti 
qualificassero i diversi rami di attività 
dello stato loro. Per la marineria ebbero 
l arsenale; per la politica e giurespru- 
denza il senato; per la teologià i colle» 
gi: dei monaci dapprincipio, poscia i se- 
minari, i quali allo insegnamento della 
filosofia, delle lettere mmane e della 
grammatica si prestavano. © he se le arti 
non ebbero nei primi tempi un luogo 
fisso , questo era perchè le case di ogni 
artista potevansi chiarhare istituti, e 
quelle de’ committenti patrizi e cittadini 
altrettante gallerie, dove l’artistico genio 
mostravasi. Questi dapprincipio ed in 
appresso furono gli istituti della occupa- 
zione dei Veneti. Ma dopochè cadde 
sotto la dominazione della repubblica la 
città di Padova, celebre per la universi- 
tà degli studi che in essa si professavano, 


allora si prese il costume di portarsi a , 


« 


P habitude d’ aller y fatre leur cours d’ 
étude, et les patriciens eux-mêmes fu- 
rent.y professer. On établit aussi une 
Ecole des beaux-arts à Venise, école qui 
prit le nona d’Académie ; mais elle chan- 
gea plus d’une fois de local, et è dire 
vrai, elle n’en eut jamais de plus magnifi- 
que que celui qu'elle occupe aujourd’hui, 
établi par les Français à la Charité, per- 
fectiouné et illustré de nos jours par le 
gouvernement autrichien; or, outre les 
couvents de moines et les séminaires, 
le méme gouvernement ayant ouvert 
d’autres écoles scientifiques et littérai. 
res sous le nom de Lycées et de Gy- 
mnases, Ja jeunesse vénitienne qui se 
destine soit au barreau, soit à l'Eglise, les 
fréquente encore aujourd’ hui. 


Tel est le système que nous suivrons 
dans notre coup « d’ oeil général sur 
les moeurs de Venise. Nous avons d’ 
un còté, un gouvernement capable de 
- former de bons citoyens, ainsi que sa 
conséquence nécessaire, c’est à dire l’or- 
dre et l’ union avec lesquels tout le 
peuple tend vers le but que la république 
lui a indiqué; d’un autre côté, le pou- 
voir ecclésiastique qui, sans s° éloigner 
des principes de l’Evangile, sait les accor- 
der avec ceux du gouvernement afin d’u- 
nir l’activité nationale par les mêmes fins. 
Ces moeurs reposant sur de sembla- 
bles fondemens devaient nécessairement 
avoir un fonds de droiture; elles deva- 
ient étre distinguées et excellentes, en 
un mot elles devaient avoir une em- 
preinte particulière, car rien n’est plus 
vrai que.la proposition que nous allons 
avancer: c’est-à-dire que la république 
vénitienne était dans son genre une des 
meilleures qui existent el qui aient ja 
mais existé. | 

Les citoyens imitent toujours de père 
en fils les grands dans léur manière d’a- 
gir soit au moral, soit au civil. La pru- 
dence que l’ancien gouvernement dé- 


quella volta, ed i patrizi stessi: non, in- 
termisero di recarvisi e professarvi. An- 
che la scuola delle belle arti s° istituiva 
appo nostri, che prendeva il titolo di 
accademia; ma questa cangiò più volte 
di luogo. E per dire il vero dessa non 
n’ebbe mai uno più esteso e magnifico del 
presente, che nel secolo XIX fermavasi 
da’Francesi alla Carità, né come ora sot- 
to l’austriaco regno fu meglio accre- 
sciuta di professori e nobilitata. Pari- 
menti, oltre i collegi monacili ed i se- 
minari, a tempi di quel cessato regno si 
apersero altre scuole scientifiche let- 
terarie, che andarono col nome di licei 
e di ginnasi, a’ quali tuttogiorno vi ac- 
corre la venetica gioventù per attignere 
la sapienza necessaria pel civile ed ec- 
clesiastico foro. 

Ecco su quali basi noi parleremo del 
costume venetico in generale. Abbiamo 
da un lato un governo talmente istituito, 
da formare buoni cittadini; da un altro 
le conseguenze di questa istituzione, che 
è l'ordine con cui tutto il popolo agisce 
di conserva per conseguire gli effetti ai 
quali intese la repubblica ; da un altro 
lato il potere ecclesiastico che non disfa- 
cendosi dei principii del Vangelo, con- 
viene con quelli del governo perchè l’at- 
tività nazionale sia unita pei medesimi 
fini. Da un tal quadro figliando questo 
costume, ci doveva avere al certo un 
fondo di rettitudini, dovea essere pre- 
claro ed eccellente, ed avere un marchio 
suo particolare, vera essendo la propo- 
sigione, che la repubblica viniziana era 
sola nel suo genere e delle migliori fra 
quante ve ne furono e ve ne sono. 


[LOLA 
da 


JI cittadini assumono sempre, come 
per eredità dei loro maggiori. la maniera 
di agire civilmente e moralmente. La 
prudenza con cui il vecchio governo si 


ployait dans l’ investigation des choses 
secrètes qui pouvaient le favoriser ou 
lui-nuire, rendaient les sujets observa- 
teurs, La maturité de jugement qui en 
résultait apprenait à tout citoyen que la 
réflexion et la sagacité devaient présider 
à tous les partis à prendre dans les petites 
comme dans les grandes choses, et enfin 
les énergiques et promptes résolutions 
que prenaient souvent les sénateurs apres 
avoir agi avec tant de lenteur et de pru- 
dence , prouvaient qu’une décision vi. 
goureuse doit immédiatement suivre une 
longue et mûre délibération. Observezen 
outre que lorsquela république publiait 
enfin ‘hautement ses décisions sur telle 
ou telle autre matière si long - temps 
couvée dans le silence, elle prouvait 
également que les membres de l’ Etat, 
pour arriver à un but certain, doivent 
être inspirés par les plus nobles senti- 
mens et le luxe avec lequel les patriciens 
disposaient des objets les plus précieux 
pour le bien de’la nation était un exem- 
ple de grandeur qu’ils donnaient aux 
citoyens. Mais il serait peut-être trop 
long de passer en revue ici tousles modè- 
les de sagesse, de tempérance, de magna- 
nimité et de courage que fournirent aux 
citoyens les illustres sénateurs de Venise. 

Les moeurs et la discipline du cler- 
gé contribuant beaucoup à ces heureux 
cffets méritent d’être examinées en par- 
ticulier , quoique brièvement, afin de 
nous donner une idée générale des moeurs 
civiles et catholiques de Venise. La ré- 
gularité avec laquellé les dignitaires les 
plus illustres de 1’ Eglise s’ acquittaient 
de leurs devoirs était pour le peuple un 


exemple bien capable de l’encomhgez à 


se conduire selon les lois de la religion 
et de la probité. La simplicité évangéli- 
que, prêchée du haut de la chaire par de 
si dignes ministres, s’insinuait dans tous 
les coeurs avec la charité chrétienne, et 
les disposait à la soumission aux lois et 
à une union fraternelle, Mais pour si ef= 


DT ME 


4 


conduceva nelle indagini delle cose se- 
crete che potessero favorirgli o recar lo- 
ro danno, rendea i sudditi ‘dello stato 
ricercatori e curiosi. La maturezza dei 
principii derivante dalle indagini am- 
maestrava ogni cittadino, che non si doi 
vea deliberare intorno affari di grande 


0 di poca importanza che con somma 


riflessione ed accorgimento; e finalmente 
la risoluzione prontissima dei negozi, 
dopo tutti questi segni di cauzione, clie 
di frequente si vedeva far dal senato, in 
dicava che dopo i saggi consigli, le deli- 
berazioni doveano essere espedite ed im- 
mediate. Aggiugni che alloraquando la 
repubblica facea le sue grida con le quali 
annunciava gli alti disegni che avea co- 
vato intorno a questo .o ad un altro do- 
minio, indicava parimente che li membri 
dello stato dovevano sempre essere ani- 
mati da azioni generose per conseguire 
altissimi fini, e che era esemplo di magna- 
nimità a/cittadini quello sfarzoso dispor- 
re di cose eccellenti che aristocrati facea- 
no a beneficio della nazione. Sennonchè 
sarebbe forse dalla parte civile troppo 
lungo il correr dietro a que’ modelli di 
saviezza, di temperanza e di magnitudi- 
ne di animo che offersero a? loro suddi- 
ti i valorosi repubblicani di Venezia. 

I costumi e le disposizioni del clero, 
cooperando grandemente a questo effet- 
to, meritano di essere tratti fuori per co- 
noscere in generale il costume civile e 
cattolico de’ Viniziani. L’ordine con cui 
i ministri della più eccelsa parte del 
tempio eseguivano le loro funzioni era 
per il popolo una sentenza efficace per 
indurlo a condursi ordinatamente nella 
vita. Quando la semplicità degli evange- 
lici oracoli bandivasi dai pergami, col 


‘ mezzo della carità nei petti umani insi- 


nuandosi, gli animi si disponevano alla 

soggezione della legge ed al fratellevole 

congiungimento. Ma se 1’ ordine del- 

le fuuzioni ecclesiastiche e le ara- 

zioni da’ pulpiti avevano una possente 
12 


at DR E 


ficaces que fussent 1’ exemple de toutes 
les vertus chez les ecclésiastiques, et l’on- 
ction de leurs paroles dans la chaire 
évangélique, ils ne l’étaient point cepen- 
dant assez pour rendrele citoyen parfait 
dans l’ exercice de la vie naturelle. Il 
fallait y joindre les exhortations particu- 
lières, les exemples de vertu et les ensei- 
gnemens paternels, pour queles hommes, 
touchés de tant de douceur, se faconnàs- 
sent aux maximes évangéliques ; si ton 
frère s’est souillé de la fange du péché, 
garde-toi bien d’éclater en cris et en re- 
proches, mais attends au contraire d’être 
seul pour le reprendre doucement. Plus 
d’une fois les prêtres vénitiens s’entre- 
mirent comme médiateurs dans les affai- 
res privées et réconcilièrent des familles 
ennemies les unes des autres; plus d’une 
fois ils ramenèrent à force de douceur sur 
le droit chemin ceux qui s’en étaient 
éloignés. Quant aux preuves de la plus 
sincère et ardente charité qu’ils donné- 
rent, elles sont innombrables. Dans les 
derniers temps du gouvernement répu- 
blicain et même sous celui qui les suivit 
immédiatement, les prêtres de Venise 
déployérent la plus admirable charité 
pour les pauvres. Avec tant de charité 
et de bienfaisance, il était impossible que 
la piété vénitienne püt jamais s’affaiblir. 
L° homme bienfaisant n’ enthousiasme 
point ses frères, mais il fait naître dans 
Jeurs coeursles plus douces inspirations de 
la charité et comme c’est le sentiment le 


plus pur, ainsi se perpétuentles exemples 
de cette vertu. , tibie 


e 


Dans d’autres circonstances encore les 
prètres vénitiens s° employairent pour 
‘rétablir la bonne harmonie entre les 
citoyens, selon les maximes de l Evan- 
gile, les réunissant entr’eux sous le nom 
de confrères dans certaines congréga- 
tions, très-nombreuses à Venise, et qui 
portaient le nom du saint qu’elles avai- 
ent choisi pour patron. Tous indistin- 
element y étaient égaux et formaient un 


efficacia, non erano perd bastanii a fare 
perfetto il cittadino relativamente alla 
vita naturale, Richiedevansi le private 
esortazioni, gli esempli di virtù, gli am- 
maestramenti paterni, perchè gli uomini, 
da dolci impressioni tocchi imparassero 
le massime del Vangelo, Che se alcuno 
di peccato s’ imbrutti, non dei farne 
schiamazzo e rimprovero, sì appellarlo 
e correggerlo fra te e desso solo. Sono 
frequenti gli esempli nei quali i sacer- 
doti della repubblica s° intromisero ne- 
gli interessi privati a maniera di media- 
tori, e conciliarono insieme le famiglie 
che astiavano fra loro ; molti quelli di 
aver condotto con la dolcezza sulla retta 
via chi n’ era forviato, e moltissimi poi 
gli esempli della più santa e vera carità. 
Negli ultimi tempi della repubblica, ed 
anche in quelli del governo italico, Vi- 
negia mostrò ne’ suoi pastori il più fer- 
vido amore pell’ uomo indigente, Con 
tali dimostrazioni di amore e di benefi- 
cenza, non era possibile che la pietà ve- 
netica scemasse giammai. L’ uomo vene- 
tico non entusiasta i fratelli, ma mette 
nei loro cuori le più dolci inspirazioni 
di affetto; e come questo è una passione 
più cara , così gli esempli della carità 
durano e si allargano. 


Eranvi poi altre circostanze ancora 
nelle quali i sacerdoli veneti si frame 
metteano per comporre la unione dei 
cittadini secondo i dettami dell’Evan- 
gelio, aggregandoli col nome di con- 
fratelli a certe scuole religiose , che 
moltissime erano , e che portavano il 
nome di un santo, sotto la cui prote- 
zione veniano poste, ed in esse tutti era- 
no uguali, e rappresentavano un corpo 


— 9 — 


corps moral qui avait pour Lase l’unité, 
pour but la piété et pour moyen la fra- 
térnité et l’amour. La clergé mime dans 
son extérieur et sa conduite était un mo- 
dele de bonnes moeurs; simple mais dé. 
cent, économe de paroles, mais pur et 
exemplaire jusque dans ses moindres 
mots, la sérénité sur le front, l’innocen- 
ce au fond du coeur, il enseignait élo- 
quemment que la paix de P âme est ici- 
bas le: partage de qui sait se contenter 
de peu. L’intérieur de leur maison n° é- 
tait pas moins fait pour inspirer le re- 
spect envers eux et la vertu chez les au- 
tres : on n’y voyait ni meubles ni orne- 
mens superflus; pourvues seulement de 
ce qui est absolument nécessaire à la 
vie,ces maisons étaient une école vérita- 
ble pour tous les chrétiens. Nous ne 
saurions mieux terminer que par ce 
dernier trait le tableau de tout ceque le 
clergé a fait pour l'avantage des moeurs, 
confessant toutefois que nous pourrions 
encore beaucoup ajouter à leur éloge si 
l'espace nous le permettait. Mais notre 
plan nous le défend, et nous allons main: 
tenant tracer un aperçu - général des 
moeurs dans tous leurs rapports avec la 
civilisation vénitienne, n’ayant exposé 
jusqu’à présent que les causes générales. 
Le sujet vénitien respecte l'autorité 
suprême du gouvernement, et lors mé- 
me que |’ équité de ses dispositions ne 
lui apparait point pleinement évidente, 
il ne se permet jamais de murmurer, 
fermement persuadé que toute émana- 
tion de la volonté suprème doit être 
admise et suivie sans contrôle. D’ un 
côté l exemple de la sagesse de son 
gouvérnement, et l’équité des lois qu’il 
publia, de l’autre son éloïgnement pour 
la manie des-discussions sur les droits de 
la souveraineté et sur le plus ou moins 
d’ éxcellence des lois qui en émanent, 
feront toujours du Vénitien un bon su- 
jet. Un adage infaillible nous dit que 
_ lorsque lessujets ne fe permettent aucun 


morale che avea per fondo l’ unità, per 
iscopo la pietà e per mezzo la fratellan-- 
za di amore, Era il clero ammaestra- 
tore eziandio di buon costume col- 
Ì’ esteriore suo diportamento ; imper- 
ciocche, dimesso ma decente , parco 
ma parlatore puro sereno, nella fronte 


ed innocerte nel cuore, insegnava elo- 


quentemente la pace dell’ anima risplen- 
der in colui che quaggiuso si contenta 
del poco ; e ciò dimostrava anche fra le 
domestiche pareti. Scarso di suppellettili 
e masserizie , provveduto di quanto ba- 
sta solo a tenere la vita, egli era una im- 
magine parlante dei veri cristiani. È co- 
sì noi poniam termine a quello che usar 
poteva il clero a formare il costume in 
generale, confessando però, che molto 
più potremmo raccogliere ed esporre, se 
volessimo toccare minutamente ogni fat- 
to. Ma il proposto nostro di esser brevi 
cel vieta, e passiamo ora a considerare 
generalmente il costume in tufli i rap- 
porti della civiltà viniziana, fin qui 
avendo dato contezza delle cause ge- 


nerali. 


Il Viniziano rispetta le autorità su- 
preme dello stato; e se avesse di sue ra- 
gioni per dissentire a qualche disposizio= 
ne, non si permette di fiatare : crede e 
ritiene che ogni emanazione della vo- 
lontà suprema del governo debba senza 
discussione essere admessa ed eseguita. 
Gli esempli della saggiezza con cui il 
suo governo fu posto, quelli dell’equità 
delle leggi che fyrono emesse non lo in- 
trattengono in disquisizione sopra ì di- 
ritti della sovranità ‘e sopra Pammis- 
sibilità e revocabilità delle leggi della 
medesima ; da cui nasce il Viniziano sia 
un buon suddito sotto qualunque domi- 
nazione. Egli è un adagio infallibile , 
che quando i sudditi non si permettono 


1 


È 


examen sur leurs princes et les lois, les 
hommes doivent ètre naturellement do- 
ciles, et fideles aux uns et aux autres. 
Accoutumés à obéir et à regarder leur 
obéissance comme la conséquence d’un 
principe raisonnable et juste, ils sont 
teujours disposés à payer de leur person- 
nes et de leurs biens, lorsque le souverain 
l’ordonne. Le vénitien, quand le besoin 
l’exigeait, n’hésita jamais à prendre les 


_armes pour l’indépendance oule salut de 


la république, jamais il ne se refusa à 
subvenir avec ses fonds particuliersau vide 
de la caisse publique; aussi plus d’un sa- 
crifia-t-il souvent sa fortune au bien de la 
patrie. En effet, l'histoire de Venise nous 
apprendqu’une foule de patriciens mirent 
plus d’une fois en gage bijoux et argen- 
ierie , et qu’ ils vendirent à l’encan des 
propri‘tés considérables pour soulager le 
trésor public épuisé et préservenl’ Etat de 
sa ruine totale. Mais les Vénitiens ne 
changerent point avec les temps. Au 
moindre signe de son prince, il accourt 
sous les drapeaux, il verse sans regret 
ses trésors dans la caisse publique pour 
l'entretien des armées, pour le traite- 
ment des fonctionnaires publics , 1° ad- 
ministration de la justice et enfin pour 
le maintien du bon ordre et de la tran- 
quillité publique. Il en résulla que le 
sujet vénitien dès le temps de la républi« 
que s’ adonna plus volontiers à des oc- 
cupationstrauquilles et pacifiques, c’est- 
à-dire qu’il cultiva exclusivement les arts 
et les métiers, n’ayant d’autre ambition 
que de se procurer par son industrie les 
moyens de couler une existence paisible 
et satisfaite; genre de vie si précieux pour 
les.souverains et qui forme ie bon sujet, 
sujet véritablement attaché à sa patrie. 
En effet, puisque son gouvernement était 
le meilleur destous, puisque l’exemple des 
grands était illustre et parfait, puisque 
tout ce qui se rattache à l’ordre physique 
et moral y jouissait de la plus grande im- 
portance, puisque la pompe et la ma- 
* 


disquisizioni di veruna maniera intorno 
ai sovrani ed alle leggi, gli uomini sono 
naturalmente buoni, e fedeli ed agli uni 
ed alle altre. Abituati a servire e ripu- 
tare la loro. servitù conseguenza di 
un principio di giustizia, in ogni ri- 
cerca delle superiori autorità rispon- 
dono colle persone e cogli averi. L’ uo- 
mo viniziano nelle emergenze dello stato 
non fu mai pigro a pigliare le armi per la 
nazionale indipendenza e per la conser- 
vazione dello stato, nè si scusò quando- 
chè le bisogna della repubblica lo ri- 
chiedevano di dotare del suo le forze 
erariali, e di ridursi spesse fiate ad una 
stretta fortuna per la patria. E per lo 
fatto le storie del governo venetico ci 
fan manifesto, che molti patrizi s° impe- 
gnarono spesse fiate gioie, argenterie ; 
diedero all’ incanto molti beni per so- 
stenere le spese pubbliche e per salvare 
lo stato da irreparabile ruina. Né la can- 
gianza dei tempi potè mutare l’ uomo 
venetico. A’ cenni del suo principe, egli 
è sotto i vessilli di Marte ; pronto egli 
versa nella pubblica cassa la sua pecu- 
nia, perchè gli eserciti si mantengano 
in piedi, perche maestrati abbiano. un 
congruo stipendio, e che la giustizia si 
amministri «e la tranquillità e pubblica 
securitade si serbino. Avvenne da questa 
disposizione che l’ uomo venetico si des- 
se fin dai tempi repubblicani più-volon- 
tieri a quelle pratiche che formano gli 
uomini tranquilli e moderati, cioè at- 
tendesse assiduamente alle arti ed ai me- 
stieri, solo aspirando di ricavare dalla 
propria industria particolare i frutti pei 
quali vivere una vita quieta e contenta; 
quella vita che a’principi è cara, e che 
forma il buon suddito, amoroso della pa- 
tria. In fatti se il suo governo era il mi- 
gliore dei governi civili; .se gli esempli 
dei maggiori erano preclari ed eccel- 
lenti; se gli esercizii fisici e morali 
della massima importanza; se il clero, 
la magnificenza del culto, 1’ ordine delle 


x 


jesté brillaient dansle clergé, dans ’exe1- 


cice du culte, dans les fonctions, dans la . 


fréquence et l’éclat des cérémonies sa- 
crées et civiles; enfin puisque les jours de 
fête ct dejoie étaient si nombreux, pour- 
quoi le Vénitien n’aurait point aimé 
sa patrie? Quelle ville dans 1’ univers 
entier surpassait Veniseen sciences, en 
industrie, en bon ordre, en justice, en 
bonne-foi? Certes nous avons étudié l’hi- 
stoire de “toas les peuples , nous en 
avons examiné les lois etles mocurs;nous 
les avons tous comparés à celui de Ve- 
nise; toujours ce dernier a remporté la 
palme. { 
Il y a beaucoup de gens qui se mon- 
trent justes et modéres dans toutes leurs 
actions, mais dont on ne saurait dire au- 
tant quant à leurs fins dans ces mémes ac- 
tions. Le vénitien était non seulement 
= honnéte et probe, mais il était aussi sin- 
cérement vertueux. Il se distingua tou- 
jours pur une compassion innée pour les 
malheureux qui est la source de toutes les 
vertus morales.Combien de siècles le gou- 
vernement vénitien n° a-t-il point sub- 
sisté sans que cette admirable qualité 
seffacàt du coeur des citoyens?etaujour- 
d’hui encore la fondation de tant d’hô- 
pitaux, d’asiles pour les enfans-trouvés , 
| d’ecoles gratuites prouvent clairementque 
la charité forma toujours le fonds du cara» 
ctère vénitien. Et comme nul sentiment 
n° est plus tendre et plus simple que la 
charité, nul peuple mieux que le vénitien 
nesut dans toutce quiconcernele commer» 
ce de la société faire éclater la douceur 
deses manières, l’agrémentdeses expres- 
sions, la vivacité de son esprit, enfin 
une insinuante perspicacité qui les fait 
aimer de tous, comme ils aiment eux 
mêmes tout lé monde. Ces vertus civiles 
et morales qui caractérisent le Vénitien 
sont cependant encore bien inférieures 
aux vertus évangéliques qui ont constam- 
ment distingué les Vénitiens. Nous avons 
parcouru plus d’un pays en Italie, nous 


funzioni, la frequenza delle solennità, la 
singolare magnificenza delle civili pom- 
pe e sacre era cosìperegrina e maestosa; 
se tanti i dì festivi, perche il Viniziano 
non dovea prediligere la sua patria? E 
quale città vi era al mondo che in ogni 
maniera di disciplina, di affetto, di can- 
dore la capitale della repubblica supe- 
rasse? Certo noi svolgemmo le storie 
dei popoli; considerammo gli statuti ci- 
vili, e, fatto un confronto, Vinegia appo 
noi giammai oscurossi. 


°°. 


Vi sono molti uomini i quali nelle 
opere che fanno debbonsi riconoscere 
giusti e moderati, ma che poi per il fine 
delle opere stesse non si ponno tali ad- 
domandare. Il viniziano cittadino non 
solo voleva essere onesto e probo; ma 
egli era efficacemente buono. Una spon- 
tanea compassione degli infelici, che è 
la vera fonte delle morali virtù, lo distin- 
se sempre. Passarono tanti secoli del 
governo venetico, nè mai fu questa rite- 
nuta disciolta, e tuttogiorno le istituzio- 
ni degli spedali, degli orfanotrofi, degli 
ospizi di carità, di gratuita educazione 
appalesano ad evidenza, che il fondo del- 
la morale viniziana è carità; E siccome 
amore ne’ suoi alli è semplice e tenero , 
così in quelle cose che risguardano il 
trattare cogli uomini, il Viniziano sì di- 
stingue assai per dolcezza di maniere, 
per lepidezza di espressioni , per una 
certa briosità di tratti, per una insinuan- 
tesi perspicacia di vedute che lo fanno 
amare da tutti, come a tutti indistinta- 
mente inclina. Queste civili e morali 
virtù che formano il carattere del Vi- 
niziano sono guadagnate d’assai dalle 
virtù evangeliche che in Venezia si pro- 
fessano. Noi abbiamo discorsi diversi 
paesi d Italia, nè ci venne fatto sì di 
légoieri di vedere nei templi alle ore dei 
sacri offici ed in quelle che da’ perga- 


74 


sommes souvent entrés dans les Eglises, 
mais jamais dans les temples à l’heure des 


offices divins ou lorsque du haut de la chai- : 


re la parole de Dieu est annoncée aux fidè- 
les, jamais nous n’y avons vu la foule reli- 
gieuse et attentive qui se presse dans les 
temples deVenise. C’est dans ses temples 
que brille la flamme la plus pure de la 
charité chrétienne, flamme qui éclaire la 
morale dont je viens de parler et qui révèle 
aux philosophes observateurs la cause ef- 
ficiente de la piété vémitienne. Nous ne 
nous étendrons pas davantage sur ses 
vertus civiles, morales et évangéliques 
puisqu’ il suffit d’en connaître le fonds, 
les dispositions et le bat pour décou- 
vrir aisément quel était le véritable esprit 
du peuple vénitien. 

Dans les temps anciens les Vénitiens, 
empruntant aux Romains et aux Grecs 
et yajoutant quelque chose de leur propre 
fonds, introduisirent une foule de diver- 
tissemens pour amuser le peuple ; sans 
perdre toutefois jamais de vue le bien 
de l’ Etat. Anciennement la palestre, le 
pugilat , le ceste, la lutte, la course, la 
chasse , l équitation, ‘etc., étaient en 
usage chez les Vénitiens primitifs. Mais 
lorsque la puissance de l Italie fut 
tout-à-fait tombée‘et que la barbarie lui 
eut succédé, Théadoric, roi des Goths 
changea toutes les coutàmes, et l Italie 
offrit une infinité de spectacles et de 
divertissemens nouveaux, qui éclipsérent 
bientôt tous les autres. Les Vénitiens, 
sans renoncer à leurs premiersamusemens 
adoptèrent pourtant engrande partie les 
nouveaux usages, et l’’on vit bientôt ré- 
gner un mélange de coutùmes Romaines, 
Grecques et Barbares. Le duel, image des 
anciens combats de gladiateurs, s’intro- 
duisit également ; en effet la chevalerie 
et à sa suite le point d’honneur s'étant 
établis en Italie etautre part, les défis 
étaient aussi fréquents queterribles, et le 
sang de plus d’ un brave chevalier cou- 
la souvent sous les yeux des dames dans 


mi la parola del Signor si bandisce tan- 
ta copia di ‘devoti come nella capitale 
del veneto. In questi santuari nasce la 
fiamma più pura di carità, che lumeg- 
gia la morale accennata , e svela al- : 
l’ occhio del filosofo osservatore 1’ azio- 
ne efficiente della venetica pietà. Né qui 
vorremmo protrarre lo discorrimento 
circa le civili, le morali e le evangeli- 
che virtudi; imperciocche basta cono- 
scere di esse il fondo, le disposizioni ed 
i fini, per ravvisare e discernere il vero 
e genuino spirito del venetico popolo. 


I Viniziani fin dagli antichi tempi, 
parte assumendo i modi romani, parte i 
greci, ed in parte da se stessi rinvenen- 
done per distrarre il popolo dalle cure 
del pubblico servigio, introdussero 
molte maniere di pubblici intrattenimen- 
ti, avendo sempre per iscopo ik maggior 
bene dello stato. Anticamente la palestra, 
il pugillato, il cesto, la lotta, il corso, 
il cacciare, l’ equitare, l’armeggiare era- 
no costumi de’ Viviziani primitivi. Ma 
quando fu spenta ogni potenza italiana, 
e the a questa fa sostituita una barba- 
barica, per Teodorico, re de’ Goti, i co- 
stumi si cangiarono, ed Italia tutta of- 
ferse nuovi generi di spettacoli, cui l’uso 
tanto accreditò, che i migliori si repu- 
tarono. Viniziani, non intermessi 1 loro 
esercizii di diletto, adottarono però in 
massima parte) i novelli costumi, e ben 
presto si vide un miscuglio di romano, 
di greco e di barbarico. Il duello, che 
è una figura della gladiatàra, fu ricevu- 
to; imperocchè, admessasi la cavalleria, 
e per conseguente i punti di onore 
ch’ essa portava, occorrevano di fre- 
quente in Italia e fuori d’Italia Je cru» 
deli disfide; ed il sangue di molti cava- 
lieri negli steccati e nei tornei innanzi 


è 


les jugemens de Dieu et dans les tournois, 
Lorsque nos ancêtres commencérent à s’ 
étendre sûr le continent italien, ils ado- 
ptérent sans. difficulté les joûtes et les 
exercices guerriers des barbares; mais ils 
ne permirent jamais que la vie y courût 
le moindre danger. Les tournois que les 
Vénitiens connurent n’avaient d’ autre 
but que d’exercer la force du corps et de 
faire des Vénitiens de bons soldats. Les 
attaques simulées d’un château “avaient 
chez eux le même but, comme par exem» 
ple celui de Trévise, surnommé le chà- 
teau d’amour, théâtre des exercices 
chevaleresques où chacun s’efforçait de 
mériter par ses prouesses la couronne de 
fleur qui en était le prix. Ce furent de 
semblables exercices qui attirérent aux 
Padouans l’inimitié de nos ancêtres et 
leur firent perdre leur indépendance. 
Avec les richesses de la r publique 
s' augmenta l'éclat de ces divertissemens 
qui animés pas Ja soif de la gloire, des 
applaudissemens et souvent de Fargent, 
mobile de toutes les actions humaines, 
eurent lieu sur la Piazzetta. Les trésors 
de la république donnérent aussi un nou- 
veau lustre aux Regatte ou courses de 
bateaux; passe-temps utile, parce qu’il 
exercitait | émulation des rameurs et 
qu’il leur fesaient acquérir une adresse 
et une aisance surprenantes. Les jeunes 
patriciens eux-mêmesne dédaignaient pas 
de s’y exercer; destinés à vivresur les flots, 
ils voulaient préluder à leurs exploits 
futurs par ces joûtes animées, endurcir 
leur peau à force de manier-P aviron, 
brüler et brunir leur teint sous l’ardeur 
du soleil, en un mot faire 1° apprentis- 
sage de la rude profession qu? ils ava- 
lent embrassée. 

Le jeu de paume, dont l’usage s° in- 
troduisit plus tard, aidait les citoyens 
à passer joyeusement leur temps et même 
a réveiller dans leurs coeurs un senti- 
ment d’ ambition, c’est-à-dire le brûlant 
désir de se distinguer assez brillamment 


CD disant 


agli occhi delle belle pazzescamente ver- 
savasi, Quando i nostri incominciarono 
ad avere influenza nel vicino continente 
d’Italia, appresero volontieri il giostra- 
re e l’andar guerriando alla maniera dei 
barbari; ma dal costume bandirono qua- 
lunque periglio di vita. 1 tornei che a 
Venezia si tennero non avean altro: sco- 
po che quello di addestrare le fisiche 
forze , e di fare dei Viniziani buoni 
soldati; scopo a cui eran diretti i finti 
assalti puranco che facevano di qualche 
castello, come era quello di Trivigi, 
che si disse il Castello di Amore, dove 
le cavalleresche gare fervevano, e tutti 
si prestavano caldamente per vincere le 
assediate, onde avere l'onore della flo- 
rida corona. Imprese fur queste che val- 
sero a’ Padovani l ininicizia de’nostri, 
per cui perdettero cittade e repubblica. 
Come poi le dovizie colarono meglio 
nella capitale venetica, furono più solen- 
ni gli esercizi delle forze; i quali per 
ragguardevoli premi di fama, di plausi 
e qualche fiata di denaro, grande incen- 
tivo în tutte le imprese, in piazzetta si 
tenevano, Le fortune della repubblica 
nobilitarono anco le regate, o corsa di 
di barche ; salubre esereizio, perchè ec- 
citava l'emulazione de’remiganti, e ren- 
devagli destri e spediti a qualunque mo- 
venza sull’ acque, Ned i giovani patri. 
zi lo isdegnavano ; chè consci, anch’egli- 
no de’ futuri loro destini, volevano per 
esso avvezzarsi ad incallire le mani coi 
remi, ed abbronzarsi la pelle sotto la 
sferza del sole, ed appararsi ad ogni ma- 
niera di cimento marittimo, 


Il giuoco de’ palloni ; più tardi in- 
trodottosi, valeva assai ad intrattenere 
lietamente i cittadini, e ad isvegliare 
nei loro animi un fervido desiderio di 
porsi fra’ giuocatori, per asseguire le 
commendazioni del pubblico spetta 


à ce jeu, pour s’y concilier les applau- 
dissemens des spectateurs et y exercer 
toujours davantage leur bras nerveux. 
Certes il est beau de triompher dans des 
jeux publics, mais il est encore plus 
beau de posséder la vigueuret l’agilité de 
corps que lesexercices gymnastiques font 
acquérir. Nos ancêtres avaient pareil- 
lement adopté les combats de taureaux; 
divertissement emprunté aux Barbares, 
plus humain sans doute que les fetes du 
cirque, mais que la douceur des moeurs 
présentes a fait passer de mode. La plus 
grande pompe était déployée dans ces 
jeux et dans l’ ornement de l’enceinte 
où ils avaient lieu, et les toreadors (pour 
meservir du mot espagnol}, n’en étalaient 
pas moins. Lorsque ces derniers couverts 
d’un vetement léger couleur de chair, 
d’ un élégant pourpoint qui dessinait 
parfaitementleurs formes, et la tête ornée 
d’ un riche berret, se présentaient dans 
la lice, les spectateurs éclataient en ton- 
nerres d’ applaudissemens; la foule se 
pressaient sur les banquettes, sur les bal- 
cons, dansleslogesetaux fenêtres. Entrait 
alors dans la lice un homme tenant un 
taureau par une corde liée à ses cornes, 
tandis que quatre ou cinq chiens dressés 
à cet usage, et nommés, pour cette raison, 
chien de chasse du taureau, l’agacaient 
et le mettaient enfurie par mille morsu- 
res aux oreilles, aux flancs, et partoutson 
corps. C'était un beau et curieux spectacle 
que de voir avec quelle adresse l’homme 
savait contenir au moyen de la corde le 
terrible animal, tandisqu’ exaspéré par 
les morsures des chiens, le taureau 5° a- 
gitait violemment, baissait la tête, fesait 
retentirl’air de ses beuglements épouvan 
tables, etse précipitait.cà et là pour éviter 
le lien fatalou la rage acharnée des chiens. 
C? était précisément lorsque P on aurait 
dit que le taureau allait renverser tous 
les obstacles etlaucer fracassé et saris vie 
au milieu de l’arene l’homme qui le rete- 
nait, que brillaient dans tout leur éclat 


tore , ed avvezzarsi il braccio nerbo- 
ruto e forte. Bella infatti è la gloria 
di chi vince ne’giuochi, ma più bella è 
la robustezza delle fibre che dai ginna- 
stici esercizi proviene. Ammisero i no- 
stri anche le caccie dei tori; maniera 
di divertimento preso da’ barbari, più 
umano certo di quello dei giuochi del 
circo, benché tolto via dalla moderna 
dolcezza di costumi. Era illustre la pom- 
pa dello steccato, grandissima quella de’ 
giocatori e detrattori del toro. Quando 
costoro con una veste spedita, di un co- 
lore di carne, con un facile farselto 
stretto al fianco, con un berretto in te- 
sta presentavansi a’ circostanti spettato- 
ri, questi facevan grandi applausi, c si 
disponevano nei palchi e nei pergolati, 
ed a’ balconi prospettavano. Entrava il 
giocatore, tenendo il toro per una cor- 
da strettagli alle corna, che guizzava a 
mo’di guinzaglio sulle terga dello stesso, 
in quello che, liberati due 0 quattro ca- 
ni, che si dicevano dalla caccia del toro; 
lo stimolavano con addentate alle orec- 
chie, a’fianchi ed a’gheroni. Era bello e 
spettacoloso il destro procedere di chi te: 
neva questo animale, che vedendosi punto 
a’fianchi ed a tergo, sbuffava forte, dicrol- 
lova la testa, orribili rimugghi mettea, e 
quinci e quindi violentemente avanzavasi 
per isfuggire il crudelë capestro € la san- 
guinolente rabbia canina. Il momento in 
che credevasi il toro sfiancasse lo stee- 
cato, e con forti tratti di corda tirasse 
chi lo impediva, e lanciasselo in mezzo 
all’ arena fracassato e spento, era 
quello appunto che dimostrava la valen- 
tia del tiratore del toro. Egli allora 
metteva la maggiore sua forza a liberarsi 
del pericolo, e tendendo le, braccia no- 
dose, e strignendo fra’pugni a tütta for- 
za la corda, faceva punto d’appoggio alla 
persona col piede sinistro, onde equili- 
brare la forza del toro con la propria, 
e tenea l’animale come palo confitto. In 
questo punte, se tu volgevi lo sguardo 


I, (ee 


la force et l’adresse du toréador. Ras 
semblant toutes ses forces pour échapper 
au danger, il roidissait ses bras ner» 
veux, étreignait fortement la corde dans 
ses mains vigoureuses, et fesant peser 
tout son corps sur le pied gauche, afin 
de balancer la force du taureau par la 
sienne, il maintenait l’animal immobile 
comme unrocher.iDanscetinstant,si vous 
aviez tourné vos regards sur les specta- 
teurs qu’ occupait tout entiers peu au- 
paravant le péril que courait le toréa- 
dor, vons auriez vu instantanément suc- 
céder à la pàleur qui couvrait leur vi. 
sage l’ écarlaie de. la surprise et de la 
joie ; leurs regards brillaient du feu de 
l’enthousiasme et tout, jusqu’à leur mo- 
indre geste, exprimait vivement leurs 
transports et leur ivresse, 

Pour ne point nuire à Il harmonie de 
notre plan dans l’exposition des choses 
civiles et sacrées, nous devons nécessai- 
rement accompagner cette courte descri- 
ptüon des usages civils d’ une autre qui 
puisse donner une idée de la pompe de 
nos cérémonies religieuses. Fréquem- 
ment, comme nous l’avons dit autre 
part, les citoyens à Venise fétaient la 
Vierge ou quelque saint, Quant à la 
maniére dont les citoyens se conduisa- 
ient dans ces jours de fête, nous devons 
V’examiner non-seulement sous le rap- 
port religieux, mais aussi sous le rapport 
civil et intérieur. Dans les paroisses qui 
célébraient quelque solennité, on avait 
comme on la encore aujourd’hui l’u- 
sage de parer les fenêtres avec les plus 
belles tentures de soie et les plus riches 
lapisseries. Au milieu des places il n° é- 
lait pas rare de voir des baraques de bois 
que lon élevait pour la commodité 
des joueurs d’instrumens qui fesant en- 
tendre les plus agréables symphonies, at- 
tiraient la foule de toutes parts; les bou- 
tiques étaient soigneusement ornées; on 
rencontrait à chaque pas dans les rues 
des marchands en plein air et des col. 


a’ circostanti, i quali poc'anzi sentiano 
le angoscie pressanti per il pericolo del 
giocatore, onde tingevansi di pallore e 
di paura, avresti scorto nelle loro faccie 
succedere la vivezza delle tinte, negli 
sguardi una luce di gioia, ed in tutta la 


persona segni di solennitade. 


Questa sposizione pratica di costumi 
civili, perchè armonizzi col nostro spar- 
timento fra le cose sacre e le laicali, sia 
dunque seguita da una rapida descrizio- 
ne di que’ fatti che le sacre solennità 
costituivano. Frequente era, e l’ ebbi- 
mo altrove ricordato, il giorno in cui de- 
dicavasi il cittadino al culto della Ver- 
gine o di qualche santo. Il modo poi con 
che si prestavano i Viniziani in questi 
giorni di festa non vuolsi considerare nello 
spirito di pietà esclusivamente, sì ancora 
in quello civile ed esteriore. Nelle par- 
rochie nelle quali si forniva qualche so- 
lennitade, usavasi, come anco di pre- 
seute, di porre su’ davanzali de’balconi 
le opere più belle in damasco od in seta. 
In mezzo ai campi si costruivano dei 
palchi, ove suonatori ponevansi, e da- 
vano dolcissime armonie, attraendo a sé 
gran folta di popolo; le botteghe pompo- 
samenle si apparavano; quinci e quindi 
mostravansi sulle vie venditcridi questo 


‘0 di quell’altro genere di commestibili o 


di liquori ; era un andare ed un venire 
continuo dall’aperto alricinto del tempio, 
che odorava de’ timiami e degli incensi, 
di cui le volte facevano eco con musica- 


13 


ne FE = 


porteurs qui offraient en abondance tout. 


ce qui sertà rassasier la faim ou à étancher 
la soif; un flux et reflux perpétuel de la 
foule régnait du dehors au dedans du 
temple qu embanmaient les fleurs les 
plus rares, Pencens le plus pur, et dont 


les voûtes retentissaient des accords eDs 


chanteurs de la musique. C? était le ta- 
bleau le plus pittoresque qu’ il soit pos- 
sible d’ imaginer. Que P on ne croie pas 
toutefois que la populace seule accourait 
aux Sagre (nom vénitien de ces fètes); 
le doge et les plus grands personnages 
del’Etat ne dédaignaient pas d’y assister, 
Presque toujours le doge se rendait avec 
pompe autemple où la cérémonie avaitlieu. 
Là, respectueusement accueilli parlecler- 
gé. il recevaittoutesles distinctions et les 
honneurs que son rang méritait, Mais le 
jour de l’Ascensionétait célèbre entretous 
par le luxe qu’y déployait la population 
vénitienne toute entière. Le doge, accom» 
pagne d’un grand nombre de patriciens, 
montait sur le Bucentaure, bâtiment pré- 
cieux pour la perfection du travail et la 
| richesse de la matière, et allait épouser la 
mer Adriatique au milieu des bénédictions 
et des transports d’’alégresse. d’ un peu- 
ple heureux et content qui, fendant le 
sein des flots sur de rapides bateaux et 
gondoles, formait un nombreux cortége 
au fameux Bucentaure) Parmiles barques 
d’une grandeur ordinaire, on'en distin. 
guait quelques -unes ; connues sous le 
mom de Bissone, plus larges et plus lon- 
gues, armées d’avirons nombreux et ma- 
gnifiquement couvertes de riches tapis. 
Le charme des: divertissemens aux- 
quels président le cothurne et le bro- 
dequin fut connu tres-tard chez les 
Vénitiens, mais aussitôt avidement re- 
cherché. Au XV siècle, produisant des 
ouvrages littéraires de tout genre, Veni- 
se préféra suivre dans, ses productions 
théâtrales l'exemple des Romains que 
celui que les Français donnaient à la 
ênme époque , bannissant de la scé- 


5 era una composizione la 
più pittoresca che dare si possa, Non si 


li istrumenti ; 


creda però che il solo popolo a codeste 

sagre accorresse: lo stesso capo della re- 

pubblica e maggiorenghi dello stato non: 
cessavano di approfittarne, ed in quasi 

tutti questi festeggi accadeva il. do- 

ge ad uno o ad altro tempio pomposa» 

mente recassesi, venisse riverentemen= 
te ricevuto dal clero, introdotto nella 
chiesa, religiosamente onorato. Mirabile 
poi era il di dell’Ascensione, quando a 
festeggiarlo il complesso della viniziana 
magnificenza più superbamente mostra- 
vasi. Il doge assieme a molti aristocrati 
saliva il Bucintoro, legno di nuovo ed ec- 
cellentelavoro, di sterminata ricchezza di 
augusta maestade, e porlavasi a disposa» 
re l’adriatico mare, in mezzo alle bene- 
dizioni di un popolo lieto e festevole, che 
su per la cerulea onda entro brune ser» 
peggianti barchette seguivalo a voga ars 
rancata. D’ infra questi piccoli. navigli 
eranvene taluni che vanno col nome di 
bissone, delle prime più capaci e più 
lunghe, fornite a schermi sulle coperte, 
ed a’fianchi ed a prora ed a poppa di 
serici arazzi. 


Appo nostri i diletti del tragico co-. 
turno e que? del comico zocco s’ intesero 
tardi; e tosto avidamente furono abbrac- 
ciati. Nel secolo XV i Viniziani dando 

opere di ogni maniera in letteratura, 
vollero le teatrali produzioni fossero 
più a mo” della antica romana foggia rap- 
presentate, che secondo 1 uso ch’ erasi 
in quel medesimo tempo in Franciaintro- 
dotto; in cui si prese a distogliere dalla 


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ne presque entièrement la mimique 


99 — 


ancienne. Elle adopta les règles du théd- - 


treen vigueur a Rome dans les dernières 
années de la république et sous lempi: 
re; c’est-à-dire qu’elle interdit à la co- 
médie les expressions grossières et. la- 
scives des mimes, ne lui permettant 
que les saillies plaisantes et spirituel- 
les; conformes aux moeurs véniliens 
nes toujours polies et distinguées. Elle 
n’en bannit point toutefois le genre 
bouffon ; mais elle le réserva pour. des 
personnages créés ad hoc, qui, sous un 
nom etun costume particuliers, adressa- 
ient au peuple les plus énergiques vérités, 
excitant des éclats de rire, non forcés 
fais nous 0sons presque direnécessaires et 
avantageux. Les théatres qu’ils élevérent, 
n’étaient d’abord, à vrai dire, que de vas 
stes sallés richement décorées où des com- 
pagniesd’acteurs connues sousdiversnoms 
venaient jouer tour-à-tour. Mais 1° art 
étant sorti de I’ enfance, i Europe civili» 
sée che:cha à imiter le goût grandiose 
des Grecs et des Romains dans Parchi» 
tecture de leurs théâtres, et Venise ne 
voulut point certes rester en arriere de 
Rome et d'Athènes. Cependant les Véni: 
tiens, quant à la perfection de 1’ archi- 
iecture, la grandeur Gc la majesté, ne 
pouvaient jusqu’au XVIII siècle citer un 
théâtre comparable à ceux des anciens. 
Alorsseulementils élevérentle magnifique 
théâtre de la f'enice qui, par sa perfection 
architectonique; | abondance des inar- 
bres, son goût exquis,’ son ampleur et 
la richesse de ses ornémens, ne craint 
point d’être compare aux pius beaux 
théâtres du monde ancien et moderne, 


La raison principale. pour laquelle les 
Vénitiens s’adonnèrent trés-tard aux die 
vertissemens scéniques, était une consé= 
quence nécessaire des principes ci-dessus 
exposés de son gouvernement, Seulement 
lorsque la prospérité de la nation arri- 


commedia quasi di nettola mimica antica, 
e adottarono il costume delle rappresen. 
tazioni che facevansi in Koma nei tempi 
ultimi della repubblica cd in quelli dello 
imperio ; vale a dire, non vollero che la 
commedia avesse le espressioni dei giu- 
lari e dei mimi, goffe e lascivanti, sì ve- 
ramente scherzevoli e frizzanti, e pro- 
prie perciò ed adatte al costume veneto, 
che fu sempre pulito e gentile. Inoltre 
buffo; 
ima questo lo diedero a personaggisaputi 


non ischivarono che sentissero del 


e spiritosi, i quali con nomi a bella posta 
inventati, sotto spoglie proprie indica- 
vano al pubblico la più maschia verità, 
traendolo ad un riso non isgangherato, 
ma diremmo quasi necessario e profit- 
tevole. Perciò fondarono di loro teatri, 
i quali, a dir vero, non erano altramen» 
te che ampie e spaziose sale ove le com- 
pagnie, che sotto diversi nomi appella- 
vansi, accorrevano a dare le rappresenta- 
zioni. Ma passati i tempi della teatrale 
semplicità, il mondo ingentilito prese a 
ricordare le grandiose costruzioni degli 
antichi teatri di Roma, di Atene, ed i no- 
stri invogliarono non fosse Vinegia da 
meno delle due un tempo capitali della 
più gran parte del mondo. Tuttafiata 
non é memoria conducessero un’ opera 
classica per disegno architettonico, per 
pregievolezza di lavoro e per amplitadine 
e maestade, la quale a’superbi edifizi di 
quelle comparar si potesse. Solo nel se- 
colo XIX Vinegia fece costruire dalle 
fondamenta la superba mole del teatro 
della Fenict,.che e per la preziosità dei 
marmi, e per la finezza dell’ opera e per 
il gasto del disegno, per l’ interna am- 
piezza e squisitezza degli addobbi va in 
molto pregio tenuta. 

La ragione poi speciale per cui tardi j 
Veneti si occuparono dei teatrali in- 
trattenimenti , la si può derivare dai 
posti principii della istituzione del Joro 
governo. Sennonchè quando il colmo 
della fortuna condusse appo nostri la mol- 


— 100 — 


véeù son eomble et Je désir nouveau de 
passerla vie dans les délices firent recon- 
naftre tout le prix et mème la nécessité 
des spectacles les plus magnifiques, alors 
seulement se fit sentir le besoin des re- 
présentations théâtrales et le peuple vé- 
nitien, mù par un goût naturel/lesrecher- 
cha avec transportety accourat en foule. 

Personne n’ ignore que le peuple ro- 
main était si. avide de représentations 
scéniques et des jeux du cirque que les 
empereurs avaient trouvé dans ce goût 
passionné le moyen de le captiver, et 
d’assurer les fondemens de leur ponvoir. 
Mais la choréographie et la musique, soit 
instrumentale; soit vocale, furent toujo- 
urs ce qui attira le plus puissamment les 
Vénitiens aux théâtres; et ces arts ont 
été merveilleusement perfectionnés de nos 
jours. À aucune époque les Vénitiens ne 
furent plus passionnés pour le théâtre 
qu'au XVIII siècle; il semblait alors que 
ne point participer aux divertissemens 
qu’ il nous offre, c'était manquer totale- 
ment d’ éducation et d’urbanité; c'est-à- 
dire,'pour nous expliquer plus clairement, 
qu’on passait pour des êtres insensibles, 
grossicrs, sauvages, en arrière de plusieurs 
siècles, en un mot, de la civilisation mo» 
derne. 

Chez nos ancètres il y avait en outre 
une fonte d’ usages qui ne régnaient 

soint seulement dans la capitale, mais 
“i, terre-ferme aussi. Les patriciens qui 
étaient chargés de la juridiction d’une 
grande parlie, des possessions de Venise 
sur le continent voisin, et qui y posséda- 
ient tous leur villa ou maison de campa- 
gne qu'ils habitaient pendant nne saison 
de l’année, s’y rendaient lorsqu'ils par- 
taient de la capitale, fournis de tout ce 
que l'éclat de leurs dignités exigeait, ct 
savaient allier la simplicité champêtre 
avec les grâces de l’urbanité ; il en ré- 
sultait un échange qui donnaient aux 
campagnards une teinture depolitesse et 
iniliait les patriciens eux- m mes aux 


lezza, allora venne il bisogno de’ teatri, 
ed il popolo viniziano naturalmente si 
mostrò per quelli oltremodo passiona= 
to, ed a frotta piena vi accorse. 


E° noto come la plebe di Roma era 
ingorda de’ divertimenti del circo e del 
teatro, e come i nuovi imperatori do- 
vevano farsi studio di prenderla da que- 
sto lato per non essere dalla somma 
delle cose facilmente dimessi. Quello poi 
che avvinse meglio i Viniziani a? sollie- 
vi teatrali fu la coreografia e la musica 
strumentale e vocale; diletti che progre- 
dirono a nostri di, e che si perfezionarono 
mirabilmente. Non fu mai epoca a. Ve- 
nezia così piena di desiderii teatrali co- 
me quella del secolo XVIII, e parve che 
il non partecipare degli stessi fosse un 
mancare di civiltà e di urbanitade, il che 
è quanto dire, essere insensibile, rustica- 
no, addietro di gran secoli alla moder- 
na cultura. 


Vi aveano poi de’ costumi appo no- 
stri, i quali non erano solo al di dentro 
della cittade, ma si praticavano al di fuo- 
ri iu terraferma. Patrizi, presso quali era 
la giurisdizione di gran parte de’ beni 
stabili del continente vicino, e che avean- 
vi loro luoghi di villeggiatura, in certo 
agio di tempo vi si portavano, lasciando 
la capitale. Forniti ivi di tutto il bi- 
sognevole che alla grandezza della loro 
dignità corrispondesse, sapeano condire 
la semplicità agreste con la dolcezza 
dell’urbanità, e facevano un insieme per 
il quale ne’terrazzani entrava una idea di 
cultura, e negli stessi veneti patrizi quel- 
la dello schietto vivere, da cure scevro, 
perché lontano da possenti desiderii. 


— 101 — 


charmes d’ une vie simple, coulée loin 
des soucis et de 1’ ambition. 

Ici s’arréte tout ce que nous nous étions 
proposé de dire des moeurs anciennes, et 
personne ne saurait nous reprocher le peu 
d’étendue de ce précis; ee serait être 
doublemente injuste : d’abord parce que 
nous avons déclaré avant tout que nous 
ne comptions étudier les moeurs antiques 
et leurs causes premières que pour en 
former la base du gouvernement, et en- 
suite parce qu’en matière de raisonne- 
ment, on doit laisser de côté tout ce qui 
n’appartient point aux moyens de preuves 
de l’argumentation; en conséquence nous 
avons dû naturellement passer sous silence 
un grand nombre de particularités sur les 
moeurs anciennes qui ne se reliaient point 
étroitement à notre sujet. Nous oLserve- 
rons pourtant que le pen que nous avons 
dit des usages et des moeurs du siècle 
passé, suffit pour nous amener sans effort 

aux moeurs présentes dont nous parlerons 
bientòt.En effet ces moeurs antiques étant 
directement et immédiatement émanées 
des causes premières de la constitution 
intérieure et extérieure du gouverne 
ment de Venise, doivent nécessairement 
jeter un grand joursurles moeurs présen- 
tes dont elles sont l’origine. Onnesau ait 
rien opposer à cela, car lors même que 
l’on nous objecterait que le changement 
des ordres de l’État doit avoir entrainé 
celui des moeurs, nous répondrions hardi- 
ment qu’on se trompe..Ïl est hors de doute 
que les lois influent puissamment sur les 
moeurs, mais il est également hors de 
doute que celles-ci survivent long-temps 
aux lois, parce que filles de la nécessité, 
modifiées et perfectionnées par la pro- 
spérité, protégées constamment par une 
force réglée, elles forment le sentiment 
plus cher-des peuples, et comme nous 
renoncons difficilement à ce que nous 
aimons le mieux, les lois de Venise ont 
beau cessé d’ étre, le précieux souve- 


nir de nos usages anciens exprimé par 


E così poniamo termine alla parte 
divisata degli antichi costumi. Nè voglia 
alcuno rimproverarci la scarsezza del- 
le cose in questa dettate, imperocchè 
abbiamo già detto sin dapprincipio, di to- 
gliere i costumi antichi viniziani dallé 
loro cause primitive, solo per farli base 
de’ moderni; e d’ altronde dee aversi 
che quando si conducono materie di 
raziocinio, quello s’intralascia che non 
appartiene ai mezzi di prova delle ar« 
gomentazioni; di che è chiaro , che 
molti fatti de’ costumi antichi si do- 
vevano trasandare , perchè non bene 
collegavano col proposto nostro. Del 
resto tenghiamo, che que’ costumi che 
dagli edotti principii provengono, basti 
no a sufficienza per rischiarare que” mo- 
derni, de’quali c’intratterremo frappoco ; 
conciossiadio essendo. una emanazione 
diretta ed immediata delle cause primi. 
tive di agire nazionale, delle costituzioni 
interne ed esterne dello stato venetico, 
dovevano necessariamente farci rilevare 
il fondo di ogni costume che regna ora 
in questa capitale. Nè si alleghi nessuna 
prova eontraria a questa sentenza, avve- 
gnadio se alcuno anche metesse in mez- 
zo che la.mutazione degli ordini dello 
stato porta seco quella de’ costumi, noi 
risponderemo che non dice vero. È certo 
che le leggi influiscono grandemente per 
questi costumi, ma è certo altresì che 
dessi durano più delle leggi, perchè na- 
ti dalla necessità, cresciuti ed abbelliti 
dai beni, protetti da una forza regolata, 
eglino fermano 1° affetto più caro de’ po- 
poli; e perciò siccome le cose più care 
noi non lasciamo, così, quantunque le 
legei viniziane sien ite, nondimanco la 
fervente memoria dei patri affetti nei co- 
stumi espressi, giammai da” nostri furon 
posti in dimenticanza. 


Y 


— 402 — 


nos moeurs présentes, a toujours véca dans 
le coeur des Vénitiens, 

Nous avons expliqué et prouvé pour 
quel motif nous nous sommes si peu éten- 
dus surles moeurs antiques; maintenant 
nous ne saurions, pour la clarté de ce qui 
reste a exposer, nous dispenser d’établir 
un paralléle entre ces moeurs et leurs cau- 
ses primitives, et ensuite entre ces mo- 
eurs elles-mêmes, 

S’il est vrai que le gouvernement vé- 
nitien fut le meilleur de tous, les moeurs 
qui en dérivaient devaient être par con» 
séquent bien supérieures à celles qui 
provenaient de tout autre gouvernement, 
La république vénitienne étaitune famil- 
le oùles jeunes-gensobéissaient aux vieil« 
Jards, où le père commandait parl’amour 
et non par la force, une famille en un 
mot où les faibles étaient sous la prote- 


ction des forts, les malheureuxsoulagés par , 


la pitié, les ignorans instruits par les has 
biles, les poltrons encouragés par les gens 
de coeur, les imprudens guidés par les 
sages. Dans la république vénitienne on 
remarque la tendance exclusive d’ une 
famille à chercher tout ce qui peut sera 
ir à sa sureté, à ‘son agrandissement, à 
sa civilisation. Par conséquent, vous y 
remarquez en même temps une famille 
qui, grâce à sa conduite sage, régulière 
et vigoureuse, grâce à ses manières no- 
bles et polies, excitait partout l’envie 
de la connaitre et d’imiter son exemple; 
l'aperçu historique qui précède l’ a suf- 
fisamment prouvé. 

Mais la famille républicaine se con- 
naissait trop bien elle-même pour ou- 
blier qu’elle était souveraine, et que 
par conséquent quiconque osait attenter 
à sa sureté devait apprendre à ses dépens 
qu’il existait dans son sein une force ter- 
rible pour ceux qui osaient violer ses 
droits. Où, si le gouvernement vénitien 
était une famille bien réglée, il n° est 
certes aucun homme doué seulement des 
lumières les plus communes de la raison 


Data la ragione perché più non dices: 
simo su’costumi generali antichi, e’ ci 
conviene passare per maggiore chia- 
rezza di ciò che verremo narrando alla 
comparazione di questi costumi con Ie 
cause lor primitive, ed al confronto pa- 
rimenti dei medesimi infra di loro. 


Se é vero che il governo veneto nella 
sua costituzione fu tra’ migliori, i costumi 
che dalle sue costitnzioni derivano esser 
devono per conseguente migliori di quel= 
li da quantunque altra guisa di governo 
procedenti. Nella repubblica viniziana 
vediamo una famiglia in cui i giovani ub- 
bidiscono a’vecchi, dove il padre è un 
padre di amore e non di forza assoluta; 
dove i deboli sono sotto l’usbergo dei 
forti, gli infelici dalla pietà tutelati, à 
semplici sotto la direzione degli accorti, 
i paurosi incoraggiati dai prodi e dagli 
intraprendenti, i leggieri scortati dai sag- 
gi; vediamo l’azione di una famiglia 
che coopera esclnsivimente alla propria 
sicurezza; aggrandimento e civÎita; ves 
diamo una famiglia clie per il suo rego- 


_ lare, assennato e vigoroso procedere, pel 


suo trattare nobile e gentile mette in 
altre desiderio di se stessa, e di imilar- 
ne le maniere, e di volerne i suoi fini. 
E questa sentenza risulta dalla sposi 
zione storica che abbiamo premesso. 


La famiglia della repubblica, nostra 
conscia di sè, stessa non poteva dimen- 
ticare di essere maestra; e pertanto un 
quantunque intentasse alla .sua. sicur- 
tade, avea a provare gli effetti di una 
forza unita in combattere quello che i 
suoi diritti violasse. E se lo venetico sta- 
to era una famiglia ben regolata, nes- 
suno che vive quaggiuso, anche solo illu- 
minato dai principii naturali, non deve 
essere ignaro , che la ben regolata fa- 


mu: | Late 


qui ignore que la famille la mieux réglée 
est aussi la plus parfaite dans ses moeurs. 
Parcourez les générations, interrogez les 
peuples, remontez jusqu'aux temps des 
‘patriarches, et vous vous convaincrez que 
les moeurs simples, douces et parfaites 
sont toujours le fruit de la sagesse des 
pères et de l’obéissance des fils. Et en 
effet quelles furent les moeurs-de nos 
aïeux, vers quel but furent-elles diri- 
gées? N'est-ce point l’amour et la cha- 
rité qui en fesaient le fond? n’était-ce 
point une sage politique qui les réglait ? 
n’enfantérent-elles pas la félicité publi- 
que? S'il en est ainsi, convenons que les 
moeurs de nos ancêtres étaient les plas 
parfaites, les plus sages; or les présentes 
en sont les filles et le miroir. Donnons 
maintenantuntableau bref mais exact des 
vieux usages de Venise, tableau qui nous 
mettra à même de comprendre toute 
excellence des moeurs présentes dont 
nous parlerons bientôt, 


: Quiconque se propose de parler d’une 
nation, ne saurait en dire rien de précis 
et de vrai s’il n’a point étudié à fond 
sa naissance, ses progrès et sa décadence, 
ainsi que toutes les circonstances qui 
peuvent lui prêter un nouveau jour. 
Cette loi invariable du monde, cette loi 
non-interrompue : fondement et princi» 
pe de toute chose, est celle que l histo- 
rien doit particulièrement analyser et 
connaître. Celui qui ose prendre, sans 
l’avoir étudiée, la plume, le pinceau oule 
ciseau pour présenter des faits histo- 
riques, ignorant les causes et les effets, ne 
peut q ébaucher une oeuvre de pur ca- 
price, équivoque et bien souvent dange- 
reuse. Venise, simple mais vertueuse, 
pauvre mais non misérable , abaissée 
mais non oppressée et découragée, s’é- 
lève au milieu des lagunes , parcourt 
toutes les phases de l'existence des peu- 


miglia, e la famiglia più costumata. 
Discorrete le generazioni, interrogate i 
popoli, portatevi a’ tempi patriarcali, e 
vedrete che dallo schietto, dolce e 
bel costume; dalla saviezza del padre, 
l obbedienza de’ figliuoli intieramente 
proviene. E daddovero quali furono i 
costumi de’nostri, come furono essi driz= 
zati, a qual fine l’applicazione loro? Non 
era amore e caritade il fondo del costu- 
me? non era la saggia politica che lo di- 
rigeva? il fine a cui era inteso non fu 
diletto o relativa felicità ? Se dunque la 
è così, ne viene essere state bellis- 
sime le costumanze degli avi, e meri- 
tare noi credenza se poniamo fuori opi- 
nione, le presenti essere figlie di quelle 
ed a quelle assimigliarsi, Ed eccoci final- 
mente a quella di dare un quadro breve 
ma preciso delle vecchie usanze civili di 
Venezia, che servirà di guida sicura per 
far comprendere la eccellenza delle pre-. 
senti, di cui a di lungo favelleremo 
frappoco. 

Chi distende la sua mente sui popoli 
per parlare di essi, non può dire vero e 
perfetto se non gli vegga nascere, cre- 
scere e decadere con quelle circostanze 
concomitanti che fanno conoscere la ma= 
niera del nascimento, quella del progres: 
so e l’ altra del passare. Questa invaria» 
bile legge delle cose del mondo, questa 
legge che non si sospende giammai, que- 
sta legge che è il principio ed il fonda- 
mento su cui basa ogni ragione, è quel- 
la che deve essere ‘meglio analizzata è 
conosciuta da chi scrive la storia dei 
popoli. Chiunque non conoscendola 
prende la penna od il pennello pev 
delineare le fattezze morali e fisiche, 
ignorando le cause degli avvenimenti, 
schizza un’opera immaginaria, incerta e 
spesse valte pericolosa. Venezia, semplice 
ma virtuosa, povera ma nen tapina, ab= 
bassata ma non oppressa, si raccoglie 
nelle venetiche lagune, ed attraversando 
le condizioni della civile esistenza, cessa 


—104 — | 


ples et tombe conservant toujours la 
mème vertu et la même innocence ad- 
mirables qui présidèrent à sa naissance. 
Elle envoya ses enfants visiter les Pyra- 
mides et les ruines de l'Egypte ; elle les 
envoya contempler lecadavre d’Antioche, 
chercher dans les plaines de Sennar les 
preuves de la puissance de Bélus, de Nem- 
brod, deNinus; elle les guida sur les rives 
de la Carie, de Tyr et de Sidon pour qu’ 
ils y étudiàssent la civilisation des Phé- 
niciens et des anciens habitans de la côte 
occidentale d”’ Asie ; elle leur fit admi- 
rer Athènes et Rome, afin que la con- 
templation des oeuvresles plasadmirables 
du génie alluma dans leur âme le feu 
sacré des arts et de l’émulation, et que, 
de retour dans leur patrie, chargés des 
trésors de la sagesse, du génie et de la 
civilisation de tous les âges, ils les fis- 
sent renaïtre de leurs cendres, comme 
V immortel phénix, au sein de la ré- 
publique. Mais suffisait -il de voyager 
pour s’instruive, si les moyens de profi- 
ter de cette instruction et de ces découver- 
tes leur manquaient? La sagesse dut done 
être unie à l’habileté et à.la force. La 
sagesse seule est semblable à une fleur 
embaumée qui s’entrouvre aux rayons 
du jour sur la cime neigeuse des Alpes; 
mais si le soir l’aquilon impétueux vient 
à souffler, on la trouve le matin fletrie 
et séparée de sa tige au fond d’ une val- 
lée déserte, Les hommes ne sont jamais 
plus grands par la sagesse que lorsqu'ils 
y joignent la pénétration et la puissan- 
ce. Aussi les Véniliens, non-contens des 
connaissances qu’ils avaient apportées du 
continent, voyagerent dans | univers 
entier pour en acquérir de nouvelles, mais 
ils ne se bornèrent point à cela. L’habi- 
leté fut toujours chez eux la compagne 
inséparable de la sagesse, et ils surent 
chez les peuples qu’ils visitèrent faire 
si bien prévaloir les produits de leur 
industrie, comme nous l’avons dit plus 
haut, qu’ils étaient toujours les plus 


conservando semplicità e virtù e quella 
pacifica innocenza che la rese sempre 
prediletta a’ suoi principi. Dessa trasse i 
suoi figliuoli aile piramidi, fece lor visi- 
tare le ruine di Pelasio, gli condusse 
sull’Oronte a riconoscere quelle di An- 
tiochia, trassegli in Senaar a ricordarsi 
delle opere di Belo, di Nembrot e di Ni- 
vo ;.in Caria, in Tiro, in Sidone, perchè 
apparassero cosa fossero gli antichi Fe- 
nici ed abitatori delle coste occidentali 
dell’ Asia; al Partenone e al Tarpeo, pere 
chè le opere meravigliose e più possenti 
del mondo raccendessero nei loro petti 
una fiamma generosa ad emularle; e poi 
li riconducea alle patrie, ricchi dei te- 
sori della sapienza, affinchè la gloria del- 
le preterite generazioni, quale fenice, si 
riproducesse nel seno dell’ Adriaca Teti. 
Ma era mo’ bastante far viaggiare per 
acquistar cognizioni delle cose, quando 
mancasserne i mezzi a porle ad effetto? 
Ed ecco che la sapienza dovette essere 
congiunta alla destrezza ed alla forza. 
La sapienza isolata è un fiore odoroso 
che nella mattina si mostra bello sulla 
cima delle alpi nevose, ma se la sera buf- 
fa boreale si levi, miseramenieil seguen- 
te mattino, appassito e spento si trova 
nella sopposta vale deserta. Gli uomini 
non sono mai tanto grandi nel sapere, 
quando a questo non uniscano*l’ accor- 
gimento e la potenza: Viniziani oltrec” 
chè aveano ereditato le idee del sapere 
dal vicin continente , viaggiavano per 
acquistarne di altre nel mondo noto. Ma 
non furono contenti a ciò. L'accorgi. 
mento loro stette daccosto alla saviezza, 
e seppero appo i popoli stranieri che vi- 
sitavano far prevalere le. proprie cose 
alle altrui, come abbiam altrove accen- 
nato, e tanto, che fossero ricerche e 
desiderate. Ma crescere col mezzo del. 
l’acccorgimento è uno esporsi alla ra- 
gione delle invidie di qualche altro 
potente. Potevano gli stranieri essere 
sempre ciechi sul muto e segreto agire 


— 105 — 


recherchés. Mais s° accroitre à force 
d’habileté, c’est s’exposer à la jalousie des 
autres nations. Les étrangers pouvaient- 
ils toujours ignorer la maniere adroite 
el secrète de procéder adoptée par nos 
ancétres? Lorsqu’ ils les voyaient imiter 
leurs usages pour leur plaire, ne devai- 
ent-ils point finir par s’apercevoir qu’ils 


cachaient sous ce prétexte l’ intention 


de glaner de leur mieux dans leurs pays? 
Il fallait bien qu’un jour ils découvris- 
sent les vues secrétes de nos aïeux, pé- 
nétrâssent leurs projets, et arrétässent le 
cours des prospérités de ces hommes si 
habiles dans l’art de faire prévaloir leur 
intérèt sur celui des autres. Les occasions 
ne manquaient point. Mais déjà Venise 
avait acquis des lumières et de l’influen» 
ce; sa puissance effrayait Bysance et 
l’empire; elle avait étonné Archipel, 


l'Asie et l Afrique. Unique maitresse’ 


des mers, elle avait ainsi posé les fon- 
demens de sa future domination, et 


avait créé un gouvernement sage, puis: 


sant, éclairé et généreux; ses moeurs 
étaient déjà formées. On pouvait ébran- 


ler sa puissance, mais non détruire ces 


moeurs. Fruit de l union des pouvoirs 
civils et sacrés sous l’influence de la sa- 
gesse et la protection de la force, elles 
devaient être uniformes, originales, par: 
faites. Les bienfaits de la civilisation, de 
la morale et de la religion s'étaient ré- 
pandus partout; la gloire de nos triom- 
phes, la paisible possession de nos conqué- 
tes et l’amabilité de nos citoyens brillèrent 
de tout leur éclat. Quel tableau pourrait 
représenter la splendeur del’Etat sous des 
auspices si favorables , et la prospérité 
des citoyens sous le meilleur des gouver- 
nemens? Parcourons le domaine entier de 
Pesprit et da coeur, les résultats de la 
force, et résolvons enfin avec toute la 
brièveté possible, le probléme de la civi- 
lisation vénitienne. 
Les idées vastes naissent et croissent 
au milieu des grands triomphes et des 


Ta 


de’nostri ? Quando gli vedeano per com- 
piacergli imitare loro costumi, non do- 
vevano farsi accorti che sottoi colori del- 
la imitazione vi si nascondeva il disegno 
di spigolar alla meglio ed alla più? Do- 
vea venir un tempo che discovrissero i 
reconditi consigli, svolgessero la giran- 
dola, ed i passi raccorciassero di que’va- 
lorosi che sull’altrui tenevano le ragioni 
del proprio. Non mancarono le circo- 
stanze. Ma gia Vinegia si avea fatta il- 
luminata ed accorta ; la sua possanza in- 
timoriva Bisanzio e Traccia tutta ; avea 
fatto stupefar 1° Arcipelago; giganteg= 
giato avea nell’ Asia, nell’ Africa. Signora 
soltanto dessa dei mari, ecco che i mez- 
zi avea procacciato per incarnar i con- 
cepimenti dell’educazione universale, ed 
un governo istiluito avea prudente, for- 
te. illuminato e generoso: il suo costu- 
me era giù formato. Si poteva battere 
la sua forza, questo non si poteva di- 
struggere. Nato dalla tombinazione del 
sapere civile e sacro sotto l'influenza 
dell’accorgimento e la tutela della forza, 
esso era uniforme , singolare, perfetto. 
Le dilettanze civili, morali e religiose si 
eran sparse dovunque, e la gloria delle 
vittorie e la tranquillezza del conqui» 
stato e l’amabilità dei cittadini piucche- 
mai sfavillarono. Dunque qual pittura 
può farsi del costume generale sotto au- 
spicii sì fausti, quale del particolare se 
il generale è il migliore? Scorriamo tut- 
ti gli andamenti della mente, quelli del 
cuore, gli effetti della forza, e risolvia- 
mo finalmente senza lunghezze tulto in 
uno il problema della venetica civiltà, 


Le idee grandiose si nutricano ed ac- 
crescono nei fasti strepitosi. Indarno tu 
14 | 


nt e 


grands revers. En vain chercheras-tu à te 
former l'idée d’ un homme d’un génie 
et de projets vastes hors du cercle des 
grands malheurs et des grands succès. Le 
éours ordinaire et invariable de F exi- 
stence humaine fait de | homme une 
machine, une être systématique. Rien de 
pire que les systemes. Ils circonscrivent 
la force, arrêtent le progrès : ce sont les 
ennemis jurés des découvertes. L’homme à 
système, bien souvent cruel, sera quelque- 
fois généreux; mais sa générosité est tou- 
jours la conséquence d’un principe, jamais 
un élan du coeur. Nous avons étudié les 
hommes detouslessiecles, etnous sommes 
restés convaincus de cette vérité. Il est 
constant que les Vénitiens furent müs par 
trois principes: les premiers besoins, ceux 
de la civilisation et ceux de la religion, 
mais vous les trouverez toujours indé- 
pendans ct prits à embrasser, selon la 
mature des choses et des temps, tout par- 
ti qui s’accordat: avec les unes et les 
autres. Mais dans un gouvernement où 


autorité supreme est confiée à un petit- 


nombre d’ hommes, et où tous veulent 
et peuvent le bien public, le moindre 
changement est suspect et secrètement 
condamné. Les Vénitiens donc dans ce 
cas ne s’en tinrent point à l’usage ordi- 
maire des princes de délibérer avec leurs 
conseillers et de commander imp‘rieuse- 
ment; persuadé: que le pouvoir aristo- 
cratique ne pouvait leur être enlevé, 
chaque fois que le besoin l’exigeait, ils 
-publiaient des décrets dans lesquels 
ils exposaient sincèrement les dangers 
que la république pouvait courir, les a- 
bus qu’ un devait corriger; et si l'in. 
iérêt des aristocrates demandait de se- 
cretes dispositions, alors les édits ava- 
ient une signification relative, c’ est-à- 
dire que leurs articles tendaient plutòt 
a concilier les droits et les devoirs des 
patriciens pour le plus grand bien de 
VEtat, qu’à exciter le peuple à linjustice 
on à l’opprimer ouvertement. En consé- 


È 


vorrai cercare un uomo di altissimi 
pensieri e vasti, se non lo consideri nel- 
le grandi sventure e nelle grandi fortu- 
ne. L'uniforme ed invariabile procedi- 
mento degli avvenimenti della vita di 
un uomo, fa di lui un essere sistematico. 
Non vi è peggior cosa che l’adottare si» 
stemi. Il sistema circoscrive le potenze, 
impedisce il progresso, non @ fatto per 
le scoperte. L’uomo del sistema è spesso 
cru:lele. Sarà qualche volta generoso ? la 
sua generosità sarà conseguenza. dei 
principi, non di altro sentimento di 
cuore. Noi abbiamo considerato gli uo- 
mint dei secoli trasvolati, e ci siamo con- 
vinti di questa verità. Impertanto quan 
do tu dici che Viniziani agirono secon- 
do i tre principii, di bisogno primo, di 
civiltà e di religione, troveraigli sem- 
pre indipendenti dai sistemi, e pronti 
seconde la natura dei tempi e delle cose 
ad abbracciare partiti che con quelli « 
con queste stessero d'accordo. Ma nel go- 
verno dove l’autorità è somma ed in ma- 
no di pochi, e che tutti possono e voglio- 
no pel pubblico bene, ogni variazione di 
ordini è sospetta e tacitamente riprova- 
ta. Viniziani però in queste bisogna-non 
si allenevano ai melodi ordinari di deli- 
berazione, pe’ quali il principe co’ suoi 
consiglieri deliberava ed assolutamente 
imponeva; ma, persuasi che il potere ari - 
stocratico non poteva essere lor tolto, 
quando immediati bisogni ricorrevano, 
emanavano decreii nei quali realmente 
e veridicamente si esponeva qual fosse 
pericolo della repubblica, a qual biso- 
gno si dovesse soperire, quali abusi le- 
var via; e se nasceva circostanza in cui 
qualche secreto interesse degli aristocra- 
ti un/occulta disposizione domandasse, 
le grida avevano un significato relativo, 
vale a dire gli articoli. delle stesse mira- 
vano piuttosto a compor insieme i dirit- 
ti ed i doveri degli aristocrati per lo‘ini- 
glior bene della pubblica :cosa, che a 
lrovar argomento di maggioranza; per 


= 10% 


quence, soit que l’on avisät aux réso- 
lutions nécessaires pour le bien publie, 
soit qu’on cherchàt à tourner le bien 
particulier à l’avantage du bicu général, 
les sénateurs agissaient toujours avec la 
plus grande solennité, et chacun acce- 
‘ptant avec joie les dispositions du sénat, 


il en résultait cette ardeur, cet enthou- 


siasme patriotique, cette volonté ferme 
et prompte, qui enfantent l'harmonie et 
par conséquent la félicité des peuples. 
Qui ne déduirait donc point d’ un tel 
systéme des moeurs souveraines , fortes, 
persévérantes, perspicaces et polies? Vou- 
lons-nous aller en chercher les preuves 
dans la constitution du gouvernement, 
dans les lois sacrées et civiles? Mais nous 
l'avons déjà fait. Ne vaut-il donc pas 
mieux tourner nos regards vers les objets 
extérieurs de Venise pour embrasser 
dans une seule pensée tout ce qui con- 
stitue les moeurs vénitiennes ? Quiigno- 
re que ces oeuvres grandioses d’archite- 
cture, de peinture et de sculpture dont 
nous avons parlé, ne sont autre chose 
que l'expression matérielle des moeurs ? 
Si les nobles vénitiens n° avaient point 
habitué leur âme aux pensées grandio- 
ses, pourquoi donc auraient-ils élevé ces 
édifices si nombreux et si magnifiques ? 
Les idées du grand et du beau résultent 
toujours de l'élévation des principes 
qui, développés dans les lois, s’insinuent 
au fond du coeur des citoyens. Ne cher- 
chez jamais d'oeuvre puissante et origi- 
nale là où la force du g’nie ne peut se 
déployer libre et vivifiante à l'ombre de 
la protection des lois qui ordonnent la 
vertu et la récompensent. Or, rien n° 
empéchait le génie de nos ancetres de 
pousser son vol jusqu'aux sphères les plus 
_ élevées; connaissances de presque toules 
les nations, des langues et des usages 
étrangers, idees complètes de tout ce 
qui constitue le plus haut dégré de pro- 
spérité des gouvernemens , amour de la 
patrie, prix simples mais glorieux, tout les 


eccitare il popolo a cose ingiuste. Quin- 
di tanto che si pensassero alle precise 
risoluzioni pell’assoluto bene pubblico. 
quanto alle private, perche dal singolare. 
vantaggio il general bene ancor ne na- 
scesse, eglino lo facevano con la massi- 
ma solennitade, e gli animi concordi ala- 
cremente accettavano ogni commessione 
senatoria, e nasceva quel fervor loro, 
quel certo patriotico entusiasmo, quel 
pronto e deliberato volere, un agire im- 
mediato e pensoso che fruttavano l’ar- 
monia, e con l’armonia la felicità de’sud- 
diti. Chi non deriverebbe dunque da ta- 
li modi di azioni un costume sovrano, 
un costume forte e perseverante, un co- 
stume perspicace e gentile? E vorrem 
noi andar chiedendo le prove dall’ istitu- 
zione de’governi, dalle leggi sacre e ci- 
vili? E perchè chiedere quello che già 
abbiamo esposto? Non è egli meglio che 
noi volgiamo lo sguardo alle cose esterne 
di Venezia, per abbracciare in un solo 
pensiero tutto quanto forma il costume 
di cui dicemmo? Chi ignora tutte quel- 
le opere grandiose di architettura, di pit: 
tura e di scoltura, delle quali abbiamo 
favellato, non essere altra cosa che il 
prodotto di alti principii di costume? 
Se i nobili veneti non avessero avvezza- 
to le anime loro alle cose grandiose, 
perchè avrieno posto edifizi cotanti, così 
preziosi e solenni? Le idee del grane 
de e dell’ottimo derivano sempre da al- 
litudine di .principii, che nelle leggi 
svolti, s' insinuano nell’animo de’suddi- 
ti. Non domandar mai opera egregia ed 
originale dove la potenza pensante nori 
ispazi libera sotto la protezione di leggi 
che intimino la virtù, e con queste la 
ricompensino. Nulla mancava a’ nostri 
perché le ali del genio loro venissero 
sciolte ad altissimi voli. Conoscenza ‘di 
quasi tutte le nazioni, pratica di costumi 
e di lingue straniere, idee di tuttociò 
che importa la maggiore grandezza di 
governo al Ai fuori, patrie caldezze, e 


— 108 — 


animait à immortaliser leurs triomphes, 
leur génie et leurs vertus par des édifi- 
ces superbes. 


Si l’onjette un coup-d’oeil sur l’histoire 
de Venise, on la voit commencer ayec 
grandeur, et continuer par des prodiges. 
Les événemenssuccedent aux événemens, 
et la gloire deleursrésultats est toujours 
conforme à l’ élévation de leurs causes 
et de leurs moyens. Le glorieux enchai- 
nement de quatorze siècles de grandeur 
semble un songe à qui parcourt l’histoire 
de la république vénitienne, mais c’est 
un songe qui enchante, c’est une doute 
joie pour notre coeur ; il semble que 
l histoire ait voulu nous prouver par 
un exemple si frappant que la félicité 
est l’ inséparable compagne de la vertu. 
Il était donc impossible que les citoyens 
qui retournaient des champs de la vi- 
ctoire chargés de trophées, et conduisant 
prisonniersles chefs des nations vaincues, 
ne s? enflaminässent point de l’ ardeur la 
plus généreuse pour la gloire et que la 
république ne comptàt par conséquent 
des héros comparables à ceux de l’anti- 
quité. Ainsi la grandeur des penses 
anoblissaient les moeurs et les régula. 
risait, Si nos fastes ne furent point tou. 
jours aussi brillans , et si quelquefois 
la vertu de nos aïeux sembla sommeiller, 
c'était le sommeil du lion qui, fatigué de 
ses courses, se repose jusqu’à ce qu’animé 
d’une nouvelle fureur, il se précipite sur le 
tigre son ennemi. En effet, la paix etle re- 
pos chez les Vénitiens étaient une paix 
étudiée, un repos agité par d’immenses 
projets et une ambition toujours crois- 
sanle. Il semble incroyable qu’une foule 
d’auteurs francais qui se sont geenpés 
de Venise et de son gouvernement n’ a- 
ient jamais, méme accidentellement, en- 
visage ces motifs puissans qui font bril- 
ler dans le caractère vénitien une viva- 
cité,‘une fougue perpétuelles, réglées 
par un tel esprit de perspicacité que 


modesti ma laudati premi erano spron- 
che gli incalzavano a stabilire i monu- 
menti delle loro grandezze, del loro ge- 
nio, delle loro virtudi. 

Quando si scorre la storia della re- 
pubblica veneta, s’incomincia con la 
grandezza e si segue col portento, Fatti 
ad altri fatti si van succedendo, e la 
gloria dei loro fini è sempre conforme 
all’altezza delle cause e de? mezzi. Paio- 
no un sogno di glorie gli avvenimenti’ di 
quattordici secoli a coloro che con l’oc- 
chio della storia guardano al passato 
vanto di Venezia, ma sono un sogno che 
di se innamora, sono una romita ebbrez- 
za dell’anima, sembrano sbuccati dal 
tempo, perchè gli uomini comprendes- 
sero col passato, che la felicità della vi- 
ta non può darsi senza virtù. Era dun- 
que impossibile che i cittadini, i quali 
ritornavano dai campi della vittoria o- 
nusti di trofei, e seco adducendo i capi 
delle vinte nazioni, non si infiamassero 
di alti desiderii, e che la repubblica mon 
avesse quindi ne’suoi membri eroi che 
potessero a quelli dell’antico mondo pa- 
ragonarsi. Così dall’amplitudine delle 
idee che nascevano, il costume si faceva 
generoso ed in ogni sua parte regolato 
pegli ordini del governo. Che se non 
furono sempre strepitosi 1 fatti de’nostri, 
e se qualche fiata dormirono il sonno 
della placidezza, tu dei considerarlo sic- 
come quella del lione che, stanco dei 
suoi travagli, riposa, finchè una voglia 
più ardita d’ imprese lo inciti al ruggito, 


€ lo spinga ad insanguinar le zanve nelle 


miti bestie delle convalli. Infatti la pa- 
ce della veneta repubblica era una pace 
studiosa e conta, era una pace di aspiri, 
una pace di, progetto. Pare incredibi- 
le che molti-scrittori francesi nel deli- 
neare il quadro dei venetici costumi, 
non abbiano mai o solo incidentemente 
volto L’animo a considerare queste forti 
ragioni, per le quali la caratteristica del 
costume viniziano è sempre vivacità, brio 


— 109 — 


quiconque les observe attentivement, dé- 
couvre que bien loin d'être une consé- 
quence du hasard, elles le sont des motifs 
ci-dessus énoncés, motifs bien faits pour 
nous en donner la genése, l'analyse et la 
synthese relative, 


A présent que nous avons embrasse 
sous un seul aspect ce que nous avions 
dit en détail des moeurs vénitiennes, il 
faut nous acheminer à la transition des 
moeurs passées aux présentes. 


Lorsqu'on envisage les faits anciens 

° dans toute leur importance, il est facile 
d’établir par principes si les faits mo- 
dernes s’y relient. Et la chose est plus 
facile encore lorsque les principes qui 
forment l’ essence des moeurs antiques 
sont si parfaits qu’on n’en saurait trou- 
ver de meilleurs. Dans le cas présent, 
nous réunissons ces.deux avantages: les 
moeurs actuelles conformes aux moeurs 
anciennes, et celles - ci fondées sur les 
plus sages principes de civilisation. Avant 
toutefois de passer à un parallèle indi- 
spensable que l’ on ne saurait établir 
qu'au moyen d’une exposition détaillée 
des moeurs présentes, établissons des rè= 
gles générales, tirées des changemens de 
gouvérnement, selon l’ancien adage qui 
dit que le peuple se conforme à l’exem- 
ple que son prince lui donne. L’an 1597, 
la république céda la place au régime 
militaire qui, brusque et tranchant de sa 
nature, devait donner aux moeurs un cara- 
ctère âpre mais franc. Peu d’années avant 
la chûte du gouvernement républicain, 
on voyait briller dans la capitale toute sor- 
te de fêtes, d’amusemens, de spectacles 
grandioses, en un mot tous les signes 
extérieurs de la grandeur. Napoléon d’ail- 
leurs n’apporta point des idées humbles 
et mesquines ; elles n'étaient certes point 
faites pour le vainqueur d’Arcole, des 
Pyramides et de Marengo, Remontant 
toujours, comme on l’a déjà dit, à Pori- 


regolati da uno certo spirito di perspica- 
cia, di penctrazione, onde chi gli osserva 
avvisa che non sono introdotti pazzesca- 
mente, masono piuttosto una conseguen- 
za delle ragioni addotte che si mani- 
festano potentissime per dare di essi la 
genesi, la analisi c la sintesi relativa. 
Ora che abbiamo raggruppato sotto 
un aspetto solo e generico tutto quello 
che dicemmo partitamente dei costumi, 
convienci prendere le mosse per quella 
parte che ci guidi alla congiunzione de- 
gli antichi co’ moderni. i 
Quando si ravvisano i fatti antichi in 
tutto il loro valore, se i maderni si com- 
pongono con essi, è facile assai stabilirne 
i prinpicii. É più facile ancora se i prin» 
‘cipii che costituiscono gli antichi costu- 
mi sieno tanto buoni ed ordinati al bene, 
che nella vita civile non si possano i mi- 
gliori desiderare. Nel nostro caso abbia- 
mo l’una e l’altra cosa. Il costume mo 
derno, che si uniforma all’antico, e l’ane 
tico desunto dai principii più buoni di 
civiltà, Prima però di passare al debito 
confronto, il che non si può fare che 
descrivendo i particolari costumi preseh= 
ti , stabiliamo delle norme generali, de- 
sumendole dalle mutazioni. dei gover- 
ni per queladagio che ad esempiò del 
principe si forma il popolo. Nel sette- 
cennovantasette la repubblica cesse: al 
governo delle armi, il quale di sua natu 
ra doveva portare quel burbanzoso' e 
spiccato, che dà al costume nn carattere 
asprigno ma disinvolto. Pochi anni pri- 
ma che il governo repubblicano cadesse, 
attorno la capitale ogni festivo intratte- 


‘ nimento, ogni grandioso spettacolo, qua» 


lunque dimostrazione di:grandezza si 
vedevano. D’ altronde Napoleone non 
portò idee povere e tapine. Il vincitore 
d’Ascoli, il vincitore di Marengo e del- 
le Piramidi non poteva portarle. Uomo, 
come fu detto, ricercatore delle origini 
delle cose, spaziava sempre nello immen- 
so; i suoi pensieri erano ampli come la 


— 110 — 


gine des choses, il planait constamment 
dans l’infini; ses pensées étaient vastes et 
profondes comme le génie qui les enfan- 
tait, et ce génie, passant dansl’àme de ses 
guerriers et de ses sujets, en formait le 
peuple le plus entreprenant. Et bien que 
toutes ses entreprises eùssent pour but 
la domination, illustrées qu’elles étaient 


par de généreux exemples on oubliait la’ 


fin pour n’admirer quele moyen, qui était 
un mélange surprenant de l’esprit répu- 
blicain et du monarchique. Etendant son 
influence politique sur Venise, Napoléon 
s’efforça de changer les moeurs de nos 


pères, filles de la liberté, et il permit: 


peut-étre qu'elles dégénérassent en li- 
cence, craignant, si l’on contenait les 
esprits dans les anciennes limites, qu'on 
n’y fomentàt ainsi le souvenir du passé, 
- Nul obstacle ne pouvait s’opposer alors 
à l'intention du vainqueur. Réfléchissant 
done aux principes belliqueux et libres 
de Napoléon et des siens, aux opinions 
générales qui régnaient en Europe sur 
_ lebesoin de réformer les gouvernemens; 
examinant la condition de la républi- 
que peu avant sa chûte, et réunissant 
toutes les circonstances qui influent sur 
les actions sociales, nous en conclurons 
que le mélange de l'esprit napoléonique 
“avec l'esprit vénitien, subjuguant Ja rai- 
son publique et la soumettant à larbi- 
tre de la fortune, devait engendrer des 
moeurs équivoques, Il en résulta mé- 
me ya-autre effet sur les moeurs véni- 
tiennes ; c'est que les fêtes qui rappe- 
laient des faits illustres, au lieu d’être 
célébrées comme autrefois dans le but 
de réveiller le souvenir des temps pas- 
sés , n'étaient plus, sous Napoléon, 
qu'un prétexte de réjouissances destinées 
presque à feter le nouvel ‘ordre de 
choses: En conséquence, les fêtes et tous 
les aetes civils et moraux ayant perdu 
leur destination primitive et, sous le ré- 
gime-de la force, élant devenus un be- 
soin. se conformerent bientôt à une con- 


vastezza del suo spirito, e questo trasfusæ 
nell’anima de’suoi seguaci, formavane 
un popolo intraprendente; e benchè le 
intraprese avessero per fine il dominare, 
ciò nondimeno essendo manifeste per 
esempi preclari, faceano tacere il fine, ed 
ammirare il mezzo, ch’ era un misto di 
repubblicano e di monarchico. Portando 
quindi la sua influenza politica in Vine- 
gia, Napoleone cercò di cangiare il co- 
stume de’nostri, ch’era figlio della libertà, 
e forse lasciò che si permutasse in licen- 
za, temendo per avventura non accades- 
se, che negli antichi termini tenendolo, 
non eccitasse gli animi alla ricordazione 
del passato. Nulla allora attraversar si 
poteva alla intenzione del vincitore. Os- 
servando dunque i principii marziali e 
liberi di Napoleone e de’suoi, le opinioni 
dominanti nell’universa Europa, esami- 
nato lo stato della repubblica quando era 
per isparire, e fatto-rilievo di tutte Je 
circostanze che influiscono a diversificare 


-le azioni sociali, noi trarremo una gene- 


rale conclusione, che, cioé per lo trame- 
scolamento degli spiriti napoleonici con 
quelli venetici, doveva nascere un co- 
stume incerto ed ambiguo. Anzi ne 
emerse un altro effetto sul costume ve- 
netico, chè gli esercizi che si facevano 
un tempo per ricordare le cose illustri 
e per ridestare negli animi la loro 


° memoria, a’ tempi del governo napoleo- 


nico erano piuttosto una necessità di 
iripudiare col mezzo delle fissate solen - 
nitadi antiche, quasi a festeggiamento 
della rinnovazione degli ordini presenti. 
Quindi le feste e gli atti tutti civili è 
morali, perduto il loro scopo, e divenuto 
un bisogno presente sotto lo impero del. 
la potenza, si collegarono volentieri con 
un far largo e licenzioso; e surse imper- 
tanto il desiderio che tutti dovessero ac- 
conciarsi all’eguaglianza e alla libertade 
francese, e poco fuche i dolci e miti co- 
stumi venetici non istraniassero fuori del- 
la loro patria, lasciando luogo a quelli 


— 111 — 


duite licenciense. Alors nàquit le désir 
que tous se ralliàssent a la liberté et 
à légalité françaises, et peu s’en man- 
qua que les classiques et douces moeurs 
de Venise ne changeässent totalement de 
caractère, fesant place à d’autres, con- 
séquence du régime nouveau de la puis- 
fantôme de li- 
berté, qui n° avait plus la vertu pour 
base, arracha le feuillage républicain 
du front da Premier Consul des Frangais 
pour y substituer la couronne impériale. 
Alors l'homme qui s’ébranla et fit trem- 
bler tous les trônes de PEurope, qui en 
renversa plus d’un prince pour y ‘faire 
monter les compagnons de ses guerres 
«et de ses triomphes, introduisit parmi 
nous des moeurs de fait qui répondirent 
toujours au but des lois que Napoléon 
dictait. Au lieu d’être sincères, elles de- 
vinrent donc adulatrices; la flatterie, et 


sance militaire. Mais un 


non la vertu, fit de rapides progres, on 
préconisa l'abus de la force qui opprime, 
et la pureté primitive des moeurs fut 
perdue. Mais toutefois devons-nous ajou- 
ter foi à quelques écrivains decette époque 
qui déclarent hardiment qu’aprèsla chûte 
de la république, on recouvrit du voile 
de la vertu les vices les plus honteux? 
Quoiqu’ il en soit, rendons grâce au 
génie bienfaisant qui, après bien des vi. 
cissitudes, affermi enfin sur le trône de 
ses aïeux, put en véritable César, por- 
ter dans les lagunes ses aigles triomphan- 
tes et nous abriter sousleurs aîles! Il prit 
les rênes d’un Etat qui avait entièrement 
perdu ses moeurs antiques, et impuissant 
à se réorganiser par lui-même assez com- 
. plétement pour reparaître sur la scène 
du monde politique; ille dirigea vers les 
hautes fins de l’unité et le rendit dans 
toutes les branches qui dépendent des 
Statuts monarchiques, tranquille et flo- 
rissant, lui permettant de jouir en paix 
des -biens qui lui étaient restés. L’ em- 
pereur Francois LT imprima au cara- 
etére vénilien on pour mieux dire, y rap- 


che erano conseguenza di fortune secon- 
de, promosse e dirette da una forza pro». 
sperosa. Ma la larvata. libertà che non 
aveva base nella virtù, tolse le fronde 
repubblicane dalla testa, del primo con- 
sole dei Francesi per fornirgli la coroua, 
imperiale. Allora luomo che così scosse 
e vacillar fece parecchi troni in Euro- 


pa; dandone molti a quelli che lo ave- 


vano secondato nelle imprese delle armi, 
introdusse fra voi il costume di princi 
pio; il quale doveva sempre corrispor- 
dere alla aspettazione della jegze che 
Napoleone dettava. Non furono imperlan- 
to più sinceri i costumi, ma cortegiane- 
schi:;l’adulazione si fece avanti; invece 
dell’elogio della virtù, si ammise i'esage» 
rato encomio della forza. opprimente, € 
venne sovvertitoil sentire puro ed inno- 
cente. Noi dobbiamo consolarei con al 
cuni scrittori di que’tempi iquali furono 
sinceri in confessare, che sostituita la mo- 
narchia francese alla repubbica, si portò 
il velo deila virtù per gettarlo sopra ai 
vizi più turpi. Ma sia laude a quel genio, 
benefico, il quale dopo. varie vicende di 
fortuna, consolidatosi meglio sul trono 
degli avi, potette vero Cesare portar le 
sue aquile nelle nostre lagune, perché 
riparassimo sotto le loro ali. Egli, assunto 
lo impero di uno stato che si era tras- 
muiato dello intutto dagli ordini antichi, 
e che da sè impotente era a riordinarsi 
per comparire ancora sulla scena politi» 
ca, lo drizzò agli alti fui dell’ unità, e la 
rese per tutte parti che agli statuti mo- 
narchici si appartengono tranquillo € 
pacifico, e goditore innocente delle for- 
tune rimasegli. Lo imperadore France- 
sco I trasfuse nei Veneti, o sì veramente 
richiamò il sincero spirito di vera sud- 
ditanza, della sana politica e delia reli- 
gione; doperando, come gli antichi ari- 
stocrati, egli attivò i nazionali poteri, 
sicchè pare che ’1 tempo felice in cui vi» 
viamo sia stato dagli alti fini della prov- 
videnza alle prudenti cure amorose di 


| — 112 — 


pela l’esprit sincére de soumission, de 
saine politique et de religion. Ado- 
ptant le système des aristocrates, il ra- 
nima toutes les ressources de Ja nation; 
aussi dirait-on que les temps heureux 
où nous vivons aient été confiés par les 
sages arrêts de la Providence aux soins 
paternels et prudens du meilleur des 
souverains pour faire refleurir dans Ve- 
nise tous les biens que l’occupation fran- 
çaise avaient pensé détruire sans retour. 
Il en résulta que nos moeurs, ayant dé- 
posé le masque, reprirent leur première 
franchise; on r’ouvrit tous les temples et 
les solennités sacrées furent de nouveau 
célébrées de la même manière et avec 
la même pompe. Terminons ici cette 
introduction.Il nous semble que les pages 
précédentes procèdent avec l’ordre et 
l exactitude qu’ exigent la matière; le 
lecteur s’apercevra aisément en effet que 
les moeurs y dérivent sans effort de leurs 
causes premières el secondes: les premiers 
besoins et les premiers essais de l’industrie 
qui en sont la conséquence; de là, consti- 
tutions civiles et une activité uniforme; 
activitéet fortune; fortune et prospérité ; 
prospérité, arts, métiers, belles-lettres et 
sciences; belles-letires, sciences et arts, 
mollesse; mollesse, chûte et restauration. 


| 
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Ì 
| 


un benigno principe affidato, once emer- 
gessero tutti que’ beni che parevano do- 
versi perdere sotto l'influenza della spen- 
ta monarchia de’Francesi. Ne venne da 
ciò, che i nostri costumi, poste giù le ma- 
schere della menzogna, mostraronsi no- 
vellamente ingenui e veri quali erano 
prima; si aprirono i templi, e le sacre 
solennitadi con quello stesso gusto ,e 
quella stessa pompa di prima si fecero. 
In cotal guisa noi poniamo termine a 
questa parte d’introduzione. Parve che 
i tocchi segnati procedano con quell’or- 
dine e con quella proprietà che si esig- 
gono in materie razionali, giacche il let- 
tore può bene accorgersi, che i costumi 
sono derivati dalle loro cause prime e 
seconde, bisogni primi e prime industrie, 
effetto di questi, e perciò costituzioni 
civili ed operosità uniforme ; operosità e 
fortuna; fortuna e floridezza; floridezza, 
arti, mestieri, lettere e scienze; lettere, 
scienze ed arti e rammollimento; ram- 
mollimento, caduta e ristoramento. 


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II PARTIE II. PARTE 


Scènes de Venise ou ses Scene di Venezia, ovvero 
Moeurs civiles. Municipali suoi costumi. 


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KA CUS roi 


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Il n'est point d'homme gene- 
reux et sensible qui n'eprouve 
fréquemment le besoin de reporter 
ses pensées sur la patrie. 

Justine Micxiez. 


L'amour de la patrie se repait avec 
bonheur de sentimens affectueux, lorsqu” 
il parcourt les usages des temps passés, 
parce qu'il y trouve l’origine de toutes 
les institutions et y reconnait les moeurs 
franches et simples des anciens; mais s’il 
se reporte au temps présent, il réveille 
des inspirations encore plus tendres. ll 
devient, pour ainsi dire, garant de tous 
les biens de la société, parce qu’il dispose 
doucement le citoyen à chérir la demeure 
de ses pères, les institutions de ses ancè- 
tres, à aimer sincérement son épouse, 
ses fils, et à éloigner tous les périls qui 
pourraient les menacer. Cet amour est si 
sacré que l’on n’épargne ni travail ni 
études, pour illustrer et rendre recom- 
mandables les moeurs de son pays. Les 
ehefs-d’oeuvre de l’art, de la science, 
de la morale, ne sont autre chose que la 
conséquence de l’amour de la patrie; 
tout est en lui l’indice d’un sentiment 
particulier, tout y respire l’ affection et 
la tendresse. Heureux ceux qui peuvent 
consacrer leur temps et leurs soins à retra- 
cer les actions de leurs concitoyens! Nous 
disons heureux ! car il n°y a certes rien 
de plus doux que de dépeindre homme, 
et encore plus un compatriote, pour qu'il 


| 
| 
| 


Non v'ha certo uomo generoso 
a sensible che non si senta spesso 
in necessità di trattenersi col pen- 
siero sulla sua patria. 
Giustina Micrier, 


La patria carità si pasce assai di af- 
fetti scorrendo le cosiumanze degli avi, 
perchè in esse rinviene la origine di ogni 
istituzione, e vede l’agire de’ maggiori 
semplice e schietto. Ma se essa si mette 
in mezzo alle presenti cose, desta ancor 
più le ispirazioni di amore, sveglia più 
vivi i pensieri per la patria, e si fa quasi 
mallevadrice di ogni buon effetto sociale, 
perchè dolcemente dispone il cittadino 
ad aver cara Ja casa dei padri, le istitu» 
zioni dei maggiori, soavemente amore- 
vole la sposa, bramati i figli, supera; 
ti tatti i pericoli che al bene di questa 
cara madre in punto alcuno si oppones- 
sero. E tanto è santo questo amore; che 
ogni opera e studio si pone perché i pa- 
tri costumi si illustrino e si commeridino. 
Tutte le opere artistiche, scientifiche e 
morali non sono altro effetto che quello 
della carità patria: ogni cosa in questa è 
un segno di genio particolare, tutto spi- 
ra amore e tenerezza. Beati coloro che 
possono spendere l’opere e il tempo a 
ravvivare le azioni pratiche degli nomini! 
Beati, perchè non havvi maggiore dolcez- 
za di quella di pingere l’ uomo nel suo 
essere, quando può servire di scuola a 
suoi simili. Lorchè noi passiamo per la 


116 — 


serve de lecon à ses semblables. Lorsque 
nous passons en revue la série des 
moeurs, ce sont toujours les exemples les 
plus profitables que nous recueillons; 


celles de nos ancêtres nous offrent pour 


modele les forces de ceux qui nous ont 
précédés constamment dirigées vers un 
but aussi simple que grandiose, et nous 
qui traitàmes les moeurs en général, les 
fesant dériver de principes fondés sur 
l’histoire; nous qui avons parcouru 
les fastes nationaux uniquement pour 
étudier les usages de nos illustres aicux, 
quel sentiment ne devons-nous point 
éprouver en nous occupant des moeurs 
présentes qui s’ accordent si bien avec 
les passées ou qui, pour mieux dire, en 
démontrent si parfaitement la filiation ? 
Si la vie nous est chère, c’est seulement 
lorsqu'elle nous permet tous les déve- 
loppemens de l’ existence. Mille délices 
ravissent notre àme lorsque nous coulons 
nos jours au milieu de nos frères, parce 
que ce genre de vie ressemble à celui de 
ceux qui laissérent à notre patrie les 
preuves du génie le plus étonnant et du 
sentiment le plus sacré, Tout aujour- 
d’hui dans nos moeurs nous rappelle ce 
que nous avons été autrefois. Parcourons 
tous les âges, énumérons tous les avan- 
tages de la civilisation, fesons passer des 
temps qui ne sont plus aux temps pré- 
sens la gloire et la splendeur, et nous 
nous'trouverons toujours les mêmes. No- 
tre coeur se dilate donc alors délicieuse- 
ment, parce que nous aimons les rives de 
la patrie, parce que nous chérissons ten- 
drement cet air natal qui fut respiré par 
les héros de Venise, parce que nous 
sommes témoins, grâce aux archives de 
l’histoire , de l’éclat de la république 
la plus celèbre, en un mot parce qu’en 
décrivant les moeurs présentes, nous nous 
repertons tout naturellement aux moeurs 
anciennes qui, nous ne saurions trop le 
répéter, sont le plus beau monument de 
notre gloire. 


morale dei costumi, raccogliamo sempre 
esempi i più profittevoli. 11 patrio costu- 
me offre l’esempio delle direzioni delle 
forze di chi ci precesse ai fini più sem- 
plici e più grandiosi; e noi che tratteg- 
giammo i costumi in generale, derivando- 
gli da’ ragionamenti sopra le istorie ;-noi 
che svogliamo li patrii fasti per questo 
solo, di apprendere cosa gli avi nostri 
costumassero ; noi cosa potremo sentire 
toccando i -presenti costumi che tanto 
bene si collegano coi preteriti, o se vuoi 
dire, tanto perfetta mostrano da questi la 
derivazione ? Se è cara la vita, ella € ca- 
ra soltanto allorchè offre tutte le azioni 
dell’esistenza. Mille soavita ci confortano 
l’animo quando passiamo la vita in mez- 
zo a’ nostri fratelli, perchè è una vita 
che nei costumi si assomiglia a quella di 
coloro che la nostra patria fecero erede 
di esempli di genio maraviglioso, di af- 
fetti i più sacrosanti. Nulla è nel tempo 
presente che non ricordi col mezzo dei 
costumi quello che fummo. Spaziamo 
pure le età, mettiamo in mezzo ogni ef- 
fetto di civiltà, traduciamo dai tempi. 
trasvolati nei nostri ogni gloria, e saremo 
sempre queglino stessi che costumavano 
come noi usiam tuttodì. Ci arride quin» 
di l’anima perchè amiamo la patria spon- 
da, perchè teneramente amiamo il natio 
aere che fu respirato dai venetici eroi, 
perchè siam testimoni, mercé il deposito 
della storia, della condizione di una re- 
pubblica più celebrata, ci arride l’anima, 
diciamo,di pennelleggiare i costumi pre- 
senti, perchè ci sovvengono del passato. 


— 147 — 


Mais par quel sujet débuterons-nous 
dans ce tableau des moeurs de nos jours? 
quelles conditions nous serviront de rè- 
gles dans cet ouvrage? quel dégré de cé- 
lébrité pourra-t-on donner aux moeurs 
présentes qui sont dérivées des moeurs 
anciennes? Le commencement de nos 
récits ne sera autre chose que la fin des 
moeurs générales; nous y avons déjà dé- 
posé le germe qui donnera naissance au, 
grand arbre des mocurs d’aujourd’hui. 

Or, pour mettre de l’ordre dans leur 
description,ilnous semble qu’on ne saurait 
mieux faire que de suivre la succession 
chronologique des faits. Ainsi ce sera la 
meme chose qu’exposer, chacun à son 
tour, selon Je rang qu’ils occupent dans 
le calendrier, les usages ciyils et religie- 
ux de Venise. Or avant tout, nous in- 
vitons les étrangers el nos concitoyens à 
fixer leurs regards sur les délassemens de 
l’automne, appelés à Venise villeggiature. 


‘ Ma quale avranno principio le nostre 
narrazioni sulle odierne urbane usanze ? 
Quali condizioni serviranno di regola nel- 
I’ opera nostra? Qual grado di celebrità 
potrà. darsi all’odierno costumare se. po 
trà essere derivato dall’ antico? Il prin- 
cipio delle nostre narrazioni non è che.il 
termine dei costumi generali. In esse nar- 
razioni sponemmo già il germe che svi- 
lupperà la gran pianta dei costumi pre- 
senti. 

Ed incominciando questo presente co- 
stume , noi reputiamo ottimo il pren- 
derlo per fatti che cronologicamente si 
succedano. Quindi sarà lo stesso che 
esporre nel periodo di un anno le co- 
stumanze civili e religiose che occor- 
rono in Venezia. Ed anzi a tutto invi- 
tiamo il forestiero ed il cittadino a ri- 
guardare a’passatempi autunnali, che qui 
in Venezia si dicono villeggiature; dove 
il maggior brio si suol dimostrare. 


ee CR FE 


A l’exemple des anciens républicains, 
les Vénitiens d’aujourd’ hui regardent 
l’automne comme une saison de tranquil- 
lité et d’agréables loisirs qui repose des 
occupations du reste de l’année. Ils croi- 
raient mourir d’ennui s'ils s’arréta- 
ient dans la capitale (Venise) à celte épo- 
que. Aussi qui y reste ne le fait certes 


point par goût, mais par nécessité. Si 


vous arrivez à Veniseen automne et que 
vous fréquentiez ses habitans, partout 
vous entendrez parler de campagne; l’un 
annonce qu’il a donné ordre de préparer 
sa villa; Vautre raconte l’achat d’une 
couple de chevaux; un troisième enfin 
décrit la vie délicieuse qu'il mêne dans 
ses propriétés en terre-ferme. Quant à 
ceux pour qui est inconnu le luxe des 
superbes maisons de plaisance, et par con- 
séqnent des équipages ct des chevaux, 


Alla maniera degli antichi repubbli- 
cani, i Viniziani d’oggidi credono che la 
stagione autunnale sia il tempo della 
quiete e degli ozi piacevoli, che devono 
succedere alle occupazioni interne ed e- 
sterne della vita civile. Credono sia mo- 
rire d’inerzia il fermarsi nella capitale 
in questo tempo, e perciò chi vi sì fer- 
ma non lo fa già per elezione, ma tratto 
da angustie domestiche. Se tu t’imbatti 
a Venezia nella stagione delle messi, v 
che per poco pratichi qualche cittadino, 
odi spessissimo i dolci parlari intorno 
alle ville; e qui uno ti dice aver com- 
messo al fattore di apparare il. palazzo 
campestre; la un altro ti racconta l’ac- 
quisto di fresca copia di palafreni, e un 
terzo finalmente che ti descrive il modo 
con cui fra’ suoì possessi di terraferma 


i mena lietamente la vita. Quello poi a 


— 143 — 


vous les verrez se réjouir d'avoir été 
invités par un deleurs amis campagnards 
a venir passer chez lui quelques jours au 
milieu des délices de l’automne. Les pe- 
tites-maîtresses de Venise elles-mêmes, 
pour qui les promenades et les specta- 
cles de la capitale n’ont plus d’attrait, 
sesoupirent qu'après la liberté des cham- 
ps, et ne rêvent que treilles pliant sous le 
faix des raisins, sentiers solitaires, frais 
bosquets, ruisseaux limpides, agneaux 
caressants, en un mot tout ce qui s’ ac- 
corde le mieux avec la douceur des goûts 
féminins. L’imagination ardente des Vé- 
nitiens se réveille plus vive que jamais 
à cette époque, et chaque colline, chaque 
villa, et chaque champ s’y embellit des 
plus brillantes couleurs. Le bienheureux 
jour du départ arrive enfin; son aurore 
est saluée avec les plus vifs transports; 
les domestiques chargent sur leurs épau- 
les malles et paquets, et, non sans une 
indicible émotion, chacun dit adieu à ses 
foyers domestiques. Ceux qui n’ont point 
une gondole à leurs ordres, conviennent 
du prix pour le passage avec un batelier 
de traghetto. Souvent les amis de la fa- 
mille qui part l’accompagnent jusque 
sor le quai; alors s’échangent entr’eux 
les derniers et les plus francs adieux. 
Ceux qui demeureut, retournent au logis 
ayec un mélange de regret et d’envie, 
inais non pas avant que leurs yeux aient 
perdu de vue le bateau qui emporte 
leurs amis loin du bord. 


* 


x 


Puisque nous avons nommé les bate- 
liers, nous croyons devoir entrer ici dans 
quelques détails sur leur compte. Il 
faut d’abord distinguer deux différentes 
classes de bateliers. Les uns se tronvent 
“toujours à un poste fixe appelé à Venise 


. cui l’amplitudine del villereccio palazzo 
non è concessa, e perciò al diletto de’coc- 
chi ed allo sfarzo del lusso non può dare 
ricetto, va con teco racconsolandosi di 
essere stato invitato da qualche amico 
terrazzano a passare di alcuni giorni fra 
le campestri dilettanze. E le belle stesse 
di Venezia, per le quali i passeggi della 
capitale e tutti gli svagamenti di lei non 
hanno più alcuna attrattiva, aspirano ar- 
dentemente alla libertade de’ campi, € 
con le loro fantasie veggono i be? viali 
carichi delle uve e le strade romite é gli 
opachi boschetti e le acque fresche e dol- 
ci e gli amici animali domestici e tutto 
quanto è più conforme alle idee femmi- 
nili e più grato. La vivace immaginazione 
de’nostri si risveglia viemmeglio a questo 
tempo, ed ogni terra, ed ogni paese ogni 
campetto sono dipinti coi colori più es- 
pressivi e più yivaci. Spuntato il giorno 
fausto dell’andare, tutti lo felicitano co- 
me il più avventurato ed il più caro: ad- 
dossano a servi i pesanti bagagli, salutano 
non senza una certa emozione di animo 
i patri lari, e quelli che non hanno la lor 
pròpria barca, a’ tragitti si arrecano, € 
convengono del prezzo per essere a terra 
portati. Non è rado che alcuni degli ami- 
ci e delle amiche della famiglia che par- 
te l’accompagni al luogo dell imbarco 
e là si ricambino i più suhietti e leali sa- 
luti, e quelli che rimangono, con un mi- 
sto di amica invidia e di desiderio vee- 
mente giunga anco per essi il momen- 
to di recarsi nella villa, s' avviano alle 
proprie case, dopo aver seguito con l’oc- 
chio l’amico convoglio finche più non 
odono il tonfo del remo e non veggo- 
no lo spruzzo delle acque dal barcaiuolo 
fesse. 

Ma or che diciamo del barcaiuolo, sov- 
vienci che nella stagione di antunno, co- 
mechè i noleggi frequentissimi sieno, egli 
si tiene su alto prezzo per chi viaggia, e 
nascono quindi fra il viaggiatore e lui 
de’ grandi bisticci, che hanno sempre in 


traghetto ; ceux-ci sont quotidiennement 
occupés à trajeter quiconque le désire, 
dun bord à lautre du Grand Canal, 
moyennant une rétribution trés-modi- 
que; les autres louent leurs services à 
des particuliers, et se nomment à Venise 
bateliers de casada, (c’est-à-dire de maî- 
tre ). Leur unique occupation est de 
promener leurs maîtres sur les lagunes 
ét les canaux, où de les transporter 
en terre-fermé. Les premiérs ont tran- 
formé leurs traghetti respectifs en ne 
espèce de club, de comité; du matin 
au soir ils ne font que s’agacer et s’inju- 
riér réciproquement. Souvent mème, de- 
bout sur la poupe de leurs gondoles, ils 
ont eñsembleles debatslés plus comiques 
du mondé, commencant de rigueur par 
des propos ironiqués, et finissant par de 
piquantes injurés. Un étranger s’attend 
toujours, en pareil cas, à voir l’altéreation 
finir tragiquement; mais il en arrive tout 
autrement; à peine arrivés au quai, les 
Voilà de nouveau bons amis; les plaisan- 
teriés et les injures cessent en meme 
temps. Mais lorsqu'un compagnard se 
présente, c’est la chose du monde la plus 
risible que de voir et d’entendre ces 
bateliers le tourner ‘en ridicule, s’ils Pont 
reconnu, à sés habits grossiers, tout- 
à -fait neuf en fait d’usagés citadins. 
Combien de fois ne s’amusent-ils pas à 
faire courir l’idiot d’une gondole à Pau- 
tre, uniquement parce que le malencon- 
freux campagnard ne sait point leur 
donhér l’injonction proverbiale de: » 4 
la poupe!» Non contens de le tourner en 
ridicule de mille manières, ils s’attaquent 
aussi à sa bourse, et fraudent le tarif 
pour luiextorquer quelques sous de plus. 

La vie que mêne ces gens-là est réel- 
lement duré ét pénible ; ‘continuélle- 
ment exposés aux intempéries de l'atimo- 
sphère, ils supportent tour-à-tour fe froïd, 
Te chaud, là pluie ou là neige. Mais ils 
en sont dédommagés par Îes distta- 
ctions et la gaité que leur donne l'aller 


f 
i 
Ì 
Ì 
i 
ì 


ss (#9 = 


termine il vantaggio suo. Conviet peral- 
tro distinguerele variespecie di barcaiuo- 
li. Altri sono stanziaff ad un determinato 
tragitto che a Venezia si dice traghetto, 
é servono a trasportare dall’ una all’ altra 
sponda del gran canale il forestiéro, ed 
il cittadino, e per condurre questi e quel- 
lo al vicin continente; altri son coloro 
che servono a’patrizi, e che si addoman- 
danò barcainoli di casada, cioè di casato; 
eloro ufficio è di condurre i padroni a lor 
piacimentò per le acque viniziane, 6 per 
a loro possedimenti di terraferma. I 
prinii sono gente che hañno loro ciréoli 
è combricole al traghetto; e ché con di- 
versi motteggi l’un Valtro si piizicano, 
e si tengono quasi sempre in sulle offese. 
Là su quelle lor poppe dan fiato a loro 
dialoghi, i quali fan capo da un patlare 
irrisorio, e términano coi più amari sarcas 
smi, Si crederebbe che il forestiero ed il 
cittadino, alloraquando costoro gridanò 
e reciprocamente si vilipendono dovessero 
essere spettatori d’una tragedia sanguina» 
sa. Ma non la va così, chè giunti all’ap- 
prodo hanno finito le quistioni giuridi- 
che, nè più si proverbiano, nè più si vili- 
pendono. Quando poi giunge un terrafer=_ 
micré, èlla è la più gioconda cosa del 
inondo vederli ed udirli, se guardatolò ai 
panni lo conoscono zottico ed ignarò affate 
to del. Wenetico ‘costume. Quante volte 
non si veggono di cotestoro far andar da 
questa a quell’ altra gondola il poveretto 
che non sa gridare: #lla poppà l efarè eo- 
cezioni alle determinazioni della tariffa 
col costringerlo a Snocciolare qualche sol- 
do di più! 


La ‘vita ché fanno costoro € a dir vero 
‘aspra e forte, perche tutte le ore sidi gior- 
ho che di notte, al caldo sole, al freddo 
algente, alle pioggîe dirolte, suggetta. Ma 
ella è veramente rasserenata da mille altri 
‘oggetti d’intrattenimento che se le rap- 
presentano perquell’andare © venire con- 


— 120 — 


et venir perpétuel de mille individus dif- 
férens. Le batelier est le physionomiste 
le plus habile da Monde. En effet, son 
existence étant presque toujours désoeu- 
vrée, sans le passe-temps d'observer les 
uns et les autres, elle serait aussi bien en- 
nuyeuse, D'ailleurs, ils ne laissent échap- 
per personne sans essayer sur lui la force 
de leurs argumens qui tous ont pour but, 
comme on pense bien, de les engager à 
choisir leur gondole, et les réponses des 
passans leur suffisent pour en déméler le 
caractère et la condition. C’est à de sem- 
blables études qu’ils sont redevables, de 
leur esprit vif et pénétrant qui se plie si 
bien à toutes les circonstances. Si vous 
voulez passer du traghetto en terre-ferme 
et si vous êtes riche et bon-homme, ils 
ont l’art de vous imposer un prix supé- 
rieur à celui de vos compagnons de vo- 
yage moins aisés ou plus habiles, et il 
faut absolument en passer par tout ce 
qu’ils veulent. Alors ils vous font mille 
révérences et vous saluent du nom glo- 
rieux de patron et même de bon patron. 


 Telssoniles bateliers dits de traghetto 
à Venise, gens qu'il serait difficile d’em- 
pêcher de dire des insolenees lorsqu’ils en 
ont envie. Ils sont pourtant soumis à une 
discipline et à une espèce de chef qu'ils 
nomment gastaldo di traghetto. Ce 
chef est chargé de veiller à la régularité 
et à l’ordre des traghetti; en outre il 
doit empêcher les retards et les abus de 
tout genre familiers à ces gens-là. Mais 
bien qu’en cas de contravention aux ré- 
glemens , un batelier soit puni par la 
perte du droit de trajeter qu’on ap- 
pelle à Venise Uibertä , ils n’en sont 
pas plus obéissants pour cela envers 
leur supérieur. Plus la circonstance est 
favorable et plus ils sont insolens. Ce 
sont des individus qui semblent faits 
exprès pour fabriquer des droits et pour 
les soutenir avecles paroles etles actions 
les plus grossieres. 


tinuo delle genti. Il barcaiuolo è il più fi- 
no fisonomista che darsi possa. La ragio- 
nedi questo si è,che vivendo una vita più 
oziosa che no, sarebbe troppo noiosa se 
non venisse raddolcita dai diletti dell’os- 
servazione. Eglino non lasciano passare 
per la loro via nessuno che non lo attac- 
chino con argomenti i più interessanti, 
perchè del loro noleggio approfitti; quin- 
di hanno un mezzo, dalle risposte che lor 
vengono porte da passeggieri, di conoscere 
i diversi caratteri, le differenti fortune. 
Da ciò desumono quel fare loro spirito- 
so e vivace che gli rende adatti a _ tutte 
le circostanze; laonde se dal lor tragitto 
tu voglia portarti nel vicin continente, 
se ricco sei e buon uomo, hanno la bel- 
l’arte di porti una tassa d’imbarco a quel- 
la degli altri che teco verranno superio- 
re, e te la impongono nella maniera di 
chi comanda e di chi vuole; e se ti mo- 
stri di essere denaroso e uomo di por- 
tata, ma che sappi come dei trattarli, ti 
fanno riverenze mille, e ti salutano col 
glorioso nome di padrone e di buon pa- 
drone. 

Tale è quella maniera di gente che si 
dicono barcaiuoli di traghetto , che sa- 
rebbe difficile assai il poterla contenere 
alloraquando s’invoglia d’insolentire. Ha 
però le proprie discipline, ed è soggetta 
ad una specie di maggiorasco che dicesi 
gastaldo del traghetto. Questo gastaldo è 
investito del diritto di far eseguire esatta- 
mente le imbarcazioni, e gli incombe do- 
vere d’impedire i ritardi o gli abusi dei 
barcaiuoli; ma abbenche in caso di man- 
canza si opponga loro la pena di perdere 
il jus di traghettare, appellato a mò vi- 
niziano . libertà, nondimanco sono poco 
devoti agli ordini del loro superiore. In- 
solentiscono meglio, quanto meglio le 
circostanze a lor si presentino. Paiono 
uomini fatti apposta per fabbricarsi i di- 
ritti,ed avverarli con maniere e con fatti 
i più triviali. | 


[oa 


Mais de cette engeance bisarre et ef- 
frontée on doit distinguer à Venise les 
bateliers dits de casada. ]l existe une 
différence énorme entre ceux-ci et les 
premiers dont nous avons parlé tout-à- 
l’heure; les bateliers de traghetto sont 
ré ellement la lie du peuple ea compa- 
raison de ceux-ci. Les bateliers de casa- 
da:au contraire sont lestes et amusants; 
toujours vifs et gais, formés dans de bon- 
nes maisons, ils prennent peu-à-peu des 
mavières moins rudes. L’habitude de vi- 
vre constamment avec les maîtres leur 
donnant une certaine familiarité, ils ne 
se refusent point les plaisanteries et les 
saillies les plus divertissantes pour ceux 
qui les écoutent. C’est un plaisir que de 
les voir lorsque leurs patrons s’embar- 
quent dans la gondole pour se rendre 
quelque part. Chaque fois qu’ils montent 
ou qu’ils descendent de la gondole, celui 
qui se trouve à la poupe tient ferme avec 
la rame pour l’empécher de s’éloigner du 
bord, et l’autre, une jambe dans la gon- 
dole et l’autre sur le dernier dégré, la 
maintientimmobile et pour ainsi dire clo- 
uée au perron, et ayongant son bras à 
demi replié en guise d’appui , il aide le 
maître ou autres à entrer dans la gon- 
dole ou à en sortir. Leur attitude est 
celle du respect et vous les verrez tou 
jours remplir leur office la tte décou- 
verte. 


Outre le soin de diriger la gondole, 
ce sont encore eux qui doivent suivre 
ou précéder leurs maîtres ; nous disons 
suivre ou précéder, parce que le matin 
ils marchent avec lenteur et gravité sur 
les talons de leurs maîtres, en livrée bril- 
Jante, tandis que le soir ils les précèdent 
une lanterne à la main. Bien que les gon- 
doliers aujourd’hui encore soient pétris 
de malice et d’esprit, ils sont cependant 
bien inférieurs aux gondoliers des temps 
républicains, Jouissant à cette époque 


Pure se in Venezia trovasi eotal razza 
di barcaiuoli, dessa vuol essere distinta 
assai dall’ altra, che coloro i quali si ad- 
dimandano di casada costituiscono. Anzi 
questi rispetto a quella poltiglia sono uo- 
mini d’oro puro, e può dirsi bene i pri- 
mi essere a loro confronto la. feccia, la 
gente più dispetta e strania. Quelli di ca- 
sato assumono un far disinvolto e pic- 
cante; sono sempre allegri e vivaci. Incivi- 
liti nelle case dei loro padroni, seguone 
la maniere della gente che è più intesa a 
saziar voglie che a scemare bisogni. Sic- 
come poi la pratica con i signori che gli 
tengono al paneingenera in essi una qual. 
che confidenza, così non mancano di 
quelle argute celie, di que? saporitissimi 
frizzi che piacer portano a chi gli ascolta. 
È bello il vederli lorché i signori vengono 
in animo di essere per gondola traspor- 
tati in qualche sito. Allo smontare o mon- 
tare della comitiva signorile, quello che 
regge la barca sta a poppa col remo im- 
pugnato, e la tien ferma onde noniscostisi 
dall’ approdo, e l’ altro che para da prua, 
con una gamba nel fondo della gondola 
e con l’altra sur uno degli imi gradini, 
raccorciando il passo, che la tien ferma 
ed appressata alle soglie del palagio, e 
protendendo il braccio, forma poggiuole 
perchè le persone entrino in quella o di 
quella si tolgano senza pericolo. Il loro 
atteggiamento è l’atteggiamento del ri- 
spetto, e gli scorgeresti sempre fornire i 
doveri del loro uffizio a capo discovegto. 

Oltre lo incarco che hanno di con- 
durre le gondole, hanno quello eziau- 
dio di seguire o precedere lor signori 
per le vie ; e diciamo seguire o precedere, 
avvegnaché di mattino questi gondolieri 
camminano lentamente e gravemente die- 
tro a’loro padroni, in grande parata; e 
di sera lor vanno avanti, portanti in ma- 
no un acceso fanale. Sebbene gli odierni 
viniziani gondolieri dimostrino molta vi- 
vacità, molto brio, finissime arguzie, tut- 
tavolta scadono RT da quelli ch’era- 

ì 


d’une plus grande liberté , habitués à 
un genre de vie somptueux, ils avaient 
sous. la main mille sujets différens de 
plaisanteries et de bons mots. Ajoutez 
d'ailleurs à cela que leur vivacité d'esprit 
élait si agréable, et si recherchée de leurs 
maîtres, que l’on peut citer plus d’un 
sénateur qui estimait et affectionnait 
ses gondoliers au point de les traiter pre- 
sque comme ses amis. Aussi a-t-on dit 
souvent avec beaucoup de vérité que 
les gondoliers étaient plutôt les confidens 
que les domestiques de leurs maîtres. 
Que l’on ne s’étonne pas de cette di: 
gression à propos des bateliers, Elle était 
nécessaire, puisque à Venise ils se rez 
trouvent partout, et l’occasion s’en étant 
présentée, nous enavons profité pour dire 
une bonne fois ce que nous aurions dû 
dire peu-à-peu dans la suite, Retournons 
maintenant à notre premier sujet. 
Emportés surles ondes parleurs gondo- 
les, les Véñnitiens tournent encore leurs 
regards vers cette ville qu’ils chérissent 
d’un amour vraiment filial. Lorsque les 
pointes des clochers et les toits des 
palais'ont disparu, ils s’ amusent à re- 
garder les flots semés au sein des la- 
gunes; ces monastères tombant en ruines, 
vénérables preuves de la piété de leurs 
ancêtres, excitent en eux les sentimens 
les plus patriotiques. Ils reportent leur 
pensée aux temps antiques et s’enorgu- 
eillissent à juste titre, en réfléchissant 
que ces ilots, jadis déserts, ont été plus 
tard l’asile des hommes les plus illustres 
par leur science et leur vertu. Cépendant 
la gondole avance rapidement; elle tou- 
che déjà au rivage si désiré; les exha- 
laisons embaumées des fleurs et des plan- 
tes frappent l’odorat charmé et sont les 
prémices des plaisirs champétres. Alors 
notre coeur s'ouvre, tout respire la li- 
berté autour de nous, il semble que nous 
changions d'existence, et que les goûts 
de la ville fassent place par erichante- 
ment aux moeurs champêtres. Les Vé- 


Wp 


no a’tempi repubblicani. Allora, messi in 
mezzo agli spiriti di maggior libertà, av- 
vezzati ad un fare grandioso; aveano mille 
argomenti a tenere lo spirito svegliato ed 
in arco. Aggiugni che la briosità dello 
spirito loro era considerata ed apprezza- 
ta; nè furonò rari gli esempli che gli 
stessi patrizi mettessero in essi molto af- 
fetto, ed anzi in termine di amici tenes- 
sergli. Fu detto e con molta asseveranza, 
che i barcaiuoli non servi ma confidenti 
de’ patrizi si poteano considerare. 

Non paia strano che noi abbiam fatta 
questa digressione ad accennar il caratte- 
re de’barcaiuoli. Parveci necessaria, per- 


- chè costoro saltano sempre fuori in Ve- 


nezia, e venutaci l'occasione, ne ab- 
biam tenuto discorso per liberare le fu- 
ture nostre narrazioni da tutte le avver- 
tenze intorno a questo soggetto. Ora ri- 
torniamo al nostro proposito. 

I viniziani vanno per le salse acque, e 
si partono dalla natia cittade, lasciando: 
la con affetto figliale. Tolte dagli occhi 
le cime delle torri ed il bruno de’palagi, 
eglino s’ intrattengono ora a guardare le 
isolette che sono sparse per la laguna; e 
que’ monasteri dicrollati, segno della pie- 
tade de’ loro maggiori, eccitano in essi le 
più dolci ispirazioni della patria. Disten- 
dono i loro pensieri sui fatti antichi, e 
si gloriano che quelle isole, un tempo di- 
serte e disabitate, sieno state l’asilo di 
tanti uomini per pietade illustri e per 
dottrina. Avanza la barchetta, e allora 
stendono lo sguardo verso là dove ap- 
paiono le cime degli alberi e lo spazioso 
continente; e gli effluvi delle piante o- 
dorose della campagna spargendo l’ aere . 
di una dolcè fragranza; fanno respirare 
loro la campestre soavezza. Allora le ani- 
me si allargano; tutto spira libértade : 
pare che la vita si trasmuti e che la ur- 
bana esistenza si avvicini alla villereccia 
innocente. Il viniziäno che sbarca sul 
continente non ha più quella sua gra- 
vitade cittadinesca: per antica consuc* 


nitiens, dès qu’ils mettent le pied sur 
la terre-ferme, perdent leur réserve or- 
dinaire ; une vieille habitude leur fesant 
regarder les villes et les campagnes du 
continent comme l’asile de la liberté et 
du plaisir, ils làchent la bride à tous 
leurs caprices et se permettent mille bi- 
sarres incartades qui surprennent étran- 
gement le bon compagnard. L’ami et le 
régisseur attendent snr la rive le citadin 
avec sa voiture; c’est un premier pas 
vers lesamusemens de la terre-ferme. Ac- 
coutumé à glisser silencieusement sur les 
eaux dans sa fidèle gondole, il s’imagine 
> voler maintenantavecla rapidité et le fra- 
cas du tonnerre. Ignorant, d’ ordinaire, 
l'art de guider les chevaux, il courrait cer- 
tes un grand péril si la direction suprème 
de l’attelage lui était confiée. Désireux 
d'avancer le plus vite possible, il ne sau- 
rait souffrir les retards et les précautions, 
nécessaires sur les grandes routes pour 
éviterles chocs entre les différens équipa- 
ges quise croisent ousesuivent. Aussi plus 
d’une fois les villeggiatori Vénitiens ont eu 
sujet de maudire leur manie de courir à 
bride abattue, Mais, en dépit de leurs mé- 
saventures passées, ils n’en persistent pas 
moins dans ce goût, et, sans épargner 
les chevaux, ils volent vers leurs mai- 
sons de plaisance comme s’il s’agissait 
de gagner le prix de la course. Etudions 
maintenant le Vénitien à la campagne, 
soit dans l’intérieur de sa maison, soit aux 
champs, etc. 

Arrivé dans ses propriétés, il semble 
renoncer pour toujours aux besoins fa- 
ctices qui l’assiégent dans la capitale; se 
proposant de devenir un parfait campa- 
gnard, il met de côté les recherches de 
la ville, néglige à dessein sa personne et 
cherche à ressembler en tout à un bon- 
homme qui passe tranquillement sa vie 
au milieu des travaux rustiques. Avec 
«uelles délices il fixe ses regards sur la- 
gréable mélange de couleurs que forment 
le verddes arbres, la pourpre des raisins, 


: tudine avvezzo a considerare le città e 


le ville di terraferma come luoghi di li- 
bertade e di sollazzo, e’ si scioglie spon- 
taneamente ad ogni libero trastullo. Qui 
l’amico od il fattore lo attende col coc- 
chio, e fa il primo passo alle dilettanze 
campestri. Usato a correre soprale acque 


. entro la gondola fida, e’si crede volar per 


l aere mentre corre sulla terra. Ignaro, 
nella più parte, allo reggere freni e timo- 
ni, darebbe di leggieri in grandi perico- 
li se i cavalli venissero lasciati al suo go - 
verno. Amerebbe un corso veloce,nè poi 
sa dei schermie delle parate che sulle vie 
di maggiore frequenza si devono usare 
per non dar rintoppo nei cocchi che ci 
vengono incontro. E davvero non furono 
rade le volte che viniziani villeggiatori 
venissero malconci per questo loro anda- 
re alla scarrierata. Ad onta però dei fre- 
quenti passati pericoli, essi la vogliono 
alla loro maniera, e non risparmiando 
cavalli, allegramente si portano a’ palaz- 
zi di villeggiatura quasi andassero in luo- 
ghi incantati. Qui convien prendere ap- 
punto il viniziano nella sua villeggiatu- 
ra, considerandolo in casa, in campagna 
e nel couversar villereccio. 


e 


Dimorando nella casa di villa, il vini- 
ziano sembra che lasci in parte l’idea 
dei bisogni di opinione che tanto lo‘accer- 
chiano nella capitale. Proponendosi per 
intiero di essere’ uomo della campagna, 
dispoglia gli artifizii dell’ urbanità, negli. 
ge acconciamente la pérsona, cerca da- 
pertutto somigliarsi a chi vive una rusti- 
cana vita tranquilla. E gli eoi zaffiri, il 
verdeggiar delle piante, il rosseggiar del- 
le uve, il susurro delle acque cadenti, 
li gorgheggi dei volatili, li domestici ani- 


DER 


. l’ordesmoissons et les différentesnuances 
que la campagne nous offre! Comme il 
écoute avec ravissement le murmure des 
sources, le gazouillement des oiseaux, et 
le roucoulement des tendres tourterelles! 
Ces objets sont si intéressans pour lui 
qu’il ne s’en détache jamais qu’à regret. 

Qu’on n’aille point toutefois s’imagi- 
ner que ce soient là les seuls agrémens 
que la campagne offre aux Véaitiens; ils 
n'y passent pas moins bien leur temps 
dans des réunions d’amis; dans des par- 
ties de plaisir et surtout de gais repas 
où ilsne manquent jamais d’inviter quel- 
que compagnard ridicule, qui, en dépit 
de ses efforts pour prendre un air dégagé 
et tout-à-fait citadin, s’arrête tout court 
au milieu de ses complimens, et, ne sa- 
chant plus que dire, les termine bru- 
squement par une révércnce jusqu’à 
terre qu’il regarde comme un expédient 
admirable. Les promenades, la voiture, les 


chevaux aident aussi merveilleusement à : 


charmer les loisirs des Vénitiens; en ou- 
tre, grand nombre d’entr’eux considérant 
aVec raison les exercices du corps comme 
aussi agréables que salutaires, s’adonnent 
avee transport à la chasse et à la pêche. 
Qui changerait les douceurs d'une telle 
vie contre l’ennai d’une existence em- 
prisonnée entre quatre murs, où l’esprit 
seul à peine peut librement se déployer; 
existence qui réduit l’homme à un véri- 
table engourdissement. Si nous savions 
profiter des avantages que la vie cham- 
petre noûs offre, sans négliger pourtant 
les occupations de la ville, combien nos 
esprits seraient plus énergiques dans des 
corps vigoureux! Avec combien plus de 
facilité se déploiraient dans toute leur 
extension les franches et simples vertus, 
embarrassées aujourd’hui dans les en- 
traves de l'étiquette! Il n’est donc pas 
surprenant que les Venitiens, vifs et gais 
comme ils le sont, profitent avec em- 
pressement de leur séjour à la campa- 
gne pour mettre de côté l'étiquette 


mali che van carolando per le aie de’co- 
loni, il gemere de’colombi e via di- 
vengono li suoi intrattenimenti ; anzi 
questo quadro tanto puote sull’anima sua, 
che egli non distrarrebbesi mai da quello 
che indarno aspetta in Vinegia colpisca- 
gli i sensi. 

Non vogliam però dire essere que 


sti i soli intrattenimenti che dansi in 


villeggiatura li viniziani. I giuochi tutti 


che si accostumano nelle civili adunanze; 
i pranzetti, a’quali sempre assistono certe 
persone alle cui spalle ridon le brigate, e 
sebbene nel contado meninoimportanza, 
pure avvézzi al viver semplice e meglio 
naturale che urbano, si perdon mezzi nel . 
complimentare, e pare loro buona ven- 
tura il saper fare un inchino profondis- 
simo verso i cortesi che gli invitarono; 
il passeggio; il cocchio, la cavalcata sono 
altrettante occupazioni che fanno lieti i 
nostri nelle loro ville. Oltreciò, reputando 
taluno, che gli esercizi del corpo riescano 
profittevoli, non intralasciano di tenersi 
alla caccia ed alla pesca, e di buon mat- 
tino li si osservano armati d’archibugi 
uscir dalle case coi lor bracchi e con le 
cagne levriere, magre, studiose e conte, 
in cerca di preda; e quando son fortuna- 
te le lor scorrerie, allora il sudor del 
cammino loro è giocondo, cara la lassi- 
tudine delle membra, e gloriosi della 
vittoria, in sè stessi si esaltano, potendo 
mostrare gli effetti della loro destrezza 
cacciatrice. Chi vorrebbe cangiar le dol. 
cezze di questa vitaper le angustie di una 
stanza romita in cui l’azione è quella del 
rattristato pensiero, in cui la forza è si- 
mile all’inerzia ? Se gli uomini sapessero 
sempre approfittare della vita campestre, 
senza però dimenticare i modi della cit- 
tadina, quanto più energici sarebbero gli 
spiriti in energici corpi, e quanto meno 
gli artifizi del vivere urbano impedireb- 
bero alle, schiette virtù di mostrarsi nel 
loro aspetto vergine e naturale ! Infatti, 
i nostri viniziani, di natura vivace e 


et se rapprocher de la nature. Aussi 
n’est-il pas rare de voir les personnes 
les plus distinguées de Venise inviter 
les paysans et les paysannes aux bals 
champétres qu’ils donnent dansleurs pro» 
priétés.Cinq ou six joueurs d’instrument, 
les orphées du village, raclent sur leurs 
violons ou hurlent dans leurs flageolets 
les villotte et le friulane (1): c’est aux 
sons de ce concert mélodieux que dan- 
sent les belles et les jeunes-gens du vil- 
lage ; ignorants comme ils le sont dans 
l’art de la danse, on imagine aisément qu’ 
ils dansent moins qu’ils ne sautent et ne 
se trémoussent. Si vous n’avez jamais 
assisté, ami lecteur, à semblable cohue, 
vous vous en ferez difficilement une idée, 
et nous sommes certes nous-mêmes en 
core moins capables de vous décrire au 
nalurel cette scène curieuse. L’un tient 
la tête droite, l’autre penchée, celui-ci la 
balance sur ses épaules et celui-là est 
raide et guindé, si bien que ce coup-d’oeil 
ressemble assez à celui qu’offrent les 
marteaux qui frappent les cordes du 
clavecin. Là, point de pas fins et pressés, 
nobles et lents selon l’expression de la 
musique; l’un traîne pesamment ses ta- 
lons sur le sol, l’autre saute de toutes 
ses forces et un troisième enfin, avançant 
à pas de géant, traîne violemmeut après 
Jui sa danseuse enchainée par son poignet 
de fer. N’espérez point non plus de trou- 
ver chez ces grossiers villageois l’art de 
pencher gracieusement la tête, d’animer 
le regard, de se mouvoir avec précision 
et flexibilité; n’espérez point surtout 
d’admirer chez eux ces posesenchanteres- 
ses qui respirent la volupté même, cette 
souplesse dans les bras, dans les jarrets, 
ces pirouettes savanies, ces pas tantôt 
gracieux et tantôt passionnés qui enchan- 
tent nos regards dans un bal élégant, 
Mais c’est précisément ce manque total 


(1) Danses populaires en usage dans 
les provinces vénitiennes. 


lieta, vogliono che in que’luoghi siavi 
più larghezza di tratti liberi, perchè la 
natura si mostri propriamente quale è, 
spontanea e semplice. Quindi frequente- 
mente nobili e signori viniziani invitano 
i figliuoli e le figlie del contado, perche 
assistano a certe feste che di quando it 
quando bandiscono. Quattro o cinque 
suonatori, gli orfei del villaggio, cavano 
da’loro istromenti le villotte e le friulae 
ne (1), ed allora a quelle note musicali 
le belle del contado co’ loro Adoni ve- 
stiti in tutta pompa festiva si aprono ai 
balli; e come quelli che non sanno mica 
di danza e di musica, vanno come più 
forzae desio di carolare gli spinga. Cerchi 
di trovar livello alle teste? ne vedi una 
spingersi alto, un’ altra ricurvarsi, qua- 
le ciondolare, quale altra star ritta ritta 
ed immobile, e presentarti così una sce- 
na che assomigliasi bene all’alterno moto 


+ de’ martelli che percuotono le corde del 


cembalo armonioso. Vai con lo sguardo 

a’ piedi? tu non trovi i passini or dilica- 
li e stretti, ora aperti e misurati, secon- 
doché 1’ andare della musica impone, ma 
quale ruzzola per terra, chi violentemen- 
te spicca salti per l’aere, un altro di pass 
si giganteggia da trarsi con violenza la 
compagna del ballo. Indarno quindi do- 
manderesti il molle piegar della testa 

con la passione de’begli occhi lucenti, 

indarno quelle dolci movenze della pey- 
sona che ispirano la più tenera voluttà, 

indarno quelle pieghevolezze delle brac- 
cia, quelle capriuole or trinciate or cle- 

menti, quel volo or placido e cheto, ora 
veemente e conforme. Quivi tutto quello 
che fassi è la natura, non l’arte che de- 
sta gli affetti con le sue mollezze. Vini- 
ziani a queste scene godono mirabilmen- 
te e fra sè ragionano assai spesso; ed es- 
cono tal fiata laudando or questo balleri- 
no or quella danzatrice. À cosiffatti en- 


(1) Specie di ballo popolesco che si 


usa nelle venete provincie. 


de grâce et d’art qui rend le spectacle 
plus piquant; aussi les Vénitiens se plai-. 
sent beaucoup à ces réjouissances cham- 
pétres, et ils y assistent long-temps, lou- 
ant tantôt Pun, tantôt: l’autre des dan- 
seurs. Rien de plus comique que le mé- 
lange d’orgueil et de respect avec lequel 
fes paysans écoutent ces éloges. Pour 
mettre le comble à leur joie, durant ou 
après le bal, au lieu des glaces, des ra- 
fraîchissemens que des laquais en livrée 
présentent avec cérémonie dans les fêtes 
somptueuses de la capitale, on distribue 
avée profusion des viandes et du vin, et 
| la sairée finit aussi joyeusemert qu’elle 
a commencé, 
Mais tandis que les Vénitiens passent 
‘ ainsi agréablement leurs journées, le tem- 
ps s'enfuit, et l’automne approche de sa 
fin. Les arbres perdent leur verdure; 
l’herbe se dessèche et jaunit ; les oise- 
auxs’envolent vers des climats plus doux; 
leur gazouillement ne réjouit plus les 
bois; adieu la chasse, les promenades et 
Ta pêche. Alors.le paysan se retire dans 
son humble demeure, s'occupe de ses 
troupeaux et répare les instruments qui 
doivent lui servir plus tard ; la pluie et 
les frimats ont succédé pour long-temps 
aux beaux jours. On dirait que la natu- 
- re qui semble prendre son propre deuil, 
veuille nous enseigner que tout ce qui 
existe ici-bas doit finir. Lorsque rien ne 
présente plus d’utiles occupations on d’a- 
gréables divertissemens au corps et à l'e. 
sprit, lorsque l’àme, qui subit toujours 
l’impressiondesobjets extérieursqui frap- 
pent lesregards, commenceà s’assombrir 
comme la nature, alors le Vénitien aban- 
donne: la campagñe pour retourner à 
Venise; qui s'apprête à lui offrir de 
nouveaux plaisirs en dépit des frimats. 
Prompt etjoyeux il se dispose à repasser 
la lagune, et à revoir ses foyers. Le mon- 
denous offre des compensations en toutes 
choses ; l’homme ne peut supporter 
l’idée de la privation; pour remédier aux 


comii vanno in succhio i villani, e ere- 
donsi allora da vero ammaestrati dalla 
stessa ‘Tersicore. Cessata la danza, non 
attenderti che a confortare le forze dei 
danzatori escano camerieri ad offrir loro 
limonee o sorbetti, dolci e tutti gli altri 
dilettamenti che offrono gli offellieri ed 
i caffettieri. La cucina e la cantina dan- - 
no i restori a que’ petti non dilicati. 


Ma mentre i nostri viniziani s’intrat- 
tengono delle delizie, l’autunnale stagione 
volge al suo termine. Gli alberi depongo- 
no l’onor delle foglie, l’erbe intristisco- 
no ed ingialliscono, gli augelli riparan 
ne’tetti; non s ode quindi il loro garrito, 
cessa il rumor della caccia, il diletto dei 
passeggi, que’ della pesca; il villanello 
anch’ei si ritira nella sua casa, e s’intrat- 
tiene operando intorno alla greggia, o 
procurandosi strumenti di opera futura; 
il cielo non più è sereno ma nebuloso, 
piove fredda brina, l’aere incrudisce, le 
acque si rapprendono, e sembra che 
la natura volga al suo termine, e voglia 
ammaestrare, che tutto quanto esiste sen- 
sibilmente deve alfin tramontare. Quan- 
do ogni cosa adunque è scomparsa che 
presentar possa agli sguardi ed alla per- 
sona dilettevoli esercitamenti, e che l’a- 
nimo per l’assomiglianza che hanno i no- 
stri corpi cogli altri della natura tristi- 
zia e mestizia subisce, allora villeggiatori 
lasciano lo stato campestre per ripigliare 
l'imbarco; allora al cittadino. venetico 
ricorrono alla mente i pensieri di que’di- 
vertimenti che offre la capitale nel tem- 
po medesimo, e si dispone con animo 
pronto a ripassar la laguna, e a salutare 
i patri lidi. In tutte cose di quaggiuso 
evvi un compenso: l’uomo non può sta- 


mes) fe 


défauts apparens de la vie, il a recours 
aux raffinemens du luxe. Ainsi les Vé: 
nitiens, prêts à rentrer dans Venise, ne 
pensent qu’à l’état brillant où ils trou- 
veront cette ville, état bien différent 
certes de celui de la campagne dans cette 
rude saison. Les voilà qui font avec 
empressement leurs préparatifs de départ; 
ils s’éloignent, ils traversent la lagune, et 
vers le commencement de novembre pre- 
sque tous sont déjà de retour. 


re alle idee della privazione; quindi ai 
difetti apparenti della vita seppe egli sop- 
perire con li ritrovati della civiltà. Mo» 
vendosi i veneti per alla capitale, ogni 
loro pensiero è inteso a ciò che sarà la 
patria loro a comparazione di quello che 
è allora la campagna. Quindi, lasciato il 
parlare delle campestri dilettanze, salgo- 
no i cocchi, e disfilano per alla Jaguna. N 
tempo della partenza è pressochè sempre 
al principiar del novembre; e nel no- 
vembre sono quasi tutti ripatriati. 


"mez è DE 4 Ion 


Ils arrivent tout juste pour la féte des 
Morts. Cette fête est un jour solennel, 
un jour qui s’ écoule à Venise dans un 
mélange de tristesse et de joie. Les Vé- 
nitiens sont peut-être le seul peuple qui 
ait su trouver le moyen d’utiliser en mé- 
me temps les pensées dela morale la plus 
sévére, et celles de la joie la plus vive. 
Le jour des Morts est sûrement uti jour 
qui réveille les sonvenirs les plus doulou- 
reux et les plus sombres, mais il sert du 
moins à apprendre à l’homme que la vie 
passe comme un songe et qu’elle ne s’ar: 
. rête jamais. Que de sagesse dans les in. 
‘slitutions du rité catholique ! On y a 
fixé la fête des morts à l’époque de l’an- 
née où la nature n’est plus réchauffée, 
mais seulement éclairée par un soleil lap- 
guissant, à l’époque où elle s’enveloppe 
de brouillards et de frimats comine d’un 
linceal. Entrez dans une église et vous 
verrez que là aussi la joie a fait place 
aux gémissemens de la douleur; les 
catholiques, et les Vénitiens surtout, 
profonds dans la science du coeur hu- 
main, cherchent alors à inspirer la 
douleur dans leurs temples au moyen 
des objets extérieurs. Aussi, si vous en- 
trez dans une de leurs églises, à la vue 


des orncmens de deuil qui recouvrent - 


Giungono per lo più nel giorno sacro 
alla memoria degli estinti, poiché deside- 
rio loro è di tributare in patria a quel: 
laricordanza. Questo è solenne dì che in 
Venezia scorre attemprato alle idee del- 
la mestizia ed a quelle della gioia. Solo 
i veneti trovarono i segreti di prevalersi 
delle idee della morale più severa e di 
quelle della gioconidità più serena. ll gior- 
no dei Morti è giorno di reminiscenze 
angosciose e ferali, ma che giova per sov= 
venire, che la vita passa come l’ombra 
del meriggio, e che giammai sta. Quanta 
sapienza è nelle istituzioni de’riti eccle- 
stici dei cristiani cattolici! Eglino, asso- 
migliano il giorno dei morti al giorno del- 
la natura che lasciail sole più caldo e più 
vivo per assumere di lui una lavguida 
luce, per vestirsi di nebbie, di brine e di 
squallore. Va infatti nei templi, e tu ve- 
drai che il fasto dell’ A/leluja si è conver:- 
tito negli omei della morte. Viniziani, 
studiati delle condizioni degli animi, 
crebbero nello interno de’ templi il ñume- 
ro delle impressioni mortuarie, e chi en- 
tra neile chiese, al vedere le negre gra: 
maglie appese alle sacre pareti, le lampa- 
de accese, la copia di cerei disposti sulle 
are consecrate, ed ode illugubre Requiem 
ed il querulo Zibera dai sacerdoti pro-. 


== 


les murs, deslampes funéraires, des cier- 
ges et des torches qui brùlent sur les 
catafalques, à l’ouïe du lugubre Requiem 
et du Libera plaintif psalmodiés par 
les ministres de l’autel et accompagnés 
par l’orgue, au milieu du recueillement 
profond de tous les assistans, vous vous 
sentez pénétré d’un religieux respect, 
vous courbez votre front et vos lèvres 
murmurent tout bas avec émotion une 
priere fervente. | 

L’aumòne remise aux mains du bedeau 
on des clercs est abondante ce jour-là. 
Quel coeur pourrait demeurer insen- 
sible à l’aspect des ministres sacrés re- 
vêtus d’ornemens de deuil, qui prient à 
voix basse et tremblante pour le repos 
de ceux qui dorment éternellement ? Oui, 
cette tête estune des plus salutaires pour 
les hommes, parce que, nous rappelant 
ce que nos péres furent et ce que nous 
serons bientòt, elle réunit le passé et le 
présent à avenir. Les Vénitiens la cé- 
lebrent à bon droit, car en effet rien 
n’est plus propre à rendre les citoyens 
meilleurs que la pensée que tôt ou tard 
doit venir le jour de la colère, du bou- 
leversement de la nature, de son anéan- 
tissement final, et de notre éternelle fé- 
licité ou de notre malheur éternel. 

Ils ne voulurent point cependant que 
l’appareil extérieur des temples dimi- 
nuàt dans nos âmes l’amour pour la vie 
présente; un gouvernement sage veut 
que lescitoyens soient religieux mais non 
pieusement inutiles. Quiconque vit en 
société, ne peut oublier pour ceux de la 
religion les devoirs de Pexistence qui se 
fondent sur la tranquillité publique. Il 
fallait donc étaler de la majesté et du 
luxe dans nos églises; de là les riches 
draperies de velours noir, les cierges, les 
torches, la pompe: chaque objet réveille 
‘ainsi en même temps l’idée du passé, 
du futur et celle d’un présent fortuné. 
‘C’est alors que l'esprit s'ouvre à diver- 
ses impressions; taudis que d’uu côte ils 


nunziati e dagli organi ripetuti in mezzo 
all’aspetto sommesso delle genti, si sente 
compreso da unreligioso timore della vita 
aVvenire, e con voce fioca mormora la 
preghiera del riposo a’defunti. 


Quivi nelle nostre chiese l’obolo, qua- 
sia placare l’impeto della morte col mez- 
zo di un tributo, suona spesso e molto 
entro al salvadenaio che a sollievo degli 
estinti offre il nunzio od il cherco. Tutti 
son puesi da vera pietade. E chi non com- 
moverebbesi al vedere i ministri del san- 
tuario, apparati a lutto, in fioca voce e 
dimessa pregar pace a coloro che dormo- 
no? Infatti è questo il giorno più salutare 
pegliuomini, perchè meglio ci ricorda ciò 
che siamo, e perché unisce il presente col 
secolo passato e col futuro. I viniziani lo 
solennizzano a buon dritto, avvegnadio il 
cittadino migliora più i costumi quando 
sappia dover venire il giorno dell’ira, 
della convulsione del secolo, dell’annien- 
tamento delle cose e dell’eterna beatez- 
za o sventura. 

Eglino però non vollero che lesterie- 
re apparato dei templi scemasse negli 
animi l’ amore della vita di qua: un 
governo sapiente vorrà il cittadino buo- 
no ma non inutilmente pietoso. Chi vive 
nella vita presente, non può obliterare i 
primi uffizi dell’esistenza per quelli del. 
la religione, che si fondano sulla tran- 
quillità civile. Dunque mestieri era nei 
templi sfoggiare grandezza e pompa e 
lusso. Impertanto i lunghi drappi e spa- 
ziosi di nero veluto vestire le pareti sa- 
ere, tutto armoniare ad un determinato 
disegno, i simboli del passaggio della vi- 
ta esser degni del resto dello apparato, 
ogni cosa svegliare simultaneamente al- 
l'idee del passato e del futuro quelle di 


tt € 


sont frappes de la pensée que tout passe, 
de l’autre celle da monde présent, qui 
est la plus chère , parce qu’elle est fil- 
le de nos propres vertus, les distrait 
et lesanime. Cette dernière pensée les en- 
gageait à méditer plus courageusement 
sur la mort ; elle leur inspirait l’idée de 
la vie future avec l’enthousiasme qu’ex- 
citent les pensées qui nous dépeignent 
un avenir infaillible et heureux, succé- 
dant au présent le plus prospère. 


Si, abandonnant les églises, les céré- 
monies funèbres etle recueillement des fi- 
deles, nous passons à l’examen des autres 
usages qui se pratiquent à Venise le jour 
des, Morts, c’est quenous sommes persua- 
dés que ce sera un sûr moyen de faire 
connaître encore mieux le vénitien, Nos 
ancêtres, qui, à cause de l'antiquité re- 
culée de leur origine, portèrent dans les 
lagunes les souvenirs du paganisme, ne né- 
gligérent point ceux d’entr’eux qui pou- 
vaient servir à l'exercice de quelque 
vertu, bien qu’ils professassent sincére- 
ment la religion chrétienne. Les Gentils 
avaient l'habitude le jour des morts 
qu'ils appelaient celui des Dieux Mà- 
nes , d'offrir aux ombres le fruit de 
la fève. Il l’avaient choisi , parce que 
cette plante, presque noire, dont la tige 
droite semble inflexible comme les di- 
vinités infernales, méritait bien de leur 
étre consacrée. Nourriture plus facile à 
conserver qu'aucune autre, elle était chez 
les Gentils le symbole de l’immobile du- 
rée de l’Averne; en effet, les poètes de 
Vantiquité appelaient le gouffre du Tar- 
tare inexorable , le sombre et éternel 
Averne; lieu de ténébres et d’angoisses 
sans fin, et de perpétuelle terreur. 1l 
était donc naturel que nos aïeux, ini- 
tiés aux coutumes des Gentils, les con- 
vertissent en coutumes chrétiennes, car 
si elles étaient utiles aux payens, elles 
devaientl’étre encore plus aux chrétiens, 


un presente felice e prosperoso. È in 


questo che gli animi si allargano. a di- 


verse impressioni; e mentre da un lato 
provano le sensazioni della natura che 
passerà, dall’altro sorio animati da quel- 
le del mondo, che carissime sono; perche 
figlie delle proprie virtudi. Questa idea 
ultima li faceva più franchi nel pensare 
alla morte; eccitava in essi il pensiero 
della vita futura con quell’entusiasmo 
con cui si risvegliano le idee che ci di- 


- pingono un avvenire inevitabile enon fu- 


nesto. 

Che se lasciamo i templi, le cerimonie 
ferali, la compunzione degli animi, e pas- 
siamo a considerare le altre costumanze 
che nel giorno de’ morti si osservano in 
questa capitale, tanto meglio conoscere- 
mo il carattere del viniziano. I nostri, che 
per l’antichezza della loro origine por- 
tarono in queste isole le gentilesche idee, 
benchè. le cristiane professassero, non 
intralasciarono quelle finchè servissero 
loro di guida a praticare virtude, I gen- 
tili costumavano nell’anniversario der 
morti, che chiamavano quetlo degli Dei 
Mani, di offerire all’ombre d’Averno i 
frutti di una pianta, che dicesi fava. E la 
ragionesiè, che questa essendo nerognola 
anzichè no, e ritta sul suo gambo, il qua- 
le pare inflessibile al paro delle divinità 
infernali, la tributavano a queste come 
propria del loro nume e della loro pos- 
sanza. Cibo più sustanzioso e durevo= 
le di ogni altro, simboleggiava appo gen- 
tili l’indefettibile tempo delle case d’A- 
verno; imperocche poeti delle antichità 
chiamavanle Fauci dell’inesorabile Orco, 
del triste ed interminabile Averno, luo- 
go oscuro.di angoscia che non finisce, e 
di terror che non scema, Non era adun- 
que difficile che i nostri, consci. del co- 
stume gentilesco, lo convertissero in co- 
stume cristiano, perche se a’ pagani uti- 
le, utilissimo riuscir doveva a’cristiani, 
pell’Evangelica luce illuminati. Di che 
la fava nel di dei morti fu un nome che 


17 


“sei = 


éclairés par les lumieres de l’Evangile. 
La feve fut donc consacrée au jour dés 
Morts; et.le riche comme le pauvre con- 
servent encore aujourd’hui cet usage. 
Autrefois, c'était Je couvent des Frères 
mendiants qui dispensait la fève: lieu 
bien digne de fonrnirun présent qui rap- 
pelait la misère de la vie. Le jour desmorts 
en effet, et le pauvre dénué detout et l'in: 
fortuné qui peut à peine vivre par le tra- 


vail de ses mains, se rendaient au Couvent . 


munis d’écuelles destinées à contenir les 
fèves distribuées par les moines. On les 
voyait se succéder les uns aux autres 
tandis que le distributeur de ce légume 
terriblement affairé, pressait les gens d'en 
cuire pronptement pourqu'il pûten distri- 
bueraux pauvres. Il s’ensuivait un désor: 
dre, un embarras inouis entre ceux qui se 
rendaient à l'office et ceux qui en retour- 
naient chargés de fèves; le distributeur 
se metiait hors d’haleine pour contenter 
tout le monde, et à l'office on en fesait 
- autant. Les feux allumé; sous les chan: 
drons ressemblaient à des fournaises; on 
entendait le sourd murmure de l’eau 
qui s'élevait à gros bouillons, les fé- 
ves en sortaient brùlantes , et les in: 
dividus chargés d’entretenir le feu, en- 
tassaient fagots sur fagots: Une sembla. 
ble scène présentait le coup-d’oeil le plus 
agréable et le plus varié. Mais si du cou- 
vent vous vous transportiez chez les con- 
fiseurs, vous trouviez la manière changée, 
et non l'usage, Je m'explique. Les con- 
fiseurs, fidèles aux coutumes anciennes, 
présentaient eux aussi des fèves aux cha- 
lands qui fréquentaient leur boutique, 
mais ce n’était plus la fève telle que nous 
la cueillons sur sa tige inflexible; le sucre 
et tous les ingrédiens inventés par la 
délicatesse s’étaient chargés d’en corriger 
l’Apreté. Ce dernier usage s’est conser: 
vé jusqu’à nos jours, et les confiseurs 
font présent à leurs pratiques de fèves 
confites. Plusieurs classes de citoyens 
emploient encore aujourd’hui cette mé. 


ripelevasi, € si ripete tuttora pella is 
ca del ricco e per quella del povero. Nei 
trasandati tempi la fava dispensavasi dal 


‘ convento de’frati mendicanti ; vero luo- 


go ed opportuno da cui procedesse un 
dono che rammentava le miserie della 
vita. In questo giorno e quegli cui la 
roba manca, e altro che dalle proprie 
mani tenue mercede ricava , di ogni 
cura abbandonati, traevano ai conventi 
con loro scodelle a ricevere dai fra- 
telli la fava desiderata. Quivi vedean- 
si gli uni agli altri succedere, e il di- 
spensiere della stessa fortemente prestar- 
si perchè chi era inteso a cuocerla, 
pronto operasse ad apparecchiarnein buon 
dato per farne dispensa. Quinci un bru- 
licare ed un fervere di chi andava per la 
civaia, e di chi veniva della stessa ricol- 
mo; unaffaccendarsi di chi dispensavala, 
ed'un affaticarsi di chi la euoceva. Pa: 
reanoifuochi sotto le caldaie altrettante 
fornaci; la gorgogliante acqua facea il 
sno cupo susurro, erutandovi a pelo it 
bollente frutto, e chi incendevano ‘le 
fiame, non rifiniano dall’accatastare te 
legna. Un’azione così viva e variata era 
cosà che fortemente dilettava. Senon che; 
partendosi di qua, e volgendosi agli of: 
fellieri, la bisogna mutava non il costu- 
me, ma la sostanza od il mezzo di quel- 
lo; vogliam dire anche gli offellieri ai 
loro avventori di bottega presentavano 
la sua fava, però rimpastata all’offici- 
na dei dolci, nel luogo delle dilicalezze 
e della mollezza. Cid se costumossi ‘iv 
antico, non è negletto nel presente tem- 
po e li buoni avventori sono regalati di 
fava dall’offelliere, che fra il donare ed il 
vendere è Puomo in questo giorno il più 
affaccendato che mai. Chi offerse il cuore 
a qualche bella, mancherebbe ad un punto 
di gentilezza se non le presentasse della 
fava; ed il padre amoroso, quasi a prova 
di affetto, rallegra con essa la gola dilica- 
ta de’suoi teneri nati. Eppure se gli usi 
della fava meglio si conoscessero nella lore 


<< Bhe 


me feve, maia ils la donnent dans de 
tout autres Un 
rait se dispenser en pareil jour de pré- 
senter des fèves à sa belle, et le pere 
tendre, toujours empressé de contenter 


vues. amant ne sau- 


les désirs de ses jeunes enfans, leur en 
distribue en abondance. Au fond, si 
les moeurs présentes étaient moins cor- 
rompues, si l’usage de la fève rappelait 
à tous son origine, ce présent, si insigni- 
fiant en apparence, aurait un but aussi 
utile que sérieux. Mais il en est tout au- 
trement ; nous avons. conservé l'usage, 
sans en connaître la cause et fin. 

Une ancienne coutume permet aussi 
dans le même jour aux bateliers pauvres 


et aux au!res malheureux pressés par 


le besoin, de se poster dans divers en- 
droìts de la ville, demandant à la charité 
des passans, comme récompense des priè- 
res qu'ils adresseront à Dieu pour l’âme 
des trépassés, une aumòne quelconque 
que chacun dépose dans les bassins que 
ces infortunés présentent. La pieuse pa- 
role de prières pour le soulagement des 
morts produit Les fruits les plus heurenx. 


= 


origine, il regalo avrebbe, il più bello ed 
utile degli scopi, Ma il fatto corre. di- 
versamente, ed ora serbasi il costume 
seuza conoscere la causa ed il fine. 


In questo giorno l’antico costume fece 
un diritto a’ barcaiuoli poveri e all'altra 
gente minuta, da pressanti bisogni spin» 
ta, di appostarsi in diversi siti della città, 
chiedendo alla caritade, quasi a ricome 
pensa delle preghiere che farebbero. pei 
defunti del cortese che nel salvadanaio 
per loro offerta colasse una quantunque 
piccola moneta. Efficacissima la pietosa 
parola di confortare a’ trapassati, produ- 
ce loro bellissimi frutti. 


—- mena DL TR Por — 


Le jour de S.Ù Martin se distingue 
pareillement è Venise par une coutume 
particulière. Dès les temps de la répu- 

-blique, c’était dans ce jour que les loca- 
aires etles fermiers offraient à leurs pro- 
priétaires et à leurs patrons, en signe de 
gratilude ou à titre de redevance sti- 
pulée dans le bail ou contrat de loca- 
tion, un porc ou un quartier de cet ani- 
mal; ce qui ne constituait point le prix 
de loyer , mais seulement un appoint 
que les locataires avaient et ont encore 
l’usage de payer en nature à leurs pro- 
priétaires. De là provient à Venise l’usage 
de manger de la chair de porc en ce jour, 
non seulement dans les maisons particu® 


Anco il giorno di san Martina in Ve- 
nezia porge ugualmente un particolare 
costume. Fin dai primi tempi veneti lo si 
fissava come quello: in cai i locatari de- 
gli stabili e gli affittuali offerivano a’pro- 
prietari ed a’ padroni una certa quantità 
di carne suina in riconoscenza, o come 
dovere derivante dal contratto di affitto. 
Questo tributo però non costituiva di per 
sè l’affitto, ma era un’aggiunta all’affitto 
stesso, che in questo di dagli accennati 
soleasi e suolsi pagare, Di qui venne la 
usanza di mangiare nel giorno di san 
Martino il maiale, e non solo nelle case 
private, sì ancora per le pubbliche oste- 
rie, Essendo dunque invalso quest’uso, ab- 


lières, mais anssi dans les auberges et les 
cabarets. Cet usage ayant donc prévalu 
universellement , bien qu’aujourd’hui 
cette offrande, cette espèce de tribut ne 
soit plus généralement usitée, il en est 
résulté que les charcutiers se sont chargés 
de conserverl’antique usage, fesant acqui- 
sition vers cette époque d’un grand nom- 
bre de porcs..Or, è propos des charcu- 
tiers, nous ne saurions oublier que les 
classes pauvres, dont la bourse n’est guères 
bien garnie, ne pourraient résister à la 
fatigue, faute d’une nourriture substan- 
tielle, si elles ne trouvaient des établisse- 
mens où elles peuvent satisfaire leur appé- 
tit à peu de frais, et c’ést précisément 
chez les charcutiers qu'elles trouvent de 
précieuses ressources en ce genre; mais, 
afin de mieux comprendre comment les 
choses se passent, sachez d’abord de quelle 
manière le charcutiers’y prend, afin de se 
È rendre utile aux nécessiteux. Dans une va- 
ste chaudière, il cuit un bouillon excel- 
lent et substantiel, une espèce de soupe 
nommée guazzetto, qu’il vend à très-bas 
prix; à Venise seulement règne cet usage 
établi depuis long-temps et que le besoin 
maintient encore de nos jours. Féelle- 
ment, on dirait que toutes les pensées de 
nos aïeux ont été consacrées au bien- 
être des citoyens, Voyons donc ces ma- 
lheureux ouvriers accaurir pour acheter 
leur guazzetto; examinons-les au moment 
de leurs plus grands besoins. 

À peine le soleil se lève que ces misé- 
rables s’arrachent à leurs grabats et cou- 
verts de haillons, sortent de leurs pauvres 
demeures, pour se rendre là où chacun 
d’eux gagne son pain pour la journée. 
Mais avant de se mettre au travail, ils 
sentent le besoin de réconforter leur 
‘estomac. lls vont donc demander au 
;charcutier leur restaurant ordinaire, le 
guazzetto: Vous les voyez entrer dans la 
boutique un à un, deux, trois ou quatre 
ensemble, hommes, femmes, vieillards, 
enfants, et demander avidement leur 


benché di presente la detta offerta quasi 
generalmente abbia cessato, è accaduto 
che il pizzicagnolo assumesse le parti di 
sostenitore l'antica usanza, traendo a sé 
gran copia di maiali, per dispensarli ai 
cittadini agiati. Ma la poveraglia, a cui 
poco getta il borsiglio, rimarrebbesi al 
tutto delusa se il pizzicagnolo non prov- 
vedesse come che sia anco a quella. È 
qui dei sapere, che per mostrarsi utile al 
bisognoso egliin una capace caldaia forma 
un brodo ben sustanzioso e buono, che 
adopera a fare una zuppa, la quale ap- 
pellasi guazzetto; cosa che in Venezia 
solamente vedesi costumata da molto 
tempo e con peculiare interesse serbata. 
E daddovero e’pare che ogni studio dei 
nostri sia stato volto sempre al bene del 
cittadino. Vediamo dunque il poverello 
accorrere pel guazzetto; vediamolo nel 
momento de’ suoi maggiori bisogni. 


rte = ii lisa asta sei celle i ca ci cus fe ee nori art RI Re 
v 


Appena il sole si mostra ed illumina 
le torri e gli alti palagi della capitale, 
gli infelici che dormono quanto la natu- 
ra domanda per vivere, balzano dai mi- 
seri lor letticciuoli, ed a mo’ disadorne 
vestiti, escono delle lor case per accor- 
rere all’opera che lor guadagni il pane 
pel giorno. Anzi perd di porsi al trava- 
glio cercano confortare le membra con 
qualche ristoro, e quindi vanno al pizzi» 
cagnolo per pigliare la piattanza deside- 
rata; ilguazzetto. Gliscorgi ad uno, a due, 
a tre, a cinque uomini, donne, vecchi e 


— 133 — 


portion de guazzetto. L’avidité avec la 
quelle ils la dévorent peut donner une idée 
exacte de ce qu’est une faim dé vorante. 
Le vieillard à la longue et blanche barbe, 
aux cheveux en désordre, se courbe vers 
l’écuelle d’où s’exhale une grasse vapeur ; 
il approche d’une main tremblante la cuil- 
lère pleine de ses lèvres avides; il l’in- 
troduit dans sa bouche entr’ouverte et 
avale le liquide presque bouillant,si bien 
que son visage s’empourpre du rouge le 
plus vif. Un sou suffit pour le restaurer 
le mieux du monde. L'enfant assis près de 
sa pauvre mère dévore les morceaux avec 
une voracité inexprimable. Un tel specta- 
cle ne saurait manquer d’exciter au fond 
de votre coeur le plus intime sentiment 
de compassion.Ces physionomies abattues 
et alongées auparavant, ces joues pàles 
et amaigries reprennent les couleurs de 
la santé et un air de contentement après 
avoir avalé le restaurant guazzetto. Il 
s’éloignent alors gaiment et vont s’occu- 
per de leurs travaux habituels. 


A pres cet article consacré aux charcu- 
tiers, article nécessaire pour montrer de 
quelle manière le tribut des locataires 
le jour de la S. Martin a produit chez 
les charcutiers l'usage dont nous avons 
parlé, nous allons maintenant nous oceu- 
per des autres coutumes que les citoyens 
ont adoptées pour le jour de cette fête. 

Depuis un temps immemorial, artisans, 
porte-faix, boatiquiers, et même les per- 
-sonnes de la classe éler ée ont l’usage de fè- 
ter cejouren renoncantà touteoccupation, 
à tout travail pour.s’abandonner aux déli- 
"ces dela bonne-chèveet desamusemens de 
‘tout genre, La classe dés artisans se distin- 
gue entre toutes les autres; il n’est sacri- 
: fice auquel ils ne consentissent pour pou- 


fanciulli, entrare in queste botteghe ed 
ansiosamente chiedere la calda porzione. 
Veder poi il modo con ‘cui si divorano 
quella merenda, non è altro che cono- 
scere le eloquenti ragioni di una fame 
pizzicante. IL vecchierello di lunga. e 
bianca barba, con capegli rabbuffati in- 
curvasi con la persona verso il fumo cal- 
do che esala dal recipiente. La sua ma- 
no tremante raccoglie per ligneo cuc- 
chiaio il boccone, e avidamente sel pone 
alle labbra, e si arrubina il volto in quello 
che quasi bollente il manda giu per la 
gola a fauci aperte. Un baiocco vagli un 
conforto che mai maggiore per lui. Il re- 
gazzino, che mangia accosta della mes- 
china sua madre, anch’ei frettolosamente 
eseguisce l’ufficio della fame, e: pare 
che quel camangiare sia il latte nutrien- 
te della sua vita: tanta e: l’ ansietade 
e l’ingordigia con cui e’ lo smaltisce. 
Chi leggesse nelle fisonomie di quei ta- 
pini, si sentirebbe nascere nel cuore il 
più vivo sentimento di commossione. 
Quelle fronti che dapprima erano corru- 
gate, quelle facce pallide e smunte pren- 
dono un'aria di serenitade ed un colore 
di vita fiorente dopo la presa vivanda. 
Partonsi di qua allora più alacramente, 
e vanno agli usati mestieri. 

Dato questo tocco sul pizzicaguolo, 
tocco necessario per conoscere come. la 
origine della festa di san Marlino, presa 
dai tributi degli affittaiuoli, abbia come 
tinuato nella bottega ‘accennata, passif 
mo ora a considerare gli urbani costumi 
che occorrono in questo giorno. 


E inveterato uso che in tal di la -clas- 
se degli artisti, de’facchini, de’bottegai di 
ogni maniera, e quella pure delle persone 
di alta portata, intermessi i loro uffizi, si 
diano al vivandare ed al trattar sollazze- 
volé. Specialmente quella degli artisti 
si distingue sulle altre, e farebbero. ogni 
lorsacrificio a procacciare i mezzi pe? qua- 
li accrescere il numero delle vivande 


volrajouter dans ce jourun plat de viande 
de porcè leur frugal repas. Cette journéc 
est une véritable fete pour les enfants 
qui l’attendent avec la plus vive impa- 
tience, sûrs de recevoir de leurs parens 
le cadeau de Ja St Martin, c’est-à-dire 
une figure représentant un homme È 


à che- 
val en pate de coing ou autre. 


< 


Dans le XVI.® siècle une maladie terri- 
ble décimait les citoyens de Venise; les 
mesures sanitaires du sénat et le dévoù- 
ment des médecins furent impuissans 
pour en arréter le cours. Partout où 
pénétraient les miasmes morbifiques, ils 
laissaient des marques effrayantes de leur 
passage. Les femmes, les enfans pleuraient 
leurs époux, leurs peres ravis à leur af- 
fection par une miort prématurée; les 
amans désespérés voyaient la mort tran- 
cher brusquement la trame brillante de 
leurs espérances; lPami versait des larmes 
sur le triste destin de son ami; il n'était 
personne en un mot qui n’eût une perle 
douloureuse à déplorer. Lorsque les sé- 
nateurs virent qu'aucune mesure humai- 
ne ne réussissait à arrêter les progrès de 
cette peste affrense qui répandait {a 
consternation dans la ville, ils eurent re- 
cours à ia protection céleste et firent voeu 
d'élever à la S.te Vierge un temple ma- 
gnifique, si son intercession leurobtenait 
la cessation du fléau. Le peste ayant en 
effet cessé miraculeusement ses ravages, 

‘le sénat regarda l’accomplissement de 
son voeu comme un devoir sacré. L'église 
fut mise sous l’invocation de Notre-Da- 
me-de-la-Santé, et le jour de la fête est 
particuliérement consacréà Venise à des 
exercices de dévotion envers la S.teVier- 
-ge-Au temps de la république, la pompe 
et la piété, le recneillement et la magni- 


| 
| 
| 


| 


4 


frugali. Questo giorno è caro’ assai alle 
mobili fantasie de'bimbi, perché ei s°a- 


spettano da’ lor. genitori il desiderato 


presente di san Martino, il quale consiste 
in una figura sovraposta ad un cavallo 
formati di una pasta dolcissima. 


Nel sestodecimo secolo ferai morbo 
disertava la capitale di gran parte de’cit- 
tadini e le cure sanitarie del senato, quel- 
le de’medici nulla valsero ad impedirne il 
rapido corso. Dapertatto ove il miasma 
stendevasi, lasciava segni di desolazione 
e di spavento. Gemevano le spose sui 
rapiti mariti, ed il caldo’ amante. sulla 
spenta fanciulla del cuor suo; il buo 
figliuolo sul padre canuto, l’amico sul- 
l’amico, ed a ciascuno era angoscia ter- 
ribile di muto dolore. Quando gli aristo- 
crati videro che gli umani provvedimen - 
ti nulla valevano ad arrestare la irrom- 
pente pestilenza, a rincorare gli smar- 
riti cittadini, e se ancora a far fida- 
ti di miglior bene, a’celesti sussidii ricor- 
sero, ed alla Nostra Signora votarono, 
che se la di lei merce si togliesse il gua- 
sto de’cittadini, un magnifico tempio le 
erigerebbero. Così fu fatto, perchè ces- 
sando il morbo, si credette ufficio di pie- 
tà al solenne voto disimpegnare. Il tem- 
pio fu dedicato alla Vergine della Salute, 
ed il giorno in cui ricorre questa ricor- 
danza viniziani si danno ad atti di pietà e 
di religione. A’ tempi repubblicani entro 
a questo tempio vedevansi nel ventiuno 
novembre la pompa e la pietà, la magni- 
ficenza e la compostezza, sublimi idee 
ispiratrici. Il doge portavasi accompa- 
gnato dal elero e dalla signoria, e coll’as- 
sistere alle sacre fanzioni dimostrava la 


= 406 = 


ficence se fesaient également i'emarguer 
dins ce temple superbe le 21 novembre. 
Le doge s’y rendait accompagné du cler- 
gé et de la noblesse, témoignant par sa 
_ présence dans l’église et sa componction 
toute sa reconnaissance envers la pieuse 
Mère de Dieu dont l’intercession avait sau- 


vé la vie à tant decitoyens. Lestempsont 


bien changé depuis, mais non l'usage, et 
les aulorités locales ainsi qu’une foule 
de ciloyens y accourent éneore à pré- 
sent, et chacun peut lire sur le front 
des vénitiens dans ce jour, Pexpression 
de la plus vive reconnaissance. C’est une 
des sagre (fètes) es plus solennelles de 
Venise. Du traghetto situé à. l’extré- 
mité de la place de S.te Marie du Lys, 
vulgairement dite Zobenigo, jusqu’à celui 
du quai opposé, s'étend un pont volant 
formé de planches et soutenu par des ba- 
teaux, Depuis le lever du soleil, (et alors 
s'ouvrent les portes de l’église}, jusqu'à 
son coucher, les fidéles ne font qu’aller 
ei venir d’un côté à l’autre du Grand 
Canal. Le long des rues qui conduisent à 
la sagra, l’on voit tout ce que Venise offre 

d'ordinaire aux regards dans de pareils 
jours ; là vous remarquez en passant un 
narchand de fruits, ici un marchand de 
pain d'épices; l’un vend des trompettes 
et des jouets d’enfans, Pautre des pom- 
mes, des fleurs, etc. Par conséquent, des 


groupes plus ou moins nombreux se for- 


a CI O D ) 
ment ca ct la, et sur la physionomie de 


ceux:qui les composent vous observerez 


souvent Pexpression de la joie la plus 
franche mêlée à celle d’une véritable 
piété. La sagra finit naturellement lor- 
squ'on commence à défaire le pont vo- 
lant, et alors la place peu d’instans au: 
paravant si bruyante cl si amimée, de- 
tient déserte ct silencieuse, 


em eo 


propria riconoscenza alla Gran Donna, 
perchè avesse serbato dall’cccidio il mag- 
gior numero de’suoi figliuoli. Ora, cau- 
giatesi le cose, le autorità locali ed i cit- 
tadini vi accorrono in folla, e rinnovellasi 
ogni anno la scena della gratitudine che 
leggesi sulle fronti de’ buoni viniziani. 


. La è una sagra fra le solennissime della 


capitale. Dal traghetto, posto al termine 
del campo di santa Maria del Giglio; vol- 
garmente detto Zoderigo, a quell'altro 
opposto, evvi un ponte mobile, di tavole 
composto, € sovra barche collocato, su 
cui dal primo mattino in cui schiudesi il 
tempio di Nostra Donna della Salute fi- 
no all’occaso del sole, tu vedi un conti 
nuo andare e venire de’fedeli. Lunghésso 
le vie della sagra rinvieni tutte quelle 
cose che a Venezia dovunque sì solen- 
neggia sogliono comparire ; vale a dire 
quivi alcuno posta sua banca, vende po» 
ma o pera, tal altro ciambelle a prezzo 
minuto, un terzo stramenti da fiato pei 
fanciulli, quello castagne, chi finalmente 
altre robe : quindi in parecchie parti ve- 
di adunanze e crocchi, e le varie fisono- 
mie, le quali alternano i sensi di pietà 
con quelli di una festevole ebrezza di 
gaudio. Questa sagra però, quando il 
ponte è impedito da non poterlo altra- 
versare, per il difetto di gente va a fini. 
re, e il campo che dapprima era tutto 
ingombro di cittadini, in poco stante di 
tempo rimane solo e silenzioso. 


— 136 — 


De la fête de Notre.Dame-de-la-Santé, 

passons à la veille de Noël, sautant à 
pieds joints ‘sur les jours intermédiai- 
res: C'est une des fêtes que nous Véni- 
tiens, célébrons avec le-plus de solennité 
étles plus vives démontrations d’allégres- 
se. L'Eglise est née avec Jésus-Christ 
dans ce jour ; il devait donc être so0- 
lennel et. cher aux générations suivan- 
tes-àa mille titres, et les premiers siècles 
de PEglise nous en offrent une preuve 
incontestable. L’ame, seule ne solenni- 
sait point cet anniversaire sacré ; le corps 
aussi y. prenait part. En effet, c'était le 
jour de Noël que les chrétiens primitifs 
célébraient leurs agapes, plus abondantes 
ct plus solennelles encore qu’à l’ordi- 
naire, non-seulement à cause de la sain- 
&elé extraordinaire de la fête, mais aussi 
pour satisfaire aux besoins de leurs eorps 
exténués par un long jeûne. Il n’entre 
point certes dans nôtre plan de nous oc- 
cuper de la description des agapes du 
IV. siecle, mais nous n’en dirons pasau- 
tant du paralléle, du rapport des coutu- 
mes antiques de l’Eglise avec les présen- 
tes, parce qu’ils nous serviront à prou- 
ver que lusage des festins en ce jour n’a 
point été introduit par le luxe moder- 
ne, mais qu'il nous vient au contraire de 
Pantiquité la plus recul‘e. 
i Toutefois avant de parler du repas de 
Noel dont l'usage règne à Venise com- 
me dans tous les pays chrétiens, il nous 
sénble à propos de mettre le lecteur àu. 
fait de tout ce qui le précède. 

Dans la place de S.t Parthélemy, au 
pied du Rialto et sur les dégres même de 
ce pont magnifique, s’élèvent un nombre 
infini de baraques, occupées par des ven- 
deurs de mille articles différens, C’est, 
on peut le dire, un véritable marché: ici 
un débitant de chapeaux étourdit les pas- 
sants des éloges criards de sa marchandi- 
se, et rassemble peu-à-peu autour de lui 
un cercle toujours croissant d’auditeurs 
et de chalands empressés; là un quincail- 


Dal giorno della Salate noi ci traspor- 
tiamo alla vigilia, del santo Natale. È, 
questa un’epaca dell’anno festeggiata col- 
le più vive dimostrazioni di gioia da tut», 
ti i cittadini. Era nata la Chiesa con 
questo'giorno. Doveva dunque essere que- 
sto per mille capi solenne nelle genera- 
zioni, ed i primi secoli della Chiesa ne 
diedero pruove loculentissime. Nè. sola- 
mente l’ animo prese a solenneggiare 
questo di, ma benanco il corpo, pars. 
tecipando dell ebrezza dello. spirito. 
Quindi è che i primi. cristiani nel dì 
natalizio del Figlio Divino imbandiva- 
no. le loro agapi, le quali erano più ab- 
bondevoli e più ricche del solito, e per. 
celebrar meglio il giorno stesso, e per 
| soddisfare alla lunga patita vigilia. Non 
è nostro andare toccando di ciò che oc- 
corresse nelle agapi nel IV secolo del- 
Vera volgare, ma è però nostro di con- 
giungere gli antichi costumi della Chiesa. 
coi presenti, perchè si sappia uou essere 
l’uso delle cene in questo di un ritro- 
vato della moderna mollizie, sì la conse- 
guenza delle antiche sacre imbandigioni. 


Senonche pria di dire sul vivandare 
che tiensi a Vinegia la vigilia natalizia, 
parci proprio disporre il lettore alla co- 
noscenza di quelle cose che precedono 


| costume medesimo. 


Nel campo disan-Bortolammeo, à piedi 
del ponte di Rialto,e fra le gradinate del 
ponte stesso veggonsi di varic trabac- 
che, tenute da vari venditori di merci di- 
ferenti. Egli è un vero mercato. Qui 
il cappellaio posta la sua mobile bot- 
tega. a larga gola grida alla buona qua- 
lità de’suoi cappelli, ed intrattiensi con 
una folla di avventori che lo circondano: 
la altre genti accorrono al chincagliere; 
c la donnicciuola si asseita il pettine a 


ler rivalise d’eloquence avec lui, entou- 
ré d’un auditoire aussi nombreux, mais 
composé bien différemment; ce sont les 
femmes qu’on y remarque en plus grand 
nombre; l’une veutun peigne, l’autre des 
pendants d’oreille, celle-ci marchande, 
celle-là achète et toutes crient à la fois. 
Plus loin celui-ci vend des comestibles 
étalés avec ‘symétrie sur des bancs, et 
celui-là des cris taux, des verreries, de la 
porcelaine et une infinité d’articles de 
poterie; une foule d’acheteurs et de cu- 
rieux se presse autour de lui. L’impa- 
tience de l’un, le flegme imperturbable 
de l’autre, l’empressement du débitant à 
contenter tout le monde, sans négliger 
ses intéréts, la variété des couleurs, des 
formes et des dimensions, offrent le ta- 
bleau le plus animé. Il n’est pas aussi 
facile que l’on pourrait croire de répondre 
à toutes les exigences, à tous les capri- 
ces des chalands, sans négliger pourtant 
de gagner quelque chose avec tous, et 
c’est là que brille l’habileté da marchand. 

Les fruits de la saison sont aussi éta - 
lés à chaque pas. Les poires, les pommes, 
les oranges, les noix, les châtaignes, les 
amandes, les raisins secs, disposés avec 
soin dans. des paniers arrangés eux-mé- 
mes avec le meilleur goût du monde, 
enchantent les regards avant de satisfai- 
re lappétit. Mais le vendeur qui éeli- 
pse tous-les autres et qu’entourent le 
plus grand nombre d’acheteurs, c’est le 
marchand de moutarde ‘et de nougat. 
Si nous nous arrêtons davantage sur 
ces deux derniers articles, c’est que 
jamais la consommation n’en est plus 
grande à Venise qu’à cette époque. Point 
de table dont ils he fassent l’ornement ; 


chacun en achète plus ou moins, selon 


ses moyens, et l’usage de tant d’années 
en a fait une espèce de devoir, d’obliga- 
tion. Aussi le vendeur qui les débite, fier 
du rôle important que sa marchandise 
joue en pareil jour, se tieut gravement 
debout derrière Ja planche de son éta- 


et 


capegli, compera frontali e iutte cose 
che servono all’ornamento muliebre. In 
altra parte salsamentari si affaccendano 
a vendere saporiti lor salsicciotti, che 
sulle panche lascian trasparire dalla fre- 
sca pelle che luce i variicolori dello in- 
terno impasto; e nemmanco ha suo che 
fare chi vende bottiglioni, bicchieri di 
vetro, chicchere ed ogni sorta di lavoro 
in terraglie; anzi quest’ultimo € tanto 
pressato, che ritorna a lui difficile satis- 
fare sollecitamente alle mille voglie de- 
gli acquirenti. Lo stare attorno a tutti, 
servire a tutti, e da tutti possibilmente 
guadagnare, è un ufficio scabroso che 
pur bene si espedisce dagli-sperti ven- 


ditori. 


Le frutta di stagione fanno anch’es- 
se loro mostra. Poma, aranci, pera, ca- 
stagne, noci, prugne e via, ordinate sono 
simmetricamente sovra le panche con 
gusto e con grazia meravigliosi. Chi si 
distingue poi in questo mercato per il 
grande numero degli accorrenti è colui 
che vende la mostarda ed il mandorlato. 
Non è mensa che non sia per essi ral- 
legrata: ognuno secondo che puote ne fa 
acquisto, quasi per antico ed inverato 
dovere. Questo mercante dunque, con 
una certa aria d’importanza propria del 
conoscersi necessario in quel dì, sta di 
fronte alla sua panca, ed in mezzo alle 
sue marcatanzie. La mostarda è riposta 
in piccole mastellette lignee ed in rozzi 
vasi, che nella forma per lo più agli etru- 
schi somigliano;ed il mandorlato è a pezzi 
lunghi e stretti, un all’altro alternativa- 
mente sovrapposti, perche se uniti assie- 


ame, perla sostanza loro attaccaticcia s’im- 


panierebbero, e tornerebbe difficoltà nel 


18 


— 138 — 


blissement ambulant. La moutarde est 
contenue dans des vases de bois ou des 
pots grossiers qui ressemblent assez par 
la forme aux vases étrusques; le nougat 
est coupé en morceaux longs et minces 
que l’on superpose les uns aux autres, 
l’un dans le sens de la longueur ct lau- 
tre dans celui de la largeur alternative- 
ment. On vend au poids la moutarde et 
le nougat; les balances qui servent à cet 
usage, fixées sur l’étalage en plein air, 
sont ornées de papier peint et de rubans. 
Mais il faut avouer, à dire vrai, que c’est 
là le beau côté de ces boutiques amba- 
lantes de moutarde et de nougat établies 
au Rialto, car quant à la qualité de la 
marchandise qu’on y débite, destinée en 
général pour le peuple et la classe moins 
aisée, elle est bien inférieure à celle des 
mêmes articles que lon vend dans les 
magasins de luxe. 

Toutefois, pour si intéressant que soit 
le conp-d’oeil qu'offre à vos regards l’in- 
croyable foule qui se presse sur la place 
de S. Barthélemy, sur le pont du Rialto, 
dans toutes les rues qui y aboutissent, 
celui que la poissonnerie . vous présente 
ne l’est pas moins. L’ histoire nous ap- 
prend qu’à Venise la péche a été de tous 
temps la premiére ressource du pays. 
Et comment aurait-il pu en être autre- 
ment? Loin du continent, dénués des res- 
sources dont ils avaient joui jusqu'alors, 
nos ancêtres n’avaient qu’à jeter un re- 
gard autour d'eux pour reconnaître quel- 
le était la voie la plus prompte et la 
plus sûre que la nature leur indiquait 
pour satisfaire à leurs besoins. Les lagu- 
nes qui entourent les rivages et les iles 
de Venise abondaient en poissons; ils 
devinrent bientôt |’ aliment le plus 
commun. Anciennement chaque individu 
s’adonnait à la peche,.et, dès qu’il avait 
Pris autant de poisson qu’il en était 
besoin , il le portait à sa femme et à ses 
enfans sous humble cabane qui leur 
servait de demeure. Nous le répétons, 


dispensarli all acquirente. Questa. mo- 
starda poi e questo mandorlatosi pesano 
sovra bilancie, che sono fermate sul ta- 
volato del venditore, e che veggonsi in- 
vestite di carta fiorata e di screziati nastri . 
svolazzanti, quasi ad attirare con la gaiez- 
za de’colorile voglie di chi compera. Sen- 
nonchè questi due dolci oggetti che al 
tempo delle feste Natalizie si vendono 
a Rialto, non possono vantare pari squi- 
silezza di quelli che nelle botteghe di 
lusso sismerciono, conciosciachè vengono 
apprestati a poco prezzo, ed a quello che 
popaleschi sogliono © possono shorsare, 


Che se formicolano cittadini dal cam- 
po di san Bortolammeo fin oltre alta 
sommità del ponte di Rialto, e varie quan- 
tità disoggetti in questo tratto di via ai 
circostanti sguardi bellamente si appre- 
sentano, non men bello e giocondo a ve- 
dersi è il quadro dei costumi che offron- 
si agli spettatori nelle pescherie.— A Vo- 
nezia, dicono le storie, antichissima es- 
sere stata la pesca. E chi nol sa? Lonta- 
ni dal continente, diserti di speranze e 
degli agi in quello lasciati, gli isolani no- 
stri volsero il pensiero ai mezzi che Ja 
natura porgeva loro più pronti a soddis- 
fare i bisogni della vito. Le lagune che 
i lidi e le isole viniziane circondano of- 
fersero diversi animali marini, e si prese 
cibo di quelli. Anticamente i pescatori 
faceano poca elelta di lor prede. Ognuno 
pigliava quanto gli fosse bastevole, e por- 
tavalo nell’umile sua casa, onde a’bimbi, 
alle mogli ed a’vecchi parenti il frugal 
cibo apparare. La era un'arte di bisogno, 
la era l’arte di tutti, la prima nostra arte, 
poiché gli unici mezzi di operosità degli 
avi furono la rete e l’amo. Sennonche a 


e’était d’abord le métier de tous; mais à 
mesure que les institutions politiques et 
civiles se développaient sur une base 
plus large, le nombre de ceux qui vivaient 
de la pêche diminuait nécessairement, et 
peu-à-peu la pèche ne fut plus la profes» 
sion que de quelques citoyens qui, soit 
-impuissance, soit éloignement pour des 
occupations plus relevées, renoncérent 
à tout autre travail et passèrent leur vie 
à parcourir les lagunes dans leurs ba- 
teaux. La laps du temps apportant sans 
cesse de nouveaux perfectionnemens à 
un métier, ainsi celui de la pêche s’ac- 
erut, se perfectionna et même s’ennoblit 
avec le temps. En effet le corps des pè- 
cheurs obtint un quartier particulier dans 
la ville, on établit des règlemens pour la 
vente du produit de son industrie, ainsi 
que pour les poids et mesures qui lui 
étaient à ce nécessaire; en un mot, il 
eut ses disciplines et ses lois. 

Du temps de la république , l’ancien- 
ne poissonnerie se trouvait là où s’éle- 
vent aujourd’hui les jardins du Palaice 
Royal, tout pres de la Zecca {Hôtel de 
la Monnaie }. Mais après la chûte de la 
république, le gouvernement crut, par 
raison de salubrité publique, devoir em- 
pécher dans un pareil endroit la vente 
publique du poisson. En conséquence, 
bientôt deux autres poissonneries rivales 
s’établirent Pune du côté de la place 
de S. Barthélemy, l’autre du côté op- 
posé, toutes deux situées sur le Grand 
Canal pour la commodité des barques 
de pêcheurs qui peuvent ainsi apporter 
le poisson précisément jusqu’au lieu où 
on le vend. Ces deux poissonneries sont 
vastes et bien pavées; des planches in- 
clinées, disposées ‘à la file les unes des 
aûtres, servent à étaler commodément le 
poisson. Dans toutes les saisons de l’an- 
née, on y en trouve une foule d’espe- 
ces différentes; mais c’est aux fètes de 
Noël surtout que la quantité :t la varié- 
té des poissons surprennent réellement. 


misura che crescevano i bisogni nazionali 
per parte delle politiche e civili istitu- 
zioni, scemava il numero di coloro che si 
davano al pescare, ed a poco a poco quel- 
lo divenne un esercizio esclusivo di alcuni 
individui dello stato, i quali o per pochez» 
za d’ingegno, o per ischifezza d’intrapren- 


- dere cose più gravi, abbandonatisi delle 


esercitazioni civiche, rimasero nelle loro 
barchette a battere le onde salse delle 
lagune sulle cerche di pesci. Questo co- 
stume, perché la situazione di Vinegia è 
sempre la eguale, non fu trasandato; 
anzi, siccome avviene di ogni professio» 
ne, che pel continuo esercitarla di nuo- 
ve industrie arricchisce, anche l’arte 
peschereccia quasi diremmo si nobi- 
lito, ebbe suo posto apposito .nei quar- 
tieri della città, furono regolate le misu- 
re ed i pesi di cui dovevano valersi i di 
essa esercenti nel vendere, ebbe infine 
sue discipline, sue leggi. 

A’”tempi della repubblica la principale 
pescheria era dove ora pompeggiano i giar- 
dini vicereali e d’appresso alla Zecca; ma 
caduto il governo, si pensò per oggetto 
sanitario e di urbanità d’impedire in que- 
sto luogo così pubblico la vendita de’pe- 
sci, ed in brev’ora primeggiarono quella 
di san Bortolammeo e l’altra di là dal 
ponte di Rialto, ambedue sulle rive del 
gran canale pel vantaggio delle barche 
peschareccie; le quali approdano con la 
merce vicine ai venditori. Queste pe- 
scherie, in luoghi spaziosi e lastricati, si 
formano di lunghe e larghe panche a de- 
clivio, in retilinea poste, sulle quali 
stanno i pesci in bellissima guisa raccolti. 
Le pubbliche mostre de’pesci che in es- 
se si fanno ‘piacciono sempre per la 
varietà e quantità loro; ma in nessuna 
stagione sono tanto apprezzabili e rice 
che, quanto hella vigilia del Natale. In 
questo di, se tu muovi a quella. vol. 
ta, non sai ove posare lo sguardo, se 
sulla grandezza de’pesci o piccolezza, op- 
pure sulle loro forme differenti o sulla 


Si vous allez en parcil jour vous prome- 
ner au milicu de ces poissonneries, vous 
ne saurez où fixer vos regards; la gran- 
deur ,l’énormité pour ainsi dire, la bean- 
té, la fraicheur du poisson les aitirent 
tour-à-tour. L’anguille, la sole, l’estur- 
geon, la raie, le maquereau, le thon, le 
merlan, le rouget, en un mot les poissons 
les plus succulens ou les plus énormes 
sont étalés dans d’immenses paniers ou 
sur de vastes bancs. 


En vain l’on tenterait de décrire la scè- 
ne anime, bruyante, unique, dirons-nous 
presque, que présente à la poissonnerie 
de Venisé dans ce jour la foule innom- 
brable et empressée d’acheteurs et de 
gens de toutes les classes qui y courent à 
l'envi. C’est l’usage à Venise que le riche 
comine le pauvre, le noble comme le ro- 
turier, aillent eux-mêmes y acheter ce qu’ 
ils désirent. Aussi bien souvent l’humble 
servante chargée de son panieret la coin- 
mere bavardey coudoient la grande dame 
à la mise élégante, suivie de son laquais; 
bien souvent le porte-faix insolent et le 
gamin effronté y heurtent le grave rentier. 
Les demiandes, les réponses se eroisent; à 
peine le poisson vendu est-il emporté 
que du poisson frais vient recouvrir les 
planches dégarnies ; la variété, le mou- 
vemenut, le bruit, l'agitation excitent l'in 
iéret de l'observateur, et arrêtent ses re- 
gards, charmésd’un spectacle si nouveau. 
Aussi en pareil jour, chacun fait une 
exception à la règle ordinaire d’économie 
qui préside à sa dépense; on dirait que 
les estomacs et les bourses se sont élargis 
en meme temps. D'ailleurs les Vévitiens 
ne'pensent point seulement dans ce jour 
à régaler leurs familles; ils achétent aussi 
du poisson peur l'envoyer à leurs amis 
de terre-ferme. 


bellezza e mostruositade loro. Da una 
parte la lubrica anguilla con cammino 
spirale tenta fuggire da’cesti, ne’ qua- 
li va guizzando ; e da un altro lato il biau- 
co sfoglio, ricercata vivanda delle mense, 
posto sovra canestri ed appoggiato con 
altri, ti presenta la sua squama di latte. 
Tu vedi la triglia, di cui la pelle sem- 
bra tralucere, la passera che si rabbatte 
su’tavoli, ed il maculato gd che il suo 
vicino con la coda flagella. Il pesce poi 
che per la sua grandezza e maggiore ri- 
cercatezza-il ghiotto interessa, è il rom- 
bo, it brancino, lostorione, l’ostrica e via, 
che bellamente ordinati fanno una com- 
parsa più che altri riguardevole esoienne. 

Egli è impossibile descrivere appun- 
tino le scene che offre il numero grande 
de’compratori e le differenti loro con- 
dizioni, Tanto il ricco che il povero, il 
nobile ed il plebeo portansi alla pesche- 
ria a far procaccio di pesci. Quindi vedi 
unasignora, elegantemente vestita, di for- 
me gentili e di dolci maniere, accompa- 
gnata da un paggio, portarsi a questo 
mercato, e quivi scerre da se la qualità 
de’pesci, far suo contratto, e comprare. 
Ed il grave signore, non isdegnando il 
costume, va anch'egli, e fa altrettanto 
Quivi si alternano i contratti e le vendite, 
le ricerche e le risposte, il venire di chi 
vuole, l’andare di chi ebbe, e lo sparire 
de’pesci: tutto è mutazione, energia, mo- 
vimento, interesse : varie fisonomie; varie 
condizioni de’ cittadini, varii aspetti si 
assembrano: tutto offre uno svariato € 
un piacevole che ti alletta e t° incanta. 
In questo di però quasi tutti eecedono 
nella spesa. Pare che gli stomachi appe- 
tiscano più il cibo, nè si dee guardare 
all’economia, perchè’il costume doman- 
da una tavola più abbondevole, e gli a- 
mici di terra-ferma il lor regalo di pesce. 


N’allez point croire que Venise, qui se 
distingue dans ce jour par l'abondance 
et l'excellente qualité du poisson qu’on 
y vend, soit inférieure à elle-même dans 
la préparation culinaire qu'ils exigent 
pour étreprisentés au repas du soir. Il est 
d’usage immémorial à Venise de célébrer 
ainsi la fete de la Nativité de Notre-Sei- 
gneur, et les citoyens s’y occupent presqu' 
aussi soigneusement des besoins du corps 
que de ceux de l’âme. En ce jour, tout 
bon pére de famille aime à voir ses en- 
fans réunis autour de lui au repas de fa- 
mille. Il regarde comme une douce jouis- 
sance la prérogative à lui seul justement 
réservée de leur distribuer les mets et les 
fruits de Noël. Plus de distinction entre 
le riche et le pauvre, le noble et le rotu- 
rier ; aussi il n’est point de fête qui soit 
plus chère à tous les coeurs que celle de 
Noël: Les jeunes enfans ne lPaitendent 
certes pas avec plus d’anxiété que leurs 
parens qui regardent ce beau jour com- 
mc un précieux reste des coutumes pa- 
triarcales. Qui pourraît en effet s'intérese 
ser plus vivement qu’un père à une fête 
qui rappelle d'une manière si vive, la 
plus touchante preuve d’amour- que 
le Trés-Haul pot donner aux hommes? 
À peine le premier plat a-t-il été ap- 
porté, que le bon pére de famille pro- 
mène un regard de satisfaction sur tous 
ceux qui l’entourent, assis à la méme 
table. Avec quel plaisir il voit disparaitre 
les mets auxquels fait si loyalement 

honneur l'appétit de sa joyeuse famille! 
La premiére faim assouvie, de gais pro- 
pos, de pieuses réflexions, une franche 
et douce conversation, empreinte des 
souvenirs qu’ un tel jour réveille, com- 
mencent à dominer le bruit des four- 
chettes et des couteaux désormais moins 
actifs. Le souper n’a jamais lieu qu’ à 
une heure avancée de la soirée, de 
manière qu’il se prolonge trés-tard au 
“milieu du silence de la nuit, unique- 
ment troublé par la voix éclatante 1les 


Ì 


i 


} 


Che se Vinegia nelle sue pescherie li 
buoni pesci appresta, dà, lo ripetiamo, 
nelle notturne cene di quella vigilia il 
miglior uso de’ medesimi. — È invetera- 
ta costumanza di solenneggiare la Nati- 
vità del Siznore con questi, e che i cit- 
tadini non solo alla parte dello spirito, 
ma ancora a quella del corpo deligente- 
mente attendano. In questo giorno ogni 
buon padre di famiglia ama aversi d’ in- 
torno i figliuoli, e spartire fra loro i cibi 
natalizi. Non è distinzione fra povero e 
ricco, fra nobile e plebeo, fra maestrato e 
civile. Nessuna festa è più cara alle fa- 
miglie di questa del Natale. I giovanelti 
figli anziosamente l’aspettano, e i genitori 
la desiderano, quasi paia a loro esercitare 
in essa un’autoritade patriarcale. Chi può 
consolarsi meglio di un padre nel divi- 
dere i suoi affetti co’propri in quel gior- 
no in cui l’Altissimo mostrò il maggior 
amore pei figliuoli della colpa! Egli sin 
dalla prima imbandigione distende uno 
sguardo sereno su tulti coloro che gli 
seggono intorno; allettasi che i cibi si 
consumino con l’appetenza che è figlia 
di un digiuno religioso: mescola quindi 
le idee della pietà verso il cielo e del- 
l’umana caritade, fa sosta qualche. fiata 
ai mangiari per volgere a: questo od a 
quello de’suoi nati la parola, presen- 
tandogli il pensiero del giorno che frap- 
poco spunterà. Queste cene han luogo ad 
ora avanzala, e per conseguenza per, mol- 
ta notte sono protratie, nè vengono inter- 
rotte da altro, che dalle grida di coloro 
che vauno per le piazze e per le vie. 
vendendo il lauro ed il ginepro, che é 
costume in tal sera abbruciarsi ter- 
minate le imbandigioni. Queste grida 
ripercuotenti l’acre, che allora è chetto 
e silenzioso, portano a tutti un senso di 
piacere che di cara tristezza risente. 
Soave costume! Mentre i cittadini sono 
tutti raccelti nelle loro stanze. dati al vi- 
vandare, per le vie che dapprima eccheg- 
giavano dei suoni festevoli, una sola e 


vendeurs de laurier et de genièvre que 
chacun s’empresse d’acheter. Ainsi, alors 
que tous les habitans, retirés dans leur 
demeure, se livrent paisiblement aux plai- 
sirs d’un innocent repas, ces rues, qui 
ont retenti jusqu’à ce moment du bruit 
joyeux et du bourdonnement de la foule, 
désormais muettes et désertes, ne reten- 
tissent plusque de la voix des vendeurs. 
Au cri bien connu de ces gens qui répè- 
tent: Laurier et genièvre une fois l'an- 
nee!..... les domestiques empressés cou- 
rent sur les portes, afin de les y attendre 
pour en faire acquisition. 

Le souper terminé, tous les fidèles s’a- 
cheminent vers les temples sacrés. Alors 
les rues de la ville, un instant silen cicu- 
ses,reprennent comme par enchantement 
l’aspect le plus animé ; on voit de toutes 
parts les fidèles se diriger en foule vers 
les différentes églises. Mais c’en est assez 
sur l’agitation et le bruit qui s’emparent 
de la cité en parcil moment; l’intérieur 
des temples réclame notre attention à 
plus juste titre. Reportons-nous un in- 
Stant par le souvenir à ce jour et à ces 
lieux sacrés; suivons la foule pieuse, fran- 
chissons avec ellele seuil de l'édifice saint; 

* nous voici dans l’église.....Quel spectacle 
imposant se présente à nos regards! Au 
milieu du profond silente qui règne sur 
l'assemblée recueillie et de la demi-ob- 
scurité, qui nous cache et nous laisse 
deviner tour-à-tour les objets, s'élève 
grave et solennelle la voix du ministre 
divin ; à la tremblotante clarté des cier- 
ges et des lustres qui scintillent comme 
des étoiles au fond des nefs obscures, 
contemplons cette mer detétes humaines 
picusement courbées à la parole du pré- 
tre. Admirable coup-d’oeil, que l'heure, 
les souvenirs du jour, les espérances du 
lendemain , mille autres circonstances 
contribuent à rendre encore plus atten- 
drissant! Religion sublime, comme tu sais 
habilement associer les ressources de 
Part vux touchantes cérémonies de ton 


querula voce, grida alla dispensa dei sim» 


_boli dell’immortalità.e della salute. Fra 


le cene appunto si ricevono essi, appre- 
stati da un servo della famiglia, il quale 
udendo le parole lavrano e brusichio una 
volta all’anno, discende alle porte e ne 
fa acquisto. 


7 


Tolte le mense è già notte avanzata, e 
proprio iltempo in cui i fedeli si portano 
alle chiese per assistere alle solennità 
che ad ore differenti sono tenute. Allora 
le strade vagamente illuminate della 
città anco una volta strepitano e sussura- 
no per lo formicolare della gente, che 
accesa dagli spiriti del vivandare, alle- 
gramente quinci e quindi discorre. Noi 
non ne istaremmo in capitale se rinnov- 
vare volessimo il dire su quanto interviene 
pelle vie nella notte del Natale. Meglio è 
che ci portiamo a’templi col pensiero dei 
devoti. Entriamo le sacre soglie, il feste- 
vole addobbo degli altari,e la copia de’cerei 
sugli alti candelabri avvampanti, e le lam- 
pade chelentamente ondeggiano secondo 
il moto dell’aere, ed il brulichio de’fedeli 
che vengono ad adorare, e il sommesso 
pregare degli: stessi risvegliano in noi le 
idee della più augusta inspirazione. Infatti 
vedere il bruno aere che s’aggira muto sot- 
to le volte del tempio sebbene rischiarato 
da tante faci, veder tanti arrazzi pendenti, 
it lucicare di aurei ed argentei doppieri, 
una moltitudine prostrata all'adorazione 
del grande mistero, è una scena sublime 
di commossione, è un interno diletto del 
cuore, è un esaltarsi che fa Panima alla 
contemplazione dei più grandi favori che 
Pumana frallezza dall’ eterno amore ri- 
ceve. Ma se a’cori si volga lo sguardo; la 
gravità de’ leviti, la ricchezza de’ pa- 


— À 


culte! Ecoutez... tantòt l’orgue majes- 
tueux fait retentir les voüles de ses 
graves accords ; tantôt les voix harmo- 
nieuses des enfans de choeur s’élevent 
vers le ciel comme la flamme pure d’un 
sacrifice Mais c’en est fait; l’orgue et 
les voix se sont tus ; la foule des fideles 
s’écoule à flots pressés par les portes 
béantes de l’église, ct tout rentre dans 
le silence. 


Avant de terminer tout ce que nous 
croyons devoir dire sur les fètes de Noël, 
nousne sanrions résister à la tentation d’ 
insérer ici quelques fragmens de Washin- 
gton Irving, extraits de son ouvrage inti- 
tulé: Pot-Pourri ou Miscellanees, fragmens 
dans lesquels il traite le même sujet, à 
propos des moeurs anglaises, avec un ta- 
lent auquel nos’ faibles efforts n’attein- 
draient jamais; nous livrons donc au pu: 
blic les passages suivants : 

» Entre toutes les fètes, Noël est sans 
contredit la plus intéressante. Son carac- 
tere de gaité solennelle et pieuse, s’al- 
liant si bien à nos vertus sociales, répand 
dans tous les coeurs une douce et sainte 
allégresse. Quoi de plus tendre, de plus 
touchant que les fonctions sacrées de ce 
jour? comme elles réveillent vivement le 
souvenir de l’origine de notre foi, en ra- 
menant la pensée du chrétien aux scènes 
pastorales qui entourerent son berceaul.... 
Je ne crois pas qu'aucune musique puis- 
se opérer sur mon coeur la sensation dou- 
ce et profonde qu’y produisent, dans une 
église gothique, un choeur nombreux et 
un orgue sonore, répétant de concert 
l’antienne joyeuse de Noël, et fesant vi- 
brer à la fois chaque fibre du coeur et 
chaque pierre de P antique édifice des 
sons majestueusement gais et réjouis de 
l’orgue, se mariant aux voix émues des 
fideles..... ble 

‘» D’ailleurs, la saison dans laquelle 
tombe cette fête ajoute encore un attrait 
particulier à celui qu’elle nous offre d’el- 


4 


"e I 


ramenti, e la dolce e grata armonia degli 
organi, delle tube, dei sistri, delle cor- 
namuse; delle viole e delle cetre, ti ride- 
stano viemmeglio in cuore impressioni 
care d’amore, e le mobili fantasie, come 
leggiere farfalle attorno lumiera, vanno 
sulle onde armoniche, salgono per le vie 
dell’ etra all’ empireo a comporsi all’in- 
neggiare de’spiriti eterei. Mala cerimonia 
si compì, si dileguano i pii, e tutta la 
chiesa ritorna silenziosa e diserta. 

Prima di metter fine al nostro dire 
sulle feste natalizie crediamo non inutile 
di quivi riportare alcuni frammenti di 
Washington Irving, tolti dalla sua opera 
Pot-Pourri o Miscellanea, frammenti nei 
quali egli tratta questo medesimo nostro 
soggetto, rapporto a’costumi inglesi, e 
di una guisa che per avventure tornerà 
gradita al lettore. 


» Fra tutte le feste, egli dice, non vha 
dubbio quella di Natale essere la più in- 
teressante. Il suo carattere di gaiezza 50. 
lenne e sacra si impadronisce de’nostri 
cuori, e vi spande una dolce e santa al- 
legrezza. E cosa v'ha di più tenero e di 
più toccante chele ecclesiastiehe funzio- 
ni di questo giorno ! Desse risvegliano nel 
nostro pensiero l’origine della nostra fede, 
e conducono il pensiero nostro alle scene 
pastorali che circondavano la culla del 
Nazareno...... Non credo che musica, per 
eccellente che sia, possa produrre quella 
sensazione dolce e profonda che in una 
chiesa gotica desta l Alleluja di Natale 
proferto da numeroso coro, accom pagnalo 
sugli organi ‘sonori e ripetuto dalle voci 
commosse dei fedeli.,.., 


» D'altra parte la stagione nella quale 
ricorre questa festa ag,iun,ne anch’essa 
solennitade al Natale. In altre epoche 


Sad 


le-mème. À d'autres époques de l'année, 
c’est au sein des beautés de la nature 
que nous puisons la plupart de nos plai- 
sirs..... Nos jouissances sont alors moins 
concentrées, moins interneset notre exi- 
stence est moins sédentaire. Le gazouille- 
ment des oiseaux, le doux murmure des 
sources, l’haleine parfumée du printemps, 
la terre revétue de sa fraîche parure, le 
ciel qui s’étend au dessus de nos têtes 
comme un brillant dôme d’azur, chaque 
objet, chaque sensation nous excite à la 
joie, et grâce à cette surabondance de 
tranquilles et douces émotions, nous nous 
trouvons tout naturellement heureux. 
3» Mais, au sein des frimats de l'hiver, 
lorsque la nature, veuve «de sa parure 
verdoyante, s enveloppe mélancolique- 
ment dans les plis de son linceal de nei- 
ge, lorsque l’atinosphère glacée engourdit 
tous nos sens et semble nous interdire de 
sortir de nos demeures attristées, alors, 
contraints de demander des distractions 
à nos facultés morales, nous sentons le 
besoin d’embellir notre intérieur par les 
plaisirs si agréables de la société. La tris- 
tesse et l’aspect désolé de la campagne, 
la mélancolique brièveté des jours, la 
pénible longueur des nuits, en nous en- 
chaînant au logis, ne permettent pas à 
nos désirs de s’étendre à notre gré, cet 
nous disposent à mieux goûter les agré- 
mens des de famille... .. Un 
coeur appelle unautre coeur. Alors, c’est 
dans le fond inépuisable de tendresse que 
renferme le coeur humain que noustrou- 
vous nos jouissances les plus suaves; de 
celte source profonde jaillit Pexpansion, 
domestique. 


réunions 


pur élément de la félicité 
» Où donc l'hospitalité 
elle sous un aspect plus bienveillant ? 


nous apparaît- 


où donc son sourire a-t-il plus de char- 
me et de eordialité, l’expression de lPa- 
mitié plus de douceur et de bonhom- 
mie, le regard de l'amour plus d’éloquence 
et de suavité qu’auprès d'un rayon- 
nant foyer‘d’ hiver ? Êt lorsque les sif- 


4 


dell’anno egli è 
piaceri nelle bellezze svariate della na- 
tura. Le nostre gioie allora sono meno 
concentrate, meno interne, e la nostra 
esistenza meno ristretta. Il garrire de- 
gli uccelli, il dolce mormorio delle acque, 
il profumo de’prati, la terra rivestita della 
sua freschezza, il cielo brillaute di luce, 
ciascun oggetto, ciascuna sensazione ec- 
cita la nostra gioia, e mercedio questo 
quadro, questi mezzi di svagamento, nok 
ci troviamo naturalmente felici 


che noi poniamo i nostri 


» Ma nell'inverno, alloraquando la 
natura vedova delle sue bellezze, melan- 
conica per le eterne sue brine, per le gel. 
lide nevi, perl’atmosfera triste ed algente, 
allorchè tutto sembra intendirci d’uscire 
dalle nostre attristate ‘dimore, noi sentia- 
mo il bisogno di occuparci dei piaceri 
proprii della società. La tristezza, l’a- 
spetto desolato delle campagne, la me- 
lanconia e brevità dei giorni, la penosa 
langhezza delle notti c’incatenano nelle 
nostre case e limitano li nostri desiderii, 
disponendoci meglio a gustare i piaceri 
delle famigliari rivnioni...... Un cuore 
chiama un altro cuore. È allora che nella 
tenerezza troviamo i nostri gaudi i più 
soavi, è allora che questa tenerezza di- 
viene la principai fonte della felicità do- 


mestica. 


» E daddovero, dove può mostrarsi la 
vera e sincera ospitalità, dove il suo 
sorriso puro e cordiale, l Sr né 
dell’amicizia più dolce, lo sguardo d’ a 
more più eloquente e soave che presso 
una fiamma in focolare d’inverno? Ed 
alloraquando suffia il vento, alloraquan- 


do l’impeto suo scuote le porte, e fa sen- 


è 


UE Le 


flements dé la bise glaciale retentissent 
dans les corridors sinueux, lorsque les 
raffales du vent ébranlent les portes, 
gémissent sous les voùtes antiques et di- 
spersent les cendres de l’immense chemi- 
née, y a-t-il au monde de plus doux 
plaisir que le sentiment intime de bien- 
être que nous éprouvons alors, et la dé- 
licicuse é 


sécurité avec laquelle nous 


promenons nos regards, comme pour dé- 


fier la tempête et les frimats, sur le pai- 


sible tableau d'intérieur que nous offre 
notre commode appartement, réchauffé 
et éclairé en même temps par la flamme 
brillante d’un bon fèu?.... 

» Cependant, bien qu’il soit veuf de 
son antique et solennelle majesté , le 
jour de Noél est encore chaque année 
l’époque du retour des plus sacrées et 
plus sereines émotions; avec quel plai- 
sir Poeil attendri contemple le réveil des 
affections domestiques !..... 


» Avec quel charme on suit les prépa- 
ralifs joyeux de ce repas patriarcal qui 
réunit, pour la premiere fois depuis long- 
temps peut-être, les amis, les parents, les 
membres d’une même famille! quel in- 
térét dans les présents réciproques de 
l’amitié, dans fes témoignages les plus 
doux de l’affection, dans ces feuillages 
verts, touchant svmbole de paix et d’a- 
mour, qui ornent si bien l'extérieur de 
nos demeures! ; 

» C’est véritablement alcrs que les 
liens de l'amitié et de la parenté se res- 
serrent ou se renouent, et lamême saison 
qui allume la flamme hospitalière du fo- 
yer domestique, enflimme aussi dans 
tous les coeurs le feu divin de la chari- 
té chrétienne, si toutefois notre plume 
peut se permettre un tel rapprochement. 
A travers les déserts arides de l’àgemur, 
le tableau riant de nos premières et 
pures amours vient s’offrir, empreint 
encore d'une brillante et virginale frai- 


tire i suoi urli, portatori di tristizia e 
di timore, alloraquando tuttii mali della 


‘ fredda stagione son scatenati contro la 


terra, vha egli maggior piacere che sen- 
tirsi sicuri e riparati nel nostro comodo 
appartamento, riscaldato e rischiarato e- 
ziaudio per la fiamma brillante di un 
buon fuôco?... …: 


# Non pertanto, comeche il giorno di 
Natale non ricordi più 1’ antica e solen- 
ne sna maestade, egli è ancora quello iu 
cui ciascun anno ritornarto alla memoria 
le più soavi e tenere emozioni. E difatti 
nelle cene proprie di questa sera, con 
qual piacere 1° occhio intenerito non 0s- 
serva il rinnovellamento delle affezioni 
domestiche ! ..... 

» Con quale incanto non si contem- 
pla i gai preparativi di queste patriar- 
cali imbandigioni, che riuniranno per 
avventura dopo tanto tempo gli amici 
lontani, i parenti, i membri di una so» 
la famiglia! Quale in'eresse nei doni 
reciproci dell’ amicizia! nelle uo: 
nianze le più dolci dell’ affezione! nei 
verdi fogliami, simbolo di pace e di a- 
more, che esternamente le nostre dimore 


P 


abballano e shit 

sEglicallora che i legami dell’ amici- 
zia e della parentela viemaggiormente sì 
stringono e rannodano; e la stessa sta- 
gione che alluma la fiamma ospitale nei 
domestici focolari, accende in tutti li 
cuori i faochi divini della cristiana ca- 
rità, se però ci possiamo far lecito un 
tal paragone. À traverso gli aridi deserti 
dell’ eià matura, il quadro ridente dei 
nostri primi e puri affetti viene ad of- 
ferirsi bello ancora di una brillante e 
virginale freschezza alla nostra immagi- 

19 


cheur, à notre imagination fatiguée par 
les déceptions si cruelles de ce monde. 
Il n’est pas jusqu’aux accidents les plus 
insignifiants, les plus pénibles quelque- 
fois; jusqu’aux moindres réminiscences, 
je dirais presque jusqu’aux plus doulou- 
reuses, qui ne revêtent dans ce jour de 
fête, un caractère de félicité charmante 
qui ranime notre esprit abattu...... 

» C’en est assez sur les fêtes de Noël 
et sur ses usages. Il me semble entendre 
plus d’un lecteur me demander grave- 
ment: « À quoi bon tant de verbiage ? 
espérez-vous par vos réflexions rendre 
les gens plus sensés? » Non certes ; ce 
ne sont pas les lecons de sagesse qui 
manquent à l’humanité; combien ont 
écrit et écrivent encore pour son instru. 
ction avec mille fois plus de talent, sinon 
de succès, que je ne pourrais le faire..... 
Croyez-moi, mieux vaut donc plaire qu’ 
instruire; mieux vaut être joyeux cama- 
rade que grave précepteur..... Après 
tout, si je ne réussis pas, il ne peut m’en 
arriver d’autre mal que de m’étre trome 
pé; si au contraire, je parviens à déri- 
der un front soucieux, à faire oublier un 
instant ses chagrins au lecteur... je n° 
aurais pas perdu mon temps tout-à-fait ». 


+ 


nazione, stanca delle mendaci illusioni 
di quaggiuso. Perfino gli accidenti i più 
insignificanti. e talvolta i più penosi, 
perfino le più lievi reminiscenze c quasi 
direi le più dolorose, assumono in questo 
giorno un’ aria di festa, un carattere di 
quieta felicità che rianima il nostro spi- 
rito abbattuto . .... 


» Noi abbiamo detto abbastanza sulle 
feste di Natale e sugli usi di quelle. Egli 
mi sembra vedere più di un lettore gra- 
vemente chiedermi:—Ed a che tante pa- 
role? Sperate voi forse mercedio le vostre 
riflessioni rendere il mondo saggio? —To 
non ebbi questa intenzione: sono troppi 
gli esempli di saggezza offerti all’umani- 
tà; troppi hanno scritto e scrivono tut- 
tora per istruzione di quella, ed in modo 
assai migliore ch’io non feci. Credetemi, 
e meglio piacere che istruire, è meglio 
essere un gaio camerata che un precet- 
tore severo . - . Dopo questo, se io non 
incontro favore, non avrò altra pecca da 
quella infuori di essermi ingannato. E 
se al contrario fossi riusciuto ad occupa- 
re piacevolmente una parte de? miei let, 
tori, sarò abbastanza ricompensato ». 


IBIZA 


L’hiver couvre la terre de ses frimats. 
Le souffle attristant du sirocco domine 
sur les lagunes en souverain maître et 
s’engouffre dans les rues tortueuses de 
Venise. Le riche, mollement étendu sur 
sés sofas de soie et de velours, renfer- 
mé dans un appartement délicieux que 
les poëles et les cheminées réchauf- 
fent à l’envi, brave insoucieusement 
les intempéries de la saison. Environ- 
né par toutes les recherches du luxe, ne 
concevant pas un seul désir qui ne soit 


Noi siamo in inverno. L’alito dei venti 
frigido soffia pella spaziosa laguna e vie- 
ne a scuotere le viniziane contrade. Il 
ricco si raccoglie nelle stanze in cui l’a- 
ria è rarefatta dal fuoco delle stufe, ed 
adagiato sui morbidi sofà sprezza l'ira 
di aquilone, non cura il gelo , non la 
fredda nebbia. Egli in superbi apparta- 
menti ozia il giorno e buona parte della 
sera, provveduto di tutti i mezzi a saziare 
i bisogni della vita, ponendo meno fre- 
quente lo studio a meditare sulle uma- 


MR 


aussitôt satisfait, comment pourrait-il 
comprendre les tourments de la misère? 
Nul souci, nul penser ne le travaille, ne 
l’occupe, si ce n’est celui de se créer de 
factices besoins, de nouvelles jouissan- 
ces, et de se servir de ses richesses et 
de son crédit présents comme d’un mar- 
che-pied pour arriver à une plus gran- 
de fortune encore. Les théâtres, les 
réunions, les sociétés, les concerts, les 
cafés, les fîtes de tous genres offrent 
aux riches une source de plaisirs tou- 
jours renaissante et toujours variée. 
Chacun d’eux s’empresse d’attirer dans 
ses salons la meilleure société; chacun 
s’efforce de surpasser ses rivaux par le 
faste de scs fêtes. A un jour dès long- 
temps annoncé, il ouvre les portes de 
ses superbes appartements, magnifique- 
ment éclairés et décorés. Le beau monde 


accourt, et plus d’une jeune femme: 
y 3 


éblouissante de parure et de beauté, plus 
d’une jeune personne fraîcheet séduisan- 
te, y attirent les regards des jeunes-gens 
charmés ; la musique, la danse, une con- 
versation brillante les animent, les oc- 
cupenttour-à-tour,et bien souvent l’aube 
vient les surprendre au sein des plaisirs. 
Ainsi coulent rapidement les jours pour 
ces mortels fortunés, Au reste, l’existence 
des ouvriers mêmes, offre aussi ses com- 
pensations et ses plaisirs. Après-six jours 
de travail, le dimanche vient les délasser 
des fatigues de la semaine entière, et ils 
sont heureux à leur tour. 


Les ouvriers nous conduisent tout 
naturellement aux cabarets, et si la 
transition n’est pas recherchée, elle ne 
saurait du moins avoir plus d’à-propos. 
En effet, les tavernes ou cabarets que 
Von nomme à Venise magazzini, mot 


ne miserie e sulla caducità delle cose 
nostrali, e più spesso in approfittare 
della propria industria e possanza per 
accrescere gli agi dalla fortuna proce= 
denti. Caffè, teatri, brillanti convegni 
sono eziandio fonti per lui di piacere ; e 
quando gliene venga a grado apre le suc 
sale spaziose, le lumeggia di cerei, le 
riempie di seggiolini, colloca una specie 
di scena, e fa intuonare le note della 
danza. Quivi accorrono gli eletti dra- 
pelli della gaia gioventude; in queste sale 
i. cuori delle vergini in mezzo al lusso 
delle cose si dischiudono agli sguardi ap- 
passionati de’ molli garzoni ; quivi os- 
servi il brio e la vivacitade; quivi il 
sorriso di ogni dolcezza. E qual sinistra 
influenza aver puote la stagione invera 
nale quando dal pranzo opipare allo stu- 
dio od ai teatri si passi, e dai teatri alle 
danze, dalle danze alle cene, ai sonni si- 
curi sur morbide piume. L’ ima clas- 
se poi del popolo, benchè priva di questi 
mezzi, altri ne ha pe’ quali si difende 
dall’ algente stagione. ll fabbro alla fu- 
cina, il falegname al suo banco di lavoro, 
e quegli altri artisti che lungo sarebbe 
qui noverare, con l’ intensità dell’ope- 
ra si raccendono ed infiammano. Oltre a 
ciò, ne’ magazzini si ridono del rigore del 
tempo, ne’ quali luoghi il molto numero 
de’ concorrenti ed il vino che si tracan- 
na, cavano un calore adatto a fugare il 
freddo che intirizzisce ed abbronza. 


Or che ci pizzica il cervello l’idea del 
magazzino, moi reputiamo convenirsi 
una descrizione adeguata di quello e di 


tutto quanto vi occorre per entro. Cer- - 


tamente ogni cosa che un tal luogo pre- 
sentati è giuliva e festevole. E valga 


dont je me servirai dorénavant moi-mè- 
me, sont ici comme partout ailleurs le 
rendez-vous de la classe ouvriere. Effor- 
gons-nous d'y transporter nos lecteurs 
en pensée au moyen d’une description, 
sinon élégante, chose d’ailleurs peu com- 
patible avec le sujet, du moins rigou- 
reusement exacte, 

A peine entrés dans ces magazzini, 
nous promenons nos regards a l’entour 
avec la satisfaction que la vue du plaisir 
des autres ne peut manquer d’exciter 
en nous. On y rit, on y boit, on y chan- 
te, on y crie un peu surlout, mais len- 
semble est amusant. À droite et à gau- 
che de l'observateur s'étendent de lon- 
gues enfilades de petits cabinets, munis 
chacun d’une porte particulière, et d’une 
table oblongue, de chaque côté de la- 
quelle on trouve un banc de bois. Là 
se déploie librement la bruyante gaité 
des buveurs, entretenue par de fréquen- 
tes libations de vin de Conegliano (1). 
L’un chante, l’autre crie; celui-ci porte 
la santé de sa maitresse assise à ses côtés; 
celui-là appelle à tue-tete; le vacarme va 
toujours croissant ct c’est alors que triom- 
phe de maître ou la maitresse du 72a- 


gazzino, 
Ces 


culation du numéraire parmi le bas peu- 


lieux sont le centre de la cir- 


ple. L’argent y cireule de main en main 
comme te vin dans les verres des bu veurs. 

ussi ne sont-ce point les seuls maitres 
du logis qui y gagnent; un essaim de 
colportears et de vendeurs de toutes sorles 
de comestibles les aident à vider votre 
bourse. En voici un qui entre: c’est un 
marchand d’huitres, et d’autres coquil- 
lages. Un tablier, un large pantalon , 
un gilet grossier, des bas de laine qui lui 
lui montent jusqu’au genou et de retentis- 
sants sabots composent son costume, très- 


(1) Petit village des Etats Venitiens, où 
Ton vendange le meilleur vin qui se vende 


à Venise dans tes magazzini. 


il vero, vedere in una spaziosa e larga 
cantina capacissime botti cerchiate di 
ferro in bell’ ordine collocate. e tutte 
piene di quel saporitissimo vino che le 
forze richiama e gli spiriti ricrea, è una 
consolazione ictilicaute i fiacchi dalle 


fatiche del giorno, 


Se tu sbarri lo sguardo su quelle cel- 
lette in lunghe file disposte, per leggieri 
palancati di legno divise, con una sola 
porta e con in mezzo una tavola di figura 
parallelogramica, della quale da destra e 
da sinistra due panche sono collocate, ve- 
di la gioconda gente de’ bevitori in una 
festa di vero tripudio. Qual d’essi empie 
la tazza dello spumoso coneglianese (1), 
quale offre il nappo alla bella da vicin 
sorridente; chi senza respiro un altro 
ne vuota : e chi con istridula voce ine 
tuona il cantico dell’ ebrezza la brigata 
a rallegrare. Né tu dei ire a cerco di chi 
studii trar profitto del tuc buon umore 
quando entri per associarti al numero 
dei buontemponi: 1 oste allegro o la 
vispa e confidente ostessa ti vengono in- 
nanzi, ti offrono la stanza, e, sc meslieri 
è, ti dischiudono la porta e t’ introdu- 
cono, 

ll magazzino è il paese del commer- 
cio. Qui il denaro circola e gira come 
il vin nelle vene ed il cervello per 1 va- 
pori; quindi varii sono i venditori che 
accorrono ad offerirti or questo or quel- 
l’altro camangiare che meglio si presti al 
tuo-bisogno 0 capriccio. Si presenta uno, 
e picchia alla porta con su la testa canc= 
stri zeppi di ostriche e di altri crostacci. 
Costui è la persona più rozza ed inculta 
nel vestire, ma più scaltra ed avida nel- 
l’animo. Un grigiò gonnellone, larghi cal- 
zoni, un ruvido gilet , un paio di cal: e 
di lana biancastra che gli arrivano sin 


(1) Vino di Conegliano ; qualità la 
migliore che si vende in Venezia nei 
magazzini. 


peu recherché, comme on voit. Il s’ar- 
rète un moment sur le seuil de la porte, 
pose à terre le panier qu'il avait sur la 
tête, puis salue les assistants à la ronde, 
et leur. présente sa marchandise. C’estun 
plaisir que de l’entendre crier à pleine 
gorge, vantant l’excellence de ses hui- 
tres, la modicité du prix et, par un raf- 
finement d’éloquence, la satisfaction avec 
laqueile il les vendra de préférence à des 
chalands bien connus: de tous ceux qui 
l’écoutent, il n’en est pas un seul peut- 
être qui l’ait vu une fois en sa vie; mais 
n'importe, la péroraison est de rigueur. 
Afin des’en débarrasser plutôt, on achète 
souvent ses huîtres sans avoir la moindre 
cnvie d'en manger, ou, moins novice, on 
se délivre de son importunité en le con: 
gédiant d’un geste un peu brusque. Mais 
malheur à vous si vous êtes le premier 
à lappeler. Alors ses prétentions n’ont 
point de bornes; et gare à vous si vous 
les rabaïssez sans pitié! il ne vous épar- 
gue ni son gros rire ironique, ni mé- 
me de véritables injures de halle, qu’il 
couroune insolemment en vous tournant 
le dos. Mais les habitués ne se laissent 
guère amorcer à cette comédie bien con- 
nue; en effet, il s’éloignera de vous, il 
sortira même de la salle, mais sil voit 
que vous ne soufilez mot, soyez sûr qu’il 
retournera humblement à vous, protes- 
tant qu'il perd au marché, mais que 
vous avez l’air d'un digne homme, d’un 
bon chaland et que c'est ce qui le déci. 


de à vous contenter, 


Mais la voix criarde du vendeur de 
céleri qui vient frapper nos oreilles, 
détouine notre attention du vendeur 
d’huitres dont nous nous sommes d’ail- 
.Jeurs assez long-temps occupés; le mar- 
chand du céleri qui relève si bien le goût 
du vin, mérile à coup sûr la seconde pla- 


mn 


sopra il ginocchio, due alte lignec pia- 
nelle o pantofole nei piedi, sono le’ vesti 
di lui. Fattosi vedere alla porta, si leva 
dal capo i suoi canestri per poterli in- 
trodurre liberamente ; entra riverendo 
a coloro che sono nella stanza , ed offre 
la sua roba con un garbo proprio del suo 
mestiere. Piace sicuramente vedergli co- 
me s’ insinuano, dopo aver gridato a 
larga gola a chi volesse comperare, met- 
tendo in mezzo l’eccellente qualità, il mo- 
dico prezzo ed il piacere che provano di 
poter servire a’buoni avventori, de’ quali 
per avventura non avranno giammai ve- 
duto la fronte. Quante volte non avviene 
che costoro si impuntino abbiasi a man- 
giare le loro ostriche, e costringano con 
una singolare peschereccia petulanza a 
doverne fare acquisto! Se non che, è tan» 
to conosciuta la loro importunità, che il 
più delle volte chi gli vede, con cenno e 
con mano se gli allontana di subito. 
Quando poi si domandano, allora sono più 
vantaggiati nelle loro pretese. Guai a te 
se stai molto al di sotto di ciò che ti 
chiegeono: ti ghignano in volto, sanno 
dirti che non te ne sai punto di ostri- 
che, che Vinegia non è il tuo paese, che 
puoi fartela senza col maggiore tuo uti- 
le, e quasi per corollario ti danno le 
spalle. Non la è poi così: usciranno an- 
che fuori della stanza ove tu sei, se ne 
allontaneranno ; ma se odono che non 
zittisci, allova tutti buoni ed affabili ven- 
gono strisciando innanzi a te, e ti assi- 
curano ch’ ci sono galantuomini, che 
nov hanno bisogno di tagliar altrui i ca- 
voli in testa, insomma che vogliono che 
tu tiserva, perchè vedono che tu hai vi» 
so di essere onesto e buon compratore. 

Ora lascia lì questi venditori di ostri- 
che, e tira l'orecchio alle parole di quel 
buon uomo che viene vendendoti il ce- 
leno per gustar meglio del vino. Le isole 
di Venezia fecondissime forniscono i ce- 
leni più gustosi e salubri, più freschi e 
belli che mai vedere si possa, Grosso il 


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ce. Nos ilots produisent en abondance 
cet herbage qui est chez nous d’une excel: 
lente qualité. Aussiles buveurs intrépides 
Je recherchent, et le prix en étant tres- 
modéré, le débit en est grand, ainsi que 
le nombre des vendeurs. C’est dans un 
panier de joncs que ces derniers portent 
le céleri; ils savent si bien en vanter la 
saveur avec l’éloquence grossière dont 
un marchand n’est jamais dépourvu, qu’ils 
font, comme on dit vulgairement, venir 
l’eau à la bouche des buveurs et chacun 
d’eux s’empresse d'acheter. 


Nous avons avancé une opinion un 
peu hasardée en disant que tous ces ven- 
deurs ont un fond naturel de faconde ; 
il faut certes faire un exception à la regle 
quant aux pelits marchands de zalettini 
(c’est le nom que l’on donne à Venise à 
des gâteaux de différentes formes et gran- 
deurs, mais tous uniformément compo- 
sés de farine de maïs, assaisonnée avec 
quelques grains de raisin sec).Qu’attendre 
en effet de pauvres montagnards de Pago, 
de Feltrino, de Cadore? Nés de parents 
misérables, dans une cabane plus misé- 
rable encore, ils grandissent au milieu de 
la plus complète et de la plus rude pau- 
vreté. Privés chez eux des moyens de 
se procurer les commodités de la vie 
que les humbles champs ne sauraient 
leur fournir, ils habitent, sous un âpre 
climat, unsolrude, montueux, escarpé, et 
vivent au milieu de leurs sauvages com- 
patriotes dont la garde des troupeaux est 
Punique occupation, et qui, pour tout dé- 
lassement, ont le chalumeau et la vielle ru- 
stiques sur lesquels ils accompagnent gros- 
siérement des chansons villageoises, heu- 
reuxlorsqu’ils ont un quartier de chevreau 
fumé(ou pour mieux dire enfumé)suspen- 
du à un croc dans leur misérable chaumie- 
re. Passant ainsi une pénibleexistence au 
milieu des boeufs, des bêtes de somme, 
et des instruments de labourage, il est 
tout naturel que beaucoup d’entr’eux, 


gambo, lunghissime le foglie, tatti bian- 
chi, si comperano avidamente all’oste da 
coloro cui sta bene in mano il bicchie- 
re. Moderato essendone il prezzo, n° è 
quiadi grande lo smercio, e molti li vene 
ditori. Hanno una cesta contesta di vi- 
mene, di un solo fondo cd accampanata 
alla parte superiore, nella quale è conte- 
nuto il saporilissimo erbaggio. Codesti 
venditori non mancano dell’ eloquenza 
propria di chi vende: dipingono il celeno 
coi colori più vivi, e mettono in succhio 
i bevitori, sì ch’ei senza più ne fanno lo 
acquisto. 

Indarno però tu chiederesti brio ed 
eloquenza nei venditori de’zalettini, ap- 
pellativo che i Viviziani danno ad un 
pane di farina di grano turco ingemmato 
all’intorno di alcuni grani d’uva. E qual 
brio, e quale eloquenza vorrai tu dai 
montanari del Pago, del Feltrino e del 
Cadore? Nascono in miseri tuguri, da 
misera gente, al mantenimento della 
quale non basta la provvigione che dai 
campi ricavano. Senza mezzi a potersi 
ivi fornire almeno di qualche comodo al 
vivere, più nel freddo che nel caldo vi- 
venti, solto un cielo che piove spesso le 
nevi e le brine, con un suolo innanzi 
agli occhi ineguale, aspro e scosceso, fra 
connazionali dei quali il miglior studio 
e pasturare la greggia, la più dolce mu- 
sica quella dello zampogna e della vivo- 
la, il canto più soave qualche inculta 
canzone in illo tempore modulata quan- 
do i patriarchi delle generazioni si divi- 
sero fra sè i monti e le valli, cresciuti 
fra le conversazioni dei buoi e delle pe- 
core , rallegrati in casa dall’aspetto delle 
terga affumicate ‘di qualche capra ste- 
rile, dalla marra, dal rastrello, dalla van- 
ga, dalla zappa c dall’adunca falce, più 
pieni di una fame studiosa e conta, che 
di un cibo sufficiente e squisito, costoro 
sono gli uomini che hanno gli animi in- 
clinati ad abbandonare il patrio covac- 
cio, ed a fare nel tempo invernale le 


dégoûtés d’une si dure vie, abandonnent 
lcur pays natal, pendant l’hiver surtout, 
et quittant ies sauvages cimes des Alpes, 
viennent chercher une destinée plus sup- 
portable au sein de Phospitalière Ve. 
nise. C’est au nombre de ces derniers que 
seirouvent nos petits marchands de zalet- 
tini, que vousseriez charmé comme nous, 
- sans nul doute, d’entendre raconter dans 
leur patois naïf et rustique les aventures 
de leur voyage et leurs projets de fortune. 
Ils arrivent tous avec un richetrésor d’es- 
pérance qu’ils transforment bientôt en 
quelque chose de plus solide, à force de 
vendre dans les rues au bas peuple et 
aux ouvriers, aux enfants, etc., des zalet- 
tini, du pain, des biscuits, le tout à wr 
centimela pièce. Après avoir lu les détails 
précédents, vous pouvez facilement ima- 
giner, lecteur, ce que l’on peut attendre 
de ces pauvres montagnards. La soif du 
gain les pousse dans les recoins les plus 
obscurs de la ville; on les voit cou- 
rir de magazzino en magazzino étourdis- 
sant les passants de leur eri nazillard. 
Et ce ne sont point seulement ces lieux 
qu'ils fréquentent; raides et impassi- 
bles ils parcourent les places, les mar- 
chés et les rues de la ville. Le bas peu- 
ple ou pour mieux dire la canaille de 
Venise étant sans contredit la plus effron- 
tée et la plus maligne qu’il soit possible 
d'imaginer, il en arrive souvent que quel- 
que gamin, poussé du désir de mal faire 
à la seule vue de nos montagnards, véri» 
table espèce de statues, ne peut résister à 
la tentation de leur jouer un tour, Alors, 
si un de ces pauvres diables s’arrête un 
iustant ou détourne les yeux de son pa- 
nier, le gaillard en profite pour lui esca- 
moter un pain, qu’il lui paie d'ordinaire 
en lui enfonçant son large bonnet jusque 
sur les épaules; aussi le malencontreux 


montagnard, terriblement empêché dans. 


cette coiffure, est bien souvent obligé, 
pours’en délivrer, de recourir à l’aide de 
suclque passant charitable, 


lunghe peregrinazioni dalle ruppi delle 
alpi ai maestosi palagi dell’alma cittade 
de’ Veneti. Come e’ parlano dei loro 
viaggi e delle loro fortune qui entro nel. 
la nostra capitale, parci di sentir Titiro 
appresso Virgilio quando narra a Meli- 
bro ke sue buone venture a Roma occor- 
segli per quella che Augusto gli avesse 
fatti de’bei vantaggi. Vengono cotestoro 
con la grande ricchezza della speranza 
e con le idee delle rupi, e si mettono a 
voler vivere contentando il pubblico 
della saporosa pasta dei zalettini, del pa- 
ne bianco e delle ciambelle, che equival- 
gono al gusto di un centesimo , prezzo 
invariabile di ciascuna. Puoi imaginarti, 
o lettore, dopo tutta questa istoriella cosa 
di buono possa venir fuori da questi 
montanari. Né solo ai magazzini fanno 
di se e delle lor robe questa mostra pom- 
posa, sì anco per le piazze e per le vie, 
e vanno duri ed impassibili, e s° impo- 
stano qua e là, che paiono tanti avvisi. 
attaccati alle colonne. Siccome poi vi 
sono nelle cittadi moltissimi umori, e la 
bassa plebe di Venezia forma verace= 
mente un’accademia di umoristi, così in- 
contra parecchie volte che qualche po» 
polescò viniziano, o stuzzicato dalla fa- 
me, o sospinto dal desiderio d’ insolenti- 
re,agguardando a queste gelide statue si 
senta venire il ticchio di far loro la bur- 
la. Mentre il buon venditore, grosso, tar- 
chiato e tondissimo si sta fermo così per 
le pubbliche vie, di retro vagli tale che 
pigliatogli di celato un pane non si con- 
tenta, ma gli vien voglia di pagarglielo 
ficcandogli la berretta fino alle spalle, e 
sì il lascia impacciato nel vedere che non 
sappia che farsi, o trarsi quella visiera 
dagli occhi, o chiamare l’ aiuto del buon 
passeggero. 


Ces petits marchands ne possèdent pas 
un souen propre, et c'est toujours pour 
le compte d’autrui qu’ils débitent leurs 
zalettini ou autres denrées. Ils dépendent 
tous d’une espece de chef, d’entrepreneur, 
qui les accucille à leur arrivée de la 
montagne et leur trouve aussitôt de l’em- 
ploi, les chargeant de débiter dans la 
journée une certaine quantité de zalet- 
tini, petits paius, et autre marchandise 
semblable qu'il leur distribue de bon 
matin. Non-content de ces premieres at- 
tentions, il fournit à chacun d’eux pour 
la nuit un logement et mème un mau- 
vais grabat; c’est dans une vaste salle 
ouverte à tous les vents qu’il héberge en 
commun un certain nombre de ces petits 
malheureux, Mais ses prévenances ne se 
bornent point là ; outre le métier et Île 
logement, il leur donne encore à diner; 
de la polenta et du fromage, voilà ce 
que nos pauvres montagnards peuvent 
désirer de mieux. Pour Ie coup, vous 
croyez, lecteur, que les soins généreux 
du chef ne s'étendent pas plus loin; point 
du tout: sachez qu’en véritable prince 
de la montagne, il leur accorde un in- 
térèt dans le produit de la vente, ce qui 
leur permet de mettre en réserve quel- 
ques sous à la fin de chaque semaine. 
Vous ne sauriez vous faire une idée de 
Vordre et de Vactivité admirables qui 
régnent dans cette république de mar- 
chands de zalettini. Le chef en effet n'e- 
xerce point un pouvoir absolu et tyran- 
nique; c’est en père, en ami au contraire 
qu’il commande: aussi tous ses petits 
montagnards lui obéissent avec une exa- 
clitude empressée, bien sûrs qu’il n’abu- 
sera jamais de son autorilé, et qu’il 
n’a en vue que le bien commun. Les su- 
balternes et leur supérieur é'ant réci- 
proquement nécessaires les uns aux au- 
tres, et lifs d’ailleurs par une solidarité 
évidente d'intérêts et d’espérances, la 
paix et la régularité regnent sans effort 
ét sans interruption au sein de cette 


= = 


Cotal genté di tapini mercanti di pro- 
prio non hanno niente a questo mondo, 
e la merce che vendono dispensanla co- 
me cosa altrui. Evvi fra essi un tale a 
cui la fortuna diede il primato in giuris- 
dizione, il quale accoglieli dalle alpi pro- 
venienti per esercitarli nella vendita dei 
zalettini, dei pani e delle altre ciancia- 
fruscole. di cui dà a ciascuno un nu- 
mero determinato. Non è poi avaro di 
cortesie verso questi suoi operai! Offre 
loro per riposare la notte un sonante pa- 
gliariccio , ponendogli tutti in varii letti 
luvghesso un largo camerone che servi. 
rebbe meglio di topinaia. Per i buchi di 
questo abitacolo quinci e quindi d'inver- 
no soffia il vento, e precipuamente per le 
finestre fatte alla spezzata che cigolano 
sui cardini come buffa gli muova. Oltre 
a ciò; assicura loro il pranzo; 1] quale se 
sia polenta a sufficienza rallegrata dal 
cacio , è il meglio eh’ ei dare e che i 
suoi operatori desiderar possano. Questo 
però non basta all’ animo generoso di 
questo principe de’ montanari. Sopra la 
quantità di merce che vendono concede 
loro un agio, perchè col lasso d’una set» 
timana possano colar loro in tasca ‘dai 
cinque ai sei baiocchi. Non si può dire 
come questa repubblica dei venditori di 
zalettini si mostri ben ordinata ed atti- 
va in ogni sua parte. Il copo supremo 
non esercita una podestà assoluta e ti- 
rannica, egli invece la fa da padre, da a- 
mico e da consigliero ; vuole che i mem- 
bri componenti quel corpo morale ub- 
bidiscangli più per conoscenza che han- 
dei loro bisogni, di quello che per una 
necessità imposta loro dal suo capriccio, 
Utile egli a loro , eglino utili a lui, per 
comunion d’ interessi mostrano un’ e- 
guaglianza di condizione, e per rapporto 
di autorità un governo monarchico, as- 
soluto in apparenza, ma in sostanza co- 
stituzionale. Quivi il comando è dolce, 
pronto ed innocente 1’ ubbidire ; i pen- 


_sicri sono moderati , discreti i desiderii, 


grossière communauté, Là, le comman- 
dement cest aussi doux que 1’ obéissance 
est promple et entière; tous les désirs, 
tous les projets sont modérés et honné- 
tes; là, point de querelles, de rivalités, 
d’ innovations ; tous tendent au même 
but avec une égale ardeur. En un mot, 
il est impossible de trouver une réunion 
d'individus plus tranquilles, plus hon- 
nétes, et l’on ne saurait trop louer la 
discipline et les sages moyens par les- 
quels le chef de la communauté est venu 
à bout d’ établir et de maintenir dans 
"son petit gouvernement légalité, l’atta- 
chement mutuel, la sobriété, la confian- 
ce, les bonnes moeurs, enfin toutes les 
vertus dont ses petits sujets sont susce- 
ptibles; aussi les rend-il heureux autant 
qu'ils peuvent l’étre dans leur condi- 
tion. Mais terminons ici cette longue 
digression à propos des marchands de za- 
lettini, et relournons au magazzino où 
nous rappellent d’ailleurs le vacarme et 
les chants joyeux des buveurs que nous 
y avons laissés. 

Lorsque leurs cerveaux troublés par 
les vapeurs du vin qu’ils ont bu large- 
ment, commencent à en donner des si- 
gues non-équivoques, et que leurs jam- 
bes alourdiesneremplissent guére micux 
leur office accoutumé , alors nos ivro- 
gnes d’une part et de 1’ autre les plai- 
sants qui abusent de leur état pour s’a- 
muser à leurs dépens, nous présentent 
les scènes les plus divertissantes. —Croi. 
riez-vous, lecteur, que les cabarets soient 
le rendez-vous des beaux-arts? — C’est 

‘ cependant ce qu’on affirme ici positive- 
ment. Vous vous récrierez là-dessus, 
vous accuserez peut-être l’auteur detran- 
cher les questions un peu lestement, mais 
la chose est ainsi. On vous citera même 
à Pappui Pautorité de Gaspard Gozzi 
qui, dit-il par parenthèse, laisse bien loin 
derrière lui dans ses peintures des moeurs 
vénitiennes les Scènes de la Vie pari- 


ogni novità c dispetta, le rivalità ignote, 
non si aspira ad altro che a serbare la 
unità. Insomma è upo di que’ governi 
chesa conciliare ad una volta l'interesse e- 
conomico morale ed il dilettevole. Se tutti 
vedessero addentro questa maniera di so- 
cietà che vive indipendente dipendendo, 
che non eccita la invidia di nessuno, 
certamente loderebbero 1’ ugualità che 
ella mantiene, il semplice costume, la 
incorrotta fede, la frugalità della vita, la 
continenza e tutte quelle altre virtù che, 
dispogliando gli uomini di molti bisogni 
che sanno fabbricarsi con la vantata loro 
civiltà, gli rendono presso che intiera- 
mente felici. Ma lasciamo questa gente 
frugale, che forse così si mantiene per 
la condizione degli umani negozi, e ri- 
torniamo di bel nuovo ai bevitori nel 
magazzino. 


Quando il cervello non istà più in ar- 
co, e che la ingorda voglia del vino si fa 
sentire alle arse fauci, allora le mobili 
fantasie vigono meglio,e le bizzarrie bal- 
zan fuori e le mimiche scene e le fioc- 
che cantilene e tutta quella baldoria si 
vede che sanno fare gli ebri, e queglino 
che della loro ebrietade approfittano. 
Chi penserebbe che }’ osteria sia una ri- 
produzione simultanea di tutte le arti 
belle? Certo taluno griderà alla croce 
perchè ci venga il ghiribizzo di sputar 
così a tondo su questa materia: Pure la 
bisogna va così. Quell’immortale osserva- 
tore di tutte le scene cittadine, Gaspare 
Gozzi, che in trattare i Costumi Urbani si 
lascia addietro la descrizione della vita 
parigina dello sconciamento brillante si- 
gnor de Balzac, quegli è che questa idea 
ci svegliò. E dove mai la danza, la mu. 
sica, la pocsia, la pittura conducono le 


20 


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sienne de lénsipide Balzac (*). Mais pour 
retourner à notre sujet, n’est-il point 
vrai, dites-moi, que la danse, la inusi- 
que, la poésie , la peinture , et coctera, 
brillent admirablement dans les caba- 
rets ? — Latête pleine des vapeurs du vin, 
es jeunes étourdis sortent en troupe du 
magazzino pour aller parcourir les rues de 
la ville chantant à tue-tête les airs d’opéra 
en vogue, quelquefois-aussi les grossières 
chansons de la populace, et plus souvent 
les airs qu’ils viennent d’entendre jouer 
ou chanter au cabaret par les musiciens 
ambulants ; c’est l’usage en effet à Ve- 
nise que ees gens-Jà aillentnon-seulement 
de café en café, mais aussi de magazzi- 
no en magazzino, charmer ou étourdir, 
à votre choix, les oreilles des auditeurs. 
Ces gens-là sont bien la plus curicuse 
espèce qu’il soit possible de voir. Faits 
tout exprès pourle métier de grippe-sous, 
ils ont grand soin de conduire avec 
cux une femme jeune et belle, si faire 
se peut, confiant sans doute beaucoup 
plus, et ils n’ont sûrement pas tort en 
cela, dans le charme de ses souris et de 
ses oeillades que dans celui de leur mu- 
sique ; c’est elle qui est chargée d’ordi- 
naire, comme l’on pense bien, de re- 
cueillir les offrandes des spectateurs. C es 
musiciens ambulants sont habituellement 
réunis en troupes de trois, quatre ou cinq 
individas, et même davantage, dirigées 
par un chef élu du commun accord de 
ses compagnons. C’est lui qui remplit les 
fonctions de directeur d’orchestre, ha- 
rangue au besoin l’assistanee, donne les 
ordres nécessaires, et cumule aussi très- 


(*) Je ne contesterai certes point le me- 
rite de l'illustre Gozzi, et je pretends en- 
core moins défendre Balzac aveuglément, 
mais il me semble qu'on pourrait louer 
dignement Gozzi sans rabaisser si fort 
et si à-dessein, l’auteur du Lys dans la 
Vallée, du Père Goriot et dEugénie 
Grandet. (Note du Trad.) 


più naturali espressioni se non al magaz- 
zino ? Di qua tutti pieni del fumo del vino 
escono i giovani baldanzosi, e ripetono 
come più sanno meglio i pezzi delle ope- 
re teatrali, unendo a queste le popolari 
canzoni e le peschereccie che per le pub- 
bliche vie e per le lagune si cantano. Ne 
sono i soli bevitori che in questo luogo 
sciolgano armonie e cantilene, ma gli spe- 
culatori, che musicì ambulanti noi chia- 
miamo vi entrano, e fanno sentire lor 
note. Cotai musici sono la più curiosa 
razza che si possa vedere, ed hanno tutte 
le doti per formare gli accatasoldi. Sono 
cotestoro accompagnati quasi sempre da 
una qualche donna che dolce ride e dol- 
cemente parla, e quando si presentano 
avanti a’ crocchi de’ bevitori lo fanno in 
guisa che pare si tengano in grave orran- 
za. Uomini che esercitano quella profes- 
sione per cui Apollo allegrava in Delo ed 
in Cira le sorelle de’ canti, sanno quel 
che fanno! Ma vediamoliin azione.Alza la 
testa il direttore d’orchestra collo sguär- 
do acceso per volgerla sugli astanti ed 
umiliarla poscia su’ compagni. Quest’è il 
segno, e subito la dolcezza del ritmo pio- 
ve il piacere sui cuori. La grossa o sot- 
til gente de’ bevitori - cessa la crapula, 
ed a tesi orecchi riceve nell’ anima la 
grata armonia che traspare dagli sguar- 
di giocondi. Dopo una introduzione ese- 
guita da violini, da clarinetti, da trom- 
be e via, le famose bocche de’ cantori 
si aprono al canto, che mai sempre di- 
sposano a musicali stromenti. E qui uno 
ti fa sbalordire pella rattezza dei mot- 
ti e pel subito impeto della ritmica vo- 
ce che a que’ motti si accompagna; un 
altro per lo sbarrare degli occhi, pel 
contorcere del collo, pel ripiegarsi da 
destra a sinistra; insomma sono la im- 
magine di uno sforzo de’ più poetici per 
partorire versi e concento, e vengono 
bene accetti ed applauditi. Che se poi 
ta è donna, e se la è giovane e bella, ella 
viene ricevuta come un prodigio, come 


souvent la charge de vaissier. Le violon, 
la flûte, la guitarre, le cor et même la 
basse, sont en général les instruments aux- 
quels ils s’adonnent de préférence, et 
parfois ils en jouent très-passablement ; 
dans ce dernier cas, un étranger est 
toujours surpris de voir l'attention et le 
plaisir remarquables avec lesquels ils sont 
écoutés, même par les gens du peuple les 
plus misérables ; c’est que le peuple est 
musicien-né à Venise comme dans tout 
le reste de l’Italie. Les chanteurs et les 
chanteuses y sont au reste inséparables 
des joueurs d’instrument, ou bien ils 
chantent en s’ accompagnant eux-mé- 
mes. Quant aux femmes, si elles sont 
jeunes et jolies, pour peu que leur voix 
soit tolérable, elles ne peuvent manquer 
d’être applaudies dans unlieu oùles indi- 
vidus de Pautre sexe, et les jeunes-gens 
surtout, sont en grande majorité. Elles 
excitent souvent un enthousiasme véri- 
table, et, comme on le croira sans peine, 
les beaux cheveux noirs, la physionomie 
piquante, les yeux agacants et les formes 
séduisantes de quelques-unes d’elles con- 
tribuent à leur succès beaucoup plus 
efficacement que leur voix. Lorsqu’elles 
ont fini de chanter, elles vont , ainsi que 
nous l’avons déjà dit, recueillir les dons 
de leurs admirateurs, et bien peu se re- 
fusent à déposer quelque argent dans 
le gobelet qu’elles présentent à la ron- 
de. — Tous les goûts trouvent de quoi 
se satisfaire au magazzino ; aussi y ré- 
gne-t-il un flux et reflux perpétuel de 
pratiques. 

On vous a déjà appris, lecteur, que 
toutes les petites industries ainsi que tous 
les beaux-arts se trouvent réunis au ma- 
gazzino ; on vous a parlé de la musique 
et des chants qui y brillent d’un éclat si 
vif, mais ce n’est point tout encore : aps 
prenez que la peinture , la danse et la 
poésie n’y sont point oubliées. Et pour 
preuve, voyez ce gamin qui, la main ar- 
mée d’un morceau de charbon, bar- 


un portento. Quella cetra al collo, quel- 
le trecce lucide e coltivate che vanno a 
sederle sulle rotonde spalle, quella rete 
leggera che le tiene raccolte, dalla quale 
pendono rosei nastri e molli fettuccie, 
quell’ abitino sinuoso che s’ informa be- 
ne alla persona, quelle movenze ap- 
passionate degli occhi pietosi con cui 
accompagna il canto sono l'estasi dei 
bevitori. E chi non dice un ave all’ an- 
gioletto che tanto commove, chi non le 
dà l’obolo di riconoscenza? Villano e 
scortese colui che quello e questo ne- 
gasse. A Venezia no. Ognuno dà mano 
alborsiglio,si picca di generosità, ed anzi 
che un baiocco versane più in quel piat- 
tellino che la gentile offre con un garbo 
de” più belli della terra. Egli pare che 
al magazzino nulla sia che al lieto vi- 
vere appartenga che non concorra. Ivi 
è un flusso € riflusso, un mondo che va 
e che viene : tutti convengono qui d° o» 
gni pacse, tutti qui sono inventori, tutto 
è meraviglia, portento, miracolo ! 


Tu udisti che nel magazzino di mol- 
ti venditori concorrono, tu ti se” imbal- 
samato della musica e de’ canti; sai tu 
mo’ che v'è di più ancora? La pittu-" 
ra, la danza e le altre belle arti dove 
le lasci? Qui vedi uno che, preso in 
mano un carbone, su per le pareti segna 
fantocci, dipinge figurone, fa pittorici 
capo-lavori; là uno si sente inspirato, ed 
a ribocco snocciola versi e canzoni da 


bouille hardiment la muraille qu’il cou- 
vre de dons-honmes, de nez ct d’oreil- 
les; voyez plus loin ce porte-faix à moi- 
tié ivre qui, inspiré par le jus de la 
treille, déclame ou même improvise avec 
une assurance imperturbable; voyez plu- 
iòt cet autre qui, non-moins ivre que le 
premier, mais diversement occupé, danse 
avec une grâce et un aplomb à-peu-près 
égaux. N’admirez-vous pas ces pirouet- 
tes, ces entrechats, ces cabrioles éton- 
nantes ? En un mot, le magazzino, tel 
que nous l’avons décrit , offre des scè- 
nes si curicuses que plus d’un homme 
riche, plus d’un artiste habile, et en cela 
nous ne craignons guère d’être démentis, 
vont parfois y chercher des distractions, 
et des sujets d'étude. 


fare invidia a qualanque trovadore ; di 
quindi uno scioglie i piedi alla danza 
bene, tanto che € la stessa natura am- 
maestrata dal vino che muoveli, e ti al- 
letta quel ciondolare delle teste, quelle 
sbarrate di braccia, quell’incurvarsi del- 
la persona, Infine tante scene presenta 
questo benedetto magazzino, che alcuna 
fiata eccita la voglia di qualche uomo 
dotto, nobile e ricco, c lo possiam dire 
senza timore di errare, a portarvisi, onde 
da quel diversivo di cose raccogliere 
nella mente buoni e belli soggetti per 
espor sul costume. 


È La SE EI SE rater 


© 


Le goùt universel que toutes les clas- 
ses ont à Venise pour la courge est réel- 
lement inconcevable. Si Arioste, qui se 
déchaîne contre l’impertinence de ceux 
qui croient pouvoir acquérir une gran- 
de vertu en peu de temps et conserver 
leur réputation long-temps, avait vu 
nos citrouilles, il aurait pu rendre en- 
core plus vive sa comparaison entre cette 
plante ct le poirier. En effet il est impos- 
sible d’en voir de plus grosses que celles 
qui croissent en abondance sur les riva- 
ges de nos flots où elles déploient tout le 
luxe de leur végétation. Aussi nos cour- 
ges sont aussi savoureuses..... que les 
courges peuvent l'être ; ce que l’on doit 
attribuer à la qualité du sol. Quelques 
marchands en font venir des quantités 
énormes qu’ils achètent en gros pour les 
revendre ensuite en détail à des hommes 
ou méme à des femmes qui, aprés les 
avoir fait cuire au four, vont les ven- 
dre par toute la ville, munis d’un cou- 


È curiosissima cosa che qui a Vence. 
zia ogni classe de’ cittadini sieno incli- 
nati a comperare un certo frutto che 
chiamasi zucca. Se messer Ariosto nel : 
frizzare contro la baldezza di coloro che 
si credono avere grande virtude appara- 
ta in poco tempo, e serbarsi in grado ed 
in fama, avesse veduto le nostre zucche, 
certamente avrebbe fatto ancor più viva 
la comparazione fra questo frutto ed il 
pero, imperciocchè cotal pianta così 
maestosamente mette in alto le sue cime 
sui veneti litorali, e con tanta tostezza, 
che mai più la maggiore. Sono le sue 
frutta saporite assai per quarto lo può 
essere la zucca, e ciò avviene per la na- 
tura del suolo e dell’aere, pieni di sali i 
più salubri.I nostri le fan venire in quan- 
tità grandissima comperandole a poco 
prezzo, e poi le rivendono a coloro che 
le vanno dispensando per le vie e per i 
campi, Rosolate che sicno nel forno, si 
distendono sur una larga tavola, ed il ri- 


= 157 


$eau, d'une planche de bois sur laquelle 
ils étalent leur courge, et d’un escabeau 
qui leur sert à soutenir la planche lors- 
qu'il s’agit de découper leur marchan- 
dise. C’est dans cet équipage que le ven- 
deur de zucche (courges) parcourt tous 
les quartiers de la ville, fesant retentir 
les rues de sa voix assourdissante. De 


distance en distance, il s’arrête, lorsqu'il 


juge l'endroit convenable, pose l’escabeau 
à terre, la planche sur l’escabeau, et, de- 
bout devant son établissement improvisé, 
brandissant son large couteau d’une main 
et de l’autre rejetant son bonnet en ar- 
riere, ou fouillant dans la vaste et unique 
poche de son tablier de toile grossière, il 
annonce son arrivée par des cris reten- 
{issants, C’est alors qu'hommes, femmes 
et enfants accourent en toute hâte et 
font cercle autour de lui. Le malin éco- 
lier, transi de froid et portant ses livres 
sous son bras, la vieille commére qui 


travaille en bavardant au seuil de sa. 


porte, les ouvriers, tous les gens du peu» 
ple en un mot, se pressent à l’envi au- 
tour du vendeur de zucche. Mais les per- 
sonnes d’une condition plus relevée en- 
voient leurs domestiques en acheter, ou, 
descendant un petit panier jusqu’à terre 
au moyen d’une longue ficelle, reçoivent 
leur portion que le débitant y dépose et 
la paient, sans avoir besoin de sortir de 
leur maison. Combien de fois ne voit-on 
pas de fraîches jeunes-filles montrer leur 
joli visage à la fenêtre, appeler en sou- 
riant le vendeur de zucche, et exécuter 
la manoeuvre que nous venons de décri- 
re, au grand contentement de quiconque 
est assez heureux pour en être témoin. 
Ainsi donc la zuccha peut étre considérée 
à Venise comme une véritable manne, 
En hiver, les vendeurs de navets cuits 
ne sont pas moins achalandés. Dés le 
coucher du soleil et pendant une bonne 
partie de la nuit, vous les voyez par- 
courir les rucs avec leur marchandise qu’ 
ils portent soigneusement arrangée dans 


vendagliolo se ne carisa insiem con uno 
scanno, su cui all’uopo la appoggia per 
trinciare a chi zucca comandi. Di ambo 
i sessi sono i mercanti di zucca, e vanno 
attorno con la lor merce, e quel più che 
possono la gridano per le vie; encomian- 
done la qualità, il sapore ed il colore. 
Giunti in luogo ove crede di poter far. 
ne più abbondante lo smercio, il vendi- 
tore si pone avanti la tavola , che allora 
sovrappone allo scanno, e con la sua ber- 
relta posta a sgembo in sulla testa, c 
col suo grembiale alla cui metà si in- 
terna un borsiglio ove fa calare i ba- 
iocchi, tiene in mano il coltello pre- 
parato al taglio. È quegli il punto in che 
uomini, donne, fanciulli fan cerchio alla 
spettabile tavola della zucca. Il giova- 
nelto mezzo intirizzito dal freddo sof- 
ferto alla scuola, con i libri sotto il brac- 
cio, passa, ed a quella vista fruga in fondo 
alla scarsella, ed estrae il poco peculio 
per indolcirsi il palato ; la vecchia stessa 
s'iutremelle per zucca, ne compera il 
soldo, ed a poco a poco biascicandola se 
la smuccia; e quelli e quelle cui non 
è lecito frammischiarsi alla gente del bas- 
so popolo, dagli alti caseggiati per corda 
appiccato calan giù un cestellino per 
avere di questo fratto. Quante volte si 
veggono lesgiadre donzelle alla finestra 
affacciate con certo moto di compiacenza 
guadar il giallo ed il zaffiro del frutto, e 
pria di tirar a sè quel cestello mandar 
fuori certe vocine perché il venditore si 
allarghi un po’ nel taglio. Affe che a Ve- 
nezia la zucca può dirsi la manna del de- 
serto, chè a tutti li gusti si acconcia. 


Molto aceclii ancora nella stagione 
invernale sono i venditori di rape. Co- 
storo per lo più vanno con esse girando 
di notte; le tengono asciutte e stipate le 
une sur le altre, e cuoprono la mastella 
in cui sono di un pezzo di pannolano. 


see 


un baquet couvert d’une serviette, Une 
petite lanterne est attachée au baquet par 
un fil de fer; cette lanterne est absolument 
indispensable, comme l’on conçoit bien, 
à un vendeur nocturne tel que notre 
marchand de navets. Il porte ordinaire- 
ment son baquet sur la tête, et fait en- 
tendre de temps en temps un cri parti- 
culier, s’arrêtant à chaque coin de rue, 
à chaque carrefour, et souvent à chaque 
porte, l'oreille au guet afin de reconnat- 
tre si personne ne l’appelle. Durant les 
sombres et froides soirées d’hiver, dans 
les rues étroites de Venise, on trouve 
quelquefois une bisarre singularité*dans 
l’équipage nocturne du pauvre mar- 
chand de navets. 

La pomme est sans contredit le fruit 
le plus agréable, soit pour la couleur, 
soit pour le goût. Chacun sait que ce 
fut une pomme qui tenta la première 
femme, et sa postérité ne dément pas son 
origine dans la bonne ville de Venise. 
D'ailleurs, la pommeflatte non-seulement 
le regard et le palais, mais c’est enco- 
re un aliment très-sain lorsqu'elle est 
convenablement préparée. Si nous ne 
craignions de prendre un ton un peu 
trop doctoral, nous dirions ici à l’ap- 
pui de notre opinion que les disciples 
d’ Hippocrate recommandent ce fruit 
comme très-pectoral et dépuratif. Aussi 
Von peut bien croire que la consomma- 
tion de ce fruit est norme à Venise, 
et que l’art de le cuire y a été porté 
à son plas haut degré de perfection. Qu’il 
nous soit donc permis d’entrer à ce pro- 
pos dans quelques détails, un peu vulgai- 
res peut-être, mais indispensables + voi- 
ci en peu de mots la méthode et l’éta- 
blissement qu'ont adoptés les vendeurs 
de pommes cuites. Dans une vaste chau- 


_dière soutenue par quatre perches croi- . 


sées et recouvertes en partie d’une natte 
de jones ou autre, de manière à former 
une espèce de baraque, cuisent lentement 
une grande quantité de pommes, au mo- 


Alla mastella poi evvi infitta una pie- 
ciola e sottile massa di ferro, ed alla e- 
stremità di questa assicurato un fanalet- 
to per allumare la via al notturno ven- 
ditore, che tiene il ligneo vaso equili- 
brato sulla testa, ed invita a comperare 
per certa cantilena curiosa. Di sera quin- 
ci e quindi ei si ferma per tutte le vie, 
e frequente alla porta delle case quando 
alcuno chiami alle rape. In quella lista 
di tenebre segnata dall’ acre notturno 


che per le calli discorre, è grata la me- 


lanconica luce di quel fanaletto. . 


Il pomo è il frutto più lusinghiero che 
mai, non sì per la sua gioconda fazione 
quanto per la dolcezza del suo gusto. La 
prima donna peccò per un pomo. Il dol- 


«ce ha sempre piaciuto alle donne, e se 


ne dimostrarono sempre avide ed insie- 
me bramose. Il pomo però oltre di esser 
dilicato e buono, è un frutto che vale 
un oro per la salute quando è ben pre» 
parato. Chi ne sa ed attinse agli studii di 
quello di Coo, dicono essere egli assai 
pettorale, promuovere il sudore, calma- 
re la tosse, raddolcire il sangue; ed essere 
insomma per molte parti all’ umano or- 
ganismo utilissimo. In esso a Venezia 
accoppiamo l’utile al dilettevole con po- 
co prezzo. Viniziani se le sapevan tutte! 
Si cuocono queste poma in una caldaia 
di rame sostenuta da quattro pertiche 
che terminano all’ estremità superiore 
della stessa, ove per borcie s’assicurano. 
Stanno raccolte queste quattro pertiche 
per un tessuto di vimene o di vinchi, sic- 
chè formano una specie di cassellotto. i 
Per far bollire | acqua nella caldaia, in 
cui le poma sono deposte, alla metà di 
queste pertiche e dentro sempre l’ inve- 
stitura dei vinchi viene collocato un 
piauo coperto da una lastra di ferro, so- 
vra il quale, per un foro s introduce il 


. Er 


yen d’un bon fea allumé dans un four- 
neau de fer ou de maçonnerie précisé- 
ment au dessous de la chaudiere. De pe- 
tits verres sont disposés tout autour de cel- 
le-ci, et servent à distribuer aux ache» 
teurs le sirop naturellement formé par 
le jus des pommes cuites. 


Ainsi l'hiver offre à Venise, grâce à 
ces vendeurs différents, de quoi satisfaire 
à peu de frais les goûts et l’appétit de 
chacun , chose assez difficile dans bien 
d’autres cités. Et l’on ne nous reprochera 
pas de nous arrêter à des bagatelles pour 
peu que l’on réfléchisse que ces usages, 
profitable héritage de nos ancêtres, sont 
pour nous une nouvelle preuve de leur 
discernement ct de leur prévoyance. 
Malheureusement ces coutumes, si utiles 
quant au fond, sont trop communes et 
mémetroptriviales quant à la forme, bien 
qu’elles soient à tout prendre lexpres- 
sion réelle et vraie des moeurs nationa- 
les, trop triviales, disons-nous, pour qu’ 
clles puissent intéresser l imagination 
aussi vivement que les usages solennels 
et pompeux décrits avec le style relevé 
et brillant qui convient à un tel sujet; 
nous nous sommes donc hâtés d’en finir 
avec ces peintures vulgaires, et nous 
voici arrivés au jour de Saint-Etienne 
qui ouvre à Venise la saison des diver- 
tissements de l'hiver. 


carbone. La parte all’ ingiù è manifesta 
nelle quattro gambe parallele al suolo 
dalle estremità delle stesse pertiche for- 
mata. Esternamente all’orificio della cal- 
daia vi hanno come tante nicchie, dentro 
alle quali sono collocati alcuni bicchie- 
rini per attingere la broda dolce formata» 
si dal zucco delle poma, e darla a chi la 
ricerca. 

Così si provvede intieramente al gu- 
sto dei più e di tutti, con mezzi inno- 
centi che tanto ben si convengono con 
la stagione. Queste cose frequenti in 
Venezia rareggiano nelle altre cittadi, e 
sebbene paiono bazzecole, pure ci servo- 
no di prove, per quel che più in suso ab- 
biam detto, aver cioè redato da’ nostri 
maggiori in tutto i costumi più felici che 
conferiscono ai diletti ed ai vantaggi del 
corpo nella maniera più semplice e più 
soave. Senon che le minute narrazioni in 
fatto di costumi se spiegano direttamen- 
te lo spirito nazionale ed il progresso 
della civiltà, per il carattere loro, inte- 
ressano poco l’immaginazione, e metto- 
no corte radici nella memoria degli an- 
ni. I costumi solenni solennemente figu- 
rati nelle esteriori osservaùze quelli so= 
no che attraggono le menti a sé, e sve- 
gliando Pattenzione in un modo gagliar- 
do evocano dai preterili tempi con 
prontezza le loro cagioni. Pertanto noi 
ci apriremo in quelle urbane usanze di 
maggior splendidezza le quali interessa- 
ranno di una maniera più forte, e farem 
capo ad esse col giorno di san Stefano, 
che è il principio de’ carnovaleschi dis 
letti. 


re E pre 


La mode, cette véritable reine da monde 
élégant, préside à Venise au lendemain de 
Noël. Frappante image de la Renommée 
sibien décrite par Virgile, comme cette 


La moda, di cui non havvi dea più ido- 
latrata e se vuoi più ingegnosa nel sa- 
persi guadagnare gli animi, apre la scena 
del giorno dopo il Natale. Costci, che 


. 


— 160 — 


déesse elle ne vit que de changement, et 
comme celle, restreinte d’abord à un 
petit nombre d’élus, elle envahit bientòt 
l’univers entier. Or la seconde fête de 
Noël étant Le jour de son triomphe à Ve- 
nise, il ne sera peut-être pas superflu 
d’en faire précéder la description par un 
rapide coup-d’oeil sur la mode, coup-d’ 
oeil qui lui servira de préambule naturel. 
Examinons donc son empire, ses attri- 
buts, et accordons-lui l’imporlance qu'y 
attachent ses sectateurs empresses. 

La mode, arbitre de toutes les classes, 
régne surtout iyranniguement dans Île 
boudoir des dames et dans l’appartement 
élégant de nos petits-mailres { aujour. 
d’hui eu France on dirait des fions; qui 
sait ce que l’on dira demain ?). C’est là 
qu’elle décide sans appel de l'admission 
ou de la proseription des moindres obje- 
ts, qu’elle règle jusqu'aux gestes, jusqu” 
aux expressions de ses humbles sujets; 
c’est là que les deux sexes rivalisent de 
recherche, de patience et d'étude. 

Entrez dans la chambre élégante d’une 
petite-mailresse vénitienne le jour de 
Saint-Etienne, si vous étes assez heureux 
pour obtenir une si grande faveur, et 
contemplez la profusion de rubans, de 
ganses, de festons, de dentelles, de pa- 
rures, qui y sont étales dans le désordre 
du monde le plus piquant: les parfums 
tes plus à la mode et les plus coëteux 
s’y disputent la préférence et embaument 
Pair qu’on y respire. Admirez surtout la 
charmante reine de ces lieux qui, entou- 
rée d’écharpes, de mantelets, de bijoux, 
d’ornemens et de parures de tous genres, 
consulte tour-à-tour son muroir et sa 
femime-de-chambre , incertaine sur le 
choix des objets qui doivent Paider dans 
ee grand jour à triompher de ses rivales, 
Avec quelle attention minutieuse elle 
essaie chaque parure, et les compare 
l’une à Pautre ; avec quel art la main 
légere de ses femmes élève l'édifice fra- 
Lie de sa coiffure ! 


può assomigliarsi alla fama di Virgilio 
che vive di mobilità, e che in andando 
acquista forza, perchè dapprincipio a po- 
chi ristretta, appresso a tutti distesa, co- 
stei diciamo è quella che in questo di 
pompeggia di lulti li suoi vezzi. Convien 
seguirla adunque. nel suo cammino, mi- 
rarla ne’ suoi atteggiamenti, considerare 
la nella sua importanza, e darle quel 
valore che i suoi seguaci le danno. 


Î 


Di per sè la moda non ama il -rin- 
chiuso stanzino della dama gentile o 
del damerino galante. Sta ivi soltanto 
quat consigliera di vezzi e di smance- 
rie, e disimpegnato l’ ufficio di mae- 
stra allo speechio od alla toilette, celere- 
mente va nell’ aperto, e boriosa de’ suoi 
ritrovati, domanda gli omaggi de’sudditi 
suoi. Ambi i sessi a lei s’inchinano; esce, 
e tutti gli sguardi 1’ accarezzano e la 
ambiscono. ] 


Entrare in questo di nello stanzino di 
una studiosa dama; ove essa lo acconsen- 
tisse, vedrebbesi uno sfoggio di reticelle, 
di nastri, di fettuecie, di frastagli; si odo- 
rerebbe il crocco, la melissa, il cologna, 
il musco tanto che parrebbe un finto che 
si assapora nei regni di Baffo e di Cite- 
ra, ove la madre di Amore, la bella A- 
matunta si delizia. Le ciarpe, i scialli, 
le mantiglie, i tabarrini ed altre vesti sce- 
niche e di finito travaglio stanno dispo- 
ste, e contornano la gentile che si ap- 
para ed attende che il crine s attagli al 
gusto della fisonomia. Guai se un capel- 
lo non sia assettato ; tuito dee essere 
liscio ed azzimato ; la testa presentare 
un tutto perfetto. 


nt FOR 


Malheureusement pour nous, les toi- 
lettes pour le pavé de celte saison ne 
permettent guère à nos aimables Veni- 
tiennes de se montrer aux regards dans 
tont l’éclat de leurs charmes. En effet, 
quelle que soit l’habileté des tailleuses, 
une toilette d'hiver, pour le payé, ne 
fera jamais ressortir toute lPélégance de 
la taille et des formes d’une femme bien 
faite. 


Bon nombre d’hommes suivent eux- 
mêmes la mode avec un empressement 
au moins égal à celui de nos dames et 
certes beaucoup plus condamnable. La 
patience et la satisfaction avec lesquelles 
ils s’assujettissent à ses caprices les plus 
ridicules, toujours à l’affàt de modes 
nouvelles, sont réellement admirables ; 
aujourd’huisurtout plus que jamais peut- 
être, cette manic s’est emparée de tous 
les cerveaux. Il fut un temps où l’on ne 
cherchait dans les vêtementsque ta com- 
modité et la décence ; où la parure de 
l’àme, si je puis me servir de cette ex- 
pression, occupait beaucoup plus que 
celle du corps: aujourd’hui, c’est toutle 
rebours. Il n’est rienici-bas qui ne chan- 
ge; le bon-sens et la folie se chassent al- 
ternativement, et en fait de mode comme 
de bien d’autres choses, les fils ne pen- 
sent jamais comme leurs pères; nos goûts, 
nos vertus, nos vices se succédent, se 
détruisent lun Fautre avec rapidité; 
trop heureux les hommes qui ont vécu 
à une de ces époques, malheureusement 
si rares, où la vertu fat pour un instant 
à la mode! Mais, hélas! ces temps furent 
bien rares, nous le répétons, et ils sont 
déjà loin de nous; il paraît en ef. 
fct que les goûts frivoles, pour ne rien 
dire de plus, ont pris depuis long- 
temps le dessus, puisque le vieux Boc- 
cace lui-même se déchaîne, dans son 
Commentaire du Dante (chant V.° de 
l'Enfer), contre Les travers des jeunes 
gens de son temps: » C’est en cela, dit- 


La stagione toglie gran parte della ve- 
rità nelle forme delle signore. Raffazzo- 
nate di vesti, elle non ponno presentare 
la sveltezza che nell’ estivo tempo dimo- 
strano. Per altro l'arte vi provvide, e 
mercé gli studii della moda, le grazie don- 
nesce traspariscono, e le forme gentili si 


riconoscono. Gli abiti informati elegan- 


temente alla persona, sinuosi scendono 
a” piedi, ed i tabarrini e gli sciali ondeg- 
giano nell’ andare delle avvenenti. 

I modelli della moda servono non 
manco a’ giovanotti. Tutte le straniere 
galanterie sono da essi adottate, ed è 
specialmente a questi nostri dì che ogni 
loro studio vi pongono nel rendersi per 
esse singolari. Fuvvi tempo nel quale si 
desiderava consistesse la moda nel rin- 
novare il costume in meglio, nell’ acca- 
rezzare, ripulire ed abbellire le facoltà 
dell’animo, ed allora gli esempli della 
moda erano quelli di una patria virtuo- 
sa. Ma quaggiù tutto muta. Quando pia- 
ce la nazionale virtà, e quando si segue 
gli appetiti della leggierezza e del ca- 
priceio. È la sorte deglisuomini quella 
di passare dalla saviezza alla levità, dalla 
gloria di buone azioni al ridicolo delle 
leggiere. Questo però non è un nuovo 
fare, appunto per quello che abbiam testè 
sviluppato. Ci ricorda di Giovanni Boc- 
cacoio, il quale nel suo commento sopra 
Dante, al canto quinto dell'Inferno, mor- 
dendo acremente i costumi dei giovani 
de’ suoi di, così contro loro inveiva: — 
» È da ciò che io non mi stendo troppo: 
mi piace di lasciar stare la sollecitudine 
la qual pongono i giovani, gran parte 
del tempo perdendo, appo il barbiere in 
farsi pettinare la barba, in levar questo 
peluzzo di quindi, e rivolger quell'altro 
altrove, in fare che alcuni del tutto non 
occupino la bocca, ed in ispecchiarsi, 
azzimarsi, allichisarsi, scrinarsi i capelli, 
ora in forma barbarica lasciandogli cre- 
scere; attrecciandogli, avvolgendogli alla 
testa, e talora soluti su per gli omeri svo- 


24 


il, que je ne m’étends pas trop; ce m'est 
chose agréable que de laisser en oubli la 
sollicitude qu’ils mettent, perdant gran- 
d’partie de leur temps chez le barbier à 
se faire peigner la barbe, ôter ce poil 
d'ici, et retrousser cet autre ailleurs, à 
faire que quelques-uns n’occupent pas 
la bouche entièrement, à se regarder 
au miroir, s’ajuster, se pimparer, s’ac- 
commoder lescheveux, tantôt à la façon 
des barbares les laissant croître, les tres- 
sant, les entortillant autour de la tête, et 
telle fois flotter épars sur les épaules, 
ou telle autre les raccourcissant comme 
tont les clercs (*) ».. Si Boccace parlait 
ainsi de la jeunesse de son temps, que 
devrions-nous dire de celle d’aujourd’ 
hui ? Toutéfois, espérons que peut-être 
un temps viendra où nos modes bisarres 
et ridicules ferovt place à des goûts plus 
simples, et à des vètements plus com- 
modes et plus virils. 

T'erminons ici vette nouvelle digres- 
sion, ou pour mieux dire, cette violente 
sortie a propos dela mode, et de censeurs 
sévères redevenant humbles narrateurs, 
passons à la description de la fête de 
Saint-Etienne. Déjà les dames et leurs 
galants cavaliers s’acheminent vers la 
place de S.t Marc, rendez-vous en ce 
jour d’une foule plus brillante encore 
que de coutume. L'endroit ne pouvait 
être en effet mieux choisi pour la prome- 
uade qui y a lieu chaque année, et qui 
est au reste à Venise, une véritable Ex- 
position de modes. 

Jadis la place de Saint-Marc offrait 
réellement en pareil jour un coup-d’oeil 

(*) Jai cru devoir, dans la traduction 
de ce passage, m'astreindre à une scru- 
puleuse fidelite et d'autre part, pouvoir 
me permettre quelques expressions et quel» 
ques tours un peu surannes: le nom de 
‘ Boccace et la date de son immortel De- 


cameron expliquent assez le motif de ce 


changement de style. (Note du Trad.) 


lazzare, ed ora in atto chericile raccor- 
ciandogli ». — Che se così diceva il Boc- 
caccio de’giovani de’suoi tempi, noi non 
potremmo aggiugnere una parola. Bensì 
affermiamo che il modo del vestire di 
alcuni dei nostri dà meglio a divedere 
la leggierezza delle menti loro. In breve 
però noi speriamo, credendo le persone 
ler contraffatte, nè certamente opporran- 
si, serberanno un vestire che si avvicinerà 
più al comodo ed ai rispetti verso la 
gravità ed il decoro virile. 


Ma terminiamo i riflessi, chè noi non 
siam qui per sedere a scranna, e conti- 
nuiamo le nostre scene urbane del dì di 
san Stefano. Ecco le dame ed i damerini 
della capitale. Ei lasciano la toilette, ed 
escono all’aperto. E qual può essere mi- 
glior luogo, da far pompa manifestamente 
della galanteria, da quello infuori del- 
l’amplissima piazza di san Marco ? Ma 
il giorno di san Stefano, giorno di glo- 
riose rimembranze, è appunto quello in 
cui la moda sfoggia tutti i suoi vezzi pe- 
regrini. 


Un tempo la piazza di san Marco, in 
questo di, poteasi dire il teatro o la sce- 
na del senato e del popolo veneto. Il 
doge, seguito dalla signoria, dai quaran- 
tuno che lo avevano eletto a doge, e da 
altri magistrati, portavasi sur dorate bar- 
che, uscendo:dal palazzo ducate con tut- 
ta la pompa e la solennità maggiore,a 
visitare l’isola di san Giorgio, che sta di- 
rimpetto alla piazzetta. La gente vi ac- 
correva in folla, e forestieri e nobili e 


admirable. Le Doge suivi de la Seignen- 
“rie, des Quarante-un, et des autres 
magistrats ct dignitaires, sortait en cé- 
rémonie du palais ducal, et, montant 
sur de magnifiques barques dorées, il 
allait visiter Pile de S.t Georges, si- 
tuée en face de la Piazzetta. Vénitiens, 
étrangers, nobles et roturiers, tous cou- 
raient à l’envi jouir d'un spectacle si 
pompeux. Du côté des Procuraties-Vi- 
cilles , et tout pres des piliers qui 
soutiennent leurs arcades élégantes, eta- 
ient disposées à la file une infinité de 
siéges pour la commodité de qui désirait 
s’asscoir. Ainsi le spectateur placé au- 
près de l’église de Saint-Géminien ou 
devant celle de Saint-Marc, embrassant 
du regard la place entière, jouissait plei- 
nement du coup-d’ocil que présentait 
l’assemblée nombreute et choisie, assise 
sur les siéges dont nous venons de parler. 
Figurez-vous , lecteur, le luxe que la 
noblesse de Venise, toujours portée au 
faste et avide de représentation, devait 
étaler en pareil jour! Les temps ont 
bien changé depuis, mais aujourd’hui 
même la place de Saint-Marc offre en- 
core dans l’après-midi de la seconde fête 
de Noel un spectacle digne d’attirer les 
regards, grâce à la foule élégante qui 
s'y presse. Naguére, lorsque Péglise de 
* Saint-Géminien, qui servait si heureuse- 
ment de transition aux tons différents 
de l'architecture des Procuraties-Vieilles 
et des Neuves, existait encore, il y avait 
nécessairement solution de continuité 
dans le portique qui règne aujourd’hui 
sans interruption tout autour de la place 
depuis l'Horloge jusqu'à la Zecca. Et à 
ce propos rous ne saurions mieux faire 
que de rapporter ici les paroles de notre 
illustre concitoyenne Justine Michiel: 
« Consolons-nous, dit-elle, du peu de 
mérite architectonique du nouvel édifice 
(le palais royal récemment élevé ) en 
pensant qu’il nous offre une agréable 
promenade, sous un vaste portique, grà- 


0 


cittadini, tutti recavansi a quel magni- 
fico. spettacolo. Frattanto da lato alle 
procuratie vecchie, c propriamente ap- 
presso i colonnami che sostengono i su- 
perbi archi delle stesse, erano sfilate mol- 
te scranne, su cui ciascuno poteva a suo 
diletto sedere. Lo sguardo quindi di chi 
si postava o avanti la chiesa di san cas 
miniano, o innanzi alla basilica di san 
Marco, d’ un punto solo scuopriva e no- 
tava tutto il lusso di chi sedeva; lusso 
che grande dee aversi, cenciossiaché fra 
i di ne’ quali desso brillava questo era 
il precipuo. Ora, se il meglio delle ric- 
chezze e del gusto era nella gente pa- 
trizia, quanto non doveva egli abbagliare 
nel giorno di san Stefano uscendo essa 
nella gran piazza. pomposamente appa- 
rata? I panni, le stoffe lucicavano o- 
vunque, le preziose pietre briilavano, le 
grazie scherzavano intorno careggiate da 
amore. Dicemmo teatro e scena di lusso 
la piazza nostra ; e di fermo, se traspor- 
tiamo il pensiero anco a’ tempi mo- 
parchici, dove aspettarsi maggiore brio 
ce lussuriamento che in questo singolar 
Inogo ? Nell’andato secolo, quand'era la 
chiesa di san Geminiano, la quale sa- 
pea comporre insieme i differenti ordini 
di architettura delle vecchie colle nuo- 
ve procuratie, il passeggio era intercet- 
to; ma, quella demolita, la camminata 
fa intera dall’ oriuolo alla zecca. À que- 
sto proposito noi non sapremmo meglio 
spiegarci che ripetendo le parole di una 
nostra illustre concittadina, Giustina Mi- 
chiel, di cui la semplicità, ta leggiadria 
sono grandissime:—» Consoliamoci, dice , 
ella, che se il recente edifizio con la novità 
dell'idea non colpisce (intende il palazzo 
reale), ha il pregio almenodi offrire al pub- 


blico un passeggio piacevolissimo in forma 


di galleria, mercè la comunione testé 
aperta fra ambedue le procuratie ; comu- 
ninione finora impedita dall’ interposto 
tempio. Si lasci a chi più compete l’esa- 
minare se questo bel Vantaggio si a- 


= ima 


ce à la communication dernierement ou- 
verte entre les deux Procuraties, com- 
munication que l'église préexistante ren- 
dait impossible. Laissons décider aux 
juges compétents s’il était aisé ou non 
d'obtenir le même résultat avec d’autres 
moyens, je veux dire avec une archite- 
clure diverse, et pour nous, félicitons 
cu altendant nos petites-maitresses et 
lcurs adorateurs empressés de ce qu’ils 
peuvent enfin se promener à leur aise, 
se rencontrer, se montrer, et étaler com- 
modément leur parure et leur beauté. 
En fait de beaux-arts, nous devons être 
indulgents sur tout ce qui frappe aujour- 
d'hui nos sens désagréablement. Il y a 
tout licu de croire que bientôt on n° y 
pensera plus , que l’on trouvera tout 
parfait, harmonique, charmant, et il 
n’y aura guére plus que quelque sombre 
misanihrope qui, observant dans un 
jour de fête cette promenade délicieuse 
et le palais récemment élevé, oscra ré- 
péter encore: 


Le bon sens disparaît aussitôt que la 
galanterie se montre. » 


| Réellement, si vous vous trouvez le 
jour de la fête dont nous parlons sur l’im- 
mense place de Saint-Marc, bien qu’elle 
n’offre plus à présent le coup-l’ocil ma- 
gique qu’elle présentait autrefois, vous 
avez encore de quoi occuper agréable- 
ment vos yeux. C’est là surtout que 
nos aimables Vénitiennes (sinon les 
plus belles, du moins bien sûrement 
les plus attrayanies femmes du mon- 
de, soit dit entre parenthése), se plai- 
sent à attirer les regards des élégants 
ct des hommes à la mode, plus encore 
peut-être à éclipser leurs rivales par 
l’éclat de leur parure ct de leurs char- 
mes, C’est là que leurs adorateurs s’at- 
tachent chacun aux pas de sa mailres- 
se, que les sourires, les ocillades s’é- 
changent furtivement ct que bien des 


vesse egualmente potuto ottenere anche 
scegliendo un’ urchitettara diversa dalla 
presente; e noi congratuliamoci intanto 
colle nostre Veneri perchè adesso possono 
più comodamente far pompa di tutte le 
loro grazie, e possono i loro Adoni più 
facilmente seguirle a gara, incontrarle, 
ammirarle. Conviene essere indulgente 
in quanto alle belle arti sopra tutto ciò 
che adesso ferisce spiacevolmente i no- 
stri sensi. V’ha ragione di presagire 
che frappoco non ci si penserà più, e che 
tutto sarà trovato bello, tutto armonico, 
tutto piacevole. Non vi sarà forse che 
qualche accigliato misantropo che in 
giorno di festa, osservando questo deli» 
zioso passeggio e questo nuovo edificio, 
oserà ancora ripetere: 


Quando appar galanteria 
ll buon senso fugge via. » 


E daddovero se fosti in questo giorno 
di cui parliamo nella gran piazza, quan- 
tunquetunon vegga più le antiche scran- 
ne ed i cittadini seduti, hai bene di che 
occuparti intorno ai galanti che formi- 
colano solt’ esse le procuratic. Le leg- 
giadre figliuole a’ fianchi della grave da- 
ma, con tutta la mollezza del vestire, 
con un sembiante: dilicato espresso nel- 
la freschezza delle guancie, manifestano 
la floridezza di Ebe, mentre gli Adoni 
non si ristanno alla vista di quelle, e con 
furtivo guardo interpellano gli occulti 
sensi di un giovane cuore. E’ sono ani- 
mati da speranze, si muovono per pas- 
sione, sentono per effervescenza, ed aspi- 

“rano a coronare i voti della galanteria, 
Quante scene pittoresche, quante av- 
venture non si veggono per quelle sale 


— 16 


intrigues se nouent et bicn de jeunes 
coeurs se laissent enflammer. Ainsi le 
spectacle de la promenade est si va- 
rié et si amusant qu'il distrairait même 
un observateur sévère de la contempla» 
tion des monuments superbes qui len- 


tourent. — Où trouver en effet de plus. 


admirables édifices que les deux palais 
qui s'étendent de chaque côté de la 
place? Avec quelle hardiesse, digne du 
génie audacieux des Grecs, Maëstro Bono 
m’a-t-il pas osé élever sur de minces co- 
lonnes et sur des arcs non-moins ‘hardis 
ces masses énormes qui étonnent les re- 
gards du spectateur stupéfait ! Tournez 
Les. yeux maintenant du côté des Procu- 
raries-Neuves: la solidité romaine unie à 
la magnificence vénitienne vient combler 
votre surprise. Superbes colonnes, bases 
énormes, chapiteaux, architraves, cor- 
niches, frontispice, perfection du travail, 
richesse de la matière, tout atteste que 
la contruction de ce magnifique palais a 
coûté des trésors à nos ancêtres. On a 
reproché, il est vrai, à Sansovino de 
s'être attaché plutôt à la solidité qu’à 
l’élégance, mais on ne saurait l’accuser 
d'y avoir ménagé moins de commodités 
que Maestro Bono, ou de n’y étre point 
parvenu à une beauté architectonique 
qui rendra son nom immortel. Faites- 
vous maintenant une idée, s’il est pos- 
sible, du spectacle unique que présen- 
te, sous ces arcades admirables et au 
milieu de ces chefs-d’ocuvre de larchi- 
teture, la foule étonnante d'étrangers 
et de Vénitiens qui s’y trouvent con- 
stamment, de dames et de jeunes gens 
quis’y proménent, parcourant lentement 
cette vaste galerie, ou s’asseyent sur les 
siéges et les DanigneLies des nombreux 
ct élégants cafés qu’on Jo rencontre à 
chaque pas. 


Mais si vous voulez jouir du coup-d’oeil 
de l’ensemble qu’offrent tant d’objets, 
d’individus et d’édifices divers, placez- 


5 — 
amplissime delle procuralie?: Tatto è 
vanto di vezzi, e la moda fa tanti trofei 
de’ cuori de’ damerini per infiggerli nei 
campi d'Amore. Piacquero sempre que- 
ste vedute; ma chi sappia combinare in- 
sieme l'aspetto de’ passeggiatori con la 
maestà del luogo in cui sen vanno, scen- 
te viemaggiormente la potenza del sito. 
Di fermo vedere da una parte e dal- 
1’ altra dell'arca formante la piazza due 
fila superbe di palagi di eccellente ar- 
chitettara, non sì per la ricchezza dei 
marmi, quanto per la finitezza dell ope- 


. ra in essi posta, si resta grandemente 


meravigliato. Maestro Bano, su colonne 
di sottil fusto, osò con greco ardimento 
per archi non meno arditi appoggiare 
moli che lo sguardo fanno ismarrire , 
e gli occhi della mente attoniti e stupe- 
fatti. Bella e gradevole è però quella 
specie di sorpresa. Che se alle nuove 
procuralie poni mente, la romana so- 
liditade e la viniziana ricchezza sono 
simboleggiate. Massiccie colonne, mas: 
siccic basi, capitelli relativi, architravi, 
frontispizi e cornici, ben fanno conosce- 
re la dovizie dei marmi, } immensità del 
travaglio, la copia dell’.oro spesovi den- 
tro. Tuttochè si accagioni al Sansovino 
edi aver cercato piuttosto il consistente 
dell’arte che.il grazioso ed il gentile. 
non lo puoi riprendere per non aver da- 
to comodi uguali a quelli di Mastro Po- 
no e bellezza nelle sue opere che vales- 
sero a perpeluargli una fama cospicua. 
Figurati adunque sotto gli archi di que- 
ste opere del genio, fra gli immensi e ric- 
chi caffè che quinci e quindi pomposa- 
mente si mostrano, qual senso possa fare 
il vedere quel continuo andare e venire : 
di cittadini e forastieri, il multiforme 
loro vestire, le femminili grazie, e tutto 
quanto può presentare l’ urbanità e la 
opulenza. 
Che se pur tu volessi ancor meglio 
prendere tutto assieme, ed uscir in meg- 
zo alla gran piazza, la basilica marciana, 


— 166 — 


vous au milieu de la place: la basilique 
de Saint-Mare, le palais ducal, les Pro- 
curaties Neuves et Vieilles, le nouveau 
Palais-Royal, le superbe clocheret l’'Hor- 
loge attirent tour-à-tour vos regards. Nos 
“aïeux adoptérent successivement le style 
grec, gothique, bysantin, arabe, etc.; en 
effet les Procuraties- Vieilles rappellent le 
style gothique , tandis que l’architecture 
des Procuraties-Neuves respire le style 
de la rendfssance, l’église de Saint-Marc 
le goùt bysantin, etc. En un mot, cette 
place magnifique est un assemblage ad- 
mirable de monuments divers, à qui cha. 
que style, chaque grand maître a porté 
son tribut depuis le VII.® siècle jusqu’ 
au XVI. 

Avant d’en finir avec la seconde fète de 
Noël, n’oublions pas de dire que ce jour 
est fixé a Venise pour l’ouverture des 
théâtres, et surtout pour celle de la Fe- 
nice. Maïs tous ne le voient pas arriver 
avec le même plaisir ; et les pères de 
famille obligés d'ouvrir malgré bon gré 
leur bourse; attendu les frais que néces- 
sitent les parures et les spectacles, ne le 
regardent souvent que comme une nou- 
.velle occasion de vaines dépenses. 


Le théâtre de la Fenice est non-scule- 
ment un des ornements les plus précieux 
de Venise, mais aussi un des plus beaux 
de l'Italie entière ; l'étranger qui y en- 
tre pour la première fois demeure tou- 
jours émerveillé à sa vue. L’an 1837, au 
moment que tout se disposait pour rou- 
vrir brillamment le cours des représen- 
tations de ce théâtre, un incendie ter- 
rible dévora presqu’en entier ce magni- 
fique édifice, unique monument gran- 
diose que nous aient laissé les derniers 
temps de la république. Heureusement 
la générosité vénitienne vint spontané- 
ment au secours des propriétaires et, 
grâce à leur concours empressé et au 
zèle des entrepreneurs, en très-peu de 


il ducale palazzo e gli altri fabbricati 
compirebberti un quadro il più singolare 
e solenne. Gli antichi Viniziani alle idee 
del gusto greco e romano seppero con- 
giungere quelle del moresco, del gotico, 
del dorico e via. Infatti, se tu osservi la 
profusione dei marmi nelle moltiplicate 
colonne, vedi lo sfarzo moresco, se 1° ar- 
ditezza degli archi e delle cupole, la fie- 
rezza dei Goti, e se s’ interni a guardare 
i capitelli ed i fregi che que? vasti edifi- 
zi adornano ce la simmetria di alcune 
loro parti, rinvieni gli ordini dorico, jo- 
nico, corintio, toscano e composito. La 
piazza di san Marco è un collegamento 
di tutti gli ordini, è un portento della 
fantasia dei secoli VII fino al XV. 

Prima di finire sul giorno di santo 
Stefano ricorderemo essere questi il gior- 
no in che si ripigliano le ragunanze tea- 
trali, tra cui primeggia quella della Fe- 
nice. À tutti però egli non ritorna desi- 
derato, conciossiachè essendo quello il 
dì in cui i padri di famiglia non devono 
risparmiarsi per fare tutto che possono 
onde gli abbigliamenti de’ suoi corri- 
spondano al luogo ed al giorno, è nostro 
avviso buona parte di essi, costretti a 
sagrificare alla moda, lo ascrivano piut- 
tosto a loro sventura. 

Il teatro della Fenice puossi a buon 
dritto considerare fra i migliori e più e- 
leganti d’Italia. In fattii Viniziani ed i 
forestieri per quante volte entrino in que- 
sto vasto recinto ne restano sempre mes 
ravigliati. L’anno milleottocentotrenta- 
sette, nel momento in cui tutto dispo- 
nevasi per festeggiare il carnovale con i 
tcatrali divagamenti, fiamma maligna in- 
cese ed arse gran parte di questo ica- 
tro, unito monumento grandioso degli 
estremi tempi della repubblica. Quin- 
di si dovette interessare la generosità 
urbana a contribuire i mezzi del risto- 
ramento a’ danni patiti; e tanta fu la 
sollecitudine e la prontezza dei cittadini 
a quest’uopo, che in men che non si a- 


— 167 — 


temps (moins d’un an) ce fameux théa- 
tre fut reconstruit tel qu’on le voyait 
auparavant, seulement avec encore plus 
d’élégance et de perfection. Nous renon- 
cons à décrire le coup-d’oeil éblouissant 
que la Fenice présente le soir de la fête 
de Saint-Etienne; il faut le voir pour 
s’en former une idée. 


vrebbe creduto il gran teatro fu rimesso, 
anzi fatto più bello ed elegante secondo 
il gusto moderno. Quivi è sempre un 
grande concorso. I. Viniziani, natural. 
mente amanti dell’ armonia, singolari 
per dilicati sentimenti, sono avidi delle 
opere strumentali e vocali che eccitano 
il senso della meraviglia, del piacere, 
di ogni passione ad un detto che della 
mente e dell’ animo teneramente s’in- 
donnano. 


De PRI CR 1-4 nem > 


On peut bien dire que Venise est une 
source inépuisable d’études et de scé- 
nes originales. Celle que nous offre le 
Premier Jour de An n’est pas une des 
moins singulières; nons croyons d’ailieurs 
sans peine que ce jour est marqué en tous 
lieux par quelque circonstance particu- 
lière. Les anciens eux-mêmes avaient le 
même usage; c'était dans ce jour qu’ils 
sacrifiaientaux Dieux, queles amants, les 
voisins, les amis, les parents, formaient 
réciproquement des voeux pour la pro- 
spérité l’un de l’autre durant tousle cours 
de l’année, et qu’ils se fesaient aussi des 
présents mutuels; les poétes aussi, com- 
me on l’imagine aisément, ne laissaient 
pas échapper une si belle occasion 
d’exercer leur verve : innocents usages 
qui ont survécu à la chùte du pagani- 
sme et que tous les pays chrétiens con- 
servent encore aujourd’hui. Inutile de 
dire qu’il en est de même à Venise et 
que là comme partout ailleurs le Jour- 
de l’An produit une impression bien dif- 
férente sur deux classes également di- 
verses: l’une, composée des hommes ri- 
ches et à leur aise, qui doivent donner 
de l’argent en échange des félicitations 
de l’autre, nele voit pas arriver de trop 
bon-oeil, tandis que l’autre au contraire, 


GS 


Può dirsi a Venezia che ogni dì oc- 
corra qualche scena ad osservarsi. Tra 
le altre però quella è singolarissima del 
giorno primo dell’ anno. Dapperiutto 
crediam noi che questo di porti qualche 
differenza di costume sociale. Infin dagli 
antichi tempi all’aprirsi dell’anno le na- 
zioni gentilesche soleano offerire vitti- 
me agli iddii per rendersegli benigni. Gli 
amici agli amici lo desideravano bene 
auspicato, le famiglie alle famiglie, i figli 
a’ genitori e gli amanti alle amiche del 
loro cuore. I poeti in questo giorno dis- 
serravano i tesori dei canti, ne’quali por- 
gevano la conoscenza delle virtù di qual. 
che distinto personaggio , o della bella 
loro fidanzata. Insomma avvicendavansi 
le congratulazioni, i voti dell’ animo, e 
soleansi ancora fare presenti; costume 
che conservavasi anco cessatoil gentilesi- 
mo ed introdottasi la religione cattoli- 
ca. Che se questo primo di d’ anno ap- 
presso i popoli gentili era considerato, e 
lo fu eziandio posteriormente appresso 
cattolici, non lo doveva per avventura 
essere in Vinegia, la quale in fatto di co- 
stume Pabbiam veduta sempre singolare 
ed eccellente? Certamente che sì. Vi 
sono due classi costituenti la vibiziana 


cittadinanza; le quali attendono con dif. 


pa 
| 


formée des artisans, subalternes, ete., 
ne soupire toute l’année qu'après ce jour 
bienheu-reux. 


x 


Mais ce que Fon ne voit pas en tous. 
pays, ce sont tes troupes de musieiens 
ambulants où autres misérables qui vont 
régulièrement souhaiter la bonne année 
à tontes les familles de Venise. Vous 
voyez courir de tous. còtés des joueurs 
de violon, de cor, de flûte, etc., qui 
réunis en troupes, vont jouer sous les 
fenétres de tous cenx dout ils espèrent 
quelque argent, munis d’un espèce de 
drapeau sur lequel on voit écrit en gros 
caractères PÆbriva du premier jour de 
Pan. L’exactitude avec laquelle cesgens-là 
sont informés des nom, prénom, demeu- 
re et profession. de chacun est vraiment 
surprenante; aussi aux accords. discor- 
davts de leur musique ils entremélent 
de temps en temps les cris de pivat tel 
ou tel autre; joie et prospérité à lui et à 
sa famille, le tout avec un vacarme et 
des vociférations si insupportables que, 
pour se débarrasser plutôt de leur im- 
portunité, chacun se hâte de ler don- 
ner quelque argent en échange de leurs 
félicitations assourdissantes. Hâtons-nous 
done nous aussi, ami lecteur, d’en finir 
avec ces misérables 2dustriels, et sautons 
à pieds joints sur Ha deseription aussi Ion 
gue qu'ennuyeuse -qu'exigeraient leurs 
vêtements étranges et déchirés, ieurs 
gestes, leurs contoisions, en un mot tout 
Vensemble du tableau. 

Mais ces humbles mereenaires ne sont 
-pôintles demandeurs les plusredoutables 


ferenti moti d’animo il primo giorno del- 
Panno nuovo, Ï ricchi, i possidenti, i pa- 
droni di negozio lo guardano come quello 
în eui devono sborsare pecunia: quindi 
la idea del buon augurio eh’ essi forma- 
no vale tanto quanto spendere per sod- 
disfare a que” troppo cortesi di felicita- 
zioni e di speranze future; il che opi- 
niamo sia per essere all’anime.toro mole- 
sto. I poveri invece, che seno il maggior 
numero, lo aspettano come quello in cuì 
ricavano vantaggi non altrimenti spera- 


‘bili dalla loro industria. 


Curiosi sone i eroechi di questa gen» 
te che va pregando il buon principio e 
termine dell’anno, la felicità delle fami= 
glie, quella dei conginnti, e così innanzi. 
‘Fu vedresti un drappello di uomini ac- 
compagnati da suonatori di trombe, di 
violinî, di clarinetti, di tamburi, andare 
solto le finestre de’ cittadini portando 
una specie di stendardo su cui sta serit= 
to l’eviva del primo danno. Costoro sono. 
informati del nome, cogneme, condizione 
e fortune, di tutti quelli a’ quali felici- 
tano, ed atternando il coneerto musicale 
eon le grida eviva it tale, od'il tale altro; 
e prosperità a hui con tuttalasua famiglia, 
fanno un susurro ;ed uno: strepito così 
importuni, che per non essere infastiditi 
d’avvantaggio si manda loro il pagamen= 
to delle felicitazioni. D? altronde è in 
qualche parte ridieoto il modo con cui 
si presentano. f.e lor teste alte e volte 
alle finestre che pare aspettino awurilium 
ab alto, à lor capelli in aria e rabbuffati, 
le tor vesti dimesse e buccherelate, quel 
porsi le mani aperte in linea verticale 
attorno alla bocea perchè 1’ aria ‘agitata 
ripercuotendosi in due vicine pareti dia 
un suono. più fragoroso e più forte, for- 
mano un assieme, un quadro da cavar 
anche nell'uomo severo le risa, 


Noi abbiamo delto fin qui di colore 
che fanno propriamente professione ds 


LEN: x 
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— 169 — 


entre tous ceux qui vous assiégent ce 

-jour-là, et les moins pauvres ne sont pas 
les moins fàchcux. Domestiques, artisans, 
bouliquiers, commissionnaires, facteurs, 
tous s’empressent d’accourir, et vous ac- 
cablent de félicitations et de souhaits in- 
téressés dont vous les tiendriez quittes 
de bon cocur et que vous êtes obligé tou- 
tefois de payer, à votre grand regret, à 
beaux deniers comptants. 


| 


buscare denaro col mezzo di augurii di 
questa maniera: ma havvi altra specie di 
gente, che senza di un tanto apparato 
fanno l’ufficio stesso. Tutti i servi, gli 
operai si conducono agli apartamenti 


de’ loro padroni, ed ivi, senza molti 


preambôli pregano bene auspicato il 


principio dell’ anno, per quella della 
mancia. Il felicitarsi è comune, ma lo 
spirito da cui muovono le felicitazioni 
il più delle volte è interesse. 


se DEA (09 SC 


L’usage de consacrer plus particulie- 
sement une partie de l’aunée aux amu- 
sements et aux plaisirs, est presqu’aussi 
vieux que le monde. Les anciens le pra- 
tiquaient, et les modernes n’y ont guère 
changé que le nom, substituant le Carna» 
val (les Italiens disent Carnovale, Carne- 
vale et mème Carnesciale) aux Bacchana- 
les ou Saturnales des Grecs et desRomains. 
Mais les Payens ayant autorisé, sous pré- 
texte de semblables fêtes, les excès les 
plus condamnables, les chrétiens, après 
la chûte du paganisme, en modérérent la 
licence, et changèrent leur dénomination 
‘en celle de Carnaval (en italien Carno- 
vale, Carnevale, c’est-à-dire, carne va- 
le, et Carnesciale, carne sciale, scialo 
di carne, profusion de viande). Les ponti- 
fes romains publièrent plusieurs édits 
afin de mettre des bornes à la licence 
effrénée du carnaval, et empècher de 
scandaleux désordres ; mais tout fut inu- 
tile, et le carnaval victorieux a subsisté 
jusqu’à nous, en dépit des ordonnances 
et des édits. 

En ontre, de mème que les anciens con- 
trefesaient les gens et les caractères dans 
leurs Bacchanales, ce qui fut l'origine du 
théâtre grec; dont Thespis est le premier 
fondateur; parcouraient les rues en gesti- 


Il costume di consacrare parte di una 
stagione a pubblici divertimenti fra i più 
liberi è antico come la prima civiltà del 
mondo. Italiani medesimi lo dissero 
Carnovale e Carnesciale, il quale non 
è se non una similitudine de’ Baccanali 
che facevansi a Roma in questo tempo. 
Siccome poi i Baccanali, solennità in- 
trodotte da Bacco, ammettevano ogni 
fare libertino, così, ceduto Giove Capito- 
lino il suo trono al Figliuol di Maria, 
cristiani, sfrattando da quelli tutte guise 
di licenza, abbandonarono l'antico nome 
di Baccanalia, e vi sostituirono quello di 
Carnovale. Desso suona tanto quanto un 
saluto che si dia alla carne o scialo di 
carne. Sappiamo che a Roma i pontefici 
misero fuori diverse leggi per compri- 
mere l’ insolenza carnovalesca, e per im- 
pedire che i soverchi trastulli non for- 
viassero i buoni dal cammino della vir- 


tù; ma fu indarno. Il Carnovale stette, 
e dura ancora. 


Come po’ ne’Baccanali gli antichi con- 
traffacevano le persone, e con un modo 
mimico, da cui nacque trovasse Tespi 
le commedie, alléttavano viandanti, e 
parlavano, e comunicavano a mo’ di gente 

22 


AO — 


culant, et fesaient toutes sortes dc folies, 
ainsi lesmodernes ont conservé a-peu-pròs 
les mêmes usages dans Ieur Carnaval, et 
surtout le masque. appelé par les Latins 
persona, et généralement répandu chez 
‘tous les peuples polices. Mais, selon l’in- 
fluence des gouvernements et des moeurs 
de chaque pays, les divertissements du 
carnaval perdirent insensiblement plus 
ou moins de leur rudesse et de leur licen- 
ee primitives, et Venise surtont, des les 
temps les plus reculés, pourvut, au mo- 
yen d’une bonne police, à ce que le 
peuple, on pour mieux dire fa populace, 
prit part aux plaisirs et à la liberté du 
carnaval, sans ontrepasser de justes 
bornes; tañdis qu’anx personnes d'une 
classe plus élevée, moins capables d’a- 
buser des privilèges de ce temps, se- 
raient accordées de plus amples limites 
dans leurs amusements. Au reste la popu- 
lace trouvait le plus grand plaisir du 
monde dans les grossieretés antiques , 
plaisir qui n’était qu’une conséquence 
naturelle de la stérilité et de la gros- 
siereté de son esprit. Les riches au 
contraire, polis par le commerce con- 
tinucl- de la bonne société, instruits et 
aimables, étudiaient avec: soin les cara- 
cteres, les-moeurs des nations différen- 
tes, et, perfectionnant leurs jonissan- 
ces, sl m'est permis de me servir d’une 
semblable expression, savaient: épuiser 
savamment et inrocemment jusqu’à la lie 
de la coupe des plaisirs que le carnaval 
offre en tous lieux, et à Venise surtont. 
Or, chaque nation, chaque pays préfér 
rant naturellement ses sages, ses fêtes, 
ses amusements, et rabaissant ceux des 
autres peuples, les Vénitiens cherchaient 
principalement dans leurs. travestisse- 
ments à faire briller la vivacité de leur 
esprit et la gaîté de leur caractere. 
Nagucre, au son de la cloche des vé. 
pres du 6 janvier, un fonctionnaire pur 
blic se présentait sur%la place de Saint. 
Marc grotesquement déguisé, en. fesait 


a cui manchi in testa un buon cervello, 
ancora i nostri ritennero questo fare, e 
la maschera, che Latini dicevano perso- 
na, ed i visi inibratli da tante seonce e 
gaglioffe maniere si osservano oggigiorno 
pressochè dappertutto. Conforme. poi le 
istituzioni politicoscivili e religiose dci 
governi, questi baccanali od intratteni- 
menti caunovaleschi diversifiearono , ed 
in alcuni luoghi depasero quel rozzo cd 
impulito, quell’asprigno e pungente che 
tanto offende la urbanità e la gentilezza; 
e Vinegia fin da remoti tempi sceverò à 
diletti del earnavale, concedendo al pos 
polo quelli propri di lui, ed alla gente 
più incivilita e colta che il volgo non 
è, rimise la parte di contraffare i costumi 
delle nazioni, Nasceva quindi che la ple- 
be con le goffezze antiche. soddisfacesse 
sè stessa pienamente, perché ove è più. 
grande la parte materiale, ivi più le menti 
irte e sterili di be’ pensieri alacramente 
si intrattengono. Per lo converso, quan: 
do gli animi sono assuefatti a trar van, 
taggi dagli altrui esempli osservando gli 
uomini attentamente, allora la rappresen- 
tazione degli esempli stessi e la pittura del- 
la differenza che fra quelli e le azioni pro- 
prie intercede. E siecome ciascuno ama 
le sue cose, avveniva che Viniziani, 
contraffacendo i costumi altrai, volessero 
indicare quanto i-loro andavano di so, 
pra a quelli per briosità vivezza e gusto 


finito, 


ni È 

Nei tempi andati, il sei gennaio, al cin» 
tocco della campana dei Vespert, vedeasi 
un pubblico ministro presentarsi ‘sulla 


grande piazza mascherato grottescamente, 


‘ 
® 


le tour lentement, sourd aux hufes de la 
_popalace, et se relivait ensuite avec la 
même gravité et le même sang-froid, Tel 
- était» le signal par lequel l'antorité su- 
périeure avertissait le public qu’il était 
de son bon plaisir que le carnaval com- 
mençât, et dès cel instant, chacun pou- 
vait se travestir à son gré. Aujourd’hui 
un semblable usage ne subsiste plus, et 
on lui a substilué, avec grande raison, un 
simple avis imprimé que Von affiche à 
tous les coins de rues et dans les places 
publiques. Mais ce n’est point sculement 
la manière d’avertie le public qui a chan- 
gé; le but du masque aussi n’est plus le 
mème, et non-sculement on néglige de 
faire briller de préférence dans les mas- 
curades et les dégnisements le caractère 
national, mais beaucoup de gens se ser- 
vent uniquement du masqne pour tour- 
ner en ridicule les membres les plus re- 
spectables de l’ancienne aristocratie. En 
effet, le masque bien connu à Venise 
sousle nom d'/{lustiissimo et d’ Eccellen- 
za (titres que L'on donnait autrefois à tous 
les nobles vénitiens), n’est autre chose 
qu'une caricature, une satire parlante de 
la noblesse qui gouvernait jadis la répu- 
blique. Représentez-vous un homme af- 
fublé d’une immense perruque; d’un ha- 
bit à l’ancienne mode, garni de gros bou- 
tons reluisants, avec des culottes courtes, 
des bas de soie, des bouclesaux souliers, et 
d’énormes manchettes; dans cet équipage, 
Plllustrissimo se promène de café en café 
ct de rue en rue, contrefesant de son 
mieux le langage etles manières des vieux 
sénateurs, et toisant d'un air superbe tous 
ceux qu’il rencontre. Ce personnage est 
plus difficile à remplir qu’on.ne le saurait 
croire; aussi, lorsqu'il s’en acquitte à la 
satisfaction générale, les assistants n’é- 
pargnent pas les éloges à Son Excellence. 
Son maintien superbe, ses monosyllabes 
brusques et impéricux, son ton bourru et 
sévère que l’on regarde comme lessighes 
caractéristiques du vieux sénateur, font 


— Ti — 


e sordo agli urli ed ai fischi che il po- 
polaccio gli dirigeva, girarvi, indi ritrarsi, 
composto maisempre ad un’aria di gra- 
vità e disinvoltura. Tale era il segno che 
a quella matta guisa poteva ogni deside- 
roso vestirsi, e che era giunto il principio 
de’ baccani carriovaleschi. Al dì d’ og- 
gi questa maniera di aprire il carnovale 
mancò, e più ragionevolmente un avviso 
a stampa quinci e quindi esposto per la 
città tiene il luogo di quella. Chese cangiò 
a nostri di la guisa di far edotto il po- 
polo sul tempo carnovalesco, cangiò anco 
il fine della maschera Anzi non solamen- 
te non sivabbadò di far spiccare il nazio- 
nale col confronto dello straniero costume, 
ma assunte certe maschere, si seppe pun- 
gere argutamente le persone più ragguar- 
devoli della passata aristocrazia. Infatti 
quella maschera che va col nome d’Æu- 
strissimo e di Eccellenza, cosa è altro se 
non un giuoco, uno scherno contro la 
nobiltà che formava il corpo dominante : 
della repubblica? Tu vedi un uomo con 
grande parruca, con indosso una soprave- 
sta di antico taglio, con bottoni che paiono 
lune, con calzoni corti al ginocchio, calze 
diseta, scarpe con fibbie, portante in mano 
od in testa un cappello a tre punte, con 
l'occhio armato sempre di occhiali andare 
perle Procuratie, pei caffe e per le strade 
tutte ove è maggiore la calca della gente, 
affettandoil carattere degli antichi patrizi, 
o di altri nobili che illustrissimi si di- 
cevano. Saper tener bene questa parte 
se è cosa difficile è più laudata. Ognuno 
si scompiscia dallo ridere in vedere quel- 
l’aria imponente aristocratica, in udire 
quelle parole tronche ed imperiose, in 
osservare quel far burbanzoso e severo, 
che propriamente sono credute le note 
caratteristiche de’ vecchi nostri. Questi 
giuochi piacendo a molti, perciocchè la 
maschera è una rimembranza di cose 
passate, e gli uomini amano a smodatez= 
za tutto ciò che non è, vedresti quindi 
giovinastri, regazzi e putti di ‘ogntrma- 


éclater de rire les spectatenrs nombreux 
qui l'entourent. Le Lustrissimo en effet 
estle travestissement favori du bas peuple 
et l’on peut même dire de la canaille de 
Venise; il est suivi, écouté avec empres- 
sement, on fait cercle autour de lui, on 
se presse, on s’étouffe pour le voir, ct 
l’entendre. Les enfants, les jeunes gens 
et souvent bien des hommes faits, non- 
contents de s’être arrêtés long-temps à 
l’écouter, le suivent obstinément, l’en- 
tourent, l’importunent, et, lui formant 
un cortège tumultueux, l’accumpagnent 
d'ordinaire jusqu’à la boutique de costu- 
mes à louer où il va se dépouiller de son 
incommode équipage, 

Les boutiques où l’on loue des trave- 
stissements et des costumes de toutes sor- 
tes, sont extrémement achalandées à Ve- 
nise, cn parcil temps, comme l’on pense 
bien ; elles méritent done d’arréter un 
moment notre attention. En effet l’étran- 
ge péle-méle des objets et des vêtements 
qu’elles étalent ne peuvent manquer 
d'attirer l'attention de lPobservateur cu- 
rieux. Là les costumes de tous lestemps, 
de tousles peuples, detoutes lesconditions, 
sont réunis, confondus dans un désor- 
dre divertissant. Le pourpoint, la tuni- 
que, la toge, le casque, la toque, la eui- 
rasse; la robe du magistrat, son bonnet 
carré, la veste grossière du montagnard, 
le chapeau à larges bords des villageoi- 
ses, le petit tablier, la jupe courte et 
mille autres objets différents, entremélés 
sans ordre dans ces boutiques, forment 
le contraste le plus bisarre et le plus ré- 
jouissant. Vous y verrez aussi tous les 
costumes des divers personnages et ca- 
ractères que créa l’admirable Goldoni, 
le restaurateur de la comédie italienne, 
comme l'appelle Voltaire. Arlequin et 
Pantalon sont toujours les masques fa- 
voris des, Vénitiens. Qui ne connaît pas 
Arlequin, ce personnage incomparable, 
si fameux par le sel de ses bons mots 
débités avec son accent bien connu, 


A 
niera, ed anche uomini, ir dietro a que- 
sti illustrissimi. Non vi passerebbe un 
grano di miglio, come dicesi: tanto sono 
raggruppati e fitti intorno a cotestoro, 
quasi essi fossero oracoli ambulanti; e 
tanto sono amati dal popolaccio,che non 
solo si va dietro a loro per le vie ch’essi 
percorrono, ma li si accompagna fmo alle 
botteghe noleggiatrici vestiti di masche- 
re dove si spogliano. 


. Le stanze o luoghi ne’ quali le vesti 
delle maschere si vendono, sono le bot- 
teghe le più frequentate nel tempo car- 
novalesco, e quelle che più fermano la 
tua attenzione. E difatti gli oggetti che 
esse ti presentano sono così varii, che 
curioso assai ritorna il loro aspetto. Lù 
entro sono le vesti de’ costumi di tutti 
li tempi, di tutte le condizioni e di 
tutti i popoli. Qui il farsetto e la tu- 
nica, la corazza e l’elmo; là la veste del- 
Vantico dottore, il suo cappello di forma 
grave e dignitosa, il rozzo giubbone del 
montanaro; poco dalla lunge il cappel- 
lino della villanela largo d’ala, con in- 
torno fiori e nastri, la gonnella aperta 
allo innanzi, e l'abito di colore screzia- 
to; fanno un earo contrasto. Parimenti 
là entro tu hai quella guisa di vesti le 
quali contraffanno in prova il carattere 
di alcuni personaggi, vogliam dire di 
quelli che il lepidissimo fondatore e ri- 
stauratore della commedia italiana, co- 
me Voltaire addomandollo, il nostro 
Goldoni immortale, nc? suoi drammi. in- 
trodusse. La maschera però dell’ Arlec- 
chino e del Pantalone primeggiano. Chi 
non sa di Arlecchino, di quel fittizio 
personaggio che con salii più frizzanti 
in boeca tartassa i vizii che ha sempre 
il talento di notare nel prossimo? Molti 


et l'âpreté de ses sarcasmes ? Beaucoup 
de gens se mélent de représenter ce 
personnage, quoique très-peu soient ca- 
pables de le bien remplir; aussi l’habit 
d’Arlequin cst le plus commun de tous. 
Messer Pavtalon, l'illustre chef de la fa- 
mille des Bisognosi, (nécessiteux) a obtenu 
Jui anssi une célébrité non-moins grande, 
cl, grâce àson costume distinctif, il passes 
ra peut-être jusqu’à la postérité la plus 
reculéc. Son petit bonnet, ses bas de 
soie rouges, ses boucles rcluisantes, etc., 
exhumés chaque carnaval du coffre où 
ils pourrissaient le reste de l’année, com- 
posent un des travestisseients les plus 
en vogue à Venise. — Les costumes grecs 
el romains ne sont guére moins com- 
uns; lances, cuirasses brillantes, casques 
au pavache flottant.boucliers, épées el car< 
quois, frappent de tous côtés vos regards, 
si bien que plus d’une de ces boutiques 
ressemblent moins à un étalage de costu- 
mes et de travestissements qu’à une espé- 
ce d’arsenal. Mais c’en est assez sur cette 
matière; changeons brusquement de sujet, 
ct, s’il se peut, décrivons au lecteur le 
coup-d’oeil unique que présente la Riva 
degli Schiavoni ( Quai des Esclavons ) ; 
centre des amuscments du Carnaval à 
Venise. 


On ne saurait, nous le répétons , 
se faire une idée du mouvement , du 
bruit et de la variété qui règnent en 
pareil temps sur le quai des Esclavons. 
Tousles habitants sans exception s’y ren- 
dent, ct la gaîté, le joyeux vacarme, 


sono che vestono questa maschera, ben 
ché pochi sieno quelli che sappiano sos- 
tenerla, e quindi abiti da Arlecchino ve 
n° ha a scialo, Messer Pantalone, uomo 
delle minchioncrie più grossolane, messet 
Pantalone indisse alla posterità serbas- 
segli le lussurianti sue vesti, ch’ei vor- 
rebbe perennemente far mostra pompo- 
sa di sè medesimo nella nostra capitale. 
La posterità, che il Pantalone riverisce 
per quell'uomo ch’egli è, e perché senza 
Pantaloni non puote stare, Pantalo- 
ne obbedì; ed a questi tempi carnescia- 
leschi apre i tesori della immensa vesta- 
glia, della sucinta berretta, delle purpu- 
ree calze, delle lucentissime scarpe, delle 
fibbie splendéntissime, À nostrì di pare 
raffinata la maschera del Pantalone; e 
veramente tu sai conoscerla presto quan- 
do la vedi, e la vedi di frequente, perchè 
qui è grande passione di farla da Panta- 
lone. Che sc tu volessi le vesti de’costu- 
mi romani e greci, ben su pe’chiovi ed 
uncini te le vedi appese, e superbamente 
agli uomini intimare. Lancie e cimieri con 
suvvi posti gli ondeggianti pennacchi, Pus- 
bergo, gli stinieri, il paludamento e la 
bulla, e la clamide e via, benchè disusati 
siammirano. In una parola questi magaz- 
zini su cuitocchiamo presentano una sto- 
ria di costumi fecondissima per trarre 
soggetti di studio archeologico e pari- 
menti filosofico morale. Ma lungi le celie: 
miriamo quello che appare la riva degli 
Schiavoni ne) tempi carnovaleschi; 


In questa stagione adunque la riva de- 
gli Schiavoni ti porge leggiadra una 
scena e giocondissima, Ogui sesso ed 
ogni condizione quivi si porta, ed offre 
uno svariato di persone e di cose, che 
veracemente eccita sentimenti di giocon- 


le tableau varié qu'offre une réanion si 
nombreuse el si diversifiée d’ inñdividus 
et d’objets sont au dessus de toute 


ex- 
pression. Entr autres. choses, ce qui 
frappe d° abord la vue, ce sont les im 


nienses baraques de bois élevées provis 
soirement sûr le quai dans presque toute 
sa longueur. On y donne toules sortes 
de spectacles et de jeux; c’est là que le 
peuple accourt en foule, charmé des 
bons mots grossiers et des plaisanteries 
de hallé qui composent le fond des far- 
ces qu'on y représente, 

Toujours fidéles à nos principes, nous 
croyons devoir avertir le lecteur qu'aux 
temps de la r publique il n’était permis 
de construire de semblables baraques 
que suf la Piazzetta, et non sur le quai 
des Esclavons. Il paraît que la cause de 
ce changement fut le besoin de débarras- 
ser le Mole de cette foule immense et 
bruyante, qui ne pouvait certes qu’incom- 
moder étrangement en pareil lieu toutes 
les personnes appartenant à une classe 
plus relevée et plus polie; mais quelques- 
uns disent au contraire que le véritable 
motif futle peu d'espace et de commodités 
qu’offrait, avant la chütede la république, 
le fameux quai des Esclavons qui ne fut 
en effet agrandi etreslauré tel que nous le 
voyons aujourd bui,que sous legouverne- 
ment français. - Ces baraques de bois ent 
ordinairement la forme. d’un parallélo- 
gramme. Sur le côté de devant est prati 
quée une large porteetau dessus une fené- 
tre ouun balcon sur lequel il est d'usage 
que les baladins, histrions, ou autres, et les 
dan seurs de cordes, favoris particuliers du 
public, viennent se montrer avant de com- 
mencer leurs représentations. Entre tous 
le plus origiral est sans contredit un in- 
dividu bisarrement habillé, avec un cha- 
peau de guingois sur la téte, et le visage 
tout enfariné ; à ces traits chacun aura 
déjà reconnu l’agréable Paillasse. C’est 
le bel-esprit, le bouffon de la troupe, et 
l’idole de la canaille qui éclate de rire à 


N 


dezza e di letizia. Quello però che più 
stuzzica la curiosità e che più alletta è 
vedere certe baracche mobili per entro 
alle quali varie maniere di giuochi e di 
esertitamenti si fanno. I popolo minuto, 
che vi si porta a stormo, bee la dolcezza 
quando vi dà dentro, e si trasmuta col- 
l'animo assat volontieri nei mimi e nei 
giulari, che sono le persone della società 
chie meglio si convengono cou loro, e che 
non vantano nè la gravità del maestrato, 
ne il sentenziar del filosofo, nè la galan- 
teria del damérino. 

Stretti ai nostri principii, parci a pro- 
posito di far conoscere che a' tempi re- 
pubblicani, benché simili baracche si co- 
stumassero porre, non si postavano però 
altramenti sulla riva degli Schiavoni, sì 
nella piazzetta. La ragione per cui il loro 
sito si è cambiato pare fosse lo sgombe- 
rare il Molo da gente troppo affultata e 
vaga del gridio e dello schiamazzo, sen- 
sazioni certamente non sempre gradite,’ 
quantunque a questa ragione si faccia 
prevalere l'altra, che ci è la riva degli 
Schiavoni sotto l’aristocratico governo 
fosse alla bisogna troppo angusta, mentre 
riducevasi così spaziosa com'è solto il 
reggime francese. Questi casolti sono li- 
gnei, e per formartene un’idea immagina 
uua casetta della figura di un. paralello- 
grammo. Sul dinanzi havvi una porta, e 
sovr” essa la imposta o l’ architrave una 
specie di loggia, che si distende da un 
angolo all’altro del paralellogrammo. Ivi 
pria di dare cominciamento allo spetta- 
colo si mostrano interele compagnie dei 
giocolieri, fra cui e’ ci piace scerre pei 
primi coloro che fanno meravigliare ‘il 
pubblico cogli esercizii sulla fune. D’in- 
fra cotestoro quello che più si distingue 
e meglio diverte è un tale bizzarramente 
vestito, con lungo e bianco cappello a 
sgembo sulla testa, con il volto tutto 
incipriato, e che si appella Pagliaccio. 
Non si saprebbe dire quante lepidezze, 
che si mutano in sangue per la plebe 


e 


chacun de ses mots ou de ses gestes, Im- 
possible à décrire l’enthensiasme qu'il 
excite;Thespis, dans son temps, u’en inspi- 
ra pas davantage. Tousles goûts, meme les 
plus dif érents, tronvent en lui de quoi se 
satisfaire; grimaces, lourderies, sentences 
ridicules, expressions triviales, lazzi plus 
grossiers encore, apostrophes à la fortu» 
ne, au public, à son esprit où à sa propre 
beauté, tont en lui trouve des admira» 
teurs enthousiastes. En un mot, il est 
impossible d’être plus bavard et plus ap- 
plaudi que Paillasse ne Pest. 


Mais tout à-coup l’apparition de plu- 
sieurs personnages étrangement déguisis 
vient détourner l'attention de l'auditoire 
qui admiraitdadandement notre Paillasse 
criard; ce sont quelques masques qui 
s'amusenì à jeter des oranges, des pommes 
ou d’antres fruits au milicu de la popu- 
lace, afin de jouir du coup-d’oeil qu’of- 
fre ce ramas de gamins, de porte-faix. et 
de gens du peuple, se precipitant les uns 
sur les autres, se poussant, s’injuriant, 
se culbutant pour s’arracher leur proie, 
A peine un d'eux est parvenu à s'empa- 
rer de quelques fruits que cent autres 
les lui disputent, ct c’est alors que la scène 
est plus divertissante encore. Maintenant, 
d’aprés cet échantillon, faites-vous une 
idée, s’il est possible, du spectacle con- 
tinnel et burlesquement agréable que 
présente le quai des Esclavons en carna- 
val. C’est un pelcaméle interminable, 
un désordre, un brouhaha, un flux ct 
reflux perpétuel de la foule; en somme, 
on ne saurait imaginer un conp-d’ocil 
plus animé, plus joyeux ct plus singulier. 

Mais, afin de donner le dernier coup 
de pinceau à ce tableau déjà si divertis- 


delle genti, egli accostumi proferire, e 
talfiata Te lepidezze in goffaggini scambia, 
e le goffaggini in satiriche espressioni, che 
caverebbero le risa anche ailabbri di me- 
tallo. Un mondo corre a sentire costui: 
novello Tespi egli è considerato.:Chi mr- 
raviglia ‘alle magnifiche sentenze, chi 
gioisce alle strambellate espressioni, chi 
stupisce a quella pronta mutazione di fi: 
sonomia che in lui si osserva, a quale 
piace i varii moti del volto e della bocca, 
i contorcimenti di tutta la persona, quel 
dimenare delle braccia, lo sgangherato 
sghignazzare, le improvvise apostrofi alla 
fortana ed al pubblico, le laudi alla. pro: 
pria abilità ed alla propria bellezza. In- 
somma egliè un Tulio redivivo sui rostri! 
e ciascuno gode della scena svariata, € 
gliene pare aver poco gusto se non si 
ferma e non nota. | 

Se non che, mentre glianimi sono tutti 
intesi al Pagliaccio, una nuova scena al 
di fuori si appresenta che li divide frà 
questo mimo ed altre persone strana- 
mente mascherate, le quali hanno il di: 
letto di gittare aranci, fratta nel mez- 
zo dei plebei. Allora vedi cotestoro fire 
il parapiglia, -urtarsi di gomito, farsi il 
saltarello, ghermirsi per le braccia e pel 
collo, gittarsi qua e là per quella di 
arraffare quel più che possono. Quin- 
d’ecco quegli che strammazza per ter- 
ra, questi che s’incurva per dar di pi- 
glio al boccone, ‘altri che vanno car- 
poni per buscare di sottomano a chi 
sbadato non cura la preda. Vedi adun- 
que che cosa abbia a parere in questo 
punto la riva degli Schiavoni. È un mot- 
teggiarsi continuo, un rammassarsi, un 
addensarsi, un confondersi, un urtarsi 
strammäzzando, un ripiegarsi, un cos- 
torcersi; in una parola non si può dare 
a colpo d’ occhio più bello e svariato 
spettacolo di questo, 


Ma per compor meglio il quadro ridi- 
colo cd animarlo di altri colori, non € da 


sant, ne nous arrétons point à cette pre- 
miére baraque et visitons rapidement les 
suivantes, qui nous offriront des objets 
non-moins intéressants. Voulez-vous, par 
exemple', savoir quels étaient le visage, 
la taille, le costume des anciens patriar- 
ches et des personnages les plus cele. 
bres du vieux et du nouveau continent ? 
vous n’avez qu’à entrer dans la baraque 
que voici, et écarquiller de grands yeux. 
Ou, pour mieux dire, il n’est pas méme 
nécessaire de vous donner la peine d’en- 
trer, car voilà tout juste sur la porte un 
Moïse de cire qui, à une teinte blanchà» 
tre près qui n’est guère appropriée au 
personnage, est le portrait vivant du fa- 
meux législateur. Un léger rideau blane, 
ou soi-disant tel, est tendu au-devant de 
la porte, et empéche aux regards profa- 
nes des curieux 7on-payants de pénétrer 
dans l’intérieur de l'édifice où d’ailleurs, 
moyennant quelque monnaie, chacun 
peut contempler à son aise les diverses 
figures de cire annoncées chacune par u- 
ne immense affiche collée sur la paroi ex- 
térieure de la baraque. Un espèce d’in- 
terprète, de cicerone, armé d’une longue 
baguette, y explique chaque chose aux 
curieux, et leur raconte dans un style am» 
phigourique les saintes actions des pa- 
triarches, les exploits des héros, et ainsi 
de suite! Aiusi done, dans moins d’un 
quart-d’heure, vous avez passé en revue 
lPhistoire de l univers entier et acquis 
de précieuses connaissances. Où pour: 
riez-vous trouver de la science à meilleur 
marché ? Pour quelques sous, vous en 
apprenez plus sur cet article que le fa- 
meux Pic de la Mirandole lui-même 
n’en savait. Lorsqu'il s’agit d’érudition, 
on doit délier les cordons de sa bourse 
sans trop marchander. D'ailleurs, com- 
ment oseriez-vous faire un pareil affrent 
au savant interprète du Casotto (bara- 
que)? Vous n’en auriez jamais le coura- 
ge, n'est-ce pas? 

Mais si non-content des nations érudi- 


starsene qui solo, si da tirarsi più avanti 
e vedere quelle altre case lignee in cui 
non le burlesche del Pagliaccio ma altre 
cose più serie e dilcttevoli si osservano. 
A mò di esempio, ti senti voglia di 
vedere come cran fatti, cioè quali li- 
neamenti, qual sembiante e statura, quali 
vestiti e carattere s’ avessero gli anti- 
chi patriarchi, ed altri uomini più ce- 
lebri dell’antico e novello mondo? tu 
non dei far altro che recarti ad un cas 
sotto vicino. Sulla porta è un Mosè ee- 
rco, che a dir vero non presenta sempre 
il carattere fisico dell’oricntale, perche 
di tinta troppo languida e di eontorni 
soverchiamente dilieati, il quale senza la 


potenza di favellare ha però quella di 


muoversi gravemente, di girare la testa 
prospettando il colto e spettabile pub» 
blico, quasi gli imponga. La porta è chiu- 
sa per bianca cortina, e langhesso la 
baracca veggonsi varii cartelloni su cui 
pittoricamente figurati stanno que’ per- 
sonaggi che dentro si ponno vedere. En- 
trando, l’interprete delle mate figure, 
con una verga in mano ti viene fila- 
stroccando la vita, la morte, i miracoli 
de’patriarchi e dei santi e le gloriose 
gesta degli eroi. Tu resti li baloccone, 
se pur non godi teco slesso di acquista- 
re in sì breve tratto di tempo una este- 
sissima erudizione de’ faiti sacri e pro- 
fani, antichi e moderni. Che vuoi più? 
La erudizione 6 a buon mereato. Con 
un baiocco tu diventi un Picco della 
Mirandola. Quando si tratta di sapienza 
non si ha a pensarvi sopra e conviene 
largheggiare, Vorres Eu essere da men 
che quel dattore del casotto ? Crediamo 


che na. 


Se poi oltre alla storia degli uomini 


dites que vous avez acquises sur l’histoire 
des hommes, vous vous sentez la moin- 
dre envie d’en apprendre autant sur celle 
des lieux, nous voulons dire sur la géo- 
graphie, entrez maintenant dans cet au- 
tre casotto; nous vous le conseillons d’au- 
tant plus volontiers que cela ne vous 
coûtera pas grand’chose. Quoi de plus 
beau que de devenir en quelques mi. 
nutes, moyennant cinq ou six sous, un 
géographe parfait, ct un voyageur uni- 
versel ? Voici précisément le casolto en 
question; encore une fois, entrez-y, et 
voyez de vos propres yeux sil n’en est 
pas ainsi. Mais nous n’en finirions jamais 
si nous nous arrétione à décrire tout ce 
qui attire les regards en pareils jours sur 
le quai des Esclavons; oiseaux savants, 
singes, chiens et chevaux dressés à mille 
tours différents, bétes féroces apprivoi- 
sées et soumises jusqu’au point de venir 
lécher la main qui les frappe; monstres, 
phénomènes de tous genres, ete., for- 
ment de ce quai le rendez-vous des ba- 
dauds qui trouvent de quoi y assouvir 
amplement leur curiosilé. Cependant 
le tableau n’est point encore achevé ; 
nous ne saurions oublier de dire que 
précisément à côté de ces casotti, ct 
formant en conséquence une partie né. 
cessaire de la scene, se trouvent à cha- 
que pas des vendeurs de comestibles 
et de friandises, propres à exciter ou à 
satisfaire lPappétit. Au milieu du bruit 
de la foule et du mouvement perpétuel 
qui l’entourent, siége gravement le ven- 
deur et fabricant tout à la fois de certai- 
nes friandises appelées storti (tortus) en 
dialecte vénitien. Vous le voyez constam- 
ment occupé derrière sôn établissement 
modeste, uniquement composé d’un fo- 
yer ardent qu’il alimente sans cesse, et 
sur lequel il cuit une sorte particulière 
de pâte, qu'une fois sèche, il entortille 
encore toute chaude à une spatule; c’est 
ainsi qu'il obtient, par ce procédé bien 
simple, un storto parfait. Qui ne serait 


iu amassi sapere la situazione de’ luo- 
ghi, 0 a dir meglio la geografia artistica, 
puoi farlo, anzi fallo, che te P hai a. un 
buon prezzo. Può ella essere miglior 
cosa che diventare in mezz'ora un cos- 
mopolita che ne sa di città, di paesi, di 
prospettive, e così avanti? Entra adun- 


que nel terzo casotto che quell’altre bel. 


le cose mostra, e guarda ed ascolta. Se 
non che lungo troppo sarebbe voler dire 
singolarmente degli oggetti tutti su’ quali 
si dà degli occhi sulla riva degli Schia- 
voni a questo tempo, perchè quivi e chi 
fa vedere augelli, scimie, cani, cavalli 
ammaestrati a varit esercizi ; là bestie 
selvagie e feroci mansuefatte ed educate 
a rispettare la mano che le domòd; e do- 
ve finalmente ti vien dato meravigliare 
molti fenomeni della natura in alcuni 
individui della umana specie manifesti. 
Non creder perd qui finito il quadro. 
Proprio nel tratto in cui son siti li ca- 
sotti si veggiono di alcune panche so- 
vra le quali i venditori fanno mostra 
di parecchi oggetti da titillare la gola, 
1 quali formando parte della scena che 
stiamo toccando ci è mestieri ricordare. 
Tra gli altri è certamente piacevole 
scorgere in mezzo alla folla di chi va e 
di chi viene e sta, il fabbricatore di 
certe ciambelle che vinizianamente stor- 
ti si appellano. E° siede, ed al dinanzi ha 
la sua officina, che non è altrimenti che 
una grande focaia entro cui dalle legna 
desta il fuoco per cuocere una specie di 
pasta, la: quale, asciutta che sia, la vav- 
volge ancor calda intorno ad un legno 
rotondo, e datale la piega la estrae dal 
legno, e la pasta è fatta uno storto per 
chi 


lo rimbecchi. 


E non tornerà per 
avventura gradito vedere improvvisar 
by n dg 

l'abbondanza così su due piedi, e una 


RIO Q 
abbondanza che non si compera che 


‘al prezzo di uno a tre centesimi? MA 


la è così, il carnovale è il tempo del 

tripudio. di tutto è copia, di diritti e 

storti, d’inversi ed obbliqui, perche tut 
9 


charmé de voir travailler calinairement 
d’une maniere si expéditive, et surtout 
pour si peu d’argent, car un de ces storti 
ne coùte guère qu'un centime ? (*). Le 
carnaval est le temps de la joie, de V'a- 
bondance, et du gaspillage; vous y trou- 
vez toutes choses en profusion, les goûts, 
les plaisirs, les caprices les plus bisarres 
s’y croisent sans se nuire le moins du mou- 
de; bien loin de là, cette diversité, ce 
pele-rméle, ce merveilleux chaos de co- 
stumes, de marchands. de spectacles, d’a- 
musements. de physionomies et de goûts 
accroissent au contraire l’allégresse gé- 
nerale ; gloutons, curieux. plaisants, pros 
digues, amoureux, que sais-je ? se trou- 
vent en temps de carnaval comme dans 
leur élément. 

Nous avons parlé des baladins, des boufs 
fons, des figures de cire, des bétes féro- 
ces, des ménageries, des hommes ou des 
femmes qui offrent quelque bisarre phé- 
moméne dans leur conformation, etc. ; 
embrassons maintenant d’un seul regard 
le coup-d’oeil admirable que nous offre le 
quai des Esclavons. 


Les flots paisibles de la lagune vien» 
nent expirer au pied du quai, réflé- 
chissant dans leur sein tranquille les mai- 
sons voisines, les navires, les temples. les 
édifices et la foule des promeneurs. Quel 
agréable spectacle ne présente pas à la 
vue de l’observateur attentif cette réu- 
nion surprenante des prodiges de Part, 
des merveilles de la nature, des inven- 
tions de Pindustrie, des parures som- 
ptueuses, des masques bisarres, des riches 
costumes d'individus de tous age, sexe 
et condition, presqu’entassés les uns sur 


les autres, tellement est grande la presse, 


(*) Que les lecteurs. et surtout les lec+ 
teurs francais, en lisant ces details, se 
rappellent la muxime d’ Horace: difficile 
est proprié communia dicere, 

(Note pu Trap.) 


to il mondo carnovalesco e un complesso 
dilinee che s’intersecano in diversi pun- 
ti, vogliam dire che il carnovale e varie- 
tà di gusti, di umori, di oggetti, di figu- 
re, di aspiri e così avanti; è l’epitome 
propriamente della ghiottoneria, del ca- 
priccio, della leggerezza, della Jassivan- 
za, della galanteria e di tutto ciò che 
vuoi. Che sia pur benedetto il.carnova» 


le e il sua buon umore! 


Narrato de’ giocolieri e de’ mimi, de- 
gli espositori di ceree figure, di animali 
selvaggi e domestici, di coloro che mostra= 
no uomini e donne ne’ quali natura stra- 
ni fenomeni manifesta, e di varie ma- 
niere di venditori, con un rapido tratto 
di penna trattiamo generalmente la sce- 
na che di questo tempo dalla riva degli 
Schiavoni ci deriva, 

Se tu agguardi all onda azzurra della 
laguna, che placida riposa i suoi flutti ai 
piedi di questa riviera, e che si fa spec- 
ohio a° prossimani fabbricati, a’ navigli 
ed a chi passeggia. sei da forte meravi- 
glia compreso che la natura, umana 
industria e la civiltà d’un solo vedere 
tanti oggetti piacevoli e di dilettanza 
offerisca. Chiunque estendasi col pen- 
siero sulle tante persone € sì differenti di 
condizione, di grado, d’ ingegno, di for- 
{una e di gusto, che qui convengono, od 
a far mostra di Se singolare per lusso di 
vesti e di gemme, 0 per premeditate gof- 
faggini, o per necessità di esercizio, sug- 
gella la sua mente delle immagini sva- 
riate dell’ esistenza, procedenti da tante 
sensazioni degli oggetti esterni dalla na- 
tura prodotti. Una fola di gente che va 
divitto divitto fino a Castello in se stessa 


— 179 — 


et offrant à la fois mille tableaux, mille 
impressions, mille attitudes diverses! De- 
puis la Piazzetta jusqu’à Castello (un des 
quartiers les plus éloignés de la place de 
Saint-Marc), s’ étend une longue file de 


promeueurs, qui occupent le quai pres- 
> I 


que toute dans sa largeur; nobles, riches, 


bourgeois, tous les gens aisés en un mot, 
se promenent gravementau milieu de la 
foule, jetant cà et là leurs regards sur les 
objets qui les entourent, moins par cu- 
riosité que par un instinet machinal d’i- 
mitation qui les porte à faire ce que les 
autres font autour d’eux. Mais on trou- 
ve aussi, la comme partout ailleurs; l’ob- 
servateur attentif, qui, sans s'arréter à la 
superficie des choscs, étudie les moeurs, 
les usages du pays, les habitudes de la 
foule, en un mot tout ce que peut offrir 
d’intéressant cette multitude immense 
qui, tantôt s’arrête brusquement comme 
un seul homme, et tantôt avance tumul- 
iueusement. L'homme sage, le vrai phi- 
losophe, sait tirer parti de tout; la folie 
des autres lui sert d'exemple, d’avertis. 
sement, el, en voyant les excès d’autrui, 
il apprend à modérer ses désirs et à ré- 
gler ses actions. Le contraste est frappant 
ici entre l’honnéte-homme et le libertin, 
entre et le sage et le sot. Le libertin, 
sensuel par caractère et par choix, mar- 
che, avance au hasard, avide de plai- 
sirs et cherchant impatiemment des yeux 
ce qu’il désire de trouver; chacun de ses 
regards décéle aussitôt ses goûts, ses 
sentiments, et il suffit de le voir pour 
reconnaître sur le champ quels sont les 
objets, les personnes qu’il préfère, et 
ceux ou celles au contraire qu’il hait, 
qu’il évite avec dégoût. Tout au rebours, 
le sot, insensible aux charmes des belles 
promeneuses, à la variété du spectacle, 
des toilettes élégantes, au passe-temps si 
agréable de comparer la brusque gaité, 
la joie bruyante de la foule au maintien 
grave, raide, et étudié jusque dans leurs 
plaisirs des riches et des hauts person- 


sarebbe bastevole ad esprimere diversi 
moti dell’ animo e diverse azioni del 
corpo. I nobili e dignitosi personaggi ac- 
corrono a questa volta incedenti fra la 
moltitudine, e tendono gli sguardi sui 
diversi oggetti i quali loro vengono ve- 
duti più allettanti per la circostanza del 
tempo che li riproduce, che per avere 
novità sufficiente ad eccitargli meravi- 
glia od entusiasmo. Questi vanno così, 
ma evvi fra dessi Puomo pensoso ed os- 
servatore che fra tanti ha solo la poten- 
za di apprendere il costume, la condi- 
zione della società, osservando le azioni 
di coloro che procedono,e di coloro che 
stanno. La filosofia sola approfitta del 
tripudio della vita per casligarsi, ovvero 
sia per essere temperata ne’ suoi deside- 
ri, corretta nelle sue operazioni, pru- 
dente nelle sue intraprese, saggia nella 
elezione de? suoi fini. Si trova però da 
fare Pantitesi perfetta fra il filosofo e il 
libertino, fra questo e lo sciocco. Il li- 
bertino che va non ha oggetti morali 
che lo interessino, Sensuale per inclina- 
zione e per elezione, egli non aspira che 
a disbramare naturale e sbrigliata pas- 
sione. Impertanto cerca cogli occhi ciò 
che forma l’oggetto di quella, ammira 
ogni cosa che offra un’armonia materiale, 
ansio la segue, e col celere passo e con 
l’agitamento della persona e con il vio- 
lento pronunziare delle parole indica 
quale oggetto appettisca, quale abborra, 
e quale cerchi di schivare studioso. Lo 
sciocco allo incontro, a cui garbano tat- 
te le pazzesche e futili cose, non guarda 
se la galante signora sia.azzimata o ho, 
se sfoggi l’ allettante del brio spontaneo, 
la gaiezza modesta o la voluttuosa ritro» 
sia; non Lada se l'uomo grave studii la 
vita sull’azione presente degli uomini, 
se coloro che hanno autorità nella civil 
convivenza facciano i noncuranti, com? è 
quasi sempre loro costume. Di breve, 
niente tocca lo sciocco all infuora delle 
cose più goffe e materiali, va e viene 


— 150 — 


nages, fixe ses regards sur les objets les 
plus communs avec un air d’admiration 
hébétée. Semblable aux débris flot- 
tants qu'un ruisseau entraîne dans sa 
course, comme eux le stupide badaud 
avance, recule ballotté par la foule, et 
s'arrête avec elle. 

Mais entre tous, le personnage le plus 
commun, c'est sans contredit le curreux 
désoeuvré ou fläneur, comme il vous plai- 
ra, que rien ne fixe, mais que tout attire. 
Certes le quai des Esclavons en pareil 
temps offre un vaste champ d'occupa- 
tions à ces honnètes flaneurs. Qu'il nous 
soit done permis de consacrer quelques 
lignes aux passe-temps favoris de cette 
classe particulière d’individus, ce qui est 
d’ailleurs indispensable pour donner 
une idée exacte et complète de la scène 
bisarre que nous avons entrepris de dé- 
peindre, comme on l’a déjà vu plus haut. 

Paillasse est l’objet de l'admiration de 
la foule; quoi de plus admirable en effet 
que la profusion intarissable de senten- 
ces qu'il débile avec une aisance sur- 
prenante ? Les figures de cire qui repré- 
sentent les plus illustres personnages de 
l’univers entier, les bêtes les plus féro- 
ces apprivoisées et dociles jusqu’au point 
de baiser la main de leur tyran, Fhabi- 
leté étonnante des fuvambules qui eou- 
rent hardiment sur une mince corde 
tendue, sont aussi sans nul doute des 
prodiges trés-intéressants, et il semble 
que le curieux ne saurait exiger rien de 
mieux. Mais pourtant il n’en est point 
ainsi; et plus d’un des honorables indi- 
vidus de la classe des fläneurs, en lisant 
ces ligues, si jamais il les lit, se sera de- 
mandé vingt fois comment nous avons 
pu oublier jusqu'ici ke personnage le 
plus extraordinaire dans son genre que 
Venise puisse offrir. En un mot, nous 
enuteudons parler d’un bomure à bon 
droit célebre par le sel de ses plaisante- 
vies el le charme de ses récits qui n'en- 
nuyent pas iout-à-fait lorsqu'on les en- 


qual frescolo entro il meato de’ finmî, 
che sale siccome 1’ onda, circolarmente 
s’ innalza, discende ed affonda. 


Ma evvi il curioso fra tanti, quello a 
cui né tutto è indifferente, nè tutto dif- 
ferente. Di questa razza di uomini ve ne 
hanno le migliaia, ed è proprio da ve- 
derli nel loro dritto in questa circostan- 
za carnovalesca. Noi sui curiosi dob- 
biamci fermare, e quasi di un tocco in- 
vergare le idee che ci risvegliarono le 
cose descritte più în suso, perché si co- 
noscano le sensazioni che su essi produ- 
cono: il che appunto importa il meglio 
della scena che siamo per rappresentare. 


Vedere il pagliaccio a molti pare una 
cosa di tutta ammirazione degna. Che 
un uomo contraffaccia così bene la per- 
sona, che abbia tanto ingegno da profe- 
rire simultaneamente con semplicità e 
galezza tante sentenze che non uscirie- 
no dalla bocca de’ più saggi filosofanti, 
è una meraviglia portentosissima; notare 
rappresentati in cera i più cospicui per- 
sonaggi dei secoli, udirne la storia, è una 
cosa che non più; guardare animali sil- 
vestri e feroci i quali si prestano ubbi- 
dienti all'uomo, è un miracolo dell’uma- 
na industria ; scorgere chi veloce ed e- 
quilibrato incede per l'ardua via di una 
corda, è un portento. Il curioso cosa 
vorrà di più? Ma il curioso può volere 
di più, perchè noi abbiam lasciato di di- 
re di una curiosità morale che è pur sin- 
golare fra noi. Si trova a Venezia un 
uomo di eui i sali non paiono frizzanti 
a chi gli udì mpetutamente, ma che ben 
agguardati nel significato loro, hanno 
una bellissima e buonissima morale im- 
portanza. È questi il preteso gentiluomo 
di Torcello, volgarmente il Tonin Buona- 


, 


— 181 — | 


tend pour la première fois de sa vie; 
mais qui finiraient certes par ennuyer 
bientôt, si on était obligé de les écou- 
ter souvent. Cet homme, c’est le fa- 
meux soi-disant gentilhomme de Torcello, 
vulgairement appelé Scior Zonin Buo- 
nagrazia (1); il faut l’entendre raconter 
lui-meme l'antiquité de sa famille, l’illu- 
stration de ses aïeux , leur généalogie, 
leurs richesses immenses et sa propre 
importance. Figurez-vous un homme 
d’une taille un peu au dessus de l’ordi- 
naire et musculeuse, d’un extérieur gra- 
ve, et à qui l’on ne donnerait pas qua- 
rante ans, bien qu'il en ait plus de cin- 
quante , tellement les soucis Pont peu 
tourmenté. Sa physionomie est ouverte 
et joviale, ses manieres sont imposantes 
et agréables , ses yeux brillants et ex- 
pressifs, dignes en un mot d’un ora- 
teur aussi adroit et aussi éloquent. Il 
va toujours vetu d’un habit d’une coupe 
antique, galonné sur toutes les coutures, 
et d’un bonnet bisarre. approprié d’ail- 
leurs au personnage; d'énormes bagues, 
du prix que chacun peut aisément: ima- 
giner, brillent à tous les doigts de ses 
mains; enfin une profusion de vieilles 
médailles et de rubans grossiers étalés 
sur le devant de son habit, sont, dit leur 
propriétaire, les décorations et les ordres 
qu’il a reçus de plusieurs souverains, en 
récompense de ses nombreux et impor- 
tants services. Tel est l’extérieur de l’il- 
lustre Scior Tonin Buonagrazia; nous 
allons maintenant parler de son esprit. 
Scior Tonin est en effet le raconteur le 
plus spirituel et surtout le plus infatiga- 
ble du monde; nous ne craignons pas d’a- 
vancer en outre que souvent, à travers 
ses bons-mots et ses allégories grossières, 


(1) La fameux Tonin Buonagrazia, 
que nous eonsiderons comme un veritable 
personnage de comédie, fut créé par l’im- 
mortel Charles Goldoni et introduit dans 
plusieurs de ses pièces. | 


grazia (1), di cui lagenealogia è da udirla 
da lui, l’araldica da lui, le ricchezze del 
casato da lui ela importanza del personag- 
gio che rappresenta da lui. Immagina 
tevi un uomo più che d’ ordinaria sta- 
tura, tarchiato anzi che no, e di un fare 


grave ed importante, il quale, benchè di 


‘oltre cinquant’ anni, non ha impressi 


nella fisonomia i segni di sofferenza. Ha 
la faccia gioconda, ilare, il fare conte- 
gnoso ed aggraziato, gli occhi, come si 
convengono ad un parlatore acuto e sot- 
tile, vivacissimi ed aperti. Veste un a- 
bito di antica taglia, listato a tutte le 
estremità; un berretto bizzarro ed ac, 
concio a quest'occasione gli copre la 
testa; anella grandissime , di quel valore 
che ognuno può immaginarsi, gli tempe- 
stano le mani; dinanzi alla veste gli di- 
pendono alcuni medaglioni all’ antica e 
nastri e cordelle ch’ ei protesta essere 
tutti i segni delle ricevute decorazioni 
pel merito esimio che lo distingue. Ecco 
il signor Tonin Buenagrazia bello e fat- 
to. Rimane però la parte più eccellente 
di lui da toccarsi, la mente, che in esso 
è piena di spiritosissimi sali. Egli è una 
fonte inesausta di finzioni piene di brio; 
e non temiamo affermare che col velo 
del’allegoria quest’ uomo esprime con 
molta semplicità i vizii e le virtù del suo 
secolo. Basta ch’ ei si presenti al culto 
e spettabile pubblico perchè una nume- 
rosa schiera di spettatori lo circondino. 
Entro il circolo, ch’ ei ama sempre lar- 
go, getta per terra la sua suppellettile, o ‘ 
gli arnesi di sua professione, i quali con- 
sistono in scartafaci, libri ed altri simili 
oggetti, ed apre solennemente la scena 
facendosi l’apologia piena di succhi ed 
atta a cavare lo riso per quelle cose 


(1) Questo Tonin Buonagrazia, che 
not vogliamo considerare un comico per- 
sonaggio, fu introdotto nelle sue comme- 
die dall’ insigne Carlo Goldoni. 


il ne laisse pas de dire de fort bonnes 
choses sur les vertus et les vices du 
temps. Il lui suffit d’ordivaire de se mon- 
trer pour rassembler autour de lui un 
auditoire empressé. Dès qu'il juge Passi- 
slance assez nombreuse, il se place au 
milieu du cercle, jette sur le pavé tont 
l’attirail de son métier, c’est-à-dire des 
rouleaux de papier et quelques vieux 
livres, et commence aussitôt son propre 
panégyrique, qu'il assaisonne d'extra- 
vagances vraiment risibles et de propos 
précisément opposés les uns aux autres. 
Puis, de son éloge i! passe brusquement 
à Ja satire de ses défauts, et il sait si bien 
traiter ces deux sujets divers qu'il vous 
convainc tour-à-tour de l’un on de Vau- 
tre. N°oublions pas de remarquer que la 
plupart des anecdotes qu’il raconte sont 
une peinture plus ou moins exacte de 
tout ce qui se passe dans la ville. Il est 
au fait de chaque chose, il sait prendre 
et quitter tous les styles, et dans des sie- 
cles moins éclairés, et peut-etre précisé- 
ment pour cela plus heureux que le nô- 
tre, il obtiendrait probablement une ré- 
putation et une influence dont il ne jouit 
certes pas aujourd’hui. Il débite tou- 
jours avec l’action la plus vive, mar- 
chant à grands pas, en véritable péripa- 
téticien, dans le cercle étroit que ses au- 
diteurs forment autour de lui, et s’agi- 
tant comme un possédé. Scior Zonin 
Luonagrazia est enfin un parfait phi- 
losophe-pratique, et surtout un grand 
diseur de sentences. Au reste, il n’a pas 
tort de les aimer de préférence, puis- 
qu’elles lui valent régulièrement un sou 
de chacun de ses auditeurs qu'il acca- 
ble alors de remerciments interminables. 
Ainsi donc, notre illustre philosophe 
Scior Tonin Buonagraziane saurait s’ap- 
pliquer l’adage bien connu: la philoso- 
phie s’en va pauvre et nue, puisqu'il est 
bien nippé, bien payé et que chaque soir 
il a de quoi satisfaire son hôte et ache- 
ter de l’huile pour sa lanterne qui, de 


N 


dette intorno à se opposlissime € dispa- 
ratissime. Passa poi dall' elogio alla di« 
sapprovazione di se medesimo, ma colori- 
sce così bene la scena, che tu lo ami vir- 
tuoso e disgraziato. Convien ben notare 
che tutti gli annedoti ch’ ei conta sono 
spesse volte una dipintura perfetta dei 
fatti della città rappresentati nelle pro- 
prie azioni. Sembra ch? egli abbia in te- 
sta tütli i cervelli degli uomini, tutti 
gli scherzi della fortuna e di amore; 
e gitoca così bene il linguaggio delle 
passioni, che in tempi più felici e di mag- 
giore semplicità gliene deriverebbe un 
vanto di gloria per ispargere una filosofia 
pratica col linguaggio più semplice e più 
prestabile alle circostanze della vita. Qui 
giganteggia favellando, ed incede da pari- 
patetico entro al chiostro formata da’suoi 
ascoltanti, movendo la persona si che pa- 
re presa da convulsione. Questo signor 
Tonin Buonagrazia è un energumeno, 
che per altro ha le più saggie ispirazioni 
filosofiche e grande facilità di sputare 
sentenze. E? ne dà una ad un soldo, che 
vien pagato volentieri dagli ascoltatori, 
mentre l’ illustre di T'orcello ne va con- 
tento, e si atteggia ad una fisonomia al- 
legrissima, e si apre in moltissimi ringra- 
ziamenti. Ad un detto, il signor Tonin 
Buonagrazia e un filosofo al quale non 
si può appiccare l’adagio Povera e nuda 
vai filosofia, perche ha de’ buoni panni 
addosso, de’ classicissimi fermagli, fregi 
ed anella, ed alla sera può pagar l’ oste, 
chè grazie a Dio la platonica sapienza 
gli provvede l’oglio per la lanterna. Alla 
fin fine € un uomo classico nel suo ge- 
nere, e nelle provincie venete pel fatto 
suo è maestro di coloro che sanno. Ha 
un solo peccato, di non avere mai rea- 
lizzato le idee della immaginata sua gran- 
dezza; ma forse non se ne dà gran tedio, 
sapendo che Socrate disse appresso Xe- 
nofonte: Gli uomini che meno hanno di 
bisogni, più s' avvicinano agli Der. 


— 183 


nuit, ne le quitte jamaisSomme toute, 
c’est un individu unique dans son genre, 
et lorsqu'il s’agit de ses intérêts, il n’y 
a pas dans toutes les provinces véni- 
tiennes un homme plus entendu que lui. 
La seule chose qu’on peut lui reprocher, 
c’est de n’avoir jamais bien prouvé la 
moindre partie des magnifiques choses 
qu’il debite, et encore moins réalisé un 
seul de ses projets grandioses; mais c’est 
peut-être qu'il ne s’en soucie guère, sa- 
chant bien que Xénophon fait dire à 
Socrate: Que les hom'nes qui ontle moins 
de besoins sont ceux qui s’apprechent 
le plus de la Divinite. 

Mais les promeneurs et les curieux 
finissent souvent par s’ennuyer d’enten- 
dre toujours répéter à-peu-prés les mè. 
mes choses, et, pour varier, ils vont 
faire cercle maintenant autour du théà- 
tre ambulant des Marionnettes, Il s’a+ 
git à présent de vous décrire, chose 
assez difficile, la scène aù l’on représen- 
te une infinite de pièces diverses, avec 
tant d’art et d'agrément que le respec- 
table public, rassemblé un pied des tré- 
teaux, ne manque jamais de tout écouter 
bouche béante, Quatre ais mal joints 
couverts de quelques chiffons composent 
tout le theatre. Quant aux décorations, 
afin que les changements de scène ne 
distraient point les spectateurs, l’ha- 
bile directeur a soin de n’en changer 
jamais. Le répertoire d’ailleurs est très- 
abondant, et les titres de chaque pièce, 
farce,tragédie, ou comédie, sont soigneu- 
sement enregistrés dans Ja mémoire du 
directeur, souffleur, machiniste et au- 
teur tout à la fois. Le signal est donné, 
la toile se leve, et l’on voit paraître lil, 
lustre Polichinelle, qui se promène gra- 
vement sur l’avant-scène, et frappe de 
son bâton à plusieurs reprises, comme 
s’il voulait dire: « C’est moi qui com» 
mande ici,» Bientôt de nouveaux acteurs 
paraissent sur la scène, et l'intrigue se 
noue. Les pièces qu'ils jouent ne sont, 


Passeggiatori peraltro non sono poi 
sempre col cervello così in areo. Vanno 
intrattenendosi altrove nel ridevole esere 
cizio comico che fanno certe figurine di 
legno maneggiate da un improvvisatore 
di drammi. Qui convien sapere la scena 
com’ è, che non è lieve affare l immagi- 
narsi come drammi e tragedie s’improvvi- 
sino su due piedi, e con tanta forza ed 
espressione da tirare a bocca aperta la 
penetrante curiosità della moltitudine, 
Il teatro su quattro pali legati assieme 
da fare un casotto ha un palco solo, 
che è palco e scena nel medesimo tem- 
po. | scenari, perche non distraggano 
le fantasie de? spettatori, si presentano 
sempre collo stesso disegno e con quel- 
la modesta semplicità colla quale si mo- 
strano gli oggetti della gente virtuosa. 
Il repertorio e di molte facciate, ed i 
titoli delle commedie e delle tragedie e 
delle farse registrati sono nella mente 
del suggeritore. Viene il momento, e si 
da Panvunzio solenne colla presenta» 
zione del Pulcinella, il quale incede im- 
portautissimo nella scena, ed a segno di 
dignità e di grado dà una picchiata di 
bastane, quasi voglia dire qui comando io. 
Gli oggetti della occupazione degli attori 
per quello che si osserva praticamente 
non hanno coerenza di principii, che per 
solitosi aprela scena colla commedia e si 


— 184 — 


comme on le pense bien, qu'un amas 
ridicule d’extravagances, sans règle et 
sans enchaînement, si bien que le per- 
sonnage le plus s‘rieux finit toujours par 
faire rire , et qu’un acteur, après avoir 
accablé un autre de caresses, le roue de 
coups de bâton sans le moindre sujet 
(ainsi que cela se voit d’ailleurs dans plus 
d’undrame moderne,qui n’en est pas moins 
admiré pour cela). Mais Polichinelle est 
toujours le héros, PAchille de la piece; 
aussi les autres personnages s’effacent et 
se taisent dès qu'il vient à paraitre: Mes- 
ser Pantalon, l’homme prudent par ex- 
cellence, remplit invariablement le rôle 
de médiateur lorsque les autres interlo- 
cuteurs s’échauffent, et son étude parti» 
culière est de prévenir ou d’apaiser les 
querelles. Mais c’est ce qui n’arrive gue- 
re, car ce sont précisément les disputes 
et les coups de bâton qui charment l’au- 
ditoire; il est donc de rigueur que Poli» 
chinelle, après avoir longuement débité 
ses rodomontades,malgreles prières et les 
larmes de sa maîtresse désolée, donne uri 
libre cours à sa colère, c’est-à-dire à son 
bâton. Alors, sans égard ni pour l’âge ni 
pour le sexe, il rosse les acteurs à droi- 
ie et à gauche de la meilleure grâce du 
monde, parcourt la scène en furibond, 
et, tel qu’Achille, courroucé de la mort 
de son ami Patrocle, mit en fuite les Tro- 
yens vaincus, il frappe, pourchasse tous 
les acteurs, et les précipite enfin dans 
un trou pratiqué au fond du théatre, où 
le directeur se trouve fort à propos pour 
les recevoir. Le bruit des coups de ba» 
ton libéralement appliqués par la main 
agile de Polichinelle sur les têtes de bois 
de ses ennemis, est le signal ordinaire du 
brouhaha pour le respectable publie qui 
en rit de bon coeur, et ne saurait assez 
remercier l’inventeur industrieux qui, a- 
vec.si peu de moyens et d'espace, lui 
a procuré tant de plaisir par ses admi- 
rables représentations. Tels sont les pas- 
se-temps favoris de la populace; specta- 


termina colla tragedia, si vuol correggere 
l’uomo coll’allettamento, e poi si offende 
l’uomo con quel.suonar di mazzatte che 
fa gelare il sangue alle persone sensibili. 
Quand’esce il Pulcinella, che è 1° Achille 
del dramma. tutti gli altri che escono 
gli fanno la bella cera del mondo; e mes- 
ser Pantalone, che è il corifco de’ prudenti, 
vero Nestore, quando s’internano gli ar- 
gomenti, e che le parti vi rinfuocano per 
eniro, non intermette cosa alcuna per 
acquietarle. Ma tant’ é, il pubblico non 
può ridere se tutto va dritto colla ragione: 
il Pulcinella ha da fare le sue bravate, e 
quindi nè la Calombina, né altra donna 
gentile valgono coi loro vezzi a mitigare 
l’ ira indomabile e funesta del Pelide. 
Egli, che ascolta Ja ragione della forza, 
non rispettando né età nè sesso, ne dà 
giù come gli viene il maì talento, e per 
diritto e per rovescio, e come faceva 
appunto il figliuolo di Teti quando per 
la morte del Meneziade si levò contro i 
Tewcri, ed impauriti gli volse in fuga» 
scaccia gli attori, e gli fa piovere giù per 
un buco, sicchè si guasteriano, riboccando 
in mischia, se il suggeritore non facesse 
la parte del difensore. Quelle picchiate 
sulle spalle e testuccie lignee suonano 
che mai meglio, ed il colto pubblico ne 
ride a bocca sperticata, e gli pare cosa 
d’un altro mondo che in così angusto 
recinto, qual è quello dell’ ambulante 
teatro, spuntino eroi di tanta lena e na- 
scano fatti così sanguinosi. Chi guarda 
dentro al complesso scenico formato dal 
pubblico spettatore, dagli attori e dal 
suggeritore delle improvvise commedie 
e travedie può cavare una lezione di ciò 
che sia la plebe da un canto, e la elo- 
quenza della fame dall’ altro. Noi ci di- 
spensiamo dall’ analizzare queste due par- 
ti solenni, perche chi vive in questo 
mondo conosce le sode fantasie degli uo- 
mini imi della convivenza civile, e le 
alte ragioni di chi improvvisa, come di- 
cemmo, commedie e tragedie, che sono 


= 


teurs, théàtre, personnages, et pieces for- 

ment l’assemblage le plus naturel, sans 
compter la faim, qui est presque tou- 
jours Punique muse de Pauteur. Mais 
ne nous appesantissons pas davantage 
sur ce sujet, que chacun d’ailleurs con- 
naît aussi bien que nous, pour peu qu’il 
ait étudié le peuple; et finissons-en avec 
ces misérables improvisateurs de marion- 
nettes, dont le génie est au reste, nous 
le répétons, aiguillonné par les motifs 
les plus pressants: la faim et la soif, com- 
pagnes inséparables de leur profession, et 
souvent de leur vie enticre. 

Continuons à passer en revue tout ce 
qui mérite notre attention. Voici déjà un 
autre industriel, ur escamoteur adroit, 
qui rassemble la foule autour delui sur le 
quai des Esclavons.C’est bien l’homme ba- 
vard par excellence ; avant decommencer 
ses tours, il ne manque jamais d’avertir 
le public qu’il va voir des prodiges incon» 
nus jusqu’à lui. Coiffé d’une casquette, 
et muni d’une immense poche ou bissac 
qui pend sur sa poitrine, il s’établit de- 
vant une table converte de boules, de 
cornets, de plusieurs autres objets qu’il 
bouleverse d’un coup de sa baguette ma- 
gique. Tout-à-coup il cache une seale 
boule sous un de ses cornets, et puis, 
frappant un grand coup sur la table, il 
en fait sortir cinq ousix boules, au grand 
étonnement des badauds qui l’admirent. 
En un clin-d’oeilil les fait denouveau dis- 
paraître, puis reparaître sous une nouvel- 
le forme, tantôt grandes, tantôt petites, 
comme bon vous semble. La populace 
ouvre alors de grands yeux, chacun 
peut bien m’en croire, et, le regard fixé 
alternativement sur les mains, sur la ta- 
ble ou sur la besace, elle admire d’au- 
tant plus qu’elle y comprend moins, 
Faire disparaître un écu des mains d’un 
des assistants, oul’y introduire sans qu’il 
s’en apercoive, tirer de l’eau d’une ver- 
ge de bois, avaler une énorme quantité 
d’étoupe, et puis la rejeter transformée 


è 
veramente le più convincenti che dare 
si possano : fame e sete, segni non spe- 
culativi, ma naturali di una vita atliva, 


Seguiamo pure il nostro piano descrit- 
tivo, e stiamo col pubblico a vedere i mi- 
racoli del giuocatore di pallottole, di car- 
te e di altri oggetti; conciossiadio un’ al- 
tra scena la è che in sulla riva degli 
Schiavoniil curioso fa attonito e stupefat- 
to. Un uomo stranamente grande parla- 
tore si presenta, invocando |’ attenzione 
altrui, promettendo magnificamente di 
far vedere opere non più vedute ed in- 
tese. Con una berretta a sgembo in sulla 
testa, e con una capace saccoccia sul da- 
vanti, egli sta ad un tavolo colle sue palle 
e buasolotti, e con un colpo della magica 
sua verga ti dà un parapiglia che ti fa 
sbalordire. Pone in un bussolo una palla, 
la copre; indi tre, cinque, seite ne fa sbuc- 
ciar fuori; sicché tu.non sai ben dire 
cosa alcuna di miracolo così stupendo. 
In un batter di ciglio poi ti fa sparire le 
stesse, te le fa ricomparire ancora varian- 
do la forma loro, e quando piccine pic- 
cine, e quando grandi e grosse anzi che 
no balzano sulla tavola. Il volgo ne fa 
le meraviglie, come e ben da crederlo, e 
sbarra gli occhi or sulla saccoccia, or sul 
bussolo. e quando alle mani del gioco- 
liere, e ne resta più maravigliato quanto 
meno può conoscere la origine e la causa 
delle variazioni. Sogliono ancora questi 
giuocatori usare desterità nel far scom- 


parire dalle manile monete, nell’introdur” 


le senza che altri se ne avvisi nella sac- 


2h « 


en rubans, sont des tours familiers à ces 
gens-là, ct qui, s’ils nesurprennentguére 
les personnes tant soit pen sensées et in- 
struites, ne laissent pas d’amuser et de 


surprendre le menu peuple. CI 


Cependant, comme les prodiges ne 
penvent pas toujours durer et que d’ail- 
leurs à la longue, ils fatiguent aussi bien 
fue tonte autre chose, voilà que déjà 
notre audiloire rassasié déserte lesca- 
moteur et va écouter les conteurs pu- 
blics d'histoires et d’anecdotes. Il n’en 
manque certes pas à Venise, surtout à 
celte époque. Aussi bien tont le monde 
aujourd’hui se mêle de compiler ou de 
raconter histoires et nouvelles; chacan 
accommode la matière de son mieux, et, 

sans parler des contenrs publics, nous 
sommes, grâces au ciel, accablés par Ja 
‘ presse d'un déluge d’histoires universel= 
les, philosophiques, littéraires, artisti 
ques, ecclésiastiques, nationales, etc. 
etc.; voire même romanesques. L'histoire 
en un mot est devenue maintenant la 
science à la mode. Quiconque ne saurait 
tirer une pensée de son cerveau aride, 
trouve trés-commode de se rabattre sur 
les chroniques et les récits, intarissable 
aliment de conversation. Mais, sans se 
fatiguer à lire, et sang dépenser son ar- 
gent en livres toujours coûteux, n'est-il 
pas encore plus commode de trouver 
un narratcur qui, épargnant a Jui seul 
les frais d'auteur, d’imprimeur et de 
libraire, mette chacun au fait de tont ce 
qui s'est passé de plus remarquable ici- 
bas, pour la modique somme de quelques 
sous? Voilà précisément les avantages 
que vous offrent à Venise les conteurs 
publics; semblable espèce fourmille dans 
cette ville, où l’on trouve au reste de 
tout en abondance, beaux-esprits et mil- 
lionnaires, imbécilles et misérables.C’est 
dommage seulement qu'il n'y ait pas 


Î 


(> 
À; 


be 

coccia, nell applicare le ancila alle dita, 
nel far piovere miracolosamente dalle ver. 
ghe l’acqua, nell’estrarsi dalla bocca al- 
cune cordelle di una dimensione infinita 
e nel fornire altre cose, le quali, se non 
persuadono intieramente gli uomini sen- 
sati, il più che costituisce il mondo fans 
no certo ammirato. . 

Intanto la gente va, chè anche i mira- 
coli rifiniscono le forze dell’ immagina- 
zione, e ùmiliano troppo À umano orgo- 
glio, che vuol tutto conoscere e sapere, 
e che disprezza e sdegna che che gli va 
dissopra, ed invece si acchetta volontieri 
ad udire la storia. Descrittori di storie 
ve n° ha un mondo e mezzo. Tulti sanno 
fatti antichi e moderni, e gli pigliano 
per le griffe e per le ali, e gli soppongono 
e gli maneggiano come meglio la coscien- 
za lor detta; e storie filosofiche e storie 
letterarie e storie artistiche e storie na- 
zionali. e storie universali e storie muni- 
cipali e storie domestiche e storie ro 
mantiche son nel cervello di qualun- 
que sappia leggere. Tutto è storia a 
questo mondo. Quando non si sa pensare, 
si ha una prurigine. immensa di dire, 
perché il dire costa poco quando si dice 
come si puote, ma il pensare costa mol- 
to per dire come si dee. Quindi qual ma- 

raviolia se in mezzo a tanli scrittori di 
storie possa esservi alcuno, che rispar- 
miando la spesa della carta, della penna, 
del calamaio e de’ tipi, ammaestri il 
mondo a gola schinsa e pel prezzo mo- 
deratissimo del caritatevole pane ? Ma 
la è così, oggi si ha abbondanza di tutto, 
non mancano ricchezze d’ ingegni, rie- 
chezze di fortune, ricchezze di sciocchi, 
ricchezze di pover? uomini. Peccato che 
non si trovi sempre il buon equilibrio 
fra i disonesti ed i galantuomini ! 


Ma diciamo della storia e di chi la narra. 


tin peù plus d'équilibre entre les uns 
et les avtres; mais enfin comme le plus 
sévere moraliste n°y saurait rien faire, 
et qu'on s’embarrassé encore moins de 
nos discours, brisons-là et retournons 
aux conteurs d'histoires: 

Si vous voulez vous donner la peine 
de faire un tour sur le quai des Escla- 
vons, vous ne manquerez jamais en pa- 
reils jours d’y rencontrer tin des ces 
individus; arrêlez-vous un instant, ét 
vous l’entendrez se vanter de connai- 
tre Phistoire de tous les peuples et 
de la raconter dans le style le plris 
attachant. L'origine des nations, Phi- 
stoire des premiers ages du monde en- 
core barbare, occupent d’abord sa verve 
infatigable, puis viennent les temps my- 
thologiques, qui lui offrent un champ 
encore plus vaste. La naissance des Dieux 
et des héros, la forme des premiers gou- 
vernements, le caractère des vertus et 
des vices primitifs (nous disons primitifs, 
parce qu'en effet les passions. ce qui 
est la même chose, bien qu’innées dans le 
coeur l’homme, ne laissent pas de se dé- 
velopper ou de se raffiner, grâce aux pro- 
gres de la civilisation, tont en acquérant 
des formes moins âpres), sont les thèmes 
favoris de ses discours. La guerre des 
Titans contre les Dieux, aventure cé- 
lebre de Léda, la naissance de Vénus, la 
science d’Esculape et de son fils Ma- 
chaon, les conquêtes de Bacchus, les fu- 
reurs des Ménades, les exploits de Per- 
sée, les prouesses de Thésée, les travaux 
d’Hercule, la valeur des Amazones, Ja 
conquête de la Toison-d’or par le valeu- 
reux Jason, les amours d’Ariane et du 
volage héros athénien, la mort du Mino- 
taure, les malheurs de Progné et de Phi- 
lomele,la disgrâce d’Atys, la beauté et la 
fin malheureuse de Narcisse, les pleurs de 
Niobé, le destin fatal d’Ilion, la méta- 
morphose de Clytie, la justice de Rhada- 
‘manthe. le royaume de Pluton, les fu- 
reurs des Euménides, les transformations 


A Venezia iti quest’ agio di tempo 
chi va sulla riva degli Schiavoni si alle- 
gra di ammaestrarsi delle storiche narra- 
zioni che un uomo; il quale vanta di ave- 
re nella memoria. gli avvenimenti dei 
popoli, si fa a narrare con uno sfoggio 
di paroloni da far incantare. La genesi 
delle nazioni e la storia della prima bar- 
barie è tin mezzo d’ intrattenimento per 
lo narratore, che da questa passa a'tempi 
mitologici, ne’ quali spazia con la sna 
fantasia più alacremente ed estesamen- 
te. La nascita degli dei c degli eroi, la 
forma dei primi reggimenti sociali, il ca- 
rattere dei vizii e delle virtù primitive, 
e diciam primitive avvegnachè, quantun- 
que le passioni sieno sempre le stesse, 
nondimanco col progresso della civiltà 


s'ingagliardiscono,si raffinano assomendo 


un aspetto dolce e benigno, sono le parti 


ch’ ei tratta con la massima disinvoltura. 
La gnerra di Giove coi Titani nella valle 
Flegrea, 1 origine di Polluce e di Casto- 
re dall’ uovo di Leda, la nascita di Cite- 
rea; le virtù di Esculapio e di Macaonr, 
le imprese di Bacco, delle Driadi e delle 
Menadi, le gesta di Perseo, quelle di Te- 
sco, i famosi fatti di Ercole e delle A- 
mazzoni, | acquisto del velo d’ oro fatto 
da Giasone, gli amori d’ Arianna e la 
morte del Minotauro presso Minosse re 
di Creta, le sventure di Progne e di Fi- 
lomela, quelle di Ati, di Narciso, i piant 
di Niobe, i destini crudeli d° Issione, la 
metamorfosi di Clizia, la possanza di Ra- 


damanto, quella di Plutone, i furori delle 


Eumenidi , le translazioni degli uomi- 


ni, degli animali, delle divinità nelle 
stelle fisse ed erranti, il diluvio di 
Deucalione, e così avanti son tutte sto- 
rielle ch” egli sputa con un dolce così 


sea 


des hommes en animaux, ou bien en a- 
stres et en divinités, le Déluge de Deu- 
calion, et bien d’autres récits qui ne fe- 
raient que grossir très-inutilement cette 
nomenclature déjà trop longue, sont les 
sujets qu'il expose dans un style digne 
des preiniers âges du monde. Mais n’al- 
lez point croire que son érudition se bor- 
pe là; écoutez: le voilà qui parle main- 
tenant de la chùte d’Ilion apres le fa- 
meux siège de dix ans, d’Ilector et de 
sa fin malheureuse, de la colère d’A- 
chille, de Ja sagesse de Nestor, de la va- 
leur des deux Ajax; il n'oublie pas non 
plus l'adresse d'Ulysse, les. oracles de 
Calchas, la bavarde lacheté de Thersite, 
les malheurs de Priam, la triste destinée 
d’Hécube, la douleur d’Andromaque, la 
honte etles désordres d'Hélène, la couar- 
dise de Pàris son vil séducteur, le don 
de.prophétie de l’infortunée Cassandre 
et le sort affreux de Laocoon. Le bon 
Homère lui-méme ne serait pas plus pro- 
lixe. Mais attendu que notre conteur ne 
connait guere l’art des transitions, et que 
dans ses brusques passages d’un sujet à 
l’autre, il ne suit d’autres règles que le 
goût peu sûr de ses auditeurs grossiers, 
vous le verrez souvent sauter tout d’un 
coup des siecles héroïques aux temps de 
Charlemagne ou du moyen-âge. Il ra- 
conte péle-méle les aventures de Roger 
et de Bradamante, l’histoire de Roland 
et de sa fameuse épée Durandal, celles 
de Lionel et de Richard Coeur-de Lion, 
les guerres soutenues par les douze pairs 
de France contre les Sarrasins, les con- 
quêtes des Normands et l'invasion du 
redoutable Agramant, si bien que tout 
homme instruit qui aurait la patience 
d’écouter ce bavard un seul quart-d’heu- 
re, en prendrait pour long-temps une in- 
digestion de batailles , d’histoires, et de 
prouesses. Mais les gens du peuple moins 
difficiles lui forment un auditoire nom- 
breux et fidele, sinon aussi illustre, du 
moins aussi attentif,que celui qui entourait 


soave ch'e’ ben pare esser visso ai tempi 
degli dei e degli eroi. E che dire quando 
narra la caduta d’Ilio e la lamentevole 
guerra e la morte di Ettore e |’ ira di 
Achille e la saggiezza di Nestore ed il 
valor degli Ajaci, l'accortezza di Ulisse, 
la sapienza di Calcante, la garrula loqua- 
cità di Tersete, le sventure di Priamo ‘e 
di Ecuba,i gemiti di Andromaca, la ver- 
gogna di Elena, la codardia di Paride e 
l’ arte divinatrice di Cassandra e di Lao- 
coonte? Omero stesso non ne direbbe 
meglio. Ma siccome il narratore vive 
sempre di fame e di fama eroica,’ così 
non conserva ordine nelle sue narrazia- 
ni, e va secondo il gusto di chi l’ascolta; 
quindi non si ferma alla fondazione dei 
regni e delle repubbliche ai tempi della 
civiltà, ma sbalza di un salto ai tempi 
dell'ultima barbarie, e ti narra le avven- 
ture di Fioravante e di Ruggeri . la sto- 
ria della famosa Durlindana, quella di 
Lionello e di Cnor di Leone, le guerre 
sostenute dai Reali di Francia contro i 
Saraccni, e spezialmente contro Agra- 
mantc, e forma un empiastro di narrazioni 
che si dura molti giorni a cacciarselo 
fuori dal cervello: tanti e sì differenti so- 
no i succhi e le sostanze che lo compon- 
gono. E potrai dubitare che non abbia 
un immenso uditorio colui che ti fa pre- 
senti uomini di tutti i tempi, di tutte le 
condizionie di tutte le fortune? Non così 
Erodoto, che fu detto il padre della sto- 
ria, potette gloriarsi a’ giuochi olimpici 
quando narrava i suoi fasti alla Grecia, 
e non potè gioriarsi così perché chi udi- 
valo sapeva di udire quello che la più 
parte veduto avea, e più che dalla novità 
delle cose veniano fermati dall’ eleganza 
dello stile, dalla copia degli argomenti, 
dall’ abbondanza delle materie, dall’elo- 
quente narrazione. Erodoto però fu pre- 
miato di encomii e di lauro, e il nostro 
narratore allo incontro non pensa ne- 
manco ad una nazionale ricompensa: e- 
gli si limita a desiderarla non già muni- 


— 189 — 


avidement Hérodote, lorsqu'il lisait son 
histoire à la Grèce assemblée aux jeux 
olympiques. Notre conteur public n’a, 
il est vrai, ni les vastes connaisances de 
l’historien grec, ni son style élégant, ni 
son éloquence intarissable; mais Héro- 
dote fut récompensé par une couronne de 
lauriers et d’insignes honneurs, tandis 
que l’humble conteur, bien loin de pré- 
tendre à des récompenses nationales, 
s’estime fort heureux, si, grâce à la gé- 
nérosité des particuliers qui l’écoutent, 
il rassemble quelques monnaies de cui- 
vre, préférables d'ailleurs pour un misé- 
rable tel que lui, souvent pressé de la 
faim, à tous les lauriers de ce monde. 
Mais ce qu’il y a de pis pour ce pauvre 
diable, c’est qu’apres s’ètre évertué de 
son mieux à intéresser ses auditeurs, 
lorsqu'il se dispose à aller recueillir leurs 
offrandes sur le champ même de son 
triomphe, il voit s’éclaircir comme par 
enchantement les rangs des auditeurs,qui 
s’en vont aussitôt chacun de son côté, 
probablement dans la ferme persuasion 
que la patience de l’écouter ne l’a déjà 
récompensé que trop largement. En un 
mot ce conteur admirable, puits de sa- 
voir et d’éloquence , est beaucoup plus 
souvent visité par la faim que par les 
muses, et à Venise, on le rencontre sou- 
vent seul et pensif,immobile comme une 
statue, à la vue de la fuite prudente de 
son auditoire. En vain quelquefois il s’ef- 
force de le retenir par les arguments les 
plus pathétiques; bien peu, se laissant 
toucher à ses éloquentes paroles, lui don- 
nent quelque monnaie, dont il a assuré- 
ment grand besoin. 

Pendant les derniers jours de carna- 
val, on jette à Venise sur les canaux qui 
‘coupent le quai des Esclavons, des ponts 
de bois supplémentaires à côté de ceux 
de pierres; ainsi l’on peut dire que toute 
la partie du quai depuis la Piazzetta 
jusqu'aux Casotti, n’est qu’une longue 
ft commode promenade où l’on trouve 


I” 


cipale ma privata, poiche reputa che una 
gloria solenne sia da posporsi ancora a 
de’ pezzi di rame con una impronta di 
testa reale od imperiale per far procac- 
cio de’ mezzi atti a saziarlo della fame, 
che ne ha sempre. Il male é però che 
dopo aver fatto mantice de? polmoni ed 
allargato le fauci violentemente, quando 
sull’ ampio campo della gloria spera 
ricevere 1’ obolo del sostentamento, si 
vede rarificare l uditorio, il quale stima 
essere stato abbastanza il narrator com- 
pensato dalla sofferenza che si ebbe in 
udirlo. In conclusione a Venezia questo 
tesoro di sapere e d’ ingegno trae la sua 
maggiore celebrità dalla fame, ed il mon- 
do educato, cne va e che vede il narra- 
tore come una statua monumentale in 
mezzo abla via, venera il simulacro, e 
silenziosa procede innanzi. Così nel suo 
trasportamente di beatezza resta il nar- 
ratore come un marmo da cui escono le 
fatidiche voci che intimano inutilmente 
ai passeggieri ed agli auditori dinon par- 
tirsene senza consacrare a lui il tributo 
troppo necessario al suo sostentamento. 


In questi giorni carnovaleschi per co- 
modo dei passeggiatori si costuma getta- 
re sopra ì rivi appresso i ponti che le 
sponde loro congiungono di altri ponti 
posticci di tavole: quindi può dirsi 
dalla piazzetta ai casotti sia tutto uno 
stratto di via lungo e spazioso dove tanti 
oggetti di differente natura e carattere 


rassemblés tous les spectacles ek tons les 
plaisirs. D'un seul coup-d’oeil vous y 
voyez réunis l'élégance, les riches-paru- 
res, les manieres distinguées des classes 
supérieures, la grosse gaîté, les tournu- 
res endimanchées des gens du peuple, le 
bruit, la confusien, les gais propos, les 
tours plaisants, les espiegleries des jeu- 
nes élourdis, en somme, un amalgame 
incroyable d’objets, d'individus et d’a- 
ctions. L’ohservateur y trouve bien sou- 
vent à glaner; il étudie, cherche, com- 
pare, et, se fixant çà et là comme l’abeil- 
le intelligente, il extrait de ce mélange 
confus bien des remarques intéressantes 
et des rapprochements ingénieux. En 
effet, si l’on veut bien connaître les home 
mes, c'est précisément en pareil lieu, 
lorsque chacun se montre plus à décou- 
vert, oublieux de sa réserve ordinaire. 
qu’il faut les observer. 


Mais entre tons ces jours de carnaval 
si pleins de vie, de joie, de liberté et 
d’amusements,le plus agréable et le plus 
animé, c’est, sans contredit, le dernier 
jeudi de carnaval ou jeudi gras, comme 
on J’appelle communément. On dirait que 
chacun se réserve pour ce grapd jour, 
que le tumulte, l'ivresse, l’enchante- 
ment l’ont attendu pour arriver à leur 
comble; et réellement c’est en ce jour 
que le carnaval étale toutes ses pompes 
et toutes ses féeries. 

On ne saurait indiquer bien sùre- 
ment l’origine de cette coutume, mais 
ce que l’on peut affirmer hardiment, 
c'est qu’elle date de l'antiquité la plus 
reeulée. À Venise ce jour fut distin- 
gué d’une maniere spéciale dès les 


maravigliosamente si osservano. Non € 
senza ragione l’affermare che ad un solo 
tiro di sguardo si vede la società in tutto 
il suo aspetto; la rozzezza, Furbanità. il 
buon gusto e la corruzione; la Jeggiadria 
e la goffaggine, la semplicità e | accor- 
tezza, la sapienza e l’ ignoranza, il serio 
ed il buffo, il virile e il donnesco, lo 
scientifico, I’ artistico, il naturale e il 
morale, V’ideale e 1° artificiale, | empirico 
ed il teorico. Il filosofo apprende d’assai. 
Come ape industre egli posa la sua mente 
su diversi ‘oggetti; ne trae le sostanze od 
i succhi migliori, li compone assieme e 
ne fa il quadro della vita. Infatti chi 
vuol conoscere 1° uomo conviene che lo 
pigli nelle circostanze in cui si mostra 
più libero ed attivo, e in que” tempi ed 
in que’ luoghi che la libertà ed attività 


medesima favoriscono. 


Ma fra tanti oggetti descritti a comti- 
ne divertimento inservienti, fra tantigior- 
ni di sciolto trattare, oggetti migliori e 
giorno più lieto non si porria rinvenire 
nei giorni carnovaleschi da quello infuo- 
ri del giovedì ultimo di carnovale, che 
anche grasso addomandare accostumasi. 
Pare chein questo gli animisi concentrino 
per la gioia, che sia la sorgente di ogni 
azione lieta e festevole , ovverosia che 
in esso il carnovale vi sfoggi tutta la sua 
pompa. 

La origine di questa solennità non è 
determinata, e solo può dirsi anche il 


giovedì grasso far parte cogli altri di 
quelle feste costituenti il carnovale 
fin dai tempi più remoti. Qui per al- 


tro a Venezia questo giorno divenne 


temps anciens de Ja république, nous 
voulons dire des le X}.° siècle, à cause 
d’une victoire que nos ancàtres rempor- 
lerent sur le patriarche d’Aquilée, qui 
osa attaquer les Gradais, soumis à notre 
domination, tandis qu'ils combattaient 
contre les Padouans et les Ferrarais, ene 
nemis de la république vénitienne. Nos 
aïeux, ayant triomphé d’Ulric et de ses 
partisans, grâce surtont à la valeureuse 
coopération des forgerans, l’amenérent 
à Venise avec douze de ses chanoines et 
y retinrent long-temps prisonnier de 
guerre. Aprés bien des pourparlers, on 
en vint à un accommodement qui montre 
d’une manière frappante Pesprit natio- 
nal de res temps-là et la puissance de la 
république. Elle exigea et obtint que le 
patriarche  d’Aquilée fit présent chaque 
année à Venise, en signe d'hommage et 
de respect pour la nation vénitienne, 
dun fanreau et de douze pores que 
lon conduisait le jeudi gras sur la grand? 
place et que lon y égorgeait Sembia- 
ble spectacie était sans nul doute anssi 
amusant que satirique; mais on finit plus 
tard par le regarder comme si inconve- 
nant, et si injurieux pour la dignité de 
l’Église ct de ses ministres que le doge 
André Contarini, arcommodant les fêtes 
publiques, à Pesprit du siècle (XVI), 
et particulièrement à ‘celui de la répu- 
blique qui était alors aussi polie que 
puissante, modifia considérablement cet 
usage. Il pensa qu'il suffisait, pour en 
conserver le souvenir, de laisser subsi- 
ster en partie la coutume, sans qu’il fût 
besoin d’une comparaison si maligne; et 
s'est ainsi que le taureau que tuait 
toujours un membre du corps des for- 
gerons, devint le seul objet de cette fête 
populaire. Mais ontre les réjonissances 
au sujet du taureau, on avait aussi l’u- 
sage, le jour du jeudigras, de s’adonner à 
des exercices gympastiques. Ces jeux et 
ces combats d’athlètes, qui nous étaient 


venus des Grecs et des Romains, furent 


singolare fin dai prischi tempi, cioè 
al secolo XI, per una vittoria che i no- 
siri riportarono {sul ricco patriarca di 
Aquileja. che osò attaccare Gradesi alla 
loro dominazione soggetti, mentre com- 
battevano contro i Padovani e Ferra- 
resi, del vinizian stato nemici. Vinto 
Ulrico ed i suoi col soccorso special- 
mente della classe dei fabbri, fu tras- 
portato a Venezia prigioniere in un a 


dodici canonici, ed ivi tenuto per buon 


tempo. Dopo lungo maneggio si diven» 


ne ad una convenzione, la quale di- 
mostra ad una volta lo spirito viniziano 
d’ allora e la possanza della repubblica. 
Stabilivasi in essa che il Patriarca aqui. 
lejese a segno di devozione alla repub- 
blica spedisse un toro e dodici maiali, i 
quali venivano morti nel giovedì grasso 
sulla gran piazza. Lo spettacolo non po- 
teva ‘essere più acclamato: ma nel seco= 
lo XVI il doge Andrea Contarini adat- 
tando le feste allo spirito del secolo ed 
a quello particolarmente della sua repub- 
blica, che era allora assai culto ed urba- 
no; modificò quella costumanza. Egli 
stette contento si conservasse la memo- 
ria dell’ avvenimento senza che ridestas- 
se un senso abbietto, ed il toro solo fu 
l'oggetto della pubblica festa, che veniva 
spento da uno de? fabbri. Oltre allo spet- 
tacolo del toro, i giuochi erculei faceva- 
no parte degli intrattenimenti del giove- 
di grasso. Conservatici da’ Troiani e da’ 
Greci, eglino ebbero lunga vita, ed una 
vita che durò tutto il tempo della re- 
pubblica. Memoria delle forze di Ercole, 
dagli antichi avuto il fortissimo de? se- 
midei per il culto che a lui si prestava, 
erano questi giuochi, i quali giovarono 


«grandemente a rendere i popolani robu- 


st e pazienti alle fatiche. Il volo che 
spiccava un uomo di marina dalla piva 
del campanile al pergolo maggiore che è 
aldi fuori della sala di quella parte del 
palazzo ducale che guarda alla Zecca, 
presentando il doge di un mazzolino di 


— 192 — 


long-temps en vogue dans la république 
de Venise. Souvenir profitable des 
inoeurs anciennes et des exercices favo- 
ris des héros antiques, ces jeux et ces 
luttes servaient merveilleusement à for- 
tifier la complexion des gens du peuple, 
et à les former à la fatigue, C’etait aussi 
l’usage en ce jour qu’un matelot, s’élan- 
cant, au moyen d’une corde tendue, de 
la pointe du clocher de S. Marc jusque 
sur le grand balcon de la façade du pa- 
lais ducal qui regarde la Zecca, vint y 
présenter au Doge un bonquet de fleurs. 
Un feu d’artifices magnifique eouronnait 
les amusements de cette journée. 
L’esprit républicain ayant insensible- 
ment perdu son influence, tout ce que 
nous venons de déerire changea avec les 
temps. La marine ne recourut plus QUX 
exercices gymnastiques et bientôt il n’y 
eut plus même de Doge à qui offrir par 
les mains d’un matelet un bouquet de 
fleurs, embleme des avantages et des dou- 
ceurs que la marine procurait aux cito- 
yens; plus de taureau égorgé sur la place 
afin de rappeler au peuple les triomphes 
de la république. La cessation des motifs 
politiques qui ennoblissaient et utili- 
saient ces réjouissances publiques de- 
vaient nécessairement entraîner la rui- 
ne de l’énergie républicaine, et c’est pre- 
cisément ce qui: est arrivé; aujourd’hui 
les Venitiens, en célébrant joyeusement 
le jeudi gras, ne se ressouviennent pas 
mème des usages qui le consacraient 
jadis. Contents de s’abandonner sans ré- 
serve à tous les plaisirs du carnaval, ils 
ne songent guére aujourd'hui qu’à le 
passer agréablement dans les délices de 
la bonne-chere, à grossir le nombre du 
masques et à créer chaque jour de nou- 
veaux travestissements, moins pour per- 
pétuer les coutumes du temps passé 
dans un bat politique, que par une vicile 
le habitude. Nous n’entendons pas toute- 
fois dire qu’ils manquent de goùt, de 
finesse ou de vivacité; tant que Venise 


fiori, ed una macchina di fuochi artifi» 
ciali, ponevano termine al pubblico fe- 
steggiamento. 


Cessato lo spirito repubblicano, e le 
cose seguendo sempre il corso del desti- 
no sociale, furono modificate. La marina 
non domandò più la pompa degli ercu- 
lei esercizii non vi fu più un doge a cui 
un marinaio valente per l’ aere offeri- 
sce i fiori, ne si chiese il sagrifizio del 
toro per rimembrare vittorie repubbli- 
cane. Tolti adunque i motivi politici de- 
gli oggetti festivi del giovedì grasso, an- 
dava in conseguenza che gli animi re- 
stringessersi soltanto ad alcune pratiche 
le quali valessero solo a segnare il tem- 
po del carnovalesco gioire , anziché 
quello d’ imprese gloriose. Laonde se- 
guendo il senso litterale della parola 
carnovale, non si pensò che ad impin- 
zarsi agli opiperi pranzi e ad augu- 
mentare il numero delle maschere, e 
la spezie loro più per ridicola similitu- 
diue di antico costume che per politico 
scopo e morale. Non intendiamo però di 
voler dire con questo che ciò che si ma- 
nifesta manchi di gusto, di brio e di 
finezza, conciossiadio finche vi sarà san- 
gue venetico, finchè gli anni non di- 
struggeranno le reminiscenze , finche le 
leggi non muferanno gli ordini interni 
della vita, i nostri non saranno degeneri. 


— 41937 — 


subsistera, tant que la mémoire de nos 
aïeux vivra dans notre coeur, tant que 
les lois n’auront point changé comple- 
tement nos moeurs, les Vénitiens né sau- 
raient dégénérer si fort. 


Et puisque nous avons ditque l’esprit 
national a fait place à une soif de plai- 
sirs et de bonne-chère, continuons à par- 
ler de tout ce qui s’y rapporte. Aussi 
bien c’est là que se bornent aujourd’hui 
nos désirs; l’etude de la société, de la 
nature, les sciences, la vertu, tout est 
mis en oubli, et nous sommes toujours 
contents, pourvu que nous soyons bien 
repus et bien soûls. 

Les derniers jours de carnaval surtout 
sont attendus avec impatience, non-seu- 
lement par les Vénitiens, mais aussi par 
les habitants de la terre-ferme. Chacun 
imaginera aisément, sans qu’il soit besoin 
de le dire, le redoublement de joie et de 
délicieux tumulte qui signale ces jours 
d'ivresse et de féte pour tous. Les habi- 
tants des pays voisinis, qui ont joui une 
fois des plaisirs que Venise offre à pa- 
reille époque, ne sauraient jamais les 
oublier; aussi chaque fois qu’ils le peu- 
vent, ils traversent la lagune et viennent 
passer dans la capitale ces derniers jours 
si impatiemment désirés. Les hôtels regor- 
gent toujours d'étrangers en pareil temps, 
mais les restaurateurs surtout gagnent 
énormément. Tous, Vénitiens ou étran- 
gers, courent en foule à leurs établisse- 
ments. 

D’ordinaire les restaurants où auber- 
ges de Venise sont divisés en deux ap- 
parlements, l’un au rez-de-chaussée et 
Vautre à l’élage supérieur, Dans le pre- 


Lo spirito de’ nostri tempi si e agluti- 
nato assai bene coi desiderii della carne, 
che a dir vero si pensa più oggi al cosa 
mangierò, o cosa dovid mangiare, al 
quanto ho per mangiare, che al cosa 
son io in rapporto agli uomini, cosa la 
società rispetto all’esigenza della natura. 
Ci limitiamo a seppellirci neltripudio, né 
ci caviam di la finché non ne siam sat- 
tolli e letiziati. 

Gli ultimi giorni di carnovale sono 
giorni di grande aspettazione, ne solo pei 
Viniziavi ma pei terrafermieri ezian- 
dio. Ognuno immagina debbano in essi 
le dimostrazioni di giubilo essere. più 
sensibili, i trattenimenti più allegri e 
vivaci, la festa in una parola più solenne, 
più brillante. Quelli che furono a Vene- 
zia a questo teinpo ne portano alla patria 
la immagine, e ricorrendo il nuovo anno, 
tratti dalle dolci reminiscenze, potendo, 
si confortano a passar la laguna € ritor= 
nare alla capitale. In tale circostanza gli 
alberghi sono affaccendati d° assai, ma 
chi più trae utile da una più assidua oc- 
cupazione egli è Poste. I forastieri e 
cittadini vi si portano in frotla, anzi 
a stormo a stormo vi sì conducono. 


D’ ordinarie le osterie di Venezia 
hanno due appartamenti, l’uno nel piau 
terreno, nel superiore l’altro. Nella cuci- 
ua, la quale pure nel pian terreno ritro- 
25 


Ls 


mier est située la cuisine, aussi flambo- 
yante en pareils jours que les forges de 
Vulcain. La vous ne voyez que reflets 
ardents de ia flamme, mouvement perpé- 
tuel des soufflets, disparition rapide des 
piles de bois, vous n’enténdez que le gar- 
gouillement de l’eau dans les vastes chau- 
drons, le bruit des pinceties et des cas- 
seroles. L’un dépece un quartier de veau, 
l’autre désosse un dindon; celui-ci dé- 
plume un canard, celui-là passe en revue 
les marmites; plusieurs arrosent de grais= 
se avec soin les pigeons, les poulets à la 
broche, ou assaisonnent les ragoùts; d’au- 
tres retirent du feu ceux qui sont déjà 
cuits, les accommodent dans les plats, re- 
coivent ceux que l’on rapporte vides, ete. 
Le cuisinier en chef a l’oeil sur chacun 
et veille au bon ordre; coiffé de son 
bonnet blanc de rigueur, et revêtu de son 
inévitable tablier de toile, également 
blanc, il étale une corpulence et une 
vigoureuse santé qui font honneur à ses 
sauces, Mais le cuisinier et tous les au- 
tres persounages subalternes qui l’aident 
dans ses importantes fonctions, s'éclip- 
sent devant l’aubergiste en personne. 
C’est ce dernier qui préside à tout, qui 
surveille ceux qui entrent et ceux qui 
sortent; c’est lui encore qui gourmande 
les garçons, pour le plus grand bien des 
chalands, et plus encore pour celui de son 
établissement. D’un oeil il suit ce qui 
se passe dans la cuisine, tandis que de 
l’autre il guette ses garcons qui recoi- 
vent l’argent, règlent les comptes, ete.; 
ainsi rieo ne lui échappe. 

Passons maintenant dans les salles et 
dans les cabinets, où nous trouverons 
paisiblement altablés plus d'un 4on-vi- 
vani. La carte leur sert en mème temps 
de frein et d’aiguillon; ils choisissent, 
ils donnent léurs ordres, et sont ser- 
vis avec lexactitude ordinaire des gar- 
cons d’auberges, qui au reste, sont quant 
. à la forme aussi polis et aussi honnètes 


qu'on peut le desirer. Ils s’approchent 


vasi, ti si porgerebbe un continuo crepi: 
tare delle fiamme, un soffiare de’ mantici, 
un accatastare legna da fuoco, un gorgo- 
gliar di acque bollenti e di brodi entro 
a capaci caldaie e pentole. Chi risecca 
le terga di maiale, quale spolpa la carne 
dalle ossa , chi spezza una coscia di bue, 
quale rimescola le minestre, chi ugne 
i polli i piccioni, il vitello od altro, 
che vanno attorno allo schiedo roso- 
landosi, chi estrae le cotte carni, e le 
spartisce, quale riceve, e chi nota il 
licenziato. Il cuoco ha una bianca ber- 
relta sul capo ed un bianco farsetto di- 
nauzi; é diritto, ben tarchiato, e potrebbesi 
assimigliarlo a Vulcano per il volto in- 
fuocato ed abronzato, che ha sempre. 
Sebbene questo cuoco ed i suoi assistenti 
formino parte integrale nella cucina, pure 
quello che più importanza mena è il 
padrone dell’ osteria. Questi, che a tutto 
presiede, che attende a quelli che ven- 
gono ed a quelli che vanno, che vigila 
sulla onestà e sulla prontezza de? came- 
rieri, ha uno scopo ‘più morale che ma- 
ieriale: | incremento dell’ economia. 
Nota tulio quello che va fuori della cu- 
civa ce quello che riceve dal cameriere, 
e gli basta un’ occhiata per tutto inten- 
dere e tutto sapere. 


Entriamo ora nelle stanze ove si rac- 
colgono i bisognosi di pranzo. Ciascuno 
ha la sua tavola. La lista è lo stimolo 
e la norma insieme per ordinare; e chi 
ordina è servito con tutta compitezza 
di quelle cose che al cameriere commette. 
il carattere «li questi camerieri d° osteria 
gli fa giudicare gente la più civile e 
più mibana che dare si possa. Un com- 


plisucalo von mauierato, si un’ azione 


, 
de chaque table avec une contenance 
empressée, afin de recevoir les ordres 
des pratiques; les écoutent attentive- 
ment, et, après une brève mais respec- 
teuse réponse, ils courent à l'office afin 
d'exécuter vos ordres sans rétard. Dans nn 
clin-d’ocil, et bien souvent lorsque vous 
l'espériez Je moins, ils sont déjà de re- 
tour, chargés des mets que vous leur 
aviez demandés et qu’ils posent devant 
vous sur la table de la meillenre grace 
du monde. Quelquefois aussi, ils s’arré- 
tent debout près de leurs hôtes, et enta- 


ment conversation. C’est alors qu’ils leur . 


demandent arec une curiosité familière 
d’où ils viennent, combien de temps ils 
séjourneront à Venise, ete.; leur débi: 
tant en revanche Ja chronique scandaleu- 
se de la ville et tous les cancans du voi- 
sinage. Enfin, lorsque vous avez terminé 
votre repas, et qu'il s’agit de payer, ils 
expédient votre compte de l’air le plus 
dégagé, et s’épuisent en remerciments 
lorsque vous leur donnez pour-boire. 
Bien souvent même, ne se bornant point 
là, ils secouent la poussière de vos ha- 
bits, et vous présentent votre chapeau. 
S'ils vous savent fixé pour quelque 
temps à Venise, ils vous prient de con- 
tinuer à honorer l’auberge de votre pré: 
férence; sinon, ils vous souhaitent poli- 
ment un heureux voyage. Ainsi, jusque 
dans ces humbles garçons de traiteurs, on 
reconnaît l’affabilité vénitienne. 

Dans un ouvrage tel que celui-ci, 
qui exige toute la brièveté possible, nous 
ne saurions entrer dans de plus longs 
détails sur ces établissements. Mieux 
vaut dire un mot sur l'ensemble que nous 
offre les individus différents qui s’y ren- 
dent, et ce qu’ils ont accoutumé d’y 
faire. Rien de plus gai, de plus agréable, 
de plus joyeux qu’une pareille scène. 
Les piliers d’auberge en effet sont en gé- 
héral joyeux camarades, ennemis jurés 
de la lésine, intrépides buveurs et grands 
partisans de la bonneschère qu’ils regar- 


RS 4 


ug == 


chie spira tiitto lo interesse per soddis- 
fire a chi ordina è 1 esordio con cni 
sì preparano a ricevere le commissioni. 
Detto un sì signore, ti abbassano gli oc» 
chi , e sono volati alla cucina, da cui in 
men che non tel penseresti e’ ti ritor- 
hano con le cose ordinate, € con una 


gaiezza e cortesia che mai maggiore 


te le offrono. Fanno qualche fiata di 
loro fermate cogli ospiti, e con una 
confidente curiosità gli richieggono della 
provenienza , dello stato delle città e 
delle provincie, e storiano gli anedotti 
municipali con un spirito di svegliatis- 
il 


pranzo, con un fare di disinteresse ti for- 


sima mente. Come hai terminato 
mano la spesa, si aprono in parole di 
ringraziomento quaudo loro tu dai la 
mancia, ed all’ uopo ti ripuliscono le 
vesti, ti porgono il cappello; ti fanno dol» 
cissimo priego di voler ritornare, e se 
devi partire ti augurano il felicissimo 
viaggio. Tuttociò che si fa per essi ma- 
nifesta proprio la gentilezza del venetico 
costume. 


Volendo qui dire particolarmente di 
tutti que’che in questi luoghi accorrono, 
troppo andressimo al lungo per un? ope- 
ra che deve essere condotta con tutta Ja 
brevità. Meglio è prendiamo gli accor- 
renti all’ osteria tutti assieme, e osser- 
viamo'e notiamo tuttociò che costumano 
fare , conciossiachè è egli per certo un 
modo di vita il più festevole e lieto che 
avere si possa. In generale gli uomini dela 
I’ osteria sono li buonissimi compagnoni, 
sono li più forti nemici delle spilorcerie, 
non vogliono gravarsi la testa di pensieri 


— 196 — 


dent comme la véritable source de tonte 
joie. Imaginez donc si les établissements 
des traiteurs è Venise doivent présenter 
un tableau curieux et original. 


C’est encore en temps de carnaval 
que s'ouvre à Venise le fameux Æidotto. 
Quiconque aime le plaisir, la société et 
le mouvement, ne manque pas de s’y 
rendre; là il trouve réunis Îles amuse- 
ments de la danse, de la musique, une 
nombreuse compagnie, et de jolies fem- 
mes. Cet édifice est composé de deux 
appartements, dont l’un, celui de étage 
supérieur, est moins élégamment décoré 
que l’autre, où se presse dans de vastes 
et superbes pièces une foule incroyable. 
Tout autour de la plus grande de ces 
salles, appelée salle de bal, règne une 
tribune commode, au niveau de celles 
du second étage, avec chacune desquels 
les elle communique; les chambres, dis- 
posées circulairement autour de cette 
tribune,sont réservées à ceux qui ne dan- 
sent pas, ou qui veulent respirer libre- 
ment pendant quelques minutes. Inutile 
de dire que les salles sont illuminées ma- 
gnifiquement, que les individus qui s’y 
pressent, déguisés ou non, sont gais, sé- 
millants, parés avec recherche, la musi- 
que entrainante, la danse animée et bru- 
yante; en un mot quil est bien difficile 
en pareil lieu de rester étranger à la joie 
et aux plaisirs. 

_ Réellement, le .coup-d’ocil enchanteur 
de la salle,la gaité de ceux qui la peuplent, 
lesocillades de Pun,les grimaces del’autre; 
les bons mots qu’on saisit à la volée pareci 


economici, amano solo la letizia del vi- 
no € la giocondità che dalle vivande pro- 
cede. Pensatevi adunque se all’oste deb- 
ba esservi una scena singolarissima, cu- 


riosa ed originale. 


Nel tempo carnovalesco si apre a Ve- 
nezia certo fabbricato, che Ridotto ap- 
pellasi. Tutti i cittadini che amano la 
vita conversevole e lieta, e che ponno 
figurare nel pubblico gentile, quivi con- 
corrono in frotta , ove non solo si ha la 
compagnia degli amici, quella del bel 
sesso, ma ancora i mezzi che ‘offronsi a 
divertire, la danza e la musica. Egli e 
un edificio con due appartamenti, en- 
trambi i quali ti presentano varie stan- 
ze, di cui le meglio addobbate, le più 
spaziose e fornite di gente son quelle 
del primo piano. Allo intorno di una di 
queste ultime, che dicesi sala del ballo, 
sonvi ringhiere in cui passando per ca- 
mere laterali e fra se communicantisi 
si portano quelli che cessano la danza, o 
che danzar non costumano. È illumi- 
nata la sala tutta pomposamente, e quan- 
do fra la moltitudine di gente lieta e 
brillante, a lusso vestita, o mascherata, 
fra Y armonia de’ musici istrumenti tu 
vi ti rechi, senti trasportarti l’anima alla 
gioia, al diletto ed al piacere. 


E daddovero entrare in una sala capace, 
illuminata, rimbombante dell’armonia, e 
prospettare gioventù vigorosa ed elegante, 
osservare tanti movimenti, tanti segni «li 


— 197 — 


parlà, les compliments ou les épigrammes 
échangés rapidement, que sais-je encore? 
ne sauraient manquer d'attirer l’aitention 
et d’amuser. Mais les masques, comme on 
l’imagine sans peine, sont l’âme de tous 
les plaisirs qu’on y trouve réunis. Le 
mystère qui les couvre force, pour ainsi 
dire, tous les iudividus présents, à y 
prendre un vif intérêt; en effet, sous ce 
déguisement bisarre et ce son de voix 
emprunté, se cache peut-être une mai- 
tresse, une femme qui vient vous épier, 
ou, ce qui est beaucoup plus probable, qui 
cherche à tromper votre vigilance.—Ce 
domino vous évite? —C’est elle qui vous 
a apercu et qui vous fuit; cet autre vous 
obsède ? c’est encore elle qui veut vous 
_mettre à l’épreuve. Il n’est pas nécessai- 
re d’ajouter que si le travestissement est 
- riche, élégant, de bon goùt, celui ou cel- 
le qui le porte est assiégé par tous les 
spectateurs, qui l’accablent à l’envi de 
compliments, de questions et de préve- 
nances. 


Le dernicr jour de carnaval est em- 
preint à Venise d’ un tel caractère d’o- 
riginalité qu'il mérite bien d’obtenir ici 
une description fidèle et détaillée. 


Lorsque le soleil, arrivé au plus haut 
point de sa course, répand à la fois sa lu- 
miére et sa douce chaleur, si précieuses 
dans un jour d'hiver, chacun se rend 
sur le quai des Esclavons où se renouvel- 
le alors, ou pour mieux dire, où se con- 
tinue la scène que nous avons déjà 
décrite. Mais le soir, c’est à la place de 

- Saint-Marc que la multitude accourt, et 
c’est là que le carnaval jette sa plus bril- 
lante et sa dernière flamme. 


desiderio, di compiacenza, di timore € 
di speranza, sguardi indagatori, dimessi, 
sciolti, dubbiosi, udire ‘parole di lusinga 
e di minaccia, di elogio e di adulazione, 
di dolce rimprovero, non può destar al- 
tro che un complesso di concetti che ‘ 
equivalgono ad un piacere sensibilissimo. 


Le maschere perd fanno la parte più 
brillante, e sono quasi l'anima del con- 


gresso. Quel :loro fare nascoso e fur- 
besco, quel loro mistero sotto spoglie 
bizzarre, non può che muovere la mente, 
a differenti pensieri, che dispone il cuo- 
ve a desiderii veementi, poiche sotto la 
maschera vi può essere l amante, l’ami» 
ca, 0 la moglie che spia la condotta del 
marito, e viceversa. Se la maschera’ dia 
poi saggi di essere persona incivilita al- 
lora la curiositade è maggiore. Ognuno 
se le approccia, vuol sentirla a favellare, 
a tutta possa.la anima, e quasi ad oggetto 
degno di riverenza, i suoi pensieri incli- 
na edi suoi voti, 


L’ ultimo giorno di carnovale porta 
tali cawatteri di originalità in questa ca- 
pitale, che esige tutta la nostra diligenza 
per essere chiaramente ed intieramente 
descritto. 

Lorche il sole batte sulle alte cupole 
de’ templi, sulle cine delle torri e sopra 
i tetti degli alti palagi con raggio occi- 
duo, la moltitudine accorre alla gran 
piazza; ed è qui appunto dove dobbiamo 
considerare l’ultimo giorno di carnovale. 


— 198 — 


Placé sut le Mole où sous la volte 
des Procnraties, le spectateur surpris em» 
brasse du regard le tableau le plus sin- 
gulier, le plus animé: une file presque 
interminable “de gens, de masques, de 
curieux , s'étend. d’un bout à l’autre 
des Procuraties qu’elle envabit bruyam- 
ment. On pourrait presque comparer 
cette multitude incroyable à celle qui 
suivait à Rome le char d’un triompha- 
leur. C'était lusage 


alors, comme 


chacun sait, que les plébéiens, jon- 
chant le sol de fleurs et de fruits, fesant 
retentir les airs de leurs vivat et de 
leurs applaudissements, encombrassent, 
parcourussent les deux voies Appien- 
ne et Flaminienne, et se rejoignant 
sur la fameuse Voie Sacrée, accompas 
gnassent tumultueusement jusqu’au Ca- 
pitole le triomphateur, l’armée victo- 
rieuse, et les rois, les guerriers enchat- 
nés, qu'elle avait vaineus. Qui ponrrait 
décrire ce curieux mélange de langues 
différentes, de sareasmes contre les vain- 
cus, d’applaudissements aux vainqueurs? 
L’ivresse des uns, l'admiration des autres, 
le désespoir des captifs, contrastaient é- 
nergiquement entr’eux. La gloire des 
triomphateurs et les richesses innenses, 
fruits de leurs conquètes, excitaient tour- 
à-tour l’envie; c’était en un mot un inex- 
primable amalgame de passions, de peu: 
ples, d’objets ct de propos opposés. On 
voit assez que de semblables solennités 
étaient bien préférables aux fêtes des 
Saliens, aux Bacchanales; c’était bien le 
même désordre, la même joie bruyante, 
qui présidaient aux réjouissances en mé- 
moire du bouclier ancile où en l’hon- 
neur de Bacchus, mais ce n’était plus la 
même licence. Heureusement aujour- 
d’hui le carnaval, image de ces fêtes an- 
ciennnes, n'autorise pas les mêmes ex- 
cès, et, grâce à des lois sages et prévo- 
yantes, ce n’est qu’un divertissement 
agréable, et non le prétexte de honteux 
désordres. L’immense place de Saint- 


Singolare e bella è la scena che ti si 
presenta in questo dì allo sguardo quan- 
do , stando o sul molo, oppure sotto i 

| portici delle procuratie, guardi a tan- 
ta gente che va e che viene e rapida. 
e lenta e quieta e schiamazzante. Si 
“potrebbe per qualche guisa paragonare 
questa moltitudine al popolo romano nel 
di che seguiva un trionfo. A Roma in 
simil circostanza plebei spargevan fiori, 
frutta, facevano eccheggiare di viva e di 
plausi le vie del trionfo, ed aggirandosi 
festevoli dall’ Appia alla Flaminia, da 
queste due alla via Sacra influivano, e 
con uno strepito immenso accompagna 
vano il carro trionfale, 1’ esercito vinci- 
tore ed i re ed i popoli vinti sino alla 
Curia in Campidoglio. Chi era presente 
udiva i parlari differenti, le lingue dis 
verse, delle quali se ne serviano per 
ischernire a’ vinti, per applaudire a’vin- 
citori. Mischiavasi il gridio di chi ac- 
cende a vittoria con quello di chi vuol 
godere della medesima. Chi invidiava 
agli allori e chi alle ricchezze che li a- 
Veano seguiti ; vi era insomma un mi- 
scuglio di passioni, un contrapposto di 
atti, un vario parere delle persone. Cer- 
to sta meglio quest’ oggetto di confronto 
che le feste saliche o le baccanali, con- 
ciossiaché in queste se la gentefandava a 
stormo rammentando , con esultanza il 
miracolo dello scudo caduto dal cielo e 
le gesta gloriose del figliuol di Sileno, as- 
sociavano ad un fare festevole i modi 
della licenza e dalla incontinenza. In- 
fatti nell’ ultimo giorno di carnovale 
non si danno esempli nei quali manife- 
stamente la lascivia e la petulanza smo- 
data sieno portate in trionfo; quel che si 
fa, sempre sotto la veglianza di saggie e 
provvide leggi, è più una soddisfazione 
d° incontrate abitudini che un effetto di 
cagioni opponentisi alla virtù. L’immens 
sa piazza di san Marco, brillantata di 
tante faci, si apre in sulla sera agli sgnar- 
di cupidi dell’ osservatore, mostrandosi 


e CE i 


Mare, éloilée, si je peux me servir d’une 
telle expression, par des milliers de flam- 
beaux, apparait, le soir du dernier jour 
‘de carnaval, dans toute sa beauté et 
dans toule sa magnificence. Les porti- 
ques, les cafés, les boutiques, tout jusqu’au 
vaste parallélogramme de la place Saint- 
Marc, sont couverts, remplis, obstrues 
par une foule bruyante, ivre de joie et 
de plaisir, C’est dans ce jour surlout que 
chacun s’efforce de se distinguer, non 
par le bon goût ou la richesse de son 
déguisement , mais par des costumes 
burlesques, des farces, des tours risi- 
bles, cxtravagants, presqu'inconnus eli 
lout autre pays, mais familiers aux Vé- 
pitiens Les uns singent la douleur de 
la manière la plus grotesque; les au- 


tres fendent tumultueusement la pres- 


*s 
se à coups de conde, et chantent, crient, 
hurlent à pleine tete; les cafés regorgent 
de curieux, de dames, de jeunes-gens, de 
personnes en un mot de tout âge et de 
tout sexe, qui entourent les masques, les 
questionnent, les intriguent on en sont 
agacés à leur tour. Là une troupe de ma- 
sques débite ses bons mots de circonstan- 
ce à la populace qui en rit à gorge dé- 
ployée; ici pérore un Arlequin, plus loin 
un Lustrissimo. Le tumulte, l'ivresse, 
l'extravagance, le tiutamarre sont univer- 
sels en pareille occasion. Non-seulement 
Jes masques, mais les jeunes gens le plus 
distingués, le plus comme il faut, ainsi 
qu'on le dit communément, prennent 
part joyeusement aux dernieres folies du 
carnaval. L’un couvre presque tout son 
visage d’un monstrueux nez de carton, 
Pautre porte son manteau à l’envers; cea 
lui-ci fait tinter des sonnettes, celui-là 
bat à coups redoublés sur une casse- 
role. Tous sont armée de sifflets de 
terre cuite, de bois ou autres, dont ils 
font si bien usage qu'il'n'y a pas d’o- 
reilles capables d'y résister long-temps, 
exceplé les leurs. Maïs comme si tout 
cola ne suffisait point encore, ils veulent 


in tuita la sua maestade e magnificenzat 
Quelle botteghe internamente illumina» 
te, i sopportici, l’area della stessa piazza, 
tutto è pieno di gente, tutto spira s0« 
lennità, allegrezza, abbondanza, festa. 
Le maschere in questo giorno aguzzano 
il loro ingegno, non sì per comparire in 


| singolarità di costume, in buon gusto, 


ma per'uscire ancora in que’ moti e le- 
pidezze che ponno dirsi peregrine nelle 
altre cittadi, familiari a Venezia. Qui 
vedi maschere sbuccare, mettendo lai e 
querimonie come di accaduta sventura; 
di là altre che vanno sgomitolandosi fra 
la moltitudine, e rompono in voci di giu- 
bilo e di gaudio sincero; quindi nei caffé 
scorgi maschere ad ogni ricerca prontis- 
sime a rispondere, ed accortamente in 
chiedere facilissime; e infine duve ne di- 
scerni drappelli che col proferir parole 
strane eecitano le smascellate risa della 
plebe. Egli è un gioire comune, un vo- 
ler dalla maschera e dalle strambellate 
guise di alterar la persona cavar pars 
tito di svagamento; conciossiachè non 
solo la intera maschera osservasi, ma 
i ‘giovani di ogni condizione, vogliam 
dire anco quelli che si dicono del gran 
mondo, che noi con francesca voce com- 
me il faut domandiamo, si mettono a mo 
carnovalesco. Chi sovrappone al proprio 
un naso posticcio, chi si mette il cappello 
a sgembo e stranamente sel piega, quale 
suona un campanello, altri picchia pa- 
delle, altri strimpella sui cordoni della 
grattiggia, chi batte la secchia, e tutti 
finalmente zuffolano con uno strumento 
di cotta creta che ha la forma di un uc- 
cello, oppure con un altro di canna, e 
che amenduni danno una voce stridula 
ed acuta, vero tormento degli orecchi, 
Oltracciò, quasi tanti oggetti non bastas- 
sero a dimestrare il carnovalesco tripu- 
dio, havvene un altro il quale serve a 
simboleggiare gli ultimi respiri del car- 
novale, perche tra i nostri è frequentissi- 
nio costume di personificare le cose mo- 


= 


représenter burlesquement Pagonie et 
la mort du Carnaval. Un d’entr’eux se 
charge de représenter le carnaval mou- 
rant, personnifié en lui, et s’abandonne 
courageusement aux mains de ses joyeux 
compagnons. Tantòt ils l’habillent en 
vieillard décrépit, avec un bonnet blane 
et des vêtements bisarres et déchires, tan- 
1ôt ils le maillottent eomme un enfant 
nouveau-né. Puis ils Pétablissent sur un 
fauteuil, et le proménent tout autour de 
la place, au milieu des huées de la foule 
qui fait retentir l’air des cris: Îl s’en va, 
ils’enva.C’estun charivari, un tapage, des 
hurlements, dirai-je presque, à rompre 
le tympan (voire meme des claqueurs les 
plusintrépides), mais qui s’allient le miénx 
du monde avec le caractère original du 
carnaval de Venise. 

Entre les étrangers, mélés aux Véni- 
tiens, qui accroissent encore le vacarme 
général, se distinguent surtout les êtu- 


diants de l'Université de Padoue. L’ar- 


deur de lâge, mille besoins, ou pour 
mieux dire, mille caprices à satisfaire, 
une fortune aisee, tels sont les mobiles 
de cette bouillante jeunesse. Neuf en- 
core dans l’étude de la vie, l'étudiant 
ne suit d’autre régle que son caprice; 
tour-à-tour avide de plaisir et de succès, 
studieux et fainéart, tantôt il désire et 
il aime, tantôt il déteste et il fuit la mé- 
me chose; la débauche et la frugalité, la 
gaité et la tristesse se disputent l'empire 
de ses goûts; Il soupire, il rit aux éclats, 
il gémit, il plaisante; en un mot, c’est 
bien l’étre le plus indéfinissable et le 
plus incompréhensible. Ainsi, selon les 
temps, il présente les mille faces de son 
caractère bisarre; aujourd’hui il s’enfon- 
ce dans la poussiere des bonquins, de, 
main il courra tous les brelans de la 
ville; il cile ses auteurs à tort et à 1ra- 
vers, si ce caprice lui passe par la tete, 
et, d’une seule tirade, il vous donne un 
échantillon de ses connaissances embrouil- 


lées; le voilà qui vous parle morale, scieu- 


rali. Quello che simboleggia il Carnovale 
morente è d’ ordinario un uomo che im- 
pigliato per la gola lascia di se fare uso 
veramente carnovalesco. Lo vestono qual- 
che fiata da bambolo, qualche altra da 
vecchio decrepito con in testa bianca 
berretta, con indosso vestimenta bizzarre 
e lacere. Lo adagiano sur un seggiolone. 
e lo portano attorno fra le grida de? ple- 
bei, che fanno sentire le voci egli va, egli 
va. È uno schiamazzo, uno strepito, un 
urlo che ti assorda, ti sbalordisce , ma 
che però si associa molto bene con Pidea 
che hanno i Veniziani del loro estremo 
giorno di Carnovale, 


La classe dei farestieri che più che al- 


. tra a’cittadini s'unisce per aumentare la 


schiamazzo nella grande piazza di sau 
Marco è quella de’ studenti dell’ Univer» 
sità di Padova. Fervenza d'età, nessun 
pensiero economico, bisogni da soddisfare 
che si moltiplicano , agiatezza di fortu- 
na, vita larga in seno della sapienza, 
sono gli sproni da cui lo studente pada- 
vano è assiduamente incalzato. Primatice 
cio sapiente, si lascia condurre dal ca- 
priccio, vuole e disvuole nel medesimo 
tempo, cerca, fugge , fa e disfa, or desi- 
dera ed ama, ora abborre ed odia, quan- 
do la crapula, quañdo la sobrietà ; ora é 
lieto e festevole, ora tetro e triste; ride 
ora, e frappoco-sospira e geme; infine egli 
presenta un essere multiforme, indefini- 
bile, misterioso. Offre pertanto tutti que» 
sti caratteri in circostanze differenti. Si 
mette qualche giorno ad attendere agli 
studi? E gli e un indice sommario di tutte 
le opere; ed in una diceria ti prova so- 
lennemente, se gli venga il talento, il fal- 
so Vero e viceversa, il piacevole dissu. 
stoso, V utile pregiudizievole. Insomma, 
egli parla di morale, di metafisica, di 


‘medicina, di giurisprudenza, di rettorica 


— 201 — 


ee, médecine, jurisprudence, réthorique, 
et ainsi de suite, si bien que si l’on é- 
crivaitune demi-heure de sa conversation 
décousue, on aurait une encyclopédie 
au petit-pied, où vous trouveriez entas- 
sés au hasard Îles passages des auteurs 
classiques, les phrases de libraire, les 
bons-mots de guinguette, l'éloge d’un 
écrivain celebre, et que sais-je encore ? 
Il a meme ses heures de mélancolie (ia 
mélancolie d’un étudiant!) Inutile de 
dire queles cordons de sa bourse ne lien 
vent guère; aussi il dépense ordinaire 
ment dansla première quinzaine V’argent 
d’un trimestre de sa pension. Alors il com- 
mence à envisager les choses sous un as- 
pect plus sérieux : il s’efforce de capter 
les bonnes grâces de son hôtesse, il cajole 
au café la maitresse de comptoir; le tail- 
leur, le barbier, le cordonnier, ete., ne 
sont point négligés non plus; alors il 
devient modéré dans ses prétentions, re- 
tenu dans ses discours, casanier et stu» 
dieux; alors seulement il regrette le 
temps perdu. Mais bientòt le paiement 
d’un nouveau terme de sa pension lui 
rend tout son aplomb; joyeux, leste et 
pétulant, il salue gaiment ses camarades, 
il commande avec hauteur, se jette dans 
les parties de plaisir, passe la nuit dans 
des excès de tout genre, et ce ne sont 
certes pas les lecons de ses professeurs 
ou la lecture des classiques qui lui 
donnent la migraine. Le carnaval est 
pour lui une chaîne non-interrompue 
de plaisirs, mais c’est dans les derniers 
jours surtout que son ivresse est au 
comble. La mére, l’oncle, ou le vieux 
grand-père, comprenant les besoins d’un 
jeune homme , lui envoient toujours 
quelque argent. Comment n’en serait- 
il pas ainsi? N'est-ce pas en pareils jours 
que les jeunes-gens déploient tout le 
luxe d’une existence aisée et libre ? La 
mode ne leur impose-t-elle pas les sacri- 
ces les plus. coûteux ? Qui en doute. 
C’est dans les cafés de, Padouc, rendez- 


e via, che solo scrivendo ciò che dice in 
due ore basterebbe a fare un grosso vo- 
lume, ma di que’volumi che fanno buon 
prò al cartolaio, al tipografo, at pesci- 
vendolo. al bottegaio e così avanti. Ha 
le sue ore di malinconia. Facile a vuota- 


.re il bersiglio, egli dopo la metà del me» 


se si trova senza denaro, ed allora, spo- 
gliandosi delle idee capricciose, pensa al 
serio, e diviene il più mansueto e buon 
amico dell’ oste, del caffettiere, dello 
scarpolino, del barbiere, del sarte, 1’ uo- 
mo il più moderato nelle pretese, rado 
parlatore, amantissimo della scuola e 
solo allora timoroso della perdita del 
l’anno. I primi di del mese peraltro 
non la va così. Sfavilla digioia negli oc- 
chi , incede franco e sicuro, saluta alle- 
gramente gli amici, ordina con solennità, 
cerca i buoni compagnoni, amala veglia, 
lo stravizzo, né patisce al certo di ence- 
faliti per passar che gli facciano per il 
capo le pesanti idee cattedratiche. Per 
lui il carnovale è un continuo avvicen- 
darsi di desiderii.e principale suo studio 
egli è di menar lietamente la vita negli 
ultimi di, tanto più che la mamma di 
cellato, o lo zio, o l’avolo. investendosi 
nei bisogni della giovinezza, gli snoccio- 
lano de’ be’ .contanti. E come no? Non 
sono questi i giorni in cui i giovani sfog- 
giano tutte le passioni della vita brillan- 
te? La moda non gli invita, non gli stie 
mola la stagione; o il costume? Certo che 
sì. Ed è da trovarsi a Padova nei caffè 
ove gli studenti \accorrono per udirne i 
progetti, le strambellerie, i loro conti su 
ciò che potranno spendere nei giorni e- 
stremi di carnovale. Fermo adunque che 
abbiano di lasciare l’università per darsi 
allo svagamento, e chiestane ed ottenuta 
licenza dai direttori delle respettive; fa- 
coltà, vanno alla piazza dei noli, ed in- 
cominciano ivi a dar passata all’ econo» 
mia. Se si tratta di ripatriare rivelicano 
sopra un’ asse, come suol dirsi, ma per 
irsene a’ divertimenti carnovaleschi si 


26 


= 202 — 


vous des étudiants, qu'il faut aller pour 
entendre leurs projets extravagants de 
dépense pour les derniers jours de car- 
naval. Lorsqu'ils peuvent en obtenir la 
permission, et que l’état de leurs finances 
le leur permet, ils ne manquent jamais 
de venir passer ces jours-là à Venise. Ils 
partent: dés cet instant, adieu l’éco- 
nomie. S'il s'agissait de retourner au 
sein de leur famille, ils marchande- 
ralent pour un centimes; mais platér'que 
de perdre une heure de carnaval, ils 
prodiguent les écus Réunis d'ordinaire 
cinq ou six dans la même voiture, ils 
dévorent ‘le chemin, chantant à tue- 
tete, où, pour mieux dire, criant et 
hurlant comme de vrais fous qu’ils sont. 
Bien avant d'arriver au pont de Fusina, 
ils ont annoncé leur approclie ; ils repar- 
tent, ils arrivent à Venise, et là, vous 
les retrouvez tels qu’à Fusina, tels qu’a 
Padoue; rassemblés en pelotons, grou- 
pés. cà et là sur la place de Saint-Marc; 
ils rient, ils causent bruyamment, ex- 
citent l’hilarité générale, poussent, cou- 
doient; heurtent tous les passants. Il 
suffit de les voir pour reconnaitre à 
quelle classe ils appartiennerit; la dé- 
marche, le geste, la physionomie, tout a 
chez eux un caractère qui leur'est pro» 
pre. Ils entrent étourdiment dans les 
cafés, dans les auberges, ils -gaspillent, 
s’enivrént , s’ébattent, se livrent à tout 
l abandon de l'ivresse et dé la gailé, et 
méritent bien en un mot les noms de dé- 


pensiers et d’ étourdis. 


L'histoire del’univers enticra toujours 
prouvé que les extremes se touchent. 
Le cours des années se forme de joies ct 
de douleurs; tellé saison, tel anniversaire 
est consacré exclusivement au plaisir, 
à la gaîté ; tel autre à la tristesse et aux 


lasciano andare per tina o due austiiaclie 
di più. In sei ad otto per legvo difilata 
volano per la strada postale; e cantano, 
anzi non cantano, urlano, ‘ridono, stre 
pitano, e quando si abbassario peritpon- 
te.di Fusina fanno.il loro ingresso già co- 
nosciuti prima anco disofferire + Toro ri- 
capiti. Tali è quali a Füsina, immaginati 
p lettore nella piazza di San Marco Pal- 
timo giorno di carnovale: Drappello drap- 
pello corseggiano quinci e quindi schi- 
vando mattana, e facendo tanto quanto 
si può fare per incitarealriso, alla chias- 
sata, o svegliare baldoria. Chi gli vede 
dice. tosto ‘che. ei sono studenti di Uni- 


versità. Hanno tn modo lor, proprio di 


camminare ; l’espressione della loro fisa- 
riomia è | espressione dell’ uomo spene 
sierato e disinvolto ; entrano. furiosa- 
mente nei caffe, nelle malvasie, dall’oste; 
fanno :scialacquo ; s° abbeverano , ga- 
vazzano, tripudiano, ed appo nostri ac: 
qüistano il nome glorioso di gente svens 
tata ed isprecatrices 


La storia del mondo ha provato seme 
pre che gli estremi si toccano fra di lo- 
ro. L’anno'si affatica fra le gioie ed i 
dolori, di portare agli nomini un tempo 
esclasivamente dedicato’ ai diletti della 
vita, un tempo che avvisi che tutto fi: 


208 + 


sbuvenirà “douloureux. Le carnaval est 
un abrégé de toutes. les ressources que 
la nature et l’art nous fournissent pour 
satisfaire tous les’ caprices et tous les 
besoins. Nous avons donc passé en revue 
l’allégresse désordonnee, les folàtres pas- 
se-temps et les joyeux propos, les doux 
souris, les sarcasmes piquants, et les plai- 
santeriesagreables:;nous avons vu l’ivresse 
de la joie ,régner en souveraine mai- 
tresse partout où Ja foule accourt pour 
jouir du spectacle des masques, des bas 
teleurs, des funambules on des feseurs 
de tours de force, des pantomimes, des 
marionneltes, des conteurs publics, et 
des péripatéticiens de la force de Tonin 
Buonagrazia. Alors tout est allégresse, 
contentement, transport; personne n'és 
pargrie la peine et largent, empressés 
qu’ils sont tous de prendre part à la 
gaîté générale. Mais la nuit s’avance 
rapidement et couvre la ville de téné- 
bres; tout-à-coup les airs, qui ont re- 
tenti si longtemps du fracas et des cris 
de la foule, ne sont plus frappés par au- 
cun broit; tout rentre dans unscalme 
profond, et semble attendre. avec un 
silence religieux le signal qui doit a- 
vertir impéricusement que le temps de 
la folie est passé pour faire place aux 
jours de piété et de méditation. A peine 
a-t-on pu saisir ce moment de halte, de 
transition rapide, que le grave bourdon 
des cloches de Saint-Marc vient frap- 
per nos oreilles; ces sons austères annon- 
cent d’une maniere aussi imprévne que 
solennelle, que les jours du plaisir sont 
expirés; annouce Jugubré qui, en pa- 
reil moment, frappe même Pesprit le 
plus léger de la triste idée quetotit passe 
bien vite ici-bas, et la joie surtout. Quel 
contraste un instant auparavant retentis- 
sait une musique gaie et, volnptueuse, 
maintenant c’est le,son funebre d’une 
cloche qui vient frapper nos oreilles; un 
moment a fait passer nos, esprits de la 
joie à la tristesse. Le règne des plaisies 


i 


nisce quaggiù. Il carnovale è un come 
pendio di tuttociò che la natura, e la ci- 
viltà ponno suggerire perchè la vita si 
sbrami di tuttociò che appetisce. Quin- 
di noi vedemmo e il brio, e la leggiadria, 
e le molli grazie, e le toccanti parole, i 


dolci sorrisi, i frizzi acuti, ed i lepidi 


‘detti, ed ogni bizzaria di costume pom- 


peggiare per tutti i luoghi nei quali 
eittadini accorrono per assistere od allo 
spettacolo delle maschere, od a quello 
dei giuochi, sieno fatti per esercizio del 
corpo, o per far meravigliare dell’ uma- 
na industria, oppur col mezzo della. mi- 
nica e dell’ ambulante fiosofismo, vo- 
gliam dire della poesia e della storia al- 
l'improvviso, o della maniera di ragio- 
nare come accostumavano i peripatetici. 
Tutto in quel primo tempo spira ebrezza 
di animo, tutto è tripudio; non uomo tro- 
vasi, non donna che intermettino studio 
o spesa per approfittare dei comuni so- 
lazzi. Ma fa notte :s’ innalza sommamen- 
te al polo, e divide il tempo delle tene- 
bre ; il bruno aere ripercosso dalle voci 
clamorose, alla mezzanotte tranquillo di- 
scorre, perché l’attenzione al tempo della 
mutazione dei trasporti di gioia e di pia- 
cere nella saviezza e nella meditazione 
severa aspetta un pubblico segno. In que- 


sta sosta brevissima dalla gran torre di 


San Marco s’ode ilrimbombo del bronzo 
benedetto, che con un suono più ferale che 
no intima a’ viventi che la carne passa, 
disecca e cade , che solo lo spirito € 
eterno, immortale, e che intorno a lui le 
nostre cure dobbiamo rivolgere. Qual 
contrasto di sentimenti! Da un lato la 
musica festante che inebria | anima di 
voluttuose sensazioni, dall'altro il fioco 
rombo di una campana che sembra ac- 
compagnare la vita i più alti destini, 
traendola dai pericoli da’ quali era ince- 
spata: Di un punto dunque le scene del 
capriccio, e della licenza sono sostituite 
da quelle della morale e della vinto. La 


quadragesima st avanza coll apparato 


— 204 — 


et de la licence a donc brusquement fait 
place à celui de la piété et de l’ordre. 
Le caréme commence, accompagné de 
de tous les signes de la tristesse et de la 
mortification; le carnaval nous plongeait 
dans l'oubli de Féternité ; le carème 
nous ramène à de graves pensées, et rap- 
pelle que nous ne sommes que des voya- 
geurs 1ci-bas, 

Le premier jour de ‘earème est aussi 
remarquable à Venise que le dernier de 
carnaval, à la différence près que le jour 
des Cendres est consacré à la piété, et 
que le dernier de carnaval, réservé au 
plaisir et àla licence,s'abandonne à tous 
les excès sans égard pour la raison qui 
ordonne la modération, la retenue, et 
le respect envers les lois ordinaires de la 
bienséance. Les Vénitiens, qui reçurent 
en héritage de leurs aïeux Pexemple de 
toutes les vertus religieuses, accourent 
en fonle dans les églises, empressés d’as- 
sister aux offices divins, et d’implorer 
de Dieu la pain de Pâme, la tranquillité 
des jours présents ict la félicité éter- 
nelle. Un signe, une preuve du pen- 
chant naturel qu’ont les Vénitiens à se 
conformer aux maximes de |’ Evangile, 


c’est l'importance extrême qu'ils atta- 


chent à attirer dans leur ville les plus 
célebres prédicateurs de d’Italie: En ca- 
&rme, les chaires de nos églises retentis- 
sent de leur voix éloquente qui préche 
les vertus évangéliques, qui répand la 
lamiere de la foi dans l’âme des nom- 
Dreux auditeurs qui ‘accourent l’enten- 
dre. L'esprit de l'homme , éclairé par 
le flambeau dé la foi, avance alors dans 
sentiers fleuris de l’espérance,des champs 
éternels, de la récompense qui surpasse 
jusqu’au désir même; là où la gloire du: 
monde n’est que ténebres et silence, — 
Alors s'ouvre le cours des prédications é- 
vangéliques, alors le Vénitien vient cher- 
cher avec confiance dans les temples sa- 
crés un remède contre les maux de l'âme, 
et un refage contre les déceptions de ce 


n 


del cilicio e della tribolazione dello spia 
rito, ‘e ‘contraria al-carnovale, ricorda 
dessa ai mortali il loro destino, che come 
patti di creta dovranno incenerire. 


H giorno primo sacro alla penitenza & 
solenne pe’ Viniziani quanto l ultimo di 
carnovale. Sta poi in ciò la differenza 
che 11 di delle ceneri è solennità di spi- 
rito fidato in carità, l'estremo di carno- 
vale è solennità di corpo che aspira a 
soddisfazione del senso di rado docile al, 
l’intimazione della ragione, la quale pre- 
dica discretezza , moderazione .e tempe» 
ranza nell’uso delle cose. I Viniziani, che 
redarono dai loro avi gli esempli dell’ e- 
vangelica fighiuolanza accorrono nei tem- 
pli a stormo a stormo per assistere ai die 
vini ufficii e per pregare pace di coscien- 
za, equa prosperità presente, e beatezza 
nel tempo venire. Un segno, una prova 
dell’ inclinazione degli animi di questi 
cittadini a regolare se stessi secondo le 
dottrine del Figliuol dell’Eterno si è quel» 
l’ anticipata convenzione che fanno coi 
più celebri oratori d’Italia perche nel 
tempo di cui parliamo vengano dai pere 
gami venetici a diffondere ne? cuori laf- 
fetto o la carita del giusto, a spargere 
nelle menti il raggio della luee che illu- 
mina ogui uomo vivente quaggiù nelle 
contradizioni del secolo, perchè con la 
ragione sorretta. dal Vangelo il proprio 
cuore per le vie della santità dirizzando 
s° avvii ai floridi sentieri della speranza, 
ai campi eterni, al guiderdone che a- 
vanza ogni speme nostrale, là ove la 
gloria del mondo è tenebre e silenzio. 
In fatti si apre il prodromo delle qua- 
resimali concioni, e il viniziano s’arre- 
ca al santuario per trovare pastura spi- 
rituale per fare un cuére puro ed evan- 
gelico, conseio che solo colui che respi- 


— 203 


monde,. sûr que son espoir ne sera pas 
trompé. Nous garderons le silence sur le 
compte de ceux qui, entraînés soit par 
l’âge, soit par de déplorables principes, 
pe vont dans les églises que pour admirer 
l'élégance de l’élocution et l'harmonie 
des périodes, peu soucieux du sens pieux 
qu'ils renferment; de ceux surtout, qui 
y vont pour vair et pour être vus, aiusi 
qu’Ovide l’a déjà dit avant nous, dans un 
cas bien différent, à propos des matrô- 
nes, des damesromaines, qui accouraient 
aux jeux du cirque: 


€ Spectatum veniunt, peniunt specter= 


tur ut ipsae. » 


malheureux l’homme qui peut entrer 
en pareils jours dans nos églises sans se 
sentir involontairement ému à l’aspect 
du recueillement de la foule pieuse qui 
écoute dans un religieux silence la voix 
du ministre divin, qui leur interprète la 
loi sublime de 1° Evangile. 

Apres les cérémonies du jour des 
Cendres, les fideles sortent des eglises 
esprit rempli de graves pensées et le 
front encore couvert de la poussière sa. 
crée, emblème de la fragilité de l’exi- 
stence humaine. Pourtant les marques de 
la componction ne doivent point abimer 
Vesprit exclusivement dans l’anstère con- 
templation des verilés éternelles; elles 
ne sauraient même le faire, parce que 
d’homnie se rattache invinciblement au 
présent. En effet, consultons l’histoire 
sacrée,et nous verrons que les serviteurs 
des plus fidèles du: Très Haut ne regar- 
daient pas comme un crime que de cou- 
per de temps à antre leur vie toute de 
pénitence et d’adoration par quelquesin- 
stants de relàche et de plaisirs permis 


qui, récréant l’esprit, et profitant à la. 


santé du corps, rendent l'homme propre 
à la viecivile. Ainsi les Vénitiens, sortis 
des temples sacrés, se dirigent en foule 
vers un quartier ‘éle la ville où se trouve 


ra d’ amore può sulle pagine dettare i' 
sentimenti pii che sono la scienza più 
dolce e più profittevole di ogni ‘altra. 
Quindi, tacendo di alcuni che o per età, 
o per falsa istituzione si conducono ai 
templi per esser diletticati V orecchio 
dall’ armonioso andare de’periodi senza 
badare allo spirito che le concioni rat» 
chiudono, e per vedere ed insieme per 
esser vedati, alla maniera che facevano 
al Circo Massimo od all’ Arena le ma 
trone di Roma di cui scrisse Ovidio: 


2 


» Speclatum peniunt, veniunt specten» 


ur ut ipsae A 


chi può portarsi, diciamo nelle chiese 
viniziane, e non restare preso da un’in- 
terna commossione vedendole tutte ine 
gombre di divoti cittadini pietosamente | 
silenziosi mentre il ministro dell’Eterno 
interpreta loro i sensi della divinità? 


Nel giorno delle ceneri il cristiano e 
sce dal tempio con le memorie della mor- 
te, chè il crine suo e la testa gli vengon 
cospersi della polvere d’olivo siccome 
a ricordo della distruzione della vita 
materiale. Nondimeno il segno della 
compunzione non deve far animo e- 
sclusivamente inteso alla contemplazione 
del futuro, nè puote farlo, perchè luomo 
sta nel presente. Infatti scorrendo la sto- 
ria ecclesiastica moi veggiamo che i servi 
di Dio se con caldezza di affetti occupa- 
vano buon tempo negli atti di penitenza, 
e di adorazione sapevano conveniente- 
mente pigliarsi que’ leciti divertimenti 
che temperando | ameritudine dell’ ani- 
mo giovano alla vita fisica, e rendone 
l’uomo utile e piacevole nella vita civile. 
Non altramenti i nostri Viniziani uscen- 
do dai templi vanno in frotta in un’ a- 
menissima parte di questa citta detta le 
Zattere, ove una scena lietissima si apre 
d’ innocente divertimento, I} costume 


— 206 — 


une promenade très-agréable, nommée 
les Zattere (radeaux). C’est là qu’ils vont 
chercher un théatre nouveau pour d’hon- 
êtes divertissements. L'usage de fré- 
quenter cette promenade en pareil jour 
nous vient, comme tant d’autres, de nos 
ancetres qui s’y rendaient de preference. 

Non-seulement la position de cette 
promenade est délicieuse, ainsique nous 
l'avons déjà dit, mais on peut aussi ajou- 
ter qu’elle est singulière sous tous les 
rapports en celte occasion. La vue s’é- 
tend depuis la pointe, dite de la Doua- 
re, jusqu'au bout des _fondamertta (es- 
pece de quais}, de Saint-Basile. Plus 
sicurs ponts, jetés sur les canaux qui 
évupent cette promenade de distance 
én distance, rompent l’uniforniite du 
niveau du sol; et Pon y trouve pariont 
Yis-àa-vis de soi l’ilé de la Giudecca, situte 
dé l'autre côté de la lagane, file antrefois 
si charmante qu'elle remplaegaii presque 
Ja campagne la plus agréable pour nos 
aicux, couverte de nombrenses maisonuet- 
tés, fiere surtout de posséder Péglise du 
Éédempteur, superbe ouvrage de Palla- 
dio. Tournez vos regards sur la Giudec- 
da, qui se mire coquettement dans les 
flots, puis sur la surface immense de la 
lagune qui étincelle sous les rayons du 
soléil et que parcourent une infinité de 
gondoles agiles; et dites-moi si un pareil 
spectacle n'est pas réellement enchan- 
teur? Invtile d’observer qu’autrefois, lor- 
sque les barques et les radeaux (zattere) 
chargés de charbon, venaient aborder 
li cotte promenade, le coup-d'ocil n’était 
éertés pas aussi agréable. Ne négligez donc 
pas de vous rendre, surtout le premier 
jour de Carème, à la promenade des 
Zattere, qui vous charmera, non-seule- 
ment par la beauté des’ points de vue 
qu'elle offre, mais par la variété des 
objets ctdes personnes qui s’y réunissent, 
Les gens du peuple, plutôt que de ne pas 
manger leur plat de pois-chichesen ce jour 
dans-les tavernes acheyent de vider leur 


di recarsi in'tal giorno a questa volta è‘ 
ereditato da maggiori, che pur a bizzeffe 


vi si conducevano. 


Se-dicemmo che è bella ta postura di 
questo luogo, possiamo pure aggiugnere 
ch'ella è singolare per tutte parti, e bel- 
lissima in questa occasione. Si distende 
la via dalla così delta punta della Doga- 
na fino al termine della fondamenta di 
San Basilio. La sua superficie piana € tol- 
ta dr tratfo in tratto dall’altura de’ ponti 
sovrapposti ai rivoli che la dividono, e 
in ogni punto prospetta a quella lingua 
di terra chie fu detta la Giudeéca, luogo’ 
un tempo amenissimo, e quasi svagamen- 
to campestre degli antichi padri nostriy 
sparsa di molti e modesti caseggiati, e 
superba della gran molte palladiana def 
teinpio del Redentore. È daddovero tro- 
varsi sulle Zaltere e stendere gli occhi 
versola Giudecca, che si dipinge nell’acs 
que, e girarli poseia sull’ ampia superfi- 
cie della laguna; la-quale di diversi colori 
simperla rinfrangendo i raggi del sole, 
e lucica e ondeggia per l'andare e ve- 
nuire continuo delle gondole, e uno spet- 
tacolo vago e ben differente da quello 
che presentavano nei primi secoli allo- 
raquando erano desse il punto ove le 
zatte od i foderi di carbone si séaricava- 
no. Chi si porta il primo giorno di qua» 
dragesima pel selciato. delle stesse ha 
certo di che godere assai,non solamente 
per le prospettive di cui fin qui dicem- 
luo, sì ansora per quello svariato apparire 
degli oggetti che quivi siuniscono. Popo- 
lani in questo di per mangiare il cece 


‘pettono fuori all’ uste tutto il loro spi» 


rito, e se vuoi anche cavano tutto quel 
peculio che lor possa, esser rimaso del- 
l’ ‘antecedente giorno che ultimo era di 
Carnovale,e nello snocciolarlo fanpo quel- 
la baldoria, quella chjassata, que’strani 


m 207 — 


bourse, déjà si considérablement allégée 
par les dépenses folles faites le dernier 
jour de carnaval; vous les voyez qui 
jettent insoucieusement leur argent , 
rient, bavardent, plaisantent, et offrent 
enfin ces traits bisarres, ce caractère ori- 
ginal de la populace, qui font le charme 
et l’étude du peintre, du poète, du pbi- 
Josophe. La classe aisée se presse dans 
les cafés où elle montre une gaité plus 
decente et plus réservée; là on cause, on 
badine poliment, et l’on met sur le tapis 
Ja chronique scandaleuse et les modes du 
jour, sujet ordinaire de la conversation. 


parlari, quel ridere strepitoso, un quadro 
infine presentano che interessa e il pit- 
tore, e il poeta e il filosofo per dipingere 
il ridicolo, il grave edil leggiero della 
plebe. L’ alta cittadinanza allo incontro 
ai caffe sfoggia tutte le maniere della 
gentilezza e della buona educazione. 


man sn audit A dio edi dii sacca 


Depuis un temps immemorial, les frit- 
tole (beignets) sont le mets favori des Vé- 
nitiens; on les retrouve partout où se cé- 
lébreune fête, une solennité quelconque, 
mais c’est surtout en caréme qu'on voit 
les vendeurs de fritiole établis sur presque 
toutes les places publiques; les frittole 
sont en effet le plat de rigueur dans un 
repas vénitien en temps de caréme. Ces 
beignets sont faits de fine fleur de fro- 
ment avec du levain, des pistaches, du 
‘sucre, et du raisin see de Calabre. L’é- 
tablissement en plein airoù lon les coùit 
consiste en une baraque qui ne ressem- 
ble pas mal à telles de soldats, à la 
différence pres de la toile qui leur sert 
de pavillon, ayant la partie supérieure, 
le toit, composée des planches assem- 
blées entr’elles et inclinées;'il a nne for- 
me quadrangulaire. et au-dedans, toute 
l’apparence d’une salle. C’est là que les 
vendeurs de frittole déploient tout leur 
talent; d’un côté on pétrit la pâte, de 
l’autre on la cuit dans une poéle super- 
posée à un trépied grossier. Mais la de- 
vaniure est réellement la partie la plus 
importante de la baraque, et elle offre 


A Venezia da tempo remotissimo sì 
usa certo dolce mangiare che appellasi 
fritole. Esse compaiono per tutto ove 
è festa, e nella quadragesima in ispeciel- 
tà si vendono per tutti quasi li campi, 
poiche li Viniziani non vogliono vedere 
diserta di fritole la lor mensa quaresi» 
male. Composte di fiore di farina di for- 
mento, rimpastate a lievito unito a pi- 
gnoli e a zucchero, con uva che pene 
deva ilai tralci delle vite calabre, ven- 
gono collate neli” oglio bollente. La fah- 
brica in cui si fanno e una trabacca,, 
che per assomigliare a quella militare le 
manga soltanto la tela che serve di padi- 
glione, Questa invece ha il coperto od il 
fetto di tavole compaginate e messe à 
piovere, Quadrangolare ha la forma, ed 
ioternamentée presenta la figura di una 
stanza. Essa è il Palladio delli fabbrica- 
tori che stanvi dentro,. i quali da una 
parte rimpastano e dall’altra friggono in 
una padella soyrapposta ad un tripode. Il 
davanti è propriamente il luogo della mo- 
stra solenne, e questa mostra dà un qua- 
dretto piacevole assai a riguardarsi. Im- 
maginatevi adunque una tavola su cui 


— 208 — 


un petit tableau assez intéressant. Re- 
présentez-vous une table sur laquelle 
sout placés plusieurs bassins de cuivre 
ou d’étain, brillants de propreté, et or- 
hés de divers fleurons gravés. Les uns, 
vides et posés horizontalement, sont sim- 
plement destinés au plaisir de Poeil et 
à l’ornement de la boutique; les autres 
contiennent des raisins, des pistaches, 
etc. , et enfin le mets favori des Véni- 
tiens, c’est-à-dire les frittole, préparées 
avec soin et prétes à satisfaire Pappétit 
des consommateurs. Des pains de sucre 
sont disposés parmi les bassins. Au reste, 
dans cette classe d’ industriels ainsi que 
dans d’autres plus relevées, les bons fe- 
seurs ont eux aussi leur morgue et leur 
célébrité. Sur Pétablissement de ces 
derniers s’éléve, comme signe distinctif, 
un écriteau attaché à un pieu, et où on 
Jit en grosses lettres le nom du vendeur, 
enseigne latonique, significative et pré- 
tentieuse, espèce de défi jeté aux autres 
fabricants dont le nom obscur n’oserait 
se montrer à côté de ces sommités fritto- 
lières. Un tablier de toile, toujours très- 
propre, nous devons cel hommage à la vé- 
rite, forme la partie distintive du costüme 
deces vendevrs qui, la main constamment 
armée d’nne large cuiller percée d’une 
infinité de trous, saupoudrent les frittole 
avec un air de complaisance et d’orgueil 
satisfait, qui semble dire: Voyez s’il est 
possible de cuire des biguets plusexquis 
et de meilleure mine. Vous les trouverez 
debout pres de leur banc dans cette atti- 
tude; au surplus la fortune lesa tellement 
favorisés qii’aujourd’hui, non-senlement 
la classe ouvriere, la populace, mais les 
gens même comme il faut, ne dédaignent 
pas de visiter parfois leurs établissements, 
‘où ils rendent pleine justice à leur ta- 
lent’ profond dans l’art de cuire à point 
“Les fiiliole. 


appoggiano certi piattelloni di peltro, o 
di stagno lucidissimi, ed internamente 
con molto gusto disegnati. Alcuni di que- 
sti son vuoti, e posti perpendicolarmente 
sulla suddetta tavola per solo ornamento, 
altri contengono i pignuoli, le uve, altri 
finalmente capiscono il dolce mangiare, 
vogliam dire le viniziane frittele belle 
ed apparate per colui che ne va ghiotto, 
e fra uno e PV altro piatto veggonsi 
pani di zucchero. I principali cuocitori 
sono notissimi in Venezia, e superbi di 
questo Tor primato, vollero che nel la- 
boratorio, a distinzione degli altri, s° in- 
nalzasse un'asta, avente in cima un cars 
tellone în cui stesse scritto il foro nome; 
modo laconico ed espressivo assai, im- 
perocchè significa: Noi siamo maestri 
dell’arte, ed abbiamo diritto di essere ri- 
veriti sovra gli altri amministrator di 
frittelle. Hanno essi sempre in sul davanti 
un pannollino che »’ assomiglia al grem- 
bial delle donne, che sembra esser ve- 
nuto allora fuori del bucato. Tengono 
in mano un vasetto bucherellato con cni 
gettano del continuo zucchero sulla mer- 
ce, nia con tale un atto che e’ pare vos 
gliano dire — e chi non sente l’odore, 
ed il sapore di queste chie noi inzucche- 
riamo? Eglino in questa gnisa si mo- 
strano presso la lor panca e loro è tanto 
andata a china la fortuna del professore 
che si vedono onorati, non che dalla co- 
mun gente, sì ancora dalla civile ed 
educata, la quale va a pigliare a frotta a 
frotta le frittelle per avere un saggio di 


loro bravura. 


1 


= 209 


Ainsi s'écoule insensiblement le carème 
jusqu’à la semaine sainte. Ces derniers 
jours ; consacrés par les plus impor- 
tants mysteres de la religion catholi- 
que, raménent Pesprit plus immédiate- 
ment encore à la méditation des gran- 
des vérités d'amour et de foi qu’ils rap- 


pellent. Aussi tous suivent fidélement 


Vexemple que l'Eglise nous donne par 
ses démonstrations extérieures. Recueil- 
li et pensif, uniquement désireux de 
participer aux grâces que dispense en 
pareils jour Panteur de la rédemption , 
le fidèle dépouille le vieil homme et tou- 
tes ses actions, revet la robe de la justice 
et gémit au pied des tabernacles sacrés. 
L'église la premiere lui en à donné l’e- 
xemple ; plus de riches tentures, d’or- 
nements précieux , de resplendissantes 
draperies : la livrée du deuil couvre ses 
inurailles nues, les cantiques joyeux, la 
musique harmonieuse font place aa som- 
bre et lugubre murmure deslamentations; 
tout annonce la douleur et Pabattement. 
C’est alors que les pieux Vénitiens ac- 
courent en foule aux temples sacrés, eme 
pressés de joindre leurs prières et leur 
affliction à celles des autres fidèles. 


Di questa maniera va la quadragesima 
fino alla settimana santa. Questa settis 
mana, in cui i più alti misteri della reli- 
gione cristiana cattolica si compierono, 
richiama le menti alla contemplazione 
delle grandi verità d’amore che sotl’essi 


sono nascose. Quindi: ognuno segue la 


_chiesa nelle sue dimostrazioni esteriori. 


Raccolto e pensoso, inteso soltanto a 
partecipar della grazia che in questo 
tempo si elargisce dall’ ara della reden- 
zione, il credente spoglia il vecchio uo- 
mo con tatti i suoi atti, ed indossa le 
vesti della giustizia, e piange fra il ve- 
stibolo e l'altare. La cliiesa stessa ne lo 
ammaestra, ché levata la porpora, il lus- 
so, i serici rabeschi e tutto il corredo 
della solennità, veste la funerea grama- 
glia, ed a’ cantici della letizia disposati 
alle note armoniose sostituisce il cupo e 
lugubre suono degli omei, perchè il gran 
pane della vita dee spegnersi. Il Vinizia- 
no, che è naturalmente sensibile, accorre 
in folla ai templi in questa stagione per- 
chè ama di essere compreso da quella 
grata mestizia d’amore, che è la più bella 
passione dei viventi. ‘È chi non ne ri- 
marrebbe intenerito quando ode dire 
da’ ministri del Signore: « Che cani ini- 
qui e famelici si levarono per divorare 
il giusto, che i torrenti delle iniquita lo 
circondarono, che animi iniqui gli fora- 
rono mani e piedi, che lo caricarono di 
scherni e di obbrobrio, che lo fecero 
ludibrio ed abiezion della plebe quan- 
d’ ei pregava per essi , per essi a’ quat 
poteva dare in risposta giustificante i le- 


brosi che mondò, i ciechi a’ quali die- 


de il vedere, gli storpi a’quali il diritte 
camminare, i pazzi a cui il senno, gli os- 
sessi a’ quali la tranquillezza, gli igno- 
ranti a cui la sapienza, i morti a’ quali 
la vita! Queste note e mille altre nel si. 


lenzio di un tempio vestito a lutto espresse 


con un canto tronco e ferale, danno il 
brivido a chi le intende, e fanlo com- 
mosso. 


28 


= MM +. 


«Mais qui sonpeonnerait maintenant que 
cette même semaine sainte, remplie des 
signes extérieurs de la douleur de PÉglise 
et de la componction de ses enfants, que 
cette semaine, dis-je, est marquée chaque 
anne par lé retour de contumes, pieuses 
il est. vrai, mais récréatives en même 
temps? Il est d’risage en effet, le jeudi et 
le vendredi saints, que les marchands dé- 
corent lents boutiques avec une pompe, 
une recherche particuliere; à chaque rue, 
sur foutes les places, dans toutes les 
boutiques, le signe de notre rédemption 
frappe les regards, exposé sur vin autel, 
unie espêce de reposoir, On en vait quel- 
ques-uns renfermés dans de petits tem. 
ples, avec des colonnes, des chapiteaux, 
des bas-reliefs, en un mot, avec tous les 
ornements ordinaires de l'architecture, et 
couverts de drap noir, on de toute autre 
étoffe de la même couleur. Quelquefois 
aussi vous lisez stir ces reposnirs des pas- 
sages de la bible, ou bien vous y. voyez 
représentés tous les instruments de. la 
Passion. La nuit venue, une splendide 
illumination fait encore mieux ressortir 
toute la perfection de ces petits ouvrages, 
grace dux lampions qui en marquent le 
dessin et les moindres détails ; toutes les 
rues en sont étoilées, si jose me servir 
de cette expression en parcil cas. Le spe 
ctacle ne manque jamais de charmer Îles 
Vénitiens, et la foule est grande ce soir- 
Jà dans les principales rues de la ville. 


+ 


Ma chi ora direbbe ché questa stesa 
commossiorie, questa passione conforme 
allo spirito della chiesa fosse: nel cor- 
so della, settiniana santa | ispiratrice di 
pietose opere. sì, ma atte ancora a dar 
sollazzo al Viniziäno? È costume che tutti 
i hottegai. nel giovedì e venerdì santo 
particolarmente apparino le loro botte- 
ghe con la meglio pompa e solennità, e 
che nell’ appararle. studinsi ordinarle 
al disegno del gusto migliore. Per tutte 
vie, per tutte. piazze, per entro a tutte 
le botteghe vedi jl Redentore crocifisso 
sopra altari di legno. Alcuni di questi 
sorio came in mezzo ad un tempietto in 
cui vedi colonne, archi. capitelli, basi, 
architravi, corvici; e tutte queste parti 
veggonsi condotte con le leggi dell’ ar- 
chitettura , e le più adorne di nere 
stoffe. Oltre a ciò alcuna fiata tu leggi 
passi biblici, e vedi tutti gli strumenti 
che servirono a far patire uomo giusto. 
Bella illuminaria poi la sera maggior- 
mente fa spiccare questi altari, imperocs 
ché nelle fitte tenebre la luce varia dei 
piccoli lumicini discuopre. tutto il dise- 
gno, e ti dà per tutto il paese un cielo di 
stelle. Questo spettacolo ritorna gratissi- 
mo al Viniziano. 


lle ne 


\ 

Puisqu'il entre dans notre plan de 
parler de tons les usages qui distinguent 
Venise, nous ne saurions passer sous si- 
lence que d’ordinaire, en vertu des con- 
trats, des bails de ferme, de location, les 
fermiers ou autres soùt tenus d’offrir le 
jour de Paques à leurs propriétaires des 
comestibles particuliers au carème. Le 


Essendo proposto nostro parlare di 
tutti li costumi che sono appo Veneti, 
non possiamo risparmiarci dal dire che 
ordinariamente nei contratti di locazio- 
ne, nelle enfiteusi il fittäiuolo e 1° enfi- 
teuta sono obbligati a Pasqua di presen« 
tare i loro padroni delle frutta proprie 
del tempo della Rederizione. Il buon vil- 


bon paysan, désireux de s’attirerles bon. 


mes graces de son maître, ne manque ja- 
mais de rassembler ses plus beaux oeufs, 
de choisir ses plus tendres ägneaux, et, 
parti de grand matin de sa modeste mé- 
tairie, il vient en ville, le samedi saint, 
les présenter à son bourgeois. Aussi vous 
les. rencontrez par centaines ce jour-là 
qui, chargés de la dépouille de leur trou- 
peau et de leur poulailler, s’acheminent 
d’un pas rapide vers la demeure de leurs 
propriétai res. 


ri 


Le jour de Pàques, ainsi que le pre- 
mier de lan, offre une branche de spé- 
culation aux misérables qui, moyennant 
quelque ennuycuse complainte, vivent 
aux dépens de ceux qui ont plus d’ar- 
gent et moins de bon-sens qu’eux. Dans 
toutes les rues, dans toutes les places, 
vous n’entendez qu'un murmure d’al- 
leluia, qui serait trés-agréable, s’il n’é- 
fait pas siassourdissant; sans compter un 
épouvantable charivari de sonnettes: Le 
bedeau, le chef «le quartier {qnarteuier), 
les pompiers, etc., entonnent bruyam- 
ment le joyeux alleluia devant la maison 
sle chaque particulier. Mais si, en dépit 
de leurs clameurs opiniälres , ils ne 


voient point paraître les oeufs de Pà- 


ques, unique objet de leur empressement 


à vous souhaiter bonne fete, leurs cris 
aigus s’éteignent insensiblement comme 


l'écho dans le creux des montagnes. 


re "#0 


Dans le jour consacré à la fête de la 
æésurrection de Jésus-Christ, le pain est 
Je symbole de la nourriture offerte pour 


Je bien commun des fidéles sur les au- 
Da 


länello perciò. ‘a cui cale d’assai render 
lieto il signor suo del buon presente, fa 
colletta nella quadragesima dell’ uova, 
e dalla greggia trae fuori il pingue degli 
agnelletti, ed il sabbalo:santo accompa- 
ghato da un suo famiglio per tempissimo 
parte dalla villereccia abitazione e sì ad- 


‘duce alla nostra capitale. Accade imper- 


tanto che in quesio tempo ti incontrere- 
sti quiuci e quindi nei rustici terrafer- 
mieri carichi de? tesori della lor greggia 
e dellor pollaio che si dirigono ‘alte ca- 


se ove à loro padroni stanno. 


AI paro del primo d’ anno, anche il 
pasquale Alleluia è un mezzo di specula- 
zione per quella gente che, alie spalle di 
chi ne ha, vive col linguaggio della sin- 
cerità del cuore. Udiresti un susurro per 
tutte vie, per tutti li campi un tale gri- 
dio di alleluia che farebbe rallegrare il 
mondo se non lo assordasse molestando- 
lo. È un continuo suonar di campanelle, 
poichè lo scarpolino, il nunzio della par- 
rocchia, | accenditore de’ fanali, il ca- 
pitano di contrada, i pompieri, tutti in- 
tuonano il festivo Alleluia alle case dei 
privati. Ed è, mirabile che se chi per 
l’Alleluia tante volte sentito non erede 
opportuno colare le uova, esso va in- 
sensibilmente mancando come Peco nei 
cavi di un monte ripercosso. 


Siccome nel di festivo consacrato alla 
sisurrezione del Redentore V agnello e 
Simbolo di quello che fu veduto da Isaia 


dasciarsi tondere la lana senza fiattare. e 


— 212 — 


tels de la rédemption, de mème que l’a- 
gneau pascal est le symbole de celui 
dont parle Isaie, qui se laissait dépouil- 
ler de sa toison sans se plaindre, et que 
l’Evangéliste de Pathmos vit, éblouissant 
de splendeur, élevé sur un trône d’or. 
Aussi tous les pieux fidèles, au temps 
pascal, ne manquent pas de choisir un 
pain particulier. Les Vénitiens yattachent 
une grande importance, et cette vieille 
coutume a poussé de si profondes ra- 
cines, qu'aujourd'hui les friandises, les 
pâtisseries et surtout les fougasses sont 
le présent que se font entr’eux les amis 
et les parents. La fabrication et la vente 
de ces fougasses sont particuliérement 
réservées aux confiseurs, aux tamelliers. 
Leur boutique est d’ordinaire trés pro- 
pre, assez grande, avec des fenêtres don- 
nant sur la rue; la devanture, un peu 
en saillie, est pourvue d’une grille de fer, 
accompagnée d’une vitre transparente, 
à travers laquelle on peut apercevoir 
aisément les fougasses, les gâteaux, étalés 
avec symétrie, avec goût. 


+ 


Nous fermerons par ce jour solennel, 
la revue de l'hiver à Venise, et nous pas- 
serons joyeusement à la saison desfleurs. 
Une atmosphère grise et nébuleuse n’at- 
triste plus la vue; un jour pur et serein 
vient reposer les regards. Le soleil se 
leve plus resplendissant sur les flots azu- 
rés de PAdriatique, et embellit les ma- 
tinées printannieres. Un reflet brillant 
de lumière a annoncé déjà apparition 
de l’aurore; déjà le soleil, hàtant sa mar- 
che majestueuse , s’élève sur l’horison, 
et illumine les vastes espaces du ciel. Les 
fleurs brillantes qui croissent dans les 
jardins, dans les plaines, sur le bord des 
ruisseaux Jimpides, entr’ouvrent leurs 


dall’ evangelista rapito di Patmos su fuf- 
gentissimo aureo trono sedere; così anche 
il pane è simbolo del cibo che viene of- 
ferto sull’ara della redenzione a pro dei 
fedeli. Ne venne da ciò che noî adottas- 
simo il costume di far copia nel tempo 
pasquale di pane squisito. Impertanto oggi 
giorno nelle feste pasquali le offelle, ed 
in ispecie le focaccie sono i doni che 
l amico offre all’ amico, il parente al 
parente e così via: La fabbrica e la di- 
spensa.di queste focaccie sono dall’offel- 
liere, La bottega di costui è una stanza 
pulita e capace con balconi ampli verso 
le pubbliche vie, sul davanzale de’quali 
sporge in fuori una grata che ha un co- 
perchio vitreo, e per la cui trasparenza 
si veggiono distese sopra larghe tavole 
con buon gusto disposte tutte maniere 
di pasticcerie. 


Con questo dì di gloria e di alleluia 
uoi terminiamo la stagione del verno ed 
apriamo quella dei fiori. Non più il ne- 
buloso aere offusca il firmamento, sì il 
lucido e sereno occupa lo spazio che è fra 
il sottil etere e la terra. Il sole spunta 
più vago dai flutti dell’oceano, e dipinge 
di zaffiro 1’ oriente. Bello è il primave- 
rile mattino. Uno sprazzo di luce dipin- 
ge coi colori dell’ iride tutto quel tratto 


in cui tiene stanza l’aurora, e alloraquan- 
do il sole sferza i cavalli su per la cur- 


va del cielo, questa pittura multiforme e 
manifesta sulla superficie del globo. I più 
gentili fioretti sui bordi delle‘ aiuole e 


‘presso le sponde dei torrenti, od al zam- 


culi 


calices odorauts, humides encore de ro- 
sée, aux rayons fecondants du soleil, et 
s'épanouissent à l’envi; lesgouttes de ro- 
sée brillent suspendues à leurs pétales 
inclinés. Les arbres semblent se réjonir 
de l’admirable sérénité du ciel à cette 
heure; les collines, les prairies, la nalure 
entière se réveille plus belle et plus 
fraiche. Les oiseaux font retentir les 
bocages de leurs harmonieux concerts. 
Les bergers, les laboureurs, les villageois 
commencent à se répandre dans les 
champs avec leurs troupeaux, et à se li- 
vrer à leur travail ordinaire. Les ondes 
tranquilles se dorent des reflets éblouisr 
sants de la lumière; la nature entière en 
un mot salue joyeusement le retour de 
la belle saison ; tout en elle alors nous 
parle plus éloquemment des merveilles 


de l’oeuvre du créateur. Le printemps 


ranime à la fois l'énergie du corps et la 
vivacité de l’esprit ; c’est lui qui anime, 
qui enflamine tout, qui favorise la repro- 
duction de tous les etres. Maisterminons 
cette digression peut-etre déplacée, et 
jetons un coup-d’veil charmé sur les pro- 
duits riants de cette saison, étales au 
Rialto avec une profusion incroyable. : 

L’aspect du marché de Venise au 
printemps est réellemeut digne d’altirer 
notre attention. Sous la République, plus 
d'un endroit était assigné pour la vente 
et l’exposition des fruits, des herbes et 
des fleurs; mais aujourd’hui les opinions 
«et par conséquent les choses sont chan- 
gées, le Rialte seul conserve le privitése 
de nous étaler toute la pompe des trésors 
du printemps. 

Le marché aux herbes de Venise est 
sans contredit une des pieilleures preu- 
ves que nous offre la ville de son goût 
délicat, et de la recherche que les Véni- 
tiens apportent er toute chose. À peine 
Jes plantes, les fruits, les fleurs, mùris 
par linfluence bienfaisante du beau cieì 
d'Italie, offrent aux culiivateurs diligents 
les premieres prémices des récoltes abon- 


pillo dei ruscelli, aprono il calice vario» 
pinto per fecondarlo delle tinte che su 
v° impronta il raggio mattutino, e Ja 
molle erba ruggiadosa lucica come:im- 
perlata, Gli alberi frondeggiano, e dei 
loro fiori mostrano | elegante tesoro e 
il colle e il prato e il monte e la cam- 
pagna aprica, Gli augelli a stormo a-stor- 
mo garriscono, e il fido pastore sulla rus © 
stica vivola canta il nome della sua bella, 
mentre la pasturante sua greggia va pelu- 
cando pel prato. Tutto nell’onda é lieto; 
il pesce guizza a fior d’acqua, e fa suoi giri 
nei cavi delle fonti. L’ aere e pregno di 
animali, che con i loro canti salutano la 
novella stagione. Pare che il cielo sorri- 
da alla terra, e che tutta fa ualura vestita 
degli indumenti della solennità narri la 
gloria di Dio e V opera delle sue mani. 
‘Tutte le passioni primaverili sono amore. 
Stagione di riproduzione, la primavera 
non può. essere disgiunta d’ affetto. Ma 
lasciamo il poetico ragionare e l’astrazio- 
ne del filosofo; pigliamo la primavera nel 
fatto, e vediamola a Rialto nella capitale 
dei Veneti, 


Alla stagione dei fiori , delle erbe e 
delle frutta Vinegia offerse sempre una 
scena singolare. A’tempi repubblicani 
più di un luogo era stabilito per la 
vendita dei prodotti della state, ma 
quelli passati, mutate le circostanze, di- 
versificate le idee ed i gusti, solo Rialto 
ebbe il privilegio di mostrare tutta la 
pompa della stagione, 


L’erberia di Rialto è certamente una 
prova dell’ umana industria formatasi 
dalla civiltà, e di quel bello ideale che 
in tutte parti splende di questo beatis- 
simo e felicissimo suolo venetico. Non 
appena la sementa, svolta entro le visce-' 
re della terra, per l’influenza benefica 
del calore sboccia in pianta fruttifera, 
che mano. cultrice la trae dal proprig 


3 de = 


dantes qui doivent récompenser leurs 
soins , qu'ils s’empressent d’en faire 
hommage à Venise sur le marché du 
Rialto. Aussi (chose qui pourra surpren- 
dre l'étranger}, Venise savoure la dou- 
ceur des fruits exquis avant la terre-ferme 
elle-même. La raison en est que les cam- 
pagnes et les jardins des ‘iles voisines 
sont toujours les plus précoces, les plus 
hâtifs à donner leurs fruits, ce qu’on 
doit attribier probablement à la qualité 
du sol imprégné de particules salines, à 
leur magnifique exposition au soleil, et 
à l’influence des vents scroccali(desud- 
est) qui, soufflant presque cohstamment 
dans ces parages, contribuent au déve- 
loppement plus rapide des plantes et à 
l’action des sels que le sol renferme. 
Toutefois, les jardins de Murano, de la 
Giudecca, du Lido et dés autres iles se- 
mées autour de Venise au sein de la la- 
gune, ne sont plus ce qu’elles étaient au 
temps de la république. Les allées, les 
plates-bandes offrant de toules parts des 
plantes, des arbustes exotiques, n'étalent 
plus le luxe des citronniers, des orangers 
dont parle Navigero aux temps de Bembo 
dans ses descriptions enchantées; l’im- 
périeux besoin, succédant aux caprices 
de l’opulence, demande du pain aujourd- 
hui et non des plantes rares. Les jardins 
d'autrefois ne sont plus maintenant que 
de rustiques vergers , et aux arbustes 
précieux, mais inutiles, ont succédé les 
plantes profitables qui répondent mieux 
aux besoins réels de la vie. Ainsi les 
chous, la salade, le céleri, etc., choquent 
aujourd'hui nos regards dans ces lieux 
jadis enchantés , comme ils choquent 
Yoreille ici dans notre phrase tout-à-fait 
prosaïque ; le pommier, le poirier, le fi- 
‘guier, et autres arbres fruitiers, qui 
‘croissent à présent là où s’élevaient 
‘d’odorants arbrisseaux, ne sont point 


certes dessignes de luxe. Et l’ordre dans” 


lequel vergers et plates-bandes sont dispo- 
sés.ne preuve pas moins les vues écono- 


ceppo, e vergine e fresca ancora la tras: 
porta a Rialto perché cara primizia an- 
nunzi a’ cittadini la stagione delle erbe 
e dei fiori. Quando si apre il tempo pri- 
maverile, la maturazione de’frutti nelle 
vigne e negli orti delle isole circostanti 
e assai precoce, e la ragione ella è che 
li terreni essendo pregni di sostanze sa- 
line ed esposti al libero aere per lo più 
pesante a cagione dello spiro de’ venti 
sciroccali, ne vicne che per questi ultimi 
le sostanze saline sviluppando in essi 
facilmente i loro gas fecondatori, acce- 
lerino il iempo della mollificazione delle 
piante e del germogliare delle sementi. 


Oggidì però gli orti muranesi, que’ del. 
la Giudeca, del Lido e delle altre isole 
che spiccano fuori nella laguna di Adria 


t 


non sono più quelli dell’ antiea civiltà 
repubblicana. I viali lunghi di piante e- 
sotiche, il lusso de’ cedri, degli aranci e 
de’ limoni, quelle descrizioni di amenità 
che abbiamo nel Navagero ai tempi del 
Bembo non sono da chiedersi là ove il 
bisogno sostituito all’opulenza domanda 
pane. I Viniziani ridussero gli antichi 
orti alla condizione dei campi di comu- 
ne coltura agreste, ed invece dei fratti 
della mollezza pensarono a quelli che 
cuoprono la nudità, e che rendono me- 
no pesante la vita. Vedresti perciò le 
aiuole bene ordinate verdeggiare del 
cavolo, dell’ insalata, del selero, del fi- 
nocchio ‘e così avanti, e le piante frut- 
tifere essere le poma, il pero, il pesco, 
il fico e tutti quegli altri che certamen- 
‘te non ponno servire ad incitamento 
del lusso. La maniera poi con cui e le 
aiuole e le piante frattifere sono dispo» 
ste è dello in tutto ordinata alle leggi 
dell’ agricoltura economica. Nessun pal- 


‘mo di terreno si lascia infruttuoso, e 


tutto quindi riempiendo di erbe e di 
alberi, si procaccia che la varietà e la 


, e QIOTE 


iniques des propriétaires. Pas un pouee 
de terrein n’est perdu. et le cultivateur 
veille è ce que la variété et le nombre 
des plantes ne nuisent à l’abondance de 
leurs produits, en s’étouffant l’une l’au- 
tre. De longues bandes, des files d’arbres 
arrangées régulièrement, s'étendent dans 
les jardins, tandis que la vigne croît au 
milieu des intervalles ménagés entr’elles, 
s’enlace aux pieux, apx troncs des ar- 
bres, et s’élevant avec eux, forme par- 
tout des treilles. Cependant, nous fini- 
rons cette description en disant que, 
même aujourd’hui, les jardins de Venise 
offrent nn spectacle aussi curieux qu’a- 
gréable. Sl est réellement srirprenant de 
voir ces flots, qui semblent sufnager à 
peine à fleur d’eau, cligrgés de produits 
aussi abondants que ceux des vastes 
campagnes, des collines, des prairies jm: 
menses, Nous disons, surprenant, car 
en effet ces Îles, bien différentes en cela 
de celles des environs de Naples, sont 
autant de conquêtes obtenties par Pin- 
dustrie humaine sur les ondes capricieu- 
ses. Lorsque, emporté par une gondole 
rapide, on traverse la lagune en jetant 
les yeux, tantôt sur le verdoyant riva- 
ge des îles, tantôt sur les édifices maje- 
stueux de la ville, on est frappé vives 
ment du costraste admirable que nons 
indiquons ici. 

Mais les jardins ét le genre d’horticul- 
ture des Vénitiens nous ont entrainé un 
peu loin de notre premier point de dé. 
part; retournons brusquement au Rialto 
qui semble nons y inviter par la pompe 
des productions qu’il étale. 

L'exposition des fleurs et des fruits 
qui a lieu chaque année à pareil jour au 
liialto est vraimént un spectacle déli- 
cieux. Dans unc espèce de préau, une pla 
ce, entourée par les arcades de l’ancien pa- 
lais public qui s’élèe tout autour et par 
l’église de S ‘Jacques, empreinte des sou- 
venirsles plus chers aux Vénitiens, et dans 
une autre située au bord du Grand Ca- 


quantità delle une e degli altri non im- 
pediscano l’effetto attendibile dell’ agri- 
coltore. Ne viene che le piante sono or 
dinate e disposte a file diritte, e tra- 
mezzo a queste si pone la vite, la qua- 
le crescendo in tralci ed in pampini, 
avvitichiandosi agli alberi prossimani, e 
spandendosi adulta che sia, forma dei 
pergolati bellissimi a vedersi. Kestringen- 
do però la parte descrittiva, diremo che 
sotto qualunque punto di vedata si ri- 
sgugrdino gli orti viniziani, ei sono la co- 
sa peregrina, singolare e dolce insieme, 
Scorgere. sopra jsolette che sembrano 
galleggiare sulla superficie delle acque 
ppere di agricoltura, quando queste sos 
no proprie dei campi aprichi, de? colli 
supini. e delle valli immense, è casa che 
tiene più del mataviglioso che del singo- 
lare. Diciamo del maraviglioso, imper: 
riocchè queste isole nostre che la capi- 
tale circondano non sono già come le 
isole appresso il napoletano, sì piccoli 
spazi di terreno formati più dall’ inda- 
stria che dalla natura. Se ti trovi entra 
una hruna gondoletta partendo dal vi- 
cin continente, e stendi lo sguardo sul 
coltivato di esse, indi lo spinga alla 
prossimana cittade , ti si parrebbe in- 
nanzi rin quadro per la sua varietà pia- 
tevolissimo. 


Ma noi parlando degli orti e del mo- 
do eon cui vengono da’ veneti coltivati 
abbiam degredito un po”. Ora è mestieri 
ritornar donde abbiam mossa, € vedere 
come questi prodotti vengano a Rialto 
disposti. 

La disposizione che degli erbaggi e 
de’ frutti si fa in Rialto certamente ti 
eccita nell’anima una certa voluttà, un 
diletto. In una spianata cinta dall’an- 
lico pubblico palagio che si ripiega in 
forma quadrangolare, e dalla chiesa di 
san Giacomo che è piena delle rimem- 


_branze le più care, ed in un? altra ri- 


sguardante il gran canale fassi il merca» 


a RI 


tal, se vendent les herbes, les fleurs. ete., 
ce qui leur a fait donner le nom d’Ærberia 
(marché aux herbes). Autour des piliers 
qui soutiennent la voûte des arcades du 
palais, vous voyez entassés les objets mis 
en vente, en forme de pyramide, dis- 
posés dans d’immenses paniers ou dans 
de vastes corbeilles. Ici nous pourtions 
ajouter bien des choses, nous étendant 
sur la variété des fruits, sur leur goùt ex- 
quis, etc., mais ce serait pousser trop loin 
la manie de descendre jusqu'aux plus 
minces détails , et ennüyer le lecteur. 
Décrivons plutôt le coup-d’oeil agréable 
que présente l’étalage des objets et la 
foule des curieux qui se pressent soûs les 
arcades de l’Ærberia, et des porte-faix 
qui plient sous Je poids des paniers, e- 
spèce d'hommes qui se distingne à Ve- 
hise d’une fagon toute particulière. 


Le plus grand nombre de ces porte- 
faix sert aux besoins des marchahds de 
tout genre ; ainsi tous ne sont point pa- 
yés régulièrement: c’est-à-dire aux gages 
d’un maitre. En an mot,;ce sont ces gens- 
là qui transportent tous les objets, toutes 
les marchandises d'un lieu à un autre 
de la ville, des barques sur le quai, où 
du quai dans les barques. Vous les voyez 
toujours réunis par pélotons sur les pla- 
ces publiques où dans les rues. atten- 
dant que quelqu'un vienne Îles appe- 
ler. Leur figure et leur costume méri- 
tent d’arréter un instant notre atten- 
tion. Leur teint bruni par le soleil, 
leurs cheveux crépus et en désordre, 
leurs membres robustes, leurs muscles 
prononcés. leurs yeux animés par le vin 
et les liqueurs spirilneuses dont ils s’a- 
breuvent amplement, leur donnent une 
physionomie tout-à-fait particulière. Des 
pantalons de toile où de drap grossiers, 
ine corde ou üne ceinture de cuir qui 
serre la taille et vient se rattacher sur 
la poitrine au moyen d’une bouclé 
d’acier; une chemise entr’ouverte sur la 


to delle erbe, e queste due spianate chia- 
mansi appunto erderiu. Attorno alle co- 
lonne che sostengono gli archi dci palagi 
che fanno ala a tale marcato si veggono 
accatastate le varie foggie di erbaggi 
di frutta in forma piramidale, raccolti 
od in canestri od in corbelli grandissi« 
mi. Qui ben potremmo su differenti cose 
dell’ erberia versare, ora di questo, quan- 
do di quell’erbaggio la forma, la bellez- 
za, il gusto narrando. Ma così ci tireres- 
simo di troppo alle minuzie, e finiressi- 
mo coll’atinoiare chi ci legge. Delinee- 
remo invece il quadro che si presenta 
lorchè traggonsi quivi gli erbaggi, e e lors 
chè per tutta 1’ erberia ed attorno la 
medesima li cittadini si veggono formi- 
colare, fionchè i facchini che vi recanola 
merce ; maniera di uomini che special- 
mente in questa capitale si distingue per 
lo esercitamento della fisica forza. 

La maggior patte di costoro stanno 
alle occorrenze de’ mercadanti di qua- 
lunque maniera, e perciò non tatti sono 
stipendiati a giornata da persona in par- 
ticolare. Ad una volta tutto che bisogni 
di essere portato dall’ uno all altro luo- 
go della città, dalle rive alle barche, da 
queste a terra, e clie pesaute sia, si Lras- 
porta pe’ facchini. E’stanno su pe” cam- 
pi, raccolti a drappeli, e su per le calli 
attendendo di essere messi ad opera. È 
singolare vederli e per la figura che or= 
dinariamente sono, e pel costume di ve- 
stire che sfoggiano. Sono uomini di car- 
ne abrouzita e di capegli ispidi, folti e 
rabbuffati, tarchiata é loro persona, 
pronunciati li niuscoli, sanguigni gli oc- 
chi, perche di vino e di liquori non so- 
no satolli giamimai. Portano brache lune 
ghe ed accampanate di panno stoppia, 
ed a°fianchii si fasciano di corda 0 di una 
striscia di cuoio grosso, the all’ avanti 
si congiunge per fibbia d’acciaio. Lo 
sparato della éamiscia lascia vedere tutto 
il torace, ed anzichè informarsi al busto 
Îl farsetto , sel gettano in sulle spalle: 


poitrine et une veste qu’au lieu de bou- 
tonner sur l’estomac, ils rejettent cn ar- 
riere sur les épaules, composent leur 
habillement ordinaire. Toujours gais, 
toujours alertes, ils s'occupent joyeuse 
ment de leurs travaux. Voyons-les donc 
là où toute leuractivité se déploie, c’est- 
à-dire au Rialto, où ils se rendent dés te 
point du jour, et sur les quais voisins où 
abordent les bateaux chargés d’herbes 
et de fruits. Il: entrent dans ces petites 
barques, et avec l’adresse qui leur est 
propre, ils chargent les paniers sur leurs 
épaules, et les transportent, tantôt dans 
une, tantôt dans l’autre des deux places 
dont nous avons parlé. Et comme au 
printemps ces denrées disparaissent bien- 
tôt, achetées par une foule de chalands, il 
s'ensuit qu’on a besoin d’un grand nom- 
bre de ces portefaix. Après avoir opéré 
le premier transport, on les voit courir 
dans toutes les rues de la ville, chargés 
des achats des marchands fruitiers, qui di- 
sposent ensuite ces fruits avec un goût et 
une habileté bien faits pour exciter l’ap- 
pétit des passants. Les colloques animés 
entre ceux qui achètent, et ceux qui ven- 
dent, les cris des porte-faix qui ne sont 
jamais contents du prix qu’on leur donne, 
fout du Rialto à l‘heure où la lumière 
commence à peine à colorer les objets, et 
où le reste de Venise repose encore dans 
les bras du sommeil, font du Rialto, dis-je, 
un spectacle vraiment curieux, 

Mais enfin venons-en au coup-d’oeil 
que présente l’Ærberia par une belle ma- 
tinée d'avril. Déjà le jour commence à 
poindre à l’horison. L'humide rosée s’é- 
Vaporant aux rayons du soleil, monte vers 
le ciel comme l’encens d’un sacrifice. 
Tous les animaux’ se réveillent avec la 
nature entiére ; les oiseaux recommen» 
cent leur concerts dans les bocages, tout 
s’anime, tout sourit autour de nous, et 
nous invite au plaisir. Telle est la descri- 
ption abrésée que l’on pourrait faire de 
la pointe du jour dans les campagnes de 


» 


Sono costoro sempre allegri quando 
operano, ed attivissimi nellavoro. E pe- 
rocchè abbiamo detto che e’ si pre- 
stano per ogni maniera di oggetto com- 
merciale ; noi rivolgeremo lo discorri- 
mento intorno a cio che fanno all’ Er- 
beria, Di prima luce e?’ si trovano a Ri- 
alto all’ approdo de’ battelli carichi di 
erbe e di frutta. Entrano nelle picciole 
barchette, e con quella maestria che € 
loro propria si caricano in su la schiena 
i corbelli, e li trasportano or nell’una or 
nell? altra delle spianate di cui dicem- 
mo. Siccome poi occorre in primavera 
queste erbe e queste frutta spariscano 
presto per lo grande comperare che fan- 
no li cittadini, così parimenti incontri 
che di questi facchini se ne abbiano 
grandi bisogni. Forniti li primi scarichi, 
e’ te gli vedi a stormo a stormo accorre- 
re per le varie parti della città portatori 
gli acquisti de’ singoli mercadanti di frut- 
ta, dai quali poi con finitissimo gusto 
nelle loro botteghe disposte tentano la go- 
la di chi avidamente le osserva. Fra il 
gridio de’ compratori e de’ venditori, fra 
quello de’facchini, argomento per loro 
infallibile ad avere quella ricompensa 
che credono giuridicamente meritare, 
Rialto in quell’ora, in cui la luce appe- 
na dà i colori alle cose; e Vinegia tutta 
dorme tranne essi soli, offre un’improne 
ta di originalità. 


Quando il maggior astro annunzia il 
suo arrivo in oriente, la molle rugiada 
al calore del sole sfuma; e leva i suoi 
globi leggieri come incenso dalla super- 
ficie della terra; le azzurre onde del lago 
e del fiume s’imperlano di rubini, e mo- 
strano variopinti i loro cristalli ; gli ani- 
mali che riposano lasciano iloro abitacoli, 
escono alla fausta luce del giorno, ed i 
pennuti emettono dalle fronde le loro 
armonie ed inneggiano al nuovo di: tatto 
è natura, tulto e sorriso di natura, tutto 
natural felicità. Che se così può dirsi di 


28 


i = 248 + 


fotre-forme, mais que  dirons-nous de 
l’aspect qu'offre Venise à lameme heure? 
Venise, qui dans une matinée de prin- 
temps, charme et repose les regards, 
excite imagination, et produit en nous 
les sensations les plus donces et tes plus 
ineffables. Arrêté an haut du pont de 
Rialto, à Vaube du jour, et le visage tonr- 
né vers l’Ærberta, jetez les yeux à droite 
ét à gauche sur le grand canal qui coule 
à vos pieds, sur les façades de marbre 
des palais, et sur leurs aiguilles légéres; 
contemplez la lagune qui se dore de la 
Inmière du jour, et vient caresser de ses 
ondes frémissantes tes fondements de ces 
édifices gigantesques qui s’élèvent depuis 
tant de siècles sur les flots de l’Adriatique. 
Impossible à décrire le plaisir qui inon- 
de alors votre âme ; la nature semble 
se réveiller, et sortir du sein du repos, 
brillante comme une jeune épouse qui 
sort de la couche nuptiale. 


Les particuliers, non moins que la 
nature, s'efforcent de faire du Rialto un 
véritable séjour de fées. Toutes les 
classes des citoyens s’y rendent à l’envi, 
et on dirait que Paménité de la saison 
suffise pour la félicité de chacun d’eux. 
Nobles et toturiers, riches et pauvres, gens 
de tout âge et de tout sexe, y accourent 
et offrent sur tons les points de PErderia 
un des spectactes les plus singuliers qu’on 
puisse admirer dans une capitale, L°Ær- 
beria est ‘alors un véritable jardin de 
fleurs, un champ d’abondance et de plai- 
sirs, qui enchante }imagination aussi 
bien: que le regard, et nous excite dou- 
cement à la joie. Le spectacle est si a- 
gréable qu’il attirejusqu’aux petites-maî- 
tresses elles-mêmes, qui n’hésitent pas 
à faire exception en pareil jour à leurs 
habitudes ordinaires de mollesse; elles se 
pressent dès les premiers rayons du jour 


un mattino nell aperto del continente, 
che non dovrà dirsi qui nella nostra Vi- 
negia, qui dove di un mattino primave- 
rile i miracoli non si veggono solo, ma 
si toccano con Fesaltata immaginazione, 
e con la vivezza delle sensazioni si mi- 
surano e si calcolano e si dipingono ? 
Trovatevi sopra il ponte di Rialto alle 
primissinie ore del dì, stendete attento lo 
seuardo da destra a sinistra del gran ca- 
nale volti colla fronte da quella dell’Er- 
beria ; là sn per le facciate de? marmorei 
palagi, attorno le guglie de’ medesimi, 
nel fondo delle acque voi vedete la bea- 
ta luce del sole. che-come un’ amica va 
a baciare un antico e reverendo amante, 
e lambe del’ color del pudore la testa 
di quelle moli superbe che gisanteggia- 
no da tanti secoli sopra le acque dell’ A+ 
dria, mentre una mite brezza leggier- 
mente increspa la superficie de? canali. 
Allora è arcano il diletto che vi deriva - 
alPanima, e vi pare che la natura esca 
da’suoi secreti per mostrarsi bella come 
uma sposa ch’esce dal talamo aspettata 
dall’ amor sno. 

Che se la natura si presta a meraviglia 
a rendere spettacolosa Vinegia in questo 
tempo, non meno 1 cittadini cooperano 
perche la Erberia sia daddovero un luo 
go d’ incanti. Tutte le classi quivi con- 
vengono, e sembra che la felicità della 
stagione si associi a quella degli nomini. 
Nobili. plebei, ricchi, poveri. di tutti i 
sessi quivi si arrecano, e non havvi par- 
te dell’Erberia che non presenti scene 
piacevoli singolari. Vinegia sembra als 
lora un giardino di fiori, un ricco cam- 
po di frutti, un tutto che le mobili fan- 
tasie sublima, e per cui il cuore si sente 
all’ amore condotto. Perfino il bel sesso 
trova’ motivo di sollievo lorché di buon 
mattino nella freschezza dell atmosfera 
si arreca a questa volta, e la fervente e 
balda classe de’ giovani, certi di rinve- 
nire chi corrisponda ai loro sguardi, pus 
re in gran numero si portano. 


— 219 — À 


sous les arcades du palais voisin, eutou- 


rées de jeunes-gens, qui ne manquent 
point de courir sur ‘leurs pas partout où 
elles vont. 

Les Vénitiennes, dans leurs gestes , 
dans leur tournure , leur conversation 
et leur toilette , ont toujours quelque 
chose de frappant. Leur physionomie 
engage, altire par un indicible mobi- 
lité d’expression et une vivacité piquan- 
te. Si vous entamez conversation avec 
elles, vous ne saurez fixer long-temps 
leur attention sur des pensées subtiles vu 
sur de graves sujéts; niais vous en trou- 
verez peu cependant qui admirent la 


légèreté insipide; le babil frivole, et les: 


facons affectées de nos damoiseanx. On 
peut avancer hardiment qu’elles sont 
presque toutes de véritables femmes de 
famille. 

La piété qui distingue aujourd’hui 
Venise, est un reste de celle des temps 
républicains. Les orages qui troublè: 
rent l’fialie entière , et qui mena- 
caient jusque dans leur humble asile 
les premiers habitants des lagunes, con- 
tribuerent à ce résultat, en resserrant 
les uoeuds de leur réunion au sein des 
ilots de l’Adriatique; la concorde, Pa- 
mour, la tranquillité fleucirent tout na- 
turellement au milieu d’eux, et les pré- 
parérent ainsi aux plus douces vertus. 
La république tomba, le gouverrément 
fut changé, mais les moeurs du pays ne 
changerent pas ; la piété subsiste tou- 
jours parmi nous, et les institutions 
admirables que la charité fonde chaque 
jour à Venise en faveur des pauvres, et 
l'union parfaite que l’on voit régner dans 
tous les ménages, nous en fournissent les 
indices et les preuves les plus irrécusa- 
bles. La charité, en un mot, y regne dans 
tous les cocurs, et personne n’est indif- 
férent aux maux de ses semblables; les 
femmes surtout, puisqu'il faut bien que 
nous retournions à notre point de dé- 


part, les femmes vénitiennes se montrent 


Se consideri le donne viniziane nella 
zione della persona, o nel parlare loro, 0 


nella foggia del vestire, le troverai sem- 


‘ pre singolari. Quando si mostrano, i loro 


visi dicono sorriso, vivezza, mobilità ar- 
cana di affetti. Se ti hai con esse ragio- 
nando, poche son quelle che si tratten- 
gano in pensieri sottili, in soggetti gravi, 
e poche pur sono quelle che amino la 
leggierezza impudente, la frivola dice- 
ria, la pedantesca maniera di fare delle + 
sapute cervelline. Sicchè può dirsi che 
esse vogliono essere proprio in quel po- 
sto che par loro dalla natura asseguato, 
cioé donne della famiglia, 


La pietà che ora havvi in Vinegia è 
figlia di quella che ianto distingueva il 
Viniziano ai tempirepubblicani. Le pro- 
celle che esagitavano Italia, e che minac- 
ciavano della loro tranquillità i modesti 
sventurati che sulle isole realtine si ra- 
gunarono , affratellarono tutti li figlinoti 
dell’Adria : quindi l’amore, V affetto che 
in fra dessi vi era fioriva fin d’allora pase 
sioni dilicate e gentili. Cadde la repub- 
blica, cangiossi il governo; ma i cuori 
dé’ nostri non cangiarono; la pietà rima* 
se nei Veneti, e le opere di carità che 
tuttogiorno a prò de’ poverelli si fanno, 
è quell’ ordine casereccio che in tutte 
quasi le famiglie si vede, ci ponno ser- 
vire di appoggio e di prova. Donne, uo- 
mini sentono Ì’ importanza del loro be« 
ne, ma sentono ancora il male altrui 
come lor male ; e le donne in ispezieltà 
ad ogni cosa malaugurosa che sappiano 
ad altri essere intervenuta, impallidisco- 
no € gemono, 


toujours sensibles aux malheurs et aux 
accidents sinistres qui n'arrivent que 
trop souvent à Venise comme par tous 


pays. 


Après avoir parlé du marché aux her- 
bes et aux fleurs, et du spectacle enchan- 
teur qu’il présente, nous ne saurions nous 
dispenser de parler des vendeurs en dé « 

‘tail qui se chargent de les distribuer 
dans la ville enticre, les revendant çà et 
. là dans les rues et sur les places publi- 
ques. Vous les rencontrez au printemps 
surtout colportant leur marchandise di- 
sposéeavec symétrie dans despaniers. Les 
fetes de de Flore à Rome ne furent jamais 
plus brillantes et plus courues que l’espe- 
ce d’exposition de fleurs qui a lieu ainsi 
a Venise chaque année ne l’est aujourd? 
hui. Ces fleuristes parcourent tous les 
quartiers de la ville, annonçant leur ap- 
proche par «n cri particulier ;le chiffre 
de ceux qui ne sont point au nombre de 
leurs chalands est très faible à Venise, 
Les femmes ont l'habitude d’entrelacer 
des fleurs à leurs cheveux, et les hommes 
en portent presque tous à la boutonniére 
de leurs habits; elles servent aussi à orner 
les appartements. Les vases qui contien- 
nent celles qui croissent paisiblement sur 
leur tige, décorent les fenêtres, les bal- 
cons, les balustrades de toutes les maisons: 
les escaliers, les terrasses, presque chaque 
lieu, chaque coin en un mot, offrent des 
fleurs à nos regards. De pareils usages 
sont des indices assez sûrs des moeurs 
d’un peuple, et celui dont nous parlons 
est à Venise une nouvelle preuve de cet 
axiòme général. Qui aurait jamais pensé 
aux premiers temps de la république que 
sur ces îles sanvages, asile de quelques 
malheureux fugitifs, les fleurs dussent 
, tn jour occuper une place si importante 


E perocchè abbiamo detto dell Erbe- 
ria e de’ suoi fiori, non ci pare fuor di 
proposito andar qui toccando di que? 
che in primavera vanno per la cittade ì 
belli e piacevoli fiori vendendo. Costo- 
ro ne fan procaccio appunto nell’Erbe- 
ria, e con quel più di artifizio che pos- 
sono gli colocano in panieri, e danno 
una gradazione di colori meravigliosis- 
sima. Non fu a’ tempi di Flora festeg- 
giata la stagione di questa dea quanto dai 
nostri qui a Venezia si solenneggia. Li 
rivenduglioli per ogni lato della capi- 
tale con que’ lor canestri appesi attra- 
verso le braccia vanno a golla aperta 
gridandoli, e tengono una cantilena me- 
lanconica sì, che tocca l’anima soave- 
mente. Pochi sono quelli che non usano 
fiori. Le donne se ne adornano il crine, 
gli uomini gli intromettono pegli uc- 
chielli de’ soprabiti; de’ fiori si fa uso 
ad ornamento delle stanze, si coltivano 
sul loro stello: quindi fiori per tutte le 
finestre, nelle spianate delle loggie: ovun- 


«que fiori sorridono, e spargono il grato 


tesoro delle loro fragranze. Il costume 
mostra 1’ anima de’ popoli, e gli usi 
«de’ nostri sono interpreti di quello che 
sono. Chi.mai avrebbe creduto a’ tempi 
de’ primi Veneti che sopra queste isole, 
popolate da gente di ventura e di sven- 
tura, dovesse venir di in cui i fiori aves- 
sero a farsi innanzi, e tenere una nobile 
parte fra le occupazioni degli isolani ? 
Certo que’ poveretti che dalle barbari. 
che incursioni furono spinti a quivi ri- 
covrare nella stagione delta tribolazione 
e delle amaritudini, non avrano pensato 


— 221 — 


parmi les productions du sol et les bibita. 
des de la vie? Certes les infortunés qui, 
chassés du continent, se réfugiérent dans 
les lagunes à une époque de malheurs et 
de deuil, n’auraient jamais espéré un 
avenir si florissant, pour leurs neveux, 
eux qui se voyaient réduits à regarder 
comme un bonheur de trainer leur exi- 
stence sur des îlots déserts, toujours aux 
prises avec la misère d’un côté, et avec 
les flots menagants de l’autre, 


alle delizie di Flora, stretti dalle angu- 
stie del misero senza patria, senza alta- 
re, senza asilo; chè asilo pauroso era 
certo quello sul limo sdrucciolevole e 
sul mar procelloso. 


ee NGI LT) PZL Iain 


De tous les spectacles propres à éveil- 
ler imagination, de toutes lesjouissances 
les plus suaves et les plus poétiques, il 
n'en est point de comparables à ce qu’ 
offre une promenade nocturne sur le Mole 
ou sur la place de Saint-Marc. Lorsque 
vous errez la nuit dans la campagne, les 
sensations que vous éprouvez ne sont pas 
toujours égalemeut agréables; bien des 
fois le cri d’oiseaux funébres tels que le 
hibou et la chouette, le fracas des torrents, 
viennent interrompre désagréablement 
vos douces reveries. Le silence de la nuit, 
la faible lumiere de la luve qui éclaire les 
vallons d’une lueur douteuse, inspirent 
alors quelquefois la tristesse aussi bien 
que la mélancolie. À Venise au contraire, 
dans les endroits dont nous avons parlé, 
le clair de lune a réellement toujours quel- 
que chose de surprenant.et d’enchauteur. 
Qui pourrait décrire l'impression déli- 
cieuse que produit enpareil lieu aspect 
d’un magnifique clair-de-lune? comme 
on sent alors le besoin de partager ses 
émotions avec un ami qui vous.comprens 
ne ! Aussi les Vénitiens ont avec raison 
adopté l’usage d’aller respirer la chaque 
soir.en été le frais délicieux de la brise 
qui vient de da lagune, dontles flots molle- 
mentunis expirent silencieusement à vos 


Fra i quadri atti ad infiammare le 
mobili fantasie, fra quei propri a le» 
varle ad altissimi immagini, quello di un 
notturno passeggio sul molo e sopra la 
piazza di san Marco è il più incantevole 
ed eccitante nell’ animo vivaci idee di 
creazione. Chi va a quest’ ora per le 
campagne aperte, se ode qualche suo- 
no, ade quello dell aere serotino che 
geme fra le alte quercie, 0 quello che 
dan l’acque cadenti da’ monti; e se qual- 
che voce, la è la voce del guffo malauro- 
so e della ferale upupa ; e questi suoni 
e queste voci gli inspirano nell’ anima 
sensi di profonda mestizia. La luce che 
discende dal disco della signora delle te- 
nebre, e che debolmente illumina ii col- 
tivati del piano e le cime dei colli au- 
menta sin lui questa mestizia e da fa più 
solenne; e contornato dal muto aere a- 
rientato, sente il bisogno della solitudi= 
ne e sfugge il consorzio. Il quadro però 
che di quest’ ora offre Venezia ben dif- 
ferente ci parla all’animo. Esso ti fa pro- 
are un senso di dolcezza indescrittibile: 
per esso ti senti bisogno di un compa- 
gno che teco divida il piacere di questa 
scena d’ incanto. Egli è costume de’ Vi- 
niziani in le sere della stagione dei fiovi 
di affluire a questa parte per godervi del: 


— 222 — 


Pieds, à peine ridés par le souffle de la 
brise, et étincelants des derniers feux 
du soleil. En un mot, le spectacle qu’of- 
fre le Mole x pareille heure est au-dessus 
de toute description, el les iles voisines 
de Saint Georges et de la Giudecca con- 
tribuent merveilleusement à le réndre 
éncore plus enchanteur. 


Mais la soirée s’avance; déjà la musi- 
que militaire fait reientir les voûtes so- 
mores des Procuraties de ses males et 
méledieux accords, Tous s’empressent de 
déserter le mole, et accourent se presser 
autour des musiciens qui répandent à 
flots les trésors d'harmonie de la musique 
italienne. Figurez-vous, lecteur, une fou- 
le immense et élégante qui se presse, aux 
sons d’une musique enchanteresse, au 
milieu de la place magnifique de Saint- 
Marc; n'oubliez par surtout que c’est là 
que les Véuitiennes rivalisent d'élégance 
et de grâces, et diles-moi s’il est possible 
d'imaginer un tableau plus charmant. 

Unécrivain, parlant du coup-d’oeil que 
la piace de Saiut-Mare présente en pareil 
cas; a dit que Fâme s'élève à une télle 
Vue, que la pensée s’'anime, et quel’in- 
spiration s’empare irrésistiblement du 
spectateur intelligent. Quant à nos, nous 
pensons que de semblables scènes suffi- 
seni pour former ou adoucir les moeurs 
d'une population. Les anteurs qui ont é- 
tudiéles moeurs des peuples afin d’en dé- 
couvrir les sources, ont tous varié dans 
les opinions qu'ils ont adoptées la-des- 
sns. Les uns considerent les lois comme 
Punique origine des moeurs publiques et 
particulieres; d’autres les font dépendre 
exclusivement de la politique, les regar- 
dant comme une conséquence immédiate 
de celle-ci, ou bien de l’état plus ou 
moins prospère de la nation. Quelques- 


unsenfin adoptent indistinctement toutes 


ces causes différentes, mais sans les réu- 


lo spettacolo della natura nell’ora ap- 
punto che la luce sta ‘per partire. Se tu 
guardi all’ interminabile pianura delle 
acque adriache, desse increspando i lor 
flutti alla brezza sérotina, dipingono i 
colori dell’ iride, e paiono gemme che 
brillino: dn una parola a quell’ ora Vi- 
negia ti offre una scena, un quadro sor- 
prendente che più sorprendente, e fanta- 
stico viene f:rmalo dalla vista delle isole 
di san Giorgio e della Giudecca. 

Ma lasera si avanza, la militar musica in 
mezzo alla gran piazza innalza suoni che 
ondeggiando sull’ acre percosso vanno à 
ricever eco uei maestosi fabbricati delle 
Procuratie. La più parte dei passeggia- 
tori lasciano il Molo, e l’armonia signo- 
reggia li cuori e le fantasie. Presentati 
tutto questo popolo in una piazza fra 
quelle opere immense di architettura e 
di scultura, guarda alle grazie delle ve- 
netiche donne, alla moda lussureggiante, 
e converrai essere il quadro veramente 


grandioso, 


Un autore, in parlando sopra quan- 
to presenta la piazza di san Marco in 
quest’ ora, dice, che Panima alla vista 
di essa’  ingentitisce, che i pensieri si 
vivificano, 6 le inspirazioni vengono più 
nobili ed elevate. Pare, ed è certo, che 
questi mezzi soltanto bastar ponno a 
formare il core soave ed'il mite e dolce 
costume. Coloro che vanno consideran- 
do i costumi de’ popoli per fissarne le 
cause principali variarono nella eletta. 
Quali presero le leggi, e da esse esclu- 
sivamente trassero ragione del costume 
in generale e particolare ; quali risguar= 
darono 1l costame ‘siccome effetto imme» 
diato della politica ; quale finalmente 
dalla fortuna di uno stato lo derivarono. 
Alcuni però non vollero le dette fonti 
sfrattare : tutte le abbracciarono ; ma ne 
feéero come tanti spartiti senza un filo 
razionale che le collegasse, Da ultimo i 


Dir en faisceau et sans les rattacher à un 
noyau principal. Plusieurs écrivains mé- 
me regardent comme autant d’indices 
des moeurs chaque signe extérienr de la 
société, comme les vetements. les ouvra- 
ges d'art, ete., sans s’inquiéter d’appro- 
fondir si elles ne sont point leffet pri- 
mitif et immédiat d’une cause plus no- 
ble et plus relevée  Bonr nous, aprés 
des études et les recherches que nous a 
a cotées cet ouvrage, nous croyons pour 
voir avancer, que tout en y fesant entrer 
pour beaucoup la forme de notre régime 
antique et moderne, on ne doit pas one 
blicr Pinfluence qu'ont aussi nécessaires 
ment exercée les oeuvres. commandées 
par le génie d’un Etat éclairé. Or, quoi 
de plus propre à adoncir. è polir les 
moeurs, que l’ordre et le bean moral qui 
naissent naturellement de semblables 
institutions, et de cette harmonie admira- 
ble qui agit si puissamment sur les esprits? 
| Aussi les Vénitiens, après la chûte du 
gouvernement républicain. conserverent 
religieusement les traditions de leurs 
ancêtres , et encore aujourd’hui leurs 
moeurs se ressentent évidemment de l’in- 
fluence des usages, des chefs-d’oeuvre, 
et des impressions vives et agréables que 
leur ville offre toujours. 


costumi per taluni furono avuti nei se- 
gni esterni della società, cioè nelle vesti, 
nelle opere delle arti, e così via nulla 
curando di sapere se ciò sia un effetto 
primario ed immediato di una causa più 
illustre e più nobile. Noi abbiamo pen- 
sato nello svolgere queste scene de’ co- 
stumi venetici, che bensì si avesse ad a- 
vere contezza della forma dell’antico e 
del moderno nostro reggimento, ma che 
questa dovesse equivalere all’ influenza 
delle opere ordinate dal genio di uno stato 
illuminato. Quindi, qual più evidente ra- 
gione di gentile costumare può darsi che 
Pordinamento di quelle cose che sono 
dette belle, il quale ordinamento o com- 
posizione od armonia agiscono sull’ ani- 
ma nostra per quasi, anzi per tutti li 
sensi ? I nostri quindi, cessato anche il 
repubblicano governo, dovevano serbare 
dolce , dilicato e classico il costume , 
perchè del bello sono frequenti, conti- 
nue e di efficacia grandissima le grate 


impressioni. 


C’est dans un quartier éloigné, appelé 
Fondamenta Nuove que la solitude et le 
silence ontélablr de préférence leur em- 
pire à Venise, La solitude, mére féconde 
et obscure de l'inspiration radieuse, y 
regne sans rivales au sein d’un calme 
profond ; c’est là que les rêveurs, enne- 
‘mis du tumulte de la foule, vont cher- 
cher un asile paisible pour leurs médi- 
tations, que n'interrompt plas aucun 
bruit, si ce n’est celui des avirons qui 


In quella parte di Vipegia che dicesi 
le Fondamenta Nuove havvi P incanto 
della quasi total solitudine. Questa dea, 
madre delle più grandi ispirazioni, re- 
gna con la quiete ed il silenzio, ed invi- 
ta colui che fugge lo strepito ed il sus- 
surro a quivi partecipare de’ suoi favori, 
ove se qualche cosa interrompe il silen- 
zio e la quiete, egli e il cupo tonfo dei 
remi che conducono alla vicina. iso- 
la di san Michele le salme di coloro che 


fenderit régulièrement les ondes, empor- 
tant vers l’île de Saint-Michel les gon- 
doles chargées de la dépouille des morts 
que l’on conduit au éuamp du repos. 
Est-il un lieu plus propre à nourrir les 
graves pensées de quiconque médite 
sur la caducité de l’existence humaine ? 
Là, vous pouvez errer solitairement sûr 
la rive, eutouré presque de tous côtés 
par les flots de la mer qui viennent se 
briser en gémissant à vos piéds; la vue 
s’étend librement sur un horison im- 
mense , mais les sombres objets qu’elle 
aperéoit souvent ramenent l'esprit invin 
ciblement à l’idée de la fragilité humai- 
he. Aucun lieu'certes n’est plus convena- 
ble que celui dont nous parlons à la con- 
templation des vérités éternelles. La sa- 
litude est la muse qui inspire le plus 
puissamment; c’est elle qui enfante dans 
l’âme cette salütaire disposition à la tri 
stesse, qui, sous le nom de mélaricolie, 
nous rérêle les plus profonds secrets du 
monde moral. Qui ignore combien sont 
précieux les fruits de la tristesse du sa» 
ge ? Lorsque cè sentiment inénarrable 
s'empare de nous, il purifie, élève notre 
âme. Lé besoin naturel de celui qui 
souffre, est d’épancher ses chagrins, ses 
maux ; tien de. plus éloquent que la dou- 
leur qui se révèle avec urie spontanéité, 
une vérité d'expression qui ne manque 
jamais de frappét, de toucher nos coeurs. 
Heureux ceux qui connaissent la douleur! 
1Îs acquièrent ainsi une stience sublime 
qui les initie aux mystères de la vie hu 
maine, Ceux qui, sont vivement pénétrés 
de la fausseté des hommes, de la briève- 
té de la vie, des maiheurs qui la rem- 
plissent, aimeront toujours à fréquenter 
un lieu où ils voient enfin hnmilié l’or2 
gueil des grands et des heureux du jour. 
La vie passe vapidement, et la gloire 
mondaine avec elle; comme ua vaisseau 
qui fend légérement les ondes sans lais- 
set aucune trace de son passage, comme 
une flèche qui traverse soudainement 


passarono älla generizione de’ dotmienti. , 
Quanto questo luogo è caro a chi aspira 
a farsi perfetto:nella contemplazione del- | 
Solo e’ 
gira, e quel cielo immerisurabile che sul- 


la caducità delle cose umane! 


la testa gli brilla, e quell’ acqua azzurra 
che innanzi gli ondeggia, e quella vista 
di oggetti di dissoluzione gli valgono un 
sospiro di compassione sopra le follie 
dell umanità. Nessun Inogo può me- 
glio adattarsi alla contemplazione delle 
somnie verità della vita da questo in 
fuori. La solitudine sola è la musa che 
inspira, la solitudine è che forma in noi 
quella disposizione salutare alla mestizia 
che dentro a voci di melariconia svolge 
molte azioni del mondo morale. Chi non 
sa dei grandi frutti della mestizia del 
Quando di noi s indonna, ella 
È un biso- 
gno naturale di chi è contristato tocca- 
re il filo del dolore, ed il dolore che 
parla è vero come amore: le sue parole 


saggio ? 


parla negli animi la verità. 


‘hanno tutto l'incanto della verità cou 


passione enunciata. Beato colui che fa 
pratica. di dolore! Egli acquista una 
dottrina che lo fa partecipare di tutto 


quello che costituisce la universale bel- 


lezza, viene illuminato del presente € 
dell’ avvenire. Chi che sente veracemen- 
te le illusioni del secolo, le fallacie des 
gli uomini, la pochezza della vita, mon si 
recherà forse in luogo ove non v? è chi 
dia ricetto a mattezze che umiliano la 
superba condiziane degli esseri ragione- 
voli? La vita passa, e con essa passa le 
glorie sine, come una nave che veleggia 
sul mare, e che non lascia vestigie del 
solco suo, 0 come una saetta che guizza 
rapida, senza lasciar traccie per l’aeve 
ovè passò. Egli è appunto in queste fon- 
damenta nuove che 1’ uomo della solitu- 
dine, pasce il melanconico suo sentire 
per le continue lugubri scene che allo 
sguardo gli si presentano. Il suono di un 
requie via per l’iminenso spazio delle ac- 


que cupamente di spesso discorre; di 


les airs pour arriver à son but. — C'est 
donc sur les Fondamenta Nuove que les 
amateurs de la. solitude peuvent aller 
repaître leur esprit du spectacle le plus 
propre à inspirer la mélancolie. L’appareil 
funébre des barques qui servent au der- 
nier trajet des habitants de Venise, et la 
triste psalmodie des voix monotones qui 
murmurent le Requiem, viennent souvent 
en pareil lieu frapper les yeux et les ore- 
illes des promeneurs attristés ; souvent 
aussi, par une nuit silencieuse, la lune 
éclaire de sa pâle clarté les draps funé- 
raires et les emblèmes de deuil des fu- 
nébres convois qui, traversant la lagune 
sous les yeux des promeneurs, se diri- 
gent vers l'ile de Saint-Michel, située 
vis-à-vis des fondamenta Nuove; c’est 
dans cette ile que se trouve le cimelié- 
re de Venise. 

Le cimetière, oeuvre remarquable, mo- 
nument des civilisations avancées, réunit 
irrévocablement les noms éclatants, les 
faits célébres et les souvenirs illustres ou 
obscurs. C’est là que la piété antique éle- 
va un temple fameux que celle d’aujour- 
d’hui a transformé en asile suprème pour 
les tristes dépouilles de humanité. Son 
architecture et les marbres qui la décorent 
sont. d’une magnificence surprenante. 
l’ordre de colonnes et d’arcades qui 
forme sa façade extérieure, fait aisément 
pressentir la beauté de l’intérieur. Le 
travail le plus délicat en a embelli ju- 
squ’aux moindres détails, et un goût aussi 
noble que sévère a présidé à sa constru- 
ction. Les ornements consacrés parti- 
culierement aux décors du sanctuaire 
sont surtout réellement admirables. La 
piété des fideles, et les soins louables 
des religieux qui vivent rassemblés dans 
cet îlot, contribuent utilement à l’entre- 
tien de ces licux sacrés. La visite du 
temple et du monastère adjacent, asilé 
bien fait pour les graves pensées de la 
vie monastique, le spectacle du champ 
du repos et des objets qui y frappent les 


spesso il tonfo monotono de’ remi segna 
landar lento de’ piccioli navigli che 
portan copi senza vita a dissolversi nei 
loro principi sotterra; spesso la luna 
col fioco suo raggio rischiarando la te- 
nebria della notte, illumina i neri panni 
mortuari che stanno sulla lor bara e la 
croce del giusto. Tali convogli trapas- 
sano alla vista del passeggero su queste 
triste fondamente, e si diriggono all’iso= 
la di San Michele, dinanzi a quelle si- 
tuata. In essa avvi il cimitero, a cui li 
corpi de’ cittadini e de’ stranieri che al- 
la natura cedettero vengono trasportati. 


Il cimitero è un’opera egregia, e un 
imonumento della crescente civiltà, è un 
aggregazione di nomi illustri; di: fatti 
celebri, di ricordanze liete e contristan- 
ti. Quivi la pietadé antica ergeva un 
tempio famoso che la recente converse 
ad uso di accoglitore benefico de’ morti 
corpi. La sua architettura e li suoi mar- 
mi sono quanto puoi immaginare su- 
perbi. Quell’ ordine di colonne e gli ar- 
che ‘ha la sua facciata anteriore , 
quello solo basta per poter istabilire dal 


chi 
di fuori la interna sua bellezza. Cer- 
tamente le opere dello interno suo sono 
di finitissimo travaglio , e la éleganza 
ed un classico gusto ne sono non ul- 
timi pregi. Gli addobbi poi e molte co- 
se che servono esclusivamente ad orna- 
mento del santuario quivi primeggiano. 
La pietà de’ credenti contribuisce, e la 
cura solerte di que’ frati che vi son 
ragunati si presta in maniera commen- 


.devole assai. Chi quivi si porta ad os- 


servare il tempio e il mopisterio, ca- 
rissimo asilo di carita di Dio e de’ pros- 
simi, vero luogo per vita monacile, e che 
attenda a quelle cosce che fuori del tem- < 


29 


regards, sont tout-à-fait propres à inspi- 
rer une salutaire tristesse. Les hommes 
sont surtout sensibles aux signes exté- 
rieurs et lugubres de leur caducite; les 
preuves iriécusables de la fragilité de 
leur existence ne peuvent manquer de 
les frapper, de les affecter péniblement. 
Les'restes de tous les morts sont entassés 
en ces lieux ; ici vos yeux s'arrêtent sur 
une tombe modeste qui s’éleve à pei- 
ne au dessus de la superficie du ter- 
rein, recouverte de gazon et surmontée 
d'une simple croix de bois noir, sans au- 
cune inscriplion qui rappelle le nom ou 
la condition da mort: lì vous rencon- 
trez un superbe mausolée de marbre; le 
ciseau du sculpteur y a personnifié fa 
douleur. A chaque pas, en un not, vous 
trouvez des urnes, des croix, des monu- 
ments funèbres, tristes souvenirs de ceux 
qui ne sont plus, sévere lecon pour les 
hommes qui leur ont survécu. 

Il west pas de peuple qui ne connaisse 
le culte pieux de la mort. Jamais Homére 
n'est plus touchant que lorsqu'il nous 
décrit les funérailles d’Hector et le tré- 
pas des héros. Dans Fliade comme dans 
FOdyssée, les endroitsoù le poète s’étend 
sur de semblables sujets sont aussi élo- 
quents et aussi sublimes que Îes scènes, 
les sentiments qu'ils décrivent sont par 
eux-mèmes touchants et nobles, Virgile, 
lorsqu'il exprime dans des vers admira- 
bles les circonstances déchirantes qui ac- 
compasnerent la fin inalheureuse de Di- 
don, Virgile est plus touchant qu’alors 
meme qu'il fait parker la douleur de cette 
amante infortunte, s'efforcant en vain de 
détourner Enée du fatal dessein qu’il a 
formé de s'éloigner des rives de Carthage. 
Ossian est d’une mtlancolie ineffable et 
suave, lorsqu'il parle des tombeaux, et sa 
muse n’est jamais mieux inspirée que lor- 
squ’elle traite ces snjets lugubres.Foscolo 
heût-il écrit que les Sepulcres, Pinde- 
monte n’eûl-il composé que son admirable 


réponse, ces deux ouvrages suffraient 


pio e dentro lo cimiterio si veggiono , 
salutarmente si ange e contrista. Non 
sono gli nomini impassibili alle impres- 
sioni della esistenza perduta: le prove 
della loro caducità non ponno che non 
gli sgomentino, contristino ed nmilino. 
In questo luogo denno riposare le ossa 
di tutti: qui vedi una tomba poveretta 
di terra formata che s’ innalza dalla su- 
perficie def, fondo, e che è segnata con 
una misera nera croce che non indica 
né il nome del defunto nè la condizione 
sua. Più oltre, sostenuta da base super- 
ba, ergesi una croce sublime appresso 
un’ urna marmorea. Quivi larte dello 
scalpello personificò il dolore, e la ric- 
chezza aperse i tesori della pietà. Ad 
ogni passo in fine ta dai in archi, in 
mausolei, in segni della vita che passa, 


in oggetti di grande lezione al vivente. 


Non fu popolo che non avesse in reve- 
renza ed onore i sepolcri. Omero non 
parla più commovente di quando tocca 
de’funerali di Ettore e della morte de- 
gli eroi. Si nell’ Hiade che neil’Odissea, 
le narrazioni sue in questo proposito so- 
no belle come il dolore e la melanconia 
che valgono ad inspirare. Virgilio quan- 
do descrive le circostanze che accom: 
pagnarono le pompe funebri della sven» 
turata Elisa, Virgilio è più dolce che 
quando la amica del figliuolo d’Anchise 
rappella questo eroe per distrarlo dal- 
allontanarsi da essa, Ossian è soavis- 
simamente melanconico lorché dipinge 
le tombe, e gli vale meglio la sua musa 
lorchè tocca lugubri soggetti. Se Fosco- 
lo non avesse scritto altro che i suoi Se. 
polcri, e si parimenti il mesto Pinde- 
monte, noi di questi due valenti poeti 
avremmo prove bastevoli di loro clas- 
sica gloria. Concludiamo quindi non a- 
vervi popolo il quale in ogni età non 
abbia avuto grande rispeito a’luoghi ove 
riposano gli avanzi dell'umanità, e che 


CI 


pourinmorialiser ces deux grands hom- 
mes. Nous en conelàrons done que, dans 
aucun temps, il n°ajamais existé un peu- 
ple qui n’ail honoré les morts d’un culte 
particulier, ct que laccord universel 
de toutes les nations prouve qu'an-deli 
da tombeau, il est une autre existence. 

Mais nous n’arrcterons point davania- 
ge l'attention du lecteur sur de si ligu- 
bres objets; et, bornant ici le cours de 
nos réflexions lugubres, nous passerons 
immédiatement à des sujets plus riants. 


il consenso degli uomini implicitamen- : 
te amise non ispegnersi nella tomba la 
esistenza. 


: Ma noi non vogliamo intrattenere d’av- 
vantaggio il lettore sur oggetti di me 
lanconia, chè non sempre possiam vive- 
re di dolore. Passiamo adunque a diffe- 
renli narrazioni. 


ne — cn 


Rien de plus agréable, de plus fécond 
en sensations réjouissantes queles objets, 
les évenements qui rappellent aux hom- 
mes les bienfaits qu'ils ont recus de la 
protection divine. Les sagre (fètes pa- 
roissiales) de Venise en offrent précisé- 
ment lexemple et la preuve. Ces fètes 
tirant leur origine des faits les plus glo- 
rieux, nous reportent naturellement aux 
temps de leur institution et aux causes 
des événements mêmes. Quelle sonree 
fertile d’inspirations ne sont-elles pas 
pour nous! C’est lò que le bon citoyen 
trouve de précieux aliments pour l'amour 
patriotique, pour les sentimens pieux, et 
de glorieux exemples pour ses propres 
actions. Lorsque nous accourons aux 
sagre, qui ont lieu d'ordinaire en eté, 
nous oublions comme par enchante- 
! ment les temps actuels pour nous tran- 

sporter aux âges glorieux de nos ancé- 
tres. — C'est aujourd’hui la sagra de tel 
saint, patron de telle ou telle autre pa- 
roisse; voilà les mots que vous entendez 
souvent répéter à Venise, et qui sont 
presque toujours une irivitation à sy 
rendre, ou annonce que l'interlocuteur 
y va lui-méme. Les Vénitiens ont un 
goût déclaré pour les sagre, bien nata- 
turel d’ailleurs si l'on réfléchit à cc que 


Nessuna cosa per avvenlura pnò es- 
sere di più liete immagini ripiena di 
quella che ricorda agli uomini benefizii 
ricevuti dalla somma bontà del Signore. 
Le sagre viniziane hanno questo scopo. 
Desse, che traggono da gloriosissimi fatti 
principio, ci trasportano all’epoca in eni 
furono instituite, ed alle cagioni dei fatti 
medesimi ci fan risalire. Quante inspi- 
razioni non ci vengono allora! Qui è 
dove il vero cittadino trova alimento di 
patrii ed, evangelici affetti ed esempli di 
gloriosa intrapresa. Quando noi ci por- 
tiamo alle sagre. che in ispezieltà di 
estate qui in Venezia sono frequentissi« 
me, non possiamo a meno che non par-, 
tiaino dal nostro tempo per volare all’a- 
more ed al genio de’ nostri maggiori. È 
sagra al tal santo, dicesi; dunqne, an- 
diamvi tosto, si risponde da tatti che 
ascoltarono | avviso. Viniziani hanno 
passione per le sagre ; e ben devono a-, 
verla, conciossiache egli sono gli eredi 
immediati delle insiituzioni civili e re- 
ligiose dei loro avi. In fatti, perchè si 
va alla sagra se non per raccogliersi co’ 
suoi concittadini, e tacitamente ‘ammi- 
rare nella stessa la bontà di Dio, la pie- 
ta, il genio con la possanza de’ nostri 
trapassati. Un tempo che i Viniziani an- 


— 298 — 


neus venons de dire un peu plus haut. 
En effet, ils ne vont à ces fêtes que pour 
réveiller dans leur esprit la mémoire des 
bienfaits dispensés par la bonté divine, 
et des exploits, du génie de leurs aiceox. 
Naguere, lorsque les Vénitiens respira- 
ient l'esprit de liberté, lorsque l’ardeur 
pour la gloire, pour la puissance et je 
beau en toutes choses, enflammait leurs 
coeurs, chaque événement, chaque objet 
digne de passer à la postérité, obtenait 
un monument, une institution qui pùt 
en perpétuer la mémoire.et servir à l’em- 
bellissement de la ville ou à Vutilité pu- 
blique. 

Les Fêtes Vénitiennes de Justine 
Michieli consacrent bien des souve- 
nirs glorieux pour nos ancétres, et nous 
aimons à croire qu’il n’est aucun Véni- 
tien, assez étranger à l’histoire de son 
pays, pour se rendre badandement aux 
sagre, sans avoir aucune idée des souve- 
nirs qu’elles perpétuent, des causes histo- 
riques et des faits qui marquerent leur 
fondation, Or,lescanses principales pour 
lesquelles ces sagre furent instituées anx 
temps de la république, ont toujours été 
ou d’éclatanies victoires remportées sur 
les ennemis de Venise, ou la cessation 
de quelque maladie, de quelque fléau 
public, par l'effet de la clémence divine. 
En conséquence, les églises qui célébrent 
ces sagre, et qui furent bâties à cause 
de l’événement dont ces sagre consa- 
crent la mémoire, les places où elles 
se tiennent joyeusement, ct les édifices 
circonvoisins, attestent éloquemment 
par leur magnificence. par leur présen- 
ce seule, le génie des Vénitiens et Fem- 
pire bienfaisant de la religion. Anssi, les 
Vénitiens, ne manquent pas de se ren- 
dre en foule à ces fétes nationales. Là 
vous voyez confondus indistinctement 
les nobles, les roturiers, les femmes, les 
enfants; aux fenêtres des maisons voisines 
vous remarquez étalés les draperies de 
soie, les riches tentures, etc. ; un brou- 


tichi avevano animo di libertà, di glo» 
ria, di potenza, di gusto, nulla cosa che 
degna fosse stimata di venir tramandata 
alla memoria de’ posteri, passava senza 
che non fosse per qualche bella istitu- 
zione ricordata perpetuamente e per 
qualche pubblica opera felicemente il- 
lustrata. 


Le feste viniziane della Michieli 
parlan daddovero veritadi a’nostri mag- 
giori gloriose. Certo, quantunque sia il 
Viniziano, non può essere tanto nuovo 
delle cose della sua patria, che alle sagre 
recandosi non si sovvegna della origine 
delle medesime e della cagione per cui 
furono istituite. Le cause principali per 
cui a’ tempi repubblicani vennero desse 
stabilite, furono o solenni vittorie ripor- 
tate sovra nemici, o cessazione di qual- 
che morbo ed infortunio merce la cle- 
menza del Signore. Quindi le chiese in 
cui ricorron queste sagre, e che venre- 
ro distinte in conseguenza del fatto che 
nel dì della festa si rammemora, e le 
piazze dove si gira, e gli edifizii che le 
circondano, nel loro lingnaggio non ec- 
citano simultaneamente le idee del- 
la possanza, della religione e del genio 
de’ nostri ? Accorrono quindi a queste 
sagre ogni maniera di cittadini. Qui ve- 
di nobiltà e plebei, artigiani e donne, 
ragazzi e bimbi; scorgi per le finestre 
de’casamenti arazzi scrici, tappetti, opere 
rabescate di ricchissimo travaglio ; ti si 
presenta un andare, un veniredi persone, 
un mille venditori che hanno lor banchi 
mobili. per lo più di oggetti di mangiare 
e bere. Quello che si fa però oggi è meno 
assai di quello che si faceva a’ tempi 
repubblicani, Quello che oggi si fa è nn 


haha, un pêle-méle inexprimable de gens 
qui vont et viennent et de vendeurs ame 
bulants, frappe en méme temps les yeux 
et les oreilles. Néanmoins les sagre d’au- 
jourd’hui ne sont que l’ombre des sagre 
primitives; si chaque fois qu’une de ces 
fêtes a lieu, on établissait une compa- 
raison entre ce qu’elles sont et ce qu'el- 
les furent, ou l’on ne s’y rendrait pas, 
ou lon n’irait que pour recevoir de pé- 
nibles impressions, 


Vous rencontrez souvent à Venise cer- 
tains individus, qui, coiffés d’un mau- 
vais chapeau rabattu sur la nuque, les 
yeux écarquillés, la bouche béante, re- 
vêtus l'hiver d’un manteau rapiécé, l'été 
d’une blouse grossière, et le reste du 
costume à Vlavenant , parcourent les 
rues, les carrefours, portant en guise 
de bannière une espèce de tableau su- 
spendu à une perche, sur lequel sont 
tracées grossièrement d’étranges figures; 
d’une voix de stentor, et avec une action 
de véritable énergumene , ces bisarres 
industriels annoncent le supplice des 


condamnés à mort, en racontent les cir- 


constances : tels sont les hommes que 
Von appelle à Venise vendeurs de sen- 
tences (vendi sentenze). On ne saurait 
croire jusqu’à quel point ces gens-là pous- 
sent l’agilité de la langue, et la vigneur 
des poumons . Ils colportent les impri- 
més des sentences, les uns déployés à la 
main, les autres pliés sous le bras. 
D’ordinaire, les hommes qui ont fait 
de longues et graves études sur l’huma- 
nité, sont les moins sujets à s’étonner 
des choses et des évènements étranges ; 
nous disons . étranges, pour le vulgaire. 
Sans nul doute, les esprits communs, 
incapables d’ embrasser simultanément 
idée des choses et dé leur nécessité avee 


languido segno delle passate grandezze ; 
e si farebbe di meno ancora. poickè sé 
fosse sempre possibile. quarido occorto= 
no le sagre, porre in campo comparazio- 
ni, o non si andrebbe mai, o si andréb» 
be per rattristarsi. 


Vi sono tali a Venezia che con un 
cappellaccio a sghembo sulla nuca, con 
occhi spalancati, con aperta una vora- 
giné di bocca, indossato un forellato fe- 
raiuolo lo verno, la state una camiciuo- 
la, con calzoni rattoppati a mo di rete 
a’ fianchi e sulle ginocchia, sbuccano 
dalle cali sui campi, tenendo inalberato 
una guisa di cartello su cui stranie figu- 
re stanno dipinte, ed alla maniera di 
energumeni bandiscono la morte di qual- 
che infelice. Questi sono i vendi-sentén- 
ze. Egli pare incredibile che que’ loro 
polmoni tirino ed espirino tanta aria, è 
che quelle gole sieno così late da emet- 
tere un gridio così strepitoso. Portano 
stampate le sentenze parte compivgate 
sotto Ÿ ascella, parte fra le mani, che 
son quelle da loro offerte per le prime 
al pubblico. 


Sogliono gli nomini che fecero lunghi 
e gravissimi studii sull’ umanità essere 
li meno disposti a meravigliare qualun- 
que maniera di strano avvenimento, e 
diciamo strano rispettivamente al veder- 
lo vulgare. E certamente gli ingegni co- 
muni, non potétiti ad unire insieme Te 
idee delle cose con la loro necessità € 


lcd 2e 


SU ce 


+ 
celles des circonstances qui les précédent, 
les accompagnent et les suivent, lorsqu'ils 
voient et entendent des choses qui peu- 
vent, pour la premiere fois, exciter la 
surprise par leur singularité , commen- 
cent à raisonneren exx-mémessur l’objet 
qu'ils ont vu ou entendu, et précisément 
parce qu’ils sont tout-à-fait étrangers 
aux études qui introduisent l’esprit dans 
la science des choses, ilss’imaginent que 
tout ce qui leur semble nouveau, étran- 
ge, est en-dehors des lois ordinaires de 
Ja nature; quelques-uns même ne se con- 
tentent point de se forger la-dessus de pa- 
reilles opinions, mais ils s'efforcent aussi 
de persuader aux autres que la chose ne 
saurait êlre autrement qu’ils l’ont ima- 
giné. Ainsi donc, lecteur, si vous voulez 
.savoir comment bien des imbécilles igno- 
rants, hypocrites, inutiles, sont parvenus 
à obtenir une renommée quelconque, grà- 
ce aux circonstances qui accompagnerent 
leurs actions, réfléchissez à ce que nous 
venons de dire. Bref, au nombre de ceux 
qui tombent dans le mépris des hommes 
sages et probes, on range sans contredit 
les vendeurs de sentences, mais c’est à 
tort qu’on le fait , et nous tàcherons 
de le prouver ci-dessous. Ces indivi- 
dus parlent l’idiome familier du pays, 
c’est-à-dire le dialecte vénitien , qu’ils 
accommodent, qu’ils faconnent au reste 
à leur guise, s'appliquant moins, comme 
on le pense bien, à arrondir leurs pério- 
des, qu’à choisir des expressions énergi- 
ques, capables de frapper virement l’es- 
prit de la foule à laquelle il débitent 
leurs sentences. En outre, pour donner 
encore plus de relief et d’originalité à 
leur galimathias, ils commencent à par- 
ler en italien écorché, pour passer bien- 
tôt brusqueme=t aux expressions les plus 
triviales du dialecte vénitien. A Venise, de 
ces vendeurs de sentences; le plus célebre 
est un aveugle qui semble avoir choisi 
la place de Saint-Barthélemy comme le 
théâtre spécial de son industrie, Ce mal- 


Ds 


con le circostanze che le precedono, 
che le accompagnano, che le susseguono, 
mentre odono e veggono cose che la 
prima volta ponno, per le qualità loro 
singolari, la meraviglia destare, incomin- 
ciano fra se a fare le loro argomenta- 
zioni sull’ oggetto udito e veduto; e per- 
che eglino appunto sono in difetto di 
que’studii che introducono l’animo nella 
ragione di tutto quanto esiste, si pensano 
che quella a loro strana novità sia qualche 
cosa che sorpassi l’ordinario modo di tutto 
quello che si osserva; e certuni di loro 
non si contentano mica di fabbricarsi 
questi oggetti in simil guisa, ma si stu- 
diano pur anco di far credere altrui che 
non possano essere altrimenti da quelle 
che e’gli hanno già giudicati. Chi adun- 
que volesse saperecome molti uomicciati 
ignoranti, bacchettoni, affamati sieno in 
fama qualunque saliti per le particolarità 
delle azioni loro, attenda a quello clie 
abbiamo detto. Fra tanti però che per 
conosciuta girandola vengono da’sapien- 
ti e probi uomini disprezzati sono i ven- 
ditori di sentenze, ma lo sono a torto, e 
noi cercherem diprovarlo. Quia Venezia 
costoro appresero la lingua del paese, 
cioè parlano il dialetto viutziano per 
fondo, per colore fanno un lavoro a mo- 


* saico, ma informe, imperocche a questa 


guisa di gente sta così bene 1’ attendere 
a non limar le parole, ed a schizzar le 
sentenze come esse venzono, che è un 
piacere il sentivli. Quindi si danno 
un’ importanza rilevante toecando le 
cose con esordirle in tingua italiana, 
e facendone le frangie del drappo lin- 
guistico con le frasi del pescivendolo, 
del barcaiuolo e del venditore di frutta. 
Corre fama qui fra noi famosissimo es- 
sere appo il volgo un cieco che pare ab- 
bia eletto per sedia di sua dominazione 
il campo di san Bortolammeo. Quest’uo- 
mo arrabbiato contro il vuoto del borsi- 
glio mostra la quantità d’aria che batte 
i suoi polmoni, uscendo articolata in 


6 


sn 


Resrenx,® puissamment aiguilionné par 
la pensée du vide affreux qui règne dans 
son gousset, pérore et crie de telle sorte, 
qu'on peut vraiment le regarder com- 
me le type des vendeurs de senten- 
ces, que nous avons dépeints si criards 
et sì robustes de poumons. Il est tou- 
jours accompagne dun enfant qui porte 
la toile sur laquelle un malencontreux 
disciple d°4 pelles a barbowillé tant bien 
que mal la scene pathétique qui sert 
d’argument à ses discours, Il tient à la 
main une baguette dont il frappe la toile 
à chaque instant, redoublant de violence 
dans le geste à mesure que son éloquence 
déborde , et que son zéle s’enflamme. 
Alors la foule débonnaire des curieux de 
carrefonrs s'empresse autour de l’ora- 
teur; on l'écoute, on suit ses moindres 
gestes avec la mème avidité qu’en mon- 
trait jadis le peuple romain lorsqu'il se 
pressait au pied des rostres. Véhément 
comme Démosthenes, prolixe comme Ci- 
ceron, sentencieux comme Caton lui» 
même, il gesticule, il déclame, il raconte 
tour-a-tour; tantôt, nouveau Tite-Live, 
il expose avec détails les causes et les 
circonstances de la triste fln du condam- 
né, tantôt il communique ses réflexions 
sur Je caractère pervers du coupable, 
sur les moyens tortuenx, les ruses scé- 
lérates dont il s’est servi pour accomplir 
ses borribles desseins; puis il raconte les 
obstacles que trouva l'exécution du dé- 
lit, la manière dont il eu triompha, le 
nombre des blessures, l'heure, le lieu où 
elles furent faites, ete. Et les relations 
imprimées d’après les procès-verbaux du 
tribunal, ou les rapports des journaux, 
n'étant point encore suffisantes pour 
alimenter son éloquence, il ne se fait 
point scrupule de forger des circonstan- 
ces au besoin, et de broder richement 
le fond du récit, C’est alors précisément 
qu'il stupéfie son auditoire; chacun s’é- 
merveille à Penvi sur l’atrocité de l’a- 
clion, sur la faconde de lorateur, se ré- 


EE 


n 


quelle voci strepitose che dianzi abbiam 
detto distinguere in generale li vendi- 


tori delle sentenze. Egli ha sempre con 


seco un fanciullo portante lo stendardo, 
su cui uno sfortunato seguace di A pelle 
raffigurava P avvenimento ch’ e’ prende 
a descrivere. Tienein mano una bacchetta 


‘con la quale batte e percuote la dipinta 


tela, ed i cui colpi aumentano in ragio- 
ve che la sua eloquenza ferve ed incal- 
za. Intorno a questo filosofo si fa la buo- 
na gente de’ curiosi, e qui ve n’ha un 
mondo, e ognuno pende dalla sua boc- 
ca, come da quella degli oratori sui ro- 
stri pendeva un giorno la plebe di Ro- 
ma. Ora egli tuona da Demostene, quan= 
do incalza come Tullio, or la fa da 
Giovenale , talor ferve come Eschine., 
quando sentenzia Catone novello. Nar= 
ra da Livio la serie degli avvenimenti 
che furono la causa della morte, e ti 
dipigne il carattere torbido e macchi- 
noso del sentenziato , le segrete mene 
ch'egli adoperò per portare a fine i suoi 
disegni, i mezzi che furono da lui usati, 
quale il tempo del delitto, quali ostaco- 
li vinti per eseguirlo, quante le ferite, 
in qual ora date, se la persona spenta o 
lesa gravemente siagli stata vicina per 
sangue, per amicizia, per interesse, se 
fosse in alta od in bassa condizione lo. 
cata. Siccome poi non gli basta le par- 
ticolarità stampate sul caso da’relatori dei 
tribunali criminali, così e’si permette in- 
ventarne altre che abbiano con quelle una 
qualche coerenza. E pare che ci trovi il. 
suo conto: tutti si fermano, fanno le me- 
raviglie sull’attrocità del caso, fanno chio- 
se al parlare, chiose all’avvenuto, e non 
rifiniscono. Ma fatta la sua relazione, Ve- 
loquente oratore piglia la parte dell’ e- 
secuzione della sentenza, ed il funereo 
apparato è l’ ultimo colpo di oratoria 
ch’ e’ si serba in petto per abbattere, di- 
rem così, l'immaginazione degli uditori. 
Anzi a tutto narra come fu discoverta la 
colpa (ed il leltore nota pure che gli in- 


eric, s'extasie et glose de son mieux sur 
chaque mot. Mais la description cinbro- 
uillée de l’exécution de la sentence, de 
Pappareil du supplice, etc., est lé ‘der- 
pier coup, le dernier effort d’éloquence 
que l’orateur a ménagé pour terrifier, 
abasourdir. ses auditeurs. En un mot, 
voici la marche qu’il suit d'ordinaire, et 
ce que nous allons dire servira de résu- 
mé : avant tout, il dit comment le crime 
fut découvert et notez bien, lecteur, 
que les circonstances en sont toujours 
accompagnées de quelque chose de mer- 
veilleux), comment le coupable fut ar- 
rété, les pleurs, les gémissements, le dé- 
sespoir de la mére, des enfants, ou du 
mari, du frère, etc., l’effroi, la stupeur 
des voisins, le temps que dura sa déten- 
tion, comment il avoua le crime, et en- 
fin comment il fut condamné, par quel 
tribunal et dans quelle ville. Aprés ces 
préliminaires de rigueur, il vous montre 
le malbeureux condamné s’acheminant 
au supplice. Réellement, le spectacle d’ 
un de nos semblables, poussé par un 
égarement, triste preuve de la corruption 
humaine, à commettre un délit que des 
circonstances, malheureuses pour lui, ont 
‘ait découvrir, tandis que les crimes de 
milliers d’autres individus plus coupa- 
bles que lui, restent ignorés et conséquem - 
ment impunis par l'effet du hasard, ou 
se cachent même à l’ombre du pouvoir, 
e spectacle, dis-je, d’un homme, qui paie 
son é arement dc sa tête sur l’échafaud, 
par la.main d’un autre homme peut-être 
plus coupable encore que lui, qui arra- 
che lui aussi la vie à ses semblables pour 
de l'argent, ce spectacle est le plus af- 
freux, le plus dégoûtant qu'il soit pos- 
sible d’imaginer. Le peuple, dout les 
passions sont toujours plus vives et plus 
prononcées, frémit à l’ouie de pareils 
récits. Plusieurs écrivains ont essaye , 
avec plus ou moins de succés, de décrire 
la scène horrible que prèsente l’exécu- 
‘ion d’un malfaiteur ; maïs il nous sem- 


ESS 


dizii sono sempre composti cdn qualche 
tratto di portentosò), come venne cat- 
turato il colpevole, se oppose forza, 
quali fossero i pianti ed i singulti della 
madre, del padre, della sposa de’ figlino- 
li, quale lo sbalordimento de’ vicini, 
quanto fu detenuto , come confessato 
colpevole, e finalmente in qual giorno 
sentenziato, da quale tribunale, in qua- 
le città. Ciò detto, egli si dispone ad ac- 
compagnare l’ infelice al ferale palco di 
morte. E daddovero, vedere un uomo co- 
ine noi vivo e sano, un uomo che tratto 
dalla umana debolezza in un errore che 
si appalesa sventuratamente , mentre 
milioni con altri milioni di più gravi ed 
orribili per avventura si cuoprono, ed 
alcuna fiata sotto le densissime ombre 
del potere si celano, vedere, diciamo, 
quest’ uomo che sconta sur un palco di 
morte, per mano di un altro uomo che 
co’ delitti comperò il mostruoso privi- 
legio di uccidere. i suoi simili, € certa- 
mente la più grave delle impressioni toc- 
canti che muovono | anima a compas- 
sione. Il volgo, che ha le passioni più 
vergini, cioè un sentimento più energico, 
a tali descrizioni trascende e bene a ra- 
gione rabbrividisce. Fin qui però sta la 
semplice narrazione del fatto. Gli acces- 
sorii sono non men belli della scena. 
Parecchi scrittori si acciusero qual più, 
qual meno felicemente a trattare il sog- 
getto della morte di que’ disgraziati; ma 
e ci pare che le loro parole, composte 
meglio dall'arte che sbuecate dal cuore, 
aggraziando allettano, scuotendo non 
attristano. Quelle al contrario de’ ven- 
ditori di sentenze sono più efficaci, per- 
ché investiti del soggetto della loro nar- 
razione, eglino le dicono con quella na- 
iurale veemenza che afforza, anima, ri- 
genera ogni oggetto fisico e morale. Ȱ ti 
mostrano il colpevole che nou € già vin- 
colato da catene, ne tratto con forza al 
patibolo. ma in nome di quello che per. 
donò volontieri a’ suoi offensori, e pre- 


VA 


ca DER — 


ble que leurs ‘descriplions, écrites avec 
plus d'art que de vérité et de naturel; 
frappent sans émouvoir réellement, et 
égarent le jugement, du lecteur. Celles 
des humbles vendi sentenze au contraire, 
empreintes du sceau de la nature, sont 
bien plus efficaces toutes grossiéres qu’ 
elles sont ; elle.vont droit au but et ne 
s’effarouchent d’aucun détail. Elles mone 
trent le coupable qui marche au sup- 
plice, espérant dans les promesses de ce- 
lui qui pardonna sur la croix à ses bour- 
reaux mêmes , accompagné d’un pieux 
ministre des autels qui le console, l’en- 
courage, et l’exhorte à recevoir avec ré- 
signation le châtiment de son crime, qui 
doit lui servir d’expiation aux yeux du 
juge suprème, Toutes les passions hu- 
maines se sont retirées du coeur du con- 
damné ; il n’a plus que deux pensées 


vivaces : la certitude que dans peu d'in- 


stants la justice divine lui fera subir par 
Vintermédiaire de celle des hommes la 


punition du forfait qu'il a commis; l'es 


pérance que le Dieu clément qui n'a 
jamais repoussé le repentir du coupable, 
écoutera en sa faveur la voix de sa mi- 
séricorde, Vous imaginez facilement que 
la faconde de l’orateur ne lui fait jamais 
défaut à cetendroit de son récit, et alors, 
pour donner plus de poids, plus de force 
à ses paroles, il indique du bout de sa 
baguette la partie du tableau qui repré- 
sente grossiérement, la dernière scène 
que le vendi - sentenze expose. La nar- 
ration enfin terminée, tous les assistants 
s’éloignent et se dispersent, encore émus 
des paroles qu’ils viennent d’entendre, 
et l'imagination pleine d’une frayeur sa- 
lutaire, 


gò per loro morendo sotto i colpi delle 
loro destre, viene da un ministro del Sir 
guore chiamato alla fede di lui perché 
si abbandoni all’amore sommo, e pazien- 
temente subisca la pena per cancellare 
il fallo di sevizie di.cui si era lordo. Può 
dirsi che i dannati alla morte sono do- 
minati da due ben gravi ma diversi af- 
fetti. Essi hanno una certezza ed una 
speranza che li comprendono nel fatale 
momento della loro dipartita dalla val. 
le terrena; certezza che la giustizia di 
qua, scagliando i suoi fulmini sul la 
lor testa, in breve d’ora renderà e- 
sanimi le loro spoglie; speranza, che a 
tutti perdonando, e che amando persino 
la destra o la manaia del percussore, 
pentiti di ogni torto usato contro il cie- 
lo, saranno presi da quelle braccia amo- 
rose che tutti accolgono quelli che ad 
esse fiducialinente si abbandonano. Po- 
tete immaginare come qui il Cicerone fa 
suo l'argomento, e da’più forza alle sue 
descrizioni col mostrare al pubblico il di- 
pinto, eseguito, come abbiam detto, il più 
storpiamente che mai, poichè P ultima 
sconciamente e scena rappresentata in 
questa carta è appunto la storia della 
morte del colpevole. Tutti partono inti- 
mamente compresi di commossione, tutti 
partono intimoriti del castigo, tutti las- 
ciano il vendi sentenze con la efficace le- 
zione di ben condurre la vita a scansare 
il castigo. 


LOT NT n 


Dansles pages précédentes, nous avons 
parlé d’une fête vénitienne dont l’origi- 
ne remonte aux temps de la république, 
et qui subsiste encore aujourd’hui saus 
le gouveruement monarchique; nous en. 
tendons parler du jour où Pon célèbre 
la fete de Notre-Dame de la Santé. 


Maintenant il nous est permis de déplo- 


yer toutes les ressources de notre talent 
descriptif dans l’exposition d’un autre 
usage moderne qui ne différe en rien de 
celui des temps républicains: la sagra 
du Rédempteur en un mot, est précisé- 
ment le sujet dont nous allons nous oc- 
cuper. Elle rappelle des faits célèbres, 
elle est l’histoire vivante d’une époque 
mémorable pour la république vénitien- 
ne; mais afin que le lecteur puisse nous 
comprendre pleinement, remontons ju- 
squ’à l’origine même de la fete. 

Une peste cffrayante , importée des 
pays étrangers, avait plus d’une fois 
exercé ses ravages parmi les citoyens de 
Venise. Les rapports commerciaux que 
nous avions avec les contrées lointaines 
visitées par un nombre incroyable de 
navires vénitiens, étaient la cause évi- 
dente, de l'introduction de ce fléau ter- 
rible au sein de notre ville. La peste de 
lan 1630, qui dura pendant six mois, 
fut plus maligne que toutes celles qui 
lPavaient précédée. Semblable à l'an. 
ge exterminateur, elle pénétrait dans les 
palais magnifiques comme dansles hum- 
bles taudis; riches et pauvres éprou- 
vaient également le pouvoir terrible du 
fléau. Les hommes les plus sages, les plus 
habiles flottaientirrésolus dans leurs opi- 
mions, et la médecine s’avouait impuis- 
sante. Tous les remèdes demeuraient sans 
effet; les malades mouraient par centai- 
nes, et souvent leurs cadavres restaient 
sbandonnés sur Ja voie publique; sou- 
vent les personnes charitables au moment 
même où elles se disposaient à ouvrir 
leur bourse à un malheureux, le voyaient 


tomber mort à leurs côtés. Les famil. 


Nelle pagine addietro abbiam fatto cen- 
no di una festa viniziana ch’ ebbe suo 
principio a’ tempi repubblicani, e che a 
questi monarchici ancora sussiste, cioè 
abbiam detto del dì in cui cadde la festi- 
vità di nostra Donna della Salute. Pure 
al presente ei vien fatto di spiegare le 
ali della mente ad un soggetto di moder- 
no costume che per nulla dal repubbli- 
cano differisce» La sagra del Redentore 
è il soggetto appunto del quale noi ora 
prendiamo a favellare. Desso ricorda fat- 
ti illustri, è la storia di una famosa epo- 
ca della veneta repubblica. Per ben com. 
prenderlo poi mestieri è che noi saliamo 
all’ origine della sagra. 


Pestilenzial morbo da strane regioni 
portato aveva afflitto parecchie volte gli 
abitanti della nostra città. Il commer- 
cio navale che per quelle parti dirizza- 
va tanti legni mercantili era cagione im- 
mediata che il miasma venisse ad inva - 
dere la capitale medesima. Questa peste 
del seicento, che durò per sei mesi,fu più 
terribile per avventura di quante in pre- 
cedenza aveano afflitto Venezia. S° insi- 
nuava come l’angelo sterminatore negli 
il 


nobile, il plebeo, tutti sentiano il peso 


umili tugurii e ne’ superbi palagi ; 


di quel flagello mortale. Il consiglio de? 
prudenti. era dubbio, e 1° arte salutare 
infruttuosa. Ogni rimedio era elaso di 
effetto: moriano i miseri, ed i freddi 
corpi vedevansi frequente su’ sentieri 
della città; e quelli che imploravano 
} aiuto della carità vedeansi morire :a 
fianco ai pietosi che soccorrer loro pre- 
stavansi. Si traevano li cadaveri contraf- 
fatti dalle famiglie desolate, e spesso in- 
contrava che di molti neppur uno so» 
pravisso si rinvenisse alla morte de’ suoi, 
Da ben settanta famiglie patrizie furono 
travolte dal corso ruinoso del miasma 


les entières succombaierit, ét plus d'une 
s’éteignit entièrement en peu de jours; 
soixante-et-dix familles patriciennes , 
victimes des ravages du mal, s’éteigni- 
rent ainsi à cette époque fatale. Lor- 
squ’on pénétrait dans leurs palais super- 
bes, les gémissements, les plaintes, la soli- 
tude frappaient douloureusement les re- 
gards et la vue; les derniers survivants, 
près de suivre les autres victimes, déplo- 
raient amérement leur destin. Cesappar- 
tements naguère animés, réjouis par les 
accents du plaisir etles sons harmonieux 
d’une musique entraînante; qui avaient 
bien souvent, après les graves discussions 
du sénat, recu dans leur asile heurenx 
les sénateurs préoccupés de grands des- 
seins, ces appartements, dis-je, ne réson- 
naient plus que des accents de la dou- 
leur ; les emblèmes de la mort, le silen- 
cc, lhorreur y avaient établi leur em- 
pire. Venise avait perdu son activité si 
vantée , elle pleurait sur elle-même, veu- 
ve de ses plus nobles héros, accablée 
par unsi épouvantable revers. et ses rues 
désertes n'étaient parcourues que par les 
convois funèbres de ses plus illustres 
enfants. 

Dans les places, dans les carrefours, 
partout, les quelques passants qui se 
rencontraient, véritables spectres amai- 
gris, défigurés par la maladie, par Ja 
douleur, ne s’informaient plus des nou- 
velles .de la santé de leurs proches, de 
leurs amis; l’affligeante réponse — il est 
tombé malade, il est mort aujourd’hui — 
si souvent répétée alors, ne leur avait 
que trop appris combien pareille deman- 
de pouvait étre. douloureuse. Effrayés 
d’une calamité si terrible, les patriciens 
tinrent conseil, ét ordonnèrent que tous 
les pestiférés se retirassent au Lido, et 
que là, accucillis par des soins charita- 
bles, ils se renfermassent dans un isole- 
ment complet. Cette île regorgea bien- 
tôt de ces malheureux, et pour leur don- 
ner un abri, on fut obligé d’élever des 


letale. Entravasi in que’ superbi  pala- 
gi, e s° udiva solo il gemito dell’ ultimo 
figlio che invocava dal cielo all’ anima 
propria riposo. Gli altri su letti erano 
trofei di morte inesorabile, Quelle stan- 
ze poc'anzi rallegrate dal sorriso dell’a- 
micizia, della parentela ; quelle stanze 
che risuonavano delle festevoli e toc- 
canti note della musica ; quelle stanze 
dove la vita pareva che si preparasse a 
passare gli ordinari confini della esisten- 
za: quelle stanze dove maggiorenti si 
portavano a riposarsi venendo dal sena- 
to ; quelle stanze in cui essi meditavano 
su’ vantaggi che maggiori potessero alla 
patria loro recare, erano mute di gioia : 
il dolore ed il silenzio avean fondato ivi 
il loro trono : lo squallore di morte vi 
assisteva ministro, e le croci su’ estinti 
corpi desolavano di ogni terrena spéran- 
za. Vinegia non aveva più la sua attività : 
essa sui propri sentieri sedeva piangen- 
do, e tapina ogni dì più attristavasi, ché 
vedeva i suoi forti spenti trasportarsi 
nella valle dell’ obblivione accompagnati 
da cerei funerei, dalle voci lamentevoli 
de’ levitie dal mortuario tocco de’ bronzi. 


S’incontravano pe’campi e per le calli 
gli infelici passeggieri, pallidi ed ischele- 
triti, e non più si domandavano dello 
stato di salute delle loro famiglie, che 
una dura prova avevano fatto per sentirsi 
rispondere : morte lo tolse questa notte 
jeri, oggi, passavano silenziosi, e si por- 
tavano a invocare pietà dal Signore. A 
tanta sventura li nobili Veneti racco- 
glievansi in consiglio, e décrelavano che 
gli appestati si ricovrassero sul lido, e 
che quivi caritatevolmente fossero trat- 
tati. Questa isola in poco fu ripiena di 
miseri. e fu mestieri mettere casuccie e 
far trabacche sui navigli che alle coste 
dello stesso lido furono condotti. Quale 
pena funesta ed'insieme solenne! Dalle 
case loro semispenti li poverelli veniva- 
no tolti all’amore della madre e della 


— 236 — 


cabanes sur des navires amenés à la 
côte. De malheureux enfants, des .frè- 
res, des soeurs , des époux s arrachés à 
l’amour d’un père, d’un mari, d’un fré- 
re,se voyaient forcés de quitter les foyers 
domestiques; et entassés dans des lits 
dégoûtants, préparés à la hâte sur des 
bateaux qui les transportaient ainsi au 
Lido, ils allaient augmenter le nom: 
bre des misérables qui y languissaient, 
qui ÿ mouraient par centaines. Le sé- 
nat toutefois ne négligea rien pour que 
de semblables mesures s’ accordassent 
autant que possible avec les égards dûs 
aux infortunés citoyens. Il avait fait ve- 
nir dans l'ile des prêtres, des médecins: 
des sages-femmes, et autres ‘personnes 
nécessaires au sôulagement des. mala- 
des; vivres, médicaments , secours de 
toute espèce leur furent prodigués. 
Lareine de l’Adriatique, la malheureu « 
se Venise, de l’abîme de ses infortunes, 
éleva: sa voix suppliante jusqu’au séjour 
de la félicité et de la miséricorde infinie, 
et Venise, qui ne s'était jamais écartée 
du sentier, de la justice ‘et de la piété, 
ne tarda point à être exaucée. Le.sénat 
et le peuple avaient solennellement 
décrété que, à peine le fléau cessé, ‘on 
éléverait un temple en mémoire da bien- 
fait signalé obtenu de la miséricorde cé- 
leste, La peste cessa, et le sénat aussitôt. 
déclarant Venise sauvée, et invitant les 
populations voisines à venir repeupler 
la capitale, s’oceupa.sans délai de Vas- 
complissement du voeu.public, — On 
commença donc;surle champ la construc- 
tion de l’église du Rédempteur, sublime 
monument de la reconnaissance vénitien- 
ne envers le Tout-Puissant, et sous le 
dogat de Mocenigo, Trevisan étant pa. 
triarche de Venise, on posa la premiére 
pierre de cet édifice avecune inscription 
qui en rappelait la cause, ainsi que la 
piété vénitienne, Pallade de Vicence, ce 
génie admirable qui, conjointement à 
Scamozzi, avait elevé l’art de Parchitectu. 


sposa, de'figli, degli amici, e posti sovra 
letti apparati entro a barche alla meglio, 
si trasportavano al lido ad accrescere il 
numero de’ sventurati. ll Senato però 
nou trascurava cosa alcuna che non con 
ferisse al bene de’ cittadini. Aveva spe- 
dito sacerdoti, medici, chirurghi, mam 
mane, monatti ed altra gente necessaria 
a soccorrere gli infermi ; non mancava- 
no farmaci, e di cibi vi era grandissima 
copia. 


Ma la donna d’Adria dal fondo del 
suo dolore levava i sospiri dove la pie- 
tade al domandar precorre. Quella che 
non lasciò mai la. carità e le sue leggi 
era esaudita in cielo, e dovevano durare 
assai poco le sue afflizioni. I padri del 
Senato avevano decretato col popolo in- 
vocante che cessato il morbo un tempio 
si ergerebbe a rendimento di grazie alla 
divina bontà. La peste spariva, il Sena- 
to dichiarava libera Venezia, ed evocava 
dalle terre prossimane genti a ripopola- 
re la capitale, ed operava assiduamente 
perchè l’opera del tempio posta venisse. 
Fermo adunque di testimoniare con mo- 
numento la viniziana gratitudine al Re- 
dentore, e venuto iltempo di principiar- 
ne l'edificazione, sendo doge Mocenigo, 
e patriarca Trevisan, se ne pose la pietra 
fondamentale con un motto allusivo alla 
pietà de’ nosiri. Palladio di Vicenza, 
quell’ uomo immenso che l’arte archi- 
tettonica aveva portato assieme con lo 
Séamozzi al più alto grado di perfezione, 
ne fu il disegnatore ‘ed il direttore alla 
fabbrica. In poco volgere di tempo essa 
fu come ora noi la veggiamo, monumento 


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te au plus haut degré de perfection, Pal- 
lade traça le plan de l’église, et fut chargé 
de la direction des travaux. En peu de 
temps, cette création grandiose fut ache- 
vée, telle que nous la voyons aujourd’- 
hui; c’est sans contredit un des monus 
ments les plus admirables de la piété, du 
génie et de la puissance de nos ancêtres. 

Il est réellement surprenant que la 
république de Venise, à peine échappée 
à des revers si terribles, fût encere assez 
riche pour pouvoir fonder des monuments 
si grandioses et si parfaits qu’ils rivali- 
sent avec la *magnificence et la délica- 
tesse des chefs-d’oeuvre grecs, avec la 
majesté et la solidité des 3difices romains. 
La ligue de Cambrai avait coûté dessom- 
mes immenses au trésor de l’État qui dut 
combattre presque toute l'Europe con- 
jurée contre lui. Qui aurait pu croire 
qu’apres la défaite d’Agnadel, la répu- 
blique eût pu sitôt se rasseoir, et, ren- 
trée en possession de tous ses domaines, 
fût capable de restaurer des villes entiè- 
res, d'élever des palais, de fonder des 
églises, et de réparer en un mot tous ses 
désastres ? Voilà néanmoins précisément 
ce qu’elle fit alors par un effort de puis- 
sance, preuve frappante du nombre pro- 
digieux des richesses qu'elle avait accu- 
mulées. 

D’année en année, à mesure que cha- 
que anniversaire de la fète s’éloignait 
davantage de l’époque de sa fondation , 
la gaîté, qui est le fond du caractère 
vénilien, commenca d’abord à s’allier 
aux sentiments de la piété, puis là sup- 
planta presqu’entiérement, si bien qu’ 
aujourd’hui la fête du Rédempteur est 
le prétexte de divertissements de toute 
espèce, et de lallègresse la plus expan- 
sive. 

Ainsi qu’on le pratiquait dès les pre- 
miers temps de l’institution de la sagra; 
maintenant encore on jette chaque an- 
née, pour le jour de la fête, un pont de 
bateaux sur la lagune qui sépare l’île de 


| 


mn 


wa 


il più eloquente della religione dei no- 
stri, del loro genio, del poter loro. 


Era cosa invero sorprendente che la 
nostra repubblica potesse dopo le patite 
jatture potesse, diciamo.tanto da fondare 
opere meravigliose così che sfidano la 
eleganza e la magnificenza delle greche, 
la superbia e la solidità delle romane. 
La lega di Cambrai le aveva fatto vuo- 
tare immenso denaro, che ebbe a com- 
battere contro l Europa intera a suoi 
danni congiurata. Eppure chi avrebbe 
pensato che dopo la rotta di Agnadel la 
si avesse potuto riavere, e che tornata 
nel possesso de’ suoi dominii fosse stata 
al caso di ristorare città e palagi, di 
fondar templi, e di aggiustare molte co- 
se che andavano deperendo? Se dessa 
tutto questo poteva, ella è prova inevi- 
tabile delle immense ricchezze che avea 
ragunate. 


D'anno in anno che si andò innanzi 
con questa sagra, i primitivi sentimenti 
di pietosa gratitudine si unirono a quel- 
li della gioia ed al proposito di schiva- 
re mattana, vogliam dire la parte profa- 
na anch’ essa primeggiò, e la festa del 
Redentore divenne un mezzo di sollazzo 
comune. 


Come dal primo momento in cui fu 
instituita cotale festività, si suole anche 
oggidì nella sera precedente ii suo an- 
niversario gettare un ponte sulle acque 
che congiunge la capitale alla Giùdec- 


eni 


la Giudecca de la ville: Lorsqueie silence 
de la nuitcommence à établir son empire 
partout ailleurs, c’est alors précisément 
que l’agitation de la sagra commence à 
Venise; le tumulte, la foule croît avec les 
ombres de la nuît, et vers onze heures, 
le pont de bateaux est surchargé d’une 
foule incroyable. Les jeunes-gens sur- 
tout, qui n'aiment rien tant qu’à passer 
lanuit dans les amusements, le pêle-mêle 
d’une semblable cohue, les jeunes-gens 
affluent sur ce point de toutes parts, et cé- 
lèbrent cette sagra nocturne aussi joyeu- 
sement. que le fat jamais fête éclairée des 
rayons du soleil. À ce propos, il n’est 
pas inutile de dire que les Vénitiens, s’é- 
cartant des usagesordinaires, et pour ainsi 
dire, du voeu de la nature, ont adopté des 
habitudes tout-à-fait originales, fesant du 
jour la nuit, et réciproquement, et se dé- 
lassant non par lerepos, mais par de nou- 
veaux plaisirs. — Impossible à dépeindre 
les mille scènes bisarres que la Giudecca 
présente dans cette nuit. Pour le specta- 
teur qui la contemple des bords opposés 
de la lagune, sur le quai des Zattere, la 
Giudecca offre un coup-d’oeil tout-à-fait 
semblable à celui d’un camp dont les 
tentes seraient brillamment illuminées ; 
et même on pourrait presque comparer 
cette île à un immense vaisseau magni- 
fiquement décoré sur lequel un joyeux 
équipage s’abandonne aux plaisirs de la 
table. Mais entrez dans les guinguettes, 
dans les restaurants qui bordent les quais; 
là vous trouverez une foule bruyante, 
commodément attablée dans les jardins 
adjacents, sousiles treilles touffues qui 
étendent leurs pampres verds comme un 
pavillon au-dessus des buveurs. Dans les 
jours de fête les plus solennels, vous ne 
verrez jamais les aubergistes, les garçons. 
etc., aussi affairés que dans celte nuit, 
chère à tous les viveurs vénitiens. 

Les familles, les corporations entières 
accourent à la Giudecca avec empres- 
sement; chacun s’assied au premier en- 


€ 
ai 


0 


NE 


ca. E quando le pallide ombre discen- 
dono dai monti, e che }a natura s’ ad- 
dorme, regnando'il silenzio delle cose 
qui si comincia la festa, e più più che 
la notte si fa molta, i cittadini s’ affolla- 
no, ed il ponte dà passaggio ad incredi- 
bil numero di gente. La gioventù prine 
cipalmente, la quale non trova di che 
spendere le ore notturne che col bagor- 
do e col chiasso; la gioventù nella folta 
tenebria dell aere notturno circola , 
brulica, indietreggia, ferve, e sembra la 
sua letizia ispirata dall’astro del giorno, 
E daddovero li nostri Viniziani non fu- 
rono pigri ad evocare dai costumi natu- 
rali un’ altra maniera di costumi artifi- 
ziali. Alla notte sostituirono il giorno. 
al riposo delle membra. il sollazzo. Mil- 
le sono le svariate scene che in questa 
sera ti presenta la Giudecca. Star dalle 
Zattere osservando l’isola in festa, pare 
ella un accampamento militare dove un 
immensità di fuochi. trapelino dalle 
tende. Anzi potrebbesi paragonare la 
Giudecca stessa ad un grande naviglio 
apparato solennemente in cui le vittrici 
genti facciano banchetto. Se non che è 
da mettersi nei giardini ed orti ove, i 
loro pergolati, di uva rosseggianti carichi 
e di foglie foltissimi, valgono a’concor- 
renti come di tenda per non essere ba- 
guati dalla rugiada del cielo. Non altri- 
menti che tu fossi all’ oste in giorno di 
festa solenne, ti trovi allora negli orti 
della Giudecca. E° paiono radotti di ve- 
ra gioia e tripudio. 


Le famiglie intiere quivi si arrecane, 
seggono sovra lignee panche e sopra 
l’erba, e spolpano polli rosolati, e asciu- 


— 239 — 


droit venu, sur un banc, sur le gazon, 
sur la terre nue; les flacons, les plats, 
se vident avec une égale rapidité, et la 
joie Ja plus franche règne seule sur ces 
joyeuses réunions d’individus. Au reste, 
ces lieux publics sonten pareille circon- 
stance le rendez-vous du beau monde 
comme des classes ordinaires. Les gens 
même le plus entichés de bon ton font'ex. 
ception aux règles habituelles de leur con- 
duite; les dames elles-mêmes cèdent de 
bopne-grâce à l’entrainement général, et 
lears gracieux sourires viennent embellir 
le tableau, et charmer ceux qui en sont 
l'objet, ou du moins les témoins. En un 
mot, cette nuit-la on dirait que tous les 
citoyens de Venise ne forment qu’une 
seule famille, où la joie, l’amabilité, la 
concorde règnent paisiblement. Mais ce 
n'est point seulement dans les tavernes, 
dans les auberges que l'on se livre gat- 
ment aux délices de la bonne-chère ; des 
barques étégamment décorées, pourvues 
de tables, et de tous les accessoires né- 
cessaires, promènent sur la lagune une 
foule d’amateurs de semblables plaisirs, 
de curieux, etc. La saison et l’heure 
contribuent admirablement à augmenter 
Vattrait de ces plaisirs; les gondoles, les 
bateaux de toute espece sillonnant le ca- 
nal, chargés de musiciens, éclairés par des 
torches, des transparents, et répandant 
à la fois autour d’eux des flots d’harmo- 
nie et de lumiere, offrent un spectacle 
véritablement enchanteur, et tout-à-fait 
parüculier à Venise, Cette nuit, en un 
mot, est réellement féerique; variété d’ 
aspects, nombre infini de barques, musi- 
que harmonieuse, allégresse expansive, 
affluence de curieux, mélange de chants, 
de cris, de murmures lointains, tout se 
réunit pour faire de la sagra du Bédem- 
pteur et de File dela Giudecca lespectacle 
le plus bisarre, Jeplus frappant et le plus 
animé qu’il soit possible d'imaginer. 


gano fiaschi, e menano giocondissima 
festa. In mezzo a questi orti poi non si 
desiderano uomini di tutte le condi- 
zioni e di tutte le professioni. Nobili si 
mischiano e partecipano dell’ allegrez- 
za popolare. Che se tu miri al contegno 
de’ nobili in questa sera, e’ti pare che 
si dispoglino di quel tuono di gran» 
dezza e ‘di fasto per cui si fanno quasi: 
inaccessibili alle classi inferiori, e le da- 
me medesime non si ristanno dall’ ab- 
bassar la matronale importanza e dal far 
lieta la gente di cortesi e piacevoli sor- 
risi. Qui insomma tutti li cittadini fan- 
no una famiglia la più amica, la più dol- 
ce e più gioconda. Ne solo si mangia 
pegli orti; barchette bellamente illumi- 
nate ed ornate contengono crocchi di 
gente e tavole su cui s’imbandiscono le. 
cene. L’età, il tempo e la stagione ser- 
vono, mirabilmente a rinfiammare le fan 
tasie, e sulle acque della cilestra laguna 
la pronta voga de’ marinai, le armonio- 
se note, che in questi navigli vaganti ine. 
nalzano gli istrumenti, ti danno un qua-. 
dro originale e tutto.viniziano. È bel. 
lissima quella notte; è una specie d’in-, 
canto quel moto differente delle genti, 
quell’ andar multiforme delle gondole, 
quella multiplicita di aspetti, quel vario 
suono di voci; infine tutto quanto pres 
senta la sagra del Redentore in quell’ i- 
sola, che pare ondeggiante sopra il pia». 
no delle acque, vale immagini classiche 
e solenni. 


2 


—_—— e © «Siae 


/ 


— PAU ee 


Limitation de la nature a toujours été 
une des études les plus chères aux peu- 
ples anciens. Nous n’avons certes pas be- 
soin d’entrer dans delongsraisonnements 
pour prouver cette vérité, puisqu'il sufs 
fit de jeter un coup-d’oeil sur la Gran- 
de-Grèce, sur les monuments de Rome 
antique, pour y découvrir une infinité de 
chefs. d’oeuvre qu’éleverent les Italo- 
Grecs et les Romains , et qui frappent 
encore aujourd'hui les regards stupéfaits 
de leurs descendants. Et s’il fut un tem- 
ps où des peuples étrangers opprimérent 
la malbeureuse Italie, et où les sciences, 
les beaux-arts, la littérature y furent 
mis en oubli, nous avons su enfin secou- 
er le joug de fer qui paralysait, anéan- 
tissait notre inspiration, notre génie, et, 
rafraichissant nos vieux souvenirs de 
gloire, nons avons commencé à marcher 
sur les traces illustres de nos ancêtres. 
L'Italie vit son front brillant une secon- 
de fois de l’auréole des arts et des scien» 
ces, l'Italie fut encore le modéle et l’ad- 
miration des peuples régénérés, La reli- 
gion catholique, source des affections les 
plus pures et des inspirations les plus 
sublimes, étendit son influence civilisa- 
trice sur les esprits, et cette influence 
porta des fruits si beureux que les gloi- 
res de la Grece et de l’antique Italie 
semblerent renaître plus resplendissan- 
tes que jamais ; un astre nouveau parut 
éclairer univers, et une époque mémo- 
rable surgit avec un éclat imprévu des 
ruines de la barbarie et du temps. 

De toutes les populations de l'Ttalie, 
celle qui devait sans contredit sentir plus 
vivement l’effet de cette régénération, 
c'était la nation vénitienne. Plus éloignés 
de Pempire des dominateurs de Rome, 
de la corruption de cette capitale abà- 
tardie du monde, à peine entendirent-ils 
les premiers accents des prédications 
évangéliques, qu'ils en reçurent les le- 
cons avec avidité, et leur conversion fut 
aussi persévérante que spontanée. Ruf- 


Lo vritrarre dalla natura e stato uno 
de’ più cari studii delle antiche nazioni. 
Nè ci è mestieri porre in campo argo- 
menti per ciò provare, conciossiache ba- 
sta andar per la Magna Grecia, spaziare 
per le vie del Quirinale e del Tarpeo, 
poggiare l’Esquilio per rinvenire le ope- 
re belle ed immense che gli Italo-greci 
ed i Romani sfoggiarono per fare isba- 
lordite le generazioni universe. E se vi 
fa un tempo in che stranieri popoli op- 
pressarono le italiche fortune, e le arti 
e le scienze in Italia si obbliarono, noi 
abbiam saputo usare delle nostre forze 
per trarsi dal collo il ferreo giogo che 


_ nientiva gli ingegni nostri, e revocan- 


dole antiche leggi di gloria, ci dammo ad 
imitare gli esempli de’ maggiori. Italia 
ritornò anche una volta bella di scien- 
ze ed arti, e anche una volta venne ris-> 
guardata la più famosa terra del mondo 


rigenerato, La religione cattolica, che è la 


religione degli affetti più alti e più no- 
bili, spiegò allora Pimperio della sua fi- 
losofia sulle menti de’ nostri, e tanto po 
tè che le scene della Grecia e dell’ an- 
tica ltalia rinovellaronsi, un nuoro sole 
comparve ad illuminare la terra, una 
famosa epoca emerse. 


Fra tutti li popoli italiani i quali più 
dovevano sentire la forza della religione 
erano que’ che abitavano le Venezie. 
Più lontani a’ tempi degli imperadori 
romani, dalla corruzione della capitale 
dell’ imperio del mondo, quando udiro- 
no la verità del Vangelo, la ricevettero 
pronti, e la loro credenza fu ferma, per» 
severante. Ruffino di Concordia, città fio- 
rentissima delle Venezie, partecipava a 


sit Rd == 


fino de Concordia, ville florissante des 
pays vénétiens, communiquait à Saint- 
Jérôme, au VI° siècle, que les Vénétiens 
il entendait parler des Concordiens, co- 
lonie romaine , avaient professé avec 
ardeur la foi chrétienne, et souffraient 
avec une résignation admirable les per- 
sécutions de ses cnnemis. Qu'on juge, 
d’après ce seul trait, de Ja vivacité des 
sentiments religieux qui durent pénétrer 
le coeur de nos ancêtres lorsque, forcés 
par les invasions des hordes barbares à 
se réfugier dans les lagunes , il virent 
contre toute attente fleurir rapidement 
leur colonie naissante, et ne farent bien- 
tôt plus soumis qu’à leurs propres lois. 
Les victoires qu’ils remportérent sur les 
ennemis produisirent pour eux lesmêmes 
effets que pour les Grecs et les Romains, 
et, reconnaissants des bienfaits qu’ils ava- 
îent reçus du ciel, ils en consacrérent la 
mémoire par des institutionsadmirables, 
des chefs-d’oeuvre de génie et de toute- 
puissance qui prouvent éloquemment 
leur piété et la vivacité de leur gratitu- 
de. Nous voulons dire par=là qu’ils surent 
allier les inspirations de la religion avec 
celles du patriotisme; les Vénitiens en 
effet furent toujours aussi bons citoyens 
que catholiques zélés. 

Un monument des progrès et du per- 
fectionnement des beaux-arts à Venise, 
c’est l’Académie des Beaux-Arts; colle- 
ction superbe réunie dans les salles d’un 
édifice élevé près de la Charité, et qui 
mérite bien cenom. Précisément à l’épo- 
que de l’année où est maintenant arrivé 
le cours de nos Scènes, cet édifice est 
ouvert au public; chacun alors peut li- 
brement aller y admirer les chefs-d’oeu. 
vre de l’ancienne école vénitienne, et 
les productions récentes que l’on y ex- 
pose chaque aunée. Ce sont, comme on 
le congoit sans peine, ces derniers objets 
qui excitent particuliérement la curiosité 
et fournit matière aux conversations des 
visiteurs qui aecourent alors en foule. 


san Girolamo nel IV secolo che Vinizia- 
ni, intendeva li Concordiensi, romana 
colonia, si erano dati fortemente alla 
professione delle massime del cristiane- 
simo, e che sofferivano con mirabile co- 
stanza le pene loro inflitte da’ suoi ne- 
mici. Argomentasi quindi quale immen- 
so affetto la religione del Figliuolo del- 


uomo non doveva mettere nel petto 


de’ nostri quando, riparatisi nell’ estua- 
rio per la sorvenuta delle barbariche 
geldre, che il vicin continente ed Italia 
universa desertarono, coll’ andare di po- 
chi anni si videro liberi e retti a leggi 
proprie. Le vittorie sopra i loro nimici 
fecero sur essi lo stesso effetto che ‘su’ 
Greci e Komani le loro, e grati pe’ be- 


nidalcielo ricevati lasciarono, per ope- 


re di cristiana pietà e di patria caritade, 
monumenti superbi che eloquentemen- 
te dimostrano la loro riconoscenza e 
virtù. Questo si ‘che vuolsi dire, ch’ei 
composero assieme le ispirazioni sacre 
con le civili, perche conobbero parimen- 
ti santi i religiosi ed i patrii affetti. 


Un monumento, una storia dell’ ori- 
gine, del progresso e del perfeziona- 
mento delle belle arti appo nostri lo 
abbiamo nella ricchissima raccolta esi- 
stente nel fabbricato che alla Carità si 
estolle , e che ben a ragione appellasi 
1’ Accademia delle Belle Arti. Questa, al 
tempo in cui siam giunti con le nostre 
narrazioni, apresi al libero ingresso di 
quantunque ami vedere quanto di più 
celebre possa contare la nostra scuola 
viniziana, e quello che annualmente si 
operò di ‘novello pei concorsi esposto. 
Grandissima è la moltitudine che.si ar- 
reca a questa parte cupida di notare le 
produzioni esposte @..di mettere fuori 
alia sua volta quèlla sentenza ehe.le pa- 

dI 


Le paysage; l’architecture, la peinture,la 
sculpture, en un mot, tout ce qui est du 
ressort des beaux-arts, y étalent leurs pro- 
ductions. Tous les spectatears intelligents 
ou nob; initiés ou, profanes, passent gra- 
vemeat en revue les objets exposés, don- 
pantleur avis sur chacun d'eux à tort et à 
travers, et débitent d’un ton tranchant 
des opinions qui sont aussi loin de la 
vérité que du plus vuigaire sens com- 


mun , et qui jurent étrangement avec. 


les sujets auxquels elles sont appliquées. 
Néanmoins, à tout prendre, il y a en- 
core moins de mal à dire tont net les 
sottes pensées qui vous passent par la 
tête, qu’à feindre unenthousiasme qu’on 
ne: comprend mème pas, et surtout à 
mentir à sa conscience en cachant ou 
déguisant ses opinions véritables. Nous 
disons ceci à propos de certains indivi- 
dus qui, prévenus en faveur de tel où 
tel autre artiste par l'amitié, par la con- 
formité des principes, ou Dieu sait mé; 
me par quel autre motif, s’extasient, de 
propos; délibéré sur un ouvrage médio- 
diocre ou décidément mauvais avec au- 
tant d’ardeur qu’ils en meitent un instant 
après à critiquer, à dénigrer un autreou- 
vrage, uniquement parce qu'il n’est pas 
du méme auteur. Telle est bien souvent 
l’origine de ces rivalités haineuses qui 
font autre part le désespoir des artistés 
consciencieux; hénreusement à Venise 
les chosessont rarement poussées jasqu’à 
ces termes extrêmes, et, entre jeunes éle- 
ves et arlistes de l’Académie, joyeux 
compagnons s’il én fut jamais, toute di- 
scussion, toute haine s'oublie. gaiment 
dans le premier cabaret où ils se rencon- 
trent; et là critiques et criliqués noient 
débonnairement leur resseniiment au 
fond des verres. Ces jeunes-gens au reste 
composent à Venise une classe trop sin- 
gulière, trop excentrique, pour quenous 
n’entrions point sur leur compte dans de 
plus longs détails.” 

Pour la plupart dés parents de nos 


2Y 


PES 


9] 


f dal 


acre 


re di poter far manifesta. In generale, È 
più ragguardevoli cittadini vi si portano; 
e vedi padri e madri che vanno loro fi- 
glinoli adducendo. al tempio della bel- 
lezza, quasi gli vogliano di dolci. ed a- 
morose ispirazioni allettare. Ivi sono tut- 
te le opere di disegno, di architettura, 
di pittura, di scultura, infine lavori di 
ogni maniera, di oggetti alle arti belle 
appartenenti. Mille occhi intelligenti, e 
non intelligenti vanno mareggiando per 
quelle sale, ed ora riposano su questa, 
ed or sù quell’ opéra, e se ne sente un 
diluvio di.sentenze, che frequentemente 
sono così vicine ‘al vero, e fra loro coe- 
renti come è il fuoco con l’acqua. Ma 
dite quello che si sente non è peccato, 
fingere di sentire in un modo e propria- 
mente sentire in un altio, quello è che 
grandemente colpevole dee risguardarsi. 
E siffaltamente ci spieghiamo, concios- 
siachè non vi maneano (certamente di 
quelli che vinti da qualche artista o di 
questiamici fervidissimisanno dipingere 
le sue opere con tocchi i più lusinghie< 
ri benché sieno di poco merito, e le al- 
trui sul medesimo soggetto fatte e di lodi 
degne diffamare: Di qua vengono fuori 
fra li giovani, quelle gare, quelle, dissi- 
denze che poi si risolvonoall’oste, perché 
putti delle Belle Arti sono gente di buon 
tempo, gioconde; e che non sanno cons 
servare lor rugine per artistiche. quia 


stioni: 


E perocché questi giovani formano 


provinces, qui ont un fils, il suffit que 
le jeune-hotume soit emporté et indisci- 
pliable pour qu’il leur paraisse réunir 
‘toutes les conditions nécessaires pour de- 
venir un peintre fameux. Alors, le pére 
imbécile de ce Zeuxis en herbe, s'em- 
presse de lui faire fréquenter l'École des 
Beaux-Arts de Venise, dont il ne man- 
que pas de croire que ce fils chéri sera 
dans peu de plus bel ornement. Du jour 
où le jeune-homme a mis le pied à PA- 
cadémie, il regarde comme un élément 
indispensable de succés, d’adopter le 
costume et les facons étranges de ses ca- 
marades. Or,.comme il n’est certes rien 
de plus bisarre que les moeurs de ces 
derniers, les nouveaux venus ne sont 
guére embarrassés à saisir les traits ca- 
ractérisques de ce type. À peine quel- 
ques mois se sont écoulés depuis leur en- 
trée à l’Académie, que déjà leur épaisse 
chevelure tombe jusque sur leurs épau- 
les; ou bien, passant d’un extréme à 
l’autre, ils rasent leurs cheveux sur le 
grane jusqu'à la racine; dans le pre- 
nier cas, ils sont coiffés, disent-ils, à la 
Raphaël, dans le second à l’Abélard; 
ainsi donc le plus célébre des peintres 
modernes et l’amant infortuné d’Héloise 
sont également en faveur auprès de ces 
jeunes écervelés. Ils se rendent à l’étude 
(ils appellent ainsi la salle de l’Académie 
où chaque classe d'élèves a son quartier 
particulier), revetus d’un costume bisar- 
re qui rappelle l’ancien costume italien. 
Une toque en velours noir telle que la 
portait, dit-on, Raphaël lui-même, re- 
couvre leur tête; une espèce de tunique 
également de velours, et de la même 
«couleur que la toque,leur descend à peine 
jusqu’au genou. Cette tunique est ou- 
verte sur la poitrine, serrée à la taille par 
une ceinture, et pourvue de larges man- 
ches pendantes. Mais lorsqu'ils quittent 
l'étude pour:se rendre aux promenades 
publiques , ils prennent des vêtements 
plus conformes à l’usage commun. Dans 


una classe singolare qui nella nostra ca- 
pitale, troviamo buono dire qualche cosa 
più a di lungo su loro. D’ ordinario in- 
sofferenti al freno de’ maestri delle loro 
città o terre che sieno, questi giovanetti 
si traducono nella capitale viniziana dai 
loro genitori, il più de quali pensano che 
nella vivacità e nella immaginazione si 
abbia tutto per riuscire, buon pittore. 
Vengono dessi alle scuole, e veggendo li 
veterani che li preccdettero come si con- 
ducono, pare loro che stranierebbono 
dalla classe stessa se non s° informassero 
a’ modi che i primi tengono. E siccome 
le vesti, andare, il dire, tutto risente ne- 
gli scolari dell’Accademia di originalità, 
così i sopravvenuti vogliono essere di 
botto a’ primi pari in costume; ed eccoti 


dopo pochi mesi che sono in Venezia 


lasciarsi andare lunghissimi i capelli per 


Je spalle, oppure sulla sommità della te- 
sta raderseli. Quello dicono costume alla 
Rafaellesca, questo all’Abelardo, perché 
affettano di somigliare al grande de’ pit- 
tori e talfiata al famoso amante del chio- 
stro. Allo studio, come domandasi per li 
medesimi la stanza dell’Accademia nella 
quale è la scuola propria per taluna par- 
te di essi, si arrecano con un vestire di 
costume che tiene tutto dell’ antica ita- 
liana. Un berretto di velluto nero fatto 
alla moresca, berretto che si portava e- 
ziandio da Rafaello, cuopre loro la testa; 
indossano una guarnaccia parimenti di 
velluto e dello stesso colore che quello 
del berretto. Cotal guarnaccia è al col- 
lo senza piega di nessuna guisa, ha lar- 
ghe maniche, è aperta al petto, e si rac- 
coglie per cintola a’fianchi. Le più vol- 
te lascianla ondeggiar libera. Partendo 
dallo studio, e recandosi al passeggio, in- 
dossano poi gli abiti di lusso foggiati al= 
la maniera comune. E’andando amano 
mostrarsi disinvolti, e se fra loro c’è 
qualcuno che faccia lo caricato, è su- 
bito ritratto in caricatura su pe muri 
dell’ Accademia o pe’quelli dell’oste ove 


leurs mouvements, dans leur allure, ils 
affectent toujours un air leste dégagé; 
si quelqu'un d’entr’eux se fait remar- 
quer au contraire par des façons appré- 
tées, ses compagnons ne manquent pas 
une occasion de le tourner en ridicule, 
et de tracer son portrait en charge, vé- 
ritable caricature, sur les murs de l’étu- 
de, des auberges où ils vont prendre leurs 
repas, et jusque sur les tables des estami- 
nets. Rarement ils portent leurs chapeau 
posé droit sur la tête; ils le penchent 
toujours sur l'oreille, croyant se donner 
par-là plus de grâce. Leur allure est vrai- 
ment particulière ; lorsqu'ils ont leur 
canne à la main, (et quand ne l’ont-il 
pas ?) ils deviennent souvent redouta- 
bles pour les passants, attendu le mou- 


vement rotatoire qu’ilsimpriment à leurs 


cannes avec une habileté et une vi- 
gueur tout-a-fait formidables. Pour leur 
négligé d'étude, le gilet n’est presque 
jamais regardé comme partie indispen- 
sable du vêtement; les pantalons ne sont 
retenus que par une ceinture de cuir , 
fermée avec une boucle de métal. Telest 
la peinture exacte du costume des jeu- 
nes peintres de l’Académie. Aw premier 
coup-d’ceil, un Vénitien reconnait aussi 
sûrement un élève de l’Académie des 
Beaux-Arts qu’un Padouan reconnait un 
étudiant de l’Université établie dans cette 
ville. 

Nous terminerons ici cette description 
bisarre, afin de retourner à l’époque où 
s'ouvrent les concours pour la distribu- 
tion des prix. Les élèves travaillent alors 
trois mois assidument; mais la plupart 
rendant justice au talent supérieur de 
quelques-uns d’entr’eux, travaillent plu- 
tôt afin de se perfectionner toujours da- 
vantage dans leur art, que pour obtenir 
un prix qu’ils n’osent espérer, Cette mo- 
destie est louable, mais aussi elle est bien 
souvent fatale aux nobles entreprises, 
C’est l’opinion générale que l’imagina- 
tion est la condition essentielle de suc- 


vanno a pranzare; ed hanno un gusto 
particolare nel dar lezioni di questa ma- 
niera. Di rado portano in capo ritto 
il cappello: e’credono che a sghembo 
dia loro più vezzo ed originalità. Han- 
no un camminare lor proprio, agitano 
le braccia che paiono in ispirazione poe- 
tica ; e se hanno il bastoncello, tel fanno 
ruzzolare, e sì che lo stridio ti manda 
un gelo per le vene. Rado portano gilet, 
e si sostengono li calzoni a’fianchi per 
una cintola di cuoio che affibbiano. Ecco 
il vestire delli giovani dell’ Accademia 
e nella scuola e al di fuori. Chi gli vede, 
sa subito che quelli sono allievi delle 
Belle Arti, come veggendo studenti di 
Padova, si riconoseono presto per figli 
dell’ Università. 


Detto ciò per episodio, ora torniamo 
all'Accademia, mettendogli in lavoro a’ 
tempi de’ concorsi. Hanno essi tre mesi 
di opera assidua, ma se lavorono, non 
sempre però aspirano all’ onore delle 
medaglie, e pochi di loro son quelli i 
quali veracemente si dispongono a con- 
correre sperando la preferenza di merito 
arlistico. I più operano meglio per per- 
fezionarsi , 0 meglio dire per avanzare 
nell’arte, che per mettersi in competen- 
za di premio. Giova questa modestia di 
sentire, ma è di grande pernicie per le 
grandi intraprese. L'idea d’insufficie nza 


=" + 


cès, quicontribue à rendre ces jeunesar- 
tistes timides et réservés. Pour affranchir 
de semblables entraves ceux qui hési- 
tent ainsi à entrer courageusement dans 
Ja lice, avec cette confiance en soi-même 
qui est déjà un élément de succès, il se- 
rait peut-être utile que les éièves de 
l’Académie indistinctement s’appliquas« 
sent de préférence à l’étude de l’histoire 
et de la poésie classique. L'histoire est 
l’école la plus profitable pour un peia- 
tre; elle forme le jugement et règle Pi- 
magination. L'histoire est la dernière 
expression des vertus et des faiblesses 
humaines. Les faits publics et éclatants, 
aussi bien que les accidents particuliers 
de la vie intime des hommes qui ne sont 
plus, parlent éloquemment à l'esprit hu- 
main, et l’ou peut dire que toutes les i- 
dées qui peuplent aujourd’hui les pau- 
vres cerveaux humains ne sont que l’hé- 
ritage des siècles passés. 


La nature a toujours agi dans les mêmes 
vues et avec les mêmes forces; nous ne 
pouvons trouver que dansles ouvrages qui 
signalent les actions de nos ancétres, un 
secours utile pour diriger nos facaltés 
vers les fins que la nature, sage et prévo- 
yanle, nous indique elle-mème. S’il est 
vrai que l’homme fat toujours l’exemple 
le plus profitable pour l’homme, et que 
c’est là le véritable chemin de la vertu 
et de la perfectibilité, insensé celui qui 
néglige un semblable moyen. 


> De tout ce que nousavons dit jusqu’à 
présent , vous inférerez sans peine de 
quelle importance est la eonnaissance 
de l'histoire pour tous les hommes , et 
pour un peintre surtout, puisque ce der- 


è più terribile del nulla per un giovane 
che sente fortemente l’ouore; ed il cre- 
dere da taluni che per divenire buono ar- 
tista basti l'immaginazione, è la princi- 
pal causa che fa alcuna parte dei gio- 
vani nostri schivi e timorosi. Per trarsi 
quindi da questi timori che ad alcuno 


- impediscono di mettersi nel prodromo 


de’ valorosi sarebbe mestieri che tutti 
indistintamente gli alunni dell’Accade- 
mia nostra si dessero alacremente allo 
studio della storia e della poesia classica. 
La storia per un pittore giova essenzial- 
mente: essa fa l’anima assennata, il cuor 
retto, La storia è il testamento delle vir- 
tà e delle debolezze umane. Le debo- 
lezze altrui, considerate nelle loro cause 
e nei loro effetti, avvisano chiunque, ami 
di schivarne le conseguenze, di quello che 
abbia a fare per reggersi alle leggi del 
giusto e dell’ onesto segnate dalla storia 
nelle azioni preciare. I fatti solenni e 
pubblici e le azioni particolari degli uo- 
mini che andarono parlano imperiosa- 
mente sugli animi umani, e può dirsi 
che le idee delle quali è popolato il pen- 
siero non sieno che la eredità dei secoli. 

Specialmente dalla parte del sentire 
nulla s' innova: la matura ha sempre 
agito nelle medesime direzioni e con le 
medesime forze, e noi non abbiamo al- 
tro che dalle idee svolte in quelle opere 
che storiarono le azioni degli avi un a- 
tuto proffittevole per dirizzare le nostre 
facoltà a que’ fini che la natura ci ha 
segnato, discreta moderatrice di tutto.Se 
l’uomo su |’ esempio altrui può miglio- 
rare e battere gagliardo le vie della per- 
fettibilità, è stolto se non lo fa. Egli se 
ben vorrà la storia ponderare, s’accorge- 
rà che la virtù ebbe sempre ammirato- 
ri, il vizio giammai. 

Dal fin qui detto facilmente conosce» 
rassi quanto” importar deve conoscere 
la storia, e più che ad altri ad un pittoe- 
re, giacché questi è quasi diremmo l’il- 
lustratore della storia, il suo rappresen? 


= 206 = 


hier en est pour ainsi dire l’iZlustrateur. 
Malbeur à luisi, d’aprés la manière dont 
il traite ses sujets, on pouvait conclure à 
l'absence d’études historiques chez Pau- 
teur! Dans l'histoire, il embrasse Pen- 
semble immense que présentent l’univers 
entier et la succession des ages; c’est 
encore à l’histoire qu’il doit la connais- 
sance des costumes, des usages; des chan- 
gements survenus dans larchitecture , 
dans les moeurs, dans Paspect extérieur 
des objets, ete. L'artiste, dépourvu de ces 
notions précieuses, ne parviendra jamais 
à la perfection dans son art, et par con- 
séquent , à une honorable célébrité; 
ses productions manqueront toujours de 
cette vérité d'expression, de ces traits 
caractéristiques qui distinguent les épo- 
ques, les nations et les moeurs. 

Les élèves de l’Académie devraient 
non-seulement s’adouner aux études hi- 
sioriques, mais aussi à celle de la poésie. 
L'histoire des premiers âges du monde 
n'est-elle pas d’ailleurs elle-même toute 
poésie? La poésie étant la véritable hi- 
stoh'e primitive, elle devait être féconde 
en peintures et en images; l'ignorance 
de la vérité suggérait des fictions quis’en 
rapprochaient plus ou moins, et le style 
figuré, pleiu d'images, s’y introduisit na- 
turellement. Tout fut agrandi, transfor- 
mé par l’imagination des peuples primi. 
tifs, qui exprimérent chaque chose, cha- 
que fait, dans des termes figurés et par 
des allégories bisarres. Ges descriptions, 
ces récits, que l’on trouve chez les poe- 
tes, ne sont autre chose que l’histoire vi- 
vement tracée des premiers âges, histoire 
qui enrichit d'un foule innombrable de 
sujets le champ déjà si vaste des beaux- 
arts. Si nous passons en revue les ou- 
vrages d’art des anciens, nous ne pour- 
rons que nous coufirmer toujours davan- 
tage dans cette opinion. L’histoire poé- 
tique, chez eux, c’est la mythologie, qui 
fournit si ample matière aux chants des 


poètes payens, et aux compositions ad- 


tatore. Güai a lui se ne’tocchi che met- 
te sopra le tavole o sopra le tele si desse 
a conoscere diserto di storiche cognizio= 
ni! Nella storia l’ artista rinviene tratti 
sublimi per illustrare col suo pennello; 
per essa egli ha la scena dell’universo 
avanti lo sguardo; egli apprende il costu- 
me delle vesti, il modo delle abitazioni, 
la natura de’ terreni in cui gli uomini 
crebbero, e gli avvenimenti sortirono. 
L’ artista mancante di storiche cognizio= 
ni non arriverà mai alla celebrità, e di 
leggieri le sue opere mancheranno di 
quelle espressioni di carattere da cui le 
une dalle altre cose si distinguono per 
rapporto di soggetto, di tempo e di modo, 


Dicemmo che non solamente della sto» 
ria dovrieno gli studenti di belle arti sas 
perne, sì anco di poesia. Forse la storia, 
antica o la prima storia del mondo non 
fa ella poesia ? Se la poesia adunque fu 
la prima storia per ragione di tempo, do- 
veva essere fecondissima di pitture le 
più brillanti. La ignoranza delle cose 
suggeriva finzioni per descriverle : il 
linguaggio figurato fu messo in uso, tutto 
venne aggrandito dalle fervide fantasie 
di que’ primi uomini, tutto si volle si, 
gnificare con strani e prodigiosi modi. 
In conseguenza quelle immense narra- 
zioni che si leggono nei poeti non sono 
altramenti che la vera storia della pri- 
ma barbarie, ed è una storia che di sog- 
getti innumerevoli arricchisce il campo 
delle belle arti. E se noi andiamo alle 
opere artistiche degli antichi non avre» 
mo che a riconfermarci in questa sen- 
tenza. Quella sloria poetica è la mito- 
logia che prestò soggetto di canzoni a’ 
poeti del gentilesimo e soggetti innume-- 
revoli eziandio a’ primi artisti. Fidia fece 
il Giove Olimpico sulla omerica descri- 
zione, ed il Portico di Atene e una co- 
pia dell’Iliade intiera. Tutte le altre ov 


MI 


inivables des plus grands artistes. Les 
productions de Phidias, de Praxitéle, de 
Zeuxis, de Timantbe, de Parrhasius. de 
Polygnote, d’Apelles, et de mille autres 
moins fameux.ne sont-elles pas la repré 
sentation, ou la personnification plus on 
moins frappante des peintures, des per- 
sonnages, des scènes mythologiques? Mais 
l’abondance des sujets n’est point le senl 

avantage que la poésie et l’histoire offrent 
aux peintres ; elles contribuent aussi à 
former leur goût, à aider leur imagina- 
gination, enfin à les conduire vers la vé- 
rité et par conséquent la perfection. dans 
leurs ouvrages. Le fameux allemand Les- 
sing dans un ouvrage célébre ‘Laocoon), 
a prouvé que les beaux-arts s’aident l’un 
l’autre, mais que tous les autres sont re- 
devables à la poésie de leurs plus subli- 
mes inspirations, 

Ce n’est point certes la prétention ri: 
dicule de donner gravement des lecons 
aux artistes qui nous a poussés à écrire 
les observations qui précèdent ; c’esttont 
simplement le désir de démontrer mo- 
destement à certains élèves de l’Acadé- 
cadémie des Beaux-Arts combien est ims 
portant pour eux l’étude des belles-let- 
tres, et combien ils se trompent, lorsqn” 
ils imaginent et affirment hardiment que 
de semblables études ne sont point indi- 
spensables pour nn peintre, et qu’on peut 
fort bien lesnégliger complétement, pui- 
sque bien des peintres sont devenus 
grands et célèbres qaoiqü’ils sussent à 
peine lire. Mais, nous le répétons, ils 
se trompent grossièrement là-dessus; car 
on peut avancer au contraire qu’aucuh 
peintre fameux n’a jamais été anssi igno- 
rant qu'ils le prétendent. Raphaël d’Ut- 
bin, Raphaél Mengs, Michel-Ange, Paril 
Cagliari, Titien, et une foule d’antres 
peintres illustres, ne sauraient sûrement 
être taxés d’une ignorance telle, et ceux 
d’entr’eux qui furent obligés par leur 
humble fortune à renoncer à d’utilesétu- 
des dans les premiers temps de leur: vie, 


 —- 


pere tratte da Prassitele, da Zeusi, da Ti- 
manto, da Parrasio, da Pollignoto, da 
Apelle e così ayanti, cosa erano elleno 
se non tanti ritratti della storia poetico- 
mitologica della prima barbarie ? Che 
se la storia e la poesia giovano agli ar- 
tisti per copia di soggetti, servono loro 
eziandio per rinfaocarsi le fantasie , e 
per rendere a quello che conducono i 
caratteri propri. Il famoso alemanno 
Lessing nella celebre sua opera Lao- 
coonte provo che le arti belle le une 
con le altre si aiutano, ma che tutte ri- 
eevono le meglio ispirazioni dalla poesia. 


Noi ci abbiam permesso queste ossér- 
tazioni non già col tueno di sedere a 
seranna, ma tratti dal desiderio di pro- 
vare ad alcuni allievi dell’Accademia no- 
stra quanto importi loro lo studio delle 
lettere, e che aleunïdi essi vanno di gran 
lunga. errati nel credere ed affermare 
che per questa sorta di studii non den- 
no gli scolari tormentarsi l’animo, avve- 
gnadio molti de’famosi artisti pocé oltre 
all’abbicci ne sapessero. Ma lo ripetia- 
mo, e’sono a partito ingannati, chè per 
quanto si sa i più celebri ne sapevano 
oltre, e Rafaello Mengs nonera di quelli, 
né Rafaello d’? Urbino, né Michelarigelo 
Buonarotti, nè Porta, né Paolo Cagliari, 
nè Tiziano e via: tutti ne sapevano, e 
quelli di essi che per colpa di condizio- 
ne economica ristrettà non puotero dap- 
principio istituirsi in scientifiche e let- 
terarie discipline, si diedero poi da quel- 
la parte di uomini fortemente studiati 
delle medesime che li avessero potuto 
istituirli nelle cose alle arti indispensa- 
bilmente pertinenti. Tiziano a mo? di 
esempio qui in Vinegia era sempre con 
gente dotta, ed in casa di Aldo Manuzie 


réparérent cette faute involontaire des 
qu'ils le purent, fréquentant des hommes 
capables de les familiariser avec le savoir 
et les belles-lettres, Titien, pour n’en ci- 
ter particulièrement qu’un seul, Titien, 
bien connu certes à Venise, fréquentait 
assidàment des personnes instruites et 
même savantes; ilse rendait bien souvent 
chez Alde Minuce, chez Pantano, chez 
Bembo, dont la conversation l’intéres- 
sait particulierement. Mais il est bien à 
regretter que ce génie admirable ne se 
soit pas adonré aux sujets mythologiques 
où il aurait pu peut-être prendre un es- 
sor encore plus sublime que dans les su- 
jets sacrés qu’il a traités de préférence. 
Mais les institutions de la république 
vénitienne, et l’esprit de sonsiècle exclu- 
sivement religieux, influerent nécessaire- 
ment, non-seulement sur les productions 
de Titien, mais aussi sur celles de la plu- 
part des artistes du seizième siecle; les 
chefs-d’oeuvre de ces; temps nous en of- 
frent encore d’incontestables preuves. 


di Pantano e di Bembo frequentemente 
conveniva. Il male si fu che non avesse 
applicato l’animo a que’ studii che sug- 
geriscono idee gentilesche, dove quel- 
l'immenso genio con più ala che non 
ispaziò nelle sagre avrebbe potuto vola- 
re. Ma le istituzioni della venetica re» 
pubblica, mia lo spirito del suo secolo, 
che versava fervidamente in religiose 
materie, non solo di lui ma di pressoché 
tutti gli artisti del cinquecento indonos- 
si, e le produzioni sublimi di quello in- 
tieramente risentirono. 


Des les premiers siéclesde la république, 
lorsque nos ancêtres firent des îles Ré- 
altines la capitale de leur gouvernement, 
l’approvisionnement régulier d’eaux pota- 
bles fut l’objet constant de la sollicitude 
du sénat. Dans les premiers temps, il pa- 
raît qu’on l’apportait de terre-ferme au 
moyen de bateaux; inais les nobles, dé- 
sirant donner à Venise des eaux fraiches 
et pures, au lieu d’eaux viciées plus ou 
moins par un pareil transport, résolurent 
d'essayer si, en creusant des puits à Ve- 
nise, ainsi qu’on l’avait déjà tenté avec 
succès dans bien d’autres villes, on ne 
parviendrait pas à s’affranchir de cet in- 
convénient. On fit alors une foule d’es- 
sais, et enfin, au moyen d’une couche 
d’argille assez épaisse avec une espèce 


Fin dai primissimi tempi della repub- 
blica; quando i nostri avi stabilirono le 
isole realtine per capitale del loro go- 
verno, quella dell’acqua fa cosa degna 
delle cure del Senato. In sul principio 
sembra si trasportasse per barche, ma 
li nobili a’ quali la freschezza e la pu- 
rezza dell acqua stessa arrideva me- 
glio che quella accesa o quasi tiepida che 
a Vinegia si traslatava, pensarono di far 
prova se qui costruendo pozzi, de’ quali gl 
esempli ne avevano da altre citadi, sarie- 
no a buon effetto riusciti. Fecerne di 
molte prove, e finalmente un fondo di 
creta assai compatta, avente come un 
bucco nel mezzo che empissi di sabbia, 
a cui l’acqua si sovrappose, loro valse 
un’ acqua dolcissima, c perfetta. Allora 


<T 


de trou au milieu rempli de sable, sar 
lequel l’eau s’établissait, on obtint une 
eau très-douce. Un si heureux succés a- 
nima tellement tous les citoyens à pour- 
suivre et à étendre les travaux que Ve- 
nise compta bientôt dans son enceinte 
une infinité de puits, comparables sous 
tous les rapports à ce que les villes le 
plus avancées dans ce genre de con- 
structions peuvent offrir. Entr’autres, 
ceux qu’on remarque dans la tour du 
Palais Ducal méritent d'attirer l’atten- 
tion des voyageurs. Bâtis au quinzième 
siècle, ils étaient bien dignes d’obtenir 
une place au milieu des chefs-d’oeuvre 
réunis dans cette enceinte admirable. 
Par la suite, l’eau devint à Venise un 
objet de commerce, ou du moins une 
branche d’industrie, et en conséquence 
les puits devinrent en même temps une 
véritable source de profit aussi bien que 
d’eau claire pour une classe d'individus 
connus sous le nom de brgolanti, natifs 
pour la plupart du Frioul; hommes et 
femmes, ils exercent la métier de por- 
teurs d’eau, et se reconnaissent à leur 
costume national qu’ils ne quittent ja- 
mais. Ce costume consiste pour les fem- 
mes en une espèce de jacquette sans 
manches qui ne croise pas assez exacte- 
ment sur la poitrine pour empécher d’a- 
percevoir la chemise. Le reste de l’ha- 
billement est d’une coupe tout-à-fait sin- 
gulière ; plissé tout autour de la taille, 
et assez court, il vient se rattacher à la 
jacquetie, non au-dessus des hanches, 
comme on pourrait le croire, mais tout 
juste au-dessous des aisselles. Elles vont 
d'ordinaire pieds-nus, et leurs cotillons 
ne couvrent la jambe que jusqu’à la 
cheville. Les hommes portent une espè- 
ce de veste, un bonnet, garni à so» ex- 
trémité d’un gland noir grossier qui leur 
retombe sur l'oreille, et de même que 
les femmes, ils ont l’usage d’aller nu- 
jambes. Vous rencontrez toujours ces 
gens-là sur les places publiques, dans les 


— 249 — 


che si ebbe certezza de’pozzi, ne andò 
tanto avanti il disiderio di farne, che di 
breve Vinegia ne contò moltissimi, e belli 
tanto da poter stare a paraggio di quan- 
tunque opera classica in oggetto di arte. 
Quelli specialmente che sono nella cor- 
te del palazzo: ducale meritarono sem- 
pre l’ammirazione del forestiero : ivi l’ o- 
pera del genio è profusa, ivi è ricchezza 
incalcolabile. Fatti porre nel XV secolo, 
erano degni di starein quel Palladio della 
venetica sapienza, in quel recinto solen- 
ne per l’artista, in quel paradiso di pos- 
sanza e bellezza. 


Coll’ andare del tempo anche l’acqua 
a Vinegia divenne oggetto di commercio, 
od almeno d’ industria, e per conseguen- 
za li pozzi furono i magazzini di mer- 
canzia di certa gente che qui diconsi 
bigolanti. Sono cotestoro per lo più na- 
tivi del Friuli, e tanto uomini che fem- 
mine vestono il costume del loro paese. 
Gli abiti di queste consistono in un far- 
setto senza maniche, che al petto non si 
chiude rigorosamente, ma lascia vedere 
lo sparato della camiscia ornato di merlet- 
ti; la gonnella è fatta di un taglio singola- 
re. Tutta accrespata e corta, se la legano 
al farsetto, e non già a’fianchi, sì a metà 
della vita. Scalzi per lo più hanno li 
piedi, e solo tengon coperta la gamba 
fino alla caviglia. Portano gli uomini un 
giuberello spigliato, che finisce al di sopra 
del cinto, e certa berretta color giallo che 
nella cima ha appeso un nero fiocco, 
che loro cade giù per l’ orecchio ; stret- 
te al fianco e brevi fin sotto al ginocchio 
hanno le brache, ed al paro delle femmi- 
ne loro, tengon coperta fino alla caviglia 
la gamba. Di questi terrazzani se ne.veg- 
gono sempre per le piazze, e pe’ campi 
della città, giacche hanno essi accesso 
per le case tulte, pe’caffe, per ogni luo- 
go infine dove hassi bisogno della lor 
merce. re estate poi oltre questi bi- 

922 


— 250 — 


rues, dans les maisons, dans les cafés, 
les hôtels, puisque leur métier les y ap- 
pelle naturellement. Dans l’été, outre 
ces vendeurs ou porteurs d’eau à domi- 
cile, vous rencontrerez souvent dans les 
rues des vendeurs d’eau ambulants qui la 
dispensent aux ouvriers, aux gens da 
peuple, aromatisée avec quelques gout- 
tes d’anisette. Ils parcourent la ville dés 
l’aube, étourdissant les passants de leur 
cri monotone, et entourés d’une nuée 
d’enfants et d'acheteurs. 


Le costume des laitières se rapproche 
beaucoup de celui des digolanti dont 
nous venons de parler. Habituées à vi- 
vre de peu, ces pauvres femmes lorsqu’ 
elles possèdent deux vaches, sont tou- 
jours assez riches pour pourvoir aux be- 
soins de leur famille. Chaque jour, elles 
partent de la campagne, et arrivent de 
bonne-heure dans la capitale, où elies 
vendent leur lait à un prix très-modi- 


que, parcourant les rues et frappant à 
chaque porte, 


Dès l’époque la plus reculée, nous a- 
vous toujours eu l’usage à Venise de 
recourir aux habitants de la terre-ferme 
non-seulement lorsqu'il s’agit de pour- 
voir la capitale des objets de premiere 
nécessité, tels que les comestibles et 
autres, mais aussi dans tous les métiers, 
pour tous les offices vulgaires qui peu- 
vent offrir de l’occupation et du profit 
à leur activité. à leur industrie. Nous 
n’examinerons point maintenant si les 
classes inférieures des citoyens avaient 
autrefois ou non d’autres sources de 
gain; nous nous arréterons aux temps 


gelanti vi sono altri acquaiuoli che 
vendono in bicchieri l acqua rallegrata 
con certo liquore che appo noi appellasi 
mistrà, e la vendono per le vie, ed han- 


no sempre attorno moltissimi eoncor- 
renti. 


Il costume delle venditrici di latte nel 
vestire assomiglia di molto a quello dei 
bigolanti. Figliuole della parcità, a loro 
bastano due armente per mantener la 
famigliuola, e quotidianamente parton- 
si dalla campagna, ed arrivano di buon 
mattino nella capitale, illoro latte quin- 
ci e quindi per poca valuta offerendo. 


Qui a Venezia si ebbe in costume fi- 
no da tempi remotissimi di far venire 
da terraferma gente che recasse in copia 
quanto di bisognevole tornava alla ca- 
pitale, e non solo gente che vi recasse 
cose mangereccie, ma anco quella che 
certe arti di prima necessità professan- 
do qui portavansi ad utilizzare con la 
loro industria. Se la bassa classe cittadi- 
na un tempo aveva altre fonti di guada- 
gno, passiamlo sotto silenzio, e solo guar- 
diamo al presente che ci porge la plebe 
viniziana starsene infingarda ed oziosa, 
piuttostochè fare quanto fornisce per 


A 


actuels qui nous offrent le peuple vé- 
nitien, si paresseux, si fainéant qu’il 
aime mieux tendre la main que de 
gagner honnètement et péniblement sa 
vie, comme le font les gens de terre- 
ferme. Aussi à Venise, tous les mé- 
tiers humble et pénibles, comme celui 
des charbonniers (qui sont bien à Ve- 
nise les hommes les plus sales que Pon 
puisse voir), des ramoneurs (qui ne leur 
cedent guère sur ce point), des maçons, 
etc., sont exercés presqu’exclusivement 
par des individus natifs de terre-ferme. 
Ceci est assurément une tache pour la 
gloire de Venise; mais qui ast-il de par» 
fait ici-bas? 


La manière la plus avantageuse de dé- 
peindre les moeurs d’une nation, et d’en 
faire découvrir jusqu'aux nuances les 
plus délicates, e’est de ne pas se borner 
à reproduire les traits sensibles qui les 
caractérisent, mais d'examiner et d’es- 
quisser aussi les parties morales, expres- 
sion non-moins vraie des institutions 
d’un gouvernement. 

Dans le choix des moeurs qui ont un 
rapport immédiat avec la philosophie 
morale et qui dérivent des institutions 
du gouvernement, nous avons pensé que 
la vie de conversazioni (sociétés) devait 
occuper une des places les plus impor- 
tantes dans l’exposition des Scènes de 
Venise et de ses moeurs municipales. Le 
penchant des hommes pour la conversa- 
tion, les réunions entr’eux, est, comme 
on peut bien le croire, aussi ancien que 
l’ordre social lui-même. Des les âges les 
plus reculés, les hommes recherchèrent 
avidement la société les uns des autres, 
désireux de converser ensemble sur les 
actions de leurs contemporains, sur les 
ouvrages qu’ils avaient exécutés, on bien 


campare la vita qui da noi la industrio- 
sa gente di terraferma. Umilia forse più 
l’ uomo il darsi a’mezzi di sussistenza, 
siano pure ignobili ed oscuri, ovvero lo 
starsene scioperati, attendendo di venir 
satollo dalla pietà? Pure la è così, ed i car» 
bonai, che sono i più sudicii uomini a 
vedersi, non hanno a schifo di caricarsi 
per quella del pane delle lor corbe di 
carbone, e di portarle in giro per la cit- 
tà, e gli spazzacamini non sentono il peso 
del loro lordume, nè i muratori quello 
del loro pericoloso mestiere, e così avan- 
ti. Ma quale città in sulla terra ha tutto 
di perfetto ? 


Il modo profittevole pel quale il co- 
stume delle nazioni si colorisce delle 
tinte a lui proprie non è quello sola- 
mente di tracciare le linee sensibili che 
lo compongono, si bene le morali, impe- 
rocche da questo si rileva il vero effetto 
delle istituzioni de’ governi. 


Nella scelta di que’ costumi che han- 
no immediata pertinenza colla filosofia 
morale che dalle istituzioni de’ governi 
provengono, noi crediamo che la vita 
della conversazione sia quella che meglio 
abbia diritto di far parte della sposizio- 
ne che noi facciamo delle Scene di Vene- 
zia ede’suoi costumi municipali, La con- 
versazione od il trattar conversevole è 
antico quanto esserlo puote la società ci- 
vile. Fin dalle più remote etadi gli uomi- 
ni sì tennero assieme di quelle cose ragio- 
nando le quali o furono da’lor maggiori 
operate o che da’contemporanei loro si e= 
spedivano o ch? e’ veduto avevano cogli 
occhi propri. Se non che, dal generale 
delle cose al particolare restringendoci, 


sur ce qu’ils avaient fait eux-mêmes, ou 
va de leurs propres yeux. Mais de ces 
matières générales passant bientôt à des 
sujets particuliers , non-seulement les 
hommes s’entretinrent ensemble de l’hi- 
stoire des temps passés mais parla suite ils 
s’occupèrent aussi des objets et des ma- 
tières qui pouvaient contribuer à amé- 
liorer l’existence et les moeurs. En ef- 
fet, aux récits des événements et aux 
traditions des âges précédents qui occu- 
paient d’abord les réunions des hommes, 
succédérent enfin, lorsque la civilisation 
commeuca à étendre son empire, les re- 
cherches et les rapports profitables, 
mieux faits pour parvenir à former les 
moeurs et à embellir l’existence des peu 


ples primitifs. Alors les sages s’ entre 


ünrent dans leurs graves assemblées 
des destins des monarchies confiées à 
leur prudence ; les Brahmanes, les Am- 
phyctions, les Ephores, les Druides, 
célebres et influents à diverses époques 
en différentes contrées , s’ occupèrent 
dans leurs réunions et dans leurs pays 
respectifs des intéréts les plus chers 
et les plus importants des peuples qui 
leur avaient confié les soins du gouverne- 
ment. L’histoire nous a transmis que 
l’influence des rapports sociaux, des ré- 
unions entre particuliers, fut aussi puis 
sante que profitable au temps de Péri- 
clès, qui fréquentait si assidàment la 
modeste maison de Socrate. Là se ren- 
contraient les hommes les plus illustres 
d'Athènes ; Périclés, ainsi que nous ve- 
nons de le dire, maître supréme alors 
de la république, Alcibiade, qui devait 
plus tard avoir aussi tant d’influence sur 
_son gouvernement et ses destins, Platon 
fondateur de l’école de l’Académie, Xé- 
nophon, Aristippe, et bien d’autres 
moins connus. Les Romains eux aussi, 
lorsque, par le commerce et les lecons 
des Giecs, ils se familiarisèrent avec l'i- 
.dée. du beau en tous genres, les Romains 
rechercherent les doux plaisirs de la 


dobbiam pur confessare che col volgere 
de’ secoli non solo gli uomini assieme 
s’ intrattennero per ricordare la storia 
del passato, ma per abbracciare quelle 
discipline che alla miglior vita conferi» 
scono. Infatti se dapprincipio le memo- 
rie de’ secoli formavano, il soggette di 
queste unioni, dappresso, quando la ci- 
viltà s’accrebbe, fu soggetto di civili ri- 
cerche e di contemplazioni profondissi- 
me sopra quelle cose che dovevano far- 
si a migliorare, ed a correggere la civi- 
le esistenza. Fu quindi che le conversa» 
zioni de’ sapienti o de’ magi aveano lo 
scopo di. occuparsi del destino della 
monarchia alla lero prudenza aflidata, 
e che i Bracmani, i Druidi, gli Efori 
e gli Anfizioni nell’India, nella Scizia 
e nella Grecia si raccolsero amichevol» 
mente conversando delle cose che alla 
gloria, all’onore ed alla proprietà de’ ri» 
spettivi governi risguardavano. Sappia= 
mo che nel secolo di Pericle fu utilissi- 
ma la conversazione che in casa di So- 
crate si teneva. Qui raccoglievasi il fior 
de’cittadini Ateniesi, e Pericle, signore 
poi della repubblica, ed Alcibiade, che con 
nondifferente autorità ebbela timoneggia- 
ta, e Platone, fondatore della scuola ac- 


‘cademica, e Xenofonte, ed Aristippo; e 


molti altri famosi quivi portavansi. Ned i 
Romani quando si ebbero co? Greci per 
apprendere da costoro lascienza delle co- 
se più belle ed ottime intermessero l’ uso 
del conversare, ed é antichissima ramme- 
morazione di Marco Tulio Cicerone nella 
sua opera de Repubblica, che Scipione 
1’ affricano, avutosi in parlari con Masi- 
nissa, di molti oggetti alla repubblica 
pertinenti favellasse. Macrobio stesso, 


.che ne sapeva assai avanti de’ costumi 


romani, e Tacito ancora ne dicono che 
presso i Quiriti il trattar converseyole 
usitatissimo era. 


253 
eo “Re fa ms 


conversation. Cicéron, dans son fameux 
ouvrage De Republicà, fait mention des 
conférences de Scipion l’Africain avec 
Massinissa, conférences dans lesquelles 
ils s’occupérent longuement des intérêts 
de la République. Macrobe lui-même, si 
profond dans la connaissance de tout ce 
qui concerne les moeurs romaines, Ta- 
cite, et une foule d’autres, nous prou- 
vent évidemment par plusieurs passages 
de leurs écrits que les rapports entre 
particuliers étaient à Rome aussi fré- 
quents qu’agréables et instructifs. 

Le mème usage se conserva dans les 
moeurs jusqu’à la translation du siège de 
l'empire de Rome à Bysance, opéré par 
Constantin, qui comme chacun sait, 
donna alors son nom à la nouvelle ca- 
pitale. Mais à dater de cette époque, les 
irruptions des barbares qui désolèrent 
successivement la malheureuse Italie jus- 
qu'aux temps d’Alboin, roi des Lom- 
bards, et de Charlemagne, anéantirent 
en Italie les derniers restes de la civili- 
sation romaine, et presque jusqu’à leur 
souvenir; alors disparurent les profita- 
bles coutumes en faveur chez les Grecs 
et les Romains dont nous avons parlé 
tout-à-l’heure, et avec elles une des der- 
nières planches de salut pour notre mal- 
heureuse patrie. Le goût des relations 
amicales, des rapprochements d’indivi- 
dus, de familles, sembla plus tard se ra- 
nimer par degrés; mais quelle différen- 
ce entre celles dont nous venons de parler 
et les réunions que commencèrent alors 
à former dans les villes, Sièges de leur 
pouvoir, dans leurs châteaux, dans leurs 
forteresses féodales, d’abord les vicaires 
«des empereurs, et successivement les 
comtes, les grands feudataires, elc. Là 
on ne parlait que de trahisons, de sur- 
prises, de guerre, de violences coupa- 
bles exercées contre d’infortunées vi- 
ctimes de leur toute-puissance et de 
leurs vices, au mépris des lois les plus sa- 
crées et les plus inviolables, Mais enfin 


Questo costume di conversare si man- 
tenne interrottamente fino alla divisione 
dello imperio da Roma a Bisanzio per Co- 
stantino effettuata; il quale poi alla città 
di Bisanzio dava il nome di Costantino- 
poli dal suo derivandolo. Di fermo, dopo 
questa divisione, la sorvegnenza de’ bar- 
bari, incominciando da Radagasio, Toti- 
la,Genserico, Teodorico, e terminando fin 
ad Alboino re de’ Longobardi, e prose- 
guita da Carlo Magno re de’ Francesi, di- 
sertò dall’ Italia ogni fiore di urbanità, 
e per conseguenza gli scopi che aveva- 
no quelle sociali adunanze ricordate fin 
qui appo Greci e Romani, scopi santis- 
simi per la patria, mancarono. Ne con- 
versazioni simili alle prime potevano 
dirsi quelle che tenevano ne’ loro castel- 
li, o messi entro la città, o posti sui 
comignoli de’ monti, o nelle valli a 
queste circostanti, i vicari de’cesari ale- 
manni od i loro conti o feudatari i impe- 
rochè quivi non si conveniva che per 
istudiare il modo di tradirsi reciproca- 
mente, di guerriarsi in modo cruento, di 
violarsi con vece assidua le donne, le 
spose, le vergini, insomma i diritti più 
sacri ed inviolabili. Ma venne il tempo 
in cui le scienze e le arti si allargarono, 
e nel quale gli Italiani dieronsi a riedi- 
ficare il tempio della coltura; e ciò ac- 
cade specialmente nel secolo XV e 
dopo la famosa pace di Costanza. Li si- 
gnoretti italiani che dopo questa pace 


le temps vint où les sciences et les arts 
commencérent à refleurir ; les Italiens 
les premiers travaillèrent avec ardeur à 
relever l’édifice admirable de la civilisa- 
tion, renversé par les barbares, et le 
quinzième siècle vint enfin éclairer l’I- 
talie d’une lumiére nouvelle. Les sei- 
gneurs féodaux, les châtelains obscurs 
qui, après la paix de Constance, étaient 
devenus presque tous de vèritables prin- 
ces, virent bien que désormais le pou- 
voir pour se soutenir chez les Italiens, 
avaient besoin de l’appui des lettres et 
des arts ; alors ils protégèrent le génie 
et l’encouragèrent dans tous les genres, 
parce qu’ils reconnurent combien c’é- 
tait là un puissant moyen de s’affection- 
ner les peuples et de les habituer au 
joug. La cour de chacun de ces petits 
princes devint donc une espèce d’acadé- 
mie, de lycée, où les savants, les philo- 
sophes, les poétes, les artistes, en un 
mot les hommes les plus illustres dans 
îous les genres, se partageaient les fa- 
veurs et la société du maitre. Les prin- 
ces d’Est entr’autres, attirérent et fi- 
xerent long-temps dans leurs cours les 
deux plus grands poëtes d'Italie, aprés 
le Dante: le Tasse et l’Arioste. La céle- 
bre maison des Médicis, devenue mai- 
tresse souveraine de Florence, accorda 
également une faveur marquée aux hom- 
mes les plus distingués par leur génie 
et leur savoir; Laurentle Magnifique, lié 
d’amitié avec les gens de lettres et les 
poétesles plus célébres, cultivait lui-mé- 
mela littérature avec succès et leur com- 
muniquail ses productions avec empres- 
sement: nous avons encore de ce prince 
éclairé des ouvrages d'une remarquable 
élévation. de pensées et d’une rare élé- 
gance de style. Et ce que nous avons dit 
nommement de Florence et de Ferrare, 
on pourrait le dire de la plupart des 
villes principales d’Italie vers le même 
temps; et à plus juste titre encore, de 
Rome, sous le pontificat de Léon X, 


aggrandirono fino al principato, s’ayvisa- 
rono che pegli Italiani la coltura non 
poteva disgiungersi dalla potenza civile 
ed economica, e per tenerli quieti e 
devoti pensarono, ed in ciò intieramen- 
te concordarono; che gli ingegni perigri« 
ni dovessero con somma cura essere 
animati ed esaltati. Ogni corte quindi 
divenne un’ accademia od un liceo, e 
li dotti, eruditi, filosofi, poeti, artisti di 
ogni maniera formarono la conversazio- 
ne de’ principi stessi, Gli estensi nel ses 
colo che teste abbiamo accennato, ebbe» 
ro appo loro que? due immensi principi 
dell’italiana epopea dopo il Dante, Tas- 
so ed l’ Ariosto; la casa de Medici, che 
imperava a Fiorenza; diede ricetto ad 
uomini li più famosi della repubblica 
fiorentina, ed il magnifico Lorenzo ei 
medesimo aveva confidente amicizia tale 
co” letterati e co’ poeti, che leggeva loro 
di sue composizioni, molte delle quali 
spiravano grazia, venustà entro ad utilis- 
simi concetti. Questa maniera di conver- 
sazioni era frequente in tutte le altre 
città italiane. É chi non sa della squisita 
gente che Leone X, il quale in questo tor- 
no di tempo sedeva a Roma, intorno a se 
ragunava? Chi non sa di Napoli quan- 
do Alfonso V diedesi a farsi sul model- 
lo di Ottaviano e del figliuol di Pipino? 
Egli studiò in Tito Livio, e dicono gli 
storici che essendo ammalato . coll’ udir 
leggersi soltanto la vita del figlio di Fi- 
lippo re di Macedonia perfettamente 
risanasse. Certo sotto gli Arragonesi le 
lettere, le scienze e le arti si spinsero 
avanti; e Giovanni Boccaccio toscano, 
quello scrittore che noi ora abbiamo co- 
me il padre de’ prosatori vulgari, Boc- 
caccio conversava nella corte arragonese 
di Napoli, ed acquistava quella reputa- 
zione che ben giustamente se gli compe- 
teva. 


a 


protecteur si ardent des lettres et des 
sciences, et de Naples, lorsqu’Alphon- 
se V, marchant sur les traces d’Octave 
et de Charlemagne, rassembla à sa cour 
les gens de lettres de son temps. Tite- 
Live était son auteur favori, et ses hi- 
stcriens racontent qn’étant malade un 
jour, il guérit en entendant lire l’hi. 
stoire d'Alexandre, tel était son amour 
pour ce livre! Assurément les arts, les 
sciences et les lettres firent de nota- 
ble progrès sous la domination des prin- 
ces arragonais ; Jean Boccace, toscan, 
que nous regardons aujurd’hui comme 
le père des prosateurs italiens, Boccace 
lui-même brilla à la cour de Naples, et 
y jouit d’une estime et de distinctions 
étaient bien dûes à son mérite. 

Mais, au milieu du mouvement intel- 
lectuel qui se fit sentir alors dans les 
principales villes d’Italie, Venise ne 
pouvait certes rester stationnaire et in- 
différente. Nous n’exposerons point ici 
longuement les motifs particuliers qu’ 
ont les gouvernements républicains, plus 
que les autres encore, d’encourager le 
goût des réunions, de rapports fréquents 
entre particuliers, car un sujet si im- 
portant nous entraînerait trop loin de 
notre but principal. Bornons-nous à dé- 
montrer que, par l'effet des institutions 
primitives du gouvernement vénitien 
que nous avons déjà exposées dans la 
première partie de cet ouvrage, les as- 
semblées, les sociétés particulières, les 
cercles, etc., devaient avoir à Venise 
une physionomie particulière. Toujours 
fidèles à nos promesses d’être aussi brefs 
que possible, nous ne dirons rien dece 
que nous offrent sur ce point les temps 
antérieurs au XV siècle, et nous bornant 
à consacrer ici quelques lignes aux réu- 
nions qui avaient lieu habituellement 
chez Alde Minuce le Vieux et quelques 
autres, nous passerons aussitòt à ce qui 
distingue aujourd’hui Veniseen ce genre. 

Alde Minuce, dont les éditions, pu- 


(SA: 


Ma d’infrale città capitali de’ regni 
illustri che qui abbiamo ricordato, Vine- 
gia eziandio a questo riguardo si distinse. 
Non vorrem qui discorrere per le minu- 
zie tutte quelle ragioni che hanno li 
governi repubblicani di dare particolari 
e frequenti aggregazioni domestiche, per- 
chè moltissime essendo, il subbietto ci 
trarrebbe troppo per le lunghezze. Me- 
glio è attestiamo che per le istituzio- 
ni del governo venetico, già da noi di- 
svolte nella prima parte di quest’ ope- 
ra, le conversazioni o li convegni, 
che poi si dissero ancora crocchi, spes- 
sì assai e singolari dovevano venire. 
Per il nostro proposto poi di brevità in» 
tralascieremo non solo di parlare de’ pri- 
vati convegni dei secoli che furono avan- 
ti del cinquecento, ma limiteremci a 
ricordare quello -che si teneva in casa di 
Aldo Manuzio il vecchio, e toccheremo 
di volo sugli altri, venendo poi a quelli 
di oggidi, 


Siccome Aldo Manuzio era il primo 


— 256 — 


bliées il y a déjà environ trois siècles et 
demi, sont si estimées et si recherchées 
de nos jours, Alde Minuce était non-seu- 
Jement le premier des typographes, mais 
un érudit estimé de tous les savants ses 
contemporains. Connu dans l'Europe en- 
tière par ses admirables travaux et par 
les correspondances nombreuses qu’il 
entretenait avec les écrivains de tous les 
pays, il était l’objet de l’empressement 
des étrangers qui arrivaient h Venise. 
Le fameux Erasme de Rotterdam vint le 
trouver en personne, afin de faire im- 
primer ses Adages dans son établisse- 
ment, et se lia par suite avec lui de l’a- 
mitié la plus étroite. Le cardinal Lean- 
dri, Maffeo Leoni, André d’Asola, le 
cardinal Bembo, Priuli, évèque de Tor- 
cello, et autres, qui jouissent d’une ré- 
putation si honorable parmi les gens de 
lettres, fréquentaient tous la maison 
d’ Alde Minuce. 

A cette époque , il n’y avait pas 
une famille patricienne qui n’ouvrit son 
palais à une société choisie et nom- 
breuse , dont les entretiens roulaient 
d’ordinaire, suivant l’exemple des Grecs 
et des Romains, sur des matiéres d’un 
intérêt général et spécialement sur cel- 
les qui avaient un rapport direct avec le 
bien public, la gloire de la république, 
etc.; et à mesure que la civilisation se 
développait sur de plus larges bases, 
Vesprit de sociabilité augmentait dans 
les mêmes proportions. Mais vers les 
derniers temps de la république, le ger- 
me de la dissolution commençant à atta- 
quer les vieilles institutions et les vieux 
usages, les nobles ne pensèrent qu’aux 
plaisirs, et l’on vit même les palais des 
sénateurs transformés en véritables mai- 
sons de jeu, où se consomma bien sou- 
vent la ruine des famillesles plus riches. 
En vain le sénat s’efforca de mettre un fre- 
in par de sévéres décrets à ce goùt perni- 
cieux. Ainsi, au lieu des vues louables qui 
avaient engagé nos aieux à encourager le» 


de’ tipografi, e tutte le cose da lui stame 
pate, or vanno li tre secoli e mezzo, 


hannosi di un merito peregrino, non era 


il secondo fra i letterati, ed i dotti del 
mondo incivilito d’allora lo aveano caris- 
simo. Per le immense sue corrisponden- 
ze, e per Ja celebrità del nome e delle 
opere, non era forestiere che e Vinegia 
arrecandosi, di Aldo prestamente non 
chiedesse. Egli ci è noto che il famoso 
Erasmo di Roterdam olandese si portò 
direttamente da lui per far istampare 
li suoi Adagi, e che con esso strinse vera 
amicizia. Il cardinale Leandri, Maffec 
Lioni, Andrea da Asola, il cardinal Bem- 
bo, il Priuli vescovo di Torcello e via 
erano tutta gente che frequentava appo 


il Manuzio, gente che nella repubblica’ 


delle lettere in fama di egregi ed eccel- 
lenti montarono. 


À quel tempo non v'era casa pa- 
trizia che non tenésse conversazioni, 
nelle quali i parlari che si facevano 
puossi dire a buon dritto avessero lo 
medesimo scopo di quelle antiche ap- 
po Greci e ‘Romani, cioè si volgesse- 
ro sempre sulla patria, ed aumentassero 
in ragione della civiltà, giacchè come più 
la vita civile si approssima alla genti: 
lezza ed alla mollizie quello che forma 
il più gradito sollievo dell’alta societa» 
de null’altro è certamente dalle conver- 
sazioni in fuori. Negli ultimi tempi però 
svoltosi in ‘esse lo spirito di. dissoluzione 
degli ordini antichi, li nobili non attese- 
ro che a’mezzi di piacere : quindi nelle 
case degli aristocrati gli intrattenimenti 
che si davano erane specialmente li giuo- 
chi d’ azzardo, i quali bene spesso cagio- 
navano la rovina di molte famiglie, e 
che invano il governo antico davasi con 
proibizioni a frenarli. Che se lo scope 
delle adunanze venetiche negli estremi 
della repubblica non era più quello del- 
le antiche, quando la democrazia venne 


SU 


sprit de sociabilité à Venise, lorsque le 
régime démocratique fut substitué à l’a- 
ristocratique , la. société des derniers 
temps de la république ne s’occupa plus 
que d’objets frivoles où même condam- 
nables et d’un dangereux exemple. La 
licence succéda aux moeurs honnetes, 
les chimères philosophiques aux graves 
méditations des hommes d'Etat, l’amour 
dela nouveauté à celui de la patrie et des 
institutions anciennes; en un mot, la 
légereté, la présomption, la frivolité, à 
l'ordre, à la sagesse, à la gravité et à la 
modération. Mais apres ces temps dé- 
plorables, et sous l'influence d’un gou- 
vernement tranquille, le genre des socié- 
tés commenca de nouveau à s’améliorer; 
cependant on n’y cherche guère plus 
aujourd'hui qu’un moyen d'échapper à 
l’ennui. Les cafés ont été, et sont tou- 
jours d’ailleurs à Venise, nn centre de 
réunion. Lorsque vous prêtez l’orcille 
en pareils lieux à la conversation ha- 
bituelle, ce n’est point certes Punifor- 
mité des sujets que vous avez à redou- 
ter, puisque l’on traite, ou pour mieux 
dire, l’on effleure dans ces conversations 
tous les sujets imaginables; la chroni- 
que scandaleuse du jour, la politique, la 
littérature, etc., ete., exercent tour-à- 
tour la volubilité des interlocuteurs. Le 
mouvement, la variété qui y régnent, 
expression animée des physionomies, 
l’élégance des vêtements , la grâce des 
maniéres, sont impossibles à décrire. Les 
plus fréquentés des cafés de Venise sont 
presque tous sur la place Saint-Marc; 
là, sans compter le fameux café Florian, 
vous trouvez celui des Tures, des Grecs, 
des négociants, des militaires, et ainsi 
de suite. On peut dire que la place 
Saint-Marc est le rendez-vous de toutes 
les classes de citoyens, et des étrangers 
de toutes les nations. 


2 


51 — 


sostituita al governo de’ nobili non eb- 
bero esse altro scopo da quello in fuori 
dello stravizzo e del disordinamento. La 
licenza ebbe il luogo del rispetto, delle 
gentili dimostrazioni; la sfaccendata filo- 
sofia surrogossi alle mature riflessioni de- 
gli uomini di stato; 1’ amore delle novità 


a quello della patria; la petulanza in una 


parola; la caparbietà,la frascheria tennero 
il seggio della moderazione, della saggezza 
e gravità. Ma passati que’tempi, e datoci 
di vivere solto un reggime tranquillo, ri- 
tornarono le adunanze sociali a prendere 
miglior aspetto;e furon tali da potersi ap- 
pelare convegni aventî lo scopo di scae- 
ciare la noia dell’ozio, la maggior parte 
dei quali si tennero e si tengono nei 
caffè. Se tu fossi da presso a qualcuno 
di que’ crocchi che si formano in queste 
parti, ben avresti di che occuparti, impe- 
rocchè non vi è soggetto urbano, politi- 
co, economico che non vi si tratti. Tatto 
è movimento, tutto è brio; e si vorrebbe 
assai pena perdipingere i vari aspetti del- 
le fisonomie, la sontuosità delle vesti, la 
leggiadria de’ modi, le ricercate maniere 
delle espressioni. Tutti questi caffè }con 
differente nome s’intitolano. A cagion 
d’ esempio, fra i molti che si trovano 
nella gran piazza, il principale, e pro- 
prio della gente di. alta sfera, si è quel- 
lo di Florian; vengono poi quelli dei 
Turchi, dei Greci, quello de’ Militari, dei 
Commercianti e via, ove questa mante» 
ra di gente si mostran e quivi conver» 
san. Può dirsi che la piazza San Mar- 
co sia il luogo in cui tutti gli ordini e 
molte delle nazioni si uniscono, 


— 258 — 


La plus fréquentée et la plus belle 
des rues de Venise, c’est sans contredit 
celle dite de la Mercerie, qui a pris son 
nom de fa multitude et de la variété des 
marchandises (merci) qu’on vend dans 
les boutiques qui la bordent. Ces bouti. 
ques sont si élégantes, si bien ornées, et 
les objets exposés en vente sont dispo- 
sés avec tant de goût, avec une entente 
si parfaite de l’étalage, que, depuis l’hor- 
loge de Saint-Marc jusqu'a la place 
Saint-Barthélemi, le promeneur croit as 
vancer au milieu d’une galerie. Sous 
bien des rapports, on peut considérer la 
Mercerie comme le lieu le plus propre à 
attirer la foule des citoyens et des étran- 
gers à chaque heure du jour. Sous la ré- 
publique, la Mercerie était une exposi- 
lion continue, si je puis me servir de 
cette expression, des richesses de nos 
ancêtres. Chaque boutique renfermait 
des trésors, et bien que leur extérieur 
fût peu élégant, leur disposition négli- 
gée, leurs ornements communs, même au 
temps de la république, la Mercerie é- 
tait un sujet d’admiration pour quicon- 
que la voyait, et une preuve éclatante 
de la richesse des Vénitiens. Toutefois 
nous n’entendons point dire par-là que 
Venise ait perdu aujourd’hui toutes ses 
ressources ; nous croyons fermement au 
contraire que cette ville est bien loin 
de mériter lPépithète de misérable que 
certaines gens voudraient lui donner 
maintenant. Ces gens-là, n’approfondis- 
sant point la matière, mais s’arrétant à 
la superficie, à l’apparence des choses, 
accusent les Vénitiens de ne plus rien 
produire, de ne plus rien avoir de splen- 
dide, de magnifique, et se déchatnent 
violemment contre quiconque s’efforce 
de leur prouver le contraire par de bon- 
nes raisons. Mais ils se trompent gros- 
sièrement sur ce point, car Pon peut 
avancer hardiment que les marchands de 
Venise et les joailliers surtout sont au 
moins comparables aux commerçants 


s 


i 
i 


Noi qui a Venezia fra le principali e 
più belle strade contiamo la Merceria, 
che prende questa nomenclatura appunto 
dalla quantità ed assortimento di merci 
che quivi si vendono. Quelle tante botte- 
ghe che diffilato s'incontrano su questa 
seno addobbate con tale un lusso, e le 
merci sonvi sì leggiadramente disposte, 
che dalla torre dell’ orologio fino al cam- 
po di san Bortolomeo puossi dire il pas« 
seggiero trapassi una galleria. La Mar- 
ceria, sommariamente considerata, può 
per mille rapporli aversi come il luogo 
di maggior affluenza de’ cittadini e dei 
forestieri, nelle ore specialmente del di. 
A’ tempi repubblicani, la Merceria era 
la mostra, direm così, delle ricchezze dei 
nostri: ogni bottega presentava un teso» 
ro, e sebbene lo esterno di queste fosse 
rozzo, e non si pensasse nemanco di ri- 
durle tutte ad una medesima forma, e 
pingerle tutte di uno stesso colore, e 
dare a tutte una vernice eguale, tuttavia 
anco a’ di della repubblica le merce- 
rie erano lo stupore di chi per esse pas- 
sava, ed argomento di quanto valevano 
in dovizie li Viniziani. Noi non vogliamo 
perd dire, in siffatta guisa esprimendoci, 
che di presente in Venezia non vi siano 
più ricchezze ; no, anzi per lo contrario 
vogliam dimostrare che la capitale dei 
Veueti sia ben lontana dal meritare l’e- 
piteta di misera, come taluni vorrebbo- 
no appiccarglielo. Certa gente che non 
consideranola sostanza ma meglio l’appa- 
renza delle cose, accusano li Viniziani per- 
chè non hanno più opere di ricchezza, 
vanno con petulanza astiando contro tuta 
ti coloro che doperando della ragione 
e de’ calcoli riprovano la loro senten- 
za. Ma sono ingannati d’ assai, imperoc- 
ché fra li venditori di gemme ed altre 
mercatanzie nelle altre capitali pochi 
son quelli che abbiano depasiti così pie- 
ni, e rilevanti crediti di molta impor- 
tanza, ed un giro come lo hanno questi 
nostri Viniziani. E chi non sa che la vi 


È € 
ivi 


ts plus riches des autres capitales, soit 
sous le rapport de l’importance des dè- 
pôts, soit sous celui des opérations com- 
merciales, etc. Qui ignore que la nation 
vénitienne est redevable à son esprit de 
commerce du haut degré de puissance 
et de prospérité qu’elle avait atteint ? 
La fortune des Etats est soumise aux 
mêmes vicissitudes que celle des particu- 
liers; le temps étant arrivé où les Vénitiens 
avaient besoin de recourir à toute leur 
prudence pour ne point exposer leurs 
propres intèréts, ils n’oublierent aucune 
précaution; distinguant telle branche 
de commerce de telle ou telle autre, 
retirant leurs fonds des banques publi- 
ques, et se bornant au genre de com- 
merce qu'ils croyaient le plus avanta- 
geux pour obtenir le but qu’ils se pro- 
posent, c’est-à-dire un gain modéré, ils 
abandonnent les opérations fastueuses 
aux négociants téméraires et amis de 
l’éclat, mais trop sujets aussi à de scan- 
daleuses faillites qui, et nous pourrions 
le prouver par plus d’an exemple, coû< 
tent de pénibles sacrifices aux gens qui, 
éblouis par de superbes dehors, leur 
ont imprudemment confié leurs : ca: 
pitaux. Ce n’est point aux négociants 
vénitiens que l’on peut faire un tel re« 
proche. Ennemis du faste, ils savent 
aujourd’hui borner leurs désirs et leurs 
dépenses. Mais la renommée colportant 
cette nouvelle de ville en ville et exagé- 
rant à l’ordivaire les choses, le bruit 
court dans toutes les places de commer- 
ce que les Vénitiens ont perdu presque 
toute leur puissance et leur richesse. En 
est-il réellement ainsi? — Nous pouvons 
assurer précisément le contraire. Le vé- 
ritable négociant, à notre avis, c’est 
celui qui aime mieux garder en caisse la 
meilleure partie de ses fonds, plutôt que 
de les aventurer imprudemment, ét se 
borne aux spéculations commerciales 
qui lai offrent le plus de chances favo- 
tables. La-dessus, les sots commencent à 


à 


19 


3 


9 sé 
O 


niziana nazione allo spirito commerciale 
deve l’apice di forza, di potenza e di 
ricchezza a cui era giunta ? Le con- 
dizioni de’stati sono soggette alle vicende 
medesime dell’uomo individuale; succes- 
si quindi i tempi ne’ quali il viniziano 
doveva usare di tutta la prudenza, per. 
non esporsi negli interessi economici, andò 
egli cautissimo, decimò or questo or 
quell’ altro negozio, ritirò da? pubblici 
banchi il proprio capitale, e si ristrinse 
a quella vena commerciale che gli ri- 
spose meglio al fine che si propose, cioè 
guadagno moderato, lasciando fare’ il 
più a quelli che amano di essere repu- 
tati negozianti di principalissimo grido, 
a cui, e lo possiam provare, per altro so- 
ho facili i fallimenti con sacrifizio di que’ 
che abbagliati dalla cotestoro doviziosa 
apparenza pagarono il fio della loro cre- 
dulità. Di questa specie pochi sono li 
Viniziani. Sprezzatori del fasto, e’ si li- 
mitano a quanto ponno fare, e nulla 
più. La fama porta questa novità per 
tutti i luoghi di commercio, esagera la 
situazione del prudente, e si dice per 
tutte bocche che il viniziano non è più 
l’uomo di forza. E mò vero? Il contra- 
rio anzi. Egli, a creder nostro, è il vero 
negoziante, che si contenta di tenere in 
serbo la maggior parte de’ suoi averi, 
piuttosto che avventurarli tutti, e solo 
sì limita a quelle speculazioni com- 
merciali che più gli dan speranza di 
guadagno. Il mondo de’sciocchi parla, ses 
gue a non volerlo stimare potente, ed ei 
ridendosi di loro, segue il suo commer- 
cio avveduto, e sapendosi al coperto dei 
sinistri avvenimenti, mena vita tranquilla. 
Dopo ciò, non si creda non vi sia a Vea 
nezia commercio: quivi egli è ed abba- 
stanza fiorente, ma avveduto, cauto: il 
vero commercio. Balbi già ne’ suoi rap- 
porti commerciali inseriti nella grand’ o- 
pera che diede, la sua Geografia, fa ben 
conoscere, senza che noi vogliamo qui 
ricopiare le sue sentenze, quale sia lo 


+ 


gloser sur son compte à qui mieux mieux; 
mais l'habile commerçant se moque 
d'eux à son tour et fidèle à un système 
si sage, il coule paisiblement ses jours 
dans une honnête aisance, à l'abri de 
tout revers imprévu. Qu’on ne s’imagi- 
ne donc point que le commerce est nul 
à Venise; il y est: au contraire assez 
florissant, mais modéré, prudent, tel en 
un mot que le véritable commerce doit 
l’étre. Balbi, dans son célébre ouvrage 
de géographie, a rendu pleine justice 
aux Vénitiens sur ce point, mais nous 
nous contentons d’en faire mention, ne 
voulant point reproduire ici les détails 
dans lesquels il entre sur la situation 
commerciale de Venise aujourd’hui, 
comparée avec celle de beaucoup d’au- 
tres villes. 


En tous temps, les Etais dans lesquels, 
comme chacun sait, l’argent ne circule 
point également dans toutes les classes 
de la société, les Etats, dis-je, ont senti 
le besoin de fournir un aliment à l’espé- 
rance des malheureux et des indigents, 
les leurrant de la chance de changer 
subitement de fortune, gagnant beau- 
coup en risquant peu. Entre tous les 
moyens de ce genre que le peuple ai- 
me de préférence, nons distinguerons la 
Tombola que l’on tire chaque année à 
Venise, et dont nous ne saurivns nous 
dispenser de parler. 

La tombola compte le même nombre 
de numéros que la loterie, c’est-à-dire 
quatre-vingt-dix ; le joueur gagnant est 
celui dont le carton,que l’on acquiert pour 
un prix modéré, est le premier rempli 
par les numéros sortis. La tombola (loto, 
loterie) est un jeu trés répandu parmi les 
particuliers, mais nous ne prétendons cer- 
tes parler ici que d’une tombola publique 
établie dans la monarchie autrichienne, 


TPE 


stato commerciale della presente Vine- 
gia in comparazione di quello di molte 
altre capitali marittime! 


Fu sempre bisogno de’governi ne’ qua- 
li il danaro non circola ugualmente per 
tutte le classi sociali di aprire una via 
di speranza a’ pitocchi ed a’tapini, e 
metterli in fede di permutare la propria 
condizione arrisicando poco per avere 
molto. Tra que’ mezzi che la plebe re- 
puta più secondi ‘alle sue circostanze, 
nessuno va avanti a quello della Tom- 
bola; giuoco che dassi ogni anno in que- 
sta capitale, e su cui per mille rapporti 
è mestieri il dire alcun che. 


La tombola non ha nè più nè meno 
numeri di quelli che ne ha il lotto: no- 
vanta come questo ne conta anch” essa ; 
e n’ è proclamato e conosciuto vincitore 
colui la cartella del quale, che si ac- 
quista mercedio un prezzo appiccatole, 
ha i primi quindici numeri dalla tom- 
bola sortiti. La tombola viene giuocata 
nelle famiglie, e pubblicamente ancora. 
Della pubblica volendo dire, è da sapere 


soli 0) nu 


protégée par des ordonnances impéria- 
les, et dont le but est certes des plus 
louables: elle a toujours lieu au profit 
des hospices, des maisons d’asile, ou de 
tout autre pieuse institution, 


À Venise, on tire la Tombola sur la 
place Saint-Marc, et le coup d’oeil en 
est réellement curieux en pareil cas. En 
face de la basilique de Saint-Marc, on 
élève ce jour-là, près du palaisroyal, une 
espéce de loge, d’estrade, d’une forme 
quadrangulaire et assez bien entendue ; 
on y monte par un perron qui conduit à 
une plate-forme surlaquelle les gagnants 
se rendent pour faire vérifier les numé- 
ros, et où a eu lieu leur tirage, à la vue 
de tout le monde et d’après l’ordre don- 
né par des magistrats qui y assistent, 
chargés de maintenir le bon ordre et de 
veiller à la régularité des opérations. On 
annonce à son de trompe chaque numé- 
ro, extrait de l’urne par un jeune en- 
fant-trouvé ; et peu aprés le même nu- 
méro est exposé aux yeux de tous dans 
une niche placée au-dessus de la loge, 
Dans un autre loge également de for- 
me quadrangulaire, garnie tout autour 
de quatre-vingl-dix compartiments, et 
placée juste au milieu de la place, une 
main invisible pour le public, montre 
‘de nouveau les numéros à mesure qu’on 
les tire, pour la plus grande commodité 
des assistants. 

Rarement l'opération s'achève sans 
qu'il y ait un peu de désordre et de tu- 
multe, causé par la précipitation de 
quelques-uns des intéressés qui, abusés 
par la soif du gain, croyant avoir réuni 
les numéros nécessaires, crient : Tombo- 
Ja! et courent à la loge pour les faire vé- 
rifier. Jugez de leur désappointement lor- 
sque leur erreur se découvre alors, et 
des huées, du vacarme de la populace 
qui les voit redescendrede l’estrade aussi 
tristes et aussi honteux qu’ils y étaient 
montés joyeux ct confiants, 


che nella nostra monarchia viene tute- 
lata dalle sovrane disposizioni, e giuo= 
cata per fine sempre nobilissimo. Que- 
sto è o per benefizio delle case di rico- 
vero o per altra ragione che tende sem- 
pre a giovare all’ umanità sofferente. 

A Vinegia fassi la tombola in piazza 
di San Marco; ed è daddovero bellis- 
simo il suo apparato. Stabilito il di del 
giuoco, di fronte alla Basilica, presso il 
palazzo reale, viene innalzato una sj ecie 
di ligneo palco, di forma quadrangi lare 
e di buonissimo gusto architettonico. 
Ha una gradinata per la quale li vinci- 
tori salgono ad un piano coperto, iu cui 
si estraggono li numeri da un’ urna alla 
veduta del pubblico e ad un cenno dei 
presidenti, che quivi seggono per atten- 
dere al buon ordine e per riscontrare la 
regolarità delle cartelle vincitrici. Il suo- 
no delle trombe annuzia l estrazione 
fatta del numero da un fanciullo a cui 
la malasorte non concesse la conoscenza 
de’ genitori, e che è addetto all’ ospizio 
de’trovatelli; ed indi a poco il numero 
stesso comparisce da una nicchia, alla 
parte superiore del palco locata. In uno 
altro palco poi, di forma parimenti qua- 
drangolare, avente da tutti suoi lati no- 
vanta compartimenti, e che s’ innalza pro- 
prio in mezzo alla gran piazza, mano 
nascosta fa uscire i numeri di volta in 
volta che vengono estratti, a maggiore 
intelligenza de’ concorrenti. 

Poche volte addiviene ch'e’ non vi 
abbia confusione, e qualche piccolo dis- 
ordine non nasca, imperocchè l’ avidità 
del guadagno fa per taluni travedere li 
numeri, e gridano tombola, e vanno al 
palco per raffrontar la cartella, co’ nume- 
ri usciti, e scopertosi il loro errore, fra 
schiamazzi e risa di que’ che non sanno 
compatire altrui, fra le dimostrazioni di 
giubilo di chi ancora spera vincere, con- 
viene loro che scendano brulli e spen- 
nacchiali. 


mn PED am 


L'afluence est extrême en pareil jour 
sur la place Saint-Marc; soit désir du 
gain, soit curiosité , étrangers et Véni- 
tiens accourent à l’envi et bien petit est 
le nombre de ceux qui n’achètent pas au 
moins un billet. Les cafés, les Procu- 
raties, les croisées des maisons, jusqu'aux 
balustrades et plate-formes de la basilique 
de Saint-Marc, tout regorge de specta- 
teurs qui, presque tous, leur billet à la 
main, suivent attentivement lecours du 
tirage des numéros. 


Ed 

Quivi il concorso é grande, ché il cit: 
{adino ed il forestiero, allettati dalla 
speranza di un guadagno e dall’ idea di 
cogliere. svagamento, in un di aiutare 
chi ha bisogno di suffragio, di buona vo- 
glia pone mano al borsiglio, ed acquista 
la sua cartella. La piazza San Marco 
in quel di è mai sempre ripiena di gen- 
te; zeppii caffè, le procuratie, le finestre, 
le ringhiere della basilica; e tutti hanno 
fra mani la loro cartella, e tutti sono 


nell’aspettativa di segnare su quella i 


numeri che li portino alla vincita. 


A Venise Fexercice de l’aviron n'est 
point particulier aux bateliers qui en 
font leur gagne pain, mais commun à 
bien d’autres classes ; il est pour les 
uns un métier et pour les autres un 
passe-temps, Aux temps de la républis 
que surtout, c'était presqu’une honte 
pour un jeune homme que de ne passe dis 
stinguer dans cet exercice, Les jeunes 
patriciens se réunissaient plusieurs en- 
semble, payaient un batelier de profess 
sion pour avoir soin du canot où de la 
gondole, et se plaisaient à faire souvent 
des excursions dans les îles voisines et 
sur le littoral adjacent, à Mestre, à Ma- 
rano, à Fusina, etc. Nous lisons dans 
les vieilles chroniques que les patriciens, 
remarquant les nombreux avantages qui 
résultaient de ces exercices, aviserent 
au moyen de l’encourager, surtout dans 
les classes ordinaires, et pour ce, dans 
un décret émané à l’occasion des fêtes 
célébrées en réjouissance du recouvre: 
ment des jeunes fiancées enlevées à. O-: 
livolo, ils ordonnèrentque chaque année, 
à l’époque des jeux Mariani, aarait lieu 
une Regata ou course de bateaux. Voilà 
précisément le sujet dont nous allons 
nous occuper maintenant. 

_ Les regatte, divertissement essentiel- 


Îl remarea Venezia non é già solo pros 
prio del barcaiuolo, che lo fa mezzo d’ 
industria, ma generale, conciossiachè chi 
lo considerava mezzo a campare la vita; 
chi mezzo di svagamento. Specialmente 
a’ tempi repubblicani, un giovanotto era 
considerato dappoco se non si fosse mo- 
strato valente rematore. I figli di nobil 
famiglia si univano in ciurme, stipendia«< 
vano un barcaiuolo di mestiere, perchè 
tenesse in acconcio il battellino o la gone 
dola con cui intraprendevano i loro viag- 
getti ora a Mestre, ora a Fusina, alcuna 
fiata nell’isole che spesseggiano nell’ e- 
stuario, € più lungi ancora. Ritroviamo, 
nelle antiche cronache che i veneti 
padri, riflettendo alPutilità somma che 
ridondava da questo esercizio; pensarono 
al modo d’ incoraggiarlo, in ispecieltà 
nell’ordine plebeo; e nel decreto ema- 
nato all’occasione delle gran feste per 
la ricupera delle spose rapite in Olivolo, 
ordinarono che ogni anno, al tempo dei 
ludi Mariani, si facesse una regata, o cor- 


+ sa di barche. Egli è su questa corsa ap- 


punto che ora prenderemo a parlare. 
% 


La regata; spettacolo tutto viniziano; 


lement vénitien, n’offraient point d’a- 
bord le coup-d’oeil magnifique qu’el- 
les présentérent ensuite lorsque la ré- 
publique elle-même eut atteint un haut 
degré de splendeur. Ce n’était avant 
cette époque glorieuse qu’une simple 
joûte dans laquelle le déploiement de la 
force et de l’adresse était le seul but 
auquel on visait. Mais avec le temps 
les regatte devinrent la fête la plus bril- 
lante, et la plus chere à la nation. 
Impossible à décrire l’ardenr, les tran- 
sports de joie que l’annonce d’ une 7'e- 
gata excitait parmi les Vénitiens, et les 
efforts, les sacrifices que chacun fesait 
pour contribuer de son mieux à la ren- 
dre pompeuse et animée. Le gouverne- 
ment lui-même et les plus vieux séna- 
teurs présidaient à la direction de la 
fete. Après la chûte de la république, il 
y avait !. "g-temps que cette solennité 
n’avait plus lieu qu’à de rares inter- 
valles, lorsque dernièrement, de nouvel- 
les et sages dispositions en ont fixé cha- 
que année le retour invariablement. 
Un coup de canon tiré par un biti- 
ment de 1 Etat ancré dans le canal 
Saint-Georges, est le signal du départ 
des bateaux-joûteurs, rangés en ligne en 
face des Jardins publics ; l’espace qu’ils 
doivent parcourir est de quatre milles, 
depuis le point de départ jusqu’au lieu 
où se distribuent les prix, passant le 
long da quai des Esclavons, du Mole, 
entrant dans le Grand-Canal vis-à-vis la 
Douane et le parcourant jusqu’à un 
point déterminé où s’élève un pieu, 
proprement dit par les Vénitiens pa- 
letto. Arrivés là, les joûteurs tournent le 
pieu, et retournant en arriere par la m8- 
me route qu’ils viennent de parcourir, 
ne s’arrétent que vis-à-vis la loge ou 
pavillon des prix, élevé sur des barques, 
avec des arcades, des festons et des or 
nements d’assez bon goût. Les prix con- 
sistent en quatre banderoles de soie, de 
différentes couleurs, au bâton de cha. 


non avea a principio quell’ aspetto ma: 
gnifico che prese di poi coll’ ingrandirsi 
della repubblica. Non era allora se non 
se una modestissima gara, nella quale al 
solo scopo miravasi di far dimostra la 
perizia e la forza, Col volgere pui degli 
anni diveniva una festa abbagliante, uni. 
ca, la principale della nazione. 


È indescrittibile quanto ardore, quauta 
letizia ispirasse in tutte classi la nuova di 
una regata, e come ciascuno si adope- 
rasse per renderla pomposa e piacevole. 
Veniva essa ordinata dal governo e die 
retta dai più vecchi gentiluomini della 
città, Ceduta peròla repubblica, assai di 
rado essa facevasi; lorchè giustamente in 
questi ultimi tempi ordinavasi, ad inco- 
raggiamento dei viniziani rematori, che 
annualmente dessa si fornisse. 


Ad un colpo di cannone, che scaricasi 
da un regio naviglio ancorato in canal di 
San Giorgio, e che espandesi rimbom:ban- 
tee cupo per le lagune, ha cominciamen- 
to la gara. Il punto da cui le barchette 
rivali slanciansi nell’arringo è dirimpet- 
to ai pubblici giardini, e di quattro mi- 
glia circa è lo spazio che denno percor- 
re ; cioè varcano le acque della riva de- 
gli Schiavoni, quelle del Molo, entrano 
nel gran canale per là ove sorge la Do- 
gana e poco discosto la chiesa della Sa- 
lute, trascorrono tutto il suddetto canale 
fin dove piantasi certo stipite, vinizia- 
namente appellato palletto. I giostranti, 
come arrivano a quel punto, vi girano 
intorno; e ritornano per la via già per- 
corsa finchè giungono dove si distribui- 
scono i premii, che stanno collocati in 
una specie di largo bacino innalzato 
rimpetto al palagio ove. havvi til mu- 
nicipio. Questo bacino è formato sur 


+ 


— 264 — ; 


cune des quelles est suspendue une bour- 
se contenant une certaine somme d’ar- 
gent. Celui des joùteurs qui a été assez 
heureux et assez habile pour surpasser 
en vitesse tous ses concurrents, obtient 
la banderole rouge, celui qui le suit 
immédiatement la banderole verte, le 
troisième a la bleue, et la banderole jau- 
ne, c’est-à-dire le dernier prix, échoit 
enfin au quatrième. Cette derniére bande- 
role est en outre distinguée par un pelit 
pourceau qu’on y voit peint, et que le ga- 
gnant n’obtient pas seulement en peintu- 
re, mais aussi en chair et en os. Mais 
n’allez point croire que le vainqueur du 
pourceau soit moins fier et moins sati- 
sfait deson triomphe, à cause de l’emblé- 
me peu majestueux qui l'accompagne ; 
bien loin delà. Parce que cette récompen- 
se offre un côté tant soit peu défavorable, 
elle n’en est pas moins une récompense, 
et une preuve de la victoire honorable 
qu’il a remportée sur tous les autres con- 
currents qui n’ont obtenu aucune ban- 
nière et aucun prix. Aussi c° est a- 
vec un véritable orgusil que les amis 
et les partisans du quatrième gondolier 
vainqueur proménent sur le .grand ca- 
val, dans un bateau, le pauvre petit pour- 
ceau qui, grognant et se démenant en- 
tre leurs mains, paraît fort insensible à 
cet honneur. 

Les sons de la musique militaire con- 
tribuent à animer la scène. L’orchestre 
placé dans la loge dont nous avons parlé 
tout-à-l’heure et où l’on distribue les 
prix, excitent l’ardeur, lémulation des 
concurrents tout Je temps de la lutte, 
et lorsque les vainqueurs , hors d’ha- 
leine et converts de sueur, viennent re- 
cevoir les prix qu'ils ont si bien méri- 
tés, les musiciens celebrent leur triom- 
phe par de joyeuses fanfares. 

La prédilection des Vénitiens pour 
les regatte ‘est si grande et par consé- 
quent l’empressement aussi avec lequel 
ils courent à ce spectacle, que les fenè- 


barche, ed è mai sempre di buon gu- 
sto architettonico. Li premii consistono 
in banderuole di vari colori, all’ asta 
delle quali stanno appesi dei borsel- 
lini con entrovi una determinata som- 
ma di denaro. A colui che ha la sorte di 
vincere in velocità tutti i concorren- 
ti alla gara è concessa la banderuola 
rossa, a quello che conduce dietro il 
primo la sna barchetta dassi la verde, 
la cilestra è propria del terzo, e la gial- 
la del poveretto che dai tre primi re- 
matori è avanzato. Quest’ ultima, oltre 
che diversificare dalle altre per colore, 
è mai sempre distinta da un piccolo maiale 
disegnatovi sopra. Ma il quarto de’pre- 
miati menerebbe lagni se non gli si des- 
se, oltre che dipinto, vivo l’animale: hallo 
eziandio in carne ed ossa, ed a tutto cie- 
lo grugneate. Il vincitore del porchetto, 
per lo avuto testimonio di sua lentezza 
non sente né affanno né doglia. Se quel 
dono, se quell’aggiunta ha per l’una parte 
certo che d’inglorioso, riesce per l’altra 
prova di preminenza su quelli che resta- 
no privi di qualsivoglia bandiera. Lo im- 
perche i nostri gondolieri, finita la lotta, 
girano boriosi pel loro porco il gran ca- 
nale, mentre per entro la barchetta la ta- 
pina bestia, non contenta del fato suo , 


manda alle stelle i suoi lamenti. 


Lo spettacolo di una viniziana rega» 
ta è tutte volte reso via più animato da 
suoni e da vivaci pezzi di musica. Sopra 
il bacino dispensatore li premii sta per- 
tanto disposta grande orchestra , entro 
la quale istrumenti di ogni guisa inco- 
raggiono con loro note i combattenti, 
e celebrano i vincitori come tutti aneli 
e grondanti di sudore si portano a co- 
gliere il loro ben meritato guiderdone. 


Tanta è la curiosità che mette nei Vi- 
nizianiuna regata, e tante per conseguen 
za ne è il concorso, che poche sonole fine- 


stre dei palazzi e delle case, poche le rive 


— 26 


tres'des nombreux palais, les quais qui 
bordent le canal, etc., ne peuvent suf- 
fire à la foule des curieux. Aussi beau- 
coup d’entr’eux prennent le parti d’as- 
sister à la joûte dans des bateaux; ils 
sont d’ailleurs ainsi plus à même d’ob- 
server de près les joûteurs, de les. sui- 
vre autant que possible dans leur course, 
d'examiner enfin plus commodément les 
moyens, les finesses de l’art qu’ils met- 
lent en usage pour se surpasser l’un 
l'autre. La quantité de ces bateaux et 
gondoles est même si grande que, pour 
empècher qu’il n’en résulte des in- 
convenients et de l’embarras pour les 
bateaux - joùteurs, quelques autres beau- 
coup plus grands et nommés bissone (*) 
sont chargés de les protéger, de les cou- 
vrir sur les deux ailes et de veiller à 
ce que l’espace nécessaire à leur passa- 
ge reste toujours libre. Ces bissone sont 
de longues barques ainsi appelées à cau- 
se de Vagilité, je dirais presque de la 
souplesse avec laquelle elles glissent'sur 
les eaux et serpentent à travers tous les 
obstacles. Au reste tous ces bateaux in- 
différemment sont ornés, décorés avec 
plus ou moins derichesse et de bon goût, 
et souvent même ils représentent des 
scènes historiques, mythologiques, cte., 
et'alors on voit prodiguées pour leur 
décoration les étoffes les plus riches, 
la soie, le satin, le velours, les fran- 
ges d’or ou d’argent, les glands, les 
tapis, les ornements précieux, en un 
mot tout ce que le luxe et l’art peu- 
vent offrir de plus agréable et de plus 
magnifique. Enfin, dans les jours de 
solennitè extraordinaire, outre les his- 


sone dont nous venons de parler, on: 


voit d* utres barques encore plus grandes 
et majcstueuses , mais toujours ornées 
de la même manière et que l’on appel- 
le à Venise  peote. 


Aux temps de la république , non- 


(*) En italien biscione, gros serpent. 


) —— 


1e fondamenta, conciossiache molti si ap- 
pigliano al partito di osservare la festa in 
una barca, dalla quale seguir possono i 
lottatori, giudicare più da vicino sui lo- 
ro artifizi, sulla loro perizia, sulla lor for- 
za e destrezza; anzi sono in tanto nume- 
ro i curiosi sulle acque, che per togliere 
non abbia la pressa delle loro barchette ad 
imbarazzare l’agone, ufficio è di alcune al- 
tre, chiamate bissone, di far ala alle gio» 
stranti. Sono le bissone certi lunghi bat- 
telli, appellati in simil guisa a cagione del- 
la loro agilità nel serpeggiare da tutte 
parti sulle ‘acque. Cosiffatti navigi sono 
bellamente apparati, ed alcuna volta 
rappresentano storici o mitologici avve. 
nimenti, o le costumanze di alcune na- 
zioni, o alludono a qualche arte; ed a tal 
fine gl’inventori mettono in opera insie- 
memente alla scultura ogni maniera di 
drappi di seta, di velluto, sopra cui risal- 
tano frangie, frastagli, spechi, pelli, 
piume, e tutto ciò ad un detto che .na- 
tura ed arte offrir ponno a formare con 
magnificenza questi emblemi. All’ occa- 
sione poi di grande solennità, a queste 
bissone si aggiungono altra specie di 
barche abbigliate alla guisa delle prime, 
ma di forma più grande e maestose, le 
quali vinizianamente chiamansi peote. 


Ne’tempi repubblicani a cotali regate 
erano ammesse, anco le donne di Pelle- 
strina, non che gli uomini loro; al pre- 


34 


Ao? 


seulement les hommes, mais les femmes 
aussi de Pelestrina étaient admisaux re- 
gatte. Aujourd’hui le droit d’y concourir 
est exclusivementréservé aux Vénitiens, 
et les Palestrinais se contentent de ra- 
mer dans leurs pesantes barques qui des- 
servent la ligne des trajets de Venise 
à leur fle, voyage auquel ils invitent, 
criant à pleine tête, tous les passants 
qu’ ils apercoivent. 


sente però il concorso alle regate è pro- 
prio dei Viniziani, e que’di Pellestrina 
si limitano a remare nelle loro ‘pesanti 
barche, servienti al tragitto dalla capita- 
le alla lor isola, tragitto a cui essi invi- 
tano a larga gola tuttogiorno il passeg- 
giero. 


n ne Wil G nudi 


La ville de Venise est divisée en se- 
xtiers, chacun desquels se distingue par 
une nuance de moeurs si tranchée 
que vous dislinguez aisément l’un de 
l’autre à ce seul indice. Le sextier de 
Saint-Marc est plus élégant, celui de 
Castello se ressent au contraire des 
moeurs grossiéres de ceux qui l’habitent, 
pour la plupart gens de mer et ouvriers 
calfats; celui de Cannareggio, habité pre- 
squ’exclusivement par les bouchers, offre 
untCaractére encore plussaillant,et c’est là 
qu’on trouveune classe d'individus bien 
connus à Venise parleur audace et leurs 
aventureuses entreprises. On pourrait 
en dire autant des autres quartiers qui 
ont chacun leur type particulier. Mais 
l’endroit de Venise qui présente sans 
contredit les moeurs et les costumes les 
plus tranchés, c'est la partie de cette ville 
appelée sextier de Dorsoduro. Là, et au 
quartier de S.te Marthe surtout, les habi- 
tants s’adonnent de préférence à la pêche, 
qui fournit seule à leur subsistance. L’ob- 
servateur qui pénètre dans ce quartier 
se trouve transporté dans un monde 
nouveau. Là, vous voyez les garçons se 
baigner tout nus; ici l’on danse joyeu- 
sement aux sons des castagnettes ou des 
tambours de basque, ou bien encore des 
airs populaires que les femmes chantent 
en choeur. Plus loin vous rencontrez 
des gens qui mangent tout en chemin 
faisant des coquillages dont ils extraient 


La città di Venezia e divisa in sestie- 
ri, ed in ogni sestiere tu noti una can- 
gianza di costumi sensibilissima. Il se- 
stier di San Marco ti dà gente anco nel 
popolo più incivilita ; negli abitanti di 
quello di Castello noti la rozza schietezza 
del marinaro ; in Canal regio scorgi i veri 
bravacci del paese, giacche d’ infra loro 
il numero maggiore sono beccai, ma- 
cellatori; e codesta dissimiglianza tu la 
vedi negli altri sestieri ancora. La varie- 
tà però che più vivamente tocca il nazio- 
nale ed il forestiere in fatto di costuma- 
re,e di vestito, viene presentato. dalla 
parte di Venezia riconosciuta sotto l’ ap- 
pellativo di Dorsoduro. Gli abitanti di 
Santa Marta, parrocchia adetta al sestie- 
re stesso, sono dati alla pesca e vivono col 
ricavato di questa. Quando ti trovi in 
quelle contrade ti sembra scorgervi l'età 
dell’oro: qui senza mutande nuota il put- 
to, la si balla al suono di un cembalo 
incartato e co’sonagli od a quello di certa 
musica vocale che per lo più esce dalla 
gola delle femmine. Di quat’incontri con 
chi mangia cocomeri e cammina; di là 
scorgi chi con unaspilla cava fuori d’una 
nicchia la sostanza di certe chiocciolette 
marine, e saporitamente se le manduca; 
e questa funzione tu la vedi a fare dalle 
ragazze che vivendo come suol dirsi alla 
carlona hanno certe pianelle che loro 
battono nelle calcagna, vestono certe 
gonnelle, certi abitocci ricordevoli il co- 


le contenu fort adroitement au moyen 
d’une épingle. Là bas vous apercevez des 
_jeunes-filles qui, vivant sans gène au grand 
air, comme on le dit familièrement, cou- 
rent les rues en mauvais patins et se cou- 
vrent. de certains vêtements, de certains 
cotillons si courts et si négligemment aju- 
stés qu’ils montrent beaucoup plus qu’ils 
ne. cachent. Adressez-leur la. parole ; si 
elles veulent bien vous répondrent, elles 
le feront avec une grossière, une bru- 
sque franchise qui ne laissera pas de 
vous plaire, sinon, elles vous tourne- 
ront le dos, Les femmes mariées vaquent 
de leur côté 
s’oceupent à 


aux soins du ménage, et 
enfiler des perles, à filer 
ou à coudre, surtout lorsque leurs ma- 
ris s’éloignent pour aller pêcher dans 
les lagunes et restent long-temps sans 
retourner au logis. Mais lorsqu'ils sont 
enfin revenus, il s’agit alors de bien au- 
tres travaux; leurs femmes doivent rac- 
commoder leurs filets et leurs vêtements, 
préparer leurs repas, en un mot obéir à 
toutes leurs volontés. L’hiver, elles s'oc- 
cupent de ces soins renfermées dans 
leurs chétives demeures; mais dés que 
la belle saison commence à renaître, 
elles sortent de leurs trous en même 
temps que les lézards, et, assises an 
seuil de leurs portes, elles transfor- 
ment en un vaste parloir les rues des 
quartiers qu’ elles habitent,. jasant en- 
tr’elles et travaillant ainsi en plein air 
depuis que le soleil se lève jusqu’à ce 
qu'il se couche. Chacun se fera sans 
peine une idée du bourdonnement, du 
bavardage continuel qui règne dans cette 
assemblée de commères. 

Le quartier de Sainte-Marthe est situé 
à une des extrêmités de la ville, ainsi 
rarement y apercoit-on d’autres visa» 
ges que ceux de ses habitants. Toute- 
fois il est une époque de l’année où 
Sainte-Marthe devient le rendez-vous 
général de quiconque aime à s’amuser. 
Vers la fin de juillet, pen de jours a- 


stume antico, e cosìffatte vestimenta le 
succingono ad una foggia che le lor car- 
ni son più nude che coperte. Se loro 
parli, ti mettono gli occhi in viso, e se 
inclinano a risponderti, lo fanno con una 
semplice e schieta rustichezza che ti 
compiace; se no, ti volgono le spalle e 
ti lascian li baloccone. Le maritate poi 
attendono a suoi fatti caserecci, s’indu- 
striano o ad infilar certe perluccie; o a 
dipanare od a cucire e via, e si danno al- 
l’ industria quando i lor mariti: son lun- 
gi dalle lor case, e girovaghi per la la- 
guna traenti a tutte braccia la rete; con- 
ciossiachè. cotestoro appena lasciano il 
mestiere e si danno alla quiete casalinga 
e’ vogliono l’opera delle mogli tutta per 
essi. Vi son le reti a rattoppare, i ve- 
stili laceri e bucherati a racconciare ; in- 
fine il bel sesso di Santa Marta dee fornire 
tutto quanto vengon loro nella fantasia dî 
volere. Altempo dello verno tutto ciò fan- 
no intanate nelle loro casupole, ma quan- 
do i mesi divengono migliori, e l’aria co» 
mincia ad intiepidire, escono tutte alla 
guisa di lucertole, e portano fuori le loro 
seggiole, impagliate, mettonle agli usci, e 
fatta sala della via dansi con alacrità alla 
fatica: fanno il loro mestiere parti- 
colare, e parlano in comune dallo spun- 
tare al tramontare del sole. S’ imma- 
gini quale deve essere il cicaleccio, il 
buccinar, anzi lo strepitar femminile che 
in quelle contrade s’ incontra. 


Santa Marta è sita in un estremo pun- 
to della città, e raro è che vi si vegga 
altri volti di quelli infuori de’suoi abitan- 
ti. Ma v'è un epoca però dell’anno in 
che anco Santa Marta diviene il ridotto 
degli sfaccendati e di coloro che voglionsi 
dare buon tempo.Alla fine di luglio, pochi 
giorni dopo della festa del Redentore, che 


— 268 — 


pres la fète du Rédempteur qui com- 
mence à mettre tout le monde en train, 
on célebre celle de Sainte-Marthe qui 
n’attire pas moins la foule. Nous n’en 
donnerons point ici une plus longue de- 
scription, attendu que cette fête est à 
peu près en tout semblable à celle du 
Rédempteur que nous avons suflisam- 
ment particularisée ci-dessus ; vous y re- 
trouvez la même affluence de curieux, 
la même gaîté franche et bruyante, la 
même avidité de plaisir, d’amusement, 
de bonne-chère. La seule différence no- 
table, c’est que le Rédempteur n’a qu’ 
un jour de réjouissance, tandis qu’à Sain- 
te Marthe, chaque lundi du mois d’aoùt 
ramène les mêmes plaisirs et la même 
foule. La lagune et les canaux voisins 
sont alors sillonnés de nouveau per d’a- 
giles et nombreuses gondoles ; chacun 
wient respirer à Sainte-Marthe la frat- 
cheur (fresco) du soir, d’où cette pro- 
menade sur eau a pris justement le nom 
de fresco. 


riduce tutta la gente di buon umore al- 
l’ isola della Giudecca, cadde l’altra di 
Santa Marta, che invita quivili nostri Vi- 
niziani a mangiare il pesce di mare. 
Vedresti in essa ripetuto il quadro che 
ti fu descritto poche pagine innanzi, in- 
contreresti la medesima gaiezza, lo stesso 
generale progetto di darsi al piacere 
ed allo svagamento. Pel corso poi di tut- 
ta estate, dopo il fine di luglio, in ogni 
lunedì si ripete a questa parte il con- 
corso di gente, e sulle acque che scorrono 
lunghesso le rive di questa contrada a 
centinaja, vengono le barchette a pren- 
der il fresco serotino da cuì tale corsa 
prende appunto Pappellativo di fresco. 


ecc I) ELET 


Lorsque la chaleur insupportable des 
longues journées d’été cède la place 
aux fraîches brises d’automne, les Vé- 
nitiens abandonnent Sainte-Marthe pour 
l’île du Lido ; le jour fixé de préféren- 
ce pour ces joyeuses parties de plaisir 
est toujours le lundi de chaque semai- 
ne de la saison. Ceux qui ne peuvent 
ou ne veulent pas goûter en terre-fer- 
me les délices de la campagne, se dé- 
dommagent de la privation volontai- 
re ou forcée d’une jolie villa, par les 
visites fréquentes ct allègres qu? ils 
font au Lido, véritable demi-villeggia- 
ture. Les tables improvisées sur  her- 
be, lesbroches qui tournent en plein air 
à lombre des arbrisseaux qui embellis- 
sent le Lido, les flacons de vin qui circu- 
lent de maiv en main sous la feuillée, les 
allées et venues empressées des spectate- 


Quando il calore dei giorni di estate 
dan Juogoal tiepido autunnale, i Viniziani 
lasciano glisvagamenti di Santa Marta e 
passano a quelli che offre loro l’isola del Li- 


do; edil giorno stabilito a quest ‘altra git- 


terella di piacere è pure il lunedì di o- 
gni settimana. Coloro che non sanno nè 
ponno per altra guisa procurarsi le cam- 
pestri dilettanze compensano la privazio- 
ne del casino e dell’orto della villa col 
piacere che procacciansi colà quasi villeg- 
giando. Qua uno infilza polli, augelli nello 
schidone, un altro li rosola, quale fa pa- 
sticci, chi rimescola e frigge, altro imban= 
disce le mense; quinci vedi asciugare un 
fiasco, là spillare il bottoncino quindi 
vorar le appreste imbandigioni. Vedi 
un levare, un prestare di tavole subito e 
meraviglioso, un battersi di pulcinelli di 
quegli attori senza anima che abbiam 


A6) ona 


urs, ete., forment un ensemble assez pit= 
toresque. Ajoutez comme dernier coup 
de pinceau le théâtre ambulant des Ma- 
rionnettes dont nous vous avons parlé 
autrefois et que vous retrouvez là avec 
ses comédiens de bois inamovibles, ex. 
cepté lorsqu’ils se cassent, plus chers à 
la populace que les acteurs en chairet 
en os, Mais j'oubliais de vous parler 
des choeurs de jeunes-filles qui chan- 
tent gaîment des chansons populaires , 
ou bien dansent au son des orgues 
de Barbarie, des flûtes, etc.; hommes, 
femmes, enfants prennent bientôt part 
à leurs joyeux ébats, on rit, on chante, 
on danse, on s’amuse le plus bruyam- 
ment possible , et chacun retourne au 
logis enchanté de la fête. 

Nous voici enfin revenus nous aussi 
au point de départ de nos Scènes Vé- 
nitiennes, après avoir embrassé l’année 
entière daus leur cours, et l’avoir rem- 
pli du mieux qu'il nous a été possible 
par l’exposition de moeurs que nous a- 
vions promise; nous avons enfin ren» 
fermé dans la période d’un an la de- 
scription des usages civils et religieux 
de Venise. Si nos efforts n’ont point 
été couronnés du succès, ce nous sera 
pourtant toujours une bien douce con- 
solation que le souvenir des motifs qui 
nous ont animés : l’amour sacré de la 
patrie, des rivages, du sol natal qu'ont 
habité, embelli nos ancètres, sentiment 
profond et honorable qui, après avoir 
été l’origine de cet ouvrage, en fut con- 
stamment le mobile, le soutien, et. en 
sera enfin, nous osons l’espérer, la sau- 
ve-garde. 


veduto nelle pagine addietro esser più 
cari degli animati al popolo viniziano; 
da una parte scorgi lieti cori di giova» 
nette unirsi e cantare armonie popo- 
lari; da un’ altra al suono degli organi 
e de’ clarinetti intrecciar balli uomini, 
donne, fanciulli, vecchie: per tutto si 
manduca, per tutto si beve, per tutto si 
alza grida di gioia chiare, confuse, di- 
scordanti. 


Ed eccoci giunti al tempo in cui con 
le nostre scritte abbiam dato comincia- 
mento alle viniziane scene; ecco compiu- 
to nel modo che per noi si potè lo mag- 
giore quell’ esposizione di fatti eronolo- 
gicamente succedentisi; ecco fornito il 
proposto nostro di far note nel periodo 
di un anno le costumanze civili e reli» 
giose che occorrono in Venezia, Che se 
i nostri sforzi per benriuscirvi tornarono 
vanni, noi avremo almeno la compia- 


‘ cenza di aver dimostrato che l’ amore 


alla patria, sponda l’amore al natio aere 
che furespirato dagli avi può assai in noi, 
e che questo amore nelle nostre scritte 
ci fu di guida, di sprone e di mille soa- 
vità confortatore. 


FINE DELLE SCENE. 


i pin me | | soma | 
i. ; | HE font out bio |) cori. enbdiraen diri te sb isti» uns 


D Le anbe oasi anpaniali) note cite, 
| ambo corsie usb siradeglii ob 
4 | ani Iter  rasannng eue sprint 
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ET NT patrie pratalra. al Te adi, Fo Volet: itiogifio a dRiuéeq dritte 
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cb pe Vent pas eo è én. triés | Dre | 

ne des défjens- de Da enmpagat a ds E. Asian Ale ati SE rit 

imagine dela privatioh réa ras | 


ui ML di dtd 4 on tin) ble Di dl 
Lot pie to Pom ; 


| o giada: TASTI rs dla pat ira Bi 
our pan aa queta à Na 4 
nr ie EAU. | 
qua: Pi. nbatragito «ti 


feat x) i “ep Tara 4 Lista ‘eur, © 
rai gl à ‘afpiine. puotainibiptie; : Vidi 
nf por wa prasdaite dl hate: sufi e 3 
e. i a Md tel 
e ami Rent Leo hai avi 


TABLE INDICE 


des umafreves coutemies daws ce olo delle uvabervo conbeuule iw questo sso UE, 


LS) TT o 


Î reface de l'Auteur. !, + Pag à È refazione dell’ Autore. . Pag. x 


Un mot de Préface du Traducteur » 11 Un cenno proemiale del traduttore > 44 
I. Parrie. Origine des moeurs Parre I. Delle fon de’ Vini- 
venitiennes, et Caractère parti- ziani costumi, e Come per esse 
culier qui les distingue... . . >» 17 abbiano un caratere loro par- 

ticolareg®"c Ait NET RERORSA E Ne e) PERTE 

II. Partie. Scènes de Venise ou Parte II. Scene di Venezia ovvero | 

ses moeurs civiles <.<. . +3 113 municipali suoi costumi... » 113 


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I PAESE PARTE I 


Coup-d’oeil sur les beaux- Due parole sulle arti Ve- 


arts à l'enise. | neziane. 


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L'art, qui partout y régne, en 
nul lieu ne se montre. 
Le Tasse. 


Puisque notre dessein, durant tout 
le cours de cet ouvrage, a été et sera 
toujours de faire ressortir l’excellence 
des institutions civiles, politiques et 
religieuses du gouvernement vénilien, 
par l'examen attentif des ouvrages ad- 
mirables qu’il créa, nous ne saurions 
passer sous silence tout ce qui a un rap- 
port direct avec les Beaux-Arts, expres- 
sion toujours plus ou moins éloquen- 
ie, ainsi que nous l’avons déjà dit, des 
moeurs d’une nation, Plus les arts ob- 
tinrent de splendeur, de protection et 
d'estime chez elle, plus le jugement qu’ 
on veut en porter devient favorable à 
la nation. L’ amour des arts et la vé- 
nération pour les génies illustres qui en 
furent la gloire, ont été, en tous temps 
et chez tous les peuples, la preuve la 
plus incontestable d’un haut degré de 
civilisation et de prospérité publique. 
N'oublions pas surtout que le génie bien- 
faisant des arts, de la même main dont 
il élève des chefs-d’oeuvre immortels, 
essuie les pleurs des malheureux, ajoute 
au bien-étre des heureux du monde, et 
sert ainsi tout à la fois nos plaisirs, nos 
douleurs , et nos inspirations les plus 
nobles. Applaudissons donc aux géné- 


L’ arte che tutto fa nulla st 
vede. 
Tasso. 


Quando si voglia dimostrare il gover- 
no venetico aver dato la più gran prova 
della eccellenza della sua istituzione ci- 
vile, politica e religiosa in ogni maniera 
di esercizio, per cui emerge la sublimità 
di un costume tutto proprio di esso; non 
si può trasandare quella parte che ha 
rispetto alle arti belle ; imperocchè noi 
siam d’avviso essere queste la espres- 
sione migliore e più perfetta del costu- 
me medesimo. Quanto più la bellezza ri- 
splende, ianto più l’armonia si conosce, 
e conosciuta l'armonia, sì discerne la uni- 
iade, o l’amore, Questo è il legame de- 
gli esseri, è l’ incentivo alle magnanime 
azioni, è la guida a tutto ciò che rende 
più amena e dilettevole la esistenza. Non 
s’ingannarono perciò i Greci ed i Ro- 
mani, e perciò stesso li venetici repub- 
blicani, i quali considerarono che da nul- 
l’altra cosa il costume buono e gentile 
derivasse, da quella in fuori di esprimere 
la potenza di una nazione, di ricordare 
le gesta illustri degli avi e il vigore dei 


loro genii, con le opere della bellezza. 


LAS; HE 


reux efforts des Grecs, des Romains, et 
plus tard, des Vénitiens nos ancêtres 
qui, en protégeant les arts, voulurent 
consacrer par leurs productions et leurs 
monuments admirables les plus glorieux 
souvenirs de leurs aïeux. 

Mais heureux ces temps où la sages- 
se et le bonheur des peuples floris- 
saient à l’ombre de la liberté, seule mai 
tresse toute - puissante et révérée! — 
Le XV. siècle, et même je XIH., peu- 
vent étre regardés comme ceux où les 
arts brillèrent d’un éclat admirable; et 
reculant plus loin encore, nous les vo- 
yons fleurir méme aux IX. et VIII. siècle, 
mais ces derniers temps nous semblent 
appartenir aux Grecs bien plutôt qu’à 
nos ancêtres. 

Le XV. siècle dont nous venons de 
parler, est sans contredit l’époque où 
les arts régnèrent chez nous avec le plus 
de gloire et de toute-puissance. L’Ita- 
lie, déjà si fière des souvenirs les plus 
glorieux, obtint de nouveaux titres à 1° 
admiration de l’univers, et lui montra 
noblement le chemin de presque tous 
les arts et toutes les sciences: bien que 
morcelé e, mutilée, après la paix de Con- 
stance, elle se maintint toujours illustre. 
L’accroissement des biens et de l’indu- 
strie nationale avait favorisé l’élan du 
génie, le beau en tous genres trouva 
des admirateurs dignes de le sentir et 
de le reproduire, et les plus grands ar- 
tistes le fixèrent alors dans leurs ou- 
vrages immortels, sur le bois, sur la toi- 
le, sur le marbre, dans presque chaque 
ville, chaque bourg de l’heureuse Italie. 

Venise, non moins qu’aucune autre 
cité italienne , partagea l’enthousiasme 
général et les gloires artisliques de cet- 
te époque ; et même, libre ou du moins 
indépendante dès long-temps, elle cul- 
liva glorieusement les arts bien avant 
le XV. siècle. Venise, stable dans sa 


Non furono mai tanto frequenti queste 
opere e così belle, che. alloraquando la 
libertà dell’azione si accompagnava alla 
saviezza ed alla potenza. Questo fu il 
secolo XV. Nondimeno anco il secolo XIII 
può aversi come uno de’ più splendidi 
in fatto delle arti belle, e salendo più alto 
noi le troviamo fiorire anco nell’ VIII e 
nel IX; ma desse in queste ultime epo- 
che voglionsi appellarle meglio de’ Greci 


+ 


che de’ nostri repubblicani: 


Il secolo XV surriferito puossi dire 
l'epoca più famosa delle nobili ed alte 
produzioni dello ingegno; anzi del ge- 
nio. L’Italia per un antico vanto dî fama. 
peregrina,l’Italia dessa sola potè, senz’al: 
tro, reclamare allora giustamente un diritto 
sopra il mondoincivilito di vetusta e mo- 
derna ammaestratrice delle genèrazioni 
in ogni eccellenza di disciplina. Forma- 
tasi più agli antichi modi, dopo la pa- 
ce di Costanza, si governò, benchè 
disgiunta, con proprie leggi; lo spirito 
degli studii fiammeggiò nell’ accresci- 
mento de’ beni dalla nazionale industria 
prodotti; gli occhi della mente aprironsi, 
e colpiti dalle forme di ogni bellezza, 
fu che questa meravigliosamente nelle 
tavole, nelle tele, ne’ metalli, nei marmi 
si perpetuasse nel paese dove il sì) suona. 


Venezia, non men che gli altri paesi 
d’Italia, sentiva tutta la forza del sangue 
italiano; anzi libera, od almeno sempre 
indipendente, dessa anche prima'del se- 
colo XV potè meglio essere tratta alla 
grandezza degli imprendimenti. Certa e 
ferma nel suo potere, vide Vinegia al- 


puissance et dans sa prospérité, vit lan- 
guir, se succéder et disparaître les gé- 
nérations du continentitalien, accablées, 
tantôt sous un barbare conquérant, tan- 
tôt sous un autre. Et bien qu? alors elle 
n’eût pas encore étendu de beaucoup 
ses domaines, toutefois elle pouvait déjà 
imposer aux peuples étrangers, les me- 
nacer quelquefois, et se faire toujours 
respecter. D’ une situation politique si 
favorable, devaient nécessairement ré- 
sulter les plus grands avantages pour 
le développement des entreprises uti- 
les ‘ou glorieuses, et des plus vastes des- 
seins. 

Lorsque l’empire d'Occident succom- 
ba, les Vénitiens sentirent que l’inté- 
rêt même de l'Etat les engageait à fa- 
voriser l’action des nobles sentiments 
et l'accroissement des ouvrages profita- 
bles dont nous parlions tout à l’heure. 
Fidèles aux Jecons et aux illustres e- 
xemples de l'Italie ancienne, ils voulu- 
rent fixer dans leurs îles les gloires, les 
trésors de l’art, et n’épargnèrent rien 
pour y parvenir. Mais ce fut au XV. siè- 
cle surtout que, prodiguant ses faveurs 
et ses trésors aux artistes cèlèbres, la 
république de Venise n’oublia rien de 
tout ce qui pouvait contribuer à enri- 
chir sa capitale des monuments les plus 
glorieux de l'art. 

L'architecture, cet art admirable, qui 
transforme les matériaux les plus ab- 
ruptes et les plus énormes en palais su- 
perbes, en temples majestueux, en cou- 
poles aériennes, l’architecture, dis-je, fut 
toujours en grand honneur chez nos 
ancêtres, même aux époques les plus 
reculées, tandis que les nations du re- 
ste de l’Italie entière s’entre-déchiraient 
et se détruisaient misérablement 1’ une 
l’autre. Accordé une fois que le reste 
de 1° Italie entière était tombé dans le 
plus déplorable état de misère, d’ op- 


ternarsi e sparire le generazioni sul con- 
tinente italiano, or gemenli sotto questo 
ora sotto quel barbaro reggitore; e seb- 
bene a quel tempo non estendesse ella 
di molto i suoi dominii, pure al paro 
de’ tempi del suo aggrandimento e della 
sua maggiore potenza seppe imporre, 
quando atterrire, ora minacciare, talfiata 
soccorrere, altre volte se stessa solo cu= 
rare. Da queste sue condizioni dovevano 
nascere pensierii più generosi, i più am- 
pli e più alti. 


Quando cessò lo imperio di Occiden- 
te, li Viniziani si sentirono per princi- 
pio di politica a quelle fazioni chiamati 
che favoriscono alla volontà universale. 
Impertanto, non obliterando gli esempi 
dei grandi Italiani, eglino nei secoli di 
mezzo portarono i tesori delle arti della 
Grecia e d’Italia in queste isole, e le 
disposero come le bisogne lo permette- 
vano. E fu ciò meglio per essi fornito 
nel XV secolo, quando vollero raccoglie- 
re nella lor capitale i monumenti più il. 
lustri delle arti, ponendo le Joro dovizie 
a disposizione, direm così, degli artisti, 


che essi invitavano ed incoraggiavano. 


L'architettura, arte somma, la quale 
alle capanne sostituisce i palagi, agli umili 
delubri le più superbe basiliche, agli spia- 
nati le piazze belle di edifici e di pas: 
seggi, l architeltura, diciamo, fu sempre 
avuta in pregio da’ nostri; e fu per essi 
anco ne? vetusti tempi adoperata, quando 
gli altri popoli si recavano a gara con 
stolta ferocia di disertarla dal suolo ita- 
liano. Ammesso una volta che il rima- 
nente d° Italia era nella massima depres- 
sione e pauperie, e che soli li Viniziani 


attendevano a sè, che trafficavano, che si 


pa 


pression, danarchie, tandis que les Véni- 
tiens seuls voyaient prospérer leur ré- 
publique naissante à l’abri des lois, de 
la paix, à la faveur du commerce, de 
l’industrie, des richesses toujours crois- 
santes de l'Etat et des particuliers, qu? 
y a-t-il de surprenant que nos aïeux se 
soient rendus illustres de bonne-heure 
par les fastes de leur architecture ? 


Nous avons déjà parlé ailleurs de 1° 
influence que le contact des peuples bar- 
bares dut nécessairement exercer sur 
nos premiers aicux. Les Goths et les 
autres barbares dans l’empire d°’ Occi- 
dent, les Arabes dans celui d'Orient a- 
vaient introduit le goùt de leur archi- 
tecture dans celle des peuples étrangers. 
Le style gothique s’impatronisa brusque- 
ment en Italie et s’y maintint pendant 
plus de six à sept siècles. Les Vénitiens 
mêmes, communiquant chaque jour a- 
vec les Italiens, que dis-je ? italiens eux- 
mêmes, dürent nécessairement partager 
les mêmes goûts. En outre ceux-ci, ayant 
des rapports fréquents avec Byzance et 
tout l'Orient, soit adulation envers les 
empereurs grecs, soit penchant naturel, 
adoptèrent en partie leur genre d’ar- 
chitecture. Ainsi, jusqu’au XIII. et mé- 
me jusqu’au XIV. siècle, le style archi- 
tectonique des Vénitiens offrit un mé- 
lange de grec, de romain, de gothique, 
de byzantin vraiment singulier. Après 
ces quelques mots sur architecture à 
Venise avant le XV. siècle, passons aux 
âges suivants. 

La prospérité publique et privée d’un 
Etat est presque toujours la mesure des 
progrès artistiques chez lui, nous par- 
lons ici des arts nommément parce que 
les sciences ne suivent point les mé- 
mes lois, et que plus d’un exemple nous 
prouve évidemment que leur prospéri- 
té ou leur décadence ne dépend point 


erano di buon’ora alla forma migliore di 
governo retti, che di dì in dì crescevano 
di popolazione, e per conseguente au- 
mentarono li bisogni delle abitazioni e dei 
templi, che sapevano di arti come quelli 
che dal continente seco le avevano nelle 
isole portate, qual ragione può essere che 
non si dica aver eglino solamente in tulti 
li secoli data mano alle architettoniche 
glorie ? 

Egli è provato che la influenza dei 
costumi de’ barbari dovette modificare 
le idee de’ nostri. I Goti e gli altri bar- 
bari nell’impero d’Occidente, e gli Ara- 
bi in quello d’Oriente avevano in ar- 
chitettura portati i loro stili. Il go- 
tico agiva sulle menti italiane coll’ im- 
perio della forza, e l’Italia fu gota per 
fatto di quest’ arte più che sette secoli. 
Li Viniziani stessi quindi, praticando con 
Italiani, ed essendo anch'essi figli d’Ita- 
lia, dovettero lo stile gotico professare. Di 
più, avendo eglino rapporti cogli impe- 
ratori bizantini, e passando per tutto l’O- 
riente, presero eziandio il gusto archi- 
tettonico che qui vi era; e fosse per a- 
dulazione o per inclinazione che si ha 
alle cose nuove, approfittarono degli 
esempli. Quindi lo stile architettonico 
in Vinegia sino al XIII ed anche XIV 
secolo presenta un misto di greco e di 
romano. Dicasi ciò sull’ arte architetto- 
nica viniziana fino al XV secolo. Ora par- 
liamo del suo avanzamento dopo que- 


st’epoca. 


Quando una nazione si trova nel mas- 
simo fiore della fortuna, tutte le opere 
della mente e della mano fanno un pas- 
so di avanzamento proporzionale ; e ciò 
specialmente si osserva rispetto alle ar- 
ti belle, perchè le scienze speculative 
sono proprie di ogni condizione di sta- 
to, sia repubblicano 0 monarchico, sia 


LV a 


irrévocablement de celle de la nation. 
Qu'on s’imagine done si, lorsque le 
XV. siècle vint réunir au plus haut de- 
gré pour Venise toutes les conditions 
favorables que nous venons de signaler, 
qu’ on s’imagine si les Vénitiens, appe- 
lés instinctivement aux plus nobles en- 
ireprises, négligèrent d'élever des ou- 
vrages, des monuments glorieux, dignes 
d’attester leurs triomphes, leur splen- 
deur, leur génie, et d’en éterniser la 
mémoire ! Est-il besoin de citer ici le 
Palais-Ducal , les Procuraties, le clo- 
cher, la basilique de s. Marc, et cette 
infinité de palais magnifiques, d’églises, 
de monuments admirables qui embellis- 
sent Venise, et arrèlent à chaque pas 
les regards du voyageur surpris? Oui 
le XV. siècle fut certes l'epoque la plus 
glorieuse pour la république de Veni- 
se, et pour le génie de ses habitants, 
sous le rapport de l’art comme à bien 
d’autres titres. Mais ce qu’il ya de plus ad- 
mirable dans cette multitude d’édifices su- 
perbes et ce que nous ne saurions négli- 
ger de faire remarquer ici, bien que nul 
ne l’ ignore, c’est que ces masses gi- 
gantesques, si élonnantes en tous pays, 
- le sont doublement à Venise où elles 
s'élèvent, non sur le sein solide de la 
terre et des rochers, mais sur des ma- 
rais fangeux, sur des emplaceinents ar- 
tificiels arrachés à force d’art et de tra- 
vaux aux flots orageux de l’Adriatique. 
Contemplez l’immense palais ducal en- 
tièrement bäti sur pilotis, et puis re- 
fusez votre admiration aux Véniliens an- 
tiques. Ent 


in grandezza od in decadimento. Se 
dunque nel secolo XV: tulle queste con- 
dizioni si avverarono ne’ Viniziani ri- 
spetto al fiorire, s’immagini se in que- 
sto secolo da essi, per istinto chiamati 
alle grandi intraprese, non furono con- 
dotte opere solenni, monumenti eloquen- 
tissimi dell’ amor patrio, dell’ ingegno, 
della grandezza, della possanza, del gu- 
sto e della loro sapienza. Chi è tanto 
ignaro nelle storie di questa reina dei 
mari, il quale non sappia delle nuove pro- 
curatie, della superba torre che si e- 
stolle orgogliosa in mezzo la gran piaz- 
za, del ponte di rialto, di una infinità di 
palagi che sopra il grande canale torreg- 
giano, e per entro la città di tante moli 
di squisitissimo lavoro, di una solidez- 
Za quasi diremmo eterna, di un gusto 
di stile incomparabile, di un comodo che 
mai maggiore, di una grandiosità ro- 
mana? Non sono elleno queste le ope- 
re del secolo XV, di quel secolo di ge- 
nii di veementi desiderii, della possan- 
za e gloria cstrema di Vinegia ? E dad- 
dovero chi potrebbe dire che le fabbri- 
che viniziane non sieno grandiose, non 
sieno loculentissima pruova dello inge- 
gno e ricchezza de’ nostri. Basterebbe, 
quand’altro non fosse, considerare co- 
me tulle queste moli superbe torreg- 
giano su palli confitti in un incerto limo 
da sbarre connessi e stretti, e che dove 
le ‘altre città hanno per fondarsi il suo- 
lo dalla natura apparecchiato in luoghi 
opportuni e felici, qui al contrario fu 
giuoco forza che l’industria e le braccia 
degli uomini uno ne apparecchiassero 
in elemento distruggitore e alla stabili- 
tà de’ monumenti più forte nemico; sic- 
chè a fondar questa patria tanto ardi- 
mento di cuore e di mente; tanta. copia 
di tesori fu duopo, che meditando qua- 
l’era e qual'è, umana mente a fatica il 
potrebbe concepire. 


nn fre, 


Calendario, Muitre Bon, Sansovi- 
no, Léopardi, Scamozzi, Da Ponte, 
Pallade et une foule d’autres dont nous 
aurons plus tard l’occasion de parler, 
sont les plus illustres parmi les archi- 
tectes qui contribuèrent à l’embellisse- 
ment de Venise. 

Mais à dater de la fin du XV. sièele, 
les choses commencaient déjà à chan- 
ger. La gloire et le génie étaient sati- 
sfaits, le caprice et l’ambition mal-en- 
tendue ne l’étaient pas encore. Le lu- 
xe qui se glissa dans les moeurs, cor- 
rompit aussi la simplicité du goût. et 
lon tomba alors dans l'affectation, dans 
l’exagération. Les églises et les palais, 
ouvrages de ces derniérs temps, ne sont 
pas comparables à ceux des âges pré- 
cédents. Le goût maniéré , boursouflé, 
commença dès-lors à établir solidement 
son empire. 

La sculpture partagea les destins de 
architecture, et, par une raison que 
l’on concevra sans peine, brilla de tout 
son éclat en même temps qu’elle, au 
XV. siècle. Du faite des palais jusqu’à 
leurs fondements si fragiles et si du- 
rables, au dehors comme au dedans, sur 
les façades des églises de même que 
jusque dans leurs recoins les plus ob- 
scurs; la sculpture étendit sa main de 
fée, et transforma en chefs-d’oeuvre in- 
estimables les plus viles matières, em- 
bellissant les ouvrages les plus parfaits 
de 1° architecture sa soeur , déguisant 
avec bonheur sous son prestige caressant 
les détails les moins agréables, prodi- 
guant partout les statues, les bas-re- 
liefs et les prodiges les plus étonnants. 
Jacopo Sansovino, Vittoria, Léopardi, 
De Conti, Marco Vecellio, ete.; fu- 
rent à Venise lhonneur de cet art. 
Mais la sculpture qui avait contribué 
si noblement à la gloire de l’architectu- 
re au XV. siècle et qui en avait re- 


I Calendari,1 Buoni,i Sansovini, i Leo- 
pardi, gli Scamozzi, i Soli, i Daponte, 
i Palladi, i Selva, i Mazzari, i San Mi: 
cheli, i Temanza, e cento altri che in 
seguito avrem destro di nominare, sono 
nomi illustri a cui dobbiamo le prin» 
cipali nostre fabbriche. 

Ma passato il secolo XV, le menti 


non furon più quelle. I bisogni del ge- 


nio erano soddisfatti; rimanevano quelli 
del capriccio e dell’ambizione. Il lusso 
trabocchevole corruppe la semplicità : e 
però si cadde nell’esagerato, Le chiese ed 
i palazzi, e molte facciate che a quel- 
le ed a questi furono poste, non sono 
più da paragonarsi con quelle del detto 
secolo. Nel gusto loro architettonico si 
legge il turgido del secolo XVI, l’am- 
manierato, il profuso. 


La scultura seguì 1 andamento del- 
Parchitettura: pur essa vide la sua mag- 
gior gloria nel XV secolo, siccome quel- 
lo nel quale venne essa. assolutamente 
necessaria. Non si può volger l'occhio 
da” piedi de’ palagi alle guglie, da un an- 
golo all’altro, come pure a’ templi den- 
tro e fuori, che non si veggano sculte . 
opere eccellentissime rappresentanti im- 
magini di vergini, di santi, di mar- 
tiri ; gesta d’ uomini preclari, mauso- 
lei; rimanga questo infine, di figure sim- 
boleggianti tutte le virtù. Saggi sempre 
i nostri, amarono che gli scalpelli si 
facessero sur opere di questo gene 
re. Jacopo Sansovino, il Campagna, 
Alessandro Vittoria, Marco Vecellio, 
maestro Bartolommeo, Marco De Conti, 
Alessandro Leopardi, Giovanni Bondi- 
ni, Antonio Rizzo e via, furon tutta gente 
che diede opera nelle sculture vinizia- 
ne. Anco sulla scultura li secoli XVI 
e XVII influirono. Divenne essa ne? fre- 
gi, ne’ bassi rilievi esagerata; ma nei 


1 — 


cueilli une si large part, ne partagea que 
trop aussi sa décadence et sa honte dans 
les deux siècles suivants ; la sculpture 
des XVI et XVII siècles se ressent en 
effet notablement de la corruption du 
goût à cette époque. Mais plus heu- 
reuse que sa soeur, elle est enfin sor- 
tie glorieusement de cet état d’abaisse- 
ment, et le XVIII siècle, enfantant un 


génie extraordinaire, l'honneur éternel . 


de la sculpture italienne, est venu enfin 
lui rendre son éclat et ses trophées. 
Antoine Canova, rival fortuné des Phi- 
dias et des Scopas, fit disparaitre le mau- 
vais goût moderne, et surpassa l’anti- 
quité tout en suivant ses traces. Versé 
dans la peinture et dans l'architecture, 
il enrichit son art de ses connaissances 
dans ces deux arts différents. a puis- 
sant génie, qui se révéla dès kon en- 
fance d’une manière si brillante, trou- 
va un digne protecteur dans un patri- 
cien de Venise, et plus tard , lorsque 
Canova visita Rome, et parcourut 
l Italie entière, il se convainquit tou- 
jours davantage que l’étude intelligen- 
te des anciens pouvait seule euseigner 
à les égaler et peut-être même à les 
surpasser. Il n’entre pas dans notre plan 
de parler ici des chefs-d’oeuvre immor- 
iels qu’il créa; l’Europe entière reten- 
tit du bruit de leur renommée, et pour 
les louer dignement, il suffirait de les 
nommer ; en un mot, dans Antonio Ca- 
nova, les anciens ont eu enfin un vain- 
queur; nos descendants trouveront en 
lui un modèle inimitable. 

Nous allons maintenant nous occuper 
de la peinture , le premier des beaux- 
arts, qui brilla à Venise d’un éclat 1x- 
comparable. 

La peinture de l’école vénitienne se 
distingue par un caractère particulier : 
la magnificence et l’uniformité. Visi- 
iez Je palais ducal, la basilique de 


secoli XVII e XIX ci si para davanti 
in fatto di quest'arte un’altra epoca glo- 
riosa alla patria nostra. La corruzione 
de’ primi due secoli menzionati si toglie, 
ed un genio italiano impone alle gene- 
razioni di abbandonar finalmente Vam- 
manierato , il capriccio , la goffaggine , 
e di volger la testa a Roma e ad Atene. 
Antonio Canova egli fu questi che, sciol- 
gendosi dalla catena che vincolava le 
menti, corse alle opere dell’antichità , 
ed animò i marmi con lo spirito di Fi- 
dia. Canova per avventura fu più gran- 
de di ogni antico scultore, perchè non 
conlentandosi essere eccellente nella 
scultura, volle aver. contezza e fav 
prova di architettura e di pittura, e si 
fornì quindi di tutte quelle cognizioni 
che a sì grand’uopo sirichiedevano. Pos- 
sente di genio, animato nelle sue dispo- 
sizioni all’arte da un veneto patrizio, fin 
da’ primi saggi che diede col suo scal- 
pello si dichiarò per quello che riuscire 
doveva, e che riuscì difatti. Portatosi a 
Roma, e discorsa tutta Italia, là fu ove 
egli si persuase che non si poteva altri- 
menti riuseire valente e glorioso, che a- 
gli antichi modelli ritornando. Non è da 
noi venir qui dicendo delle opere che 
egli condusse, e ci limiteremo asserire che 
egli in fatto dell’esprimere passioni, van- 
taggiò tutti gli antichi e si fece maestro 


de’ posteri. 


Detto dellarchitettura e scultura vi- 
niziana, ora ci manca a parlare della pit- 
tura, la magica fra le arti belle, che qui 
a Venezia si appara con solennitade. 

La pittura viniziana ha un carattere 
suo particolare. Dessa è magnifica ed 
uniforme. Se noi ci porteremo nel pa- 
lazzo ducale, nella basilica, per tutte in- 


— 10 — 


saint - Maru, les églises de Venise, 
étc., partout, dans les tableaux ad- 
mirables des grands maîtres de notre 
école que vous y trouverez, vous re- 
marquerez les deux traits distinctifs que 
nous venons de vous signaler. Dans leur 
aspect grandiose brille Ja magnificence 
vénitienne, dans leur symétrie l’esprit 
d’ordre et les principes judicieux qui 
présidarent à toutes les actions de nos 
vieux républicains. Lorsque le Titien 
et Paul Véronèse, lorsque Giorgione 
animeront les toiles sous leurs pinceaux 
créateurs, vous les verrez tous repro- 
duire dans leurs compositions impo- 
santes et majestueuses le caractère de 
grandeur qui distingue les beaux jours 
de la république. 

On fait remonter à Venise les débuts 
de la peinture à l’an 1070 ou environ, 
lorsque le doge Selvo chargea des mo- 
saistes grecs de décorer la superbe ba- 
silique de Saint-Marc. Quoiqu?il en soit, 
la peinture ne commenca véritablement 
à fleurir à Venise qu’au commencement 
du XII siècle. En effet, nous pour- 
rions prouver au besoin par des mo- 
numents historiques que l’on vit quel- 
ques essais de peinture à Venise l’an 
1204 , dans lequel nos aïeux s’empa- 
rèrent de Constantinople. Malheureu- 
sement ces peintures n’existent plus, et 
c’est à peine si les noms de leurs au- 
teurs ont échappé au naufrage du temps. 
Jean de Venise et Martinello de Bas- 
sano, à qui l’on peut ajouter Etisnne 
de saint Agnès, Alberegno et Esegrenic 
sont les seuls dont les noms soient par- 
venus jusqu” à nous. 

Mais à dater du XIV siècle, la pein- 
ture enrichit Venise de monuments plus 
durables et les ouvrages aussi bien que 
les noms de plus d’un de nos peintres 
anciens sont parvenus jusqu'aux temps 
présents. Juste Padovan, et Guariento é- 


fine le venete chiese, osserveremo quei 


divini tocchi di maestri pennelli che 
quinci e quindi ci favellano alla fan- 
tasia, producendoci il diletto, il piacere 
e la gioia. Nell’ amplitudine Joro scor- 
geremo la magnificenza delle cose ve- 
netiche; nella loro simmetria quella ag- 
giustatezza di raziocinii e di principii 
pei quali veniano marcate 1° anime det 
repubblicani. Quando Tiziano dipignerà, 
quando dipignerà Paolo Veronese, quan- 
do vedremo i tocchi del Pordenone, 
quando quelli del Giorgione, quelli del 
Cima di Conegliano, noi concluderemo 
sempre, che i pittori venetici, dipingen- 
do, dipinsero magnifici soggetti, e che 
questi armonizzavano colla grandezza 
della repubblica. 

È volgar opinione alla pittura venela 
non potersi porre più alti principii, che 
nel millesettanta circa, quando il doge 
Selvo chiamò greci mosaicisti ad adorna- 
re dijloro opere la magnifica basilica di 
san Marco. Che che siasi però di ciò che 
si dice, pitture a Vinegia non v’ebbero 
se non nel principio del terzodecimo 
secolo. Infatti potrebbesi con storici 
monumenti provare che nel milledue- 
centoquattro, in cui i nostri ebbero pre- 
sa Costantinopoli, in Vinegia di alcune 
pitture fornite venissero. Se non che è 
grave sciagura che queste non esistano 
più, e che appena il solo nome de? lo- 
ro autori ne rimanga. Giovanni di Ve- 
nezia e certo Martinello da Bassano sono 
gli unici che di quell’età antica e fosca 
per la pittura tramandati ci furono, ai 
quali si aggiunga uno Stefano di sant’A- 
gnese, un Alberegno ed un Esegrenio. 

Dopo il secolo terzodecimo migliorò 
la pittura veneta, e i nomi e le opere 
de‘mostri pittori furono tramandati bel- 
li di gloria alla posterità. Giotto fece 
sorprendere pe’ suoi affreschi e per la 


ingenuità che spiravano le sue figure; a 


A $, 


— 141 — 


galement de Padoue, marchèrent sur les 
traces du fameux Giotto, et exécutèrent 
une foule d’ouvrages commandés par le 
sénat ; sans parler d’Alticherio de Ze- 
vio, de Jacopo de Vérone et de Jean 
Minetto de Padoue. Tous ces artistes 
imitèrent la manière de Giotto; aussi 
la grâce etla simplicité sont-ils le cara- 
ctère distinctif de leur style. On pour- 
‘rait fort bien attribuer l’origine de ces 
deux qualités particulières du style giot- 
tesque à la quantité d’enlumineurs qu’ 
il y eut toujours en Italie et surtout aux 
siècles XIII et XIV, lorsque leur art é- 
tait si indispensable pour l’embellisse- 
ment des manuscrits. Venise aussi comp- 
ta plus d’un artiste distingué dans ce 
genre, dont les ouvrages subsistent en- 
core; on peut les admirer non-seule- 
ment dans les musées publics, mais 
aussi dans les collections formées à Ve- 
nise par les soins et aux frais de plus 
d’un particulier, protecteur éclairé des 
arts. Nous crdyons devoir à ce propos 
une mention spéciale à la mémoire du 
comte Correr qui enrichit souvent de 
ses dons les collections publiques de 
la ville, et leur céda entr’autres choses 
divers manuscrits précieux , ornés de 
superbes enluminures. 


Parmi les peintres vraiment vénitiens 


qui suivirent l’école de Giotto , nous 
citerons messer Paolo et un certain Lo- 
venzo, dont on ignore les noms de fa- 
mille, et Nicolas Semitecolo. 


cle avant d’avoir cité également Angè- 
le Gaddi, Antoine Vénitien, Siméon de 
Cussighe, et Nicolas Friulan. Voilà tout 
ce qu’on peut dire en général des pein- 
tres de ces temps. Mais à dater de la 
fin du XIV siècle, nous devons établir 
quelque distinction entre les styles, at- 
tendu que l’école de Giotto commenca 


à 


cui succedevano (Giusto Padovano e 
Guariento pure di Padova, a cui il se-. 
nato venetico di/molte commissioni da- 
va. Oltre a questi vi furono a quel tor- 
no di tempo un Alticherio da Zevio, 
certo Jacopo Veronese ed un Giovan- 
ni Minetto di Padova. Vedesi adunque 
fin qui Ja scuola di Giotto aver fioriti 
uomini, i quali pingendo, manifesta- 
rono grazia e semplicezza di. stile; lo 
imperchè questo stile giottesco si ap- 
pella. Pare che la semplicità e grazia 
di cotal maniera derivi da’ miniatori che 
in etade veruna in Italia mancarono ed 
in ispezieltà nel secolo terzodecimo e 
decimoquarto, quando ne’ manoscrit- 
ti facevano di certe loro operuccie mi- 
niate. Noi-Viniziani in questa parte del- 
la miniatura abbiamo a lodarci d’ assai 
per i lavori de’ nostri che ancora ri- 
mangonci a merito di alcuni concitta- 
dini che decorarono le opere dell’anti- 
chità. È qui da porre memoria 0. 
norata al defunto conte Correr, il quale, 
fra gli altri preziosi doni, volle molte 
opere manoscritte al comune nostro lar- 


gire, nelle quali si osservano varii di 


. questi lavori in miniatura e bellissimi. 


Fra i pittori veramente viniziani che 
in parte seguirono Ja scuola del Giot- 
io si contano un messer Paolo ed un Lo- 
renzo, dei quali però s’ignorano i co- 
gnomi, non che un Niccolò Semite- 
colo. ; 

Da questo secolo quartodecimo non 
si può partire senza ricordare ün An- 
giol Gaddi, un Antonio Viniziano, un 
Simeone da Cusighe ed un Niccolò 
Friulano. Ciò è quanto si può dire in 
generale de’pittori del trecento e quat- 
trocento. Senonchè passato il trecento, 
dobbiamo in qualche maniera dividere 
gli stili, conciossiadio il giottesco per- 


— 1 


alors à perdre beaucoup de son influen- 
ce. Les figures des peintres d’un style 
divers du giotlesque, sont plus sveltes, 
plus animées, c’est-à-dire, plus pro- 
ches de la nature et de la perfection, 

Le XV siècle vit éclore à Murano 
un nouveau genre de peinture qui se 
perfectionna merveilleusement avec le 
temps. Un certain Quiricio est le plus 
ancien des peintres de Murano. L’épo- 
que à laquelle vécut Bernardino, éga- 
Tement de Murano, n’est pas bien clai- 
rement fixée. Environ vers l’an 14oo, 
vivait aussi un peintre nommé Andrea. 
Jean et Antoine Vivarini de Murano, 
en 1440, succédèrent à un certain Louis 
qui s'était rendu très fameux dans la 
peinture. 

Vers le commencement du même siè- 
cle florissaient Gentile de Fabriano, 
Jacopo Bellini, père et maître de Gentile 
et de Jean, et un autre Jacques dit Jaco- 
bello de la Fleur. Plusieurs disciples de 
ces peintres jouissaient à la même époque 
d’une grande réputation. Mais le plus 
grand de tous les peintres que nous a- 
vons cilés jusqu’à présent, c’est sans 
contredit Squarcione de Padoue, qui, 
voulant apprendre son art à fond, pas- 
sa en Grèce après avoir parcourut l 
Italie entière. Squarcione est le premier 
fondateur de l école lombarde, mais il 
a certes des titres non-moins grands à 
la reconnaissance de l’école vénitien- 
ne, puisqu'il fut le maitre de Jacopo 
Bellini. 

Grâce à ces hommes illustres, la pein- 
ture fit de rapides progrès à Venise, 
et durant le siècle dont nous parlons , 
‘on abandonna celle en détrempe pour 
la peinture à 1° huile, qu’ Antonel- 
lo de Messine avait importée à Venise. 
On suit que cet Antonello était aux 
gages de la république, et que les cou- 
leurs devinrent enfin à celte même 


dette assai d’influenza. Le figure degli 
altri pittori non giotteschi furono più 
svelte ed animate, cioè ritrassero più 
al vivo gli uomini e le cose. 


Il secolo quintodecimo vide ‘in Mu- 
rano a principiare un nuovo stile, che 
appresso si perfezionò a Venezia. Il 
più antico dei muranesi pittori vuolsi 
fosse un Quiricio. D? incerta epoca è 
Bernardino pur da Murano. Intorno poi 
al millequattrocento vi fioriva eziandio 
altro pittore, ricordato sotto il nome di 
Andrea. Giovanni ed Antonio Vivarini 
da Murano crescevano nel millequattro- 
centoquaranta, succedendo ad un Luigi, 
che nel dipingere fama ebbe grandis- 
sima. 

Al principiare del secolo medesimo 
erano illustri Gentile da Fabriano, 
Jacopo Bellini, padre e maestro di 
Gentile e di Giovanni, e un al- 
tro Jacopo detto Jacobello del Fiore. 
Varii furono i discepoli di questi uo- 
mini ch’'ebbero a quel tempo bella 
fama nel dipingere. Migliore di tut- 
ti li veneli pittori che fin qui abbiam 
nominato si fu il padovano Squarcione, 
il quale volendo allargar le cognizio- 
ni nell’ arte, tragittò in Grecia dopo 
avere tutta Italia discorsa. Egli è il 
primo fondatore della scuola di Lom- 
bardia, ma ha diritto alla gloria vini- 
ziana, avendo ammaestrato Jacopo Bel- 


lini. 


Le scuole dello stato venetico acqui- 
stavano con questi uomini sempre più 
nella pittura, e nel secolo di cui par- 
liamo si passò dal comporre i colori per 
tempera a colorire ad olio; .e dicesi 
che un Antonello di Messina portasse 
questa nuova maniera in Vinegia. Ci è 
fatto noto che questo Antonello veniva 
dalla repubblica salariato, e che fu al- 


— 135 — 


Époque naturelles et simples, mais non 
pas toujours fondues et harmoniées con- 
venablement entr’elles, et moins enco- 
core avec le champ ou fond du tableau. 
On ne doit pas non plus négliger d’ 
observer que, vers la fin du XIV siè- 
cle, les peintres donnèrent à leurs fi- 
gures des attitudes différentes, variant 
l'expression et la gradation des nuan- 
ces, des regards, des draperies, etc. Ce 
fut la véritablement l’aurore du grand 
jour pour la peinture vénitienne; et a- 
lors la simplicité unie à la grandeur, la 
vivacité des couleurs à une gradation 
bien entendue, le naturel des poses, la 
symétrie des figures, etc., commencèrent 
à distinguer les productions de l’école 
vénitienne. À la même époque où An- 
tonello fut appelé à Venise pour y hà- 
ter les perfectionnements de la peintu- 
re, vivait Jean Van-Eych, que Vasari 
nomme Roger de Bruges. 


Au nombre des écoliers d’ Antonello 
de Messine, on compte Jean Bellini, non- 
moins recommandable par la pureté de 
ses moeurs que par le talent dont il 
fit preuve dans ses ouvrages, empreints 
d’une indicible expression de naïveté. 

Quelques auteurs nous ont transmis 
le moyen singulier dont il se servit pour 
dérober à son maitre le secret de la 
peiniure à l'huile. Voici comme ils nous 
racontent la chose. Antonello, très-jaloux 
de la possession exclusive de son pro- 
cédé, n’avait jamais voulu le commu- 
niquer à personne. Jean Bellini, dont 
Vimaginative était féconde en expé- 
dients , et extrémement désireux de s? 
 emparer du secret, s’avisa de se dégui- 
ser en sénateur et d'aller trouver An- 
ionello sous ce travestissement pour lui 
faire faire son portrait. Antonello, trom- 
pé par ce déguisement, se mit à l’ou- 
vrage sans défiance, et ce fut ainsi, 


lora che i colori incominciarono ad es- 
re semplici e veri, benchè non sempre 
accordati. È mirabile in questi ultimi 
tempi del quintodecimo secolo che i pit- 
tori pingessero in modo che le perso- 
ne non avessero a trovarsi in un’eguale 


‘postura, ma che lo sguardo, le pieghe e 


le tinte avessero differenti espressioni, 
modificazioni e gradazioni. Ed a buon 
dritto: furono essi giudicati l’aurora del 
di più luminoso della venetica pittu- 
ra, chè la semplicità unita al grandio- 
so, la vivacità dei colori con una ra- 
gionevole gradazione, la simmetria del- 
le parti, delle persone, la naturalezza 
delle movenze e la regolarità, sono pre- 
gi distinti che li viniziani pennelli an. 
davano acquistando. Si ritiene che con- 
temporaneamente a quell’Antonello, che 
fu chiamato a Venezia ad introdurre il 
miglioramento della pittura, vi fosse un 
Giovanni Van-Eych, che il Vasari ap- 
pella Ruggeri da Bruggia. 

D’ infra gli altri scolari di Antonello 
da Messina fu Gian Bellini, nome cer- 
tamente onorato , e per dilicatezza dei 
costumi e per quella certa ingenuità di 
espressione che nelle grandi sue opere 
sfoggiò. 3 

Alcuni scrittori narrano il modo curio- 
so con che egli cavava il segreto del di- 
pingere ad oglio al suo maestro. Il caso 
vuole essere così raccontato. Siccome 
l’ Antonello gelosissimo era che altri 
quello non discovrisse, così accadde 
nol dicesse a chi che fosse. Gian Bel- 
lini, uomo che aveva del nuovo, trovò 
che per sapere della nuova scuola fos- 
se da vestirsi a modi patrizio veneto, 
e di portarsi a lui per farsi ritrarre. Il 
maestro, che come era ben facile, non 


avria potuto revocare a dubbio Gian 


Bellini non fosse quello per il quale an- 
nunziavasi, si aperse, e Gian Bellini ne 
approfittò. | 


Me 


dit-on, que Bellini parvint à lui arra- 
cher le secret de son procédé. 

Nous avons dit plus haut que 1’ éco- 
le vénitienne avait fait de grands pro- 
grès ‘vers ces derniers temps. Voyons 
maintenant quels furent les perfection- 
nements ultérieurs que le génie et l’é- 
: tude apportèrent à cet art si nohle; Les 
maitres du XVI siècle débarrassèrent 
la peinture de cet air pesant, de ce man- 
que de. vie qui avait nui jusqu'alors à 
l’expression des figures. Ils représentè- 
rent l’homme et chaque partie de la 
nature entière sous leur aspect vérita- 
ble, donnant à chaque objet une nuan- 
ce, une expression convenable, et por- 
tèrent l’art à un haut degré de per- 
fection par l’étude et l’examen attentif 
de la nature. es peintres vénitiens 
s’appliquèrént aussi à rendre leurs 
figures exemptes de raideur, à faire 
tomber avec grâce leurs draperies, etc. 
C’est surtout an fameux Jean Bellini 
dont nous venons de parler que l’art 
est redevable de ces perfectionnements 
importants. 

Parmi les principaux écoliers de Bel- 
lini, nous citerons, sans compier ceux 
dont nous nous réservons de parler ci- 
après plus longuement: Bellin Bellini, 
Vincent Catena, Martin d’Udine, que la 
plupart des historiens de la peinture 
appellent Pellegrino di san-Daniele, et 
regardent comme le maitre du Porde- 
none; Mantagna, les Bonconsigli, Andrea 
Previtali, ete. Gian Bellini eut pour 
rival Victor Carpaccio. 

Le Conegliano, autrement dit Jean- 
Baptiste Cima , est aussi disciple du 
grand Bellini, et il s’était si bien ap- 
proprié le genre de son maitre qu’on 
attribue à celui-ci plusieurs productions 
de son écolier. Conegliano fut imité à 
son tour par son fils Carlo. 

C’est ainsi que cette série.de noms, 


Abbiam detto più sopra che la scuo- 
la viniziana in questi ultimi tempi fe- 
ce grandi progressi. Ora però è da 
esporre quali ulteriori vantaggi il ge- 
nio e l’ arte assieme abbiano porto a 
questo studio nobilissimo. Tolsero i 
cinquecentisti all’ arte del dipingere 
quella certa pigredine e quel muto ap- 
pariscente che avevano le opere an- 
tiche. Mostrarono essi l’uomo e tutte le 
parti che la natura compongono come 
sono, vale a dire diedero a ciascun og- 
getto della natura quelle tinte, quelle 
pieghe e quelle espressioni, che da es- 
sa maestra ebbero appreso. Oltre que- 
sto cercarono li Viniziani di correggersi 
il difetto della stentatezza; e le pie- 
ghevolezze esteriori , il brio , 1’ impo- 
nente mostrarono allora a meraviglia. 
Cotanto avanzamento di stile pittore 


sco deessi in tulto al famoso Gian 
Bellini. | 


Fra i principali scolari del Bellini si 
contano, tacendo su quelli che ricorde- 
remo in seguito, Bellin Bellini, Vincenzo 
Catena, un Martino da Udine, che dagli 
storici di pittura si chiama Pellegrino 
di san Daniello, e che dai più si stima 
qual maestro del Pordenone, i Monta- 
tagna, i Bonconsigli, Andrea Previtali 
ec. Vittore Carpaccio poi fu suo com- 
petitore. 


Il Conegliano, che altrimenti è detto 
Giambattista Cima, è pure discepolo di 
Gian Bellini; e talmente imitò il mae- 
stro, che molte pitture di lui a questo 
si attribuiscono. Le opere del Cone- 
gliano furono poi imitate da suo figliuo- 
lo Carlo. 

Così per varie vicende di nomi e di 


SN 


d'ouvrages et d’époques nous a conduits 
enfin au siècle le plus glorieux pour la 
peinture vénitienne. Après les troubles 
politiques qui agitèrent si long-temps 
la malheureuse Italie, vinrent enfin des 
temps plus fortunés qui permirent au 
génie de s’élancer librement sur le che- 
min des arts qu’il parcourut dès - lors 
à grands pas. L’inspiration qui ne suit 
que trop souvent chèz les peintres le 
sort de leur propre fortune et de la 
prospérité publique, se déploya puis- 
samment à Pombre de la protection que 
la république florissante et respectée 
accordait aux arts. L’école vénitienne 
produisit au XVI siècle ses maitres 
les plus fameux ; ils éclipsèrent tous 
ceux qui les avaient précédés, el ôtè- 
rent aux peintres à venir toute espéran- 
.ce de pouvoir jamais les surpasser eux- 
mémes. Tout le monde, au reste, re- 
connait que le coloris de l’école véni- 
tienne est inimitable, et bien supérieur 
à celui de toutes les autres écoles. Plu- 
sieurs auteurs assignèrent chacun une 
cause diverse à celle supériorilé incon- 
testable; pour nous, nous croyons avec 
Lanzi qu’elle dépend essentiellement du 
génie particulier et de Part de ceux qui 
la méritèrent, en mélangeant si mer- 
veilleusement leurs couleurs. En effet 
Giorgione, le Titien et Paul Véronèse 
ont un genre de coloris si parfait et si 
original qu’il est absolumeñt impossi- 
ble de l’imiter parfaitement ; ils surent 
donner au mélange de leurs couleurs une 
vivacité admirable satis la moindre ap- 
parence de dureté, et c’est là ce qui 
constitue le caractère distinctif et inimi- 
table de leurs composilions. Mais ils n° 
excellevent pas seulement dans Vétade 
du nu, où les élèves du Titien surpas- 
serent ceux de toutes les autres éco- 
les; ils réussirent également bien à 
peindre les draperies, les éLoffes de tou- 


cose siamo venuti al secolo più illustre 
della venetica pittura. Dopo le tante 
mutazioni politiche chè tennero in con- 
tinua procella le provincie italiane, giun- 
se un tempo nel quale il genio doveva 
scorrere i sentieri più luminosi in o- 
gni parte dell’invenzione, ovvero in tut- 
to quello che presta allo studio 1’ uti- 
lità e il diletto. Il genio della pit- 
tura, che vola sempre cen quello della 
fortuna, sparse sotto lx mano de’ vene- 
tici pittori tutto quel brio naturale che 
procede da una fortuna regolata e mo- 
desta , ed insieme grande e generosa. 
La nostra scuola venelica die’ in que- 
sto secolo decimosesto i migliori arte- 
fici suoi, i quali il grido tolsero a quei 
che li precedettero e la speranza di 
vantaggiarli a quei che li seguirono, Di- 
cesi, ed è incontrastabile, avessero i pit- 
tori viniziani più vero e vivace il co- 
lorito delle pitture, e che più applau- 
dito fosse d’assai di tutte le altre scuole. 
La ragione della vivacità o proprietà 
dei colori. fu da diversi diversamente 
spiegata; ma noi stiamo col Lanzi, che 
giustamente asserisce la si debba ripete- 
re soltanto dallo ingegno e dall’ arte 
di coloro che li compongono. E difat- 
ti Giorgione, Tiziano, non che Puolo 
Veronese, hanno un certo impasto di 
colori che non si può in veruna maniera 
perfettamente imitare, imperocchè eglino 
diedero una certa macchia di colorito che 
schiva la durezza e che porta distinta la 
impronta dei loro pennelli. Cotal foggia 
bellissima di colorire non restrinsero 
solo alle carni, nelle quali i tizianeschi 
specialmente vantaggiarono qualunque 
altra scuola, ma la distesero altresì ai 
panni, nè v’ha maniera di velluti, di 
veli e di stoffe ch” eglino mirabilmen- 
te non contrafficessero. Altri meriti han- 
no i veneti pittoti ancora, fra cui quel- 


lo del ritrarre qualsivoglia sorte di lai 


vio A 


te espèce, velours, soie, etc., qu'ils re- 
produisirent sur la toile avec une fidé- 
lité et un naturel admirable. Les pein- 
tres vénitiens ne se rendirent en outre 
pas moins célèbres par l’art avec lequel 
ils peignaient sur toute sorte de ma- 
tières, dans l’architecture, dans le pay- 
sage, etc. 

Nous voici enfin arrivés au siècle glo» 
rieux des Giorgione et des Titien. L’a- 
mitié la plus étroite régnait entre ces 
deux hommes illustres ; leur habitude 
de vivre ensemble, la ressemblance de 
leur génie, la douceur de leurs maniè- 
res, non-moins que l’analogie qu’ éta- 
blissait entre leurs ouvrages le mérite 
incomparable qui les distinguait tous 
deux, attiraient la commune admiration 
de leurs contemporains. Réellement il n° 
y a pas grande différence entre les pro- 
ductions de Giorgione et celles du Ti- 
tien; la seule chose qui les distingue, 
c'est que les tableaux du second ont, 
ce nous semble, un caractère de force 
supérieur à celui du premier. 

Giorgio, et non pas Giorgione, était 
le véritable nom de celui-ci; mais sa 
taille élevée fut cause qu’on s’habitua à 
lui donner le second de prélérence, Bar- 
barelli était son nom de famille. Il était 
encore disciple de Gian Bellini que 
déjà, poussé par son rare esprit d’ob- 
servation, il évitait le genre minutieux, 
maniéré, et lui substituait cette touche 
large, hardie, qui caractérise le génie. 
Lanzi dit que personne avant lui n’a- 
vait su manier le pinceau avec plus de 
force, de saillie, passez-moi le terme, de 
manière à produire de l'effet à une gran- 
de distance. Giorgione exécuta à fres- 
que la plus grande partie de ses ou- 
vrages, et à Venise en particulier, où 
nous admirons encore quelques débris 
de ses compositions magnifiques. Mais 
heureusement ses tableaux à l’huile ont 


vori in oro, in argento ed in ogni ma- 
niera di metallo ; dell’architettura, del 
paesaggio e via discorrendo. 


Siamo dopo queste premesse final- 
mente arrivati al punto di porre il 
nome di Giorgione e Tiziano. Di co- 
storo dicesi che 1° amicizia fosse gran- 
de, e che il vivere compagnevole e lie- 
to , la somiglianza del genio , la giu- 
slezza dei modi, l’affinità che vi ebbero 
fra le produzioni di questi due valen- 
ti attraessero mirabilmente lo sguardo di 
tutti. E daddovero fra li dipinti del 


. Giorgione e que’ del Vecellio corre 


piccol divario: solo pare in questo dif- 
ferenziassero, che quelli del Tiziano so- 
no di un carattere più forte che non 
sono quelli del Giorgione. 


Giorgione mon dovria altrimenti chia- 
marsi Giorgione, ma Giorgio; la di lui 
statura grandissima fu causa per cui nel- 
la prima guisa lo si appellasse. Il co- 
gnome di lui era Barbarelli. Fin da 
quando era scolare di Gian Bellini, trat- 
to da uno spirito indagatore e perspi- 
cace, schivò la minutezza, sostituendo 
a questa quella certa industre sprezza- 
tura in cui propriamente il bello deli’ 
arte risiede; Dice il Lanzi nessuno pri- 
ma di lui conosciuto avere quel maneg- 
gio del pennello così risoluto, di mac- 
chia così forte, e così utto a sorpren- 
dere in lontananza. Giorgione condusse 
a fresco la maggior parte delle sue 
opere, e singolarmente a Venezia, ove 
qualche reliquia rimane visibile an- 
cora del divino pennello che trassela. 
Sono però assai conservale e cuslo- 


DE = 


pu mieux résister à l’injure du temps, 
et nous en conservons soigneusement 
plusieurs dans lesquels on reconnait les 
merveilles de son pinceau, Nous ajou- 
terons toutefois que ses tableaux sont 
lrès-rares. 

On prétend qu'un certain Luzzo de 
Feltre, son écolier, devint aussi son 
rival auprès d’une femme dont Giorgio- 
ne étail éperdüment amoureux. Les uns 
croient que son désespoir jaloux fut 
cause de sa mort, les autres soutien- 
nent au contraire qn'il mourut de la 
peste que cette femme lui avait com- 
muniquée. 

Parmi tous ceux qui tàchèrent de s° 
approprier le style de Giorgione , on 
distingue un moine nommé Sébastien 
del Piombo qui réussit mieux que les 
autres à contrefaire la touche de ce mai- 
tre. On n’ignore sans doute pas que 
ce Sébastien del Piombo fut regardé à 
Rome comme le premier coloriste de 
son temps, et qu’il exerca son art dans 
cette ville concurremment avec Raphaël 
et Peruzzi. Francois Torbido, surnom- 
mé le More, et Jean d’Udine, se di- 
stinguèrent également parmi les disci- 
ples de Giorgione, dont ils imitèrent 
avec bonheur le style grandiose. On 
compte aussi au nombre des élèves ou 
des imitateurs de Giorgione, Lotto, 
Palma, Cariani, et autres, sans parler 
de Paris Bordone qui avait suivi auipa 
ravant l’école du Titien. 

Mais en voilà assez sur le compte 
de Giorgione et de ses élèves; parlofis 
maintenant du grand Titien. L’impar- 

dial et ingénieux Lanzi s’exprime com- 
me il suit è propos de ce peintre: « Je 
» ne saurais salisfaire là-dessus le lecteur 


% 
Na 


comme je le voudrais, parce que lors- 
qu'il s’agit de parler d’un artiste si 


x 
D 


$ 


éminent, tout ce que l’on peut en 


dire est toujours si inférieur à son 


dite quelle che all’ olio e’ fece, e si 
giudicano sue senza timore di essere 
colti in inganno, perciocchè il forte im- 
pasto de’ colori e la pienezza del di lui 
pennello manifestamente il dimostrano, 
I suoi quadri però sono rari d’assai. 
 Vuolsi uno dei di lui scolari fosse 
certo Luzzo da Feltre, che con esso ri- 
valeggiava in amore per una donna da 
lui amata oltre ogni credere. Taluno 
pensa che per questa femmina egli mo- 
risse, e tal altro che fosse ‘morto di 
morbo pestilenziale che contrasse prati- 
cando con essa. 


Su tutti po’ quelli i quali dieronsi a 
fave il proprio pennello sopra lo stile 
giorgionesco fu un certo frate Sebustia- 
no dal Piombo, che lasciato Gian-Bel- 
lini, di Giorgione i tuoni de’colori e la 
sfumatezza più che altri imitava. Si sa 
che questo dal Piombo venne ammirato 
a Roma come coloritore primo del tem- 
po suo, e che in questa cittade pinse in 
competenza del Raffaelo e del Peruzzi. 
Francesco Torbido poi, che avea il so- 
prannome di Moro, e Giovanni da Udi- 
ne riuscirono eziandio nella scuola di 
Giorgione , imperocchè l’uno e l’altro 
seguirono le di lui tinte con molta 
felicità. Vi sono degli altri ancora che 
imitarono il Barbarelli, vogliam dire il 
Lotto, il Palma, il Cariani, e via, non che 
Paris Bordone, benchè prima si avesse 
fatto alla scuola del Tiziano. 

Ma di Giorgione e degli scolari suoi 
è detto abbastanza; di presente parlia- 
model Tiziano, Sopra lo ingegno pit- 
torico di questo genio, l’ingenuo e for- 
bitissimo Lanzi così si esprime: « Io 
» non potrò appagare il lettore come 
» vorrei, perchè ove il concetto di un 
» artefice è grandissimo, ogni cosa che 
» se ne scrivà pare che sia vinta dal 
» suo merito e che in certo modo lo de- 


(FL 


d 


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« mérite et à sa réputalion qu’on craint 


LS 


» en le louant de lui nuire bien plu- 
» tòt que de le servir. Mais si dans le 
+ jugement qu’on prononce des grands 
» artistes, mieux vaut l'indication pré- 
» cise qu’un éloge vague des qualités 
» qui les distinguent , je citerai alors 
» l'opinion d’un célèbre critique. Le 
» Titien mieux qu'aucun autre, répé- 
» tait-il souvent, a su étudier la natu- 
» re et la reproduire. Et j’ajouterai 
» maintenant avec un autre écrivain: 
» Que Titien fut le confident le plus 
» cher de la nature et le maitre par 
» excellence; que dans tous les sujets 
» qu’il a traités, il s’est toujours rap- 
» proché de la nature autant qu’il est 
» donné à l’homme de le faire. Il a- 
» vait recu de la nature un esprit so- 
» lide, paisible, perspicace, plus amateur 
» de la vérité que de la nouveauté et 
» du brillant, et c’est là l'esprit qui 
» forme, ainsi que les véritables écri- 
» vains, les véritables peintres. » 
Titien eut pour maitres d’abord Sé- 
bastien Zuccati, de la Valtellina, et en- 
suite Gian Bellini. Bien jeune encore, 
il.se distingua par cette manière large 
et hardie que Giorgione, son condisci- 
ple, avait montrée le premier. Et ceci 
est si vrai que les ouvrages exécutés 
par ces deux jeunes artistes à cette é- 
poque, se ressemblent si fort qu'il est 
malaisé de discerner ceux du Titien de 
ceux du Giorgione. Mais par la suite, 
le Titien se créa un nouveau style moins 
chaud que celui du Giorgione, mais bien 
plus suave, et capable de frapper , de 
ravir d’étonnement tous les spectateurs. 
On a observé que le Titien excellait à 
peindre les corps de femmes et d’en- 
fants, si: bien que le flamand Passeri 
et le célèbre Poussin, si habiles dans 
cette partie, se sont formés sur les mo- 
dèles du Titien. Admirateur zélé du 


e 


» gradi. Ma se nè’ caralteri degli arle- 
» fici più che una vaga commendazio- 
» ne vale una precisa indicazione di 
» ciò che li distingue fra tutti, io ad- 
» durrò il giudizio di un ottimo critico 
» solito dire che il Tiziano meglio che 
» verun altro vide la natura e la ritras- 
» se nel suo vero; e potrò aggiugnere 
» con un altro, ch'egli fu tra’ pittori il 
» più gran confidente della natura ed 
» il maestro universale; che in quanto 
».‘ha preso a trattare, siano elementi, 
» sia paese, sia qualunque altro sogget- 
» io, in tutto ha impresso la sua vera 
» naluralezza. Avea sortito dal nascere 
» uno spirito sodo, tranquillo, sagace, 
» portato al vero piuttosto che al nuo- 
» vo e allo specioso, che è quello spiri- 
ss to che forma, siccome i veri letterati, 


» così i veri pittori ». 


Tiziano fu ammaestrato da Sebastia- 
no Zuccati valtellino e poi da Gian Bel- 
lini. Ancor giovanetto e’ si mise a quel 
modo libero, e sciolto che Giorgione 
suo condiscepolo, rinvenne. Ed è così 
vero che le opere le quali in quel tor- 
no di tempo Tiziano operò non bene 
si distinguono da quelle del Barbarelli. 
In seguito però formavasi il suo nuovo 
stile meno sfumato, meno rinfuocato, 
ma più soave, e tale da lasciare chi 
alui riguarda quasi diremo affascinato 
essorpreso. Fu osservato che il Tizia- 
no nello dipingere corpi di donne e 
di putti e°fosse più valente, e che il fiam- 
mingo Passeri ed il Poussin, per que- 
sta parte valentissimi, da’ di lui quadri 
l’apprendessero. V’ha chi lo dice an- 
cora studiosissimo della notomia e del 
bello antico ricopiatore. La lucen- 
tezza domina sempre nelle pitture del 


Che gine 


beau antique, il n’attachait pas moins 
d’importance à l’étude de l’anatomie. 
La lucidité domine constamment dans 
ses tableaux, bien dignes de servir d’e- 
xemple à tous les peintres. 

Dans la peinture comme dans tous les 
beaux-arts, ce qu’il y a de plus diffi- 
cile et de plus admirable, c’est de sa- 
voir allier les moyens les plus naturels 
à l’art le plus consommé, de telle sor- 
te que l’objet représenté se rapproche 
tout à la fois autant que possible de la 
nature réelle et du beau idéal. Le Titien 
ne pouvail certes manquer de recon- 
naître que la seule imitation de la na- 
ture ne sanrait produire les effets subli- 
mes qui naissent de cette heureuse com- 
binaison, et il osa tenter ce que les Grecs 
eux-mêmes, ces maitres souverains du 
beav, n'avaient pas fait. Titien conser- 
ve sûrement toujours dans ses ouvra- 
ges son caractère sublime: il consulta 
la nature avant de les créer, il se gar- 
da bien de les surcharger par un trop 
grand nombre de figures, et il sut grou- 
per celles-ci avec un art admirable. Quant 
à la perfection des portraits et l’art d’y 
saisir Ja ressemblance avec une vérité 
frappante, il n’eut point d’égal, et c’est 
à ce talent particulier, qui lui ouvrait 
toutes les Cours, qu'il dut en grande 
partie sa» fortune. Vasari avoue qu’il fut 
incomparable dans ce genre de peintu- 
re; les personnages les plus illustres 
de son siècle attachèrent un grand prix 
à avoir leur portrait peint par le Ti- 
tien. - On dit que ce grand peintre 
avait pour méthode d’ébaucher d’a- 
bord ses compositions à grands coups, 
puis il les laissait de côté pendant 
quelque temps, et lorsqu'il les remet- 
tait sur le métier, alors seulement il 
les polissait, les corrigeait et leur don- 
nait la dernière main. 

Vers la fin de sa vie (il mourut de 


Vecellio, e sono perciò altrui d’esem- 


pio. 


Il più alto consiglio, e il più diffici- 
le in pittura ed in iscultura, si è quel- 
lo di scegliere i mezzi più naturali, e 
l’arte migliore rinvenire di comporli 
perchè l’oggetto, che diventa la som- 
ma di varie naturali bellezze, abbia la 
impronta insieme dell’ artificiale e del- 
l'ideale. Tiziano se ne addiede che il 
naturale isolato non può dare quell’ ef- 
fetto ineffabile della triplice bellezza, 
ed imprendeva ciò che gli stessi greci 
maestri e fabbri del bello non aveano 
raggiunto. Tiziano serbò sempre nelle 
composizioni il suo carattere: consultò 
la natura pria di operare, fu sobrio nel 
numero delle figure, ed ebbe un’ arte 
disinvolta nello aggrupparle. Dalla fe- 
licità e dalla maestria di ritrarre i volti, 
nella quale non fu pareggiato da alcu- 
no, derivogli la fortuna sua, imperocchè 
gli apriva la via a varie corti. Confes- 
sa il Vasari che in questa parte di ri- 
trarre egli fu eccellentissimo, e che le 
persone più celebri per dignità e per 
lettere de’ suoi di vennero per esso ef 
figiate. Dicesi che dapprima e? libera- 
mente e coraggiosamente le opere sue 
sbozzasse, le riponesse poscia da ban- 
da, e riprendessele dopo alcun tempo, ed 
allora forse che con occhio fresco ed at- 
tento d’ ogni loro menda e difetto ripur- 
gassele. 


Sul cadere della vita, che cessava ‘in 


(Mai 


la peste à 99 ans) sa vue et sa main 
s’élant toutes deux affaiblies, il mettait 
‘moins de fini dans ses ouvrages, à cau- 
se de la difficulté qu’il éprouvait à fon- 
dre les teintes, Néanmoins les connais- 
seurs s’accordent : à déclarer que ses 
derniers tableaux eux-mêmes sont très 


dignes de servir de modèles. 


Parmi les imitateurs du Titien, qui 
n'eut que très peu d'élèves, nous ci- 
terons d’abord son fils Horace, puis 
Nicolas d’Etienne Cadorino et une fou- 
le de Vecellio qu'il serait superflu d’é- 
numérer ici, Jerome Dante, Lorenzino 
de Venise, Natalino de Murano, Anto- 
nio Schiavone ,: etc. Mais les plus 
illustres de ses imitateurs furent Bo- 
nifazio de Vérone, et le Tintoret, 
noms fameux l’un et l’autre dans 
les fastes de la peinture vénitienne. 
Fréquemment, dans les: compositions 
du premier, respire un, caraclère qui 
lui mérite le nom de génie original et 
créateur. La, légèreté , la grâce, de 
grandiose, toutes les qualités qui le di- 
stinguent, semblent lui ‘appartenir en 
propre, quoiqu’on reconnaisse aisément 
dans ses ouvrages l’imitation du style 
du Titien, de la vigueur de: Barbarelli 
et de la délicatesse de Palma. - Le Tin- 
toret, (dont le véritable nom était Jac- 
ques Robusti), ainsi surnommé parce 
qu’il était fils d’un teinturier (tntore; 
vénitien, bien qu’on le melte au nom- 
bre des élèves du Titien, n’étudia guè- 
re sous lui; son maitre, ayant reconnu 
le génie extraordinaire de son écolier, 
et cédant aux basses impulsions de P 
envie, le chassa bientôt de son école. 
Tintoretto avait conçu le vaste projet 
de s'ériger en chef d’une nouvelle é- 
cole, propre à perfectionner celle du 
Titien, en y ajoutant tout ce qui lui 
manquait encore. Bien loin de le dé- 


lui di novantanove anni peri furori 
della’ pestilenza, sendoglisi indeboli- 
te la vista e la mano conduceva le co- 
se ad una maniera meno finita, impe- 
rocchè a colpi. di pennello dipingeva, 
ed era affaticato nello unire le tinte. 
Nondimeno i professori dell’arte inse- 
gnano che anche le ultime opere sue 
ammaestrano assal. 

Fra gli imitatori del Tiziano, chè po- 
chi scolari egli ebbe, contansi il di lui 
figlio Orazio, certo. Nicolò di Stefano 
Cadorine, e tutti quegli altri Vecelli che 
qui fora inutile il rammentare. A. quali 
aggiugni Girolamo Dante, Lorenzino da 
Venezia e Natalino da Murano, Antonio 
Schiavone e va innanzi, Ma fra gli imi- 
tatori denno avere principal scranna il 
Veronese Bonifazio ed il Tintoretto, no- 
mi illustri tutti e due nei fasti della ve- 
neta pittura. Frequentemente le dipin- 
ture del primo tengono. un, carattere 
che lo fa un genio libero e creatore. 
Sveltezza, grandiosità, spirito. pajon 
doti tutte sue, benchè. si ravvisi nelle 
sue opere la mossa e la composizione 
del Tiziano, il forte del, Barbarelli ed 
il dilicato del Palma. Il Tintoretto, chè 
così soprannomavasi Giacomo Robusti 
perchè figlio di veneto tintore, sebbene 
si.conti fra gli scolari di Vecellio eb- 
be da questi brevissima islruzione; con- 
ciossiachè, accortosi il maestro del ta- 
lento dello scolare, tratto da invidia 
dallo studio suo, il congedava. Tintoret- 
to intese alla vasta idea: di farsi capo 
e maestro di una scuola nuova, da qua- 
le perfezionasse la tizianesca, aggiun- 
gendovi ciò che mancavale. Il discac- 
ciamento dallo studio del Tiziano non 
lo scoraggiava nel. proposito, anzi vie- 
maggiormente ‘infiammavalo . Ei nobilitò 
co’ suoi primi studi una stanza disagia- 
ta, cui povertà lo-astrinse ad eleggersi 
in abitazione. Copiava le opere del Ti- 


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eourager, son bannissement de l’atelier 
du Titien ne servit qu’à l’animer da- 
vantage. Ce fut alors qu’il illustra à ja- 
mais, par les travaux qu’il y exécuta, 
une chétive maison que sa pauvreté le 
forca à choisir pour demeure. Il copiait 
‘sans relìche les oeuvres du Titien, et 
jour et nuit il étudiait les plàtres des 
statues de Florence qui se raltachaient 
aux ouvrages de Michel-Ange. La na- 
ture avait doué Tintoretto d’une âme 
non-moins ferme qu’ardente et sublime; 
tantôt il dessinait ses modèles à la 
lumière d’une lampe, afin d’obtenir des 
ombres vigoureuses, et de se former 
nn clair-obscur énergique, tantôt il les 
suspendait au plafond dans diverses at- 
titudes, au moyen de quelques ficelles, 
afin de les pouvoir dessiner sous di- 
vers points de vue. Impatient de con- 
naître à fond les muscles , les veines, 
et toute la structure du corps humain, 
il étudiait l'anatomie avec ardeur et ne 
négligeait pas non plus l’étude du nu. C° 
est ainsi qu'il se préparait à fonder une 
école célèbre. Lanzi nous apprend que 
‘Vasari donnait au génie du Tintoret 1° 
épithète de terrible ; jamais imagination 
en effet ne fut plus féconde que la sien- 
ne. Mais, sans la diligence et l’étude, 
cete qualité brillante n’aboutit pas à 
grand’chose souvent; le Tintoret fut une 
nouvelle preuve de cette vérité et, a- 
près avoir enfanié des chefs-d’oeuvre 
admirables tant qu’il cultiva par l’étu- 
de patiente ses heureuse dispositions 
naturelles, il produisit des tableaux très 
inférieurs lorsqu'il voulut faire vite et 
beaucoup. Pourtant on ne saurait lui 
-refuser, même dans ses derniers ouvra- 
ges, une touche digne d’un grand mai- 
tre, une entente parfaite des effets de 
lumière , et l’accord entr’elles des in- 
venlions bizarres ; au reste, il n’avait 
point d’égal dans l’art de donner de 


ziano indefessamente, e studiava notte 
e giorno i gessi tratti dalle statue di 
Firenze che si riferivano alle opere di 
Michelangelo. Sortì il Tintoretto dalla 
natura un’ indole quanto sublime e fer- 
vida, animosa altrettanto. Al chiarore di 
una lume di lucerna ei costumava di- 
segnare i modelli per trarne forti om- 
bre e addestrarsi ad un chiaroscuro 
fortissimo. Soleva appendere al soffitto 
con fili i modelli medesimi in questa 
o tale altra attitudine, ed a varii pun- 
ti di veduta gli disegnava. Per conosce- 
re perfettamente la ragione dei musco- 
li e la struttura del corpo umano, in- 
defessamente di notomia, ed in varii 
scorci studiava e disegnava il nudo. Con 
questa moniera ei disponevasi ad intro- 
durre fra’ suoi la vera norma degli studi. 
Ci dice il Lanzi che l'ingegno ch'egli 
ebbe fu addimandato terribile dal Va- 
sari; e diffatti la sua immaginazione di 
nuove idee fu ricca sempre. Tutte però 
queste doti senza diligenza a dir ve- 
ro non montano assai. Il Tintoretto 
la ebbe per qualche tempo compagna, ed 
allora fece pitture che non hanno neo 
di difetto; ma trascurò poscia questa 
diligenza per la smania smodata di far 
presto e molto. Tuttavia, per quanto lo 
si accusi, non cessa di avere nelle ulti- 
me sue cose ancora un maneggio di pen- 
nello da gran maestro, e si mostra gran- 
de genio ne’ scorci anche difficili, nel 
giuoco della luce, nell’accordo, nelle in- 
venzioni capricciose, Nell’animare poi 
le figure è maestro sovrano. Seguaci di 
lui furon Domenico ed una Maria suoi 
figliuoli; la qual ultima veniva richiesta 
da Massimiliano Augusto e dal re di Spa- 
gna Filippo II. per le corti di Vienna 
e di Madrid. A questi si aggiunga Ce- 
sare dalle Ninfe, Melchior Colonna, Ber- 
tali, Flaminio Floriano, Giovanni Ro- 
thenamer di Monaco ed alcuni altri. 


la vie à ses figures. Dominique et Marie 
ses enfants, furent aussi ses disciples ; 
l’empereur Maximilien-Auguste et le 
roi d’Espagne Philippe II invitèrent tous 
deux cette dernière à venir à leur cour. 
César des Nymphes, Melchior Colonna, 
Bertali Flaminio Floriano, Jean Rothe- 
namer de Monaco, et quelques autres 
furent également au nombre de ses di- 
sciples. 

Presqu’en même temps que le Tin- 
ioret, était né Jacopo Da Ponte fils de 
Francois que l’on cite parmi les quat- 
trocentisti (1) distingués. Les ouvrages 
qu’il exécuta d’abord dans sa patrie, 
se ressentent des principes du Tiuto- 
ret. Il partit de sa ville natale, Bassano, 
recommandé au célèbre Boniface, pein- 
tre non-moins jaloux des secrets de son 
art quele Titien et le Tintoret ; Jacopo 
fut donc contraint à étudier furtive- 
ment la manière de colorier de son mai- 
tre Boniface, le regardant peindre à son 
insu au travers des fentes de la porte 
de son atelier. S’étant exercé à Veni- 
se quelque temps à dessiner les car- 
tons du Parmigianino, et à copier les 
tableaux du Titien et de Boniface, on 
le considère comme un disciple du pre- 
mier ; il existe en effet beaucoup de 
ressemblance entre leurs genres. La 
mort de son père ayant rappelé Jacopo 
à Bassano, ville remarquable par la 
fraicheur et la beauté des paysages qui 
l'entourent , notre jeune peintre per- 
fectionna, forma son style d’après l’é- 
tude de la nature; la grâce, la simpli- 
cité qui y respirent, rappellent heu- 
reusement en Italie le gout de l’école fla- 
mande. On peut avancer que, dans l’ 


(1) Quattrocentisti, auteurs du XV. siè- 
cle en Italie. 
(Note pu Trap.) 


A poco intervallo dalla nascita del 
Tintoretto nacque Jacopo Da Ponte, fi- 
gliuolo di quel Francesco che fra buo- 
ni quattrocentisti è commendato. Le sue 
opere, che prima fece in patria, hanno 
la impronta della educazione del Robu- 
sti. Partito dalla sua patria, Bassano, 
egli fu raccomandato al pittore Bonifa- 
zio, maestro che dell’arte pittorica ge- 
loso era tanto quanto il Tiziano ed il 
Tintoretto lo erano. Jacopo non vide 
quindi il proprio maestro colorire se 
non guatandolo furtivamente pei tra-. 
fori dell’uscio del suo studio. A Vi- 
negia esercilossi poco tempo disegnan- 
do le carte del Parmigianino, ed in 
copiare i quadri del Tiziano e del Bo- 
nifazio, del primo de’ quali si vuole an- 
cora discepolo. Infatti la conformità della 
maniera fa credere così. La morte del 
padre costrinse Jacopo a tornare a Bas-_ 
sano, città amenissima per le dolci sue 
acque e pe’ suoi colli. Dagli oggetti 
della natura nacque lo stile di Jacopo, 
iutto semplicità, tutto grazia, che mise 
in Italia il gusto di una nazione stra- 
niera, vogliam dire la fiamminga. Puos- 
si affermare che nello dipingere due vie 
egli tenesse, e che in ambedue origina- 
lità mostrasse. Il bassanese Jacopo Da 
Ponte ha una composizione, dice il Lan- 
zi che tiene del triangolare e del cir- 
colare ad un iempo. Egli ama il lume 
serrato, ed è principale maestro nel- 
l’armonizzare i colori; frequentemente 


art de peindre, il suivit deux routes à 
Ja fois, et se montra original dans tou- 
tes les deux. Le bassanais Jacopo da 
Ponte, dit Lanzi, a un genre de com- 


position qui tient en même temps du 


triangulaire et du circulaire. Il aime la 


lumière renfermée, et il est passé-mai- 
tre dans l’art d’harmonier les couleurs; 
souvent il se plait à faire servir de champ 
à une figure extérieure l'ombre del’inté- 
rieure, et à donner peu de clairs aux figu- 
res, mais vigoureux et fortement accusés 
dans les endroits où elles font angle. Ce- 
pendant on ne saurait comparer la vivaci- 
té de son imagination à celle des’ maitres 
illustres que nous avons déjà cités; à for- 
ce de temps et d’études seulement il par- 
venait à rendre ses tableaux parfaits. Ja- 
copo fut fort estimé par les plus grands 
peintres , et l’on peut à bon droit le 
nommer le grand condisciple du Tin- 
toret et l’illustre rival de Paul Véro- 
nèse ; il avait instruit dans son art 
quatre fils qui formèrent d’autres élè- 
ves, et ainsi de suite, si bien que l’é- 
cole bassanaise subsista près d’un siè- 
cle, toujours en baissant, à la vérité. 
De ses quatre fils, Léandro et Fran- 
cois furent ceux qui se montrèrent le 
plus dignes de leur père Jacopo ; les 
deux autres, Jean-Baptiste et Jérôme . 
étaient “plus propres à copier ses ou- 
vrages qu’à en créer de leur propre 
fond. Tous quatre au reste composè- 
rent des oeuvres originales ; Francois 
entr’autres, s’élant fixé à Venise, y 
donnait des preuves de son talent 
remarquable dans les peintures qu’il 
exécula au palais ducal et qui repré- 
sentent plusieurs faits de l’histoire vé- 
nitienne. Malheureusement ce pein- 
ire, né avec de si heureuses dispo- 
silions, lermina ses jours de la ma- 
nière la plus déplorable, à la fleur de 
l’âge, $e jelant par une fenêtre dans un 


sa — 


cerca che l'ombra dell’interna figura 
alla esteriore serva di campo, e che le 
figure abbiano pochi lumi, ma fieri e 
gagliardi là oye fanno angolo. Tutta- 
volta convien confessare la vivacità del- 
la sua immaginazione non potersi equi- 
parare a quella de’ primi maestri fin qui 
ricordati. Il lungo studio però ch’ei 
poneva nella condotta delle sue tele ri- 
duceale perfette. Fu lodato dai miglio 
ri maestri dell’arte, ed a ‘buon dritto 
puossi stimarlo il grande condiscepolo 
del Tintoretto ed il grande competito- 
re di Paolo Veronese. Formava il Da 
Ponte alla pittura quattro suoi figliuoli, 
da’ quali quest’ arte ad altri si propagò, 
sicchè la scuola bassanese durava qual- 
che secolo, sempre però decrescendo. 
Leandro e Francesco erano i figli di 
lui che parvero meglio disposti a seguir- 
lo, ma gli altri due, Giambattista e 
Girolamo, erano migliori copisti del- 
le sue opere di quello fossero facili in- 
ventori. Contuttociò lavorarono tutti di 
invenzione; ed a Vinegia si fermava 
Francesco, ove si stabiliva, e prova da- 
va di sua attitudine nell’arte di cui par- 
liamo, pingendo storie tratte da vene- 
tici fasti nel palazzo ducale. Peccato che 
anch’esso, nato veramente alla pittura, in 
breve sia morto al dì, perocchè avendo 
perduto la mente, in clate freschissima di 
una finestra gettavasi e cedeva alla vi- 
ta. Ne venne che restavano imperfette 
le opere sue nel ducale palagio ed al- 
trove ancora, e che Leandro suo fra- 
tello vedeasi astretto di condurle a fi- 
ne. Questo Leandro ebbe forte grido; e- 
gli è originale specialmente ne’sembian.…. 
ti dei ritratti e nel maneggiare il pen- 
nello. Ci è noto che il Doge Grimani 
faceasi ritrarre, e che tanto contento ri- 
manesse dell’opera del Da Ponte, che suo 
cavaliere creavalo. E daddovero, con 


sussiego imponente Leandro sosteneva 


ed) gl 


accès de folie. Léandre son frère dut 
alors se charger de continuer les ou- 
vrages qu’il laissait inachevés, soit au 
palais ducal, soit ailleurs ; ce Léandre 
jouit d’une grande réputation, et il est 
vanté surtout pour la ressemblance de 
ses portraits. Le doge Grimani, s'étant 
fait peindre par Léandre, fut si charmé 
de la manière dont il s’acquitta de ce 
soin, qu’il le créa son chevalier. Dès ce 
moment, Léandre n’oublia rien pour 
soutenir l'éclat de cette dignité; sa 
maison, sa table, son domestique, ses 
vêtements étaient vraiment dignes d’ 
un grand seigneur. Il ne sortait jamais 
qu’accompagné d’une foule  d’élèves 
qu’il entretenait près de lui à ses frais, 
décoré d’une chaîne d’or ct des insi- 
gnes de Saint-Marc. Nous n’entrerons 
pas dans de plus longs détails sur le 
luxe extravagant de ce peintre, mais ce 
n’est pas cerles faute de matière: on 
débite sur son compte cent anecdoles 
plus bisarres les unes que les autres. 
Jacopo Apollonio, fils d’une fille de 
Jacopo, passe pour le meilleur élève 
que les Da-Ponte aient formé. Bien 
qu'il. ne connùt que les deux moins 
habiles de ses oncles, il fit de rapides 
progrès dans son art. Les Bassanais 
accordent aussi quelqu’estime à Luc et 
à Jules Martinelli, disciples de Jacopo. 
Antoine Scajario, gendre et héritier de 
Jean-Baptiste da Ponte, jouit aussi de 
la considération des Bassanais. Jacopo 
Guadagnino, né d’une fille de Francois 
da Ponte, peignait bien le portrail. A- 
vec ce dernier, qui mourut en 1633, 
s’étegnit l’école de Jacopo de Bas- 


sano. 


Tandis que cette école florissait à 
Bassano, il s’en était élevée à Vérone 
une qui devait surpasser toules les au- 
tres par sa manière de reproduire le 


quella dignità. Mangiava, beveva, dor- 
miva e vestiva panni signorilmente. 
Usciva di casa da molti scolari, che 
presso se aveva, corteggiato ed ornato di 
aurea collana e delle insegne di S. Mar- 
co in pubblico procedeva. Si contano 
altre scherzose storielle di questo pit- 
tore, che ben pare avesse un po di neb- 
bia in cervello. 


Vuolsi Jacopo Apollonio, da una fi- 
gliuola di Jacopo nato, fosse il miglior 
allievo che abbiano fatto i Da Ponte. Ei 
fece assai progresso nell’arte benchè i 
due zii meno celebri conoscesse. Quei 
di Bassano dan qualche pregio a Giu- 
lio ed a Luca Martinelli discepoli di Ja- 
copo. Antonio Scajario genero ed ere- 
de di Giambattista Da Ponte è pure da” 
Bassanesi avuto in estimazione. Jacopo 
Guadagnino figlio di una figliuola di 
Francesco Da Ponte ebbe qualche me- 
rito in ritrarre. Con la morte di que- 
sto l’anno milleseicento e trentatre si 
estinse in Bassano ogni avanzo della 
maniera e della scuola di Jacopo da Bas- 
sano. 

Mentre fioriva la Bassanese scuola un’ 
altra in Verona sorgevane, la quale col- 
lo ritrarre il più bello dell’arte, col far 
isforzo di architettura in campi gran- 


PL aa 


le plus grandiose des arts, la pompe ar- 
chitectonique, dans ses toiles immenses. 
Ce champ non encore exploité de la 
peinture offrait aux arlistes une palme 
intacte et nouvelle qu'il était réservé 
de cueillir à Paul Caliari. Son père, 
Gabriel Caliari, sculpteur, destinait 
le jeune Paul à la même profession et 
voulut lui faire apprendre le dessin et 1’ 
art de modeler en argile. Mais Paul, em- 
porté de préférence vers la peinture par 
l ascendant irrésistible du génie, triom- 
pha de tous les obstacles, et fit bien- 
tôt changer de résolution à son père, 
qui le confia alors aux soins du Ba- 
dile, sous lequei le jeune Caliari fit 
de rapides progrès. Mais Paul vivait à 
une époque où il était malaisé à un 
artiste, même habile, de se faire dis- 
tinguer: jamais l’école véronaise n’a- 
vait compté de plus nombreux et de 
plus célèbres peintres. Georges Vasari 
observe que, après la mort de Frà Gio- 
condo, Vérone, adonnée exclusivement 
à cet art, produisit en tous temps des 
hommes illustres dans les fastes de la 
peinture: éloge qu’ il n° accorde à au- 
cune autre ville des Etats Vénitiens. 
1° école véronaise créa dans ses com- 
positions un genre de beauté svelte , 
inconnu aux arlistes vénitiens. Mais il 
est vrai qu'elle est bien inférieure à 
ceux-ci pour la. fraicheur. des chairs, 
Fort distinguée par son esprit d’in- 
vention , elle sut se servir avec bon- 
heur des sujets que fournissent la my- 
thologie et l’histoire pour, les compo- 
sitions hisarres el gracieuses destinées 
à 1 embellissement des palais et des 
‘maisons de plaisance. Lanzi dit que le 
climat véronais , ami de la peinture, 
contribua à la conservation, et les con- 
seils des hommes de gout au perfection- 
nement des ouvrages qu’elle produisit 
a Vérone. 


dissimi, qualunque. altra passò. Cotal 
parte, che da perfezionare rimaneva, do- 
véa serbare una palma per Paolo Ca- 
liari, nato in. Verona da un Gabriele 
scultore, che , abbastanza buono al- 
l’arte sua destinandolo, nel disegno 
enel modellare in creta lo volle istrut- 
to. Indarno però, avvegnachè Paolo mo- 
strando in se il genio della pittura pre- 
valere, condusse il padre ad affidarlo alle 
discipline del Badile, sott’esso il quale 
meravigliosi progressi faceva. Ma Paolo 
s'era in un tempo incontralo che ad 
essere distinto bisognava faticare d’as- 
sai, sendo la scuola veronese di talenti 
floridissima. Giorgio Vasari osservò che 
dopo la morte di Fra Giocondo, Verona, 
datasi straordinariamente al disegno, in 
ogni agio di etade produsse uomini nel- 
la pittura eccellenti, la qual laude a nes- 
sun’ altra città del dominio viniziano 
non diede. Dessa nelle figure, o a div 
meglio ne’dipinti, vi pone una sua pro- 
pria bellezza, piena, svelta, che non si 
riscontra nelle opere venetiche; di sotto 
è assai a queste pel rubicondo e pel 
fresco delle carni. Ha molta felicità nel- 
le invenzioni, e valendosi della mitolo- 
gia e della storia, dà composizioni biz- 
zarre e peregrini ornamenti di ville c 
di palagi. Il Lanzi poi dice, che il cli- 
ma veronese, amico al dipingere, valse 
a serbare le opere che ivi fornivansi, 


ed il consiglio dei saggi a perfezionarle. 


4 


dé Le 


Passant sous silence une infinité de 
peintres qui se distinguèrent à Véro- 
ne avant Paul Caliari et qu’il était né- 
cessaire d’égaler au moins pour plaire 
aux Véronais, nous citerons seulement 
Baptiste d'Angèle, surnommé Ze More, 
Dominique Ricci, dit Brusasorci (Bru- 
le-rats), parce qu’ il s° amusait comme 
son père à brüler ces animaux, et Paul 
Farinato. Ces artistes étaient en vogue 
au temps des débuts du jeune Calia- 
ri; on en conclura sans peine que ce 
dernier ne pouvait réussir que bien dif- 
ficilement à percer au milieu de cette 
foule d’ artistes distingués qui obstru- 
aient toutes les avenues. Le public est 
toujours si lent à rendre justice au méri- 
te naissant! — Bref Caliari, pressé par 
le besoin, quitta Vérone pour venir se 
fixer à Venise. Son talent était vaste, 
élevé, grandiose; aucune autre ville ne 
pouvait donc offrir à son génie plus 
de chances de succès que cette capita- 
Je magnifique et puissante, où Paul per- 
fectionna son coloris d’ après les ou- 
vrages du Titien et du Tintoret. Les 
premiers ouvrages qu’il exécula à Ve- 
nise , dans la sacristie de l’église de 
Saint-Sébastien, ne renferment , pour 
ainsi dire, que le germe de son talent; il 
réussit beaucoup mieux, et fit preuve de 
beaucoup plus de génie et de hardiesse 
dans le style, lorsqu'il peignit quelque 
temps après le plafond de la même é- 
glise, représentant l’histoire d’Esther. 
Ce dernier ouvrage excita l'admiralion 
générale, et lui ouvrit le chemin aux 
faveurs du Sénat qui lui donna plusieurs 
commissions honorables. Grimani, am- 
bassadeur de la vépublique à Rome 
le mena avec lui dans celte capitale du 
monde, où Ualiari put étudier les chefs- 
d’oeuvre anciens el modernes, et se perfe- 
clionner sur leur exemple; son génie se 
développa alors librement et s’initia aux 


Tacendo dei molti che prima di Pao- 
lo fecero gustare le buone pitture in 
Verona, e che per incontrare il verone- 
se gusto era mestieri emulare, ricorde- 
remo solo Bittista d’Angelo, sopranno- 
minato il Moro, Domenico Ricci, addo- 
mandato'il Brusasorci, costumando co- 
me il padre a bruciar topi, e Paolo Fa- 
rinato. Questi primeggiavano a’ tempi 
del Caliari, ed era conseguente che 
Paolo, dandosi allo pingere in epoca che 
tanti genii fiorir facevano la veronese 
scuola, trovasse il pubblico prevenuto 
a favore degli artefici nominati, e che 
in patria non fosse per molti anni con- 
siderato. Il pubblico è tardo sempre» 
ad applaudire ad una fama nascente ! 
Avvenne quindi per questo che il Ca- 
Hari, incalzato dal bisogno, partisse da 
Verona ed a Venezia passasse. Il ta- 
lento di lui era vasto, elevato, magni- 
fico; quindi nessuna città avrebbe po- 
tuto fornirgli idee proporzionate al suo 
genio più che la capitale, ove intese, 
sulle vie tracciate da Tiziano e dal Tin- 
torelto, il colorito a migliorare. Le di 
lui opere prime, fatte nella sacrestia di 
San Sebastiano, non danno che la sola 
semente del suo stile. Poco appresso 
nei soffitti della medesima chiesa, nella 
quale figurò la storia di Ester, uscì più 
libero e sempre più vago. Questo suo 
travaglio attrasse sovra di se l’ammira- 
zione, la quale gli fece scala ad avere 
dal Senato orrevolissime commissioni. 
Il Grimani, che era ambasciator per 
Roma, lo condusse seco in questa capi- 
tale del mondo, ove, vedute le opere 
antiche e moderne, si sentì quasi cre- 
scere la potenza creatrice , il bisogno 
di formarsi sulla bellezza, e di classi- 
camente esprimerla, come appresso pro- 
vollo. Infatto nel nostro pubblico pa- 
lazzo sfoggiò la sua immaginazione ed 


il sapere in ogni tela che colori, con- 


secrets du beau classique. C’est ce qu’il 
prouva bientôt après en effet lorsqu’ 
il déploya une imagination si belle et 
un goût si pur dans les tableaux qu’ 
il peignit pour le palais ducal ; vous 
y verrez partout prodigués les ciels les 
plus admirables, les édifices majestueux, 
les figures les plus agréables copiées d’ 
après nature et embellies par Part, des 
poses charmantes et combinées entr’elles 
avec beaucoup d’habilelé, une entente 
remarquable de la perspective qui sait 
reculer les objets des derniers plans, 
sans faire trop ressorlir ceux du pre- 
mier, les couleurs les plus brillantes, et 
en un mot une habileté à manier le pin- 
ceau qui lui permet d’unir une grande 
célérité à une grande perfection d’exé- 
cution. Paul durant les soixante ans qu'il 
vécut, exécutaune foule d'ouvrages, mais 
on nesaurait lui reprocher d’enavoir trop 
composé pour sa gloire. Tous ses ta- 
bleaux sont dignes de lui, et tous ont 
été reproduits par quelque  copiste, 
honneur que n’obtinrent ni Tintoret lui- 
même, ni un grand nombre d? autres 
peintres illustres. 

L° école de Paul Cagliari, si connu 
sous le surnom de Véronèse; commen- 
ca par sa propre famille , c° est-à-dire 


3 


par Benedetto, son frère cadet , et ses 


deux fils Carlo et Gabriel; nous ran- 
gerons en outre au nombre des disci- 


ples du Véronèse, Louis Benfatto, Ma- 


thieu Verona, François Montemezzano, 
I’ Aliprando , le Canneri, Baptiste Ze- 
lotti, et quelques autres. 

Mais nous voici enfin arrivés au 
temps de la décadence de la peinture 
‘A Venise, et déjà commence à s’in- 
troduire un goût, favorable à la rapidité 
de l’exécution, mais non certes au su- 
blime de l'invention, et qui devait pro- 
duire pour l’art les plus facheux effets. 
Celui qui voudrait rechercher la cause 


ciossiachè in quasi tutte ti è dato ve- 
dere lucidissimi aerei spazii, sontuose 
fabbriche, gai volti, le più volte dal na- 
turale scelti e dall’arte abbelliti, gra- 
ziose mosse . espressive ed assai ben 
contrapposte, prospettiva che gli oggetti 
allontana, senza però che avvicinati 
dispaiano , vivacissimi i colori, quando 
simili,.talora opposti, maneggio di pen- 
nello che diligenza somma a somma ce- 
lerità combina. Paolo in sessant'anni di 
vita dipinse assai; ma non deesi accu- 
sare di aver dipinto troppo: ogni suo 
quadro è degno di lui, ognuno di essi è 
stato da qualche copista replicato; ono- 
re che al Tintoretto, nè ad altri insigni 


pittori non fu concesso. 


La scuola di Paolo Veronese comin- 
cia dalla sua casa, vale a dire da Bene- 
detto suo fratello minore, e da Carlo e 
da Gabriele figliuoli suoi, oltre. a’ qua- 
li ricorderemo eziandio, siccome segua- 
ci dello stile di Paolo, Luigi Benfatto, 
Maffeo Verona, Francesco Montemez- 
zano, l’ Aliprando, il Canneri, Battista 
Zelotti ed alcuni altri. 


Ma ecco che Ja scuola viniziana va a 
compiere il numero degli uomini insigni, 
e incomincia ad introdurre un gusto, 
che, facilitando la sveltezza del pennel- 
lo, non perd la giustezza de’ concet- 
ti, dovea rendere men gusiosa e men 
grande |” opera pittorica. Chi voles- 
se ricercare le cagioni per cui nel 


de cette dé cadence du bon goût vers la fin 
du XVI. cu tout au moins vers le com- 
mencement du XVII siècle, n’aurait pas 
de peine à la trouver dans cette loi uni- 
verselle de la nature par laquelle, a- 
près avoir atteint son apogée de splen- 
deur, toute chose doit baisser inévila- 
blement. La république vénitienue elle- 
même commenca à décliner vers la 
même époque, et, comme nous l'avons 
déjà répété plus d’une fois, lorsque 
la prospérité d’ une nation décroit , le 
sort des beaux-arts, intimement lié à 
celui de 1° Etat, ne tarde pas è s’en 
ressentir, Ce fut alors que les artistes 
vénitiens montrèrent dans leur dessin 
et leur coloris un goût bien différent 
de celui des grands maîtres dont nous 
ayons parlé jusqu'ici; lorsqu'ils a- 
vaient couvert de grandes toiles de 
grandes figures plus ou moins impar- 
faites, tirées, non du riche fond de la 
nature, mais des ouvrages d’autrui, ou 
tout au plus de leur imagination déré- 
glée, ils croyaient toujours avoir assez 
fait. Et il faut bien dire que l’ exem- 
ple du Tintoret lui-même ne contribua 
pas peu à ce déclin de Part au XVII. 
siècle ; la vitesse avec laquelle il pei- 
gnait, ne séduisit que trop les artistes 
de cette époque qui, en le choisissant 
pour modèle, prirent tous ses défauts 
sans imiter une seule de ses beautés. 
L’exécution rapide d’un ouvrage était 
pour eux le comble de l’art, parce que 
Tintoretto avait l’habitude de peindre 
rapidement ; on voit bien qu’il est im- 
possible de raisonner d’une manière plus 
absurde. 

Après les années 1630 et 1631, mar- 
quées par une foule de peintres, les 
débris de l’école vénilienne s’effacent 
chaque jour davantage; les oeuvres qui 
datent de 1650 portent presque toutes 
un cachet différent de l’école ancienne. 


cominciare del secolo XVII, o sul finire 
del X VI, il vero gusto in quest'arte decad- 
de, sel potrebbe di leggieri rinvenire 
in quella legge espressa della natura, 
che nulla cosa dura, e che l’ottimo vie- 
ne seguito dal pessimo. La repubblica 
viniziana a questo torno di tempo co- 
minciò ad indebolirsi, e quando le fore 
ze degli stati non sono più energiche 
e indietreggiano, non è da attendersi che 
le arti avvantaggino, perchè la sorte 
di queste si collega con quella delle 
prime. Impresero allora i veneti pen- 
nelli certo modo di disegno e di colo- 
rito ben dissimiglievoli dai classici che 
abbiam fin qui noverato, e credevano di 
aver molto fatto riempiendo grandi tele 
di figure che non traevano dal vero, ma 
dalle altrui stampe e pitture o dalla lo- 
ro fantasia: gli esempli del Tintoretto 
per avventura nel secolo XVII influi- 
rono più in pregiudizio che in van- 
taggio. Questo libero pennelleggiatore 
trasse in inganno i men veggenti, i 
quali seppero farsi scudo de’ suoi difetti, 
ma non imitarne le bellezze. Il condurre 
a fine prestamente un quadro era sti- 
mato per loro un pregio, poichè Tin- 
torelto prestamente pingeva. Il sillogis- 
mo non può essere più assurdo, 


Dopo il milleseicentotrenta e mille- 
seicentotrentuno, anni ne’ quali di as- 
sai pittori le morti si segnano , gli a- 
vanzi della scuola viniziana vieppiù si 
andarono perdendo. I quadri fatti do- 
po il milleseicentocinquanta portano > 


ANS, à ORRE 


Quelques peintres étrangers vinrent s? 
établir à Venise, et là, grâce aux tein- 
tes obscures et huileuses qu’ils affection- 
naient, ils méritèrent chez la postérité, 
Je surnom de ténébreux. Ceite corru- 
ption du goût fit de si rapides pro- 
grès en tous lieux, qu’elle infecta  bien- 
tôt jusqu’à l’école illustre des Carraches 
eux-mêmes. Il en résulta que, dans leurs 
ouvrages, les clairs seuls ont subsisté, 
tandis que les demi-teintes ont disparu. 
Nous ne prétendons point dire cepen- 
dant que, depuis cette époque jusqu’à 
nos jours, Venise ait absolument man- 
qué de grands peintres. Même au XVII. 
et XVIII. siècles, et surtout dans ces 
derniers temps, on compte plus d’un 
artiste illustre, dont les ouvrages sont 
dignes des grands maîtres anciens. Mais 
ce qui mérite principalement nos élo- 
ges, c’est le soin et l’art remarquable 
avec lesquels on s’est efforcé depuis un 
siècle et l’on s’efforce encore aujourd” 
hui, de conserver les chefs-d’oeuvre an- 
tiques , en les restaurant et les rafrai- 
chissant. Un établissement spécialement 
affecté à ces soins fut créé à s. Jean 
et s. Paul en 1998 ; mais dès 1724, le sé- 
nat avait décrété la fondation d’un a- 
cadémie, qui ne fut ouverte qu’en 1766, 
sous le nom d’ académie des Beaux- 
Arts, et à l’instar des plus célèbres d’ 
Europe. Elle possède aujourd’hui, dans 
le nouveau local de fa Charité, un va- 
ste édifice où l’on voit rassemblés et 
conservés avec sollicitude les chefs-d? 
oeuvre anciens ; 2’ Assomption da Titien 
qu’on y admire, suffirait seule ponr mé- 
riter à cet établissement le nom de vé- 
ritable sanctuaire des arts. -- C’est là 
que vous trouvez réunis des tableaux 
magnifiques, épars auparavant dans plu- 
sieurs églises que les Français suppri- 
mérent au temps de l’ occupation , ain- 
si qu'une foule d’autres tableaux qui 


se non tutti, almanco la più parte, 
un carattere differente, Alcuni pittori 
esteri che avevano il regno della pit- 
tura nelle :-Joro mani vennero a stabi- 
lirsi a Venezia, e pel malvezzo di ser- 
virsi d’ imprimiture oscurissime ed o- 
leose, la posterità die’ loro il titolo di 
tenebrosi. Questa infezione si propagò 
in più paesi, fino ad attaccare la gran- 
de scuola de’ Caracci. Derivò da que- 
sto che delle loro pitture sono rimasti 
soltanto i lumi, e sparvero le mezze 
tinte. Non vogliamo però dire che dal- 
Pepoca che ora tocchiamo fino a’nostri 
tempi non vi siano stati geni nella pit- 
tura. La scuola viniziana conta pure nei 
secoli XVII, XVIII e XIX nomi il- 
lustri, e specialmente nella nostra età 
pittori valenti seppero fornire dipinti 
degni da stare a paraggio con quelli 
de’ primi maestri. Quello poi che si 
trovò a Venezia nell’ ultimo tempo as- 
sai pregievole egli è l’artificio col qua- 
le si opera a serbare le tele degli an- 
tichi maestri , loro quadri restaurando 
e rinfrescando. Questo studio fu aper- 
to nel millesettecentosettantoito in un 
grande salone a’Santi Giovanni e Paolo. 
Ma prima, cioè nel millesettecentoventi- 
quattro, era stata decretata dalla repub- 
blica, e nel millesettecentosessantasei a- 
perta un’ accademia di belle arti alla 
maniera delle principali d’Italia e di 
Europa, che poscia a’tempi nostri ven- 
ne surrogata da quella sita alla Carità, 
in cui i più sublimi e preziosi lavori 
antichi, mercedio le cure di chi ci regge, 
venner raccolti. Basterebbe 1° Assunta 
del Tiziano per render grande quel 
luogo e stabilirlo pel vero sacrario 
del bello. Quivi furon raccolti i capo- 
lavori ch’ eran sparsi per le chiese di 
Venezia che vennero durante il regi- 
me francese soppresse, non che quelli 
i quali a certi pubblici luoghi erano 


ses DAI cia 


appartenaient auparavant à divers édi- 
fices publics. En général , ces chefs-d’ 
oeuvre admirables nous prouvent par le 
genre de leurs sujets les sentiments re- 
ligieux qui firent toujours le fond du 
caractère vénitien Les lois de la ré- 
publique tendaient, mon-seulement à 
conserver le sentiment pieux dans de 
coeur des citoyens, mais à favoriser au- 
tant que possible son ‘expression exté- 
rieure et, pour ainsi dire, matérielle- 
De là la magnificence extraordinaire 
qu'on remarque dans nos temples, et 
l’abondance des chefs-d’oeuvre de l’art 
qui y prodigua ses merveilles, se rap- 
prochant toujours davantage de Ja per- 
fection et du sublime à mesure qu’ il 
s’éloignait moins des conceptions sa- 
crées et des sources véritables et céle- 
stes de d'inspiration. 


addetti. Queste opere sublimi ci indi- 
cano quell’ ineffabile mistero della vi- 


» niziana pietà che muto s’ aggirava pei 


templi ad eccitare le fantasie alle più 
alte contemplazioni. Le leggi viniziane 
non solamente vollero che la religione 
cristiano - cattolica avesse anima nello 


interno de’ sudditi, ma ancora mel cul- 


_to che veniale da questi prestato. Ed 


ecco quella pietosa superbia de’magni- 
fici templi offerirsi ammantata di una 
veste che non si sa dire, e muovere 
un senso di magnitudine , di sorpresa, 
di esaltamento. All’ entrare in questi 
templi, in queste superbe moli, in tan- 
ta meraviglia d’incanti, vi scorgi ric- 
chezza adoperata dalla pietà, 1° opera 
celebrata dal genio, la bellezza ricopia- 
ta dal cielo. 


De CARI — coetenioi 


II PARTIS. 


Des édifices el des monu- 
ments qui embellssent Ve- 


nise, } 


PARTE MI 


Delle fabbriche e de’ mo- 
numenti che abbellano la cit- 


tà di Vinegia. 


Ces palais somptueux, ces temples révérés 
Que la richesse et L'art ont à l’envi parés, 
S’élèvent dans des lieux où n’existaient na- 
(guëres 
Que de tristes marais et de pauvres chau- 
(mieres. 
JEAN DELLA Casa. 


S'il est vrai que les chefs-d’oeuvre 
du génie suffisent pour éterniser pur 
leur témoignage immortel les souvenirs 
de gloire, de puissance et de vertu pu- 
blique des nations et des cités, quel 
peuple peut dire, à plus juste titre que 
nous, que ses ancètres ont élé illustres, 
puissants, policés et vertueux ? — Ve- 
nise en effet est peut-être Ja ville de 
l’univers la plus riche en monuments 
de tous genres. C’est à bon droit, cer- 
tes, qu’on l’appelle merveilleuse, et que 
la magnificence du spectacle et des fa- 
stes qu’elle présente a inspiré le génie 
des plus grands hommes, dont les élo- 
ges et l’enthousiasme pour elle ont été 
scellés par l’admiration de l’univers en- 
tier. Nous avons déjà dit autre part (1), 
et nous répétons ici, que l’on devrait 
rendre grâce aux Barbares de la de- 
struclion de l’empire romain, ne füt-ce 
que pour avoir élé ainsi la cause pre- 
mière de la fondation de Venise. San- 


(1) Venise o4 Tableau historique de 
son origine, de ses progrès et de ses u- 
sases. 


de 


Questi palagi e queste logge or colte 
D'ostri, di marmi e di figure elette 
b) to] 
Fur poche, nude, case insieme accolte 
P 5) b) , 


Deserti lidi e sterili isolette. 


Giov. DELLA CASA. 


Se gli è vero chei monumenti del- 
lo ingegno bastino a rendere irrefra- 
gabile ed immortal testimonianza del- 
la gloria, della potenza, della culta e 
virtuosa natura dei popoli e delle città, 
noi senza ‘tema di errare possiamo as- 
serire gloriosi essere stati i padri no- 
stri, essere stati potenti, culti e virtuo- 
si, conciossiachè non v° ha città sulla 
terra che possa superare Vinegia in fat- 
to di monumenti. Ben a ragione mera- 
vigliosa dai più viene dessa appellata, e 
ben a ragione lo spettacolo e i fasti 
di lei ispiravano in sua lode a sovrani 
intelletti que’ sublimi pensieri suggella- 
ti dall’ ammirazione delle genti. Noi 
abbiam altre volte detto (1), e qui lo ripe- 
tiamo, doversi rendere grazie a’barbari 
struggitori del romano imperio, quan- 
d’ altro non fosse perchè la mercè lo- 
ro ΰ attonito mondo mirava emergere 
sulle onde Vinegia. Egli ci è noto ‘che 


il Sannazzaro in un epigramma si espri- 


(1) Venezia o Quadro storico della 
sua origine, de’ suot progressi e costu- 
MIaiize, 

E 
9 


nazar dit dans une de ses épigrammes 
que si Rome fut le chef-d’ oeuvre de 
la main des hommes, Venise fut l’ ou- 
vrage des Dieux mémes. — Napoléon, 
lorsqu'il vit pour la première fois la 
place de Saint-Marc, se retourna vive- 
ment vers ceux qui l’accompagnaient, 
pour leur dire que c'était là une ma- 
gnifique salle qui méritait bien d’avoir 
le ciel pour voùte. Qui, sans nul dou- 
te il n’est personne, doué d’un peu d’ 
intelligence et d’àme ‘qui, après avoir 
visité les merveilles de cette ville, su- 
perbe reine de l’Adriatique, ses palais, 
ses églises , ses édifices admirables et 
ses trésors, en un mot, tous les monu- 
ments publics et privés qu’elle renfer- 
me , il n’est personne, dis-je, qui ne 
convienne avec moi que Venise est aus- 
si magnifique que singulière. Venise, 
il est vrai, est bien déchue aujourd? 
hui, et l’étendard glorieux {de, Saint - 
Marc ne flotte plus sur, les eaux des 
mers soumises, mais consolons-nous en 
pensant que les armes et les victoires 
ne sont point les seuls titres de gloire 
des nations; les traités ne sauraient 
leur arracher le sceptre des sciences et 
des arts comme celui des royaumes et 
des provinces. 


me, che se Roma fu fattura degli uomi- 
ni, Vinegia lo fu degli dei; e che 
quando Napoleone Bonaparte vide la 
marciana piazza, voltosi a chi accom- 
pagnavalo, la appellava magnifica sala 
alla quale degna volta faceano i firma- 
menti. Ed in vero di fermo crediamo, 
che quantunque fornito di senno, dopo 
aver messo il piè sulle soglie di que- 
sta famosa ed antica regina dell’ Adria, 


dopo visitati gli augusti recessi, visitati 


i santuari, i fori, i palagi, tutti insom- 
ma i pubblici ed i privati monumenti; 
converrà con noi essere Vinegia magni- 
fica e singolare. Che se Vinegia al pre- 
sente più non signoreggia, e le sue 
bandiere non vengono più salulate sui 
mari che dominava, ci resta almeno Ja 
certezza che fortunatamente le armi e 
le vittorie non sono tutto al mondo, e 
che l’ impero delle arti e delle scien- 
ze non è lolto dai trattati, come quel- 
lo delle terre e dei mari. 


PREMIÈRE VISITE. 


Il n'est pas nécessaire de prendre une 
gondole pour cette première visite. 


Saiut- Moac (call édtale de). 


Parmi le nombre infini de ceux qui 
consacrèrent leurs études à l'illustration 
de cette basilique superbe, nous cite- 
rons de préférence Jean Stringa, Jean Me- 
schinello, l'abbé Jean-Antoine Moschini, 
Antoine Quadri et quelques autres, aux- 
quels nous aurons recours pour la descrip- 
tion de cette église, exposant en peu de 
mots ce qu'ils en ont dit de meilleur 
dans de volumineux ouvrages. 

L’an 976, une insurrection éclata 
parmi les citoyens de Venise; les ré- 
voltés ayant mis feu au palais ducal 
qu’habitait le chef de la nation, qui se 
trouvait être alors Jean Candiano IV, 
exécré par le peuple, l’incendie gagna 
l’ancienne église voisine et la dévora 
en entier. Mais peu après ce désastre, 
le pieux doge Pierre Orséolo ordonna 
la construction de celle que nous ad- 
mirons aujourd’hui, et les doges ses suc- 
cesseurs continuérent son ouvrage. Nos 
historiens s’accordent à dire que cette 
église fut achevée l'an 1071, et ils ap- 
puyent cette opinion sur l’autorité de 
l’inscription suivante: 


ANNO MILLENO TRANSACTO BISQUE TRIGENO 
DESUPER UNDECIMO FUIT FACTA PRIMO. 


VISITA PRIMA, 


Th questa prima visita non ha mestieri 


di gondola. 
Oattedcale di Saw Sd, 


Molti uomini dedicarono i loro stu- 
dii su questa mole rispettabile, fra cui 
singolarmente un Giovanni Stringa, un 
Giovanni Meschinello, l'abate Giannanto- 
nio Moschini, un Antonio Quadri e via, 
quali appunto noi attingeremo per dare 
nel modo che da noi si possa il mi- 
gliore in succinto quanto essi diffusa- 
mente scrissero. 


Nell'anno 976 venne impugnata da 
varii cittadini la spada dell’insurrezione, 
ed attaccato per essi il fuoco al palaz- 
zo ducale, dove abitava il capo della 
nazione, il quale era a que” di il quarto 
Giovanni Candiano, e contro cui feroce- 
mente l'odio popolare era diretto, l’in- 
cendio comunicavasi all’ antico conti-: 
guo tempio, che veniva dalle fiamme 
distrutto. Ben tosto però la pietà del 
doge Pietro Orseolo dava principio a 
quello che ora ammiriamo , ed i dogi 
seguaci ne continuarono la fabbrica. I 
nostri storici sono d’ avviso fosse com- 
piuta questa chiesa nell’anno 1071, ed 
appoggiano la loro opinione all’ iscri- 


zione seguente: 


ANNO MILLENO TRANSACTO BISQUE TRIGENO 
-DESUPER UNDECIMO FUIT FACTA PRIMO. 


Tia 


> 


| La façade de cette basilique présente 
un ensemble admirable, bien que bi- 
sarre; plusieurs styles architecioniques, 
et. spécialement le grec et l arabe, s’y 
confondent, et l’on y remarque deux 
ordres composés chacun de cinq vou- 
tes; un vestibule sépare le premier du 
second. Une infinité incroyable de co- 
lonnes, précieuses non seulement pour 
la variéié et la qualité des marbres 
qui les composent, mais aussi par 
leur travail grec, décorent cette facade. 
Cinq portes de bronze conduisent au 
vestibule; on distingue celle à gau- 
che de la grand’ porte lorsqu’on entre, 
sur laquelle est gravée cette inscrip- 
tion: M.CCC. Bertucius aurifex venetus 
me fecit. Chaque porte est ,surmontée 
par des peintures en mosaïque: la plus 
grande est ornée de trois ‘archivoltes 
en marbre sculptées admirablement bien; 
une autre non-moins remarquable en- 
toure la grand’fenétre. Une multitude 
de bas-reliefs représentant des sujets 
sacrés ou profanes contribuent à la 
beauté de cette facade que décorent en 
outre les quatre chevaux d’airain qui 
ornaient jadis l’ Hippodrome de Cons- 
tantinople. Chacun de ces chevaux, qui 
ious ont conservé quelques traces de 
dorure primitive, pèse 1950 livres véni- 
tiennes. En 1205, Marino Zeno, podestat 
vénilien dans celle capitale, les avaient 
envoyés à Venise,elen 1797, époque de 
la chùte du gouvernement vénitien, les 
Français les transportèrent à Paris, où 
ils restèrent jusqu’en 1815 ; année dans 
laquelle Venise les recouvra. — Les 
opinions sont partagées sur l’histoire 
de ces chevaux. Les uns croient qu’ils 
datent du temps de Néron, et qu'ils 
ont élé transportés au IV. siècle dans 


eat 


La facciata di questo tempio presen- 
ta un complesso sublime, sebbene biz- 
zarro, di molti stili architettonici, fra’qua- 
li il greco el’ arabo .primeggiano, ed 
è distinta da due ordini di cinque vol- 
ti per ciascheduno. Un corridore sepa- 
ra il primo dal secondo. Copiosissime 
colonne adornano questa facciata, pre- 
ziose per la qualità e varietà dei mar- 
mi, non che pel greco lavoro ch’esse 
presentano. Cinque porte pongono in- 
gresso nel vestibolo, che vengono, chiu- 
se da valve di bronzo, d’infra cui quel- 
la della porta a sinistra di chi entra 
per la maggiore ha la seguente iscri- 
zione: M.CCC. Bertucius Aurifex Ve- 
news me fecit. Di sopra ogni porta vi 
ha de’ mosaici, e sovraposti alla maggio- 
re vedonsi tre archivolti in marmo di 
scoltura pregiatissima, ed un altro non 
men bello che cinge la grande finestra. 
Quinci e quindi poi molti bassi rilie- 
vi sacri e profani aumentano la bellez- 
za di questa facciata, che più magnifica 
ancora viene resa dai quattro cavalli in 
bronzo, i quali un dì ornavano l’Ippo- 
dromo di Costantinopoli. Ognun di que- 
sti cavalli, che serbano ancora le trac- 
cie dell’ antica loro doratura, ha il pe- 
so di libbre grosse venete 1750. Nel 
1205 furono essi inviati a Venezia da 
Marino Zeno, podestà veneto in quella 
capitale, e nel 1797, anno in cui Vene- 
zia non ebbe più scettro, vennero dai 
Francesi trasportati a Parigi, e quivi re- 
starono finchè nel 1815 erano riposti 
sui lor piedestalli da chi ci regge. Va- 
riano le opinioni sulla fattura di que- 
sti cavalli. Chi inclina a crederli la- 
voro romano dei tempi di Nerone, tra- 
sferiti poscia il IV secolo nella nuova 
metropoli di Costantino ; chi li reputa 


| 
QI 
= 
| 


la nouvelle capitale de Constantin ; les opera greca dell’ isola di Chio, e nel 
autres soutiennent qu'ils furent faits V secolo per comandamento di Teodo- 
dans Pile de Chios, et transférés à ‘| sio trasportati in Bisanzio. 
Constantinople au V. siècle, par or- | 

dre de Théodose. 


La partie extérieure de la facade à Nel lato di questa facciata a sinistra 
gauche du spectateur ‘offre une foule de | di chi guarda hannovi molti ‘bassi ri- 
bas-reliefs de diverses époques, nations lievi di epoche, nazioni e maniere di- 

“et. manières. On remarque surtout un verse. È da notarsi il gruppo rap- 
groupe qui représente Cérès sur un presentante Cerere sovra un carro tirato 
char tiré par des dragons, et qui sem- da draghi, che sembra di stile persiano, 
ble appartenir au style persien , et ce- e gli Evangelisti, chesi attribuiscono alla 
lui des quatre Evangélistes qu’on attri- scuola viniziana. 

“bue à l’école vénitienne. 

Du côté droit, sans parler d’une Nel lato a destra, oltre a molte scul- 
infinité de sculptures, on distingue ture vedesi nell’ angolo presso la por- 

particulièrement un groupe en por- ta del palazzo ducale il gruppo in por- 
phyre, situé à l’angle voisin de la por- fido, sul quale gli antiquari menano opi- 
te du palais ducal, et qui, selon quel- nione possa rappresentare Aristogitone 
ques antiquaires, pourrait bien repré- ed Armodio, uccisori d’Ipparco tiranno 
senter Aristogiton et Harmodius, qui d’ Atene. Nel secolo XII veniva quivi 
tuèrent Hipparque, tyran d’Athènes, Il portato da Acri. 


a été transporté d’Acre à Venise au 
XIII siècle, 


Peu loin de la porte de la basilique Poco distanti dalla porta della basilica, 
placée de ce côté, et tout vis-à-vis d’ verso questo lato, e proprio dirimpetto 
elle , s'élèvent deux pilastres couverts ad essa, innalzansi due pilastri con.carat- 
de caractères cophtes et d’hiéroglyphes. teri copti.e geroglifici. Dicesi apparte- 
On dit qu’ils appartenaient au temple nessero al tempio di Saba in Acri. 


de Saba, à Acre. 


es Libule. Des tibolo A 


Lorsqu' on entre dans ce vestibule Entrando nel vestibolo di questo 
ou parvis par la grand’porte, on apercoit tempio per la porta maggiore, sitosser- 
d’abord une plaque de marbre rouge qui vano. nel pavimento alcune lastre di 
désigne la place où le 23 juillet 1177, marmo rosso, che indicano il sito ove 

grâce à l’intervention officieuse de la nel 23 luglio 1177, mercedio le cure 
république vénitienne, le pape Alexan- .{ della viniziana repubblica, .s’incontra- 
dre III et l’empereur Frédéric I Bar- rono papa Alessandro III e 1’ impe- 
berousse, se rencontrèrent et se récon- ratore Federico I Barbarossa, e si ri 
cilièrent. — Parmi les mosaïques qui conciliarono. D’infra i mosaici che ab- 
embellissent ce vestibule, on distingue belliscono questo vestibolo distinguonsi 


celle placée sur la porte du milieu qui sovra la porta di mezzo che dà ingres- 


SAMB ee 


conduit dans le temple, laquelle repré- 
- sente Saint-Marc revêtu de ses habits pon- 
tificaux, ouvrage, de Francois et Valère 
Zuccato exécuté, d’ après les cartons 
du Titien, l’an 1545; et vis-à-vis de 
celle-ci , Ze crucifiement et le sépulchre de 
-J. C.; ouvrage des mêmes Zuccato , 
.d’après les dessins , les uns disent du 
. Pordenone , les autres de Salviati. — 
«Vers le haut, à droite et à gauche de 
la porte: principale dont nous venons 
de parler, vous trouvez d’autres mo- 
saïques représentant la Résurrection de 
S. Lazare et la sépulture de la Vierge, 
ouvrages: du même Zuccato ; dans les 
angles latéraux d’en-bas, les quatre E- 
-vangélistes, dans ceux d’en - haut, huit 
«prophètes et dans les ornements, des 
‘ Anges et des Docteurs. 


Chapelle de. Toéno. 


A droite du vestibule, on trouve la 
chapelle dite de Zéno, qui possède un 
autel magnifique en bronze et en mar- 
“bre précieux. Les statues de bronze 
qui'en occupent le milieu, représentent 
la Wierge avec le Saint-Enfant, Saint 
Jean-Baptiste et Saint Pierre. Au centre de 
la chapelle, s’ élève le monument fu- 
nèbre du cardinal Jean-Baptiste Zéno, 
également en bronze. Tous ces différents 
ouvrages que l’on peut regarder comme 
‘autant de chefs-d’oeuvre, furent exécutés 
par les sculpteurs Pierre et Antoine 
Lombard, et Alexandre Léopardo , et 
par les fondeurs Zuanne Alberghetti et 
‘Pierre Zuanne dalle Campane, depuis 
‘3505 jusqu’à 1515. Les murs et la 
, coupole de cette chapelle sont enrichis 
de mosaïques, d’ inscriplions ‘et de 
“sculptures très remarquables. 


so nel tempio, san Marco in abiti pon- 
tificali, opera di Francesco e Valerio 
Zuccato, sul disegno di Tiziano, anno 
1545, e dirimpetto a questo la Crocifis- 
sione ed il Sepolcro di G. C.; opera de- 
gli stessi Zuccato, sul disegno attribui- 
to da alcuni. al Pordenone, da altri al 
Salviati. Nell’ alto a destra ed a sini- 
stra di chi entra per la suddetta por-" 


«ta maggiore altri mosaici ti porgono la 


Risurrezione di Lazzaro e la Sepoltura 
di M. V., dal summentovato Zuccato 
travagliati. Negli angoli laterali inferio- 
ri i quattro Evangelisti; ne’ superiori gli 
otto Profeti, e nel fregio Angeli e Dottori. 


Cap pela Dellosdcuno: 


A destra di questo vestibolo havvi 


“una cappella detta dello Zeno, nella 


quale innalzasi un altare ricchissimo sì 
pei bronzi che pei marmi che lo for- 


.mano, Le statue di bronzo che vi stan- 
‘no nel mezzo rappresentano la Madon- 


na col Bambino, s. Gio. Batt. e s. Pie- 
tro. Nel centro poi di questa cappella 
trovasi il monumento del cardinale 
Giov. Battista Zeno, pure di bronzo. 
Questi lavori che ponnosi risguardar 
tutti siccome capi ‘d’ opera in oggetto 
di arti, furono eseguiti dagli scul- 
tori Pietro ed Antonio Lombardo ed 
Alessandro Leopardo, e dai fonditori 


‘Zuanne Alberghetti e Pier Zuanne dalle 
- Campane’ negli anni 1505 al 1515; le 


pareti e le cupole di questa cappella 


-sono adornate di mosaici, di iscrizio- 
:ni e di altre sculture pregievolissime. 


Sutecieno de La Voasilique. 


Trois portes revêtues de métaux pré- 
cieux incrustés d'argent conduisent du 
vestibule à l’intérieur de l’église. Cel- 
le du milieu offre linscription sui- 
vante:. Leo de Molino hoc opus fieri jus- 
sit. On croit qu’elles datent du XI. 
siècle. Et quelques-uns prétendent mé- 
me que les battants de la porte à droi- 
te, ont appartenu primitivement à cel- 
le de Sainte-Sophie, à Constantinople. 

Si vous pénéirez dans l’église de 
Saint-Marc par la porte du milieu, vos 
regards tomberont d’abord sur une mo- 
saïque aussi remarquable par 1° ancien- 
neté que par la perfection du travail, 
qui représente J. C., la Vierge et Saint- 
Marc. A droite , vous apercevrez un 
des ouvrages les plus exquis de l’art au 
XV siècle. C’est un bénitier en porphy- 
re dont la base offre un autel antique 
de style grec, et au-dessus plusieurs 
enfants en bas-relief. 

À droite de ce bénitier, on trouve 
la chapelle des Fonts Baplismaux, or- 
née de,marbres, de bas-reliefs, de scul- 
ptures et de mosaïques, entr’autres d’une 
précieuse pour son antiquité , qui re- 
présente le Baptème de J. C. L;’ autel 
de cette chapelle possède la Wierge et 
deux anges en marbre, et une chaire é- 
galement de marbre que l’om croit a- 
voir élé sculptée à Alexandrie. Au mi- 
lieu de cette chapelle, on voit. une 
conque de marbre, avec un couvercle en 
bronze et des bas-reliefs, exécutés en 
1545 par Titien Minio de Padoue et 
Desiderio de Florence, disciples de San- 
sovino. Le couvercle est surmonté par 
la statue de Saint-Jean-Baptiste. égale- 
ment en bronze , ouvrage de François 
Segalla de Padoue. 

En sortant de celte chapelle pour 


Jutetuo della Nasi ica. 


Nel vestibolo sonvi tre porte che 
danno. ingresso all’ augusto tempio, 
chiudentisi con valve di metalli intar- 
siati d’argento. Quelle della porta di 
mezzo porgono la iscrizione Zeo de 
Molino hoc opus fieri jussit, Si reputa- 
no esse lavoro del secolo XI. Le valve 
poi della porta a destra si credono ap- 
partenessero alla chiesa di s. : Sofia in 
Costantinopoli. 

Quando tu entri in chiesa, sulla por- 
ta di mezzo ti si presenta subitamen- 
te allo sguardo un mosaico ragguarde- 
vole. si per antichità, si ancora per 
bellezza, il quale offre Gest : Cristo, la 
Vergine e s. Marco. A destra havvi una 
delle più squisite opere del secolo XV, 
cioè la pila di porfido per l’acqua santa, 
in sulla cui base è impressa un’ara 
di greco stile, e sovr’essa alcuni putti 
ni in basso rilievo. 


A destra di questa. pila trovasi Ja 
cappella del. battisterio , adorna di 
marmi., di bassi rilievi e di altre 
sculture, non che di mosaici, tra’ qua- 
li è osservabile per antichità quel- 
lo rappresentante il Battesimo di G. C. 
L’ altare di questa cappella ha la Zér- 
gine e due Angeli in marmo, ed. una 
cattedra pure di marmo, che credesi sia 
stata in Alessandria scolpita. Nel mezzo 
poi di questa cappella vi è una vasca 
marmorea con coperchio. di bronzo a 
basso rilievo, lavorato nel 1545 da Ti- 
ziano Minio di Padova e Desiderio di 
Firenze, discepoli di Sansovino. Sopra 
il coperchio s’ innalza l'effigie di s. 
Gio. Batt., pure di bronzo, opera for- 
nita, nel 1565 dal padovano Frantesco 
Segalla. 


Quando tu lasci Ja suddetta (cappella 


Od 2 


rentrer dans l’église, vous trouvez près 
d’un pilier de la nef à gauche la cha. 
pelle de la croix, composée d’une petite 
tribune que soutiennent six colonnes 
magnifiques ; la plus voisine de la table 
de l’autel, du côté de Pépitre, passe 
pour la plus belle de la basilique en- 
tière, et elle est regardée comme un 
objet très-précieux, étant de porphyre 
blanc et noir. Dans la nef à gauche du 
côté de la grand’porte , on voit la cha- 
pelle de la Vierge des Mdles, qui pos- 
sède un autel de marbre du plus beau 
travail, mais dont on ne connait ni | 
auteur, ni l’époque ; quelques-uns Pat- 
tribuent à l’école Pisane des XIII et 
XIV siècles. On croit reconnaitre aussi 
le style de Nicolas Pisano dans la sta- 
tue de Notre-Dame qui s'élève au mi- 
lieu: mais on donne une date postérieu- 
re et plus de valeur aux sculptures de 
la rampe. Les mosaiques exquises, re- 
présentant Z’histoire de la Sainte Vier- 
ge, sont des ouvrages estimés de Mi- 
chel Giambono, qui les exécuta vers le 
milieu du XV. siècle. 

A l’entrée de cette chapelle, on re- 
marque une porle qui conduit à celle 
de Saint-Isidore, presqu’entièrement re- 
vêtue de mosaïques du XIV, siècle, qui 
représentent les principaux traits de la 
vie du Saint, et dont l’autel est déco- 
ré de nombreuses sculptures qui datent 
du même siècle que les mosaïques. 
Entre cette chapelle et le choeur, on 
admire de superbes mosaïques qui or- 
nent les parois et les voûtes de l’égli- 
se, et. apparti àennentqui des auteurs, 
d’un mérite et d’époques divers ; on 
distingue entr’autres celle qui reproduit 
l'arbre généalogique de la Vierge, achevée 
Pan 1541 par Vincent Bianchini, d’a- 
près ‘les dessins de Salviati, et située 
sur la partie du mur précisément au- 
dessus de la porte de cetle chapelle. 


e ritorni in chiesa, ti si offre presso un 
pilastro dalla sinistra crociera 2 edicola 
della Croce, la quale viene formata da 
una picciola tribuna, cui sostengono sei 
ricche colonne, delle quali la più vi- 
cina alla mensa dell’altare verso 1° e- 
pistola ha fama della più bella fra 
quante adornano questa basilica , ed è 
cosa rarissima per essere porfido nero 
e bianco, Nella crociera sinistra dalla 
parte della porta maggiore evvi la cap- 
pella della Madonna dei Mascoli, la 
quale possiede un marmoreo altare. e- 
gregiamente intagliato , di cui non si 
conosce nè l’ epoca nè l’autore, ma 
vuolsi di scuola pisana dal XIII al XIV 
secolo ; siccome pure dello stile di Ni- 
colò Pisano è giudicata la statua di 
Nostra Signora, che in mezzo vi sorge; 


. e di epoca posteriore e migliori pot le 


sculture del parapetto. Pregiati lavori 
di Michele Giambono, verso la metà del 
XV secolo, sono: i finissimi mosaici che 
raffigurano la Storia di Maria Vergine, 


Appresso l’imboccatura di questa cap» 
pella evvi una porta che mette a quel- 
la di s. Isidoro, la quale è coperta di 
mosaici del XIV secolo, che rappresen- 
tano le gesta del santo, ed ha 1° al- 
tare ornato di molte pitture dell’ epoca 
stessa. È pregio dell’ opera osservare 
fra questa cappella ed il coro gli altri 
ricchissimi mosaici che adornano le pa- 
reti e le volte appartenenti ad autori 
diversi di epoca e di merito, e singo- 
larmente 2 Albero Genealogico di Nostra 
Donna, condotto 1° anno 1542 da Vin- 
cenzo Bianchini co’ cartoni del Salviati, 
il quale sta nella parete appunto sulla 
porta di essa cappella di s. Isidoro. 


LA 


Mais, si vous avancez vers le choeur 
en suivant la rampe de marbre qui le 
sépare de l’église, vous verrez qua- 
torze statues en marbre, terminées en 
11394 par les frères Jacobello et Pierre 
Paul dalle Massegne de Venise, élèves 
de l’école Pisane, et qui représentent 
la Vierge, Saint-Marc patron de la basi- 
lique et de la ville, et les douze apôtres. 
De chaque côté de la rampe du choeur, 
s'élèvent deux chaires du marbre le 
plus précieux, supportées par d’admi- 

| rables colonnettes, et près de chacune 

d’elles, un gracieux autel également en 
marbre et sculpté avec goût Pan 1470, 
par Pierre Lombard, sclon l’opinion la 
plus commune. 

Au-dessus des. deux architraves des 
chapelles de S. Pierre et de S. Clément, 
placées à droite et à gauche du choeur, 
on voit dix statues, cinq pour chaque 
architrave, qui semblent appartenir au 
style de Nicolas Pisano et que l’on croit 
dater de l’an 1397. Le choeur est en- 
richi de superbes stalles, ornées d’exqui- 
ses marqueteries en bois, exécutées l’an 
1536; au-dessus, s'élèvent. deux galeries 
avec rampe, décorées chacune de trois 
bas-reliefs en bronze représentant les 
Actions de Saint-Marc, ouvrages précieux 
de Jacopo Sansovino, auteur également 
des quatre Evangelistes en bronze que 
supportent les balustrades intérieures 
auprès du mailre-autel ; les statues des 
quatre docteurs que lon remarque non- 
loin de celles-ci, sont l'ouvrage de Jé- 
rome Cagliari d’Udine, et l’on pense 
généralement qu’elles ont été fondues 
en 1614. 

Le maitre-autel de cette basilique 
mérite bien de fixer particulièrement 
l’attention, puisqu'il nous offre réunis 
plusieurs chefs-d’oeuvre des: arts re- 
naissants, remarquables surtout pour 
l'antiquité et Ja richesse de la matiè- 


Innoltrando poi verso il presbiterio, 
sul marmoreo parapetto che lo separa 
dalla chiesa, si levano quattordici. sta- 
tue di marmo, lavori compiuti l’anno 
1394 dai fratelli Giacobello e Pietro 
Paolo dalle Massegne di Venezia, allie- 
vi della scuola di Pisa, che rappresen- 
tano la Madonna, ) Evangelista protet- 
tore del. duomo e della città, e i do- 
dici Apostoli. A. lato dell’ imboccatura 
del coro stanno due cattedre di marmo 
preziosissimo, da preziosissime colonne 
sostenute, e a fianco di esse due altarini 
marmorei graziosissimamente intagliati, 
de’ quali si dà merito a Pietro Lom- 
bardo, l’anno 1470. 


Sovr ambo gli architravi delle cap- 
pelle di s. Pietro e s. Clemente, col- 
locate a destra e sinistra del coro, son 
dieci statue, cinque per cadauno, che 
improntano lo stile di Nicolò Pisano, e 
si fanno salire al 1397. Il coro è ricco 
di sedili ornati di  finissimi Javori di 


legno inlarsiato, compiuti l’anno 1536, 


e sovr’ essi due gallerie con parapetti, 


belle ciascheduna di tre bassi rilievi in 
bronzo rappresentanti le Azioni di s. 
Marco, egregia fattura di Jacopo San- 
sovino ; cui pure appartengono i quat- 
tro Evangelisti che sorgono in bron- 
zo sulle balaustrate interne a fianco 
dell’ altare maggiore ; mentre di Giro- 
lamo Caliari di Udine sono 1 quattro Dot- 
tort che stan loro vicino, e si reputano 
dell’ anno 1614. 


L’ altar maggiore di questa basilica 
merita particolare attenzione, siccome 
quello in cui sono raccolti molti de’ più 
bei capi lavori delle arti risorte, pre- 
gevoli innanzi tratto per l’antichità e la 
ricchezza delle materie. E primamente 


6 


1 


re. Les quatre colonnes qui soutien- 
nent la Confession sous laquelle l'autel est 
placé, sont de marbre grec, et pré- 
sentent sculpté s en bosse plusieurs 
traits de l’histoire sainte; sculptures 
que lon attribue à des Byzantins du 
XI 
raison deux tableaux d’autel recouverts 


siècle. — On admire aussi avec 


l’un par l’autre. Celui que l’on expo- 
se d’ordinaire aux regards est un ou- 
vrage de style grec, divisé [en quatorze 
compartiments et peint à huile, en 
1344, par Maitre Paul de Venise et 
par ses ‘fils Jean et Luc. L'autre ta: 
bleau que l’on ne découvre qu’ aux 
jours de grande solennité j ou bien 
lorsque des curieux demandent à le 
voir, est la fameuse Pala d'or où Tcon- 
Byzantne, dont le chevalier Cicogna- 
détaillée 


dans son grand ouvrage des monuments 


ra donne une description si 


vénitiens, où il parle aussi de la maniè- 
re dont furentexécutés les travaux admi- 
rables qui 1° embellissent. Nous dirons 
en peu de mots qu'elle se compose d? 
une peinture en émail appliquée sur 
des plaques d’or ou d'argent enrichies 
de ciselures, d’anneaux, de perles, de ca- 
mées et d’autres pierres précieuses, et 
représentant plusieurs traits de l'Ancien et 
du Nouveau-T'estament , ainsi que de la 
vie de Saint-Marc. On y voit aussi des 
apôtres, des anges, des prophètes, etc; 
et grand nombre d'inscriptions gre- 
cques ct latines. Cet ouvrage fut exé- 
ah 970°, par 


ordre du doge Saint - Pierre Orseglo, 


cuté à Constantinople, l 


et porté au dernier degré de condite 
à Venise depuis 105, jusqu’en 1345. 
Derrière ce grand autel, il s’en élève 
un autre, surmonté par une petite tri- 
Dune que supportent quatre colonnes 
d’albatre 
rales, et hautes chacune de huit pieds. 


Deux d’entr’elles sont si blanches et 


oriental, contournées en spi- 


| 


di greco marmo son le quattro colon- 
ne che ‘sostengono la Confessione, sotto 
la quale giace 1’ altare. Sovr” esse son 
sculti, in alto rilievo, parecchi fatti 
della ‘storia sacra, e sono lavoro bizan- 
tino del secolo XI. Belle à vedersi sono 
due pale coperte luna dall’altra. Quel- 
la ‘perpetuamente esposta al pubblico 
sguardo è una tavola di greco stile, di- 
pinta ad olio in quattordici comparti- 
menti l’anno 1344 da maestro Paoio da 
HenAE e da’ suoi figli Luca e Giovan- 
. E l’altra non è scoperta se non nei 
giorni solenni o a chi domanda veder- 
la. Essa è la famosa pala d’oro, ovvero 
Icon Byzantina, della quale il cavaliere 
Cicognara dava un’accurata descrizione 
nella grande opera delle Fabbriche di 
Venezia, trattando ad un tempo della 
maniera onde furono eseguili gli stu- 
pendi lavori che la abbellano. Noi di- 
rein brevemente esser ella. un” opera 
a smalto su lamine d’oro e d* argento 
con ceselli, anelli, perle, cammei e va- 
rie sorte di gemme, rappresentanti ab 
cuni fatti del vecchio e nuovo testamen- 
to, non che della vita di san Marco. Vi 
si vesgono eziandio apostoli , profeti , 
angeli ed altre figure, nonchè molte i- 
scrizioni greche ‘e latine. Fu opera ese- 
guita a Costantinopoli l’anno 976 per 


Pietro. Or- 


seolo, condotta quindi ad ultima eccel- 


commissione del doge S. 
lenza in Vinegia Uall’anno 1105 all’an- 


no 1345. 


Dietro questo maggior altare un altro 
se ne innalza, sovrapposto al quale hav- 
vi una piccola tribuna, che viene so- 
stenuta da quattro colonne di alabastro 
orientale, lavorate ‘a spira) alte ciascu- 


na ‘otto piedi; due di ‘esse sono candi- 


— 


si diaphanes qu’un illustre lithologue n’a 
pas craint, d’ avancer qu’elles sont peut- 
être uniques dans leur genre; les deux 
autres sont moucheiées de taches rou- 
ges. Cet autel est orné en outre de 
bas-reliefs en bronze et en marbre, 
ouvrages de Sansovino. 


Sactistie. 


Sansovino est aussi l’auteur des or- 
nements en marbre qui décorent la por- 
te que vous apercevez à côté de cet 
autel et qui conduit à la sacristie, ainsi 
que des battants en bronze de celte même 
porte. On prétend que cetouvrage acoûté 
vingt ans de travail à Sansovino: Les 
deux compartiments principaux repré- 
sentent Za mort et. la (résurrection du 
Nazaréen ; et dans les petits bustes en 
saillie, on reconnait ?image de l'auteur; 
de Titien Vecellio et de Pierre Arétin. 


Nous croyons avee fondement qu'il 
n’est dans pas l’univers entier une sacri- 
stie préférable à celle de Saint-Marc. 
Des mosaïques et des peintures en mar- 
queterie sur bois, exécutées les premières 
par Marc Lucien Rizzo, Pierre Alberti et 
Francois Zuccato, les secondes par les 
frères Antoine et Paul de Mantoue, par 
frère Vincent de Vérone, par Canozzi, 
Bernardin Ferrante et Sébastien Schia- 
vone , sont les principaux ornements 
de cette sacrislie. 


Océsot de Soiut-NUavc. 


Le trésor de Saint-Marc, placé dans 
une chapelle fermée, vis-à-vis de celle de 
la Vierge des Miles, était riche autre- 
fois en or, en argent, en pierres pré- 
cieuses, etc. Mais aujourd’hui les cho- 


D — 


de e diafane, e, a detta di un dottissi- 
mo litologo, uniche forse nel genere lo- 
ro ; le altre due spruzzate di macchie 
rossiccie. Quesl’altare è abbellito da 
bassi rilievi in marmo ed in bronzo, dal 
Sansovino travagliati. 


Sagres tia. 


Opera pure del Sansovino sono gli 
ornamenti in marmo della porta che ti 
si presenta Jateralmente al detto altare, 
e che ti conduce alla sagrestia; siccome 
del Sansovino. è la valva in. bronzo 
che la chiude, V'ha memoria che que- 
sto getto finissimo coslasse venti anni 
di fatica al suo operatore. Ne’due prin- 
cipali comparti rappresenta la Morte e 
la Risurrezione del Nazareno, e ne’ pic- 
coli porgeuti in fuori si vedono le efji- 
gie dell Autore, di Tiziano Vecellio e di 
Pietro Aretino. 

Noi crediamo a buon dritto che nes- 
suna delle sagrestie addette alle cristia- 
ne chiese superi in bellezza questa 
marciana. Mosaici e lavori di legno in 
tarsia sono i suoi principali ornamenti, 
i primi eseguiti per eccellenza da Mar- 
co Luciano Rizzo, Pietro Alberti e 
Francesco Zuccato, i secondi forniti dai 
fratelli Antonio e Paolo da Mantova, 
da fra Vincenzo da Verona, da Canoz- 
zi, da Bernardino Ferrante e da Seba- 
stiano. Schiavone. 


Vesoto di Saw Narco. 


Ricchissimo una volta di oro, gem- 
me, perle e preziosi lavori era il teso- 
ro di san Marco; riposto in una cappella 
chiusa. dirimpetto a quella della Ma- 
donna de’ Mascoli. Ora non è. più 


= Uh = 


ses sont bien changées. Dès le temps 
de l'occupation française, ce qu’il pos- 
sédait de plus précieux avait disparu ; 
il n'a conservé que quelques objets 
vénérables pour la sainteté des reli- 
ques qu’ils contiennent et curieux pour 
la perfection du travail Vous pouvez 
donc partager volre attention dans ce 
Trésor entre deux séries bien distinctes 
composées l’une de reliquaires, échan- 


tillons précieux de l’orfèvrerie byzanti- _ 


ne, l’autre de vases, de coupes, de patères 
én pierre orientale, de cristaux anciens 
soit artificiels, soit naturels, tous d’un 
travail'‘admirable, etc. ; celle seconde 
série fut toujours séparée de la pre- 


mière (1). 
Dimensions: 


Longueur totale de la Basilique ; y 
compris le vestibule; le choeur et lé 
paisseur des murailles : 95 mètres 
5071000 ; largeur totalé: 51 mètres 


807100; circuit: 330 mèt. 507100. 
Palais des Doges. 


La fondation du palais ducal se 
perd dans la nuit presqu’impénétrable 
dés premiers âges de la république. 
D'après les recherches infatigables qu’ 
ont faites Jes auteurs les plus érudits, 
et sans préjudice de celles qu’on pour- 
rait tenter encore , ce qu’on regarde 


(1) Les objets composant cette deuxiè- 
me série avaient été déposés, après la 
restauration, dans un local fesant parte 
de È Hotel de la Monnaie; dernièrement , 
ils furent restitués aw Trésor de Saint: 
Marc ; confié à la garde des RR. cha- 
noines dn Chapitre métropolitain. 


quello. Fin dal tempo del governo fran- 
cése sparvero da esso le immense rie- 
chezze, e vi rimasero pochi articoli ve- 
nerabili per la santità delle reliquie, e 
stimabili per la finezza della manifattu- 
ra. Quindi potrebbe ìl curioso divide- 
re le sue osservazioni intorno ad esso 
in due parti differenti, 1’ una risguar- 
dante i reliquiari, preziosi lavori della 
orificeria bizantina, l’altra, che fu sem- 
pre separata da questa, risguardante 1 
vasi, le tazze, le patere di pietra dura 
orientale, e gli antichi cristalli, sì arti- 
ficiali che duri e naturali, e tutti di 


manifattura rarissima (1). 


Mumeusro LL. 


La lunghezza di questo tempio è di 
metri 75: 5oz100 compreso vestibolo, 
presbiterio e la grossezza dei muri ; 
la larghezza di 51: 807100 ; la circonfe- 


renza, di 330 : 507100. 
Gescerzione del Polaaeo Mucale. 


La origine del palazzo ducale è in- 
volta in una quasi indicifrabile oscurità, 
e dopo le molte investigazioni che tutta- 
via far si potrebbero, sembra che ciò so- 
lo si possa cavar di sicuro, Sotto il doge 
Agnello Partecipazio, nel secolo IX, aver 
egli avuto principio, essersi quindi ri- 
storato più volte dei danni sofferti nel- 


(1) Gli articoli di questa seconda par- 
te si conserravano dopo le vicende della re- 
staurazione nella Regia Zecca, e furono 
poco tempo fa restituiti al tesoro di s. 
Marco ; che è ‘in guardia ai RR. Cano- 
nici del Capitolo. 


vp } 


| 


pepe pr he rep lee pl 


REC 


Ai 


= À 


comme le plus probable, c’est que sous 
le doge Agnello Parlecipazio, on posa 
la première pierre de ce palais, qui 
fut endommagé et restauré successive- 
ment sous les doges suivants, et qu’ 
enfin celui que nous voyons aujourd’hui 
fut réédifié par le doge Marino Falie- 
ro, d’après les plans de Philippe Calen- 
dario, ainsi que le dit Temanza, hom- 
me bien digne de foi, s’appuyant d’ail- 
leurs sur de respectables aulorilés , et 
entr’autres sur celle d’Egnatius. 

Dans la description de cet édifice ad- 
mirable dont on pourrait dire que l’ar- 
chitecture est en général uu mélange 
de styles où le goût arabe prédomine, 
nous nous arréterons d’abord tout na- 
turellement aux deux façades ‘principa- 
les qui regardent 1° une la lagune, et 
Pautre la Piazzetta; chefs-d’oeuvre si é- 
tonnanis tous deux que l’on peut 
avancer sans exagération qu’ ils sur- 
prennent l’ imagination même la plus 
bardie , et arrachent l’admiration des 
spectateurs les moins intelligents. L’en- 
semble de cet édifice merveilleux, alors 
même qu’on se bornerait à vouloir 
rendre 1’ impression qu’il produit de 
prime-abord, est si magnifique, si au- 
dacieux, si surprenant que la sensation 
produite par un pareil spectacle est 
au-dessus de toute expression , même 
pour les plumes les plus habiles. Nous 
nous contenterons donc de parler suc- 
cinctement de chacune de ses parties, 
envisagées séparément. 

Les chapiteaux des colonnes du pre- 
mier ordre abondent en feuillages, en 
figures symboliques et autres ornements, 
aussi admirables par 1’ invention que 
par lexécution. Travaillés pour la 
plupart par Calendario ou par ses di- 
sciples vers le milieu du XIV. siècle, 
ils sont d’autant plus remarquables qu’ 
‘ls servent à fixer une époque princi- 


le vicende dei tempi, e ‘il palagio pre- 
sente esser quello appunto che fu ri- 
fabbricato sotto il doge Marin Faliero 
col disegno di Filippo Calendario, per- 
quanto ne crede il Temanza, uomo de- 
gnissimo di tutta fede, e confortato da 


buone autorità, e singolarmente da quel- 


. le dell’ Egnazio. 


Ora venendo a descrivere le parti di 
questo stupendo edificio, la cui archi- 
tettura in generale si potrebbe dire una 
mescolanza di stili, in cui ] arabo si- 
gnoreggia, la mente corre di subito al 
corpo principale che s’affaccia alla lagu- 
na e giganteggia sulla piazzetta, cui non 
sarebbe esagerazione il dire prostra- 
re la fantasia d’ ogni mente più ar- 
dita e stancare 1 ammirazione di ogni 
più intelligente persona. E difatto il 
complesso di tutto questo edificio, an- 
che a prima giunta guardandolo, rap- 
presenta in coloro che autori ne furo- 
no tanto ardire e sublimità d’ intellet- 
to, e in se tanta magnificenza, che il 
descriverla riuscirebbe dura impresa 
ad ogni penna più esperta. Ci proye- 
remo toccar brevemente delle sue parti. 


Ricchissimi di fogliami, figure, simbo- 
li ed altri ornamenti, mirabili d’inven- 
zione e di esecuzione, sono i capitelli 
delle colonne del primo ordine. Luvo- 
rati i più dal Calendario o discepoli suoi 
nella metà del secolo XIV, sono ragguar- 
devolissimi, siccome quelli che stabilisco- 
no un’ epoca principale nella storia del- 
le belle arti, Gli archi del secondo or- 


Sig 


pale dans 1’ histoire .des arts. Les ar- 
cades du second ordre,.gracieusement 
unies et entrelacées les. unes aux au- 
tres, forment une exquise guirlande de 
trèfles à jour qui court sur toute la 
facade. L” angle situé entre Je Mole et 
la Piazzetta, repose tout entier sur une 
seule colonne, frappant. et durable té- 
moignage du degré de perfection qu’a- 
vait atteint chez nous la science de la 
statique dès les temps le plus reculés. 
La grand’fenétre de la facade qui don- 
ne sur le mole est ornée de figures et 
de bas-reliefs qui:datent de. 1404, et 
sont du style; de Maitre. Bartolomeo 
dont nous parlerons tout-à-l’heure. Les 
sculptures de l’autre: fenêtre principale 
qui regarde la Piazzetta furent exécu- 
tées par Tullio Lombard ou Guillau- 
me, Bergamasque , depuis 1523 jusque 
en 1539. Enfin, les ornements pyra- 
midaux, de chacune de ces fenêtres 
qui, dépassent le niveau des toits, ont 
été sculptés après 1’ incendie de. 1577 
par Alexandre Vittoria. 

La porte principale qui conduit .au 
palais ducal, a recu le surnom de del- 
la (1) Carta; elle est l'ouvrage de Mai- 


(1) Après avoir passé cette porte, 
on entre dans un vestibule ou galerie où 
l'on voit aujourd’ hui deux ou trois 
bancs d'écrivains publies tout au plus, tan- 
dis qu'aux temps de la république il en 
existait au même endroit dix-huit, cha- 
cun capable de servir à deux individus. 
Ces humbles industriels s’appelaient Bal- 
lottini (Bulletinistes), cogitori, où magna 
carta (manseurs de papier). Les ballotti- 
ni occupaient le premier rang parmi eux, 
et les cogitori le second. Ceux-là étaient 
chargés de transcrire les votes du Grand 
Conseil et. du Senat; et de porter aux 
avocats et aux plaideurs ‘la première nou- 
welle de L issue des procès qui. les inté- 


dine compongono con la connessione ed 
intreccio loro un fregio lraforato e leg- 
giadro : ond’ è tutto l’ edificio. rieinto: 
L'angolo. tra il molo, e la. piazzetta 
fonda sovra un’isolata colonna, mirabile, 
non che inconcusso monwmento della 
profonda conoscenza della statica in 
quegli antichi iempi fra noi. La fine- 
stra maggiore sul, molo. ha figure. e 
bassi rilievi del 1404, che. manifestano: 
lo stile di M. Bartolomeo, di cui parle- 
remo più sotto. Di Tullio, Lombardo, 0 
Guglielmo Bergamasco, son le. sculture, 
dal 1523 fino 1539 fornite, che fregiano 
l’altra maggior finestra risguardante la 
piazzetta. Finalmente gli adornamenti 
piramidali di. entrambe, che sporgono 
sulla linea del tetto; erano scolpiti dopo 
l'incendio del 1577 da Alessandro Vit- 
ioria. 


Tia porta principale che mette al du- 
cale palagio viene chiamata. con 1’ ag- 
giuntivo della Carta. (1) Veniva essa co- 


(1) Varcata questa porta, si entra in 
un androne, nel quale si trovano ancora 
due o tre scannelli. A’ tempi però della re- 
pubblica erano dieciotto, grandi così che 
in ciascuno potevano sedere due uomini , 
di maniera che convenivano sempre colà 
trentasei. Erano detti costoro Ballottini, 
Cogitori o Magna carta. Il Ballottino oc- 
cupava il primo posto, il Cogitore aveva 
il secondo: Al primo incombeva trascri- 
vere gli squitini del gran consiglio e del 
senato ; recare agli avvocati e clienti, 
con molto: suo emolumento, la notizia del- 
la ‘decisione delle. livi. IL Cogitore era un 
coadiutore del Ballottino, e per suo cen- 
no scriveva, gli inviti per la ragunanza 


L'A 


tre Bartolomeo , dont ‘on lit le nom 
gravé sur l’architrave (disons en pas- 
sant à propos de cet artiste qu’il ne 
faut pas le confondre, ainsi que plusi- 
eurs l’ont fait, avec maitre Bartolomeo 
Buono de Bergame, qui construisit les 
Vieilles Procuraties); sa forme est py- 
ramidale, et quelques statues, ouvrage 
remarquable du même Bartolomeo , la 
décorent. 


L'enceinte intérieure du palais ducal 


estoccupée par une cour immense, où l’on 
voit deux puits (citernes) dont les margel- 
les sont revêtues de bas-reliefs en bronze, 
exécutés 1° un en 1556 par Nicolas de 
Marc de Conti, Vénitien, l’autre en 1559 
par le Ferrarais Alphonse Alberghetti. 
Ou trouve aussi dans cette cour une 


Horloge, ouvrage dont. la facade est or- 


ressaient. Le cogitore n° était à propre- 
ment parler qu'un substitut du ballottino; 
il écrivait d’ après ses ordres les avis 
pour les séances des Conseils, les lettres 
de fuire-part pour les mariages, la nais- 
sance et la mort des  patriciens, les 
nominations à quelque Charge ou di- 
gnité, etc. Les. cogitori exerçaient aus- 
si le métier d’ écrivains publics. Une 
Jaible ‘image des beaux jours et du ca- 
_actère de cette classe originale se retrou- 
ve aujourd hui encore dans les cicerones 
du palais - ducal qui cumulent en même 
temps la fonction d écrivain public qu 
ils exercent toujours ainsè que leurs pré- 
décesseurs, sous la galerie de la porte du 
palais ducal,, qui en prit son nom de 
Porta della Carta (porte du papier). 
Quant aux cogitori, ils dérent le sobri- 
quet de mangeurs de papier à leur métier 
‘età l'ignorance avec, laquelle ils P exer- 
çaient, salissant, ainsi que le dirait Gozzi, 
bien du, papier sans y employer un seul 


grain de sel. è 


struita da M. Bartolomeo, il cui nome 
è scolpito nell’ architrave. Sopra que- 
sto artista perd giova avvertire, giac- 
chè taluno prese lo abbaglio, ch’egli 
non è già quel Mastro Bartolomeo Buono 
da Bergamo che le vecchie procurative 


| edificava. La forma di questa porta è 


piramidale, ed è ricca di buone statue, 
l’anno 1429 dal Bartolomeo medesimo 
operate. 

Nello interno del palazzo havvi il 
cortile, in cui ti si presentano due poz- 
zi in bronzo di finissima esecuzione ; 
l'uno compiuto l’anno 1556 da Nicolò 
di Marco de’ Conti viniziano , 1° altro 
nel 1559 dal ferrarese Alfonso Alber- 
ghetti. 

In questo cortile innalzasi puranco 


un orologio la cui facciata vedesi adot- 


dei consigli, le partecipazioni delle na- 
cite, dei matrimonii e delle morti dei 
patrizie, le elezioni alle dignità e cariche 
della repubblica. Questi Cogitori faceva- 
no eziandio una professione simigliante 


a quella degli scrivani di Napoli, vale 


a dire servivano di secretarii al popolo 
poco istrutto, ‘ed’ estendevano le lettere, 
le suppliche ad amanti, a ‘servitori, à 
rivenduzlioli e genti siffatte. Oggidi an- 
cora esisté di costoro ‘una reliquia. nei 
Ciceroni del palazzo ducale, che sono nel 
medesimo tempo gli scrittori del pubblico, 
è quali, a somiglianza degli antichi »Co- 
gitori, tengono banco sotto la porta, del pa- 
lazzo ducale, donde venne ad, essa il titolo 
di Porta della Carta, ed a Cogitori quello 
di Magnacarta, ossia mangia carte, perchè 
sendo essi il più delle volte di poco maggior 
levatura che il popolo al quale servivano 
d’interpreti, imbrattavano carta , direbbe 


Gaspare Gozzi, senza una mica di. sale. 


— 498 — î 


née de, huit statues grecques , entre 
deux desquelles s'élève celle de Fran- 
çois Marie dalla Rovere, duc €’ Ur- 
bin, général au service de la républi- 
que, sculptée par le Florentin Jean 
Bandini, en 1625. Cette facade fut bà- 
tie depuis 1607 jusqu” à 1615; dans 
cette dernière année on substitua les 
nouvelles arcades du premier ordre du 
côté qui finit avec cette même façade, 
et du suivant, aux vieilles arcades en 
ogive qui supportaient auparavant les 
deux còtés en question; et l’on rem- 
placa également les colonnes primiti- 
ves par des piliers. Ces différents ou- 
Yrages furent exécutés, sous la direction 
de l'architecte Monopola, par maitre 
Antoine de Pierre de Cittadella, en 
1602. 

Vis-à-vis du grand escalier des Gé- 
ants qui mène à la partie intérieure 
du palais, vos regards s’arrêtent sur 
une arcade dont le style rappelle d’ u- 
ne manière frappante celui de Maître 
Bartolomeo. Selon une opinion assez 
générale, cet architecte éleva en même 
temps que la porte de la Carta cet- 
te arcade, que par la suite on agrandit 
et l’on embellit en 1471. Les statues 
d’ Adam et d’Eve que l’on y voit, fu- 
rent également sculptées vers la même 
époque par Antoine Rizzo de Vérone. 


On cite comme un chef-d'oeuvre d’élé- 
gance la petite facade, située à gauche 
de 1° escalier des Géants lorsqu” on 
monte, qui donne sur la cour dite des 
Sénateurs. On 1’ attribue à Guillaume 
Bergamasque, et l'on croit qu’il la bà- 
tit en 1520. 

Vers la fin du XV. siècle et le com- 
mencement du siècle postérieur, sous les 
dogats de Marc et d'Antoine Barbarigo, 
on construisit presqu’ en même temps 
la grande facade intérieure du palais 


na di otto statue greche, fra due: delle 
quali, lateralmente, vi ha quella di Fran- 
cesco Maria dalla Rovere, duca d’Ur- 
bino, generale al servigio della repub- 
blica, scolpita dal fiorentino Giovanni 
Bandini di Firenze 1’ anno 1625. Que- 
sta facciata veniva eretta dal 1607 al 
1615, ed in ‘quest’ultimo anno alza- 
vansi anche le nuove arcate del primo 
ordine del lato conterminante con la 
suddetta facciata, e del susseguente; e 
queste in sostituzione alle vecchie, di 
sesto acuto; che sostenevano dapprima 
i due lati medesimi, come del pari si 
sostituirono. li. pilastri alle preesistenti 
colonne. Venivano dirette queste opere 
dall’architetto Monopola, ed eseguite dal 
capo Mastro Antonio di Pietro da Cit- 
tadella nel 1602. È 

Dirimpetto alla gran scala detta dei 
Giganti, che conduce nello interno di 
questo famoso edificio, ti si porge allo 
sguardo un’ arcata, lo stile della qua- 
le s’ assomiglia in tutto a quello di 
M. Bartolomeo. Opinione di molti la 
è quella che questo architetto contem- 
poraneamente alla porta della Carta que- 
sta arcata eziandio erigesse, la quale poi 
veniva ampliata e resa più adorna nel 
1471. Le statue di Adamo ed Eva che 
vi si veggono si scolpirono eziandio 
verso. quell’ epoca da Antonio Rizzo 
Veronese. 

Opera per eleganza stimalissima si è 
la piccola facciata a sinistra di chi sale 
la scala dei Giganti, vale a dire sulla 
corte dei Senatori. Ella è attribuita a 


‘Guglielmo Bergamasco; e vuolsi lavoro 


dell’anno 1520. 


Verso la fine del secolo XV e sul 
cominciar del seguente, dogi Marco ed 
Agostino Barbarigo, si erigevano quasi 
ad un tempo la grande facciata interna 


del palagio ducale in linea paralella 


coni. 


des 
Géants , et la facade extérieure qui 
donne: sur le canal dit rio (ruisseau , 
canal) du palais. Elles furent continuées 


ducal parallèlement à 1° escalier 


et achevées toutes deux: de l’ an 1546 
à Pan 1550, sous le dogat de Francois 
Donato; et la direction des architectes 
et sculpteurs Antoine Bregno et Antoi- 
ne Scarpagnino. 

Ce même Antoine Bregno est auteur 
d’un monument vraiment magnifique , 
Fescalier des Géants, qui a pris son 
nom des statues colossales , représen- 
tant Mars et Neptune et sculptées par 
Sansovino en 1556, qui s'élèvent au 
haut du perron. Les ornements déli- 
cats sculptés à jour dans le marbre des 
balustrades de cet escalier, sont l’ouvra- 
ge de Dominique et dé Bernardin de 
Mantoue. 


escriptiow du Ano des 
Doges. 


Parmi les nombreuses inscriptions que 
l’on trouve dans la galerie ( 1) à la- 


(1) C’est dans cette galerie qu’'existaient 
jadis les bureaux de divers magistrats 
qu’ an nommait cours ou tribunaux de 
justice. A. neuf heures du matin, la 
clache de S. Marc sonnait la terza (la troi- 
sième heure), c’est-à-dire celle qui annonçait 
aux plaideurs que les tribunaux étaient 
ouveris. Alors on voyait accourir dans cet- 
te galerie les gens de robe, les patriciens, 
les avocats, les plaideurs, les notaires, etc. 
On distinguait au milieu de la foule quel- 
ques mendiantes connues sous le nom de 
pauvrettes du palais. Eles étaient au nom- 
bre de douze, et un prividége ducal exclu- 


alla scala dei giganti, e 1’ esterna che 
guarda sul canale detto. Bio di palazzo. 
Furono continuate e compiute ambedue 
dal 1546, al 1550 , regnante Francesco 
Donato, architetti e scultori Antonio 
Bregno ed Antonio Scarpagnino. 


Di esso Antonio Bregno è opera più 
che magnifica la Scala dei Giganti così 
detta dalle. due statue che le sorgono 
in capo, rappresentanti — Marte e Net- 
tuno — scolpite da Jacopo. Sansovino l° 
anno 1556. Di Domenico e Bernardi- 
no da Mantova 
di ricco marmo eseguiti a strafori, ed 


sono i finissimi lavori 


intagliati a grottesche. 


Pescrzione dell’ rutecino del Ducale 
Palazzo. 4 


Nella Galleria (1), a cui mette la sca- 
la sopraddetta, fra le molte iscrizioni è 


(1) In questa galleria a’ tempi repubbli- 
cani erano le stanze dei varj Magistrati le 
quali si addimandavano Corti o Tribunali 
dei giudici. Suonavano alle nove del mat- 
tino le campane di S. Marco la terza, os- 
sia un tocco per il quale avvisavasi il pub- 
blico essere aperto il foro. Da quel mao- 
mento st accalcavano in questa loggia i 
togati patrizj, gli avvocati, i leggisti, i 
clienti, i notarj, insomma tutti coloro che 
per obbligo di professione o per qualsi- 
voglia loro bisogno traevano a queste au- 
le di giustizia. In mezzo alla calca si di- 
stinguevano alcune accattatrici le quali si 


7 


SC, LE 


quelle conduit 1° escalier des Géants 
dont nous venons de parler, on doit 
remarquer spécialement celle qu’on lit 
sur la paroi du mur, vis-à-vis de cet 
escalier, cette inscription est un mo- 
nument précieux de la magnificence et 
de la cordialité avec lesquelles la répu- 
blique accueillit Henri III de France. 
Divers ornements architectoniques et 
deux statues d’ Alexandre Vittoria la 
décorent. 

L’escalier d'Or fut bäti en 1538, sous 
le dogat d'André Gritti, et achevé en 
1577 sous celui de Sébastien Venier. 
Titien Aspetti sculpta les statues d Her 
cule et d’ Atlas qui le décorent. Vit- 
toria exécuta les ouvrages en stuc, 
Franc peignit les lambris, et Sansovi- 
no présida à 1’ ensemble des travaux. 
Enfin Novelli, en 1789, rafraichit quel- 
ques-uns de ses ornements. 

Une branche de cet escalier tourne 
à gauche et conduit dans la salle des 
Ecarlates, où l’on admire une cheminée 
en marbre dont les bas-relicfs exquis 
ont été exécutés vers l’an 1490. 

Dans la salle dite de / Ecu, les cu- 
rieux trouveront de grandes cartes géo- 
graphiques des pays découverts ou visi- 


sif leur accordait le droit de demander 
laumône jusque dans le sanctuaire de la 
: justice. L’affluente extrême de gens ri- 
ches qui se rendaient en pareil lieu, lex- 
périence consommée «des mendiantes dans 
lart de tendre la main à propos (passez-moi 
cette expression) et la charité naturelle des 


Italiens, rendaient le privilége si lucratif 


pour ces pauvrettes qu’on peut bien dire 
qu’elles ne létuient gueres que de nom. 


sovratutte ragguardevole una che sta 
sulle parete in capo alla scala medesi- 
ma, monumento della magnificenza e 
dell’affetto con che la. repubblica acco- 
glieva il terzo Enrico di Francia. Ella 
è ricca di ornamenti ye di due statue, 
pregiatissimi lavori di Alessandro Vit- 
toria. 


La Scala d’ Oro fu edificata 1° anno 
1538 imperante Andrea. Gritti e com- 
piuta il 1577, sotto il Doge Sebastia- 
no Veniero. Tiziano Aspetti sculpiva — 
VP Ercole e l Atlante — che ne adornano 1’ 
ingresso. IL Vittoria lavorava gli stucchi, 
Franco dipingeva gli sfondi, e a tut- 
to presiedeva il Sansovino. Finalmente 
l’anno 1789 il Novelli ne rinfrescava 
alcuni adornamenti. 

Un ramo di questa scala girando a 
sinistra mette nella Camera degli Scar- 
latti. Ivi è un cammino di marmo egre- 
giamente lavorato a basso rilievo verso 
l’anno 1490. 

Entrato nella Sala dello Scudo il viag- 
giatore percorre in grandi tavole geo- 
grafiche, i paesi scoperti o visitati da 


appellavano le poverette di palazzo. Æra- 
no dodici e tutte attempate, ed un parti- 
colar privilegio ducale concedeva’ ad es- 
se il diritto di stendere la mano anche in 
questo augustissimo luogo, di maniera che 
per la frequenza del popolo e per la co- 
noscenza di antichi padroni, non che 
per la scaltrezza naturale delle femmine, 
aumentata în queste dalla pratica e dal 
bisogno ; e singolarmente per È illimitata 
carità italiana, non ritornavano mai a Cas 
sa che piene di soldi, in guisa che le st 
potevano appellar povere di nome, ed as- 
sai agiate di futti. 


SR 


tés par des voyageurs vénitiens aux 
beaux jours de la république. L° abbé 
Grisellini, vers le milieu du XVII 
siècle, substitua aux cartes primiti- 
ves celles que nousvoyons aujourd’ 
hui. 

Après avoir traversé cette salle et cel- 
le dite des Philosophes, vous pénétrez 
dans une troisième appelée salle des 
stucs, Où vous verrez à droite en en- 
trant une Vierge de Salviati, — à gau- 
che une Descente de la Croix — du style 
de Pordenone. On y voit en outre la 
Naissance de Notre-Seigneur de l’école 
du Bassano, — quatre petits tableaux de 
l’école yénitienne, un portrait de Hen- 
ri INT, fait par le Tintoret, — et ? Adora- 
tion des Mages de Boniface. 

Vers le milieu du second bras de l’esca- 
lier d’Or, on voit deux statues assez bon- 
nes — ? Abondance et la Charité — de 
Francois Segalino de Padoue. Le plafond 
du parvis carré ou pallier qui couronne 
cet. escalier fut peint par Jacopo Tin- 
toret; au milieu on voit la Justice qui 
presente P épée et la balance au doge 
Priuli. — On passe ensuite dans la salle 
des quatre portes, ainsi dite à cause des 
quatre portes superbes de style romain 
soutenues par de gracieuses colonnes ; 
ornées de marbres orientaux, qu’André 
Palladio rétablissait, après 1’ incendie 
de 1574, telles que nous les voyons 
maintenant. La première porte possède 
une statue de Jules del Moro, la se- 
conde une autre de Francois Castelli 
de Milli, la troisième une de Jérò- 
me Campagna, et la quatrième enfin, 
une d’ Alexandre Vittoria, toutes qua- 
tre dignes de l’admiration des curieux. 
De magnifiques peintures revétent les 
murs, entr’ autres un tableau du che- 
valier Contarini, placé è gauche, qui 
représente le doge Marin Grimani à 
genoux devant la Vierge, Saint Marc et 


veneti, viaggiatori quando più la nostra 
repubblica fioriva. L’ abate Grisellini 
verso la metà, del secolo XVIII, perdu- 


te le vecchie tavole, stendeva queste 


che rimangono tuttavia. 


Varcata questa sala e quella detta dei 
Filosofi si entra nell’altra appellata de- 
gli Stucchi, in cui — a destra di chi en: 
tra è una Vergine del Salviati; — a sini 
stra un Cristo disceso dalla croce dello 
stile di Pordenone. Vi si ammirano in- 
oltre — una Natività di Nostro Signore 
dalla scuola del Bassano, — quattro pic- 
coli quadri della scuola veneta — il ri 
tratto di Enrico III fatto dal Tintoret- 
to, — e ? Adorazione dei Magi opera del 
Bonifacio. | 

Alla metà del secondo ramo della 
scala d' oro s’ incontrano. due buone 
statue — 2 Abbondanza e la Carità — di 
Francesco Segalino da Padova, Il soffitto 
dell’ atrio quadrato che sta al sommo 
di questa scala fu dipinto da Giacomo 
Tintoretto, nel cui mezzo è — la Giusti: 
zia che porge spada e bilancia al Doge 
Priuli.—Si passa quindi nella Sala delle 
quattro Porte, così detta per le quat- 
tro ricchissime porte ‘di stile romano 
cui sostengono leggiadre colonne a- 
dorne di marmi orientali, e che An- 
drea Palladio riduceva dopo l'incendio 
nel 1594, alla condizione in che trovan- 
si di presente. Sulla prima porta è una 
statua di Giulio dal Moro, una sulla 
seconda di Francesco Castelli da Milli, 
sulla terza una di Girolamo Campagna 
e finalmente sulla quarta una di Alessan- 
dro Vittoria. Lavori tutti di pregio sovra - 
no. Bellissime pitture adornano le pa- 
reti, fra le altre — un quadro sito a sini- 
stra del Cavalier Contarini che mostra 
il Doge Marin Grimani in ginocchio di- 
nanzi la Vergine, San Marco ed altri 
Santi — un altro a destra di Tiziano Vec- 


quelques autres Saints; — un autre à droi- 
te de Titien Vecellio, représentant la 
Foi ayant deux figures à ses côtés de 
Marc Vecellio (1); — la Bataille près de 
Vérone du Contariniprécilé, — vis-à-vis 
de laquelle se trouvent trois autres ta- 
bleaux représentant, le premier: le Doge 
Cicogna qui reçoit les ambassadeurs per- 
sans, ouvrage de Charlot Caliari, — le 
second. ? arrivée de ‘Henri III,-Roi de 
France, au Lido () de Venise, et — le troi- 
sième enfin le Doge qui donne audience 
à une ambassade. 
Le plafond de cette salle fut tracé 
par: Palladio ; les stucs qui l’ornent fu- 
rent dessinés par Francois Sansovino, 
exécutés par Vittoria, Bombarda et di- 
vers autres moins connus. Les fresques 
sont l’ouvrage du Tintoret. Au centre, 
on voit — Venise entourée d’une foule de 
Divinités que Jupiter guide sur les flots 
de l’Adriatique. 
. De cette salle on passe dans ? Anti- 
Collége où l’on admire quatre tableaux 
placés de chaque côté des deux por- 
ies, ouvrages d° un grand mérite, que 
l’on mei au nombre des meilleurs de 
Jacopo. Tintoret. Ils représentent Mer- 
cure et les Grâces, — les forges de Vulcain, 
— Marschassé par Pallas — et Ariane cou- 
ronnée par Vénus. On y voit également 
deux autres tableaux, tous deux aussi 
d’un grand prix; de. Ja- 
copo. Da Ponte, dit, le Bassano, nous 
offre Jacob de retour de la terre de Cha- 
naan, — l’aulre, chef-d’oeuvre de Paul 


le premier, 


(1) Ces deux premiers tableaux fu- 
rent envoyés à Paris en 1797 et rendus 
à Venise en 1815. 

(") Lido, en italien, signifie rivage; 
on le dit absolument à Venise d’une ile 
voisine de cette ville. 

(Note pu Trap.) 


cellio (1) rappresentante Za Fede, avente 
ai lati due figure di Marco Vecellio — Za 
battaglia presso ‘Verona del Contarini 
suindicato, in faccia a cui v’hanno altri 
tre quadri de” quali— il primo ti porge 
il doge Cicogna che accoglie gli amba- 
sciatori persiani, lavoro di Carletto Ca- 
liari, — il secondo arrivo di Enrico III 
Redi Francia al lido di Venezia,—=il terzo 
finalmente. mostra il Doge che dà u- 
dienza ad un’ambasceria. — 


Il soffitto di questa sala fu comparti- 
to da Palladio, e gli stucchi che lo a- 
dornano furono disegnati da Francesco 
Sansovino, eseguiti. dal Vittoria e dal 
Bombarda, non che da altri di minor 
nome. Opera | del Tintoretto sono gli 
affreschi in mezzo a’ quali sta — Venezia 
fra molte deità guidata, da Giove sull’ 
Adriatico. — 

Da questa sala si entra nell’ Antico Colle- 
gio in cui si ammirano quattro quadri 
laterali ad ambe le porte, lavori di gran- 
de merito, e fra i migliori di Jacopo Tin. 
toretto; Rappresentano — Mercurio con le 
grazie—la fucina di Vulcano —Marte scac- 
ciato da Pallade — ed Arianna coronata 
da Venere. — Vi si veggono pure altri 
due quadri, ed ambedue pregiatissimi—i l 
primo di Jacopo Da Ponte detto il Bas- 

sano ,. raffigura Giacobbe reduce ‘dalla 
terra di Cannam, -— V’altro sublime dipin- 
to di Paolo Veronese, restituito da Pa- 
rigi, è il Ratto d'Europa. Il magnifico 
cammino di marmo carrarese è disegno 
di Vincenzo Scamozzi e scoltura di 
Tiziano Aspetti. Del Vittoria, del Bom- 
barda, non che di altri artisti, sono 


(1) Questi due primi quadri furono 
trasferiti a Parigi l anno 1797, poscia 
nel 1815 riprestinati da chi ci governa. 


Véronèse, — l'enlèvement d’ Europe. On y 
admire aussi une superbe cheminée en 
marbre de Carrare, exécutée d’après les 
dessins de Vincent Scamozzi, et sculptée 
par Titien Aspetti, Vittoria, Bombarda 
et plusieurs autres artistes peignirent 
les. stucs du plafond, au milieu du- 
quel Paul Véronèse représenta — ÿWe- 
nise assise sur un trône, et autour qua- 
ire clair-obscurs bleus rafraichis par 
Sébastien Rizzi. La porte, ornée 
de deux magnifiques colonnes en mar- 
bre antique, est l’ ouvrage de Scamoz- 
zi. Vittoria la surmonta de trois sta- 
tues. 

La porte dont nous venons de par- 
ler mène à la salle du College où frap- 
pent d’abord vos regards trois tableaux 
de Jacopo Tintorét, représentant: — Je 
premier le Doge André Gritti devant la 
. Vierge avec l'Enfant divin dans ses bras, 
— le second, les fiançailles de Sainte-Ca- 
therine, — le troisième la Vierge sous un 
baldaquin entourée d’ Anges et de Saints: — 
Un autre tableau du mème auteur, pla- 
cé au-dessus de Ja même porte, nous 
montre—le Doge Louis Mocenigo adorant 
le Rédempteur. Mais un tableau réelle- 
ment admirable, c’ est celui de Paul 
Véronèse qui revét la paroi du mur, 
et où l’on voit — Ze Sauveur dans sa gloi- 
re, la Foi, Venise, Sainte Justine, Sébastien 
Venier vainqueur à Curzola et puis élu 
doge, le provéditeur Augustin Barbarigo 
tué dans une bataille, et quantité d’ 
autres personnages illustres, Les figu- 
res latérales en clair-obscur, ainsi que 
les peintures qui décorent une belle 
cheminée , ornée de piliers en marbre 
vert antique, sont aussi 1’ ouvrage de 
Paul Véronèse. Les statues qui l’en- 
richissent furent exécutées par Jérôme 
Campagna. On admire également dans 
cette chambre de riches tentures re- 
présentant les — Entreprises de Jupiter, 


gli stucchi del soffitto, in mezzo al 
quale Paolo Veronese rappresentava — 
Venezia sedente sul trono — e intorno— 
quattro chiaro-scuri azzurri — che Seba- 
stiano Rizzi rinfrescò. La ricchissima 
porta è dello Scamozzi con due colon- 


ne l’una di verde antico, l’altra di ci- 


- pollino. Sovr? essa pose tre statue il 


Vittoria. 


La porta sovra indicata dà ingresso 
alla Sala del Collegio nella quale a pri- 
ma giunta si osservano tre quadri di 
Jacopo Tintoretto-—'il primo de? quali 
offre il Doge Andrea Gritti d’innanzi al 
la Madonna col bambino; — il secondo Lo 
sposalizio di S. Caterina — il terzo Maria 
Vergine sotto un baldacchino con Angeli 
e Santi, — ed un altro sulla porta stessa 
del medesimo autore mostra — il Do- 
ge Luigi Mocenigo che'adora il Redentore. 
— Se non che magnifico lavoro egli è il 
dipinto di Paolo Veronese che sorge sulla 
parete deltrono,in cui splende—;/ Salva- 
tore nella sua gloria, la Fede, Venezia, santa 
Giustina, Sebastiano Veniero vincitore alle 
Curzolari e poi Doge, il provveditore A- 
sostino Barbarigo spento in battaglia ed 
altri augusti personaggi.— Del medesi- 
mo Paolo sono le figure laterali a chia- 
ro scuro, siccome anche le pitture che 
adornano il cammino ‘ricco di pilastri 
di verde antico. Le statue che lo fregia- 
no sono di Girolamo Campagna. Stan- 
novi anche parecchi arazzi che rappre- 
sentano— Le imprese di Giove,—e sono 
stimatissimo:lavoro del 1540. Inoltre fra 
le finestre Carletto Caliari pose un quadro 
rappresentante — Venezia. — Il soffito, 
inventato da Antonio da Ponte è ope- 


ih ce 


curieux ouvrage du milieu du, XVI 
siècle. Charlot Caliari placa en ou- 
ire entre les fenêtres un tableau qui 
représente — Venise. Le plafond, tracé 
d’après les plans. de Da-Ponte, est sur- 
tout remarquable à cause des peintures 
de Paul Véronèse qui l’embellissent ; 
ce grand mailre représenta dans le pre- 
mier compartiment :— Neptune et Mars 
entourés d’ enfants aîlés, dans celui du 
centre:— la Foi, dans le troisième : —We- 
nise assise sur le globe de l'univers avec 
la Justice et la Paix ; et dans huit au- 
tres compartiments moins vastes, il pei- 
gnit—Huit Vertus, et seize sujets tirés de 
l’histoire antique en clair-obscur vert. 
La frise qui court tout autour de la 
salle, présente une foule de sujets hi- 
storiques , et les deux portes sont or- 
nées de colonnes en marbre, et d’ arcs 
en jaspe diapré. 

Dans la salle des Pregadi, en face 
de la porte, Marc Vecellio représenta:— 
Saint Laurent Giustiniani élu patriarche, 
et Tintoret, sur le mur du trône: — le 
Rédempteur mort entouré de Saints et de 
deux doges agenouillés. Ce dernier pei- 
gnit pareillement les deux figures la- 
térales, sous lesquelles on voit deux 
clair-obscurs qui nous montrent — De- 
mosthènes. couronné et — Cicéron haran- 
guant, peinis, en 1775, par Jean-Do- 
minique Tiépolo. Sur le mur vis-à-vis 
des fenêtres, on voit qualre tableaux, 
trois de Jacopo Palma qui représen- 
tent : — le Doge Francois Venier devant 
Venise; — le Doge Pascal Cicogna à ge- 
noux devant le Rédempteur, et — la ligue 
de Cambrai, et le quatrième, ouvrage 
de Jacopo Tintoret, qui nous montre: — 
le Doge Pierre Loredan devant la Vierge. 
On trouve également dans celte salle 
un des meilleurs tableaux de Jacopo 
Palma, celui qui représente: — les doges 
Laurent et Jérôme Priuli qui ‘adorent le 


ra ricchissima, e adornatissima singolar- 
mente per le pitture di Paolo Verone- 
se il quale nel primo comparto pose 
Nettuno e Marte con puttini volanti, — in 
quel di mezzo la Fede, — nel terzo Fene- 
zia seduta sul Mondo con la Giustizia e 
la Pace— quindi in altri otto minori com- 
partimenti dipinse — otto Virtù, e' sedici 
soggetti di Storia Antica a chiari-scuri 
verdi. Il fregio intorno, la sala è pieno 
di fatti storici, e le due porte hanno 
colonne di cipollino ed archi di diaspro 
fiorito. 


Nella Sala dei Pregadi in. faccia. al- 
la porta Marco. Vecellio rappresentava 
in un bel dipinto —S. Lorenzo Giustinia- 
ni eletto patriarca— e sulla parete, ov’è 
il trono, Tintoretto in un’altra vaga te- 
la — 22 Redentore morto, con Santi e due 
Dogi genuflessi. — Di lui sono eziandio 
le due tigure laterali, sotto alle quali 
sonvi due chiaro-scuri che mostrano — 
Demostene coronato e Marco Tullio pero- 
rante — dipinti l’anno 1775 da Gian-Do- 
menico Tiepolo. Nella parete poi rimpetto 
alle finestre sonvi quattro quadri, i pri- 
ini tre di Iacopo Palma che rappresenta- 
no — il Doge Francesco Veniero dinanzi 
Venezia—il Dose Pasquale Cigogna genu- 
flesso d’ innanzi al Redentore — la lega 
di Cambray, e l’ultimo di questi qua- 
dri eseguito per Iacopo Tintoretto of- 
fre — il Doge Pietro Loredano d’ innanzi 
la Madonna. —Havvi pure una delle mi- 
gliori opere di Iacopo Palma, vale a di- 
re il quadro —. coi Dogi Lorenzo e Gi- 
rolamo Priuli che adorano il Salvatore. 


TARDE 


LR n 


Sauveur. Les deux figures latérales en 
clair-obscur furent exécutées par le 
même auteur, Le. plafond est l'ouvrage 
de différents peintres; on remarquera 
d’abord 1° ovale immense peint par 
Marc Vecellio, qui reproduit une — Vue 
de l'Hôtel de la Monnaie; un autre 
de Jacopo Tintoret qui représente: Ve. 
nise parmi des nuages; dans le dernier 
enfin, c’est-à-dire dans celui du trône, 
on admire—/ Adoration de PEucharistie, 
ouvrage de Tommaso. Dalla Bella. On 
y voit aussi deux autres ovales placés 
de chaque côté de celui du milieu, dans 
lun desquels André Vicenlino peignit 
—les Cyclopes dans les forges avec Vénus; 
dans le second, PAliense représenta:— 


Le doge entouré de ses conseillers. 


Li 


Dans la salle voisine de la Chapelle, 
on trouve une foule de peintures di- 
gnes de l’attention du voyageur ; entre 
autres un ouvrage admirable de Boni- 
face qui représente: —e Christ chassant 
les profanateurs du temple, un autre de 
Sébastien Ricci, divisé en trois com- 
partiments, qui nous offre — le modèle 
de la mosaïque exécutée par Léopold 
dal Pozzo dans larcade de la pre- 
mière porte à gauche, lorsqu'on en- 
tre par le grand portail de l’église de 
Saint - Marc. Ces trois compartiments 
représentent: — /es Magistrats qui vénè- 
rent le corps du saint Fvangéliste. On 
y voit enfin deux autres tableaux: de 
Jacopo Tintoret, qui nous offrentl’un— 
S. Ludovic, S. Grégoire et Ste Marguerite, 


l'autre — $. Jerôme et S. André. 


La chapelle est enrichie de fresques 
de Jacopo Guarana ; et d’ornements 
de Jérôme Mingozzi Colonna. Vincent 
Scamozzi éleva 1° autel, orné de six 
belles colonnes de marbre vert antique, 
avec des piédestaux et des chapiteaux 
en bronze. Jacopo Sansovino ‘placa au 
milieu de cet autel une statue de mar- 


Le due figure laterali a chiaro-scuro ap- 
partengono al medesimo autore. Il sof- 
fitto è opera di molti pittori, e innanzi 
tratto vi risplendono un grande ovale di 
Marco Vecellio rappresentante, — la Zec- 
ca, — un altro di Jacopo Tintoretto che 
offre, — Venezia fra le nubi —nell’ultimo, 
cioè in quello sul trono, lavoro di Tom- 
maso Dolabella, si ammira—? Adorazione 
dell’ Eucaristia-—Aggiungi in ultimo due 
altri ovali collocati lateralmente a quel- 
lo di mezzo, in uno de’ quali Andrea 
Vicentino esprimeva — 2 Ciclopi alla of- 
ficina con Venere—e nelPaltro A. Alien- 


se poneva — il Doge fra i consiglieri. 


Nella Stanza presso la Cappella vi so- 
no di molte belle pitture; a cagion di 
esempio un egregio dipinto di Bonifacio 
in cui si vede — Cristo scacciante î profa- 
natori del tempio, — un altro di Sebastia- 
no Rizzi in tre comparlimenti esegui- 
to l’anno 1728, il quale costituisce il mo- 
dello del mosaico compiuto da Leopol- 
do dal Pozzo nell’arco della prima por- 
ta a sinistra di chi entra per la mag- 
giore della Chiesa di San Marco. Que- 
sti tre compartimenti, rappresentano — i 
Magistrati che venerano il corpo del San- 
to Evangelista —Finalmente due altri qua- 
dri di Jacopo Tintoretto, l’ uno coi 
— Santi Lodovico, Gregorio e Margheritay 
l’altro con — S. Girolamo e S. Andrea. 


La cappella è ricca di affreschi di 
Jacopo Guarana, e di ornamenti di 
Girolamo Mingozzi Colonna. Vincen- 
zo Scamozzi architettò 1° altare in cui 
lussureggiano sei ricche colonne di ver- 
de antico, adorne tutte di basi e capi- 
telli di bronzo. In mezzo ad esso Ja- 
copo Sansovino poneva una statua mar- 


se DD se 


bre d’un grand prix qui représente: — 
la Vierge et l'Enfant Jesus. 

Dans l'escalier voisin, on voit l’uni- 
que fresque du grand Titien que Ve- 
nise conserve aujourd’hui. Elle repré- 
sente: — S. Christophe. — 

La salle du Conseil des Dix étonne 
par le nombre des tableaux admirables 
qu’elle possède, tableaux vraiment di- 
gnes des maitres illustres qui les pei- 
gnirent, et des personnages célèbres 
auxquels ils étaient consacrés, dignes 
en un mot de nos ancêtres qui rem- 
plirent l’univers de leur gloire, et dont 
tous les efforts furent toujours dirigés 
vers le bien public, vers la prospérité 
de l’État et des particuliers. 

On voit d’abord — Ze Doge Sébastien 
Ziani , retournant vainqueur de VP em- 
pereur. Frederic. Barberousse , rencon- 
tré par de pape Alexandre III; — ce ta- 
bleau admirable est l'ouvrage de Léan- 
dre Bassano, qui se peignit lui-mé- 
me dans, la figure qui soutient une 
pape. Un ta- 
bleau de Marc Vecellio représente: — 


ombrelle au-dessus du 


le Congrès 1enw à Bologne l’an 1529 par 
le pape Clement VIII et È? empereur 
Charles-Quint, et dans lequel on. assura 
la paix de PTialie. — Jean-Baptiste Zé- 
lotti exécuta l’ ornement qui décore 
le pourtour de l’ appartement, Daniel 
Barbaro , patriarche d” Aquilée peignit 
le plafond , et le mème Zélolli dont 
nous venons de parler, est l’auteur des 
peintures existant dans les deux ova- 
les près des fenétres, et qui représentent, 
Pune: — Janus et Junon, l’autre : — 
Venise, Mars et Neptune. — Tout auprès, 
Jean-Baptiste Ponchino, dit le Bazzacco, 
peignit — Neptune porté par des che- 
vaux marins, Mercure et la Paix, et Paul 
Véronèse, -— un vieillard assis près d’une 
belle femme.—On attribue à ce même Paul 
Véronèse, à Zélotti, ou au Bazzacco le 


È 


morea di alto merito che raffigura — 
la Madonna col Fanciullo Gesù. 

Nella vicina scaletta v'ha l’unico affre+ 
sco del gran Tiziano conservatosi a Ve- 
nezia sino a’ dì nostri, rappresentante 
— S. Cristoforo. — ; 

La sala del Consiglio dei Dieci è tut- 
ta risplendente di tele degne vera- 
mente dei pittori cui appartengono, 
delle geste di coloro i quali occupava- 
no tanto mondo della potenza e della 
gloria loro, e degne finalmente dei pa- 
dri nostri, i quali non altro intende- 
vano che di animare le arti, e traman- 
dare ai posteri le azioni magnanime € 
gloriose dai concittadini fornite. 


Vi si vede — il Doge Sebastiano Ziani re- 
duce dalla vittoria ottenuta sopra limpe- 
ratore Federico Barbarossa riscontrato da 
Papa Alessandro III, — ed è stupendo 
lavoro di Leandro Bassano il quale ri- 
trasse sè stesso nella figura che porta 
l'ombrello dietro il Papa. Vi è di Mar- 
co: Vecellio un quadro rappresentante 
— il Congresso tenuto in Bologna. l’anno, 
1529 da Papa Clemente VIII coll’impe- 
ratore Carlo V, nel quale stabilivasi 
la pace d’Italia. — Giambattista  Zelotti 
conduceva il fregio intorno la sula. Da- 
niele Barbaro, patriarca d’ Aquileja, di- 
segnava il soffitto. Il medesimo Zelotti 
dipingeva due ovali verso le finestre, 
rappresentanti—il primo Grano e Giuno- 
ne,—l’altro Venere, Marte e Nettuno. — 
Quivi appresso Giambattista Ponchino, 
detto il Bazzacco, rappresentava—Mett- 
no, condotto dacavalli marini, Mercurio e la 
Pace — quindi ancora Paolo Veronese;po- 
neva — un vecchio seduto a fianco di bella 
donna—e ad esso Paolo o allo Zelatti, o 
al Bazzacco si attribuisce il quadrilun- 
go rappresentante — Wenezia che osten- 
ta armi e catene spezzate. — I medesimi 
pittori eseguirono eziandio varii com- 


Mugi; Lon 


carré long qui représente:—#Wenise mon- 
trant des armes et des chaînes brisées. 
Les mêmes peintres exécutèrent aussi 
divers compartiments en clair - obscur 
qui achèvent l’ornement de ce plafond 
magnifique , le plus beau peut-être 


que les pinceaux italiens aient jamais 


décoré, 

Dans Za salle de la Bussola, vis-à-vis 
des fenêtres , est placé un tableau de 
Marc Vecellio, neven et disciple du 
grand Titien, qui représente:— le doge 


. Leonard Donato prosterné devant la Sain- 


te Vierge et soutenu par Saint-Marc. L’ 


Aliense peignit dans deux autres ta- 
bleaux—la soumission de Bergame arrivée 


lan 1428, el— la reddition de Bresse, l’an 


1426. On croit exécuté en 1553 et du 


siyle de Vittoria, la cheminée de mar- 
bre. Enfin, les peintures qui décorent 
le plafond sont l’ouvrage de Paul Vé- 
ronèse. 

Dans Za salle des chefs du conseil des 
Dix, on voit une cheminée de marbre 
et deux cariatides, ouvrages de Pierre 
de Salo, Le plafond représente:—un An- 
ge qui chasse les Fices, exécuté par Paul 
Véronèse, et autour de celui-ci quatre 
compartiments symboliques, quatre té- 
tes et six clair-obscurs, tous peints par 


des maitres célèbres. 


La salle du grand Conseil est un chef- 
d'oeuvre d’architecture et de magnifi- 
cence, un monument admirable non-seu- 


lement des fastes vénitiens, mais aussi 


de la gloire de l'Italie, et nous oserons 


meme dire de l’Europe entière. Elle a 
| 150 pieds véniliens de longueur et 74 
\ de largeur; elle n’est soutenue que par 


les quatre maîtresses-murailles. 
A droite, lorsqu'on y entre, on trouve 


‘un immense toile de Jacopo Tintoretto 


représentant : — la gloire du Paradis, — 
haute de trente pieds et large de soi- 
xanle-quatorze, chef-d’oeuvre qui pour- 


parti a chiaro-scuro che compiono co- 
desto dovizioso soffitto, per avventura 
il più bello e più ricco di quanti u- 
scissero da pennello italiano. 


Nella sala della Bussola rimpetto al- 
le finestre è un quadro di Marco Ve- 
cellio nipote e discepolo del grande Ti- 
ziano, nel quale si vede — 57 Doge Leo- 
nardo Donato d’innanzi a Maria Vergine 
assistito da S. Marco — e sulle pareti 
laterali stanno — Za sommessione di Ber- 
gamo seguita l’anno 1428 — e la resa di 
Brescia nel x426—questi due ultimi dipin- 
ti sono dell’Aliense. All’anno 1553 ed allo 
stile del Vittoria si attribuisce il cam- 
mino di marmo. In ultimo il soffitto è 
adorno di pitture di Paolo Veronese. 


Nella stanza de’ Capi de] Consiglio dei 
Dieci il marmoreo cammino con due ca- 
riatidi è lavoro di Pietro di Salò. Nel 
soffitto si vede — un Angelo che scaccia i 
Vizii — dipinto da Paolo Veronese, e in- 
torno ad esso quattro comparti sim- 
bolici, quattro teste e sci chiaroscuri, 
opere lutte di eccellenti autori. 


La sala del Maggior Consiglio è mi- 
racolo di architettura e magnificenza, e 
monumento della storia italiana, anzi di 
Europa, non che dei veneti fasti. Es- 
sa è lunga 154 piedi e larga 74, e non è 
sostenuta che da quattro muri macstri. 


A destra di chi entra si ammira il 
gran quadro di Jacopo Tintoretto, rap- 
presentanie — a gloria del Paradi- 
so — alto 30 piedi, largo 74, il quale 
potrebbe per avventura gareggiare col 


8 


n OÙ or 


rait peut-être rivaliser avec le Juge- 
ment dernier de Michel-Ange, sil 
n° avoit succombé en. grande. partie 
aux injures du temps et à la négligence 
des hommes. Au-dessous de ce tableau 
existent encore quelques faibles vestiges 
du Paradis peint en clair-obscur vert sur 
la paroi du mur par Guarienti de Pa- 
doue en 1365. En fesant le tour de la 
salle, on rencontre d’abord : — le pape 
Alexandre III reconnu par le doge dans 
le couvent de la Charité à Venise, puis 
— ce même pape et le doge qui envoient 
des ambassadeurs à Frédéric, —ouvrages 
exécutés tous les deux par les héritiers 
de Paul Véronèse; — 3. Ze pape qui 
offre le cierge au doge, peint par Léan- 
dre Da Ponte, dit le Bassano; — 4. 
les ambassadeurs qui se présentent à V 
empereür à Pavie, de Jacopo Tintoret- 
to; — 5. Ze pape qui donne une épée au 
doge prêt à s° embarquer, de Francois 


Bassano; — 6. le doge qui part de Ve-. 


nise béni par le pape, de Paul Fiamen- 
go; — 7. un combat naval dans lequel 
Othon fils de L empereur est fait prison: 
mer par les Vénitiens, de Dominique Tin- 
toretto; — 8. ce méme Oihon présen- 
té au pape, d'André Michieli, dit le 
Vicentins — 9. le pape qui permet à 
Othon d aller retrouver son père, de 
Jacopo Palma; — 10. l'empereur Fré- 
déric Barberousse devant le pape Alexan- 
dre III, chef-d'oeuvre que Frédéric 
Zuccheri acheva en 1582, et perfection- 
na encore en 1603; — 11. le pape et ? 
empereur qui arrivent à Ancône avec le 
doge, ouvrage de Jérôme Gamberato; 
et 12. enfin, — /e pape qui offre des 
présents au doge dans L'eglise de Saint- 
Pierre de Rome, de Jules Dal Moro. 
C’est ainsi que par ces douze tableaux, 
la république consacrait pour les siè- 
cles à venir la mémoire d’un des plus 
notables évènements qui marquèrent le 


Giudizio Universale di Michelangelo, e 
che sarebbe certo un capo d’ opera se 
caduto non fosse preda alle ingiurie dei 
tempi e alla trascuratezza degli uomi- 
ni. Sotto queste tele rimangono anco- 
ra vestigi del Paradiso in chiaro-scuro, 
verde, dipinto sulla muraglia da Gua- 
riento Padovano Panno 1365. Facendo 


il giro della sala s'incontra — primo Papa | 


Alessandro III riconosciuto dal Doge nel 
convento della Carità di Venezia; — se- 
condo esso Papa e Doge che inviano ani- 
basciatori a Federico—opere ambedue de- 
gli eredi di Paolo Veronese; — terzo il 
Papa che offre il cereo al Doge — 
di Leandro Da Ponte, detto il Bassa- 


no — quarto gli ambasciatori che si pre-. 


sentano all'imperatore in Pavia—di Jacopo 
Tintoretto, — quinto il Papa che porge 
la spada al Doge che simbarca—di Frans 
cesco: Bassano ; — sesto il Doge che pare 
te da Venezia benedetto dal Papa — di 
Paolo Fiammengo, — settimo combatti- 
mento navale in cui Ottone figlio dell’ im- 
peratore rimane preso dai Viniziani — di 
Domenico Tintoretto—ottavo esso Otto- 
ne presentato al Papa—di Andrea Michie- 
li detto il Vicentino ; — nono il Papa 
che dù licenza ad Ottone di recarsi al pa- 
dre — di Jacopo Palma—decimo limpez 
ratore Federico Barbarossa d’ innanzi a 
Papa Alessandro III--lavoro che Fede- 
rico Zuccheri compieva l’anno 1582 e 
perfezionava nel 1603 — undeci mo, :/ Pa- 


pa e l’imperatore che giungono in Ancona 


col Doge; — tela di Girolamo Gambera= 


to, — decimosecondo il Papa che porge 
doni al doge nella chiesa di s. Pietro di 
Roma — opera di Giulio dal Moro. 
Così in questi dodici dipinti la repub= 
blica tramandava agli avvenire la memo- 
ria di una delle più celebri rivoluzioni 
che nel medio evo si compievano, € 
nella quale aveva essa. avuto. parte, la 
lega lombarda, 


cours du moyen - âge, et auquel elle - 
même prit une part importante: la ligue 
lombarde. 

Entre les deux croisées, on trouve 
un ouvrage admirable de Paul Véronè- 
se, qui représente un des faits les plus 
mémorables de l’histoire vénitienne, et 
certes le plus glorieux et le plus mar- 
quant après Ja ligue lombarde et celle 
de Cambrai, nous voulons dire — Ze 
retour du doge André Contarini après la 
victoire remportée lan 1358 sur les Gc- 
nois, qui, dans la guerre de Chioggia, ré- 
duisirent la république véniienne à des 
extrémités qu’elle n’avait jamais connues 
auparavant et qu’elle ne connut jamais 
depuis ('). 

Au-dessus des deux fenêtres dont 
nous venons de parler, on admire quel- 
ques figures symboliques de Marc Ve- 
cellio, ettout de suite après un tableau de 
l’Aliense, qui se rapporte à l’époque la 
plus glorieuse de la puissance véni- 
tienne, il représente — le dose Henri 
Dandolo qui place sur la tête de Bau- 
doin le diadême des Comnènes déchus, 
au milieu de la grand’ place de -Constanti- 
nople. — Vient ensuite un tableau d’ 
André Michieli, dit le Vicentin, qui nous 
offre — le méme Baudoin élu empereur 
dans l église de Sainte-Sophie; puis un 
autre de Dominique Tintoretto, digne 
de la renommée dé l’auteur, qui re- 
présente — les Wémiuens et les Croisés 
alliés qui s'emparent une seconde fois de 
Constantinople lan 1204. 

Au-dessus des deux fenêtres latérales 
à ce tableau, on voit diverses figures 
symboliques exécutées par Marc Ve- 
cellio. Dans le tableau suivant, Jaco- 


() Æxcepté lorsqu elle tomba. sans re- 
tour, 


(Note pu Tran.) 


Fra le due finestre laterali si ammira 
un’opera insigne di Paolo Veronese, la 
quale rappresenta uno de’ più impor- 
tanti fatti della storia nostra, e certo il 
più glorioso e interessante dopo la sud- 
descritta lega lombarda e quella di Cam- 
bray, vale a dire 22 ritorno di Andrea 
Contarini Doge dopo la vittoria riportata 
Danno 1378 contro i Genovesi, che nella 
guerra di Chioggia riducevano la repub- 
blica a tali estremi, quale non fu condotta 
mai nè prima nè dopo. — 


Sopra le suddette finestre vi hanno 
figure simboliche di Marco Vecellio s 
e quindi l’ Aliense compendiava in 
un gran quadro l’ epoca più gloriosa 
della veneta potenza, cioè — il Doge 
Enrico Dandolo che nella piazza di Co- 
stantinopoli pone sul capo di Baldovino 
il diadema dei detronati Comneni — e 
appresso di questo Andrea Michieli det- 
to il Vicentino rappresentò — Lo 
stesso Baldovino eletto imperatore nella 
Chiesa di s. Sofia. — Seguita Domenico 
Tintoretto con un quadro degno della 
sua fama, in cui mostra — î Veneti e gli 
alleati crociati conquistare, l’anno 1204, 
una seconda volta Bisanzio. — à 


\ 
4 


Sopra le due finestre laterali che se- 
guono, altre figure simboliche poneva 
Marco Vecellio. Jacopo Palma poi trat- 
tava quanto Venezia offeriva a quel 
tempo di più meraviglioso in coraggio 
ed in valore alle pagine della storia, 
nel — il Doge Enrico Dandolo il quale 
in età quasi secolare e presso che cieco 
dirigeva il primo assalto contro la città 


dani go 


po Palma consacra ses pinceaux à 1° 
illustration d’un des plus beaux sou- 
venirs de gloire militaire que compte 
Venise; il représenta: — le doge Henri 
Dandolo qui, presque centenaire et aveu- 
gle, commanda le premier assaut donné 
à la ville de Constantin, planta le premier 
sur les remparts le drapeau de S. Marc, 
et, suivi de ses braves, escalada les murs 
et detruisit en 1203 l'empire des Grecs, 
st souvent perfides envers les Croisés. 

Viennent ensuite quelques figures al- 
légoriques de l’Aliense, placées au-dessus 
de la fenêtre voisine (1), après lesquelles 
on trouve un tableau d'André Michieli 
dit le Vicentin, qui nous montre — 
Alexis fils de l'empereur grec Isaac 
qui présente au doge une lettre de son 
père, et implore en sa faveur la protection 
de la république. Les deux tableaux 
suivants, le premier de Dominique 
Tintoretto, le second d’ André Michie- 
li, reproduisent l’entreprise la plus 
hardie que les Vénitiens aient exécu- 
tée dans ces temps de si grande har- 
diesse ; nous entendons parler de la 
prise de Zara, méditée et accomplie 
par le grand Henri Dandolo, en dépit 
de l’irrésolution du peuple, du mécon- 
tentement des alliés et des foudres du 


(1) Nous croyons faire plaisir au lec- 
teur en détournant son attention de ces 
objets d’ art précieux sur un autre qui, 
bien que frivole en apparence, est digne 
en effet de sa curiosite. Si lon monte sur 
le mur d'appui de cette fenêtre, on ver- 
ra, placée à gauche, une statue de saint 
Georges, que Canova exécuta lorsqu’ il 
se formait à l’école de Torrett son pre- 
mier maitre qui lui donnait 45 sous mon- 
naie de Venise (liv. d’Autr. 1. et 29 c.) 
par jour. 


di Costantino, piantava primo sui balu- 
ardi lo stendardo di s. Marco, e segui- 
tato da’ suoi prodi scalava quelle mura, 
ove si annidava la greca fede anzi infe- 
deltà tanto infesta ai crociati, e ne di- 
struggeva l'impero l’anno 1203. — Questo 
è l’argomento del gran quadro del so- 
praddetto pittore che si ammira a fianco 
di quello del Tintoretto. 


Dopo alcune allegorie dell’Aliense collo 
cate sopra la vicina finestra (1) vedesi — 
Alessio figlio dell’imperatore Isacco, che 
presentando al Doge una lettera del padre, 
invoca a prò di lui la protezione dei Ve- 
neti, — dipinto da Andrea Michieli 
detto il Vicentino. I due quadri se- 
guenti, il primo di Domenico Tintoret- 
to, il secondo di esso Andrea Michieli, 
ricordano 1 impresa più ardita che in 
que’ tempi compiessero i Viniziani, va- 
le a dire l’espugnazione di Zara pen- 
sata e condotta a fine dal grande 
Enrico Dandolo in onta l'incertezza del 
popolo, lo scontento degli alleati e. i 
falmini del Pontefice, in quella stagione 
possenti. Il Michieli rappresentava —4 
P assalto — il Tintoretto — la resa 
della Città. — 


(1) Non ritornerà discaro al lettore se 
noi interrompiamo la sua attenzione da que- 
sti capi lavoro della pittura viniziana per 
condurla invece su di un oggetto, che sebbene 
frivolo in apparenza, può tuttavolta merita- 
re la sua curiosità. Montando sulla loggia 
di questa finestra osserverà egli collocata a 
sinistra una statua di s. Giorgio. Fu dessa 
lavorata dal Canova quandoera allievo nel- 
lo stabilimento del suo primo muestro Tor- 
retti, che gli corrispondeva la giornaliera 
mercede di 45 soldi veneti, pari ad Austria- 
che lire 1:29. 


souverain Pontife, tout-puissants à cet- 
te époque, André Michieli peignit — 

 l Assaut, Tintoret — la Reddition de 
la ville. 

Enfin, après avoir rencontré de nou- 
velles figures allégoriques de l’Aliense, 
placées au-dessus de la dernière fe- 
nétre, on contemple la dernière partie 
de ce drame solennel, à savoir: — la li- 
gue du Doge et des Croisés pour l’expe- 
dition en Orient, arrêtée et jurée à S. 
Marc tableau peint par Jean Clerch. 

Ainsi donc dans cette salle on trouve, 
consacrés par vingt-un tableaux précieux, 
les fastes les plus glorieux de la républi- 
que, associés à deux faits importants du 
moyen-âge: la ligue lombarde, et l’ardeur 
pour les croisades de 1° Europe pres- 
qu’entière qui, à la voix d’un moine, 
s’élance vers l’Asie en eriant: « Dieu le 
veut. » 

L’ornement qui fait le tour de la salle, 
contient les portraits des Doges peints 
par Jacques Tintoret, Léandre Bassa- 
no et Jacopo Palma. On sait qu’ à la 
place où devrait se trouver le portrait 
de Marin Faliero , on ne voit qu’ 
une plaque noire avec cette inscrip- 
tion: Hic est locus Marini Falethri de- 
capitati pro criminibus. Le reste de 
ces portraits existe dans la salle du 
Scrutin. 

Le plafond, qui est magnifique, nous 
présente trois compartiments considé- 
rés comme autant de chefs-d’ oeuvre. 

Le premier est un ovale dans lequel 
Paul Véronèse a peint — Venise assise 
sur des nuages, couronnée par la Gloire. 
À côté de cet ovale, le même auteur 
peignit — la prise de Scutari et celle de 
Smirne. Francois Bassano a reproduit 
dans les deux autres ovales — la victoire 
remportee par Les Vénitiens sur le duc 
de Ferrare, et les Chevaliers venitiens 
qui défont l’armée de Visconti. Ensuite 


Finalmente dopo nuove allegorie del- 
l’Aliense collocate sopra 1’ ultima fine- 
stra, tu vedi apparire l’ ultimo grande 
episodio di questo dramma solenne, cioè 
— la lega del Doge coi Crociati per 
la spedizione in Oriente, giurata e stabili 
ta in san Marco — dipinto di Giovan- 
ni Clerch. 

Dal fin qui detto di leggieri cono- 
scerassi che in questa sala e in ventun 
quadri magnifici sono ricordati i fasti. 
più gloriosi della repubblica associati 
ai due più importanti avvenimenti che 
avvenissero nel medio evo, la lega lom- 
barda, e tutta quanta Europa che alla 
voce di un monaco si versa nell’ Asia 
gridando « Iddio lo vuole. » 

Il fregio che circonda la sala con- 
tiene — ? ritratti dei Dogi — dipinti da 
Jacopo Tintoretto, Leandro Bassano e 
Jacopo Palma. È noto che nel luogo 
ove dovrebbe essere il ritratto di Ma- 
rin Faliero evvi al contrario un nero 
spazio coll’ epigrafe: « Mic est locus 
Marini Falethri decapitati pro crimini- 
bus. » Il rimanente di questi ritratti si 
trova nella sala dello Scrutinio, 


Il ricchissimo soffitto rappresenta in 
sulle prime tre pezzi considerati sicco- 
me capi d’ opera. 

Il primo è un ovale di Paolo Vero- 
nese, porgente — Zenezia fra le nubi 
coronata dalla gloria e in varie guise o- 
norata. — A lato a questo ovale il me- 
desimo Paolo poneva — la presa di 
Scutari e quella di Smirne — quindi 
Francesco Bassano rappresentava in al- 
tri due ovali — Za vittoria de’ Vinizia- 
ni sul duca di Ferrara, — ‘e i veneti 
cavalieri che rompono Pl esercito de’ Vi- 


ln RI 


Jacopo Tintoretto peignit, dans deux 
ovales également: — Victor Soranzo qui 
met en deroute les Estois, et Etienne 
Contarini vainqueur surle lac de Garde. 

Le second des trois compartiments 
précités se compose d’ un carré long, 
peint par Jacopo Tintoretto, dans le- 
quel nous voyons : en haut,—#enise par- 
mi les Dieux, et au bas — le doge. Da 
Ponte et les Sénateurs qui reçoivent les 
 députations des villes qui se soumet- 
tent à la république. Autour de ce 
carré long se trouvent quelques demi- 
lunes et quelques clair-obscurs exécu- 
tés par d’ habiles pinceaux. 

Le troisième et dernier compartiment 
est peint en entier par Jacopo Palma qui 
y à représenté: Venise couronnée par la 
Victoire et entouree des Vertus, et l’on 
y remarque aussi quelques esclaves nus, 
et tout à l’entour deux octogones dans 
le premier desquels Jacques Tinto- 
ret nous montreJacques Marcello qui 
bat les Aragonais, dans Je second — 
François Barbaro défendant Bresse. Sui- 
vent deux autres dans lesquels Fran- 
cois Bassano a représenté— Georges Cor- 
naro vainqueur des Allemands et — Victor 
Barbaro qui bat les Visconti. Enfin deux 
autres de Jacopo Palma nous offrent, 
lun: — Pacquisition de Padoue, l'autre 
«François Bembo qui triomphe sur les ri- 
ves du P6 et la prise de Crémone. — 

En 1812, on transféra dans cette sal- 
le la bibliothèque royale de s. Marc 
qu’on avait clablie auparavant dans un 
corps-de-logis des Procuraties-Neuves. 
Pétrarque et le cardinal Bessarion ses 
fondateurs l’enrichirent de livres que 
ces deux hommes insignes firent venir 
de toutes parts à force de frais et de 
soins. Les curieux doivent arrêter spé- 
cialement leur attention sur la lettre 
par laquelle Bessurion offrait au doge 


sconti. — Dopo questo Jacopo Tinto- 
retto in due ovali ancora offeriva — 
Vittorio Soranzo che sconfigge gli. Esten- 
SÌ, — e Stefano Contarini che vince sul 
lago di Garda. — 

Il secondo è un quadrilungo di Ja- 
copo Tintoretto, che mostra nell’alto — 
Venezia fra le nubi —e abbasso — il Doge 
Daponte coi Senatori accogliere le depu- 
tazioni delle città offerentisi suddite alla 
repubblica. — Intorno a questo . qua- 
drilungo stanno alcune mezze lune € 
chiaroscuri d? illustri pennelli. 


Il terzo ed ultimo pezzo egli è ope- 
ra di Jacopo Palma, in cui si vede -— 
Venezia seduta coronata dalla Vittoria e 
circondata dalle Virtù. — Stanno intorno 
ad esso due ottagoni di Jacopo Tinto- 
retto, il primo de’ quali esprime — Ja- 
copo Marcello che batte gli Arragonesi —. 
il secondo — Francesco. Barbaro che di- 
fende Brescia. — Seguitano altri due di 
Francesco Bassano, e mostrano — l’u- 
no Giorgio Cornaro che trionfa dei Te- 
deschi — l’altro Vittore Barbaro che 
vince i Visconti. — Finalmente altri due 
di Jacopo Palma — Puno de’quali offre 
l'acquisto di Padova — altro Fran- 
cesco Bembo che vince sul Pò e la presa 
di Cremona. 


Trasferivasi in, questa sala 1’ anno 
1812 la R. Biblioteca di San Marco, la 
quale occupava prima un quarto delle 
Procuratie nuove, ora Palazzo Reale. 
La sua fondazione rimonta ai tempi del 
Petrarca e del Cardinal Bessarione, che 
arricchironla di libri, che questi due in- 
signi uomini avean raccolti da tutte 
bande e a grandi spese. È singolar- 
mente degna di memoria la lettera con 
la quale il Bessarione offeriva al Do- 


o 


et au sénat ses manuscrits, et leur dé- 
clarait dans les termes les plus flatteurs 
qu'il ne saurait {rouver pour ces tré- 
sors de la sagesse antique un asile plus 
sûr et plus capable de servir utilement 
au progrès des lettres humaines. Les 
dons d’ Apostolo Zeno et du cavalier 
Farsetti, dont on trouve les portraits 
dans la bibliothèque même, la rendi- 
rent enfin complète. Il est donc par- 
faitement superflu de dire ici quelle 
est l’abondance des manuscrits et des 
imprimés antiques qu’elle possède, Les 
manuscrits s'élèvent à 5000, et elle 
renferme en tout 60,000 volumes dont 
le nombre va toujours croissant, at- 
tendu l’ obligation où sont tous les li- 
braires, comme chacun sait, de dé- 
poser quelques exemplaires de chaque 
ouvrage qu’ils publient, dans les prin- 
cipales bibliothèques de l'Etat (1). On y 
voit aussi la célèbre mappemonde que 
Frère Mauro traca l’ an 1460, ouvra- 
ge admirable pour ces temps, qui nous 
montre toute la partie connue du glo- 
be avant les découvertes de Christophe 
Colomb. Elle renferme enfin une riche 
collection de médailles, de bustes, de 
bas-reliefs en marbre et en bronze, 
parmi lesquels on distingue : — fe Ju 
piter Egiaque, — camée grec d’un 
grand prix trouvé à Ephèse lan 1793 
— deux têtes semi-colossales de Faunus 
et de Faunette,—le groupe de Léda et de 
Jupiter metamorphosé en cygne, — l’enlève- 
ment de Ganymède, —deux bas-reliefs repré- 
sentant des enfants, qui furent transpor- 
liés de Ravenne à Venise vers la fin du 
XV siècle, et que lon croit être des 
fragments de quelque magnifique édi- 
fice. On en conserve de semblables, 


(1) Zetires sur Venise, de Tullio Dan- 
dolo. 


ge ed al Senato i suoi codici in cui 
fra i molti altissimi sensi altesta: non a- 
ver saputo pensar altro luogo dove 
que’ tesori dell’ antica sapienza potes- 
sero più sicuramente ed a maggior 
profitto dell’ umana civiltà collocarsi. 
La compiettero finalmente i libri di 
Apostolo Zeno e quelli del Cavalier 
Farsetti i ritratti de’ quali si ammirano 
nella Biblioteca medesima. Non è quin- 
di da dire quanto sia ricca di codici 
e di stampe antiche e moderne. I Ma- 
noscritti summano ad oltre cinque mila, 
e fra tutto possiede sessanta mila volumi, 
i quali vanno crescendo tutto dì per il 
lodevole costume, dice Dandolo (x), in- 
trodotto dal moderno incivilimento eu- 
ropeo di obbligare tutti gli stampatori 
a consegnare parecchi. esemplari di 
qualsivoglia opera che stampano alle 
principali biblioteche dello stato. Vi si 
ammira eziandio il famoso Mappamondo 
che fra Mauro disegnava 1’ anno 1460, 
opera insigne pel suo. tempo, la quale 
mostra tutta la superficie della terra 
conosciuta innanzi a Colombo. Vi ha 
finalmente una ricca collezione numis- 
matica, di statue, di busti, di bassi. ri- 
lievi, in marmo ed in bronzo, nella 
quale si distinguono + zl Giove Esioco, 
greco cammeo pregiatissimo trovato in 
Efeso l’anno 1793 e reduce da Parigi 
— due teste semicolossali di Fauno e di 
Faunetta—il gruppo di Leda con Giove in 
forma di Cigno — il ratto di Ganimede 
— due bassi rilievi con puttini. — Que- 
sti furono qui recati da Ravenna sul 
finire del XV secolo, e paiono fram- 
menti di qualche illustre edificio, e dei - 
quali si conservano altri consimili, e 


forse una volta a questi connessi in Roma 


(1) Leticre su Venezia di Tullio Dan: 
dolo: 


= Gb = 


qui furent peut-être unis autrefois avec 
ces premiers, à Rome dans la ville Lu- 
dovisi, à Ravennes dans l’église de s. 
Vidal, à Florence dans la famille A- 
lessandri, et à Paris au Louvre; tous 
datent des meilleures époques de P art 
en Grèce. Enfin, en 1817, Joseph Pi- 
sani de Carrare sculpta et placa dans 
cette bibliothèque le buste en marbre 
— de l’empereur François I, — 

La grande porte qui conduit à la Salle 
du Scrutin, est formée par un arc éle- 
vé l’an 1694 au doge et grand capi- 
taine Francois Morosini, à qui la con- 
quête de la Morée mérita le surnom de 
Péloponésiaque qu’on lui décerna, sui- 
vant en cela l’exemple des anciens. 
Grégoire Lazzarini orna cet arc-de- 
iriomphe de six tableaux allégoriques. 
D'habiles pinceaux consacrèrent dans 
celte salle le souvenir des premiers ex- 
ploits des Vénitiens; deux tableaux d’ 
André Michieli nous montrent, le pre- 
mier: — Pépin, usurpateur heureux de 
la couronne des Mérovingiens, qui se di- 
spose à assiéger Venise, l’autre: — 
ce même Pépin vaincu sur le canal Or- 
fano. Santo Péranda représenta dans 
un autre tableau — le Calife d’ E- 
gypte; l Aliense: +— la prise de Tyr; 
Marc Vecellio: — a victoire remportée 
par les Vénitiens sur Roger, roi de Sici- 
le, et Jacopo Palma, enfin: — le ju- 
gement dernier. 

Au-dessus de ce dernier tableau, 
André Michieli le Vicentin que nous 
avons eu si souvent déjà 1’ occa- 
sion de nommer, a peint — huit pro- 
phètes. Suivent — Za conquête de Za- 
ra, par Jacopo Tintoret, — 4 pri- 
se de Cattaro — ei la bataille de Curzola 
donnée en 1571, par André le Vicentin; 
puis — la démolition de Margheritino , 
de Pierre Belloiti, et une grande toile 
de Pierre Liberi représentant — la 


nella bella villa Ludovisi ; in Ravenna 
nella chiesa di s. Vitale; in Firenze nella 
casa Alessandri; e a Parigi nel Louvre, 
e tutte son opere dei migliori tempi 
della Grecia. In ultimo l’anno 1817 Giu- 
seppe Pisani di Carrara scolpiva e po- 
neva in questa il busto in marmo del- 
l’ imperatore Francesco I. — 


La grande porta conducente alla Sa- 
la dello Scrutinio presenta un arco trion- 
fale che ergevasi 1° anno 1694 alla me- 
moria del Doge Francesco Morosini, so- 
prannominato il Peloponesiaco pel suo 
alto merito nelle conquiste fatte in Mo- 
rea. Gregorio Lazzarini ornava questo 
arco di sez quadri allegoricî. Gli altri tre 
lati di questa sala sono decorati dei 
quadri seguenti — Pipino fortunato u- 
surpatore della corona dei Merovingi che si 
dispone all'assedio di Venezia ; — lo stesso 
Pipino sconfitto dai Viniziani nel Canal 
Orfano — Tutti e due questi quadri 
furono opera di Andrea Michieli — Il 
califo di Egitto messo in fuga dai Vini- 
ziani — di Santo Peranda — La presa 
di Tiro — dell’Aliense — la vittoria dei 
Viniziani contro Ruggero Re di Sicilia 


° — di Marco Vecellio, e finalmente — 


Il Giudizio Universale — opera fra le 
migliori di Jacopo Palma. 


Sopra quest’ ultimo quadro Andrea 
Michieli detto il Vicentino pingeva — 
Otto Profeti — indi seguono — Za 
Battaglia e conquista di Zara — diJacopo 
Tintoretto — La presa di Cattaro e la 
celebre battaglia navale presso le isole 
Curzolari data nell’anno 1571 — di An- 
drea Vicentino — poi —- Za demolizio- 
ne di Margaritino — di Pietro Bellati — 
e una grande tela di Pietro Liberi rap- 
presentante — La vittoria ottenuta. dai 


SRO 


wictoire obtenue aux Dardanelles, qui 
ferme la série de ces tableaux, et dans 
lequel on remarque un esclave nu qui 
lui a fait donner le nom d’Zsclave de 
Liberi. 

On trouve aussi dans cette salle la 
continuation de la série des portraits 
des doges dont nous avons.vu le com- 
mencement dans la salle du Grand Con- 
seilj beaucoup d’entr’eux sont l’ouvra- 
ge de Jacopo Tintoretto (1). 

Au plafond, on remarque entr’autres 
cinq compartiments qui représentent 
les faits suivants: — la victoire remportée 
par es Venitiens sur les Pisans près de 
Rhodes, ouvrage d’André le Vicen- 
tin; — Za défaite des Génois près de S. 
Jean d’Acre, de Francois Montemezza- 
no ; — la bataille gagnée par Marc Gra- 
deniso et Jacques Dandolo à Trapani en 
Sicile, de Camille Ballini ; — la conqué- 
te de Caffa, par Jules Dal Moro, et en- 
fin — Za prise de Padoue de nuit, par 
Francois Bassano. 

Ces cinq. compartiments principaux 
sont entourés d’une infinité d’autres 
plus petits, mais bien dignes aussi d’at- 
tirer l'attention. 


(1) On doit observer que tous ces por. 
traits des Doges de l’une et de l’autre salle 
se montent à 114 ; il en manque donc cinq, 
puisque l’histoire en compte 119, et même 
120, selon quelques-uns qui admettent Vin- 
trus Pierre Barbalemo, qu’on dit avoir été 
le XXVIII. doge, régnant en 1026. Des cinq 
Doges dont les portraits manquent, qua- 
tre appartiennent aux premiers siècles de 
la republique ; le cinquième devait être 
celui du dernier doge Ludovic Manin, qui 
ne obtint point, parce qu’il avait abdique, 
la coutume ayant décidé qu’on ne place- 
rait le portrait de chaque doge dans la 
série qu’après sa mort. 


Viniziani ai Dardanelli. — In questo 
quadro si distingue uno schiavo ignudo, 
per lo quale s’intitola Lo schiavo del Li- 
beri. 


Nella stessa sala si ritrova la continua- 
zione dei ritratti de’ Dogi dopo quelli 
che abbiam veduto nella sala del Mas- 
gior Consiglio, e molti di essi furono 
dipinti da Jacopo Tintoretto (1). 


Nel soffitto sovra gli altri risplendo- 
po cinque grandi. pezzi di pittura, i 
quali rappresentano i fatti seguenti — La 
vittoria dei Viniziani contro i Pisani ap- 
presso Rodi, di Andrea Vicentino — la 
sconfitta dei Genovesi appresso Acri, di 
Francesco Montemezzano—/a vittoria ri- 
portata da Marco Gradenigo e Giacomo 
Dandolo in Trapani di Sicilia, di Ca- 
millo Bellini — Za conquista di Caffa, 
di Giulio Dal Moro, finalmente—-/a pre- 
sa di Padova in tempo di notte, di Fran- 
cesco Bassano, 

Molti altri minori, ma però tutti 
pregiabili pezzi, fanno a questi corona. 


x 


(1) £' da notare che tutti quest ritrat- 
ti di Dogi dell’una e dell’altra sala som- 
mano a 114, e quindi ne mancano cin- 
que, mentre la storia ne annovera 119, e 
secondo altri 120, computandovi P intru- 
so Pietro Barbolano, che si vuoleil XXVIII 
e aver regnato l’anno 1026. Dei cinque 
mancanti, quattro appartengono ai primi 
secoli della repubblica, il quinto doveva 
essere quello dell’ ultimo doge Lodovico 
Manin, il quale non v° ebbe luogo per a- 
ver abdicato, sendochè P uso era di por- 
re il ritratto a ciascun doge solamente 
dopo la sua morte. 


9 


Près des deux salles-dont nous ves 
nons de parler, on en trouve plusieurs 
autres qui appartiennent à la bibliothè- 
que, et qui renferment quelques peéin: 
iures estimables. Au-dessus de la gril- 
le de la première porte dans la salle d’en 
irée, on voit = le ‘cardinal Bessärion — 
peint par Cordella, au-dessus de celle 
qui conduit à la grand’ porte — Frère 
Paul Sarpi — peint, ainsi qu'on le pen- 
se communément, par Léandre Bassano. 
Le plafond de: la salle où se tient le 
bibliothécaire royal est dans le goût an- 
cien et d’une exécution moderne ; on 
y voit au centre — l’adoration des Ma- 
ges; bel ouvrage de Paul Véronèse. 

Les deux premières branches'de l'e- 
scalier de la bibliothèque aboutissent à 
Ja galerie qui conduit à l’Escalier des 
Géants. Parmi les appartements de cet- 
le galerie } il y en a deux qui possè- 
dént de beaux tableaux. Dans le pre- 
miét , par exemple, on voit — Jésus- 
Christ dans le sépulcre soutenu par les 
Marie et entouré de plusieurs Saints, 
beau tableau de Jean Bellini, achevé en 
1472, et restauré en 1572; dans le se- 
cond, on trouve — le Zion ailé peint l’an 
1415 par Jacobello del Fiore. Dans cha- 
cune de ces deux salles, on voit en ou- 
ire différents portraits qui nous font 
connailre le costume des magistrats vé- 
nitiens. 

Voici les dimensions de cet édifice: 
Façade sur le Mole, composée de dix- 
sept arcades, longue de 205 pieds vé- 
nitiens el 6 pouces, c’est-à-dire de 71 
mètres 507100 ; façade sur la Piazzetta, 
composée de 18 arcades, longue de 215 
pieds vénitiens el 7 pouces, ce qui re. 
vient à 75 mètres. 


66 — 


Appresso le due. sale suddescritte; ale 
tre pure ve ne,sono, che appartengono 
alla Biblioteca, e che possedono buone 
pitture. Sul rastrello della prima porta 
nella sala d’ingresso vi è il Cardinale 
Bessarione, ritratto dal. Cordella ; ‘sul- 
la porta che mette alla. maggiore fra 
Paolo Sarpi, ritratto; secondo che vuol. 
si, da Leandro Bassano ; e nella stan- 
za ove risiede il Regio . Bibliotecario vi 
ha un ricco soffitto di antico stile e‘di 
recente lavoro, in mezzo al quale è + Pa- 
dorazione dei Magi + bel quadro di Pao» 
lo Veronese. | 


I due primi rami della scala della Bi- 
blioteca scendono nella galleria che mette 
a quella dei Giganti. Fra Te stanze di que- 
sta galleria due posseggono molti bei qua- 
dri. Per esempio, nella prima-— Cristo nel 
sepolcro, sostenuto dalle Marie, con Sant 
all’ intorno ,, bell’ opera di Gio. Bellino 
compiuta l’anno 1472 e ristaurata 1’ an- 
no 1571. Nella seconda stanza vedesi 
— l’ alato Leone, dipinto l’anno 1415 
da Tacobello del Fiore. In aimbedue poi 
le stanze trovansi parecchi ritratti che 
mostrano il costume dei veneti magi- 
strati. 


Le dimensioni della fabbrica del Pa- 
lazzo Ducale sono le seguenti. Facciata 
sul molo, composta di diciassette archi, 
lunga piedi veneti numero 205 6712, ov= 
vero metri numero 71 507100. Facciata 
risguardante la piazzetta, composta di 
18 archi, lunga piedi veneti numero 215 


512, ovvero melri numero 95, 


7 = 


95 TIE Creer de 8. Axe. 


Ce clocher est regardé comme un des 
plus hauts de l'Europe. On commença 
ile bâtir en 902; en 1150, on l’avait 
élevé jusqu’à la cage des cloches. Vers 
Pan 1198, on construisit la vieille cage, 
et en 1510, Maitre Bon la réédifia telle 
que nous la voyons arjourd’hui, ornéc 
de marbre grec et oriental. Au pied du 
clocher, se trouve la loge ou, comme on 
Pappelle ‘vulgairement logette (loggiet- 
ta), riche et élégant édifice entièrement 
revêtu de marbres précieux, de bron- 
zes et de sculptures. Sansovino coula 
les quatre statues de Pallas, d’Apollon, 
de Mercure et de la Paix. Titien Min- 
cio et Jérôme Lombard sont, suivant 
l’opinion commune, les auteurs de di- 
vers ornements qui décorent cette loge. 
Les trois bas-reliefs principaux de l’at- 
tiqué répréseutent : — Venise sous la fi- 
gure de la Justice, avec deux fleuves qui 
coulent à ses pieds — Vénus symbole de l'ile 
de Chypre, et Jupiter de celle de Crète. 
Les deux autres qui figurent — la chä- 
te dHelléet— Léandre secouru par Thé- 
is, sont également d’un travail admira- 
ble. Dans l’intérieur de la loge, on trou- 
ve une Vierge en plâtre, ouvrage fort 
estimé. de Sansovino. 

Le clocher de S. Marc s'élève à la 
hauteur de 98 mètres 607100 ; il est lar- 
ge à la base de 12 mètres 807100 Du 
haut de cette tour, on jouit d’une vue 
magnifique ; les cimes lointaines des Al- 


pes, les lagunes, la mer Adriatique et 


Ja ville qui semble sortir comme par en- 


chantement du sein des eaux, présentent 
un coup- d'oeil admirable. 


Cam pale di Sal INCxcco, 


i) 


Questo 
creduto la più alta torre che surga in 


campanile comunemente è 


Europa. Fu esso cominciato l’anno 902 
‘e verso il 1150 condotto fino alla cel- 
la delle campane. Intorno_al 1198 fu 
eretia eziandio la vecchia cella ,. e. nel 
1510 Maestro Bnono edificava la nuova 
qual è di presente, adorna di marmi 
greci ed orientali. À piedi del cam- 
panile è la loggia,. come volgarmen- 
te si addimanda da loggetta, ricco e 
vago edifizio tutto marmi finissimi, scul- 
sture e bronzi. Il Sansovino gettò le 
quattro statue Pallade, Apollo, Mercu- 
e Gi- 


rolamo Lombarde si vegliono, autori di 


rio e la Pace. Tiziano Minio 


parecchi ornamenti. I tre principali 
bassi, rilievi nell’ attico rappresentano 
Venezia in forma della Giustizia; con due, 
fiumi che le scorrono a piedi. — Venere, 
simbolo dell’isola di Cipro— Giove; del 
regno di Candia. Di finissima esecuzio- 
ne son pure gli. altri due che raffigu- 
rano — là caduta di. Elle, e Teti che 
soccorre Leandro. — Entro la stanza v’ha 
una Madonna. in plastica, pregiato lavo» 
ro del Sansovino. 


Esso campanile sorge metri 98 6o7100, 
ed è largo nella base 12 metri 807100, al 
sommo del quale godesi la vista più me- 
ravigliosa del mondo, le alpi le lagu- 
ne, l’ adriatico e fa città, che sembra 
emergere come per incanto dalle acque. 


ini RO de 


Les Leots predestaio em Bronze 


des clendatcde. 


Ces trois piédestaux supportent trois 
bigues au haut desquelles on arborait jadis 
les trois étendards des trois possessions 
principales d’outre-mer de la république, 
c’est-à-dire des trois royaumes de Chypre, 
de Candie et de Morée. Ces piédestaux sont 
l’ouvrage d'Alexandre Léopardo; ache- 
vés vers l’an 1505, ils sont ornés de 
bas-reliefs en bronze qui représentent 
des Zritons, des Syrènes, etc. 


I tre Pilo piedestalli di Vbrouze, 


I ire pili. sostenevano un tempo tre 
antenne, sulle quali ondeggiavano gli 
stendardi della repubblica, allusivi ai 
suoi tre principali dominii di oltrema- 
re, vale a dire dei tre regni di Cipro; 
Candia e Morea. Essi sono opera di A- 
lessandro Leopardo compiuta l’anno 1505, 
con isquisitissimi bassi rilievi che rap- 
presentano Tritoni, Sirene e altre figu- 
re, il tutto di bronzo. 


——___) DE ELIA na 


Eglise de S. Maso. 


Il ne subsiste plus que la facade de 
cette église, qui s’élève à gauche de l’ob- 
servateur placé vis-à-vis de la basilique 
de S. Marc. Cette façade est digne d’at- 
tention en ce qu’elle fixe l’époque du 
commencement de la décadence des arts 
à Venise, et de l’intronisation du mau- 
vais goût qui régna vers la fin du XVII 
siècle et les premières années du XVIII. 
On n’en connaît point l'architecte ; el- 
le est d'ordre corinthien, avec un atti- 
que au-dessus de la travée. 


Jbouveau Palaia RENTE 


Cet édifice fut élevé dernièrement aux 
frais de PEtat, jaloux qu’une ville telle 
que Venise, si riche en monuments de 
tout genre, ne manquàt pas d’un local 
convenable, spécialement affecié à la ré- 


Comi 


Chiesa di San Yasso. 


Di questa chiesa, che s’innalza al fian- 
co sinistro di chi guarda verso la Ba- 
silica, più non rimane che la sola fac- 
ciata, ragguardevole perciocchè . segna 
1° epoca nella quale già inclinavano le 
arti alla loro decadenza ed al gusto 
barocco, che dominò verso la fine del 
secolo XVII ed il principio del XVIII. 
Non è noto l’autore al quale appartie- 
ne, ed è di ordine corintio , con atti 
co sopra la trabeazione. 


Vouovo Palozzò Palciwécals. 


Questo palazzo fu eretto appositamen- 
te dall’ I. R. Governo acciocchè una cite 
tà di tanti illustri monumenti fornita 
non mancasse di un luogo conveniente 
ad alloggiare onorevolmente la supre- 


sidence de son archevêqne, Il s'élève à 


Lions, et c'est sans nul doute le digne 
pendant des bâtiments qui l’environ- 
ment. Parmi les différents devis qu'a 
présentés l'architecte Sébastien Santi, 
on a choisi celui qui réunissait la sim- 
plicité à l’élégance. Il est d’un bon sty- 
le moderne , et l’architecte a su mel- 


tre à profit jusqu’à l’exiguité de l'em- 
placement et jusqu’aux vieilles masures 
qui l’occupaient primitivement. 


côté de la cathédrale, sur la place des . 


— 69 — 


ma dignità ecclesiastica di questa capi- 
tale. Sorge a fianco della Basilica nello 
spazio così detto dei Zeoni, là dove fa 
decente accompagnamento alle fabbriche 
che adornano ‘ quella situazione. Fra i 
molti disegni offerti dall’ architetto Se- 
bastiano Santi fu scelto quello che riu- 
niva alla semplicità. 1’ eleganza. Egli è 
di buon stile moderno , e 1’ architetto 
seppe ridurre a proprio profitto anche 
la strettezza del luogo e le antiche fab- 
briche sulle quali veniva eretto il pa- 
lagio medesimo. 


tie 


: out de l'Horloge. 


Cette tour fut bâtie en 1496 par Pier- 
re Lombard; quatre ans après, des ar- 
chictectes de l’école de ce même Lom- 
bard y ajoutèrent les deux ailes. C’est 
un bel édifice composé de quatre ordres 
corinthiens, riche en marbres grecs et 
en dorures, restauré l’an 1757 par An- 
dré Camerata. On voit à mi-hauteur de 
celle tour un cadran magnifique, et sur 
son faite, une cloche qui, frappée par 
deux figures de bronze, indique l’heu- 
re. Le mécanisme ingénieux de cette 
horloge fut exécuté en 1499 par Jean- 
Paul et Charles de Reggio. Le célèbre 
Ferracina de Bassano le restaura en 1955. 
Parmi les bâtiments contigus à cette 
Tour, se trouvait la maison de Jacopo 
Sansovino. Jacopo Tatti était son vérita- 
ble nom, et il doit celui sous lequel il s’est 
rendu depuis si fameux, à l’affection ex- 
iraordinaire qu'il nourrissait pour son 
maitre André Contucci de Monte è 
Sansovino, architecte célèbre lui aus- 
Si. Jacopo naquit à Florence en 1479; 


Corte dell Otologio. 


Fu dessa innalzata 1’ anno 1496 da 
Pietro Lombardo, e quattro anni dopo, 
da architetti della scuola medesima dei 
Lombardi, vi si aggiunsero le due ale. 
Ella è un elegante edificio in quattro 
ordini corintii, ricco di greci marmi 
e dorature. L’anno 1757 fu ristauralo da 
Andrea Camerata. In mezzo ad esso è 
un magnifico quadrante, e in cima una 
campana, che percossa da due figure di 
bronzo annunzia le ore. Questo meccani- 
smo, costrutto l’anno 1499 da Giovan- 
ni Paulo e Carlo da Reggio, nell’ an- 
no 1755 ristauravasi dal celebre Ferra- 
cina di Bassano. Nei fabbricati annes- 
Si a questa torre dell’ orologio slava 
la casa di Tucopo Sansovino. Il ve- 
ro nome di questo celebre artista fu 
Jacopo Tatti, e non acquistò quello 
sotto il quale è volgarmente famoso che 
per il grande amore onde s° era legato 
al maestro suo, che fu Andrea Contucci 
da Monte a Sansovino, architetto cele- 
bre pur esso. Nasceva Jacopo in Firen- 


Ring ra 


né pour les beaux-arts, il y devint 
bientôt illustre. Le doge André Grit- 
ti l’appela à Venise pour lui confier le 
soin de restaurer la basilique qui me- 
naÇait ruine; Sansovino, donc vint à 
Venise pour la première fois en 1523, 
mais, n'ayant pu rien conclure pour lors 
avec la république, il partit pour Ro- 
me où il demeura jusqu'en 1527, épo- 
que du mémorable sac de cette ville qui 
le forca à retourner à Venise. Gritti 
l’accueillit fort gracieusement, et lui fit 
obtenir la place d’architecte des Procu- 
rateurs de S. Marc, emploi auquel étaient 
altachés un traitement de 80 ducats par 
an, et le logement dans la maison dont 
nous parlons. Sansovino la transforma 
bientòt en une académie de beaux-arts 
où se rassemblaient les hommes les plus 
distingués de Venise, attirés par le char- 
me de sa conversation à la fois éloquente, 
érudite et animée. Sansovino s’affection- 
na à Venise comme à une seconde pa- 
trie, il s’y maria avec une jeune-fille 
nommée Pauline d’un esprit remarqua- 
ble, et y. passa au service de Ja répu- 
blique la plus grande partie d’une lon- 
gue, vie de 93 ans, consacrée presque 
iout entière à l’embellissement de cette 
ville. Venise lui est en effet redevable 
de son plus grand lustre, j’entends par- 
ler certes en fait d’édifices, ainsi que 
Vicence le fut à Palladio, Rome à Mi- 
chel-Ange, Florence aux Arnolfi , aux 
Bruneleschi, et Gênes à Alexis Galeaz- 
zo. Le dernier ouvrage de Jacopo San- 
sovino, que l’onpourrait appeler le der- 
nier chant du cygne, ce fut l’église de 
S: Géminien aujourd’hui détruite, et où 
ses cendres avaient été déposées, Elles 
furent ensuite transférées dans l’église 
de S. Maurice où elles demeurèrent 
jusqu’à ‘ce que le R. Chanoine Moschini, 


Préfet du Séminaire Patriarcal, que nous, 


avons eu déjà occasion de nommer plu- 


ze l’anno 1479, ed innamoratosi nelle ar- 
ti,in breve facevasi in. esse valente cd 
ana Andrea Gritti doge chiamavalo 


a Venezia onde ristaurar la Basilica, che 


minacciava rovina, € Jacopo giungeva. 
la prima volta in questa città 1° anno | 
1523; ; ma per allora non si fe’nulla, ont. 


de il Sansovino recavasi a. Roma, e. 


| 
VI 
1! 
| 


"i 
quindi per il memorabile sacco dell ans 


no 1527, scampato novellamente a Vel 
nezia, era dal Gritti graziosamente e. 
con molta allegrezza raccolto ; ed egli. 


col patrocinio di lui otteneva l’ ufficio 
d’architetto dei procuratori di s. Mar. 
co, il quale portava seco l’annuo stipen- 
dio di ottanta ducati e 1° uso della ca- 
sa di che parliamo, da Jacopo trasmu- 
tata in un’ accademia di belle arti, do- 
ve convenivano i più belli. e più 
nobili ingegni della reina dei mari 
che si compiacevano della sua dolta» 
eloquente. e vivace conversazione. , Il 
Sansovino amò Venezia come una, se- 
conda patria, menò in moglie un’onesta 
fanciulla di nome Paola e di acutissi- 
mo ingegno, e consumò la lunghissima 
vita di anni novantatre nel servigio del 
la repubblica e nell’abbellimento di que- 
sta metropoli, la quale a lui va debitri- 
ce del suo lustro maggiore e de’ suoi 
più vaghi o magnifici monumenti, sic- 
come Vicenza a Palladio, Roma a Mi- 
chelangelo , Firenze agli Arnolf ed ai 
Bruneleschi, Genova a Galleazzo Alessi, 
Ultima sua opera, chel’architettura usur- 
pando alla musica una bella metafora, in- 
titolar potrebbe 1° estremo canto del 
cigno, fu la distrutta chiesa di s. Ge 
miniano, ove riposarono le ossa di lui, 

passate quindi alla chiesa di. san Mau 
rizio, finchè 1’ egregio prefetto del pai 
triarcale Seminario , il canonico Mo: 
schini, di cui altre volte in questo libro 

abbiam fatto cenno, fra molti beneficii 
ar peu a quel nobilissimo istituto, im 


sieurs fois dans le cours de cet ouvra- 
ge, obtint pour ce Séminaire l’honneur 
de donner 


ehi 


un asile à ces restes illu- 
stres , augmentant ainsi le nombre des 
titres qu'il a à la reconnaissance de cet 
Etablissement. 


è 


ir 


ok erlles Pos cutaties. 
f 
-1/Ge 
était la résidence des Procurateurs de 
S. Marc avant la construction des Pro- 
curaties-Neuves.; aujourd’hui il est ha- 
bité par des particuliers. Il est formé 
par trois ordres d’architecture dont le 


corps de bâtiments admirable 


premier est supporté par des piliers, 
les deux autres par des colonnes canne- 
lées et des. chapiteaux corinthiens. Les 
Procuraties - Vieilles’ complent jusqu’ à 
cinquante arcades ; elles sont longues 
de 152. mètres et 507100, hauges de 18 
mèlres et 857100, en y comprenant la 
crénelure. Maître Bon les construisit 
vers la fin du XV siècle. 


pal 


petravagli che arricchito fosse di queste 
ossa famose e venerabili, 


La (AS pe 
COCRLE. 


Procuvatie 
Son desse un magnifico edificio, in 
cui prima che si ergessero le Procura- 
tie nuove abitavano i Procuratori di 
san Marco , e in cui di presente alber- 
gano privali. Lussureggiano di tre or- 
dini, sorretto il primo da pilastri, gli 
altri due da colonne scanalate e capi» 
telli corintii, le quali formano cinquan- 
ta archi, ed hanno la lunghezza di 152 
metri e 507100, ‘sulla larghezza di 18 
metri e 857100, compresa la merlatura. 
Architettavale Maestro Buono sulla fine 
del secolo XV. 


—___— PE Qnm 


Pro cutalies-SGeuves ? 


auonid bui Palais-Royal. 


Différents artistes travaillèrent en di- 
vers temps à cet édifice ; les principaux 
d’entr'eux sont Jacopo Sansovino et 
Vincent Scamozzi dont tes plans furent 
religieusement suivis. On peut le par- 
lager en trois parties, à savoir : la bi- 
bliothèque ancienne, les Procuraties- 
Neuves proprement dites et le nouveau 
palais élevé sur l’emplacement où l'on 


RSA Iowooe. 
OCX ad 40 di PI Reale. 


À questa fabbrica lavorarono in va- 
rii tempi differenti artisti, e princi - 
pali fra essi furono Jacopo Sansovino € 
Vincenzo Scamozzi, il cui disegno fu 
costantemente seguito, Le si possono 
dividere intre parti, cioè la Biblioteca 
antica, le Procuralie nuove veramente 
dette, e la nuova fabbrica nel luogo 
ove sorgeva la bella chiesa di san Ge- 


Bee po 


voyait naguère la belle église de S. Gé- 
minien. Nous parlerons de chacune sé- 
parément. 

L'ancienne Bibliothèque donne sur la 
Piazzetta, et fut bâtie expressément a- 
fin d’y loger les livres de Pétrarque et 
du cardinal Bessarion qui y restèrent 
en effet avec tous ceux qu’on y ajouta 
successivement, jusqu’en 1812, époque 
à laquelle ils furent transférés dans le 
palais ducal, ainsi que nous l’avons déjà 
dit. Elle a 21 arcades de façade, et trois 
de chaque côté, dont l’un regarde le 
imoôle, l’autre le clocher. Elle se divise 
en deux ordres dorique et ionique; 
salravée dorique est remarquable à cau- 
se de ses dimensions singulières et de 
sa frise à la fois élégante et majestueu- 
se dans laquelle on a pratiqué avec beau- 
coup d’art plusieurs fenêtres. Les élè- 
ves de Sansovino, et en particulier 
Thomas Lombard et Danese Cattaneo or- 
nèrent la balustrade qui revêt le bord 
des toits d’une infinité de statues. Cet 
edifice fut commencé par Sansovino en 
1536; après la mort de cet illustre ar- 
chitecte, il fut achevé par Scamozzi, et 
il excita en tous temps l’admiration des 
connaisseurs et des maitres de l’art. Les 
plus fameux écrivains en ont parlé avec 
de grands éloges. Pierre l’Arétin déclare 
qu’il réduit l’envie même au silence, 
et Palladio, dont le jugement sans doute 
est plus décisif que ceux de tous les 
autres ensemble, Palladio le nomme lé- 
difice le plus riche et le plus élégant 
peut-être que les hommes aient jamais 
élev& Deux cariatides gigantesques, ou- 
vrage d’Alexandre Vittoria, soutiennent 
l’arcade du milieu qui conduit à une 
salle admirable que ce même Vittoria 
enrichit de plusieurs stucs : Baptiste Sé- 
moléo et Baptiste Dal Moro, de pein- 
lures estimées. 

La première salle à laquelle aboutit 


miniano. Toccheremo distintamente di 
ciascheduna. 


L’antica Biblioteca sorgeva sulla piaze 
zetta, e fu appositamente eretta per! 
collocarvi i libri del Petrarca e di Bes- 
sarione, i quali cogli aumenti successivi 
vi rimasero, finchè 1’ anno 1812 furono 
traslocati nel palazzo ducale, siccome 
abbiamo detto. Ha ventun archi di 
fronte, tre da ciascun lato, 1’ uno che 
guarda verso il Molo, l’altro dietro 
il campanile. Ella è divisa nei due or- 
dini *dorico e jonico; ha quindi una 
trabeazione jonica raguardevole per sin- 
golare dimensione e per il fregio mae- 
stoso ed elegante al un tempo , nel 
quale furono aperte con molta maestria 
parecchie finestre. Gli allievi del San- 
sovino, e particolarmente Tommaso Lom= 
bardo e Danese Cattaneo, adornavano | 
la balaustrata che cinge l’orlo del tetto 
di molte statue. L'edificio fu comincia- 
to dal Sansovino l’ anno 1536 , morto 
il quale fu compiuto dallo Scamozzi. 
In tutti i tempi formò l’ ammirazione 
ed ottenne le lodi degli intelligenti e 
dei maestri dell’ arte, e fu da grandis- 
simi scrittori altamente celebrato. Pie- 
tro Aretino lo predicava superiore al- 
l'invidia, e Palladio, il cui giudicio va- 
le per tutti , lo diceva il più ricco ed 
ornato edificio che forse sia stato eret- 
to dagli antichi fino ai suoi tempi. Due 
gigantesche cariatidi, Javoro di Alessan- 
dro Viltoria, formano stipite all’ arco di 
mezzo che dà ingresso alla magnifica 
scala, da esso Vittoria arricchita di stuc- 
chi e da Battista Semoleo e Battista del 
Moro di pitture. 


La prima sala cui mette la scala s0- 


l'escalier dont nous venons de par-: 


ler, est l'ouvrage de Scamozzi. Elle é- 
tait destinée à 
sée de statues attenant à la bibliothè- 


que, et qui passa avec elle dans le pa- 


servir de local au Mu- 


lais ducal. Christophe et Etienne Rosa 
en peignirent le plafond, au milieu du 
quel Titien Vecellio placa une belle pein- 
ture qui représente la Sagesse. 

On entre ensuite dans la grand’salle 
qui contenait jadis la bibliothèque, et 
qui est remarquable par les chefs-d’oeu- 
vre de peinture qu’elle renferme aujour- 
d’hui encore. On distingue entr’autres 
deux tableaux du Tintoret, dont l’un 
nous montre — S. Marc qui sauve un 
Sarrasin du naufrage, l'autre : — le corps 
de ce saint Evangeliste transporté d’Ale- 
æandrie ; et deux autres d'Antoine Mo- 
linari dont le premier représente: — 
David qui marche devant l'arche, le se- 
cond: — Sail offrant un sacrifice. Lie pla- 
fond passe pour un ouvrage merveilleux 
dans son genre. Il est vouté, et on y 
admire vingt-une peintures exécutées 

par neufdes plus grands maîtres du XVI. 
siècle. Jules Licinio peignit dans trois 
ovales — Zes Compagnons de la Veriu,— 
les Soins nécessaires pour y parvenir et—la 
Gloire et la Félicité.—Joseph de la Porte 
dit Salviati représenla dans trois autres 
ovales:— la Vertu qui dédaigne la fortu- 
ne, —l Art, Mercure et Pluton--er la Mi- 
lice. Jean-Baptiste Franco peignit 1’ Agri- 
culture, la Chasse et — les Fruits de la 
fatigue. Bernard Strozzi, dit le prétre 
Gènois, exécuta — l’image de la Sculptu- 
re, Jean Da Mio :—la Religionet la Na- 
devantx Jupiter ; Jean-Baptiste Ze- 
lott': — ?’ Amour des sciences et le Plaisir 
des arts; et Alexandre Vorotta, dit le 
Radoanino: — la Géometrie el l Astrono- 
mie. Paul Véronèse peignit — | Honneur 
divinisé, le Géométrie, l Arithmétique et 
la Musique. Enfin André Schiavone ras- 


LIS 


pradetta è opera dello Scamozzi ed era 
destinata al museo di statue attenente 
alla Biblioteca, e il quale passò con es- 
sa nel ducale palagio. Il soffitto fu di- 
pinto da Cristoforo e Stefano Rosa; 
nel mezzo Tiziano Vecellio vi pose una 
bella figura che rappresenta — la Sa- 
pienza —. i 
Entrasi quindi nella Sala Maggiore, in 
cui si custodiva la Biblioteca, e che al 
presente è ragguardevole. per magnifici 
capo-lavori di pittura. Si distinguono 
fra questi, due quadri del Tintoretto, 
nell’un dei quali si vede — San Marco 
liberare un Saraceno dal naufragio — nel- 
altro — il corpo del santo Evangeli- 
sta trasferito da Alessandria; — e due 
di Antonio Molinari, il primo rappre- 
sentante — Davidde che precede l'arca — 
l’altro — Saule che celebra un sagrifi” 
— Il soflitto ha 
meraviglioso nel suo genere. Egli è con- 


cio. fama di lavoro 
cavo, € vi si ammirano ventuno pezzi 
di pittura dipinti a gara da nove de’ più 
illustri artisti del secolo XVI. Giulio 
Ticinio vi pose in tre ovali i compagni 
della Virtù — le cure per conseguirla — 
la Gloria e la Felicità — Giuseppe dal- 
la Porta, detto del Salviati, rappresenta- 
va ne’ suoi tre ovali — /a Ziîriù che 
sprezza la Fortuna — À Arte con Mercurio 
e Plutone, — e la Milizia. — Seguita 
Giambattista Franco, il quale raffiguro— 
lAgricoliura — la Caccia — e i frutti 
della Fatica — Bernardo detto il prete 
Genovese vi rappresentò — 7 immagine 
della Scoltura , — Giovanni Da Mio — 
la Religione e la Natura produtrice d’ in> 
nanzi a Giove. — Giambattista Zalotti 
dipinse — Amore delle scienze e il Di- 
letto delle arti -— Alessandro Vorottari 
detto il Padoanino vi figurò — la Geo- 
metria e l’ Astronomia — Paolo Verone- 
se viaggiunse ? Onore divinizzato, la Geo- 
10 


mie CI du 


sembla tout ce que le ciel et la terre 
offrent de plus sublime dans trois o- 
vales qui représentent : Za Principauté, 
le Sacerdoce et la Force militaire. Tous 
ces difiérens morceaux sont reliés les 
uns aux autres par de charmantes dé- 
coralions du Sémoléi; et plusieurs fi- 
gures de philosophes, exécutées par d’ 
habiles artistes, sont parsemées entre 
les croisées et les angles de la salle. 
Les Procuraties- Neuves proprement 
dites farent commencées par Jacopo 
Sansovino, qui leur avait donné fort 
sagement dans ses devis une hauteur 
égale à celle des Procuraties-Vieilles 
qui s'élèvent vis-à-vis. Il laissa en 
mourant les instructions nécessaires 
pour achever les travaux; mais Vin- 
cent Scamozzi, appelé à lui succéder en 
1584, aux deux ordres primitifs en 
ajouta un troisième qui sans doute ren- 
dit cet édifice plus vaste et plus com- 
mode, mais qui, suivant l’opinion des 
connaisseurs, en gâta la beauté archi- 
tectonique. Ces trois ordres sont le do- 
rique , l’ionique et le corinthien ; l’é- 
difice entier, soutenu par 36 arcades, 
est long de 384 pieds vénitiens. Au re- 
ste, les architectes qui dirigèrent les 
travaux pour son achèvement, après 
Sansovino et Scamozzi, ne suivirent 
pas toujours très-exactement les inten- 
tions et les plans de ces deux architectes. 
Le nouveau palais fut élevé en 1810 
sur le terrain qu’occupait auparavant 
l’église de S. Géminien, par l’archite- 
te Joseph Soli de Modène, qui y con- 
ploya les deux ordres dorique et io- 
nien, avec un attique au-dessus de la 
lravée ionique. Ses plans .trouvèrent 
plus d’un critique, mais quant au 
parvis et à la grand’salle, tous s'ac- 
cordèrent à les trouver d’un goût ir- 
réprochable. Cette partie des Procura- 
ties-Neuves forme ce que lon appel- 


metria ? Aritmetica e la Musica. —. 
Finalmente Andrea Schiavone dipinse 
quanto ha di più importante e sublime 
nei tre ovali che rappresentano — il 
Principato, il Sacerdozio e la forza Mili- 
tare. — Tulti questi pezzi sono con- 
giunti da gentili ornamenti del Semolei; 
e varie figure di filosofici lavori d’ il- 
lustri artisti, sono sparse fra le finestre 
e gli angoli della sala. 

Le veramente dette procuratie Nuove 
furono incominciate da Jacopo Sanso- 
vino, il quale con molto senno aveva lo 
ro data 1’ altezza delle procuratie vec- 
chie che sorgono di fronte. Morendo; 
lasciava le occorrenti istruzioni per con- 
durre a fine 1’ impresa, ma chiamato a 
compierla Vincenzo Scamozzi, 1° annò 
1584 egli aggiunse a’ due primi ordini 
un terzo, che potè bensì accrescere il 
comodo dell’edificio, ma ne guastò, secon- 
do i più esperti intelligenti, 1° eleganza 
del gusto. Questi tre ordini sono il Do- 
rico, il Jonico ed il Corintio ; 1° intera 
fabbrica eretta su 36 archi, è lunga 384 
piedi veneti, Gli architetti che vi lavo- 
ravano dopo lo Scamozzi ed il Sanso- 
vino non furono neanche esattissimi ese- 
cutori dei disegni di ambi questi maestri. 


La nuova fabbrica fu eretta dov’ era 
la chiesa di S. Geminiano | anno 1810 
dall’ architetto Giuseppe Soli di Mode- 
na, il quale vi adoperò i due ordini 
Dorico e Jonico, con un Attico sopra 
la trabenzione Jonica. Questo disegno 
non andò esente di censura, ina inte- 
rissime lodi ottennero l’ atrio e la gran- 
de scala. Questa parte delle procuratie 
nuove costituisce il Palazzo Reale, resi 
denza deli’ Augusto Sovrano e dei Prin- 
cipi del Sangue. 


— 15 — 


le le nouveau Palais Royal, résidence du 
vice-roi et des princes du sang. 

Dans le salle proche de l'escalier on 
voit au plafond «— Venise sur un trône 
entourée par Hercule, Cérès, et des gé- 
nies, ouvrage de Paul Véronèse. 

Dans la salle construite récemment, on 
admire diverses fresques en clair-ob- 
scur exécutées par Borsato, et au pla- 
fond, une peinture de Politi qui re- 
présente — Pempereur François I., en- 
toure des Vertus et des Grâces.. 

Après cette salle, on ne doit pas né- 
gliger d’examiner les tableaux suivants, 
que l’on trouve d’abord en passant de 
la galerie n. 12 à celle n. 11. — Adam 
— de Jules dal Moro, — /a Paix cou- 
ronnée par l Adriatique, du Bonifa- 
ce;— Cain et Abel, de Jules dal Mo- 
ro; — Sue Justine priant pour le suc- 
cès des armes vénitiennes, de l'Aliense; 
— la Vierge et Penfant Jésus, de Ci- 
ma de Conegliano, — le Passage de la 
mer Rouge, du Titien; — l’Ange qui 
annonce aux bergers la naissance de J. 
C., de Jacopo Bassano ; — /a descente 
de J. C. aux limbes, de Giorgione; 
— les Animaux qui entrent dans Par- 
che, de Jacopo Bassano; — S. Jérôme 
du desert, du même; — le Christ mort 
entre deux Anges qui pleurent, de Pa- 
ris Bordone; -— la Femme adulière de- 
vant J. G., de Roch Marconi; — J. €. 
portant la croix, de François Bas- 
sano; — J. C. au jardin des Olives, de 
Paul Véronèse; — Adam et Eve péni- 
tents, du même; — la Vierge entouree 
de S.te. Barbe, de quelques autres saints 
et d’un pauvre, du Boniface; — S. Jean 
PEvangéliste à Pathmos, du mème Bas- 
sano; — Zve, de Jules Dal Moro. 

Dans la chapelle, on trouve un ta- 
bleau d’autel de Charlot Cagliari, re- 
présentant — le Père éternel. qui tient 
dans son giron le Sauveur ; suv la paroi 


Nella sala presso la scala si vede nel 
soffitto — Wenezia in trono circondata da 
Ercole da Cerere e da Geni. — opera di 
Paolo Veronese. 

Nella sala costrutta in questi ultimi 
tempi veggonsi varie affreschi a chiaro 
scuro eseguite dal Borsato € nel soffitto 
il Politi rappresentava — S. M. l’Im- 
peratore Francesco I, circondato dalle 
virtù e dalle grazie. 

Dopo questa sala è mestieri esaminare i 
quadri seguenti entrando perla porta della 
Galleria n. XII a quella n. XE ove ap- 
punto si trovano — Adamo — di Giu- 
lio dal Moro — Za Pace coronata dal- 
P Adria — del Bonifacio — Caino ed 
Abele — di Giulio dal Moro — S. Giu- 
stina in atto di pregare a favore delle ve- 
nete armi — dell’ Aliense — Za Vergine 
col fanciullo Gesù — di Cima da Cone- 
gliano — IE passaggio del Mar rosso — 
di Tiziano — L’ Angelo che annunzia ai 
pastori la nascita del Nazareno — di Ja- 
copo Bassano — La Discesa di G. C. 
al limbo — del Giorgione — Gli a- 
mimali che entrano nell arca — di Jaco- 
po Bassano — San Girolamo nel deserto 
— dello stesso — Cristo morto fra due 
angeli piangenti — di Paris Bordone — 
L’Adultera dinanzi a G. C. — di Roc- 
co Marconi—Cristo che porta la Croce— 
di Francesco Bassano — (Cristo agoniz- 
zante nell’ orto — di Paolo Veronese — 
Adamo ed Eva penitenti — dello stesso 
— la Vergine circondata da S. Barbara, 
da alcuni altri Santi e da un povero — 
del Bonifacio — San Giovanni Evange- 
lista a Patmos — di Francesco Bassano 
— Eva — di Giulio dal Moro. 

Nella cappella si pose una tavola di 
altare di Carletto Caliari rappresentan- 
te.— Il Padre Eterno che tiene in grem- 
bo il Salvatore, = Nella parete poi — 


— 76 — 


du mur, un — Zcce Homo, d'Albert Du- 
rer; -— la Présentation au temple, de 
F. Bassano; — a Vierge avec VP Enfant 
et Ste Catherine, d'André de. Berga- 
me; — la Vierge, et l'Enfant Jésus qui 
se joue avec un agneau, de Léonard de 
Vinci. 

Dans la salle n. XX VIT, on admire qua- 
tre tableaux du Boniface, savoir: — le 
Miracle de la multiplication des poissons, 
— lu pluie de la manne et des cailles, — 
S. Jerôme et S. Hubald, — S. Marc pré- 
sentant un étendard à Venise. 

Dans le salle n. XCVII, on voit — de 
Jugement de Salomon, du Boniface, et — 
linsutution du Rosaire, de Paul Véro- 
nèse. 

Dans le salle n. CIV, existent — Za 
Vierge avec l'enfant Jésus, de Jean Bel- 
lini. 

Et enfin, dans la salle des Séances du 
Gouvernement,—le Rédempteur assis un 
livre à la main, du Boniface. 


œ 


XX otel de la ornate. 
(Lecca). 


C’est bien là un édifice admirable où 
la solidité n’exclut pas l’élégance la plus 
exquise. Son architecte , Jacopo San- 
sovino composa sa facade, qui regarde 
le mole, des trois ordres rustique, do- 
rique et ionique. La Zecca fut fon- 
dée dans le méme lieu qu’elle occu- 
pe aujourd’hui dès l’an 938, mais lors- 
que la république fut parvenue à un 
haut degré de splendeur et de prospé- 
rilé, elle chargea Sansovino d’en faire 
un monument digne de sa nouvelle for- 
tune, et ce grand architecte créa alors 
celui que nous admirons à présent. La 
Zecca de Venise fut de tous temps cé- 


=: 


A 


P Ecce Homo, — di Alberto Duro — La- 
Presentazione al tempio — di Francesco 
Bassano — La Vergine col Gesù e S. 
Caterina — di Andrea da Bergamo — . 
La Vergine con Gesù che giuoca con un 
agnello — di Leonardo da Vinci. 


Nellalsala numero XXVII si ammi- 
rano quattro tele del Bonifacio, cioè, — 
Miracolo della moltiplicazione de’ pesci —-. 
Pioggia della manna e delle quaglie — 
S. Girolamo e S. Ubaldo — S. Marco che 
porge lo stendardo a Venezia. 

Nella sala numero XGVII, si trovano 
— il Giudizio di Salomone — del Bo- 
nifacio — e 1’ Istituzione del Rosario — . 
di Paolo Veronese. 

Nella stanza numero CIV, havvi — 
la Vergine con Gesù -— di Giovanni Bel- 
lino. 

E finalmente nella sala delle sessio- 
ni del Governo —— il Redentore seduto 
conun libro in mano — del Bonifacio. 


Reg La Ia 


Gli è questo un magnifico edifizio 
in cui la solidità va del pari con la 
squisitezza del gusto. Lo architetto Ja- 
copo Sansovino ornavalo di una fac- 
ciata che guarda sul molo, distinta in 
tre ordini, Rustico, Dorico e Jonico. 
La Zecca fu fondata nel luogo dove 
attualmente’ si trova. fin dall'anno 938, 
ma quando la repubblica crebbe in po- 
tenza, ricchezza e dignità, pensò col 
l’opera del sopraccitato Sansovino ri- 
durla ad una condizione degna di lei, 
quale è quella in cui presentemente si 
ammira. Dessa in ogni tempo fu cele- 
bre per le monete ivi battute con finis- 


D VII ACT, 


AMAMI 


ss 


lèbre pour la perfection des médailles 
et des monnaies qu’elle fabriquait, en 
quelque espèce de métal que ce fut; 
quelques-unes d’une exécution très-re- 
marquable y ont été frappées dès le 
VII. siècle. 

Le parvis ou vestibule qui en for- 
me l'entrée, est l’ouvrage de Vincent 
Scamozzi. Jean Campagna et Titien 
Aspetti l’ornèrent de deux statues colos- 
sales. La citerne qui existe au milieu 

, de la cour, est décorée d’un — Apollon 
de Danese Cataneo, disciple du Sanso- 
vino. 

Dans la salle de la Pesée (Peseria), on 
voit deux tableaux, l’un de Palma qui 
représente—#Wlcain et ses Cyclopes ; au- 
tre,—la reine Saba ‘et l Adoration des Ma 
ges que l’on attribue à Boniface. 


simo intaglio di ogni sorta di metallo, 
fra le quali aleune coniate fin dal se- 


- colo VIII. 


L° atrio che vi dà ingresso è lavoro 
di Vincenzo Scamozzi. Giovanni Cam- 


‘pagna e Tiziano Aspetti lo adornaro- 


no di due statue di giganti. Sul pozzo 
del cortile si vede — un Apollo — di 
Danese Cataneo, discepolo del Sansovino. 


Nella camera della Peseria vi si ve- 
dono due quadri, 1’ uno del Palma che 
presenta — Zulcano co’ Ciclopi, — la 
Regina Saba e l’ Adorazione dei Magi — 
che si attribuiscono al Bonifacio. 


e 1dt 3) 


Colowes de la PURE 


Ces deux colonnes furent apportées 
à Venise en 1125, par ordre du doge 
Dominique Michieli, lorsqu’il revint de 
la Terre-Sainte après avoir vaincu à 
Joppé, reconquis Jérusalem, Tyr, Asca- 
lon, et forcé l’empereur grec à respe- 
cter le pavillon vénitien. Elles furent 
placées en 1180 dans Pendroit où nous 
les voyons aujourd’hui par Nicolas Ba- 
rattiere de Lombardie. On posa sur le 
sommet de l’une la statue en marbre de 
S. Théodore, et sur l'autre un lion 
ailé de bronze, symbole de la républi- 
que. Le lion avait été transporté à Pa- 
ris ainsi que les chevaux de S. Marc; 
‘il nous fut rendu avec eux. Ces deux 
colonnes sont de granit oriental, l’une 
rougeatre, et l’autre grise. 


Solo une della Prazietta. 


Queste colonne furono l’anno 1125 qui 
trasferite dal doge Domenico Michieli, 
mentre tornava di terra santa dopo aver 
vinto ad Jaffa, riconquistate Gerusalem- 
me, Tiro, Ascalona, e costretto il greco 
imperatore a rispettar la veneta ban- 
diera. L’anno 1180 erano innalzate nel- 
l’ attual posizione da Nicolò Barattieri 
di Lombardia. Si collocava sur una la 
statua in marmo di San Teodoro, e sul- 
l’altra un alato leone di bronzo, insegna 
della repubblica, il qual ultimo coi ca- 
valli fu trasportato a Parigi, e quindi 
restituito dopo la pace generale. Ambo 
queste colonne sono di granito orien- 
tale, rossiccia luna, bigia 1° altra. 


» 


Re >= 


RE NES — 


Puis OH. 


Cet édifice unit la plus grande solidité 
à beaucoup d’élégance. Antonio da Ponte, 
qui en fut l'architecte, le composa des 
deux ordres rustique et ionien, et as- 
sez Vaste pour pouvoir contenir envi- 
ron 4oo individus. Quoiqu’ en aient dit 
les romanciers sentimentalistes de tout 
pays, c’est, affirme le célèbre Howard, 
» la prison la plus saine que j’aie jamais 
vue » (1). 


Cavcers. 


? 


Questo robustissimo edificio, che alla 
maggiore solidità riunisce tutta la pos- 
sibile eleganza, fu architettato da Anto- 
nio Da Ponte con due ordini, Rustico 
e Dorico, ed è capace di circa /oo in- 
dividui, e per quanto ne abbiano ro- 
mantizzato i sentimentalisti di ogni pae- 
se, egli è per sentenza di Howard la 
carcere più salubre e più forte che 
quel celebre osservatore abbia veduto 
giammai (1). 


rm DELE — 


Ou mot suo la Place eb la Di dl 
9. Mare 


Si la place S. Marc, du jugement de 
quelques voyageurs, m'est pas la plus 
belle elle sera 
toujours du moins le plus riche joyau de 


de l'univers, certes 


Venise etle centre vivant de cette ville; 
centre où l’activité, la foule et les prin- 
cipales rues viennent aboutir comme 


(1) Le palais ducal communiquait di- 
rectement avec les Prisons au moyen d’un 
‘pont construit exprès afin que les accusés 
pussent être amenés devant leurs juges sans 
étre vus ; les geôliers. donnèrent à ce pas- 
sage Le nom de pont des soupirs dont lé- 
iymologie n’est que trop aisee à trouver. 
Lorsque la république tomba, ce pont ne 
comptait que deux siècles d'existence ; ain- 
si, quoiqu’en disent plusieurs écrivains, on 
ne saurait le considérer comme un monu- 
ment historique bien important ; il nous 
semble mériter lattention des historiens 
moins que celle des artistes; quant à cel- 
le des romanciers, il ne l’a que trop oc- 


cupée, comme chacun sait. 


cholcwni cenni sulla prazsa € pass etta 


di O. Marco . 


Se la piazza di San Marco non è se- 
condo lo spirito sistematico e eolletti- 
vo di qualche viaggiatore, come a dire 
il centro di tutta Venezia al quale sic- 
come a vena principale affluiscono tut- 
te le vie e tutto il movimento di que- 
sta città, ella è certo principal luogo 


(1) Il palazzo ducale comunicava colle 
prigioni per mezzo di un ponte apposita- 
mente fabbricato perchè i rei potessero 
comparire al cospetto dei giudici senza es- 
sere veduti, il quale dai carcerieri venne 
appellato il ponte dei sospiri, mentre ben 
cagione aveano di sospirare coloro che su 
vi passava. Egli non conta che soli due 
secoli di esistenza innanzi la caduta della 
repubblica, onde per quanto ne abbiano 
scritto alcuni forestieri egli non può esse- 
re considerato siccome storico monumento, 
e merita piuttosto l’attenzione degli arti- 
sti in onta che abbia ottenuta fin qui quella 
dei romanzieri. 


i a 


les veinés à une grosse artère. Nous 
avons déjà décrit séparément les édifi- 
ces magnifiques qui la décorent ; il né 
nous reste plus qu’à ajouter mainte- 
nant qu’elle ne s’étendait autrefois que 
jusqu’à la XVI arcade des Procura- 
ties-Neuves, à compter de l'angle vis- 
avis du clocher. Là coulait alors un 
canal sur les bords du quel s'élevait la 
primitive église de S. Géminien qui 
souffrit bien des vicissitudes. Narsès la 
fonda au VI. siècle; au XII. on la dé- 
molit et on combla le canal afin d’a- 
grandir la place. Jacopo Sansovino la 
reconstruisit plus tard, mais en 1809, 
on la rasa une seconde fois ainsi qu’une 
chapelle adjacente dans laquelle reposait 
les cendres de ce grand architecte, afin 
d'élever le parvis du grand escalier du 
nouveau palais-royal. 


La grand’place S.t Marc est lon- 
gue de 175 mètres et 707100; dans sa 
plus grande largeur, elle a 82 mètres, 
La branche ou prolongement qui fait 
angle avec la place, s’élend jusqu'aux 
bords de la lagune, ayant d’un côté le 
palais des doges, de l’autre le palais- 
royal; cette place est moins vaste que 
celle de S. Marc (dont elle n’est au re- 
ste qu’un prolongement, ainsi que nous 
l’avons dit), et on la nomme pour celte 
raison piazzetta (petite place); sa plus 
grande longueur est de g7 mètres, sa 
Jargeur de 28 et 707100. 

Ces deux places forment sans nul 
doute la partie la plus intéressante de 
Venise, et il est peut-être unique de 
voir réunis dans si peu d’espace un si 
grand nombre d’édifices superbes, de 
points de vue admirables, de chefs-d’oeu- 
vre, etc. Les monuments publies et 
particuliers, les moeurs, les costumes 
les plus variés et les plus originaux, 
en un mot tout ce que l’on peut trou- 


di lei, quel luogo di convegno che ad 
ogni citlà è necessario e comune, ed il 
suo più ragguardevole ornamento, I 
magnifici edifizi che l’adornano furono 
già descritti da noi; noteremo al pre- 
sente come ella si estendeva in antico 
fino alla XVI arcata solamente delle 
nuove procuralie contando dall’ ango- 
lo dietro il campanile. Colà scorreva 
un canale, e sulla sponda di esso era la 
prima chiesa di S. Geminiano, che stra- 
ne vicende sofferse. Ergevala Narsete nel 
secolo VI, la si distruggeva nel XII, ed 
empievasi il canale per ampliare la piaz- 
za. Riedificavasi quindi con marmoreo 
prospetto per opera di Jacopo Sanso- 
vino, e l’anno 1809 radevasi una secon- 
da volta colla adiacente cappella in cui 
riposavano le ceneri del grande archi- 
tetto per dar luogo all’ atrio della scala 
maggiore del Reale Palazzo. 

La gran piazza di S. Marco s’ allun - 
ga 175 metri e 707100, si allarga al 


> sommo 82. Il braccio di lei che, sten- 


desi ‘al mare dalla parte in cui sorge il 
palazzo ducale, chiamasi piazzetta, la 
cui massima lunghezza è di 97 metri, la 
massima larghezza 28 e 707100. 


Egli è questo per avventura il più 
bel punto di Venezia ed il più singo- 
lare di qualsivoglia città; conciossiachè 
in nessuna forse accade, siccome qui, 
che in un sol punto sitrovino raccolti, 
anzi congiunti, il centro e le circo- 
stanze di una grande metropoli, i mi- 
racoli dell’arte e le più sublimi pro- 
spettive della natura, quanto offre di 
più importante e di più ragguardevole 


aa 


ver de plus remarquable dans une grande 
ville, s’y voient également rassemblés la 
basilique de S. Marc, le palais ducal, 
l'hôtel des monnaies, les Procuraties, etc. 
les principaux cafés, les cabinets de le- 
cture, les cercles (Ridotti), en un mot, 
tous les édifices admirables que la ré- 
publique semblait avoir réunis là à des - 
sein, en face des flots de l’Adriatique 
sur lesquels elle s’étançait jadis au plus 
vaste commerce des temps anciens, à la 
recherche des arts et des sciences qui 
enfantèrent la civilisation européenne, 
et firent des Véniliens la nation la plus 
puissante de l'Italie après les. Ro- 


mains (1). 


(1) Entr’autres spectacles singuliers que 
cette place offre aux curieux, nous ne 
saurions oublier celui des pigeons innom- 
brables qui s’y ébattent tout le long du 
jour, et qui s’y rassemblent surtout à cer- 
iaines heures fixes pour recevoir le grain 
que plusieurs particuliers leur font distri- 
buer régulièrement. Le nombre de ces oi- 
seaux était beaucoup plus grand sous la 
république quien entretenait beaucoup à ses 
frais, sans compier ceux qui trouvaient 
par eux-mêmes une nourriture abondante 
dans les magasins des greniers publies qui 
s’élevaient là où nous voyons aujourd hui 
le palais-royal. On dit que, dès l’époque 
la plus reculée, on avait transporté Ces 
pigeons de Chypre à Venise pour l’amu- 
sement des dogaresses et de leurs damoi- 
selles. Ils muliplièrent prodigieusement, 
ainsi que nous l'avons dit, à la faveur 
des décrets du Sénat qui veillaient à leur 


conservation, 


ne’ suoi edifici sacri, pubblici e privati, 
quanto la matura di un popolo offre di 
più curioso ne’ costumi ed in tutti i 
particolari della vita sociale. Qua si ra- 
gunano la marciana basilica, il ducale 
palagio, la zecca, le procuratie, i più 
magnifici caffè, i gabinetti, i raddotti; 
insomma qua sembra che tutta racco- 
gliesse se stessa la repubblica a veg 
gente di quel mare sul quale lanciaya- 
si a remote conquiste, al più ampio 
commercio che negli antichi tempi esi- 
stesse, in cerca di arti e di ‘scienze 
che restaurassero 1 europea civiltà, e tal 
potenza fondassero qual dopo la roma- 
na non possedeva Ialia giammai (1). 


(1) Fra più singolari spettacoli che al 
viaggiatore presenta questa piazza non è 
da tacersi quello dei molti colombi che 
or svoluzzano tutto giorno, e che in certe 
ore singolarmente vi st raccolgono per 
godersi le vettovaglie regalate loro da 
parecchi particolari. Una volta però que- 
sti colombi erano d’ assai maggior nu- 
mero; la repubblica li manteneva oltre 
quello che trovavano a beccare nei pub- 
blici granai, stabiliti ove sorge di presente 
l’attuale palazzo reale. Si racconta che 
questi colombi fossero recati da Cipro 
per trastullo delle Dogheresse e delle lor 
damigelle fin da tempi antichissimi. Mol- 
tiplicatisi, crebbero all ombra del veneto 
governo, siccome abbiam detto, tutelati 


da leggi che visgevano sulla loro con- 
servazione. 


DEUXIÈME VISITE. 


Il n’est pas absolument nécessaire de pren- 
dre gondole pour cette visite, muis on 
abreserait beaucoup en le fèsant. 


CAI rent 


Ce palais superbe s'élève sur le ca- 
nal nommé de Canonica; il est du style 
des Lombards, mais quelques-uns en 
attribuent la construction è Guillaume 
Bergamasque. C’est un bel et vaste 
édifice  presqu’entièrement recouvert 
de marbres grecs ou égyptiens. Il 
porte l'empreinte de la renaissance, 
et, comparé à la façade de S. Basso 
que nous décrivions tout à Pheure, 
il annonce l’aurore du bon gout, 
landis que celle-ci en marque la derniè- 
re lueur. Il appartient à la famille Cu- 


pello, et c’est là qu'habitait, dit-on, la 


célèbre Bianca dont la beauté extraor- 
«linaire , le destin singulier, les a- 
mours et le mariage avec Francois, fils 
“et successeur du grand Cosme de Mé- 
dicis, sont assez connus pour qu’il 


Soit inutile d’en parler ici. 


SECONDA VISITA. 


Comecchè non necessaria la gondola, dessa 
ritornerà opportuna per fornire questa 
seconda visita. 


Palazzo Orevisau. 


Egli è questo un magnifico edificio 
che s’innalza sul canale detto di Cano- 
nica, e condolto sullo stile dei Lombar- 
di. È attribuito da alcuni a Guglielmo 
Bergamasco, ammirabile certo per la 
disposizione e per la eccellenza dei 
suoi squadratori. È tutto incrostato di 
marmi singolarmente greci ed egizii. 
Annunzia il risorgimento della buo- 
na architettura, e confrontato alla fac- 
ciata  sovradescritta della chiesa di s. 
Basso, indica il primo nascere del buon 
gusto, siccome quella ne accenna 1° ul 
tima favilla. Fu abitato dalla celebre 
Bianca Cappello, alla cui famiglia appar- 
teneva, e la straordinaria bellezza della 
quale e la somma perizia in ogni arte 
donnesca più squisita toccarono il cuo- 
re di Francesco figliuolo e successore 
del gran Cosimo dei Medici, primo gran 


duca di Toscana. 


D CD 6 


Eg fise de Se map cer 


Cette église est une des plus. vastes 
ei des plus remarquables de Venise, 
soit pour la beauté de son architectu- 
re, soit pour Pabondanee des murbres 


Chiesa di Saw baccacia 


Questa chiesa è una fra le più am- 
pie e ragguardevoli della nostra città, 
sì per l'armonia delle parti, sì per la 
ricchezza dei marmi preziosi, sì final- 

1I 


précienx, la perfection du travail, les 
tableaux, etc. On commenca à la batir 
en 1457, mais elle ne fut terminée 
qu’en 1547, les guerres continuelles 
qui Si cette période ayant inter- 
rompu les travaux, attendu que les re- 
ligieuses, auxquelles l’église apparte- 
nait, donnèrent à la république, par 
un Jouable sentiment de patriolisme, 
80,000 ducats d’or qu’elles destinaient 
à la construétion de Péglise. L’archi- 
tecture en est d’un style singulier qui 
accouple le gothique au ro: main. On ne 
saurait en indiquer sùrement Pauteur. 
Quelques-uns Pattribuent à Martin 
Lombard, mais Temanza croit que la 
facade seule est son ouvrage, opinion 
que ne contribue pas peu à corroborer 
Ja remarque qu’elle sent le goût de 
l'école de S. Marc. Cette facade est 
très élégante, ses marbres très pré- 
cieux et ses sculptures fort remarqua- 
bles. La statue du prophèt@entautres, 
placée au-dessus de la porte, est un des 
chefs-d’oeuvre d'Alexandre Vittoria; on 
peut dire qu'il y réunit la perfection 
minutieuse, le fini maniéré du XVII 
siècle au style large et au bon goût de 
celui dans el il vivait. En effet, 
si d’une part on loue l'exécution pa- 
tente de la barbe dont on peut di- 
stinguer jusqu’au moindre poil, on ad- 
mire de Pauire également dans cette 
statue un air de tête inspiré et des 
draperies majestueuses. 

Au-dessus du bénitier à droite en 
entrant, vous lrouvez la statue de — S. 
Jean Baptiste donnant le baptême, —!ou- 
vrage de ce même Vittoria. Le premier 
autel possède un tableau peint par Ja- 
copo Palma qui y représenta la—Wierge 
el quelques Saints. Le second autel fut 
inventé et ‘senlplé en 1590 par Ale- 
xandre Vittoria, et Palma y placa un 
second tableau qui nous montre le —pa- 


mente per diligentissima esecuzione. Fu. 
messa mano all’ erezione di lei 1° anno. 
1457, e non fu ridotta a compimento 
che nel 1547 per le guerre che duraro-. 
no in quel periodo tempo, nel quale le 
monache, cui apparteneva in quella 
stagione, diedero nobilissima prova dell 


l’amor Lista verso la patria, bello singolar= 
mente quando congiunto a splida pit 
col contribuire allo stato la importante 
somma di ottantaquattromille ducati di 
oro. L’ architettura del tempio è sin. 
o accoppia il gusto go- 
‘| 


golare nello stile, o 
tico al latino. L? autore non è ben no-. 
to. Altri lo vogliono Martino Lombar- 
do: il Temanza però crede la sola 
facciata appartenere a lui, siccome quella 
che sente assai della scuola di s. Marco. 
Codesta facciata è elegantissima di belle 


proporzion', di grande ricchezza in 
marmi e in opere di scultura. Per e 
sempio, la statua del Profeta, sopra la 
porta è fra le più belle cose di Ales! 
sandro Vittoria. Si potrebbe dire che. 


ù 


in essa egli ha congiunto la minuta. 
perfezione delle parli, tanto esageratà. 
nel secolo XVII, al buon gusto che 
regnava nel suo; conciossachè, se da 
barba offre ben anco la distinzione del 
peli, bell a è Varia della testa, santo el 


à 


maestoso il panneggiamento. 


14% 
Sulla pila a destra di chi entra 11 


la statua di — S. Giovanni Battista in 
atto di battezzare — del medesimo Vit, 
toria. Il primo altare mostra una pali. 
in cui è dipinta da Jacopo Palma = 
la Madonna con alcuni Santi. — Il se 
condo altare fu V anno 1590 disegnato. 
e scolpito dal Vittoria soprannomina-. 
to; il Palma vi poneva un’ altra pala. 


rappresentante — 2 Santo titolare. _. 


cad BO 


tron de l'Eglise. —La chapelle suivante 
qui servait de choeur aux religieuses 
renferme un tableau d’autel de Jacopo 
Tintoretto qui représente —= la Naissance 
de la Vierge. — Sur la paroi à droite 
vous verrez un tableau de Palma l’An- 
cien restauré, qui nous présente—-/Vo- 
tre Dame environnée d'une foule de Saints 
— et autour du tableau, quatre demi- 
lines du même maître qui reprodui- 
sent le — martyre de S. Proculus, — la 
Descente aux limbes, — le lavement des 
pieds — et le Prophète Zacharie conver- 
sant avec un Ange, 

Dans la chapelle intérieure, exi- 
stent 
ciselures en or et de précieuses pein- 
Aures, exéculées en 1445 par Jean et 
Antoine de Murano. La coupole qui 
surmonte le plus grand est. embellie 
de fresques estimables. Le grand au- 
tel est de bon goût et riche en mar- 


trois aulels de bois ornés de 


bres précieux ; son tabernacle fort élé- 
gant possède quatre petits tableaux de 
| Jacopo Palma, et le Dôme est peint à 
fresque par Pellegrini. Le choeur con- 
tient quatre autels dont l’un est re- 
inarquable pour une peinture précieuse 
de Jean Bellini qui représente—la cir- 
concision de Notre-Seigneur. Près de la 
| sacristie s’élève le monument funèbre 
d’A. Vittoria que cet artiste sculpta lui- 
même, y plaçant son buste et une pier- 
re noire qui porte la date de l’an 1605; 
mais cet arliste célèbre n’ÿ descendit 
que trois ans après, à l’âge de 83 ans. 
À gauche du portail, on voit un au- 
tel. surmonté d’un tableau de Joseph 
- Porta, dit Salviati qui figure le—Sauveur, 
S. Zacharie et quelques autres saints ; 
puis un second qui possède un des 
plus beaux ouvrages de Jean Bellini 
représentant — la Vierge, l'Enfant Jésus 
vet quatre saints. — Ce tableau fut peint 
mn 1605, transporté à Paris en 1797, 


Seguita poscia la cappella che serviva di 
coro alle monache, ricca di una pala 
di Jacopo Tintoretto, in cui si adora — 
la Natività della Vergine. — Sulla de- 
stra parete di chi guarda vi è un qua- 
dro del vecchio Palma, che andò sog- 
getto a ristauro, in cui si vede — Mostra 
Signora frà moli Santi. — e intorno ad 
esso quattro mezze lune del medesimo 
artista, le quali rappresentano — 42 
Martirio di s. Procolo — La Discesa al 
Limbo — la Lavanda dei piedi — ed il 
profeta Zaccaria, conversante con un an- 
gelo. 

Nell’ interna cappella v° hanno tre al- 
tari in legno adorni d° intagli d’ oro e 
di rare e preziose pitture, condotte 1° 
anno 1445 da Giovanni ed Antonio 
Muranesi, La cupola sovrapposta al mag- 
giore è adorna di buoni affreschi. L° al- 
tar maggiore è di buon gusto e ricco 
di marmi; ba un elegante tabernacolo 
con quattro quadretti di Jacopo Pal- 
ma; € la cupola è frescata dal Pellegrini. 
Il coro ha quattro aliari, un de’quali 
ragguardevole per una preziosa tavo- 
letta di Gian Bellini, 
— la Circoncisione di Nostro Signore. — 


rappresentante 


Presso la sagrestia v’ha il monumen- 
to di Alessandro Vittoria, ch’ egli me- 
desimo scolpiva, effigiandovisi in un 
busto al naturale e ponendo sul pavi- 
mento una lapide nera colla data del- 
Pauno 1605; ma il celebre artista non 
calava in quel funebre soggiorno che tre 
anni dopo nella rispettabile età di anni 
oitantre, premio di una vita industre e 
virtuosa. A_ sinistra della porta maggiore 


evvi unaltare con una pala di Giuseppe 


- Porta, detto Salviati, che presenta — il 


Salvatore, s. Zaccaria ed ‘altri; Santi. — 
Quindi un altro. altare con una delle 


più insigni e grandi opere di Gian 


- Bellini rappresentante — Za Vergine, 


Gesù fanciullo e quattro Santi. —. Fu 


e. RIS 


et rendu à son antique place en 1815. 
— Plusieurs autres artistes estimables 
contribuèrent à l’embellissement de 
cette église. 


tt prem————— 


Èg live des Grecs. 


Ù 


Pour passer de l’église de S.Zacha- 
rie à celle-ci, il faut prendre à droite 
en sortant du temple, traverser la pla- 
ce prochaine de S. Provo!o, suivre les 
fondamenta (quai) dell Osmarino, et 
franchir deux ponts; le second vous 
conduit précisément à la porte de 1°é- 
glise des Grecs. Elle fut achevée en 
1561, ainsi que le dit une inscription 
grecque qui en contient toute l’histoi- 
re, et dont pour ce motif, nous croyons 
devoir rapporter ici une traduction lit- 
térale qu’en a fait en italien Jean- 
Antoine Moschini: 

Au Christ Sauveur et au Saint Martyr 
Georges, les Grecs habitant à Venise et 
ceux qui s’y rendent afin de pouvoir a- 
dorer Dieu selon la loi de leurs pères, 
élevèrent à grands frais ce temple en 
oki 

Jacopo Sansovino qui en fut l’archi- 
tecte, se conforma si fidèlement jusque 
dans les moindres détails de la con- 
struction aux usages du rite grec qu’ 
un voyageur ignorant pourrait fort bien 
se méprendre sur la religion et la pa- 
trie de cet artiste illustre, s’il en pré- 
jugeait d’après cet ouvrage. De l’avis 
des connaisseurs, et de Temanza lui- 
toutes les créa- 
tions de cet illustre architecte celle 


même, c’est de 


qui honore le plus son génie. Maje- 
stueuse et magnifique au-delà de toute 
expression, celle église réunit en ou- 
tre l'élégance la plus exquise à la so- 


: stosà e magnifica. Rispetto all’ eleg 


> un ornatissimo castello. Il vicino ca 
‘panile, a parere del Temanza, app 


dipinta l’anno 1505, trasferita a Par 
l’anno 1797 e restituita ‘all’ antica sua. 


Chiesa der Greci 


Per giungere a questa tempio  dil 
campo di san Zaccaria è duopo, vo 
gendo a destra, percorrere il vicin 
campo, di san Provolo, indi la fond 
menta dell’Osmarino e ancora due poi 
ti, ultimo de’quali mette, a questa chi 
sa. — Ella fu compiuta I anno 15 
secondo la greca iscrizione che tutta | 
contiene la storia, e la quale è quindi 
pregio dell’ opera il quì riferire col 
taliana versione fattane ‘dall’ egreg 
Gian Antonio Moschini. 


A Cristo Salvatore, e al santo marti 
Giorgio, i Greci abitatori, e quelli che s 
conducono a Venezia per potervi venera 
re Iddio secondo il patrio costume, di | 
facoltà offerendo gran copia, eressero que 
sto tempio l'anno 1551. 


Architettavalo Jacopo Sansovino, set 
vendo in tal guisa al rito greco, da inga 
nare intorno la nazione dell’ autore 


siudizio di chi che ‘sia. Per univer 


tutti del Temanza, è l’opera che p 
onori quel celeberrimo artista fra qua 
te ne condusse in questa, o nella sd 
ta città. Ella è sovra ogni dire ma 


za, pare che non si potrebbe far 
più; rispetto la solidità, la si direbl 


tiene allo stile del Sansovino; eil 


Ro tee 


lidité la plus étonnante. Le clocher, 
suivant lPopinion de Temanza, est aussi 
l'ouvrage de Sansovino, qui en traca 
les plans dont l’exécution fut confiée 
aux frères Contini, qui occupent un 
rang assez dstingué parmi les archi- 
tectes. vénitiens. L’église est ornée 
d’une infinité de peintures la plupart 
de style grec que l’on attribue aux 
artistes grecs Benoit Emporio, Philippe 
Kabtza et Constantin Zane. Les plus 
remarquables sont celles qui représen- 
tent— Abraham el Melchisedech,—sur les 
deux battants dela porte du milieu ; — 
le Christ qui appelle Pierre sur les eaux, 
— peinten 1809 par Spiridion Diagona, 
el placé fort mal à propos sur la gran- 
de mosaïque qui représente — /a wansfi- 
guration de Notre-Seigneur. 


quanto all'esecuzione, ad alcuno dei 
fratelli Coùtini, non ultimi de’ nostri 
architetti. Molte pitture adornano que- 
sta chiesa, la maggior parte di greco 
stile, le quali si attribuiscono a greci 
artisti: Benedetto. Emporio, Filippo 
Kabtzà, e. Costantino Zane. Le più rag- 
guardevoli sono le due bellissime fi- 


_gure di — Abramo e Melchisedecco — 


nei due portelli che chiudono la porta 
di mezzo — Cristo che chiama Pietro 
sulle acque — dipinto l’anno 1809 da 
Spiridione Diagonà, e malamente col. 
locato nel gran mosaico che rappre- 
senta — la Trasfigurazione di N. S. 


_——T_@e-r 


| Ecole des Grecs. 


. Non loin de l’église s'élève une 
école dont le. style. permet d’assigner 
pour date à sa construction le XVIII 
siècle. Dans létage inférieur, on ad- 
mire un grand tableau fort estimé qui 
représente. la résurrection de Notre-Sei- 
gneur, ct que, d’après sa touche, on 
croit pouvoir attribuer au Bonifazio. 
Dans l'appartement supérieur, on voit 
plusieurs tableaux de dimensions beau- 
coup plus restreintes. et qui figurent 
les mystères des principales fêtes; c’est 
pourquoi on les expose chacun à son 
tour dans l’église, à l’époque de la 
solennité , religieuse à laquelle ils se 
rapportent, 


Scuo la del Greci. 


Vicino alla chiesa s5rge questa scuo- 
la, che dallo stile ‘si riconosce dover 
essere stata erella nel secolo XVII. 
Nella stanza inferiore vi si ammira un 
gran quadro assai. bello, il quale rap- 
presentata — la Risurrezione di Nostro Si- 
gnore — e che dalla maniera si vuole ap- 
partenere al Bonifucio. Nella stanza su- 
periore vi hanno parecchi piccoli qua- 
dri che godono molta stima, e ne’ quali 
sono raffiguvati — 2 Misteri delle prin- 
cipali solennità — onde si sogliono 
quindi trasportare nella chiesa a mano 


a mano che quelle ricorrono, 


e I 


Eglise de Saint œureut. 

Cette église fut bâtie, comme Flami- 
nius Corner l’infère fort sagement d’un 
passage du chroniqueur Dandolo, ou par 
Angèle, aieul, ou par Jean, père de 
l'évêque Orso Partecipazio; et on po- 
sa en même femps les fondements de 
celle de S. Sévère, aujourd’hui sup- 
primée. Le monastère qui formait ja- 
dis une annexe ‘de Péglise, fut bati 
après la mort de l’évêque Orso qui 
ainsi que le dit le même Dandolo déjà 
cité, voulut que l’église de S. Laurent 
élevée par ses aïcux fût transformée en 
un couvent que devait régir sa soeur 
Romaine, placant sous son obédience 
l’église de S. Sévère et les lieux cir- 
convoisins. Mais en 1592, l’abbesse 
Paula de Priuli fit démolir la vieille 
église qui tombait en ruines, .et po- 
ser la première pierre de la nouvel- 
le; ce fut alors qu’on découvrit mira- 
culeusement le corps de S. Candide, 
comme le raconte une ancienne chro- 
nique. Les abbesses suivantes n’épar- 
gnèrent rien pour enrichir l’édifice de 
marbres et d’objets d'art précieux. On 
cite entr’autres abbesses Adrienne Con- 
tarini et Barbe Magno dans le XVII 
siècle. Enfin plusieurs pontifes et pré- 
lats, et en particulier Honorius II, In- 
nocent, Martin et Clément IV, Guil- 
laume, évêque de Concordia et Jean 
patriarche de Grado accordèrent à cet- 
‘te église des immunités et des privilé- 
ges; c'est pourquoi elle devint bientôt 
célèbre. 

Le grand-autel de cette église est 
un ouvrage superbe de Jérôme Cam- 
pagna;. il est décoré de statues, de 
marbres, de bronze, et de six grandes 
colonnes en marbre. On distingue 
entr’autres bons tableaux un — Crucifie- 
went peint — par Balthazar d’Anna. 


Chiesa di S. Lorenzo. 


Questa chiesa fu eretta, siccome dal- 
le parole del cronicisti Dandolo saggia- 
mente deduce Flaminio Corner, o dal- 
l’avo che si nominò Angelo, o dal pa- 
dre del Vescovo Orso Partecipazio, il 
quale ebbe nome Giovanni, e che nel 
medesimo tempo gittarono le fonda- 
menta di S. Severo, ora soppressa. Il 
Monastero, che un tempo andava unito 
alla chiesa, fu eretto dopo la morte di 
esso Vescovo Orso, il quale, siccome 
attesta il sopraddetto Dandolo dispose 
che la chiesa di S. Lorenzo, edificata 
dai padri suoi, fosse ridotta a mona- 
stero, cui presiedere dovesse la sorella 
Romana, facendole soggetta la chiesa di 
S. Severo, le terre e le acque circo- 
stanti. L’anno poi 1592, 1° abbadessa 
Paola de’ Priuli distrusse 1’ antica chie- 
sa, già rovinosa e cadente, ed altra 
nuova ergeane dalle fondamenta, nella 
quale opera, dicesi, fosse miracolosamen- 
te trovato il corpo di S. Candida (1). Le 
seguenti abbadesse ponevano ogni cu- 
ra nell’ arricchire il tempio di marmi e 
lavori di arti preziosi. Citansi tra que- 
ste Andrianna Contarina e Barbara 
Magno nel secolo XVII. Finalmente 
pontefici e prelati e singolarmente Ono- 
rio IF, Innocenzio, Martino e Clemen- 
te IV, Guglielmo vescovo concordiense 
e Giovanni patriarca di Grado, conce- 
devano alla chiesa esenzioni e privilegii, 
onde in progresso di tempo diveniva 
illustre e famosa. 


I altar maggiore di questa chiesa è 
opera magritica di Girolamo Campa- 
gna, ricchissimo di marmi, bronzi e 


statue, e adorno di sei grandi colonne 


(1) Siccome una contemporanea crona- 
Ga narra. 


Lan. 


La maison d'industrie pour les pau- 
vres, attenante à celle église, est un 
établissement fort remarquable; 1° an- 
cien local pouvait contenir plus de 
2000 individus, celui que l’on a élevé 
récemment à la place du premier rasé 
jusqu'aux fondements, est encore plus 
beau et plus commode. 

En repassant le pont des Grees et en 
suivant la rue qui y aboutit, on arrive 
bientôt au pont deS. Antonin qui vous 


conduit en face de l’église du mêine nom. 


im marmo portovenerese. Fra alcüni 
buoni quadri spicca — la Crocifissione— 
dipinto di Baldassare d’ Anna. 

Congiunto a questa chiesa trovasi la° 
casa d’ industria pei poveri, ragguar- 
devole stabilimento, il quale già era 
capace di oltre duemila persone, e che, 
raso di fresco dalle fondamenta, fu ap- 
positamente riedificato più bello e più 
comodo. 


Rifatto il ponte dei Greci dal visita- 
tore e Ja calle in cui mette sino a quel- 
lo di S. Antonino, si trova, varcatolo, 
la 


Eglise de Saiut-SRoutonit. 


Elle fut construite vers la fin du XVII 
siècle et n’a qu’une scule nef et quel- 
ques tableaux assez estimés :—le sacri- 
fice de Noë sort de l'arche — par Pierre 


Vecchia qui se trouve dans la chapelle 


principale; plusieurs ouvrages de Jacopo 
Palma qui ornent la chapelle suivante, 
et un tableau d’Antonio Zanchi qui re- 
présente — S. Jean-Baptiste et S. Louis 
roi de France — dans le compartiment 
d'en-bas et — lévéque S. Libère — dans 
celui d’en-haut, placé au-dessus du der- 
nier autel. Le mur à gauche nous présen- 
te le buste du procurateur Alvise Tie- 
polo, ouvrage d’Alexandre Vittoria sur 
lequel est gravé une inscription hono- 


rable pour la mémoire de ce patricien. 


Chiesa di S. butouuo. 


Dessa fu eretta verso la fine del se- 
colo XVII. La è ad una sola nave, e 
non priva di qualche bel quadro. Per 
esempio — il Sacrificio di Noè dopo 
D uscita dall’ arca — di Pietro Vec- 
chia, esistente nella cappella maggiore, 
e molti fra quelli di Jacopo Palma che 
adornano la cappella seguente cioè lt 
tavola coni — Santi Giovanni Battista e 
Lodovico re di Francia al piano, ed il 
vescovo S. Liborio nell’ alto — opera di 
Antonio Zanchi nell’ultimo altare. Nella 
sinistra parete vi è il busto del — Pro- 
curatore Alvise Tiepolo--lavoro di Ales- 
sandro Vittoria, con onorevole iscrizione. 


——— _—— t-0-C-0- tica ent 


Eglise de Saiut-Gootges des E sclavons. 


al 3 ig 

En suivant les fondamenta qui s'e- 
tendent à gauche du pont, on trouve 
tout au bout celte petite église recon- 


Suu Gianaio den Schianchi 


Avviandosi lungo la vicina fonda- 
menta, s'incontra in capo ad essa que- 
sl altro tempio; riedificato col disegno 


CR: om 


struite d’après les plans de Sansovino 
qui l’acheva en 1551, comme le prou- 
ve une inscription gravée sur la paroi 
extérieure. Laporte est surmontée par 
un bas-relief, ouvrage d’un auteur ha- 
bile, mais inconnu, dont la partie. supé- 
rieure représente — Notre Dame. ayant 
d'un eôte Sainte-Catherine —{à qui l’égli- 
se -éluil consacrée originairment), — €£ 
S. Georges qui lui présente un confrère, 
— et la partie inlérieure : encore S. 
Georges: à cheval qui. tue le dragon. 
— L'église reuterme plusieurs tableaux 
du Carpaccio tant: soit peu endomuwagés 
qui nous montrent — quelques traits de 
la vie de Jésus-Christ, de cells de S. 
Georges et de S. Jérôme, ta résurrection 
de Notre-Scigneur et un portrait d’An- 
toine Vassilachi, un tableau représentant 
trois Saints en champ d'or et S. Georges 
tuant le dragon —date, dit-on, du XVI 
siècle. — L’oratoire de l’étage supé- 
rieur possède quelques bons tableaux 
du genre de Palma, une table. d’autel 
sculptée en bois, ouvrage du XVI 
siècle, et un plafond peint d’après la 
maniere du Tiutoret. 

En sortant de cette chapelle, suivez 
la rue dite des Fur/ani, tournez à gau- 
che, el puis allez tout dioit jusqu’au 
pont qui conduit à l’église de S. Fran- 


çois de la Vigne. 


di Jacopo Sansotîno. Egli compieva 
quest’ opera l’anno 1551, siccome ap- 
pare da un'iscrizione che esternamente 
si legge. Vedesi sopra la porta un bas- 
sorilievo di buoro. mad’ignoto scal- 
pello.. Nella parte ‘superiore. di esso 
sla — Nostra Donna—e da un lato — 
S. Caterina. — a cui prima era sacro 
il tewipio, ne.l’altro, poi — 4. Gior- 
gio, che le presenia un confratello. «e 
Nel.a parle inferiore si vede il mede- 
sino — $. Giorgio a cavallo uccidere il 
dragone. — Dentro la chiesa. vi sono 
alcuni quadri del Carpaccio, i quali pe- 
10 softrirono qualche. danno, e vrap- 
presentano — Alcuni fatti della vita di 
G. C.; di S. Giorgio e di S. Girolamo — 
La Risurrezione di Nostro Signore ed un 
ritratto! — di Antonio “Vasilacchi. Una 
tavola poi con tre Santi in campo d’oro, 
rappresentante — S. Giorgio che ucci- 
de il drago — sì vuoie del secolo XIV. 
— L'oratorio del piano superiore con- 
tiene qualche buon quadro sulla ma- 
niera del Palma, una tavola d’ altare 
tulta intagliata in legno del secolo XVI, 
ed il solfitto, dipinto sulla maniera di 
Jacopo Tintoretto. 

Uscito da questo oratorio, si percor- 
ra tutta la calle dei Furlani, si giri a, 
sinistra, e quindi si tiri oltre sino al 
ponte che mette alla chiesa di 


——_ 0-0 


Eglise de Saiul-Frauncois 
de la Vique. 


On éleva ce temple à la même place où 
croissaitjadis une vigne, emplacement que 
Marc, fils du doge Pierre Ziani destina 
à la fondation d’un établissement pieux. 
Les plans en furent tracés par Jacopo San- 


sovino en 1534, etréformés par Fran- 


$ SCAN debla iqua, 


Ergevasi questo tempio sullo spazio 
occupato da una vigna che Marco fi- 
gliuolo di Pietro Ziani lasciava ap- 
punto per l'erezione di un religioso sta- 
bilimento. Il modello fu dato da Jaco- 
po Sansovino Panno 1534 e riformato 


BETA (AD 


.eois Giorgi, moine de ce couvent, selon 
des principes platoniques en 1535, ainsi 
que nous l’apprend la date même du 
plan corrigé lequel, fort heureusement, 
n'eut pas d’autre honneur que celui 
d’être conservé dans les archives du 
monastère comme un monument d’ar- 
chitecture platonique. La façade, d’or- 
_dre corinthien, fut exéculée en 1561 
par André Palladio, qui sut y marier la 
simplicité la plus absolue à la grâce 
la plus parfaite. Titien Aspetti plaça 
dans les entrecolonnements deux sta 
tues fort belles en bronze qui repré- 
sentent - Moïse et S. Paul. - Sansovino 
aussi avait tracé pour la facade de 
celte église un plan qui, quoique fort 
simple, lui acquit beaucoup d'honneur, 

À peine entré dans l’église, vous a- 
percevez au-dessus des bénitiers deux 
grandes statues en bronze d’Alexan- 
dre Vittoria, dont l’une représente 
— S. Jean-Baptiste — et l’autre — S. 
François d'Assise. 

Dans la première chapelle à droi- 
te en entrant, vous verrez — Saint 
Jean-Baptiste, S. Jérôme et plusieurs 
autres Saints — peints dans un ta- 
bleau d’autel de Joseph Del Salviati ; - 
le Sauveur, la Vierge et quelques Saints, 
par Jacopo Palma, et - une Madelaine 
aux pieds de J. C.- par André Vicentin. 

Dans la seconde chapelle, on trouve 
— l Annunciation de la Vierge, — 
peinte par Pennacchi dans le got de 
Jean Bellini. Le tableau de la troisiè- 
me chapelle, ouvrage de Jacopo Palma, 
réprésente — la 71 ierge dans sa gloire 
et quatre saints. - Celui dela quatrième, 
peint par Paul Véronèse, nous offre — 
la Résurrection. — Celui de la cinquiè- 
me chapelle, exécuté par Baptiste et Fran- 
çois dit le Sémoléi, représente — Le 
Baptème dé Jésus-Christ. — Dans la si- 


XIème, on admire un ouvrase par- 


da Francesco Georgi, frate di quel 
monastero coi platonici principii l’an- 
ni 1535, siccome appare dalla data di 
quella medesima riforma, che per buo- 
na ventura non ebbe altro onore che 
essere conservata negli archivi del 
eonvento a monumento di platonica 
architettura. La facciata fu eseguita 
l’anno 1562 da Andrea Palladio nell’or- 
dine corintio, in cui seppe unire la 
semplicità alla grazia maestosa. Tiziano 


Aspetti pose fra gli intercolunnii due sta- 


tue nobilissime ‘in bronzo , che rap- 


preséntano—S. Paolo e Mose.—Anche il 
Sansovino avea dato un disegno della 
facciata di questo tempio, il quale, avve- 
gnachè semplicissimo, acquistavagli pu- 
re gran nome. 

Entrando appena dentro la chiesa, 
si veggono sulle pile dell’ acqua santa 
due grandi opere in bronzo di Ales- 
sandro Vittoria, luna delle quali rap- 
presenta — S. Gio. Battista — e Valtra 
— S. Francesco d’ Assisi. 

Nella prima cappella a destra di chi 
entra evvi unaltro — S. Gio. Battista 
con S. Giacomo ed altri Santi — pala d’al- 
tare di Giuseppe del Salviati, — il Sal- 
vatore, la Vergine ed aliri Santi. — di 
Jacopo Palma — e la Maddalena a pie- 
di di G. C. — di Andrea Vicentino, — 
Nella seconda cappella — ? Annunciazione 
della Vergine — opera del Pennacchi, 
sullo stile di Giovanni Bellini. Nella 
terza cappella. la pala d’ altare di Ja- 
copo Palma, che rappresenta — M. 7. 
in gloria e quattro Santi. — Nella quar- 
ta, una pala di Paolo Veronese, in 
cui si vede — la Resurrezione — Nella 
quinta, un’altra pala col — Battesimo di 
G. C. — di Battista Franco, detto il 
Semolei. Nella sesta cappella della de- 
stra crociera vi è un diligentissimo la- 
voro di frate Antonio da Negroponte, 


minore osseryan£e, fiorito nel secolo XV, 
na 


pn | (I 


fait d’Antoine de Négrepont, frère mi- 
neur observant, qui florissait au XV 
siècle; c’est une peinture qui nous 
montre — a Sainte Vierge adorant 
VEnfant Jésus —. Dans la chapelle prin- 
cipale existent deux monuments ma- 
gnifiques, et pareils l’un à l’autre, quire- 
vêtent les deux parois latérales et qu’on 
attribue à Vincent Scamozzi. Celui à 
droite fut érigé en 1474 à Triadano Gritti, 
celui à gauche au doge André Gritti, 
‘neveu du précédent, qui mourut en 1533, 

La chapelle Giustiniani, placée à gau- 
che, est revêtue de sculptures fort e- 
stimées, dont les auteurs ne nous sont 
pas connus. Sur l’autel, au lieu de ta- 
bleau, on voit une sculpture divisée 
en plusieurs compartiments et qui nous 
offre plusieurs figures, parmi lesquelles 
on remarque — S.t Jérôme, St Michel 
et S.t Antoine. Le parapet représente — 
le Jugement universel. — Sur les parois, 
vous voyez -— douze Prophètes et qua- 
tre Évangélistes, — et au-dessus de 
ceux-ci seize peintures qui représentent 
— la vie de Nòtre-Dame; — tous ces 
ouvrages datent du quinzième siècle, 

Au-dessus de l’autel de la Sainte 
Chapelle, on a placé une oeuvre de Jean 
Bellini, datée de 1507, qui nous mon- 
ire — la Vierge, le Divin Enfant et plu- 
sieurs saints. 

Dans la première chapelle, à gauche 
du portail, on trouve un tableau d’au- 
tel exécuté par Francois Zucchero en 
1564, lequel représente la — Visite des 
Mages —, peint à l’huile sur marbre. La: 
fresque qui surmonte cet autel, représen- 
tant la - Résurrection de Jésus-Christ - est 
l'ouvrage de J. B. Franco. De chaque 
côté est placée une statue en bronze de 
Titien Aspetti. Sur la paroi à gauche de 
celte même chapelle, vous voyez — La- 
zare ressussité, — et sur la voùle quinze 


compartiments avec diverses figures, 


ch’ è una tavola la quale offre — Nostra 
Donna in datto di adorare il Bambino. 
Nella maggior cappella due magnifici 


‘monumenti simiglianti fra loro ricuopro- 


no le pareti laterali, ed ambidue si repu- 
tano opere dello Scamozzi. Quello a destra 
fu eretto l’anno 1494 a Triadano Gritti, 
quello a sinistra al Doge Andrea Gritti, 
nipote del sopraddetto, il quale mori- 
va l’anno 1538. 


La cappella Giustiniani nella crocie- 
ra sinistra è tutta coperta di buone 
sculture in marmo, i cui autori non son 
noti. Sull'altare, in luogo della tavola, 
havvi una scultura divisa in varit com- 
parti con differenti figure, fra le quali 
spiccano — S. Girolamo, S. Michele e S. 
Antonio. — Il parapetto rappresenta — 
il Giudizio universale. — Sulle pareti la- 
terali sono — dodici Profeti e i quattro 
Evangelisti — e sopra queste, sedici tavo- 
le, in cui sta espressa la — vita di No- 
stro Signore. — Tutte le sopraddette o- 
pere appartengono al secolo XV. 


Sull’altare poi della cappella che ap- 
pellasi Santa, fu posta una tavola di 
Giovanni Bellino, segnata 1507, in cui 
si ammira— la Vergine, il Bambino ed al- 
tri Sani. , 

Nella prima cappella a sinistra della 
porta maggiore, Federico Zucchero, l’an- 
no 1564 poneva una tavola d’altare colla 
Visita dei re Magi — dipinta ad olio sul 
marmo, — Sovr?esso altare — la Risurre- 
zione di Cristo — ch’è un affresco di G. 
Battista Franco. Ad ambo i lati sono due 
stalue in bronzo di Tiziano Aspetti. 
Sulla destra parete di questa cappella 
evvi — Lazzaro risorto — e sulla vol- 
ta quindici comparti con varie figure, tut- 
ti affreschi del sopraddetto Franco. Per 
la seconda cappella Alessandro Vittoria 


— 9% — 


tous peints à fresque par le même Fran- 
co. Alexandre Vittoria énrichit la se- 
conde chapelle des irois statues — de 
St Antoine, de S.t Roch et de S.t Séba- 
stien. La troisième possède la statue en 
marbre de —- S.t Gérard Sagredi, — au- 
dessus de laquelle on voit — /a Sainte 
Vierge et deux Anges — sculptés par 
André Cominelli. Les parois latérales 
de cette chapelle nous offrent deux mo- 
numents en marbre consacrés à la fa- 
mille Sagredo ; à droite celui du doge 
Nicolas, à gauche celui du patriarche 
Alvise, achevés tous les deux en 1744. 
Joseph Salviati peignit pour Ja qua- 
trième chapelle un tableau d’ autel qui 
représente — la Vierge, S.t Antoine et 
S. Bernard. — On placa dans la cinquiè- 
me une peinture fort belle de Paul Vé- 
ronèse, qui nous monire — {4 Vierge 
et quelques Saints. — Enfin, au-dessus de 
la chaire voisine, on admire un tableau 
de Jérome Sainte-Croix qui représente 
— le Sauveur ei le Pere Eternel. 
On voit dans la sacristie deux au- 
tels, ornés l’un d'une — Wierge parmi 
des Anges — peinte à 1° huile sur le 
mur par Paul Véronèse. l’autre d’une 
peinture en trois compartiments qui 
représente — St Jérôme et lévéque St 
Louis, — attribuée à Jacopo Del Fiore 
par les uns, à Antoine de Negrepont 
par les autres. On y voit en outre une 
copie de la Cène de Paul Véronèse, dont 
la république de Venise fit présent à 
Louis XIV — la visite de S.te Elisabeth 
et la Flagellation — de Jacopo Palma. 


Après être sorti de l’église, vous 
franchirez la Salizzada, et le Pont des 


Ecus, pour arriver à l’autre 


% 


scolpiva tre statue cioè — S. Antonio, 
S. Rocco e. S. Sebastiano. — Nella ter- 


. Za avvi un altare colla statua in mar- 


mo di — S. Gherardo Sagredo, — e 
sovra essa — Maria Vergine e due An- 
geli — scultura di Andrea Cominelli. 
Nelle pareti laterali di questa cappella 
hannovi due marmorei monumenti del- 
la famiglia Sagredo; a destra quello del 
Doge Niccolò, a sinistra quello del Pa- 
triarca Alvise, compiuti ambidue l’an- 
no 1744. Per la quarta cappella Giu- 
seppe Salviati dipingeva la pala del- 
l’altare con — M. 7., S. Antonio e S. 
Bernardo, — e nella quinta fu. posta 
una iela che mostra la — Madonna 
con alcuni Santi — distinto lavoro di 
Paolo Veronese. Finalmente sovra. il 
vicino pulpito si ammira un quadro di 
Girolamo Santa-Croce, in cui stanno 


espressi — il Salvatore ed il Padre 
Eterno. 


Nella sagrestia vi sono due altari, 
l’uno ricco di una — Madonna fra gli 
Angioli — dipinti ad oglio sul muro 
da Paolo Veronese; l’altro di una tavola 
con tre comparti, in cui Si veggono — 
S. Girolamo, S. Bernardino ed il Vescovo 
S. Luigi — attribuita a Jacopo Dal 
Fiore, o a frate Antonio da Negropon- 
te; evvi anche una copia della — Cera 
Domini — dipinia da Paolo Verouese, 
perchè l’ originale fu dalla repubblica 
presentato a Luigi XIV, e finalmente 
— la Visita di S. Elisabetta, e la Fla- 
gellazione — di Jacopo Palma. 

Visitata questa chiesa può I’ os- 
servatore varcarne la Salizzada, pas- 
sar il Ponte degli Scudi, e quindi giun- 
gerà all’ altra 


pra NS Ge 


= 99 = 


Eglise de SE NC 


Cette église, qui ne se compose que 
d’une seule nef assez belle, fut achevée 
en 15/0, d’après des plans que l’on 
croit être de Jacopo Sansovino. 


A droite en entrant, après la seconde 
chapelle, vous trouvez le magnifique tom- 
beau que le doge Francois Erizzo se fit 
élever de son vivant en 1633. Au milieu, 
on voit sa statue de grandeur naturelle 
qui le représente recevant des suppli- 
ques; Mathieu Cornaro fut à Ja fois l’ar- 
chitecte et le sculpteur de ce monument. 

Dans i 


principale, on admire un tableau d’au- 


celle à droite de la chapelle 


tel de Jérôme de Sainte-Croix, qui re- 
présente — la Résurrection de Jésus- 
Christ. — Le tabernacle fort élégant 
de la grande chapelle est enrichi de pein- 
tures exécutées par Jacopo Palma. Dans 
une niche à droite de cette même cha- 
pelle, on voit un bon tableau ancien 
de petite dimension qui reproduit — 
l’'Annunciation. — Les fresques furent 
Fabio Canal. Enfin, dans 


Ja première chapelle à gauche en en- 


exécülés par 


irant, on voit un tableau d’autel de 
Mathieu Ponzone, qui nous cffre — 


de la 
se trouve un Bapüistère, ouvrage 


St Jean l’Evangeliste —. Près 
chaire 
précieux de Tullius Lombard, qui le 
termina en 1484. Le parapet de Porgue 
est orné d’uné peinture d’un effet admi- 
rable, laquelle représente Ja — Cène de 
Jésus - Christ, — et que Jérôine Säinte- 


Croi 


x exécuta en 1549. 


Chiesa di S. OT Uattino. 


Questa, chiesa, la quale: non: consta, 


che di una sola nave, è bellamente di- 
stribuita, e fu. compinta Panno 15 40 col 


modello. che si reputa di Jacopo San-, 


sovino. 
A destra di chi entra, dopo la secon- 


da cappella, evvi il magnifico deposito . 


che il doge Francesco Erizzo ancor vivo 
facevasi innalzare l’anno 1633. Nel mez-. 
zo vi è la sua statua al naturale in atto di 
accettare le suppliche, ed era, architetto 
e scultore ad un tempo di tutto il mo- 
numento Malteo Cornaro. 
Nella cappella a destra della maggiore 

vedesi una pala.d’altare, in cui Girolamo 
Santa Croce dipingea — da Risurrezione 


di Cristo — li’elegante tabernacolo poi, 


della cappella maggiore è adorno di pit- 
ture del Palma. In una nicchia a, destra 
di questa cappella. medesima vi è un 
buon quadretto antico, che offre 
P Annunciazione. — Le pitture a fresco 
furono eseguite da Fabio Canal. Final. 
mente nella prima cappella a sinistra 
di chi entra fu posta una pala di Mat. 
teo Ponzone, che mostra — S. Giovar- 
ni Evangelista. — Presso il pulpito vi 
è il Battisterio, squisitissimo lavoro di 


pei 


Tullio Lombardo, dell’ anno 1484. Il, 


parapetto dell’ organo è bello di un 


dipinto mirabile. per effetto, in cui sì 


vede la — Cena di Gesù Cristo — com 


piuto 1’ anno 


Croce. 


1549 da Girolamo Santa. 


€ Sorsenal. 


Non-loin de/l’église de St Martin, 
s'élève ce monument glorieux de la 
puissance vénitienne. Il est bien fait 
pour exciter l’intérêt de toute sor- 
te de personnes, puisqu'il réunit 
des chefs-d’oeuvre d’art, d’industrie, 
de richesse et de toute - puissance; 
cest sans contredit l'édifice le plus 
grandieuse de Venise et un des plus 
beaux de PEurope dans ce genre. On 
commenca les travaux de construction 
vers l’an 1304, à ce que l’on croits, ous 
la direction de l’architecte André Pi- 
sano. Différents arlistes continuèrent 
l’ouvrage à diverses époques jusqu’à ces 
derniers temps. Cet arsenal a plus de 
deux milles de circonférence, et ren- 
ferme: un grand nombre de chantiers 
- disposés dans le plus bel ordre pour 
la construction de navires de toute 
grandeur et de toute sorte ; quatre dar- 
ces fort vastes où on les met à flot, cinq 
grandes fonderies de canon, quatre salles 
d'armes et une de modèles, Une forte mu- 
raille crénelée et, flanquée de plusieurs 
tours le ceint de toutes parts. L’en- 
trée en est vraiment superbe, soit pour 
les monuments admirables qui la déco- 
rent, soit pour l’aspect imposant qu’elle 
offre par elle-même, La porte en guise 
d’arc triomphal, et les statues qui l’or- 
nent, ainsi que les lions, superbes dé- 
bris de la plus illustre des républiques 
anciennes, lesquels ne pouvaient, après 
sa chüte, trouver de plus digne asile 
que sur le sol de Ia plus puissante des 
républiques modernes ; le piédestal en 
bronze du mât d’étendard, glorieux mo- 
nument du dernier des Vénitiens et du 
dernier éclair de splendeur qui brilla 
pour la reine de l’Adriatique, enfin la vue 
pe la mer et de la ville même, qui semble 


L° Arsenale. | 


Questo monumento, il più solenne 
della potenza viniziana, s'incontra poco 
distante dalla sopraddescrilta chiesa di 
S. Martino. Egli potrebbe destare la 
meraviglia e l’ interesse di qualunque 
genere di persone, siccome quello in 
cui si raccolgono per lo appunto molti 
bei capo-lavori dell’arte, e che è senza 
dubbio opera stupenda dell’ industria 
e della potenza di una nazione, l’unico 
finalmente del quale superbisca il com- 


«mercio di tutti i tempi e di tutti i 


popoli. Fu egli ‘cominciato verso lan- 
no 130/, per quanto si crede, dall’ ar- 
chitetto Andrea Pisano. Fu poscia in 
varie epoche continuato, e da differenti 
arlisti sino a questi ultimi giorni. Gira 
egli oltre due miglia, comprende mol- 
lissimi cantieri, opportunissimamente di- 
sposti per la costruzione di qualsivo- 
glia genere e grandezza di navi, quat- 
tro ampie darsene nelle quali galleggiano, 
cinque grandi fonderie di cannoni, quat- 
tro sale d’armi, e una di modelli. È chiuso 
da ‘forti mura e da torri. Solenne n’è 
l’ ingresso sì pei magnifici monumenti 
che l’adornano, come per il grandioso 
spettacolo che di se medesimo presenta 
con quella sua porta ad arco trionfale, 
colle statue che la decorano, con que’ 
leoni, splendide reliquie della più potente 
repubblica antica, e cui solo degno asilo, 
dopo la caduta di quella, era la più 
potente delle moderne repubbliche, col 
pilo di bronzo, glorioso monumento del- 
l’ ultimo dei Viniziani, e dell’ ultimo 
lampo di gloria che splendesse a que- 
sta regina del mari, colla vista al per- 
fine del mare medesimo , e della città 
che surse dal suo grembo per dettar- 
gli legge. Ora verremo a descrivere Je 
principali parti di questo arsenale. 


— 94 — 


sortir du sein des flots pour leur dicter 
des lois, présentent un coup-d’oeil réel- 
lement majestueux. Nous allons parler 
maintenant de chaque partie de cet 
arsenal en particulier. 


Place QL6-d-q16 de l'entrée principale. 


Au milieu de cette place on voit le 
piédestal ou socle en bronze érigé 
par la république en 1693 en l’honneur 
du doge François Morosini surnommé 
le Péloponnesiaque. L'inscription qu'il 
porte fait allusion à la conquête du ro- 
yaume de Morée, et les bas-reliefs à la 


puissance maritime de Venise. 


Porte principale (du coke de tette.) 


Cette porte fut construite en 1460, sous 
le doge Pascal Malipiero, ainsi que l’ap- 
prennent plusieurs inscriptions en ca- 
raclères entrelacés, selon l’usage du 
temps, gravées sur les colonnes en dif- 
férents endroits. Les colonnes sont de 
marbre grec, le lion de l’attique est 
colossal, et l’ensemble de ce bel édi- 
fice d’ordre corinthien révèle dans 
celui qui en fut l'architecte une con- 
riaissance profonde des constructions 
romaines: ce qui nous induirait à croire 
que cet architecte fut le fameux Frère 
Joconde qui exercait son art à cette é- 
poque à Venise. L’arcade entre les deux 
colonnes est ornée de sculptures exécu- 
tées par les disciples de Sansovino. et 
‘achevées vers la fin du XVI siècle. On 
voit au sommet la statue de — Sainte 
Justine — ouvrage de Jérôme Campar 
gna, destiné à consacrer la mémoire 


PAZ d'iumanet all Lug esso 


8 


principale. 


Nel mezzo di lei sorge il pilo di 
bronzo che la repubblica ergeva 1° an- 
no 1693 ad onore del doge Francesco 
Morosini detto il Peloponnesiaco. L° i- 
scrizione allude alla sua conquista del 
regno di Morea; i bassi rilievi espri- 
mono la potenza marittima dei Vini- 


Ziani. 


Porta principale e tecvestue. 


Questa porta fu. eretta l’anno 1460 
sotto il doge Pasquale Malipiero, se- 
condo che è scritto in varii luoghi delle 
colonne con caratteri intralciati giusta 
lo stile di que’ tempi. Queste colonne 
sono di marmo greco, colossale è il leone 
che campeggia nell’ attico, ed il com- 
plesso di quest’opera magnifica, di or- 
dine corintio, svela in colui che ne fu 
architetto la cognizione degli antichi 
romani monumenti ; locchè induce opi- 


nione fosse il famoso Fra Giocondo, che 


a que’ dì lavorava a Venezia. L’arco 
fra le colonne è adorno di sculture dei 
discepoli di Sansovino, compiute verso 
la fine del secolo XVI. Sulla sommità 
vi è la statua di—-S. Giustina — opera 
di Girolamo Campagna, destinata a con- 
sacrare la memoria del trionfo alle Cur- 
zolari, ottenuto l’anno 1571, il giorno 
sacro alla Santa sopraddetta, siccome ac- 


è 
de la victoire remportée à Curzola en 
1571, le jour de la fête de cette Sain- 
le; ainsi que le dit une inscription. 
Au-dessus de la porte intérieure, on 

admire une statue de — la Vierge, — 


sculptée par Sansovino. 


Lo quabce Lious abbentens. 


Ces quatre lions de marbre pen- 
thélique furent transportés de Morée 
à Venise par ordre de Morosini le Pé- 
loponnésiaque en 1687, et placés à colé 
de la balustrade qui ferme l’entrée de 
I° arsenal. On a beaucoup écrit et as- 
sez confusément à propos de ces lions; 
voici en peu de mots ce quon peut 


en dire de plus sûv et de plus essen- 


tiel. Le premier lion, représenté appu- 


yé sur ses pattes de devant, fut enle- 
vé du Pirée, qui en avait tiré son nom 
de Port-lion; deux 
lacent comme deux serpents à son é- 


inscriptions s’en- 


paisse crinière. Les savants ct les phi- 
lologues ont mis leur cerveau et leur 
science à la torlure afin de venir à bout 
de les déchiffrer. Le Suédois d’Aker- 
blad et son traducteur Villoisson pré- 
tendent qu’elles sont runiques; le ca- 
Valier Bossi et d’Hancarville veulent à 
toute force qu’elles soient pélasgiennes, 
cet nient que le lion soit grec, tandis 
que. Cicognara soutient au contraire 


qu'il est évidemment tel. Cette der- 


nière opinion fut combattue par le P. 
Rink, qui crut lire d’après les vestiges 
des deux inscriptions quelques mots 
signifiant que ce lion était consacré à 
| Athènes. Enfin, tandis que quelques-uns 
pensent que la date de son exécution 
est postérieure au règne des Antonins, 
Duelques autres soutiennent qu’elle ne 
remonte rien moins qu'à 2300 ans en 


i 


cenna l’ iscrizione. Sulla porta interna 
dell’ atrio si ammira poi una statua di 
— Maria Vergine — di Jacopo San- 
sovino, 


dy quattro L comi dbteuvesr. 


Questi quattro leoni di marmo. pen- 
telico furono que’trasferiti di Morea dal 
Peloponnesiaco l’anno 1687, e posti 
lateralmente alle balaustrate di questo 
ingresso. Le cose scritte intorno ad essi 
non hanno, come vulgarmente si dice, 
nè principio nè fine, e le si possono ri- 
durre ne’ termini seguenti, Il primo di, 
questi leoni, che sta ritto sulle zampe din- 
nanzi, fu tolto dal Pireo, il quale per ciò 
chiamavasi ancora Porto-leone, ed ha 
due iscrizioni condolte a guisa di serpe 
intorno alla chioma. Gli 
filologi fecero laghi di erudizione e 
filologia per dicifrarle. Lo svedese d’A- 
kerblad e il suo traduttore. Villoison 


eruditi e i 


le stimarono runiche. Il cavalier Bossi 
e d’Hancarville le considerano pelasghe, 
e non greco il leone, il quale al con- 
trario è appunto repulato greco dal no- 
stro Cicognara. Quest'ultima opinione fu 
ribadita dalle osservazioni del P. Rink, 
al quale parve leggere in quelle iscri- 
zioni reliquie di vocaboli in cui si espri- 
messe esser egli sacro ad Atene. Final- 
mente mentre alcuno lo credette opera 
posterior agli Antonini, altri gli da 
vita nientemente che di duemilatrecen- 
t’ anni, costituendolo monumento della 
battaglia di Maratona, e del valore di 
Milziade, di Aristide e di Eschilo. 


cio 


arrière, voulant que ce soit là un mo- 
nument de la bataille de Marathon, de 
la valeur. de Miltiade, d’Aristide et 
d’Eschyle. 

Le second lion, que le sculpteur re- 
présenta étendu de tout son long, était 
placé sur le chemin du Pirée à Athè- 
nes. On le dit d’un bon style et d’une 
date voisine de celle du premier, à 
l'exception, de la tête qu’un artiste 
moderne ajouta. Les autres sont moins 
grands et moins estimés ; les piédestaux 
de tous les quatre portent des inscri- 
ptions gravées à Venise. 


Les quatve salles d'atwes. 


Il serait trop long de parler ici de 
tous les objets qui embellissent ces qua- 
tre salles, et dont les uns sont précieux 
pour la matière ou le travail, les autres 
pour leur antiquité on les souvenirs 
qu’ils rappellent. Nous nous bornerons 
donc à indiquer les principaux d’en- 
tr’eux. 

Vis-à-vis de l’entrée de ces salles, 
on a placé le buste en bronze de l’em- 
pereur François If, plus grand que 
nature, ouvrage fort remarquable du 
sculpteur vénitien Barthélemy Ferrari. 
On voit ensuite l’armure en fer de 
Charles Zeno, qui vainquit les Génois à 
Chioggia; celle d’un enfant trouvée, à 
.ce que l’on dit, sous le murs de Pavie 
en 1527; un mortier composé de cor- 
des, ceint de fer et doublé de cuir, 
qui dispute da pomme... de l'antiquité è 
un canon du même genre que l’on 
conserve dans l’arsenal de Gènes ; es 
armes de Henri IV, noble présent de 
ce grand prince à la république son 
amie ; que l’on conserve, accompagnées 
d’une inscription, dans une niche at- 


Il secondo leone, cioè quello che giace 
sdraiato, era sulla via fra Atene ed il 
Pireo. Ha fama di buon lavoro, e di un’età 
vicina a quella del primo, tranne il capo 
di poco merito che fu aggiunto da mo- 
derno artista. Men ragguardevoli e di 
ininor dimensione sono gli altri due ; 
e tutti e quattro sui piedestalli hanno 
iscrizioni incisevi a Venezia. 


Le qualtco sale di am, 


Troppo lungo e inopportuno sareb- 
be lo enumerar qui tutti e singoli gli 
oggetti che arricchiscono queste sale, 
preziosi per materia, per lavoro, e per 
l'età cui appartengono e per i fatti 
che ricordano. Noteremo i principali. 


Dirimpetto all’ingresso ergesi il busto 
in bronzo di — S. M. Francesco I. —, 


maggior del naturale: è getto felice del. 


veneziano scultore ‘Bartolommeo Fer- 
rari. Vedesi poi — ? Armatura di Carlo 
Zeno vincitore a Chioggia dei Genovesi 
— quella di un fanciullo, rinvenuta sotto 
le mura di Pavia, per quanto si dice, lan- 
no 1527 — un mortaio a bombe costrutto 
di corda, cinto di ferro e foderato di 
cuoio, che contrasta al cannone di egual 
materia che si conserva all arsenal di 
Genova il vanto dell’anuichità — le armi 
di Enrico IV, famoso dono di quel prin- 
cipe all amica repubblica, che con ono- 
revole iscrizione si conservano în una 
nicchia, giudicata opera dello Scamozzi — 
un cavallo bardato, con l'armatura eque- 


< 


tribute à Scamozzi; — un cheval bar- 
de et l’armure ‘équestre dErasme De- 
i Narni, dit Gatta Melata — remarquable 
pour la délicatesse de son dessein et l'ex- 
_actitude de l’exécution; — un casque et 
une salade — d’un travail grossier, que 
la tradition prétend avoir appartenu à 
Attila; — quelques casques de fer — 
sans trous pour la vue et la respira- 
tion, sur l’usage desquels on a long- 
temps dispulé, mais que la plupart re- 
gardent ‘comme des instruments de tor- 
ture; —- d’autres instruments de sup- 
plice — que l’on croit avoir apparte- 
nu à Francois de Carrare, seigneur de 
Padoue ; — un autre outil de torture 
— en forme de clef, qui décochait un 
dard très-subtil produisant une mort 
certaine et douloureuse sans: laisser 
aucune trace de blessure ; — une €- 
trange machine — inventée sans doute 
par le démon de la jalousie, le tout 
attribué à ce même Francois de Car- 
rara; — un écu et un heaume du doge 
Sebastien Ziàani — également précieux 
par la matière et par le travail-enfin 
Pétendard conquis par les Vénitiens 
sur la galère d’Ali-Pacha à la bataille 
de Lépante. En outre, on ne doit pas 
manquer d’examiner avec attention les 
monuments que la république éleva à 
Victor Pisani et à Angèle Emo dans la 
meme salle, comme si elle avait voulu 
rejoindre le plus beau jour de son 
midi au dernier rayon de son déclin. 

La plus grande partie des objets 
rassemblés aujourd’hui dans ces salles 
élait placée jadis dans celle du Conseil 
des Dix. 


fi — 


stre di Erasmo Da-Narni detto Gatta 
Melata, ragguardevole per grazia di di- 
segno ed esattezza nell'esecuzione — elmo 
e celata di rozzo lavoro, che la tradizione 
vuol far credere di Attila - alcune celate 
e pettorali. di grosso ferro, prive di un 
varco diretto alla vista ed alla respira- 
zione, intorno all’ uso delle quali si di- 
sputa, ma che i più reputano un tormen- 
10 --= altri tormenti che si attribuiscono 
a Francesco di Carrara signore di Pa- 


dova -— un altro ordigno micieliale în 


forma di chiave, che scagliava un sotti- 


lissimo dardo il quale portava morte. ine- 
vitabile e cruciosa senza lasciar traccia 
di ferita — un ostacolo suggerito dalla 
strana gelosia, il tutto attribuito al Car- 
rarese — uno scudo ed un elmo del Doge 
Sebastiano Ziani, assai ragguardevole per 
materia e lavori diligentissimi — final- 
mente — il vessillo preso da Veneziani 
sulla galera di Aù Bascia nella batta- 
glia di Lepanto. Meritano poi di essere 
attentamente considerati i monumenti 
che la repubblica ergeva a Zittor Pisani 
e ad Angelo Emo, che in queste sale si 
irovano uniti quasi per congiungere i 
più bei tempi della sua gloria colPul- 


tima favilla del suo valore. 


Si noti inoltre che Ja massima parte 
delle cose qui dentro raccolte esisteva- 
no un tempo nella sala del Consiglio 


dei Dicci. 


PIPA è po CO 


Rotellecs (OFFICINE). 


Dans les différents ateliers et usines 
que l'Arsenal renferme, on fabrique 
tout ce qui est nécessaire pour l’arme- 
ment des vaisseaux, leur gréement, et 


leurs ornements, en un mot tout ce 
qui est du ressort de l’art nautique. 
Vous y verrez des ateliers de peinture 
et de sculpture; des ateliers pour la 
coupe des voiles, pour la fabrication 
des ancres; des forges, des corderies, 
etc. Tous ces établissements qui mon- 
tent ensemble au nombre de 23, sont 
construits de manière à préserver les 
ouvriers de l’intempérie des saisons, 
ce qui n’est pas le moindre mérite de 


cet arsenal. 


dbteliecs prumcipauce (rPARTI). 


On appelle ainsi certaines parties 
de l’arsenal qui tirent leur nom de 
quelqu’atelier spécial. On distingue 
entr’autres le riparto des scies, vaste 
bâtiment construit durant la première 
moitié du XVII siècle par Joseph 
Scalferato, architecte de 1° Arsenal; il 
est long de /47 pieds et haut de 40; 
c’est là que, l’on dégrosse et que l’on 
scie le bois. Le riparto de la Tana est 
un dépôt de réserve pour les pompes 
et les machines contre l'incendie; il 
était affecté autrefois à la fabrication 
des càbles et des cordages. Il a gro pieds 
de longueur, 70 de largeur et 32 de 


hauteur. 


Sono queste diversi luoghi, desti. 
nati ciascuno per i differenti lavori ri- 
sguardanti la costruzione di ogni ma- 
niera di navi, l’armamento, 1’ adorna- 
mento e tuttociò infine che all’ arte 
nautica appartiene. Vi sono quindi le 
officine — per la Pittura — per la Scul- 
tura — la Guarnitura — la T ornitura 
— le Vele e le Bandiere — le Ancore — 
le Corderie — la Incatramazione —= e via 
discorrendo, le quali tutte sommano a 
circa ventitre, coperte ognuna in maniera 
che gli operai possano lavorare difesi! 


dall’ intemperie della stagione. Lo che, 


è uno de’ principali pregi di questo 


arsenale. 
Ripeto, 


Sotto il nome di riparti s’intendono 
alcuni luoghi dell’arsenale i quali pren- 
dono nome da qualche singolar offici- 
na. Fra questi i più ragguardevoli so- 
no il riparto Seghe, grandioso e co- 
lossale edifizio eretto nella prima metà 
del secolo XVIII con architettura di 
Giuseppe Scalferato architteto dell’ ar- 
senale. È lungo 447 piedi, ed alto ho ; 
su desso si squadrano e segano le- 
gnami. Il riparto la Tana è un depo- 
sito di riserva per pompe ed attrezzi 
in caso d’ incendio. Una volta era de- 
stinata alla fabbricazione delle gomene 
e cordaggi. È lungo piedi g1o, largo 


70 e allo 12. 


"ous 


Aoutces endroits cematg uables ; 


Les dépôts, les fonderies et les 
chantiers sont également dignes d’at- 
tirer les regards du curieux, ainsi que 
les galeries des bois, le parc des bou- 
lets, les magasins maritimes le parc 
d'artillerie et celui des ancres. Mais 
comme toutes ces différentes parties 
ne sauraient intéresser particulière- 
ment que les amateurs de science nau- 
tique, etc., nous nous bornons à cette 
simple mention, de crainte d’ennuyer la 
plupart de nos lecteurs par une descri- 


plion détaillée. 


Eglise de Saiut-F cauncois de Paule. 


Cette petite église, qui appartenait 
aux Pères de l’ordre des Minimes, fut 
- bâtie vers la fin du XVIe siècle. Jean 
Contarini en peignit le plafond dans 
‘les dernières années de sa vie; dans 
le compartiment du milieu, il repré- 
senta — la Resurrection de Notre-Sei- 
gneur — et à l’entour — les évangé- 
listes, les docteurs et quelques exploits 
de la famille Caraffa, aux frais de la- 
quelle il exécutait cet ouvrage. Il pei- 
gnit en outre — ?Annonciation de la 
_ Vierge et lAdoration des bergers —, et 
vers les. angles de l’église — quatre 
traits de la vie du Saint — qui en est la 
patron, exécutés en clair-obscur ; enfin 
— quatre blasons vw armoiries — de 
la famille Caraffa dans le même genre 
de peinture. Ce plafond passe pour 
un des plus beaux de Venise. 


x 


+ 


* oNofter Muoghi caqquardesoli.. 


I depositi, le fonderie ed i cantieri 
sono tutti luoghi degni di singolar at- 
tenzione ; così pure le gallerie di le- 
gnami, il giardino delle palle, 1 magaz- 


zini marittimi e generali, il parco di 


artiglierie e delle ancore. Ma tutti que- 
sti luoghi siccome non possono attirar 
singolarmente 1° attenzione che degli 
amatori di cosiffatti differenti rami della 
nautica scienza, perciò basterà quivi ac- 
cennarli, onde schivare la noia di una 


circonstanziata descrizione. 


\ 


di Fhatcéses dl Pasta. 


Questa piccola chiesa, che appartene= 
va ai Padri dell’ordine dei Minimi, edi- 
ficavasi alla fine del secolo XVI. Il sof- 
fitto fu dipinto da Giovanni Gontarini 
negli ultimi anni di sua vita, il quale 
nel comparto di mezzo poneva — la 
Risurrezione di N. S. — e intorno — 
gli Evangelisi e i Dottori, non che im- 
prese guerresche della famiglia Caraffa. 
— Vi END 


stra Donna Annunziata —, l Adorazione 


rappresentava ancora 
de? Pastori — e verso gli angoli della 
Chiesa a chiaro scuro. — quattro fatti 
della vita del Santo titolare —  final- 
mente — Quattro stemmi dei Caraffa -— 
sul medesimo genere di pittura. Questo 
soffitto ha fama dei principali di Ve- 
nezia, per il vago colorito, e per le 
distinte e ben messe figure, e fu opera 
condotta a spese della suddetta famiglia 
Caraffa. 


CS 


—,400 — 


On y voit aussi plusieurs tableaux 
eslimés, entr’autres le troisième 
autel à droite celui — de S. Jean PE- 


vangéliste et de Notre-Dame, — peint 


sur 


par Jacopo Palma; au-dessus du qua- 
trième, une bonne copie — de l’image 
de S. Francois de Paule, — par Alvise 
Dal Friso, dont on admire l’original 
dans PEglise de S. Trovaso dont nous 
parlerons plus tard; quaire tableaux 
de Marc Zanchi et un de Dominique 
Tiepolo, exécuté en 1748, qui repré- 
du 
patron de leglise —.Dansla petite cha- 


sentent — cinq divers miracles 
pelle, à côté de la principale, on ad- 
mire une — Annonciation — de Jacopo 
Palma. Près du maître-autel, on aper- 
coit deux statues en marbre qui repré- 
sentent l’une — S. Marc — par Gré- 
goire Morlaiter, l’autre — S. Barthé- 
lemy — par Alvise Catajapiera. Enfin 
Jacopo Marieschi peignit le tableau 
d’autel représentant — le martyre de 
S. Barthelemy —, er Michel Schiavone 
sur la vote de l’église — S. François 
rencontrant dans le ciel S. Michel — et 
deux figures qui représentent — la 71. 
eille et Ja Nouvelle Loi.—. Le dernier au- 
tel nous offre un autre tableau de Ja- 
copo Palma qui reproduit — S.te Claire 
d'Assise, S.te Catherine de Sienne — et 
denx autres saintes, lune en habit de re- 
ligicuse, et l'autre ayant un lion à ses 
pieds. — Non loin de celte église, vous 
irouvez i 


In questa chiesa sonvi di buone figure; 
per esempio nel terzo altare a diritta — 
un S. Giovanni Evangelista e Nostra 
Signora — di Jacopo Palma; nel quar- 
to — l’immagine di S. Francesco di Paola 
— buona copia di Alvise Dal Friso, il 
cui originale ammirasi nella chiesa di 
San Trovaso, della quale sarà detto 
in seguito, e quattro quadri di Marco 
Zanchi, non che uno di Domenico Tie- 
polo, notato l’anno 1748, che rappre- 
sentano — Miracoli del Santo —. Nella 
piccola cappella a fianco la maggiore 
evvi — ur Annunciazione — di Jacopo 
Palma. Nellaltar maggiore sono osser- 
vabili due statue in marmo, l’una rap- 
presentante — S. Marco — di Grego- 
rio Morlaiter, Valtra che raffigura — 
S. Bartolomeo — di Alvise Catajapiera. 
Finalmente Jacopo Marieschi dipinse la 


tavola — colla scorticazione di esso S. 


Bartolomeo — e Michele Schiavone 
fece nel volto — S. Francesco in gloria 
incontrato da S. Michele, e due figure 
che rappresentano la legge vecchia e la 
nuova —. Nell’ ultimo altare havvi una 
altra tela di Jacopo Palma — cor S. 
Chiara d’ Assisi e S. Caterina da Sicna 
ed altre Sunte —. Poco discosti si tro- 
vano 1 


—__——___c€<«n Trs 


Les a atdins Publics, 


Ces jardins furent créés (créés est 
bien le mot) en 1807, par ordre de 
Loira 1 À SPA 
Napoléon; ils devinrent bientôt un des 


lieux Jes plus agréables de Venise, et 


Pubblici Giacdiui. 


Furono essi eseguiti l’anno 1807 per 
decreto di Napoleone imperatore, onde 
accrescevasi a questa città un veramente 


anmirabile ornamento, e nel suo gene- 


a 


-_ 6 ER 


personne ne regrettera surement la 
perte des édifices qu’il fallut abattre 
pour les planter, lorsqu'il se proménera 
sous les frais ombrages de ces arbres 
à-peu-près uniques à Venise. Nous 
. consacrerons toutefois les lignes sui- 
Vantes à la mémoire des édifices qui 
out disparu pour leur faire place. — 
Là où s’élève aujourd’hui la belle grille 
des Jardins, on voyait jadis un cou- 
vent de frères dominicains, où repo- 
saient les cendres de la célèbre Cassan- 
dre Fedele, puis un autre de Capuci- 
nes établi par Francois Vendramin dans 
. un palais magnifique qui lui apparte- 
nait, (et où Iogezient auparavant les 
plus illustres étrangers qui se rendaient 


à Venise); et destiné à l’éducation et à° 


l'entretien des jeunes-filles patriciennes 
peu favorisées par la fortune; puis le 
séminaire des clercs qui devaient des- 
servir la basilique de S. Marc, et en- 
fin un monastère de Chanoines régu- 
hers fondé en 1334 par Marco Catapan 
et par Christophe Istrego sur l’empla- 
cement desséché d’un vaste marais que 
la république leur avait cédé. 
‘Le plan de ces jardins fut tracé par 
Antoine Selva, et le soin d’en faire exé- 
,cuter toute la partie qui concerne la plan- 
lation, dévolu à Pierre Antoine Zorzi, 
auquel l’auteur de ce livre est attaché 
par les liens de la plus tendre et de la 
plus respectueuse amitié. Ces deux hom. 
mes distingués achevèrent ainsi un mo- 
nument qui ne contribue pas moins à l 
embellissement de Venise, qu’aux plai- 
sirs de ses citoyens et des étrangers. Des 
allées d’acacias et d’autres arbres a- 
… gréables à l’oeil et offrant de délicieux 
. ombrages, des ronds-points, des quin- 
_ conces, des collines artificielles, embel- 
lissent ces jardins qui présentent d’ail- 
leurs des points de vue admirables ; les 
îles qui les entourent, le bassin du port 


re olii quantunque importas- 
se la distruzione di non pochi nobilis- 
simi ed antichissimi edificii. Concios- 
siachè dove sorgono i cancelli era un 
cenobio di frati Domenicani, in cui ri- 
posavano le ceneri della celebre Cas- 
sandra Fedele, poi un convento di Cap- 
puccine, in cui si educavano nella pietà 
e nei costumi le fanciulle patrizie. ve- 
nete in basso stato cadute, instiluito da 
Francesco Vendramino in un suo ma- 
gnifico palagio, ove prima alloggiavano 
i più illustri personaggi che giunge- 
vano a Venezia; quindi il seminario dei 
Cherici destinati al servigio della Du- 
cale Basilica. Finalmente un monastero 
di Canonici regolari erelto nel 1334 da 
Marco Catapan e da Cristoforo Istrego 
sovra un vasto padule donato loro dalla 


repubblica. 


Il disegno di questi giardini è di 
Antonio Selva, e la cura dell’esecuzio- 
ne per ciò che riguarda le piantagioni, 
deesi al nobil Pietro. Antonio Zorzi, a 
cui ci lega la riverenza più tenera. 
Essi compiettero un’ opera che forma 
non meno il diletto che 1’ ammirazione 
dei cittadini e dei forestieri, perchè 
con viali di acacie e di ali alberi 
non meno belli alla vista che pregievoli 
per ombre salutifere, con piazze, con 
ponti ed artificiali colline abbellirono 
un luogo che la vista dei colli cuganei, 
delle circostanti isolette, della vicina 
città, e della sottoposta e tremolante 


laguna popolata di barche e di navi 


. rendono più magnifico. Aggiungi sulla 


sopraddetta collina artificiale un caffè, _ 


luo E O 


et la ville voisine, la lagune sillonnée 
par de nombreux bateaux et couverte 
de navires à l’ancre, enchantent les re- 
gards des promeneurs. Un café s’élève 
aujourd’hui au haut de la plus grande 
des collines artificielles et on y jouit 
dun coup-d’oeil charmant, commodé- 
ment assis dans le pavillon qui com- 
pose ce calé, ou à l’ombre des arbres 
qui l’entourent. — Tout près des jar- 


dins publics, vous trouverez 


L'Eg lise de Santo osepb. 


Cette église qui appartenait jadis à des 
religieuses, Auguslines, est aujourd’hui la 
propriété des Soeurs Sulisiennes (du Sa- 
cré-Coeur) qui méritent si bien de la vil- 
le où les a introduites le gouvernement 
autrichien par l'excellente éducation 
qu’elles donnent aux jeunes-filles admises 
dans leur pensionnat. — On commenca 
à batir l’église de S. Joseph dans les 
premières années du XVI siècle ; elle 
est d’une grandeur médiocre, mais elle 
abonde en monuments d'art précieux. 

Près du premier autel à droite en 
entrant, on voit un tableau d’autel de 
Jacopo Tintoret qui représente — 
PArchange S. Michel et le portrait en pied 
du sénateur Michel Buono —. Au-dessus 
de Pautel, derrière le choeur, existe 
un tableau de Paul Véronèse qui re- 
présente — /a Naissance de Notre-Sei- 
gneur Jésus-Christ — très-estimable pour 
la grâce de la composition, la supério- 
rité de l'exécution, mais peut-être d’une 
îeinte un peu trop sombre. Sur la pa- 
roi à gauche du spectateur, on a placé 


le mausolée du sénateur Jerôme Gri. 


dal quale si gode tutta questa prospet- 
tiva e che serve al riposo od al dilet= 
to, Vicinamente a questi giardini tro- 


vasi la 


Chiesa di S. Giuseppe. 


Apparteneva essa un tempo alle mo- 
nache Agostiniane, dalle quali passò alle 
religiose Salisiane benemerite della più 
culta educazione, e nella città nostra 
dull’austriaco Governo introdotte. Que- 
sta chiesa fu incominciata ad erigersi 
in sui primordi del secolo XVI; ella 
è di mediocre grandezza, ma ricca di 


molti monumenti dell’ arte, 


Nel primo altare a destra di chi en- 
ira Jacopo Tintoretto poneva una pala 
rappresentante — 2 Arcangelo S. Mia 
chele col Senatore Michiel Buono ritratto 
in tutta persona —. Nell’ altare che sta 
dietro il coro vi è un’altra pala di 
Paolo Veronese che mostra — la Nati- 
vità di Nostro Signor Gesù Cristo —-, 
ragguardevole per graziosa composi- 
zione, per maestà congiunta a leggiadria, 
ma forse troppo annerita. Nella parete 
poi a sinistra di chi guarda vi è il 
mausoleo del Senatore Girolamo Gri- 


mani, che Alessandro Vittoria scolpiva 


mani, sculpté par Alexandre Vittoria 
en 1570, et sur celle à droite, le mau- 
solée plus superbe encore du doge Ma- 
rino Grimani et de la dogaresse Marine 
sa femme. Vincenzo Scamozzi en fut 
l'architecte, et Jérôme Campagna cou- 
la en bronze les statues et les orne- 
ments qui le décorent, parmi lesquels 
on distingue Ze couronnement et la pré- 
sentation de la rose donnée par le sou- 
verain pontife, el les statues des qua- 
tre vertus cardinales. 

Près du second autel à gauche en 
entrant, on admire un bas-relief pré- 
cieux qui sert de tableau d’autel, scul- 
pté par Dominique de Salo en 1571 
et qui représente — des anges, la Vier- 
ge avec le divin Enfant, S. Joseph et S. 
Jean-Baptiste, et un berger. 

Retournez dans la rue Eugénienne, 
suivez les fondamenta qui mènent à la 
ci-devant église de S.te Anne, prenez 
à gauche par la dernière ruelle que 
vous rencontrerez, et vous arriverez 
aussilot à 


L'Eglise de S. Pierre de Castello. 


Un petit chateau (castello), bâti aux 
premiers temps de la république dans 
l’endroit où s’élève aujourd’hui cette 
église, pour la défense des iles voisi- 
nes, fit donner le nom de castello à 
ce quartier, et le peuple, défigurant le 
nom grec de pagos-oligos qu'il portait 
trefois, lui donna aussi celui de Ok- 
volo. On construisit d’abord en ce lieu 
une église dédiée à S. Sergius et à S. 
Bacco qui fit bientôt place à une au- 


— 103 — 


l’anno 1570, e nell’opposta un altro 
grandioso mausoleo in cui riposano le 
ceneri del Doge Marino Grimani, e 
della Dogaressa Marina sua moglie. 
Vincenzo Scamozzi architettavalo, Gi- 
rolamo Campagna eseguiva i getti in 
bronzo, le statue e gli intagli. Fra 
questi si vede / Incoronazione e la 
Presentazione della Rosa, dono del Pon- 
tefice, non che le Quattro Virtù Cardinali. 


Nel secondo altare a sinistra di chi en- 
tra si ammira un bel basso rilievo che 
serve di pala, scolpito da Domenico da 
Salò l’anno 1571, in cui si vede — 
una gloria di Angeli, la Vergine col 
bambino, e i santi Giuseppe e Giam- 
Battista con un pastore. 

Ritornando sulla via Eugenia e por- 
tandosi sulla fondamenta conducente 
alla soppressa chiesa di Sant'Anna, tu 
volgi per l’estremo viottolo che in- 
contri a manca e vieni condotto alla 


Chiesa dl Ò. Pietco dl Castello. 


Il nome di Castello fu. posto a que- 
sto luogo da un piccolo Castello quivi 
eretto nelle prime origini di Venezia a 
difesa delle isole sue; e il popolo cor- 
rompendo il nome di pagos-oligos, on- 
d’era grecamente appellato, imponeva a 
questa parte della città l’altro nome di 
Olivolo. Ergevasi quivi primamente una 
chiesa intitolata a'Santi Sergio e Bacco, 
dipoi sullo spazio da essa occupato, 
un’ altra’ chiesa ad onore di S. Pietro 


— 104 — 


LS 


tre sous l’invocation de l’Apòtre S. 
Pierre, laquelle devint la cathédrale de 
Venise primitive; son métropolitain se 
fesait nommer olivolense. Ce temple fut 
achevé par l’évêque Orso Partecipa- 
zio, sous le dogat de Vidal Michieli ; 
brülé plus tard et réédifié, et enfin 
parachevé tel que nous le voyons au- 
jourd’hui. En 1447, le pape Nicolas V 
avait réuni dans la personne de Laurent 
Giustiniani, évêque de Venise et mis de- 
puis au nombre des saints, la dignité 
de patriarche de Grado et celle d’évé- 
que olivolense. Et l’église de S. Pierre 
demeura la cathédrale de Venise ju- 
squ’en 1807, époque à laquelle on tran- 
sféra le siége patriarcal dans la basili- 
que de S. Marc. 
L’étendue de ce temple et du pres- 
bytère qui l’accompagne, les monu- 
ments des patriarches qu’il renferme, 
annoncent de prime-abord sa gloire 
passée. La façade en marbre d’Istrie, 
dessinée par Francois Smeraldi, dit 
Fraca, fut élevée en 1596 aux frais du 
Cardinal-patriarche Laurent Priuli. Le 
patriarche Jean Tiepolo , non-moins 
généreux, restaura en 1621 cette église 
remarquable, d’après les plans de Jean 
Grapiglia qui, aussi bien que Sme- 
raldi, imita le style de Palladio autant 
que le permettait la corruption du goût 
à celte époque. : 
Après le second autel à droite en 
entrant, on voit une chaire en marbre 
très ancienne qui a fourni ample ma- 
tière aux dissertations des savants. Les 
uns soutiennent qui c’est là le trône 
de quelque prince africain, la plupart 
que c’est véritablement la chaire où 
préchait S. Pierre à Antioche. On y 
lit une inscription en caractères orien- 
laux que les savants assurent être deux 
versets du Koran en caractères arabo- 
cufiques. 


Apostolo innalzavasi, la quale. venia 
stabilita a cattedrale, ed il cui metro- 
politano s’intitolava olivolense. La chiesa 
fu compiuta dal Vescovo Orso Parte- 
cipazio, regnante Vitale Michiele, arse 
e fu riedificata con grosse mura alla 
greca; quindi venne ridotta alla con- 
dizione in che vedesi di presente. L’an- 
no 1447 poi Papa Nicolò V congiun- 
geva nella persona di Lorenzo Giusti- 
niani, annoveralo fra i Santi, ambe le 
dignità del Patriarca di Grado e di 
Vescovo Olivolense. In questa guisa 
rimase sempre la cattedrale di Venezia 
fino all’ anno 1807 nel quale la Sede 
patriarcale trasferivasi nella real basilica 


di, San Marco. 


La mole del tempio, l' ampiezza del 
presbiterio, e i monumenti dei patriar- 
chi che lo illustrano, annunziano a pri- 
ma giunta la, sua perduta dignità. Il 
frontispizio è tutto di marmo d’Istria, 
modellato da Francesco Smeraldi detto 
Fracà, ed eretto l’anno 1596 a spe- 
se del Patriarca e Cardinale Lorenzo 
Priuli. Il Patriarca Giovanni Tiepolo 
non meno magnifico e generoso, rin- 
novava l’anno 1621 la chiesa a crociera 
con tribuna nel mezzo per opera di 
Giovanni Grapig'in, che insieme allo 
Smeraldi seguitava lo stile Palladiano per 
‘ quanto comportava l’ età deleriorante. 

Dopo il secondo altare a destra di 
chi entra si vede un’antichissima cat- 
tedra in marmo, intorno alla quale di- 
spulano i dotti. Alcuni la credono un, 
seggio di qualche principe affricano, e 
il volgo è persuaso essere la cattedra 
sulla quale sedeva S. Pietro in An_ 
tiochia. Vi è scolpita un’ iscrizione 
in caralleri che i linguisti definirono 
arabo-cufici, e dicono essere due versetti 
dell’ Alcorano. 


— 10 


* On doit remarquer aussi un tableau 


d’autel représentant — S. Pierre et 
quelques Saints —, peint par Pierre Ba- 
‘saiti et placé sur le troisième autel à 
‘droite en entrant, ainsi qu’un autre de 
‘Pierre Liberi, existant dans une des 


chapelles latérales, qui nous montre — 
les Hébreux châties par les serpents dans 
de désert — ; Vautel de cette chapelle 


fut dessiné par Longhena et sculpté 
par Clément Moli en 1649. Antoine 
Bellucci y plaça un de ses tableaux qui 
représente — S. Laurent Giustiniani dé- 
livrant Venise de la peste — ; 
voit aussi un de Grégoire Lazzarini 


on y en 


qui nous montre — /e même Saint di- 
stribuant des aumònee — ; il passe pour 
un des meilleurs ouvrages de ce pein- 
tre. Jérome Pellegrini peignit à fre- 
sque la coupole. Derrière l’autel, on 
trouve un buste antique de marbre qui 
nous offre une image fidèle du saint 
patriarche Laurent Giustiniani. 

Le martyre de S. Jean lEvangéliste, 
— peint par le Padoanino et retouché 


par Michel Schiavone, décore le second 


autel à gauche en entrant. Une mpsai- 
que fort estimée dont Jacopo Tinto- 
ret traca le dessin et qu’Arminio Zuc- 
cato exécuta en 1570 orne l’autel de 
la chapelle fermée dite de tous les 
Saints, où l’on voit aussi deux table- 
aux, l’un de Paul Véronèse, représen- 
fant — S. Pierre et S. Paul —, l’autre 
de Basaïti qui nous montre — S. Geor- 
ges —, daté de 1520; tous les deux 
ont grand. besoin d’être restaurés. La 
chapelle Vendramin, exécutée d’après 


les dessins de Longhena, est entiére- 


ment revêlue de marbre, et de belles 
sculptures de Michel Ongaro. On voit 
au-dessus de l’autel un des meilleurs 
tableaux de Luc Giordano, qui repré- 
sente — la Vierge et les dmes du Pur- 
gatotre. 


(9) 


mes 


Degna di osservazione è la pala con 
— S. Pietro ed alcuni Santi — dipinta 
da Pietro Basaiti, la quale si ammira 
nel.terzo altare a destra di chi entra. 
Così pure il quadro di Pietro Liberi, 
in cui è espresso — il Gastigo dei ser- 
penti — in una delle cappelle laterali 
alla maggiore. In quest’ultima poi è de- 
gno di lode l’altare disegnato dal Lon- 
ghena e scolpito da Clemente Moli l’an- 
no 1649. Antonio Bellucci vi poneva 
un quadro, in cui si vede un — S. 
Lorenzo Giustiniani liberar Venezia dalla 
Peste — ed un altro di Gregorio Laz- 
zarini, in cui si mostra — 7 medesimo 
Santo distribuir elemosine —. Egli ha 
fama delle migliori opere di questo ar- 
tista. La cupola fu dipinta a fresco di 
Girolamo Pellegrini. Dietro. Paltare st 
trova un anlico busto in marmo, in cui 
è ritratto al naturale — / santo pa- 
triarca Lorenzo Giustiniani. 


Un dipinto del Padovanino, ritoccato 
da Michele Schiavone, rappresentante — 
il Martirio di S. Giovanni Battista — 
conservasi nel secondo altare a sinistra, 
di chi entra. Uno stimatissimo mosaico, 
disegnato da Jacopo Tintoretto, ed ese- 
guito da Arminio Zuccato l’anno 1570, 
forma la tavola all’altare della cappella 
chiusa, detta di suit 1 Santi. lu essa 
trovansi ancora due quadri, 1’ uno di 
Paolo Veronese — coi Santi Pietro e Pao- 
lo — l’altro del Basaiti — con S. 
Giorgio — dalato del 1520, ma che am- 
bidue han duopo di ristauro. La cap- 
pella Vendramin, disegnata dal Lon- 
ghena, è tutta marmi con belle sculture 
di Michele Ongaro. Sullaltare si vede 
una delle migliori opere di Luca Gior- 
dano, che è la pala con — la Madonna 


e le Anime del Purgatorio. 


— 106 — 


Le clocher, ouvrage vraiment admi- 
rable, fut élevé en 1474 L'ancien pa- 
las des patriarches, qui existe tout au- 
près, commencée au XIIL siècle, et 
qui a éprouvé par la suite des temps 
plus d’uné vicissitude, appartient au- 
jourd’hui au Corps militaire de la Ma- 
rine (1). — Reprenant la rue Eugé- 
nienne, et passant le pont de la Vene- 
ta-Marina, on arrive à 


; L'Eglise de Saint-Volaise. 


L'architecture de cette église se res- 
sent du style de la décadence; rouver- 
te au culte divin au mois d’octobre 
1818, elle mérite l'attention du voya- 
geur, parce qu'elle renferme le monu- 
ment funèbre d’Angèle Emo le grand 
amiral, dernière gloire de la républi- 
que. Ce ‘tombeau existait auparavant 
dans Péglise des pères Servites, aujour- 
dhui démolie, d’où il passa dans celle 
dé Sa Martin et'enfin dans celle dont 
nous parlons maintenant. Elle eut pour 
architecte Jean Ferrari Torretti, véni- 
tien connu par divers ouvrages esti- 
ME mais plus encore pour avoir 

été le maitre de Canova. La ressem- 
blance parfaite du portrait d’Emo, 
naturel et Paisance du style, ela 
tion intelligente et consciencieuse font 


(1) Aux premiers temps de la répu- 
blique, on tenait un grand marché cha- 
que samedi sur la place située vis-à-vis 
dé cette église. Les tribuns et les premiers 
doges s’engageaient sous peine d’excom- 
inunication à lexempter de tous droits, 


maïs. par la suite on-finit par ne plus y 


tolérer que la vente des draps d’or, ainsi 
qu'à la foire wès-ancienne de Parte. 


IF campanile è un’opera magnifica, 
eretta I anno 1474, ed il vicin Palaze 
zo, antico soggiorno dei patriarchi, in- 
cominciato nel secolo XIII, sofferse in 
progresso di tempo molte alterazioni, 
ed al presente appartiene al :corpo mi- 
litare della Marina (1). — Rinellendo- 
si sulla via Eugenia, e passando il 
ponte della Veneta Marina, s’incontra la 


Ohiesa dt S. Viaggio. 


Il disegno di questa chiesa risente 
dello. stile della decadenza. Essa fu ria- 


-perta al divin culto nell’ottobre del 1818; 


e merita di essere visitata dal viaggia» 
tore. per cagione del monumento di. 
Angelo Emo, di quel grande ammira 
glio col quale la veneta virtù parve spi- 
rasse l’ultimo fiato. Questo monumento 
stava prima nella demolita. chiesa. dei 
Padri Serviti, 
di S. Martino, ed in ultimo venne a 


passò poscia à quella 


decorare questo: tempio. Fu lavorato 
da Giovanni Ferrari Torretti, veneto di 
patria, illustre per opere, ma singolar- 
mente più illustre per il grande suo 
discepolo Canova. Questo lavoro poi, è 
pregiatissimo per la perfetta rassomi- 
glianza della fisonomia, per ispontaneità 
e naturalezza di disegno, per. felice . e 


(1) Mei primi tempi di Venezia tene- 
vasi sulla piazza, di questa chiesa; ogni 
sabbato, un. grande mercato; in cui ‘tutti 
gli isolani concorrevano. E tribuni e Li 
primi dogi si obbligavano sotto pena di 
scomunica serbarlo. libero di ogni. balzel- 
lo; ma poi non vi fu, tollerata che; la 
vendita dei panni d’ oro, come nell anti 
chissima fiera di Pavia. 


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fu) 


— A07 — 


du monument d’Emo une des oeuvres 
les plus distinguées de Torretti. Cet 
artiste y grava son nom; une. inscri- 
ption nous apprend que ce tombeau 
fut érigé à la mémoire du restaurateur 
de la marine vénitienne par ses ne- 
veux Labia et Zenobio. L'église de S. 
Blaise est celle de la Marine Militaire. 

En marchant le long du quai des 
Esclavons, on rencontre une caser- 
ne (1); prenez la rue que longe un 


des flancs de cet édifice, et vous dé- 


.boucherez sur la 


Place de Saint eau eu Voragora. 


Selon quelques savants, le nom don- 


né à la place et à l’église tire son é- 


tymologie de celui d’une province ainsi 
appelée d’où l’on transporta les reli- 
ques de S. Jean l’Aumònier; ou, selon 


(1) Cette caserne est un vieux palais 
qui appartenait autrefois à la famille 
patricienne Molin; on l’appelait le palais 
des deux tours, et c’est celti que la ré- 


publique avait destiné au logement de 


Pétrarque qui vint à Venise en 1353 en 
qualité d’ambassadeur des Visconti, sei- 
gneurs de Milan. L’illustre poète en fait 
mention dans une lettre adressée à son 
ami Pierre de Bologne. du XY siècle, 
Helene Celsi ayant acquis ce palais, or- 
donna par son testament qu’une moitié 
servirait d'asile à de pieuses et pauvres 
femmes, et l’autre aux nombreuses pè- 
lerines qui passaient alors par Venise, 
allant visiter les lieux saints d’ Italie 
et de Palestine, Enfin Beatrix Veniero, 
Polixène  Premalin, Ursule Osnago et 
Marie de Canale, dont la première avait 


diligente esecuzione. L’ artista vi pose 
il suo nome; ed un’ altra iscrizione 
narra come il monumento era innalzato 
al ristauratore della tattica navale ed 
all’ uomo dalla patria di sommi onori 
fregiato dai nipoti Labia e Zenobio. 
Questa chiesa è parrocchia della marit- 
tima milizia. 

+ Dirigendosi lunghesso la riva degli 
Schiavoni, ed arrivando al fabbricato ad 
uso di Caserma militare (1), entra là 
via che sta accosta di questo, e verrai 
condotto al campo di 


Dì Giovani Lu Veragora. 


Questo nome venne al campo ed alla 
chiesa, secondo gli eruditi, o ‘da una 
provincia così chiamata, donde fu qui 
trasferito il corpo di S. Giovanni Ele- 


mosinario, o dal vocabolo Bragolare 


(1) Quesia caserma fu D antico palaz- 
zo appartenente ai patrizii Molin e detto 
delle due torri, che la repubblica desti- 


nava ad alloggiare il celebre Petrarca, 


venuto l anno 1353 ambasciatore de’ Vi- 
sconti Signori di Milano. Il &rande pocia 
ne fa menzione in una lettera all amico 
suo Pietro Bolognese. Nel secolo XF. 
Elena Celsi, avendo acquistato questo pa- 
lagio, lasciò per testamento, che la metà 
destinata fosse all albergo di povere e 
pie donne, l'altra a ricetto delle molte 
pellegrine che a que’ dì giungevano a Ve- 
nezia per visitare i santuari d'Italia e 
di Palestina. Quindi Beatrice Veniero, 
Poliscena Premolin, Orsola Osnago, € 
Maria da Canale, orbaie la prima: di tti 
1 parenti, la seconda del marito dai 
Turchi, eressero nel palagio un monistero 


sa INT EG) CRA 


d’autres, des mots dragolare ou bragole 
qui, dans le vieux dialecte  vénitien 
signifient, dit-on, le premier pécher et 
Enfin 


quelques uns veulent que cette déno- 


le second place du marché —. 
mination bisarre vienne du. nom de 
Brago Ipeto, architecte de 1° église. 
Quoiqu'il en soit, cet édifice sacré 
existe encore aujourd’hui et a élé re- 
stauré deux fois, la première en 1475; 
et la seconde en 1728. : 

Cette église se compose de trois 
nefs, riches en ouvrages des princi- 
paux peintres de l’école vénitienne et 
et surtout de Cima de Conegliano. A 
droite en en'rant, vous trouverez de 
prime-abord dans une niche fort ornée 
et toute dorée un tableau représentant 
— Ste Véronique —, du style de Pal- 
ma, et au-dessus l’image — du Sau- 
veur —, de l’école du Titien. Baptiste 
Vivarini peignit pour cette église les 
trois figures en champ d’or — de la 
Vierge, de S. André et de S. Jean Ba- 
ptiste —, et Carpaccio exécuta, dit-on, 
trois autres figures qui représentent — 
S. André, S. Jérôme et S. Martin; — 
toutes les six existent dans la premiè- 
re chapelle à droite. De chaque côté 
de la porte de la sacristie, on admire 
un tableau de Léonard Corona qui nous 
montre, l’un — Ze Christ couronné dé- 
pines, l’autre sa flagellation —. Les deux 
piliers qui séparent la grand’chapelle 
des deux latérales nous présentent deux 
tubleaus c'est-à-dire: — Constantin et 
Ilélène qui soutiennent la Croix — de 
perdu tous ses proches et da seconde son 
mari tué par les Turcs, fondèrent dans 
ce palais un monastère de religieuses nom- 
mées du Sepulcre, à cause d’un tombeau 
de marbre, fait à l’image du Saini-Se- 
pulcre de Jerusalem qui occupait presqu’- 
en entier l’église du couvent. 


>» 


o dall'altro Bragole, i quali nell’antico 
veneto dialetto si vuole significassero, 
il primo pescare, il secondo piazza di. 
mercato, © finalmente perchè. autor; 
della chiesa fu Brago JIpato, il qual 
nome s’interpreta Giovanni. La chiesa 
fu rinnovata due volte, la prima nel 
1475, l’ultima nel 1728. 


Ella è divisa in tre navi, è ricca di 
molte e belle “opere de principali di- 
pintori della veneta scuola, singolar- 
mente del Cima di Conegliano. E su- 
bitamente a destra di chi ‘entra trovasi i 
in ornatissima nicchia messa ad oro un 
quadretto — con Santa Veronica — 
della maniera del Palma, e sovr’esso un 
rifratto del — Salvatore — della scuola 
del Tiziano. Di Battista Vivarini han- 
novi tre figure in campo d’oro — {a 
Madonna, $. Andrea, S. Gio. Battista — 
e del Garpaccio si vogliono tre altre 
figure, che sono — S. Andrea, S. Giro- 
lamo, S. Martino — tutte e sei nella 
prima cappella a destra. Si ammirano 
eziandio due quadri di Leonardo Co- 
rona, laterali alla porta della sagrestia, 
che rappresentano l’uno — Cristo'flagel- 
lato —- l’altro — Cristo coronato di spine 
-—. Nei due pilastri che separano la cap- 
pella maggiore dalle due laterali sonvi 
altri due quadri, del Cima — Costan- 
tino ed Elena che sostengono la Croce — 
e del Vivarini — la Risurrezione — 
colla dala dell anno 1498. Sull’ altar 


intitolato di Suore dette del Sepolcro per 
aver posto nella chiesa un sepolcro di mar- 
mo fatto a similitudine di quello di Ge- 
rusalemme, che stranamente ingombrava la 


chiesa tutia. 


| — 109 — 


Cima, et — la Resurrection — de Vivari- 
ni, datée de l’an 1498. Sur le grand 
autel est placé - le Baptême de J. C. - 
magnifique tableau de Cima que, ainsi 
que cela m’arrive que trop souvent, on 
a gaté en voulant le restaurer. On peut 
en dire autant d’un ouvrage de Paris 
Bordone, qui se trouve après le pre- 
mier autel à gauche, et qui représente 
— la Cène. — Enfin Jacopo Palma 
exécuta les deux tableaux placés, l’un 
après le deuxième autel, qui représen- 
te: — INotre-Seigneur lavant les pieds 
aux apôtres, — l’aulre après le troi- 
sième, qui nous montre — Jésus-Christ 
amené devant Pilate  Reprenez le 
quui de Esclavons, et la première église 
que vous apercevrez sera celle de 


Saute-JUatie de la Pie. 


L’hôpital et l’église de Sainte-Marie 
de la Pitié doivent leur origine à Frè- 
re Pierre d’Assise, Franciscain, qui, ar- 
rivé à Venise en 1340 afin d’y rem- 
plir son ministère de prédication, et 
touché de pitié à la vue du grand 
nombre. de nouveaux-nés que l’on 
exposait barbarement dans les rues, 
chercha à apporter quelque remède à 
un si grand mal. Il allait quêtant dans 
Venise pour l'entretien de ces pauvres 
petits innocents, en criant: pitié pour 
eux ! de là, et de l’exiguité de sa taille, 
«lui vint le nom de Frère Pierusso 
(Pierrot) de la Pitié. L’établissement 
qu’il fonda ayant été séparé dès l’ori- 

gine en deux congrégalions, l’une 
pour les mâles, l’autre pour les temel- 


maggiore .v” è — il Battesimo di G. C. 
— bellissimo lavoro del Cima, che 
menzre si volea ristaurare, come. sov- 
vente accade, peggiorò. E malamente fu 
pur ristaurata un’altra tela di Paride 
Bordone, posta dopo il primo altare. a 
sinistra, che rappresenta — {a Cena di 
Nostro Signore —. Di Jacopo Palma 
finalmente sono le due tele, cioè dopo 
il primo altare, quella. che mostra — 
Nostro Signore lavare î piedi agli Ap- 
postoli — dopo il secondo altare, l’altra 
che mostra — Cristo condotto a Piluto 
—, Ripigliando la riva degli Schiavoni, 
la prima chiesa che incontri è quella di 


Santa Maria della Dites 


L'ospedale e la chiesa di S. M. della 
Pietà riconoscono la origine loro da 
fra Pietro d’Assisi, francescano, il quale, 
venuto l’anno 1340 a Venezia per i- 
spargervi il seme della divina parola, 
commosso al gran numero di bambini 
che barbaramente venivano esposti per 
le vie, li raccolse, ed elemosinava per 
essi in persona, gridando ad alta voce 
pietà; onde per questo, e per essere pic- 
colissimo della persona, fu chiamato fra 
Pieruzzo della Pietà. Egli ci è noto es- 
sere stato questo ospizio fin dal prin- 
cipio diviso in due congregazioni, l’una 
per i maschi, l’altra per le femmine, 
ma che essendo nate dissensioni fra 
esse, l’anno 1353 il Maggior Consiglio 
decretaya fossero le donne prescelte 


quo 


les, -et des’ dissensions s'étant élevées 
éntr'elles, en 1353 le Grand Conseil 
décida que les femmes, plus propres à 
Ti premiére éducation des enfants des 
deux sexes, auraient la direction de 
Vétablissement; que la prieure de Phos- 
pice serait élue par la congrégation des 
femmes, et confirmée par le Doge, è 
qui la pieuse fondation fut recommandée 
in juspatronato. Quelque vastes et sage- 
inent disposées que fussent les divet- 
ses parties de ce local, le nombre tou- 


jours croissant des nourrissons rendit’ 


nécessaire son agrandissement dans 
les premières années du XVIII. siècle; 
on crut devoir en même temps restau- 
rer l’église en entier, de manière à en 
faire un édifice digne de la ville à la- 
‘quelle il appartenait. Le Doge Pierre 
Grimani posa avec heaucoup de so- 
lennité la première pierre de da-nou- 
velle église, placée sous l’invocation 
de — la Visitation de la B. V. Marie. 
Mais la mémoire du bienfaisant 7us- 
patronato que les doges avaient accordé 
à ce pieux établissement n’élait pas 
le seul motif qui lui attiràt leur pro- 
iection spéciale; les papes ayant con- 
cédé de précieuses indulgences à ceux 
qui visiteraient cet hospice le diman- 
che des Rameaux, et y déposeraient 
quelque aumône, le doge et le Sénat 
nie manquaient pas de s’y rendre cha- 
que année à pareil jour. 

- L'église de la Pitié, d’une forme 
ovale et remarquable par l'élégance et 
lharmonie des détails de sa constru- 
ction, honore à juste titre la mérhoire 
de son architecte Georges Massari. On 
y admire d’abord un tableau d’autel de 
Frantois Cappella qui représente — 
Notre-Dame placée sur un piédestal éle- 
dé, au-dessous duquel on voi le B. Pierre 
Acotanto, Ste Thérèse, S. Domenique et 
So Vincent —. Dominique Maggiotto 


alla direzione del ‘pio luogo, siccome 
le più capaci all’ ufficio di ricevere ed 


allevare i fanciulli d’ ambo i sessi; è 


che la priora dell’ospedale fosse bensì 
eletta dalla congregazione delle donne, 
ma dovesse essere confermata dal doge, 
al quale ed a’ suoi successori fu rac-. 
comandalo il pio luogo in juspatro- 
nato. Quantunque poi molti fossero € 
ben disposti gli edifizii dell’ ospizio, 
con tuito ciò, per il numero crescente 
di fanciulli fu giudicato nei principii 
del secolo XVIII necessario l’ampliarlo, 
e ridurre eziandio la troppo angusta 
chiesa a più comoda struttura, e pit 
conveniente al decoro della città. Poneva 
la prima pietra di questa nuova chiesa 
solennemente il doge Pietro Grimani, 
sotto il titolo della Visitazione della B. 
V. Maria. Nè solo per perpetua ricor- 
danza. del benefico juspatronato che do- 
veano conservare di questo pio luogo 
i dogi di Venezia, ma per acquistar le 
antiche indulgenze concesse da’ romani 
Pontefici a chi nella domenica delle 
Palme visitasse l'ospedale e lo soccor- 
resse di elemosine, in quel giorno il 
principe viniziano e il senato vi si 
portavano, € compievano così ogni anno i 
quel religioso e sacro dovere. 


Questa chiesa, di forma ovale, è rag- 
guardevole per eleganza ed armonia, cd 
è sufficientissimo monumento di per- 
petua fama al suo architteto Giorgio 
Massari. Francesco Cappella rappresen- 
tava nel primo altare — Mostra Donna. 
— sur un alto piedestallo e sotto — 
il beato Pietro Acotanto; e i Santi Dome- 
nico, Vincenzo e Teresa — in una ta vola 
meritevolissima di tutta stima. Domeni- 
co Maggioto, nel secondo altare, dipinse 


sd — Mi — 


peignil pour l'autel suivant — S. Spi- 
ridion qui tire de Peau du feu qu'il tient 
dans sa main —. Au dessus du maitre- 
autel, on voit — Za Visitation —, tableau 
commencé par J. B. Piazzetta et, la 
| mort l’ayant interrompu. dans son tra- 
vail, achevé par son disciple Joseph 
Angeli. Jean Baptiste Tiepolo peignit 
la voûte du choeur qui représente — 
le Triomphe de la Foi, et David deman- 
dant grâce à l'ange du Seigneur —. C'est 
le même artiste qui a exécuté les pein- 
tures en clair-obscur qui embellissent 
le plafond de cette église, et qui re- 
présentent — Za gloire céleste et diffé- 
rents emblémes —, ouvrage dans lequel 
il a vraiment fait preuve de génie. Lies 
deux anges en marbre placés un de 
chaque côté du tabernacle furent exé- 
culés par Jean Marie Morlaiter; la 
statue de S. Marc. qu’on voit dans une 
niche à droite est l’ouvrage d’Antoine 
Gai, l’autre de S.t Pierre, fut exécutée 
par Jean Marchiori. Joseph Angeli pei- 
gnit pour l’autel qui se trouve à côté 
de celm du choeur, — S. Pierre Or- 
scolo qui reçoit l’habit religieux des 
mains de S. Romuald —. Enfin, le der- 
nier autel possède ua tableau d’Antoine 
Marinetti, surnommé le Chiozzoto qui 
représente — Ze Crucifiement et S. Lau- 
rent Giustiniani, S. Francois. de Paule 
et $. Antoine de Padoue, 

Sous la république, la Pitié était un 
des principaux conservatoires de mu- 
sique à Venise; elle n’offre plus au- 
jourd’hui que l’ombre de ce qu’elle a 
été (*). Dans ce conservatoire, comme 
dans celui des Incurables et des Men- 
diants, on ne chantait que des motets 


(*) Relisez les lignes que J. J. Rous- 
seau leur a consacrees dans ses immontelles 
Confessions, 


{Note du Trad.) 


\ 


una tavola con — S. Spiridione, il qua 
le fa uscire l'acqua da una fiamma 
La tela dell’altat 


maggiore, che rappresenta — Ja Visita 


che tiene in mano —. 


zione della B. Vergine — fu rappresenta 
ta da G. Battista, Piazzetta, e lui morto, 
compiuta. dal suo discepolo Giuseppe 
Angeli. Il suffitto di quest’ altare, fu 
dipinto da G. Battista Tiepolo, il quale 
vi pose — à Trionfo della Fede —, ed 
a chiaro scuro — Davidde che doman- 
da pietà alle. minaccie dell Angelo —. 
Del medesimo artista son le pitture, 
egualmente a chiaro-scuro, onde è ricco 
il grande soffitto della chiesa, rappre- 
sentanti — la Gloria celeste. con varii 
simboli — opera vaghisima e di gran 
genio. — £ due angeli -- in marmo a 
fianco del tabernacolo appartengono a 
Gian Maria Morlaiter; e la statua — di 
S. Marco — nel nicchio a destra di chi 
guarda, è dovuta ad Antonio Gai; lal- 
ira statua — di S. Pietro — a Giovan- 
ni Marchiori. Il sopraddetto Giuseppe 
Angeli pose nellaltare a lato del mag- 
giore — S. Pietro Orseolo che dalle ma- 
ni di S. Romualdo riceve Vlabito di mo- 
naco —. Finalmente nell’ ultimo altare 
Antonio Mavineiti, soprannominato il 
Chiozzoto, pose in una tavola — il Cro- 
cifisso ed i Santi Lorenzo Giustiniani, 
Francesco di Paola e Antonio di. Pa- 
dova. 

A’ tempi della repubblica la Pietà 


era uno dei principali conservatorii 


x 


di musica, ma al presente è ridotto _a 
fatica debolissima immagine di quello 
che un tempo fu. In questo, come ne- 
gli altri conservatorii degli Incurabili e 
de’ Mendicanti non si cantavano. che 
drammi ed inni sacri, € proprio sol- 
tanto di questi conservatorii si era il 
cantare codesti generi di composizioni, 
il Consiglio der Dicci, gli Inquisitori 
di Stato ed il Magistrato degli Esceus 


et des hÿmnes sacrés; c’était la l’attribut 
particulier et exclusif de ces Conser- 
vatoires. Le Conseil des Dix, les In- 
quisiteurs d’Etat, et les Magistrats char- 


gés de veiller à l’exécution des arrêts © 


contre les blasphémateurs, avisaient di- 
ligemment à ce que les compositions 
pieuses des Conservatoires ne fussent 
point chantée dans les théâtres ; le 
gouvernement vénitien, fidèle à ses 
principes, voulait que le- religion fut 
inviolable et respectée. Toute tran- 
sgression aux ordres de ces magistrats 
était sévèrement chatiée. — L’hospi- 
ce de la Pitié eut pour mailres de 
chapelle les plus distingués, entr’au- 
tres le Pallarolo, le Rossi, le Galuppi, 
Anfossi, Porpora, Spada, Baucher, Ber- 
tonio, et en dernier lieu, Bonaventure 
Furlanetto dont les compositions, re- 
gardées comme des chefs-d’oeuvre, fu- 
rent demandées par l’empereur Léopold, 
pour la chapelle de sa cour, et en 1791, 
par la France. 

Ayant pour plan de parler de tous 
les monuments qui rappellent des sou- 
venirs nationaux intéressants, nous di- 
sons ici quelques mots de la maison 
d'Alexandre Vittoria, artiste célèbre 
que nous avons eu occasion de nom- 
mer. plus d’une fois dans le cours de 
nos visites. En sortant de l’église de 
la Pitié par la porte qui se trouve à 
gauche, et suivant la rue sur laquelle 
donne cette même porte, vous trouverez 
au bout Ja maison que nous venons 
de nommer, et où le dieu des beaux- 
arts a fait place à celui des ivrognes. En 
effet là où les jeunes-gens vénitiens 
s’exercaient jadis dans l’art des manier 
le ciscau et le compas sous l’illustre 
architecte et sculpteur Alexandre Vit- 
toria, Jà où les-artisies les plus distin- 
gués, les patriciens, les étrangers cé- 
Ièbres accouraient aulrefois pour ren- 


Ù 


— 112 — 


tori contro le Bestemmie invigilavano 
con tutta solerzia affinchè non si rap- 
presentassero nei teatri codesli dram- 
mi ed inni sacri, mentre la repubbli- 
ca, sempre coerente a’ suoi principii, 
volea la religione fosse rispettata, nè 
alla sua maestà fosse recato detrimento 
veruno. Qualunque trasgressione agli 
ordini di questi magistrati veniva ter- 
ribilmente punita, e un decreto segnato 
da essi era con solenne rispetto ubbi- 
dito. Ebbe questo ospitale i più illu- 
stri maestri di cappella, fra’ quali il 
Pallarolo, il Rossi, il Galuppi, l’Anfossi, 
il Porpora, Spada, Baucher, Bertonio, e 
da ultimo Buonaventura Furlanetto, ì 
cui musicali componimenti richiesti fu- 
rono, siccome capo-lavori, e dall’impe- 
ralore Leopoldo per il servigio dell’ I. 
R. cappella di corte, ‘e l’anno 1791 
dalla Francia. ? 


Entrando nel nostro disegno il toc- 
car dei monumenti che ricordano le 
memorie patrie più care, faremo ‘qui 
un cenno della fabbrica in cui abitava 
Alessandro Vittoria, quell’artista al qua- 
le deve tanto Venezia della sua magni- 
ficenza ed eleganza. Il viaggiatore, u- 
scendo dalla chiesa per la porta che 
incontrasi a manca, € avviandosi per 
la calle su cui mette la porta stessa, 
troverà in fondo di essa questa casa, 0 
per meglio una reminiscenza di lei, 
conciossiachè la dea protettrice delle arti 
lasciò il luogo all’ ebro festante nume 
del vino. Difatto dove una volta il 
valente artista istruiva allo scalpello 
ed alla squadra la gioventù, dove ac- 
coglieva 1 più eccellenti maestri nelle 
arti del disegno, e gli ammiratori della 
sua eccellenza, ricchi e potenti patrizi 


a dotte conversazioni accorrono al pre- 


dre visite au grand artiste el en admi- 
rer les ouvrages, affluent aujourd’hui 
les troupes joyeuses des buveurs; les 
bouteilles, les tonneaux et les verres 
ont remplacé les compas, les ciseaux 
et les modèles. Et ce n’est point là la 
‘ seule allération que cette maison ait 
subie, soit au-dedans, soit au-dehors, 
si bien que c’est à peine si l’on re- 
connait maintenant le jardin délicieux, 
contigu à cette maison, ouvrage chéri 
de Vittoria; il offre encore aujourd’hui 
des fleurs et une agréable verdure, et 
surtout quelques lauriers qui datent du 
temps du grand arliste, et qui, verdo- 
yant monument laissé par les âges à 
sa mémoire, recoirent la visite de tous 
les voyageurs amis des arts et des doux 
souvenirs. 


— 115 — 


sente le sollazzevoli brigate dei beoni, 
ed in luogo de’ busti di modelli e di 
disegni si veggono schierate intorno, le 
botti, le bottiglie e le guastade. Questa 
casa sofferse benanco molte alterazioni 
entro e fuori, onde omai si riconosce po- 
co più del giardinetto contiguo alla casa, 
deliziosa cura del Vittoria, il quale era 
ricco di fiori e di erbe peregrine, ol- 


tre alcuni allori che risalgono al tempo 


dell’artista, e i quali, tuttavia rigoglio- 
si, come sacro monumento visitati sono 


dai curiosi. 


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LI 


TROISIÈME VISITE. 


.… iwest pas nécessaire de prendre une 
gondole pour cette visite. 


; Eglise de SIAE DIOR Soa iI 


, «Millin, dans leDictionnaire des beaux- 
arts, et les Encyclopédistes à l’article 
Architecture, ont avancé d’après Sansovi- 
no que, celte église a été bâtie au XIV 
siècle sur des plans de Paul Barbetta 
qui avait choisi pour modèle la nef du 
milieu de da basilique de S. Marc. Il 
n’en est pas moins vrai qu'elle fut par 
la suite considérablement restaurée ; si 
bien que cette église, telle que nous. 
la voyons aujourd’hui, appartient évi- 
demment à l’école de Sansovino. Il est 
même constant que, renversée l’an 1639 
par. un tremblement de :terre, elle. fut 
reconstruite définitivement. aux frais de 
Turino.  Tonono, fils de Bartolomeo ; 
une inscription, placée dans: l’église 
par le curé Pierre Bernardi, atteste sa 
reconnaissance pour un tel acte de gé- 
nérosilé. 

Le premier autel à droite en.entrant 
possède un tableau de Jacques Palma, 
lequel représente: — la Wierge des 
sept douleurs —; le second est orné 
d’un ouvrage de Barthélemy Vivarini, 
qui porte la date de l’an 1409 et re- 
présente: — a Wierge, S. Joachim; 
Sainte-Anne et quelques autres personna- 
ges — Parmi les belles peintures que 
renferme .cette église, on remarque: = 


LE 


VISITA TERZA. 


Sarà indifférente in questa visita luso 
della gondola. 


SJ. Formosa, 


Scrissero il Millin nel Dizionario 
delle Belle Arti, e gli Enciclopedisti 
nell’ articolo. dell’ Architettura; seguia 
tando il Sansovino, essere stata, questa 
chiesa eretta nel secolo decimoquarto 
secondo l’antico modello di Paolo Bar- 
betta, al quale serviva di norma il cor- 
po di mezzo della basilica di S. Marco, 
Egli è vero però che in progresso di 
tempo veniva largamente restaurata, di 
maniera che la si vede al presente con- 
dotta secondo le forme sansovinesche; 
anzi è certo che rovinata Panno. 1689 
da un tremuoto, fu ‘ridotta nella forma 
in che si ammira tuttavia dalla magni- 
ficenza di Turino Tonono, figlio .di 
Bartolomeo, al quale la gratitudine del 
parroco Pietro ‘Bernardi, poneva, l’an- 
no 1690, un’ iscrizione che. ricordasse 
quest’ atto generoso, 

Nel primo altare a destra di chi en- 
tra fa posta una pala di Jacopo Palma, 
che rappresenta — la Vergine  Addolo- 
rata —; nel secondo una tavola di 
Bartolameo Vivarini, data l’anno 1407, 
in cui .si veggono — la Madonna; San 
Gioachino , Sant Anna' ed altre figu-. 
re —. Fra gli altri bei dipinti ond’è 
ricca la chiesa, si annovera — una Ce-: 
na — ili Leandro Bassanog e di rime 


— 116 — 


la Cène — de Léandre Bassano; un 
tableau qui passe pour le chef-d’oeuvre 
de Palma l'Ancien, et qui nous offre 
six compartiments dont celui du mi- 
lieu représente — Sainte-Anne —; et 
une composition de Balthasar D'Anna 
qui nous offre — le Pape confirmant 
l'institution pour la délivrance des escla- 
ves. 

A gauche de la grand’chapelle, on 
en trouve une érigée aux frais de la 
famille Grimani, dont la voùte est or- 
née de mosaïques exséculées d’après 
les cartons de Jacques Palma. 

Cette église a deux façades; la plus 
grande, qui s’élève vis-à-vis d’un pont, 
fut construite au XVI siècle par un 
architecte inconnu. Au-dessus du por- 
tail, on voit la statue du célèbre gé- 
néral Vincent Cappello, exécutée par 
Pierre de Salo. L'autre facade, bâtie en 
1604, est décorée des bustes de 3 
membres de la méme famille Cappello. 


Polato MTalipiero. i 


Sur la place où s’élève cette église, 
on distingue entr’autres palais celui 
des Malipiero, construit par l’archite- 
cte Santo Lombard; sa façade, recou- 
verte de marbres précieux, est aussi 
élégante que riche. — Au pied du pont 
situé à l’angle de ce palais, commence 
la rue Ruga Juffa dans laquelle on voit 
à gauche 


Le Palais G ciuaut. 


‘* Cet édifice fut probablement bati 
aù XVI siècle, lés uns disent par Jean 
Grimani, patriarche d’Aquilée, les au- 
tres par Michel Sammicheli. La fa- 
cade de l'entrée principale est divisée 


petto ad essa il capo d’ opera del vec- 


chio Palma, che è una tavola in sei. 


comparti, con — $S. Barbara — nel 
mezzo ; non che un quadro di Baldas- 
sare D'Anna, in cui è espresso — zl 
Papa che conferma l'istituto di libera- 
zione degli schiavi. 


La cappella a sinistra della maggiore 
fu eretta a spese della famiglia Grima- 
ni, e la volta, adorna di mosaici ese- 


guiti con cartoni di Jacopo Palma. 


Questa chiesa ha due facciate, la mi- 
gliore delle quali si reputa quella che 
guarda il ponte, e fu eretta nel seco- 
lo XVI da ignoto autore. Sulla porta 
sorge la statua di Vincenzo Cappello 
celebre generale, sculta da Pietro da Sa- 
lò. L’altra facciata fu eretta l’anno 1604 
ed è adorna di tre busti della mede- 
sima famiglia Cappello, 


CAIO Malipiero. 


Sulla piazza in cui sorge questa chie- 
sa fra 1 principali palazzi deesi notare 
quello dei Malipiero opera dell’archi- 
tetto Santo Lombardo, e per la elegante 
sua facciata e pei fini marmi di cui ella 
è incrostata. Passato il ponte presso 
l’angolo di questo palazzo si entra nella 
calle Ruga Juffa alla sinistra della qua- 
le si vede il 


Palazzo Grimani. 


Questo palazzo si vuole opera del 
secolo XVI e il merito dell’ averlo ar- 
chittetato se Jo ‘contendono Giovanni 
Patriarca d’Aquileja, e Michele Sammi- 
cheli. Il prospetto dell’ ingresso  prin- 


* 


| Me | 


en deux ordres corinthien et rustique. 
La porte est fort enjolivée ; deux té- 
tes romaines sont placées de chaque 
côté. Une riche collection de statues 


| antiques, d'armes, de bas-reliefs, ete., est 
disposée tout autour d’une cour ma- 


gnifique. À gauche en entrant, on trou- 
ve — une statue colossale de Marc À- 
grippa —, ravie au vestibule du Pan- 
théon de Rome. Dans un étage supé- 
rieur, on voit une galerie précieuse 
de médailles, de peintures, d'inscriptions, 
de vases antiques, etc. Le palais possé- 
de une élégante chapelle riche en mar- 
bres estimés, et dont l’autel est orné 
d’— un Christ couronné d’épines =; 1a- 
bleau remarquable de Palma l’Ancien; 
en face de la fenêtre, sont placées — 
— deux têtes du Rédempteurs et de la 
Vierge —, peintes par Salviati. — On 
y admire aussi deux salles ornées de 
1539, 
par Jean d’Udine; sans compter les 


— stucs et de peintures — en 


tableaux nombreux et estimés qui dé- 
corent les aulres appartements de ce 
palais. 


cipale è distinto in due ordini rustico 
l’uno, l’altro corintio. La porta è orna- 
tissima e vi sono collocate d’ ambo i 
lati due antiche teste romane. Magnifico 
n’è il cortile, e intorno ad esso vi è 
disposta una ricca collezione di antiche 
statue di tempietti di urne di bassi ri- 
lievi d’ iscrizioni, e altre siffalte opere 
greche e romane. A. sinistra di chi 
entra ammirasi la statua colossale di 
Marco Agrippa, celebre ed insigne la- 
voro ' tolto dal vestibolo del Panteon 
di Roma. Il piano superiore offre una 
preziosissima galleria di antiche sculiu- 
re, iscrizioni, bronzi, medaglie, vasi e pit- 
ture di celebri autori. L'oratorio è ele- 
gante, ricco di finissimi marmi, e sul- 
l’altare vi è Ja tavola — con Cristo co- 
ronato di spine —, egregio lavoro del 
vecchio Palma. In faccia alla finestra 
stanno due teste dipinte dal Salviati che 
rappresentano — il Redentore, e la Ver 
gine —. Vi si ammirano eziandio due 
camere lavorate a stucchi e pitture da 
Giovanni da Udine 1° anno 1539. Molti 
quadri poi di celebri autori adornano le 
varie stanze di questo palazzo. 


Place de Sainte-VTarine. 


Retournant sur la place de Sainte- 
Marie-Formose, on parvient, après 
Pavoir traversée en droite ligne, à une 
rue qui tire son nom Borgo loco, de 
la locution vénitienne: tegnir uno a 
loco e foco, c’est-à-dire entretenir quel- 
qu’un, lui donner lieu et feu; Borgo 
loco, était en effet occupée autrefois par 
un grand nombre d’auberges. Lorsqu’ 


on l’a franchie, on arrive à la place de 


Campo di S. Marina. 


Retrocedendo al campo di S. Maria 
Formosa, e attraversatolo direttamente 
sì giunge in certa via conosciuta sotto 
I° appellativo di Borgo loco così detta 
dalla frase del veneto dialetto, tegnir 
uno a loco e foco, che gli italiani di: 
rebbero aver uno a provvigione, cioè 
tenerlo a proprie spese ec., mentre in 
aveanvi 
Quindi si giunge al 


questa contrada | anticamente 
molti alberghi. 


— 118-— 


S.te Marine, ainsi appeleé du nom de 
d'église dont elle w’offre aujourd’hui 
pas même les débris: église précieuse 
cependant pour tont bon Vénitien, dans 
laquelle furent ensevelis des doges Mi- 
chel Steno e Nicolas Marcello, célèbres 
pour leurs exploits et pour les circon- 
stances où ils régnèrent, et Taddeo Della 
Volpe d’Imola, illustre général: de la 
république. vénitienne. Sur l’emplace- 
ment où existait jadis cette église s’é- 
lèvent maintenant quelques maisons ob- 
scures: mais Ja fête de Ja Vicrge, pa- 
trone de l’ancienne paroisse, est enco- 
re aujourd’hni célébrée religieusement 
par les habitants de ce quartier de 


Venise, 


Egli » de Ste Nazi des IUitaches. 


Après avoir dépassé le pont qui s’é- 
lève à droite de la place de S.te Ma- 
rine, tournez à gauche, et entrez dans 
la rue dite des Miracles qui vous mène- 
ra tout de suite à l’église du même 
nom, bâtie en 1481 d’après les plans 
de Pierre Lombard, et dont aux XVI 
et XVII siècles, plusieurs auteurs é- 
crivirent l’histoire. Quelques-uns pen- 
sent que Lombard, ne. fit que copier 
les .dessins., d’un archilecte inconnu, 
em y ajoutant .ceux;de ila chapelle prin- 
cipale. Quoisqu’il en soit, ,cet édifice 
porte, l'empreinte du style grec.,.et pour- 
rait bien étre l’expression.du goût pour. 
la isaine. architecture ; qui «commençait 
alors à enailre. Entièrement .revêlue 
soit au-dedans , soit .au-dehors,, de 


marbres, précieux (par le travail non, 


campo di :Santà !Mirina, Dalle distrutte 
fondamenta «della. chiesa. donde ha no: 
me questo. campo;.sorge tuttavia Ja me- 
monia: delle più: gloriose ‘gesta de’nostri 
padri; Scendevano dà dentro agli eterni 
riposi .i Dogi Michele Steno, e Nicolò 
Marcello illustri per mabili imprese, e 
per: le (circostanze dei tempi sin che 
regnarono; non che Taddeo Della Volpe 
da Imola’ rinomato  condottiere : della 
repubblica. Ove era da chiesa furono 
erette private ‘abitazioni, ma i ciltadini 
di quel:luogo fedeli quasi diremmo alle 
sopraddette patrie reminiscenze ondé 
era quella chiesa inonumento, festeggia- 
no con solenni luminarie il giorno sa» 
cro alla Vergine titolare. 


ARA, OS 


A destra del campo di S. Marina 
w ha un ponte, che è d’uopo passare 
per poscia volgere a sinistra, ed entra- 


ve nella .calle chiamata dei Miracoli per- 


ciò che ti conduce alla chiesa di que- 
sto nome. Ella fu eretta 1’ anno 1481 
col disegno di Pietro Lombardo, ed 
ebbe nei. secoli XVI e XVII storici che 
narrarono diffusamente la origine sua. 
Alcuni però. credono il Lombardo non 
aver. fatto se non eseguire il modello 
di altro.autore;ignoto, aggiungendovi di 
proprio: la «cappella maggiore. Comun- 
que sia «questo. tempio ha una compo- 
sizione isul gusto greco, ed anzi lo si 
potrebbe appellare uno sfogo dell ar- 
chittelura :la quale a quei.di cominciava 
avveramente risorgere: Egli.è ricchissi= 
mo, e tullo vestito di. marmi entro e 


— 149 — 


moins que par la matière, dont où ne 
sattrait trop regretter la détérioration 
causée par l'humidité et Pair salim, cette 
belle église offre une façade ornée de 
deux ordres de pilastres, le premier 
corinthien, le second ionien, au-dessus 
desquels s'élève -un majestueux fron: 
ton en demi-cercle. Les piliers de la 
porté, laquelle est fort remarquable, 
sont enjolivés de gracieux arabesques; 
sur le portail est placé une + statue 
de la Vierge en marbre —, ouvrage 
d’un certain Pirgotele dont la ville nue 
tale n’est pas bien connue, mais qui 
était certainement italien et grand ar- 
liste. Ea vote de cette église revélue 
de peintures exécutées par le fameux 
Pierre Murie Penaechi, est digne de 
ce peintre; la perfection du coloris 
aussi bien que celle du dessin, est 
telle que le temps a épargné cet ou- 
vrage, divisé en 50 compartiments ; 
chacun desquels représente une demi- 
figure d’un personnage du nouveau ou 
de l’ancien testament. 

‘Au-dessus des deux autels lateratx 
aux marches qui conduisent à la grand’ 
chapelle, se trouvent deux belles sta- 
tues de Jérôme Campagna, représen- 
tant > Sie Claire et S François —. 
La grand’chapelle est surtout digne 
d’atterition; on y monte par seize gra- 
dins, ce qui lui préta beaucoup de 
majesté, tout en permettant à Parchi- 
tecte de pratiquer judicieusement au. 
dessous deux sacrislies que l’exiguité 
de Pemplacement ne lui permettait pas 
de placer autre part. La balustrade, 
ornée de quatre demi-figures qui nous 
offrent: — L’Annonciation, S François 
d'Assise et Ste Claire — les- piliers, 
couverts de bas-reliefs et d’arabesques 
délicats —, la coupole, nous présentant 
— les quatre Evangélistes —, l'autel — 
les deux statuettes de S. Antoine Abbé et 


| 


fuori con somma finitezza, e diligenza 
lavorati, ed è. grandemente da deplora- 
re che il salso e l’umido abbiano reca- 
to.grans danno alla di lui venustà. La 
facciata si adorna di due ordini. di pi- 
lastri, il primo, corintio l’altro jonico 
che sorreggono un ricco sopraornato 
sul quale ergesi maestoso ed. elegan- 
tissimo frontone di mezzo. cerchio, Ma- 
gnifica, è la porla, graziosi rabeschi ne 
abbellano i pilastri, e siede. sovr’ essa 
una mezza Stalua — di Nostra Donna 
— in marmo scolpita da certo Pirgo- 
tele dellà cui. patria disputano alcuni 
ma che in vero era italiano e valente ar- 
tetice, Il soffitto della. chiesa è opera 
di Pier Maria Penacchi, ed è lavoro 
ben meritevole della fama che gode, 
perchè l’artista seppe trovare belle for- 
me, e usar di colore vago e saporito 
onde conseguì che il tempo medesimo 
rispettasse il suo dipinto, il quale è 
diviso in cinquanta comparti ciascuno 
con una mezza figura di un Santo, 0 
del vecchio, o del nuovo testamento. 

, Sovra li due altari laterali alla gra- 
dinata che mettè alla cappella maggiore 
sono due bellissime statue di Girolamo 
Campagna le quali rappresentano S$. 
Chiara e S. Francesco 
lissimi lavori, La cappella maggiore 


ambidue bel- 


medesima, è monumento. di altissimo 


' ° . » 
pregio, Ascendesi ad essa per sedici gra- 


dini, donde ne procede molta maestà, gio- 
vando nel medesimo tempo al comodo 
delle Sagrestie che 1’ autor giudizioso 
collocava al di sotto, per acquistar ogni 
avvantaggio sulla ristrettezza del sito. 
Le balaustrate con quattro mezze. fi- 
gure esprimenti / Annunziata, S. France- 
sco d'Assisi, e S. Chiara; i pilastri fre- 
giati con minuli lavori di basso rilie- 
vo e rabeschi; i quattro. Evangelisti nei 
pennacchi della cupola, le due statuette 
di S. Pietro e S. Antonio Abate, final- 


de S. Pierre —, enfin — les deux an- 
ges —, coulés en bronze par Barthé- 
lemy Rubellino l’an 1606, sont autant 
de monuments précieux. On ne saurait 
oublier non-plus les vitraux de la croi- 
sée supérieure qui représentent — & 
Sauveur —, ni ceux qui nous offrent 
— Notre-Dame entre deux Anges —. 
Le dernier autel possède un beau ta- 
bleau de Jean Baptiste Pittoni, qui re- 
présente — S. Pierre d’ Alcantara, S. 
Jerôme et quelques autres Saints. 


Après avoir visité cette église, le 
curieux doit repasser par la rue des 
Miracles, franchir le pont des Herbes, 
le pont Rouge, el, tournant à gauche, 
il arrive sur la place de S. Jean et S. 


Paul. 


Eglise des $$. Jean eb Pau, 


On ne saurait bien sûrement indiquer 
l’auteur de ce temple magnifique; mais 
ce qui ne souffre point de discussion, 
c'est que la construction de cette égli- 
se, commencée en 1246, n’était pas en- 
core achevée en 1390. Son architecture 
appartient au style improprement: ap- 
pelé tudesque et ressemble à celle de 
la plupart des anciennes églises des 
frères Dominicains, ordre religieux par- 
mi lequel il ne faut pas oublier que se 
trouvèrent plusieurs architectes distin- 
gués ; ce qui fait penser à beaucoup 
qu’un dominicain fut l’auteur de celte 
église, tandisque d’autres penchent à 
croire qu’elle fut l’ouvrage d’un con- 
temporain et d’un disciple de Nicolas 
Pisano. i 


mente i due . Angiolini bellissimi getti 
di Bartolomeo Rubellino milanese, che 
portano la data dell’ anno 3606, son 
tutti nobilissimi lavori di ottimo dise- 
gno, e buon gusto. Nè indegna di os- 
servazione è la finestra nell’alto, ove è 
dipinto sul vetro — il Salvatore —, 
nè l’altra circolare ove è similmente 
dipinta — Nostra Donna fra due An- 
gioli —. Nell’ ultimo altare v° ha una 
bell’ opera di Giambattista Pittoni che 
è una tavola — con S. Pietro d’ Alcanta- 
ra, S. Girolamo, ed altri Santi. 

Dopo questa chiesa il viaggiatore 
può retrocedere per la calle dei Mira- 
coli passar il Ponte dell’Erbe e Ponte 
Rosso donde girando a sinistra scen- 
derà in campo de’ SS. Giovanni € 
Paolo. 


Chiesa di SS. Giovani e Paolo. 


Chi fosse 1° autore di questo magni- 
fico tempio donde s’ intitola il campo, 
non è ben noto, ma sappiamo che 
fu incominciato ad erigersi l’anno 1246, 
e non ancora compiuto del 1390. L’ar- 
chitettura è tedesca e di quella maniera 
onde sono costrulte le antiche chiese 
dei frati di S. Domenico, per la qual 
circostanza, e perchè in quella religio. 
ne furono molti celebri architetti se ne 
stima autore da molti un di que?’ frati 
medesimi, intantochè altri inclinano a 
qualche, contemporaneo, o seguace di 
Nicolò Pisano. 


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Ce temple a 290 pieds véni- 
tiens de longueur, et 125 de largeur à 
Vembranchement de la croix dont il a 
la forme; il est haut de 108 pieds. 
On Je consacra l’an 1436. L'auteur 
de son portail n’est pas mieux connu 
que celui de l’église elle-même; ce 
superbe ouvrage, surmonté d’une ogive 
charmante, et orné de sculptures exqui- 
ses, est soutenu par six colonnes d’un 
très beau marbre. On pourrait donner 
à cette église le nom de Sainte-Croix 
venitienne (1). Elle renferme en effet 
les restes mortels des héros les plus il- 
lustres de Venise, déposés dans de 
magnifiques mausolées que leur a élevès 
leur patrie reconnaissante. 

Dès l’abord en entrant, on aperçoit 
à gauche un monument érigé au Doge 
Pierre Mocenigo, mort en 1476, et exé- 
cuté par Pierre Antoine et Tullius 
Lombard. Vient après celui de Jérôme 
Canal, ouvrage du XVI siècle, suivi 
immédiatement du premier autel, qui 
possède une des premières peintures 
de Jean Bellini, représentant — a 
Vierge, le divin Enfant et plusieurs 
saints —; cette peinture a été restau- 
rée dernièrement. Suivent: Ze monu- 
ment de Melchior Lancia, sculpté Van 
.1674 par Barthel, et celui de Marc 
Antoine Bragadino qui mourut pour sa 
patrie en Chypre, l’an 1571; ce monu- 
ment, orné de clair-obscurs estimés de 
VAlabardi et de Piazza, frère capucin, 
fut élevé en 1596. Le second autel, 
‘aussi riche qu’élégant, est surtout re- 
marquable par une composition pré- 
cieuse attribuée tour-à-tour à Victor 


(1) L'église de Sainte-Croix à Floren- 
ce contient les monuments elevés à la me- 
moire des hommes les plus illustres de la 
Toscane, on pourrait même dire pre- 
sque;àde lTialie entière. 


Il tempio è lungo 290 piedi veneti, 
largo alla crociera 125, al centro 80, ed è 
alto piedi 108. Fu consacrato l’ anno 
1430. Ignoto eziandio è l’autore del- 
l’ ampia porta maggiore, eseguita però 
ne’ più bei giorni dell’arte , sormontata 
da un arco vaghissimo tutto fregiato di 
sculture, sostenuto da sei grandi colonne 
di fino marmo, e di tutto tondo. Que- 
sta chiesa la si potrebbe intitolare la 
Santa Croce veneta (1). Diffatto quà 
dentro dormono gli eterni riposi in 
magnifici monumenti, innalzati loro dalla 
patria gratitudine, e dalla veneta ma- 
gnificenza, gli eroi più gloriosi ond’era 
quest’ inclita madre feconda. 


Ed ecco a destra di chi emvra farsi 
subitamente d’innanzi il monumento del 
Dose Pietro Mocenigo morto Panno 1476, 
il quale appartiene a Pietro Antonio, 
e Tullio Lombardo. Seguita quello di 
Girolamo. Canal opera del secolo XVI, 
E quindi appresso si mostra il primo 
altare in cui ammirasi una delle prime 
pitture di Gian Bellino e recentemente 
ristaurata, la quale rappresenta — Za 
Vergine, il Bambino, e parecchi Santi —. 
Vien poi il monumento di Melchiore Lan- 
cia scolpito } anno 1674 da Barthel, e 
quello di Marcantonio Bragadino prodi- 
go in Cipro l’anno 1571 della gran- 
d’anima per la fede, e per la patria. 
Fu eretto l’anno 1596, ed è adorno di 
chiaro scuri reputati dell’ Alabardi,. o 
del Piazza frate cappuccino. Ricco ed 
elegante è il secondo ‘altare, e singo- 
larmente ammirabile per un’ insigne 
opera attribuita a Vittore Carpaccio od 


(1) Za Santa Croce di Firenze si rac- 
colgono i monumenti de’ personaggi più 
illustri. di Toscana, i quali illustrarono 
la patria di gesta e di dotti virtuose. 


16 


— 122 — 


Carpaccio, à Bartolomeo et à Louis Vi- 
varini: c’est un tableau d’autel divisé en 
gcompartiments. Tout de suite après vient 
le mausolée d’ Alois Micheli, mort en 
1589. La chapelle qui renferme le troi- 
sième autel, possède nombre de pein- 
tures remarquables, de marbres pré- 
cieux, de sculptures sur bois; on y 
admire entr’autres objets d’art un ta- 
bleau appartenant au premier genre du 
cavalier Liberi, et représentant — /e 
Christ crucifié, S.te Madeleine et S. Tho- 
mas —. On trouve ensuite le mausolée 
des Valier, monument superbe.et gran- 
diose, bien que de mauvais goût, éle- 
vé par l’architecte André Tirali, Ba- 
rata, Tersia, Gropelli et Bonassa y 
Sculptèrent en plein-relief %es figures 
des Doges Bertuzzi et Sylvestre Valier 


et de la dogaresse; femme du second. 


Le quatrième autel nous montre — 
un Christ flagellé —, peint par 1*Alien- 
se, et — S. Hyacinthe marchant sur les 
eaux —, par Léandre Bassano, qui 
placa dans ce tableau son propre por- 
trait sous la fisure d’un homme à che- 
val; la voûte est revétue de — cinq pe- 
tits compartiments — peints par Palma. 
La chapelle qui renferme le cinquième 
autel, construite d’après les plans de 
Tirali en 1690, est vraiment magnifi- 
que; ses parois sont ornées de six 
bas-reliefs, éxécutés par le bolonais Jo- 
seph Mazza, et représentant les princi- 
paux traits de la — vie de S. Dominique — ; 
dont cinq sont en bronze et deux en 
bois. Le plafond fut peint par Piazzet- 
ta. Le sixième antel n’offre de remar- 
quable qu’une halustrade én porphyre et 
une — Wierge avec l'enfant —, du style 
de Célesti. Dans le bras à gauche de 
la croix se trouve un beau tableau de 
Barthélemy Vivarini peint en 1473 re- 
présentant — Saint Augustin assis —. 
Vient après le monument de Nicolas 


a Bartolomeo, ed anche a Luigi Viva- 
rini. Ella è ‘tina tavola in nove compar- 
ti. Immediatamente poi sorge il mausoleo 
di Alvise Micheli che cedeva alla vita 
l’anno 1589. — La cappella del terzo al- 
tare è opera magnifica, ricca di marmi, 
di sculture in legno, e di pittura. Vi 
si ammira la pala della prima ma- 
niera del cavalier Liberi che è — Cri- 
sto in ‘croce con la Maddalena, e S. To- 
maso. — Sorge quindi il mausoleo Va- 
lier, grande e magnifico monumento 
avvegnachè di gusto. infelice. Lo ar- 
chitettava Andrea Tirali, ed il Baratta: 
il Tersia, il Grapelli, ed il Bonassa vi 


scolpivano di tutto tondo i Dogi ‘Ber 


tuzzi Silvestro Valier, e la Dogdressa 


moglie del: secondo. Il quarto altare i; 


offre — un Cristo flagellato — pittura 
dell’Aliense je di Leandro Bassano un 
— S. Giacinto che cammina sull’ acqua, 
— L'artista vi poneva il proprio ri- 
tratto in una figura a cavallo. Nel sof- 
fitto son cinque piccoli comparti del Pal- 
ma. La cappella magnifica del quinto 
altare fu architettata dal Tirali l’anno 
1690, e adorna nelle pareti laterali 
da Giuseppe Mazza Bolognese di sei 
bassi rilievi rappresentanti — Ze azioni 
di S. Domenico — cinque dei quali sono 
in bronzo e due in legno. Il Soffitto fu 
pennelleggiato dal Piazzetta. Nel sesto 
altare non si trova di ragguardevole 
che il parapetto di porfido, e — la Ver-. 
gine col bambino — della maniera del 
Celesti. Nella destra crociera splende 
un bel quadro di Bartolomeo Vivarini 
dipinto 1’ anno 1473, che mostra — 
S. Agostino seduto —; e quindi subito 
si erge il monumento equestre di Nicolò 
Orsino conte ‘di Pitigliano condottiere 
della Repubblica, uno dè’più incliti ca- 
pitani d’ Italia. Le sue ossa erano ca- 
late quà dentro 1* anno 1509. Sotto il 
monumento vedesi un quadro di Giam- 


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Ursino, comte de Pitiliano, général de 
la république et un des plus célèbres 
capitaines d’Italie; ses restes mortels y 
ont été déposés l’an 1509. Au-des- 
sous du monument, on voit un tableau 
de Jean Baptiste Dal Moro, qui repré- 
sente — Saint Marc assistant à lenrôle- 
ment pour la flotte de Venise. — Le 
septième autel est enrichi d’un tableau 
de Laurent Lotto, qui nous offre — 
Saint Antonin, deux anges et divers autres 
personnages ; au-dessus de la porte de 
cette nef est placée la statue du géné- 
ral Denis Naldo mort en 1510; cette 
statue est l’ouvrage de Laurent Bregno. 
La grand’ fenêtre a été exécutée par 
Jérôme Mocetto au seizième siècle 
d’après les dessins, à ce que l’on croit, 
de Vivarini; Ses vitraux coloriés avec 
beaucoup d’art, nous offrent plusieurs 
belles figures. Le huitième autel possè= 
de une composition admirable de Roch 
Marconi, c’est-à-dire un tableau repré- 
sentantle— Sauveur entouré des apôtres. 

A droite de la grand’chapelle, la 
première que nous rencOnirons nous 
offre le mausolée d’Edouard Windsor 
anglais mort en 1574; et deux tableaux 
de Boniface, qui représentent: l’un, exé- 
cuté en 1563 — Saint Paul, Saint Ni- 
colas et un martÿr —; l’autre, — la Mag- 
deleine chez le pharisien —. L’autel en 
marbre de cette chapelle est un bel ou- 
vrage de Vittoria, qui y sculpta les deux 
Statues latérales au crycifix. Dans la se- 
conde chapelle on trouve un tableau de 
Bassano, qui represente; — la Vierge 
et S.t Francois —; deux autres du Boni- 
ce, nous offrant: le premier, — lA4r. 
change Saint Michel —; le second — 
Saint Jean Baptiste, et Saint Antoine —; 
et un enfin de Lazzarini où est peinte 
la — chûte de la manne —. Au-dessus dy 
monument de cette chapelle, on admire 
nn chef-d’oeuvre de Jacques Tintoret; 


battista Dal Moro nél quale è espresso 
— $S. Marco assistere alli maritima co- 
scrizione in Venezia —. Il settimo altare 
è ragguardevole per la pala di Loren- 
zo Lotto in cui si veggono — S. An- 
tonino, due Angeli e parecchie figure — 
e sulla porta di questa crociera ergesi 
la statua del condottiere Dionigi Naldo 
morto l’anno 1510, e scolpita da Loren- 
ro Bregno. — La grande finestra è ope- 
ra di Girolamo Mocetto e si crede ese- 
guita sul disegno del Vivarini nel se- 
colo XVI. Ella è chiusa con vetri a 
colori co’ quali sono ingegnosamente 
composte alcune belle figure. - Nell’ottavo 
altare ammirasi un’opera insigne di 
Rocco Marconi che è la pala col + 


Salvatore fra gli Apostoli, 


La prima cappella a destra della mag: 
giore offre il mausoleo di Odoardo 'in- 
desor inglese, morto l’anno 1574, e due 
quadri del Bonifacio, 1° uno dato del 
1563 che rappresenta — S. Paolo; S. 
Nicolò, ed un martire —; il secondo — 
la Maddalena in casa det Fariseo —. Lal- 
tare è bello, ed è finissimo lavoro in nero 
marmo del Vittoria che vi scolpì le due 
statue laterali al crocifisso. Nella seconda 
cappella si aînmira un quadro del 
Bassano che è — Za Vergine e S. Fran- 
cesco — due altri del Bonifacio l’ uno 
con — S. Michele Arcangelo —, il se- 
condo rappresentante — S. Gio. Batti- 
sta e S: Antonio —, ed un altro del Laz- 
zarini porgente — la caduta della Manna. 
Sul monumento di questa cappella am- 
mirasi un capo lavoro di Jacopo Tin- 
toretto che è una grande tela colla — 
Vergine, alcuni Santi e Senatori —, quin: 


— 1% — 


j'entends paler du magnifique tableau 
de cet artiste, qui représente — la 
Vierge, plusieurs Saints, et quelques Sé- 
nateurs —. Vient ensuite un autre ta- 
bleau du Boniface, qui nous montre — 
trois Saints —, L’autelappartient au style 
des Lombard; Guillaume Bergamasque 
y sculpta Za Magdeleine. 

Dans la grand’ chapelle, sur le mur 
à droite, s’élève le monument du Doge 
Michel Morosini, mort en 1382; c’est 
un ouvrage du quatorzième siècle, or- 
né de sculptures et de mosaïques. Vient 
après le riche et magnifiqué mausolée 
du Doge Léonard Loredano, mort en 
1519. Jérome Grapilla en fut l’archite- 
cte l’an 1572, et Campagna encore 
jeune sculpta la statue du prince, d’après 
les dessins de Danese Cataneo, qui exé- 
cuta les autres statues et les bronzes, 
Sur le mur à gauche, on voit le mo- 
nument du Doge Marc Corner, repré- 
senté étendu dans le cercueil. Vient en- 
suite le plus beau, le plus riche et le 
plus élégant mausolée que Venise pos- 
sède; c’est celui du Doge André Ven- 
dramin, mort en 1479. Cicognara n’hé- 


site par à le nommer Ze signe du plus . 


haut point de perfection, où soit parvenu 
le ciseau vénitien. On l’attribue à Ale- 
xandre Léopardo, ou à son école. Aux 
côtés de l’urne s’élevaient les statues 
d'Adam et d’Eve sculptées par Tullius 
Lombard; elles furent transportées par 
la suite dans le palais Vendramin Ca- 
lergi, et on en mit à leur place deux 
autres d’un bon style, qui représentent 
deux saints. Le grand autel, ouvrage ma- 
gnifique, fut achevé par Mathieu Car- 
mer. Le tableau représentant — ? 4s- 
somption — a été peint à la détrempe 
par Mathieu Ingoli. 

Dans la première chapelle à gauche, 
on trouve un tableau du Boniface re- 
présentant =» Saint Antoine, Saint Marc, 


di un altro quadro — con tre Santi — del 
Bonifacio. L’ altare è della maniera 
dei Lombardi, e nel mezzo vi è scol- 
pita — {a Maddalena — da Guglielmo 
Bergamasco. 


Nella cappella maggiore sulla destra 
parete sorge il monumento del Doge Mi- 
chiele Morosini che, moriva Panno 1382. 
È opera del secolo XIV adorna di scul- 
turé e mosaici. Seguita il ricco, e ma- 
gnifico mausoleo del Doge Leonardo Lo- 
redano morto l’anno 1518. Architettavalo 
Girolamo Grapiglia l'anno 1572, ed il 
Campagna ancor giovanetto scolpiva la 
statua del Principe con disegno di Da- 
nese Cattaneo che lavorava le altre statue 
ed i bronzi. Nella parete a sinistra sor- 
ge il monumento del Doge Marco Cor- 
ner colla sua figura stesa sul feretro ; e 
dopo questo vi ha il più bello, il più 
ricco ed elegante mausoleo che si tro- 
vi in Venezia, il quale è quello del 
Doge Andrea Vendramin defunto l’anno 
1479. Il Cicognara definivalo siccome 
» segnale del vertice cui giunse l’arte del- 
lo scarpello veneziano ». Si attribuisce ad 
Alessandro Leopardo od alla sua scuola; 
ed ai lati dell’ urna sorgeano le statue 
Adamo ed Eva scolpite da Tullio Lom- 
bardo, che vennero quindi trasportate 
nel palazzo Vendramin Calergi; po- 
nendovi in iscambio altre due di buon 
lavoro, che rappresentano due Santi. 
Ivaltar maggiore è opera magnifica che 
Matteo. Carmero compieva l’anno 1619, 
La pala di quest’altare porge —l’Assunta 
— dipinta a tempera da Matteo Ingoli, 


. Passando nella prima cappella sinistra 
sì trova un quadro del Bonifacio con — 
S. Antonio, S. Marco ed altri Santi —; 


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et autres Saints —; une grande compo- 
sition de Léandre Bassano, où est peint 
— le déterrement d’un cadavre; un ta- 
bleau de l’école du Boniface, qui nous 
montre — trois saints—, L’autel est orné 
d’un tableau, chef-d'oeuvre de Léandre 
Bassano, qui représente la — Sainte Tri- 
nité, la Vierge etquelques Saints —. Dans 
la seconde chapelle se trouve le monu- 
ment du général Jacques Cavalli mort 
en 1384, ouvrage de Paul fils de Jaco- 
bello dalle Massegne, Vénitien. Les fre- 
sques du pavillon qui le décore, ont 
été exécutées par Lorenzino disciple 
du Titien. Cette chapelle possède en 
outre un tableau du Padoanino, où l’on 
voit — Saint Dominique apaisant une 
tempéte —; et un autre du Boniface, 
qui nous offre — trois Saints —; sur la 
paroi du bras à gauche de qui en. 
tre par la grand’porte , existe un ou- 
vrage précieux exécuté en 1/80, par 
Antoine Dentone; c’est un groupe en 
marbre représentant — Victor Cappello 
agenouillé devant Sainte Hélène —; et ap- 
partenant jadis aux ornements du por- 
tail de l’église, située dans l’ile de ce 
nom. Au-dessus de la porte du bras 
gauche de la croix, est placé Ze mau- 
solee du Doge Venier mort en 1400; c’est 
un: bel ouvrage attribué aux deux frères 
dits dalle Massegne. Cette porte conduit 
à la chapelle du Rosaire, qui fut enrichie 
de magnifiques ornements par Alexan- 
dre Vittoria après la victoire remportée 
à Curzola l’an 1571. Au-dessus de la 
porte par laquelle on entre dans cette 
chapelle, on voit un tableau représen- 
tant Za sainteSligue et où l’on remarque 
les portraits fidèles du pape Pie V, de 
Philippe roi d'Espagne ; et du Doge 
Alois Mocenigo. Derrière eux le peintre 
a placé Marc-Antoine Colonna, Jean 
d’Autriche et Sébastien Venier, géné- 
raux de ces princes. Ce tableau est un 


una gran tela di Leandro Bassano, che 
rappresenta — il disseppellimento di un 
cadavere —; un quadro della scuola del 
Bonifacio — con tre Santi —. L altare 
è ricco di un capolavoro di Leandro 
Bassano, che è una pala —- colla SS. 
Trinità, la Madonna e alcuni Santi 
—. Nella seconda cappella s’ incontra 
il monumento del general Jacopo. Ca- 
valli, morto 1’ anno 1384 e condotto 
da Paolo figlio di Jacobello dalle Mas- 
segne veneziano. Gli affreschi del padi- 
glione che lo adornano sono di Loren- 
zino discepolo del Tiziano. Questa 
cappella possiede eziandio un quadro 
del Padovanino, in cui si vede — S. 
Domenico calmare una tempesta, — ed un 
altro del Bonifacio — con tre Santi —. 
Sulla parete della crociera a sinistra di chi 
viene dalla porta maggiore vi è un pre- 
giatissimo. lavoro di Antonio Dentone, 
fornito l’anno 1480, vale a dire un 
gruppo in marmo rappresentante — Wit- 
tore Cappello genuflesso dinanzi a S. Ele- 
na --, il quale apparteneva un tempo 
agli ornamenti della porta della chiesa 
nell’isola di questo nome. Sulla porta 
di questa sinistra crociera sorge il mau- 
soleo del Doge Antonio Veniero, morto 
Panno 1400. È ricco lavoro attribuito 
ai fratelli dalle Massegne. — Per questa 
porta si passa nella cappella del Ro- 
sario, la quale, dopo la vittoria delle 
Curzolari, ottenuta l’anno 1571, venne 
arricchita di magnifici ornamenti sotto la 
direzione di Alessandro Vittoria. Sulla 
porta per cui si entra in questa cap- 
pella vi è un quadro con {a Sacra Lega, 
in un si distinguono àl naturale i ri- 
tratti di Papa Pio V, di Filippo re delle 
Spagne e del Doge Alvise Mocenigo. 
Dietro ad essi stanno i loro generali, 
cioè, Mare’ Antonio Colonna, Giovanni 
d’ Austria, e Sebastiano Veniero. L’opera 
è fra le più insigni di Domenico Tin- 


— 126 — 


des meilleurs de Dominique Tintoret. 
On attribue à ce même artiste, ou à 
Jacques son père, un autre tableau 
placé à votre droite lorsque vous en- 
trez et représentant la célèbre Batail- 
le de Curzola. À gauche est placé un — 
Crucifiement — de Jacques Tintoret. L’ 
autel de forme quadrangulaire est l’ou- 
vrage da Jérôme Campagna, ainsi 
que deux statues — de Sainte Rose et 
de Saint Thomas —, qui décorent les 
deux angles postérieurs, tandis que celles 
de — Sainte Justine et de Saint Do- 
minique —, sculptées par Vittoria, s’élè- 
vent aux deux angles antérieurs. Der- 
rière l’autel se trouve un tableau de 
Laurent Corona, d’après un modèle de 
Vittoria, représentant — l’Annonciation 
de la Vierge —. Les parois qui entourent 
cet autel sont ornées de bas-reliefs en 
marbre , reproduisant — a vie de 
N. S. Jésus - Christ. —; 
par divers artistes, tels que Bonazza, 
Taglia-Pietra, Toreti, Morlaiter , et 


sculptés 


quelques-autres depuis l’an 1600 ju- 
squ’en 1732. Au-dessus de l’autel, en 
voit au plafond un bel ouvrage, exécu- 
té par Jacques Palma en 1594, et re- 
présentant — Notre-Dame couronnée en 
Paradis —. Un ovale où l’on voit — 
la Vierge distribuant des chapelets à Saint 
Dominique et à Sainte Catherine —, 
ouvrage de Jacques Tintoret, forme le 
plus bel ornement du plafond de cette 
chapelle, où l’on trouve d’ailleurs plu- 
sieurs autres peintures estimées. 

En retournant dans l’église ; on a- 
perçoit près de la porte Ze mausolée de 
la Dogaresse Agnès Venier, sculpté au 
quinzième siècle; puis une statue en 
bois doré de Léonard Da Prato, illustre 
Général de la république. Au-dessous 
sont placés deux tableaux, qui repré- 
sentent: l’un, — trois Saints, = ouvrage 
de Vincent Catena; l’autre — un Cru- 


toretto. È ad esso Tintoretto, ovvefo à 
Jacopo suo padre, è attribuito 1’ altro 
quadro a destra di chi entra, che rappre- 
senta la celebre Vittoria delle Curzolari. 
Di Jacopo Tintoretto poi è un quadro 
a sinistra il quale rappresenta la — Cro: 
cifissione — LI altare di figura quadri- 
forme, è opera di Girolamo Campagna 
a cui appartengono pure le due statue 
di S. Rosa e S. Tommaso, che si ammi- 
rano ad ambo i lati posteriori, mentre 
il Vittoria scolpiva le altre due di S, 
Giustina e S. Domenico, che sorgono ai 
lati anteriori, Dietro l’altare è una pale 
dipinta da Lorenzo Corona con modello 
del Vittoria, rappresentante — ? Annun- 
ciazione di M. V. — e le pareti che 
circondano questo altare sono adorne 
di moderni bassorilievi di marmo che 
esprimono — la vita di N. S.G.C.—, 
scolpiti da varii artisti fra il 1600 e 
1732, cioè dal Bonazza, Tagliapietra; 
Toretti; Morlaiter ed altri. Nel soffit- 
to sopra l’altare vedesi il bel lavoro 
di J. Palma fornito l’anno 1594 che ti 
porge — Nostra Donna coronata in Pa- 
radiso — Un’ovale poi rappresentante 
— la Vergine che distribuisce corone a 
S. Domenico ed a S. Caterina —, opera di 
J. Tintoretto, forma il principale orna- 
mento del soffitto di questa ricca cap- 
pella. Altre pregiate pitture eziandio si 
veggono in essa. 


Lasciata questa, e ritornando in chiesa 
presso la porta ti si presenta il mau- 
soleo della Dogaressa Agnese Venier che 
nel.secolo XV, veniva scolpito, indi Za 
statua în legno dorato di Leonardo Da 
Prato illustre generale della repubblica 
sotto cui veggonsi due quadri. In uno 
di essi sono raffigurati — tre Santi —- ese» 
guiti da Vincenzo Catena; nell’ altro — 


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cifiement —, par Joseph Del - Sal- 
viali. 

En continuant à faire le tour de l’é- 
glise, on rencontre un petit autel orné 
d’un tableau où est peint — Jésus- 
Christ soutenu par des Anges —, copie 

. d’un ouvrage de Paul Véronèse, par le 
Padoanino ; et sur le mur voisin — 
‘un Crucifiement — par Jacques Tinto- 
ret. 

La porte qui mène à la sacristie, a 
été exécutée d’après les dessins du Sca- 
mozzi; les bustes des deux Palma et du 
Titien ont été placés en 1621 au-dessus 
de cette porte. En 1628 on déposa les 
restes mortels de Palina-le-Jeune dans la 
tombe qui s'élève devant cette même 
porte. 

Entré dans la sacristie, vous 
trouverez, à droite, un tableau où 
André Vicentino peignit en 1606 — Za 
donation — que Tiepolo fit aux Domini- 
cains du terrain sur lequel on batit 
cet édifice. Le tableau de l’autel, qui re- 
présente — plusieurs Saints =, ainsi que 
celui à droite où est peinte la — Re- 
surrection de Jésus-Christ —+, sont tous 
deux l’ouvrage de Jacques Palma. A 
gauche de ce même autel, on voit — 
un Christ portant sa croix —, tableau at- 
tribué à Louis Vivarini. Au-dessus de 
ces compositions, Léandre Bassano pei- 
gnit dans deux croissants — wr ange, et 
PAnnonciation dé la Vierge —. Ce mé- 
me peintre, dans un grand tableau qui 
décore le mur vis--vis la porte, repré- 
senta — Ze Pape Honorius III qui con- 
firme l'ordre des Dominicains. — Le pla- 
fond de cette sacristie est l’ouvrage de 
Marc Vecellio, qui y représenta — le 
Christ, la Vierge, Saint Dominique et 
Saint Francois d’ Assise. 


Retourné dans l’église, vous aper- 
cevez d’abord à gauche le monument 


un' Crocifisso — di Giuseppe del Sal- 
viati. 

Seguendo il giro della chiesa incon- 
tri piccolo altare avente un quadro -- 
con Cristo sostenuto dagli Angeli — co- 
pia di un altro di Paolo Veronese trat- 
ta dal Padovanino; e sulla vicina parete 
altro quadro con — la Crocifissione — 
scelta opera di J. Tintoretto. 


Ornata con disegno dello Scamozzi, 
è la porta che conduce alla Sagrestia. 
Il vecchio ed il giovane Palma ed il 
Tiziano vi sono rappresentati nei tre 
busti che nel 1621 collocavansi sopra 
essa porta. Nel 1628 davasi sepoltura 
al giovane Palma nella tomba che sor- 
ge dinnanzi alla norta medesima. 

Nella Sagrestia primeggia un quadro 
eseguito nel 1606 su cui Andrea Vi- 


centino pingeva la — Donazione fatta 


dal Tiepolo ai Domenicani del terreno 
su cui fu eretto questo edificio. La pala 
dell’altare — col Crocifisso ed alcuni 
Santi, e Sante — è opera di J. Palma 
siccome dello stesso Palma è la — 
Risurrezione di G. C. — che vedesi a 
destra dell’ altare medesimo. A sinistra 
poi di questo v’ha altro quadro con — 
Cristo che porta la Croce — il quale si 
reputa di Luigi Vivarini. Sopra questi 
due ultimi quadri Leandro Bassano in 
due mezze lune pingeva —- ? Angelo e 
la Vergine Annunziata —, Dallo stesso 
Leandro Bassano venne rappresentato 
in un gran quadro che abbellisce la 
parete dirimpetto alla porta. — Papa 
Onorio III che conferma l'ordine dei 
Domenicani —. Il soffitto di questa Sa- 
grestia è opera di Marco Vecellio che 
vi raffigurava — Cristo fulminante, No- 
stra Donna, S. Domenico, e S. Francesca 
d’Assisi —, 

| Visitata che hai la sagrestia, e rien- 
trato che sei in chiesa, sulla sinistra ti 


— 128 — 


du Doge Pascal Malipieri mort en 1461, 
et au-dessous un tableau, qui repré- 
sente — Ze couronnement de la Sainte 
Vierge — et que l’on attribue au Carpac- 
cio. Au-dessus on voit le mausolee du 
sénateur Jean Baptiste Boncio mort en 
1508, et sous ce monument deux niches, 
qui renferment : l’une, les restes du 
Doge Michel Steno; l’autre, ceux du 
Jeune Alois Trevisan, mort l’an 1528, 
renfermés dans une urne élégante; aux 
deux côtés on voit sculptés — Saint 
Thomas — par Antoine Lombard, — 
et Saint Pierre Martyr, — par Paul le 
‘ Milanais. 

Dans la ligne supérieure se trouvent 
les monuments: du général Pompée Giu- 
stiniani, mort sur le champ d’honneur 
en 1616, et dont la statue équestre a 

été sculptée par Francois. Terilli de 


Feltre; du Doge Thomas Mocenigo, 


monument exécuté en 1423 par Pier- 
re Nicolo de Florence, et par Jean 
Martin de Fiesole; et enfin celui du 
Doge Nicolas Marcello, mort en 1474; 
on ignore l’auteur de ce dernier ou- 
vrage dont.le style et l’exécution sont 
d’ailleurs au-dessus de tout éloge. Mais 
un véritable chef-d’oeuvre. du Titien, 
c’est le tableau placé sur VPautel qui 
vient immédiatement après les mo- 
numenis précités, il représente — Ze 
martyre de Saint Pierre —. Les Français 
après. l’occupation. de Venise, l'avaient 
transporté à Paris. On rencontre en- 
suite Ze monument d’Horace Baglioni, 
mort en 1617, et un tableau de Paul 
Véronèse, représentant — la Naissance 
de Jésus-Christ. 

. «Le dernier autel, fort riche, et d’une 
torme.élégante, fut exécuté en 1523, 'par 
Guillaume: Bergamasque ; on y. voit au 
milieu — une belle statue de Saint Jéré- 
me, — et au-dessus un bas-relief repré- 
sentant — Ÿ’Assomption—; Vittoria est 
l’auteur de ces deux ouvrages. 


incontri nel monumento delDoge Pasquale 
Malipiero defunto Panno 1461; e sotto 
questo un quadro con — l’Incoronaz1o- 
ne della B. V. — che si stima del Car- 
paccio. Nell’alto poi ti si presenta l’altro 
monumento del Senatore Gio. Batt. Bon- 
cio morto nel 1508; e sottoposte a que- 
sto due nicchie contenenti una : depo- 
sito del Doge Michele Steno, V’altra un 
Urna elegante del secolo XVI. con le 
ceneri del giovane Alvise Trevisan, mor- 


to l’anno 1528 sopra. i cui lati veg- 


gonsi — S. Tommaso e S. Pietro Marti- 
re il primo scolpito da Antonio Lom- 
bardo, il secondo da Paolo Milanese. 
Nella linea superiore sonvi i seguenti 
monumenti. Quello del generale Pompeo 
Giustiniani morto sul campo l’ anno 
1716, la cui statua equestre era scolpita 
da Francesco Terilli da Feltre; quello 
del Doge Tommaso Mocenigo che venia 
eseguito nell’anno 1423 da Pietro di. 
Nicolo da Firenze, e da Giovanni di 
Martino da Fiesole; e finalmente quello 
del Doge Nicolò Marcello che nel 1474 
passava ad altra vita. Di questo ultimo 
signora l’autore; è opera di alto me- 
rito, di gusto ed esecuzione finitissimi. 
Uno dei capo .d’ opera di Tiziano Ve- 
cellio è la pala, ritornata a noi dalla 
munificenza sovrana; dell’ altare, che 
s'incontra dopo i sudescritti monumenti. 
Ella rappresenta — S. Pietro Martire — 
di cui i Francesi, durante il regime di 
Napoleone, ayeano abbellita la loro Pa- 
rigi. Seguono poi il monzmento equestre 
di Orazio Baglione morto Pannno 1617, 
ed il quadro di Paolo Veronese rappre- 
sentante — la Natività del Nazzareno —. 
Ricco è l’ultimo altare, e di elegante 


1523 


forma. Esso venia lavorato nel 


da Guglielmo Bergamasco. Nel mezzo 


di questo havvi la bella — Statua di S. 
Girolamo — e sopra di essa — 7 Assun- 
ta — in basso rilevo, sculture ambedue 
da A. Vittoria, 


= SAINT 
FRI 
O 


Ca 


MI — 


+ Sur le mur à côté de la grand’por- 
te, c’est-à-dire à gauche en entrant, on 

. trouve le mausolée .du doge Jean. Mo- 
cenigo, mort en 1485; Tullius Lombard 
en.est l’auteur. Au dessus du même 
portail, s’ élève le magnifique monu- 
ment des doges Alois Mocenigo, er Jean 
Bembo , exécuté d’après les dessins de 
Grapiglia. Au-dessous de ce monument, 
on voit une urne d’un bon style, qui 
renferme les cendres de . Barthélemy 
Bragadin mort en 1505. 

Enfin sur la place de Saint Jean et 
Saint Paul, on admire une majestueuse 
statue équestre en bronze, érigée par la 
république à Barthélemy Coleoni son 
général, et l’un des plus grands capi- 
taines de son temps. Alexandre Léopardo 
la coula en bronze en 1495, d’après 
un modèle du Toscan André de Ver- 
‘rocchio. Le piédestal, sur lequel s’élè- 
ve cette statue, orné d’exquises scul- 
ptures en marbre, est d’un style fort 
élégant. 

Presque vis-à-vis -de ce monument, 
et à droite en sortant. de l’église, on 


- 


jiouve 


L'Bcole de Oœuut-Tace. 


Cette école qui appartient à l’hopital 
civil, fut élevée par Martin Lombard 
assisté, à ce que l’on croit, par Frère 
François Colonna, surnommé Poliphile 
religieux de ce couvent en 1485. La fa- 
cade composée de deux ordres corin- 
thiens, est couverte d’ouvrages exquis en 
marbre dont la plus grande partie furent 
exécutés par Pierre Lombard. A côté de 
chacune des deux portes, on trouve 

‘ quatre bas-reliefs, qui présentent des 


- Nella parete laterale alla porta mag- 
giore; cioè a sinistra di chi entra, t! 
si presenta il mausoleo del Doge Gio- 
vanni Mocenigo morto l’anno 1485, bel 
lavoro di Tullio Lombardo; e sopra la 
suddelta porta il magnifico monumento 
dei Dogi Alvise Mocenigo, e Giovanni Bem- 
bo, eseguito sul disegno del Grapiglia. 
Soltoposta a quest’ ultimo havvi un’ 
elegante urna di Bartolomeo Bragadino 
di cui l’ anno 1507 .ne segnava. la 
morte, 

Nel campo poi de’ SS. Giovanni e 
Paolo ergesi maestosa una statua eque- 
stre di bronzo che la repubblica faceva 
porre alla memoria di Bartolomeo Co?» 
leoni da Bergamo celebre suo gene. 
rale. Alessandro Leopardo nel 1495 
fondevala in bronzo col modello di 
Andrea da Verocchio toscano. Elegan- 
tissimo, e ricco di finissimi lavori in 
marmo è il piedestallo sul quale innal- 
Zasi questa statua. 


Dirimpelto quasi a questo monumen- 
lo, e dal lato destro, di chi esce, dalla 
chiesa v’ha la 


Senolaioe Slot 


- Questa scuola di S. Marco, che og- 
gidi appartiene al civile ospitale, fu 
architeltata da Martino Lombardo al 
quale credesi in quest’ opera assistesse 
frate Francesco Colonna, soprannomato 
Polifilo, religioso di quel convento l’an- 
no 1/85. La facciata è distinta in due 
ordini corintii, ed è riccamente coperta 
di finissimi lavori in marmo, la mag- 
gior parte de’ quali è opera di Pietro 
Lombardo. A lato di ambe le porte 
17 


SIMFZO EE 


perspectives d’un effet admirable; sur 
deux de ces bas-reliefs sont sculptés — 
deux lions —, et sur les autres — quelques 
traits de lavie de Saint Marc —; Tullius 
Lombard est l’auteur de tous les quatre. 
Les piédestaux, les colonnes et l’arcade 
de la grand’porte sont surtout dignes 
d’attention; les statues qui s'élèvent att- 
dessus ont été sculptées au XIV siècle 
par Maître Bartolomeo, le même qui 
exécuta la porte dite della carta; les 
salles intérieures ne sont pas moins ri- 
ches en élégants bas-reliefs de marbre, 
et leurs plafonds sont couverts de belles 
sculptures en . bois. Tout proche de 
cet édifice, s'élève 


sono quattro bassi rilievi che  offrono 
prospettive di mirabile‘effetto, e in due 
deî quali spiccano =. due leoni —, è 
negli altri — alcune storie di S. Mar» 
‘co +. Scolpivali tutti e quattro Tullio 
Lombardo. 1 piedestalli , le colonne, e 
l'arco della porta maggiore meritano 
singolare attenzione. Le statue. che le 
sorgono sopra erano scolpite nel se- 
colo XIV da quel maestro Barfolomeo 
che fece la porta della Carta, Così pure 
di eleganti bassi rilievi in marmo ab- 
bondano le sale interne i cui soffitti. 
sono coperti d’intagli e di legni fi- 
nissimi. Accosta di questo edificio tro- 
vasi 


L'IGépital des MWMlendiants, 


On a affecté à cet établissement l’an- 
cienne école de Saint-Mare que nous 
venons de décrire, ainsi que le couvent 
voisin de. Saint Jean ‘et Saint Paul. 
C’est là aujourd’hui l’hôpital civil pour 
les pauvres infirmes; il peut contenir 
mille individus et davantage. Vincent 
Scamozzi est l’architecte de cet édifice 
dont on estime fort les plans, ainsi que 
ceux de l’église attenante. La chapelle, 
d’ordre composite, fut construite en 1673 
par Joseph Sardi. 

Après avoir parcouru le quai des Men- 
diants, et une partie du quai Neuf, on ren- 
contre une rue spacieuse où s’élève 


es Ospitale dev Miendicanti. 


Egli si compone della sudescritta 
scuola di S. Marco, nonchè del vicino 
convento dei SS. Giovanni e Paolo, e 
forma il presente ospital civile pei po- 
veri infermi, di oltre mille de’ quali 
sarebbe capace. Vincenzo Scamozzi 
architettava questo edificio, la cui pian- 
ta con quella della chiesa annessa tien- 
si in gran pregio, e la Chiesa mede- 
sima di ordine composito fu eretta 


anno 1673 da Giuseppe Sardi. 


Scorsa tutta la fondamenta dei Men- 
dicanti, ed anco una parte delle Fon- 
damente Nuove s’ incontra una larga 
calle da cui appare 


L'Eglise des aies 


Cette église d’une date récente est 
extraordinairement riche en marbres 
précieux, et en sculptures. Dominique 
‘Rossi la bâtit en 1728; mais la facade 
‘est l’ouvrage de Jean Baptiste Fattoret- 
to: elle est d’ordre corinthien et ornée 
de plusieurs statues du Torretta, du 
Budo, du Bonazza, du Penso et d’au- 
tres auteurs modernes. Sur le troisième 
autel à droite en entrant, on voit un 
tableau d' Antoine Balestra, représen- 
tant — la Wierge et quelques saints —. 
L’ autel du bras droit de la croix est 
vraiment magnifique ; en y admire la 
statue de -— saint Ignace —, sculptée 
par P. Baratta. Dans la chapelle voisine 
à la grande, on remarque — une ur- 
ne antique — et — la statue du général 
Horace Farnèse —, mort en 1666. L'au- 
tel possède un tableau du Liberi où est 
peint — Saint Francois Xavier préchant 
—. Le grand-autel est d’une magnificence 
au-delà de toute expression; exécuté d’a- 
près les dessins de Joseph Porro, il 
est orné de marbres précieux, et de 
sculptures du Torretti, et de Fattoret- 
to; le tabernacle est en lapis lazzuli. 
Dans la chapelle voisine existe le mo- 
nument — Du Doge Pascal Cigogna 
— mort en 1555; ce monument est 
l’ouvrage de Jérôme Campagna. Près 
de la sacristie, on trouve un autel, qui 
possède un tableau de Jacques Tinto- 
‘ret. Sur le premier autel à gauche, 
toujours: en entrant par la grand’por- 
te, est placé — e Martyre de saint 
Laurent —, superbe tableau du Titien 
qui avait été transporté à Paris. Au- 
dessus de la grand’porte, on voit un 
magnifique monument élevé -—& Jean, 
Priam, et à André da Lezze —. Le pla- 
fond de l’église se partage en deux 
grands compartiments, peints à la fre- 


La Chiesa dei Gesuiti 


È'° questo un moderno e ricchissimo 
tempio di marmi finissimi incrostato, e 
di molte sculture adorno, Architettayalo 
l’ anno 1728 Domenico Rossi, ma la 
facciata appartiene a Gio. Batt. Fat- 
toretto; ella è di ordine corintio, e ab- 
bellita di molte statue del Torretti, 
del Budo, del Bonazza, del Penso, e 
di altri moderni. Entrando in questa 
chiesa nel terzo altare a dritta vedesi 
una pala di Antonio Balestra con — Ma- 
ria Vergine, ed alcuni Santi —. L'altare 
della dritta crociera è veramente ma- 
gnifico; e la statua — dî S. Ignazio — 
che vi si ammira è *cultura di P. Ba- 
ratta. Nella cappella presso 
giore è osservabile — wn'antica urna 
con la statua del generale Orazio Far- 


la mag- 


nese — che moriva l’anno 1666. Laltare 
possiede una pala del Liberi con la — 
Predicazione di S. Francesco Saverio — 
L’altar maggiore della maggior cap- 
pella è cosa oltre ogni credere  magni- 
fica. Fu disegnato da fra Giuseppe Poz- 
zo, adorno di finissimi e di 
sculture del Torretti e del Fattoretto. 
Il tabernacolo è ricco di lapislazzuli. 


marmi 


Nell’altra cappella appresso la maggiore 
fu posto il monumento del Doge Pa- 
squale Cigogna che moriva l’anno 1555, 
L’opera appartiene a Girolamo Cam- 
pagna. Nella crociera verso la Sagre- 
stia si ammira sull’altare una pala di 
Jacopo Tintoretto. Nel primo altare a 
sinistra di chi entra sempre dalla por- 
ta maggiore, spicca il celebre —  Mar- 
urio di S. Lorenzo — tela di Tiziano 
Vecellio restituita da Parigi. Sulla por- 
ta maggiore vi è il grandioso monu- 
mento che ergevasi a Giovanni Priamo e 
Andrea da Lezze. Il soffitto della chie- 
sa è diviso in due grandi comparti di: 
pinti a fresco da Francesco Fontebasso 


sque, pat Francois Fontebasso; le pre- 
mier représente — /Apparition des 
anges à Abraham —; le second — Elie 
enlevé au ‘ciel. 

On a placé sur la porte de la sacri- 
stie une — Invention de la. croix — 
peinte par Jacques Palma ; et — la cir- 
concision de Jésus-Christ, — ‘tableau de 
Jacques Tintoret. Le tableau d’autel, 
représentant — la Sainte Vierge, l’en- 
fant Jésus, et quelques. saints — a été 
peint aussi par Jacques Palma. Le pla- 
fond offre huit clair-obscurs, représen- 
tant — les quatre évangélistes, et les quatre 
docteurs:—; trois compositions de Jac- 
ques Palma sont placées entre eux: on 
y voit — l’ange qui porte la nourriture à 
Elie, — la manne ‘au désert— et = David 
fugitif: — Au-dessus de la porte du cor- 
ridor voisin, à droite de la sacristie, on 
voit — Za Décollation de saint Jean-Ba- 
ptiste — ouvrage du même Palma, ainsi 
que plusieurs aulres compositions re- 
marquables, qui ornent la sacristie et 
les lieux voisins. 

Sortez de l’église, traversez la place, 
remontez le quai de Sainte-Catherine, 
et vous trouverez au. boul 


L'Église de SAONE 


On ne saurait contester l'antiquité 
de cet édifice; et ce qui en est la preuve, 
ce sont les fréquentes réparations que 
son état a nécessitées dans ces derniers 
temps. En.entrant dans cette église, on 
trouve sur un pilier à gauche un ta- 
bleau du style de Vivarini, représen- 
sant — saint Augustin —. Le. premier 
autel. possède un tableau où ‘sont peints 
— L ange: et. Tobie:—, attribué au 


uno dei quali rappresenta — ? 4p- 
parizione degli Angeli ad Abramo — 
l’altro — Elia rapito al cielo —. 


Cole la porta della REA fu po- 

sta — Invenzione della Croce -—- tela 
di Jacopo Palma, quindi — la Circon- 
cisione di Gesù Gristo — dipinta da 
Jacopo Tintoretto. Dello stesso ezian- 
dio si è la la pala dell’altare con — 
Nostra Donna il Bambino ed alcuni San- 
ti. — Il soffitto offre otto chiari scu-: 
ri — con gli Evangelisti, e i quattro 
Dottori —, e fra questi sono. collocati 
tre pezzi di maggior grandezza del Palma 
i-quali rappresentano —. ? Angelo che 
porge .il pane ad Elia —, la Manna nel 
deserto —, e Davidde RARA Sulla 
porta del vicino corridore a destra del- 
la sagrestia si vede di esso Palma — la 
Decollazione di S. Giovanni Battista —. 
Del medesimo. ci sono anche altri buoni 
quadri , i' quali adornano sì la sagre- 
stia che i luoghi circonvicini. 


Uscito di chiesa, ed attraversato il 
campo si corrano le fondamente di S. 
Catterina, alla fine delle quali si trova 


Vas Chi preda Ind. Cattegurc. 


Ella è certamente antichissima, loc- 
chè appare benanco dagli ultimi, e mol-. 
ti ristauri. Entrando in chiesa trovasi 
a-destra. sul pilastro un quadro della 
maniera del: Vivarini con — S. Agosti- 
no — La pala con:—  ? Angelo e To- 
bia -—-del primo altare si attribuisce a 
Tiziano, od al. suo. discepolo . Santo 


Zago. La cappella maggiore è tutta 


ricca. di pitture di tre eccellenti ar- 


— 135 — 


Titien on à Santo Zago son- disciple. 
La grand’ chapelle est fort riche en 
peintures de trois grands maîtres de 
l’école vénitienne : Jacques Tintoret, 
Jacques - Palme, et Paul Véronèse; le 
premier exécuta les six tableaux. qui 
représentent : — Za vie de la sainte, — 
patronne de l’église; le second: pei- 
gnit celui où l’on voit — Za mère 
de sainte Catherine disposant sa. fille 
"au mariage — ; et le troisième enfin 
représenta — les nôces de Sainte-Ca- 
therine —. À gauche de la grande por- 
ie, on remarque sur un pilier — Un 
Saint Jean-Baptiste — à la manière du 
Vivarini, qui fait le pendant de l’au- 
tre tableau, dont nous avons déjà parlé. 
Le premier autel nous offre — une image 


| de la Vierge, — qui appartient à la pre- 
mière manière de l’école vénitienne; le 
second autel est orné d’ un tableau de 
Jacques Palma, représentant — wr 
miracle de Saint Antoine contre les Ava- 

, res. — Après cet autel et le suivant, on 
trouve trois tableaux de Jacques Palma 
où sont peints — quelques traits de la 
vie de Sainte-Catherine —. Les murs de 
la grand’nef ont été peints en 1607 
par André Micheli dit le Vicentin; 
on y voit — plusieurs traits de l'histoire 
sainte, et quelques sibylles —. Enfin 
le même Micheli peignit sur la paroi 
vis-à-vis de la grand’chapelle — le pro- 
phète David et Isaie. La sacristie pos- 
sède un bel ouvrage de Jean Bellini, 
c’est-à-dire — la Vierge et ? enfant 
Jésus. 

Cette église appartient au Lycée-Ro- 
yal, qui occupe le vaste local atteuant, 
lequel était autrefois un couvent de 
Religieux Augustins ;il possède une bon- 
ne Bibliothèque, et deux Cabinets l’un 
de physique, l’autre d’ histoire natu- 
relle. 

Avant de finir cette visite, le cu- 
rieux qui désire voir la maison du Ti. 


tisti della scuola veneta J. Tintoretto, 
J. Palma, ed il gran Veronese. Al pri- 
mo appartengono sei quadri che rap- 
presentano — le gesta della Santa Tito- 
lare — al secondo una tela in cui — lg 
madre di S. Catterina dispone al matri- 
monto la figlia —, al terzo la pala — co- 
gli Sponsali di essa Santa. — A sinistra 
della porta maggiore sul pilastro v’ha un 
— $. Giovanni Battista — della manie- 
ra del Vivarini che fa concomitanza 
alPaltro quadro del pilastro sovraccen- 
nato. Nel primo altare vi è — P efji- 
gie di M. V. — che appartiene alla 
prima maniera della veneta scuola. Nel 
secondo una pala di J. Palma che mostra 
-- un miracolo di S. Antonio contro gli 
Avari — Dopo questo altare ed il seguen- 
te ci hanno tre quadri del Palma suddetto 
che descrivono — gesta della Santa —. 
Nelle pareti della navata di mezzo fu- 
rono dipinti 1’ anno 1607 da Andrea 
Micheli detto Vicentino — alcuni fatti 
della sacra storia, e parecchie sibille —. 
Finalmente di questo Vicentino sono — 
I profetti Davidde ed Isaia — che stanno 
sulla parete rimpetto la cappella mag- 
giore. La sigrestia possiede una bell’o- 
pera di Gian Bellino che è — la Vergine 
col bambino —. 


Questa chiesa appartiene al reale Li- 
ceo Convitto il quale occupa il vasto 
locale ad essa congiunto, e che nei tem- 
pi passati fu monastero delle Agosti- 
niane. Egli è fornito di buona Biblio- 
teca, e di due Gabinetti 1° uno di fisi- 
ca, 1’ altro di storia naturale» 

Al fine di questa visita se al. visita- 
tore prendesse desio di vedere lo studio 


— 134 — 


tien, doit repasser par la place des 
Jésuites, franchir le pont de Sainte- 
Catherine, puis tourner à gauche et se 
rendre dans la rue dite des Birri, et 
enfin il trouvera dans un espèce de 
carrefour une maison portant le numé- 
ro 5526, ou plutôt une masure; ce’ est 
là qu’habita ce Titien que Michel-Ange 
appellait le grand confident de la na- 
ture, le maitre universel, et le seul di- 
gne du nom de peintre. 


del Tiziano non deve che ritornare al 
campo dei Gesuiti, passare il ponte che 
prende l'appellativo dalla parocchia, gi- 
rare indi a manca e portarsi nella con- 
trada dei Birri nella quale in certo Cam- 
po detto Rotto, ed al N. 5526 quasi 
crollante.e diroccato presentasi uno abi- 
turo che fu appunto lo studio del Ve- 
cellio, di quel Vecellio che il Buonarotti 
chiamava il gran confidente della natura, 
il maestro universale, ed il solo degno è 
del nome di pittore. 


QUATRIEME VISITE, 


La gondole est indispensable pour 
cette visite. 


Eglise de Ô. Georges Meur. 


Cette église donne son nom à Pile 
où ellé se trouve, siluée vis-à-vis de la 
place Saint Marc et distante quelques 
brasses de la Giudecca. A propos de 
l’île Saint Georges nous croyons de- 
Voir remarquer ici que celles qui entou- 
rent Venise, ont seules obtenu grace de- 
vant le tribunal sévère de l’auteur des 

Martyrs et du Génie du christianisme. 
En effet, M. de Chateaubriand a écrit, 
après s’ être violemment déchainé con- 
tre l’antique reine de l’Adriatique, que 
ce qu’il y avait de vraiment singulier 
à Venise, c'était la multitude des cou- 
vents bâtis sur les iles voisines de Veni- 
se. Ces édifices sacrés, dit-il, vus denuit 
sur une mer tranquille, offrent le specta- 
cle le plusattachant. — Mais aujourd’hui, 
observé à ce propos M. Moschini, Ve- 
nise n'aurait plus même ce mérite à 
ses yeux, puisque, au temps de l’occu- 
pation de Venise par les compatriotes 
de M. de Chateaubriand; la plupart dé 
ces couvents furent détruits. — Mais 
retournons à l’église de saint Georges. 
Dans un ouvrage de plus longue ha- 
leine, j’ai déjà dit que c’est dans l’ile 
de ce nom, qu’existait un monastère 
célèbre de Bénédictins, à qui dès 
l’an 982, le Doge Tribun Memmo en 
fit don , ainsi que des moulins, et des 
vignes voisines, Une chronique raconte 
qu'il s’y trouvait aussi un petit bois 


QUARTA VISITA. 


In questa visita è necessaria 
la Gondola. 


Chiesa d S. Giorgio Maggiore, 


Questa chiesa dà il nome all’ isola 
nella quale si trova, e che giace in- 
contro alla piazza di S. Marco, poche 
battute di remo distante dalla Giudecca. 
E posciaché con S. Giorgio entriamo 
nel discorso delle isole che circondano 
Venezia, non sarà forse fuor di propo- 
sito avvertire, come elle sieno le sole 
le quali abbiano potuto far trovar gra- 
zia a questa patria nostra dinanzi agli 
occhi del romantico autore dei Marti- 
ri e del Genio del Cristianesimo. Di- 
fatto il Signore di Chateaubriand la- 
sciò scritto dopo le molte invettive e ca- 
lunnie poco generosamente lanciate con- 
tro la detronata signora dell’ Adriatico 
« esservi però di singolare in Venezia 
la moltitudine dei conventi sovra le iso- 
le, e gli scogli alla città circostanti. 
Questi religiosi monumenti, veduti di 
notte sopra il mare tranquillo formare 
una veduta pittorica, e commovente ». 
A questo proposito soggiungeva il Mo- 
schini « avremmo scapitato nell’ esti- 
mazione presso di lui anche in tal ri- 
guardo, giacchè sotto il governo della 
sua nazione li vedemmo per la mag- 
gior parte distrutti » ! — Ritornando 
a San Giorgio in altrà mia maggior 
opera scrissi, come in essa esisteva 
il monastero celebre dei Benedettini 
ai quali fino dal 982 il Doge Tribu- 
no Memmo l'isola donava con le vigne, 


de cyprès; ce qui l’avait fait appeller 
d’abord; île des Cyprès. 


La beauté de l’église de Saint-Geor- 
ges est si singulière qu’on peut com- 
parer cet édifice aux plus admirables de 
Venise; aussi l'architecte, en fut-il le 
célèbre André Palladio ; les sculptures 
et les matériaux qui la composent sont 


vraiment précieux. Cependant les con- 


naisseurs y remarquent quelques légers 
défauts, qu'ils attribuent à ce que la 
construction de cette église «ne. fut 
achevée qu’après la mort de Palladio. 
En effet on en posa la première pier- 
re en 1556, mais ce n’est qu’en 1610 
qu'on mit la dernière main à cet: ou- 
vrage; on doit donc accuser de ces im- 
perfections Vincent Scamozzi qui, suc- 
cesseur de Palladio, n’eut point assez de 
modestie pour en être simplement l’exé- 
cuteur testamentaire, si je puis m’expri- 
mer ainsi. Ce temple a la forme d’une 
croix latine; et renferme onze autels. Sa 
magnifique façade construite en pierre 
d’Istrie, est ornée de quatre majestueu- 
ses colonnes, qui soutiennent le fron- 
tispice, au-dessus duquel s’élèvent cinq 
statues, sculptées par Jean Baptiste Al- 
banese de Vicence, excepté celle du 
milieu, qui a été exécutée par Antoi- 
ne de Lorenzo, et substituée à la sta- 
tue primilive qu’un ouragan avait ren- 
versée et brisée. Cette façade se ter- 
mine de chaque côté par les deux ailes 
qui couvrent la tête des deux nefs la- 
térales ; dans les’ intervalles du : milieu 
‘est placée une porte élégante, et dans 
les niches latérales, les statues en mar- 
‘bre de Saint Georges et de Saint Etien- 
ne, sculptées par Jules del Moro. 
Dans les entre-colonnements, se trou- 
vent deux tabernacles fort ornés, avec 
les bustes des Doges TZribun: Memmo, 


e molini che aveva d’intorno. Qual- 


che cronaca racconta ch’ eravi pure un 
picciolo boschetto di cipressi, il per- 
chè in prima avea il nome d’Isola dei 
Cipressi. 

L’ammirabile bellezza di cui que- 
sta chiesa va adorna fa che la si possa 
dire..fra le prime della nostra ‘città, con- 
ciossiachè l’ architettura è del celebre 
Andrea Palladio, e le sculture e le pietre 
che la compongono sono tutte di pre- 
gio singolare. ‘Gl’ intelligenti più squi- 
siti però vi notano qualche lieve di- 
fetto, il quale attribuiscono alla .esecu- 
zione, ‘compiuta in gran parte dopo 
morto Palladio, sendochè 1° anno 1556 
fu posta mano alla erezione del tempio 
e compiuta solamente l’anno 1610. Di 
queste alterazioni pare si.debba acca- 
gionare Vincenzo Scamozzi ,. che sue- 
ceduto a Palladio, non ne volle. essere 
il materiale esecutore. Il \ tempio ;ha 
forma di croce latina ed è circondato 
da ‘undici altari. La facciata è ‘magni- 
fica, tutta composta di pietra istriana, 
adorna di quattro maestose colonne che 
reggono il frontispizio. Su dessa si'al- 
zano cinque statue scolpite. da  G.. Batt. 
Albanese vicentino, tranne quella di 
mezzo, che è lavoro di Antonio Tersia 
di Lorenzo, e surrogata ad altra caduta 
per turbine e frantasi in mille pezzi. 
Questa facciata è compiuta: sui: lati. da 
due ali che coprono le testate. d’ ambe 
le navi minori, fregiate di pilastri co- 
rintii, ne’ cui vani di mezzo, si apre 
decentissima porta arcuata, e nei nicchi 
laterali sono le statue: in: marmo. dei 
Santi — Giorgio .e Stefano — scolpite 
da' Giulio del Moro. Fra gli interco- 
lunnii sono due ornatissimi tabernacoli 
coi busti dei dogi — Tribuno Memmo 
e Sebastiano Ziani —, il primo fonda- 
tore, 1° altro. benefattore. della , chiesa. 


Un” epigrafe. sovra. la porta esteriore 
‘Indica questa facciata essere stata eretta 


et Sébastien Ziani: le premier, fondateur, 
l’autre, bienfaiteur de l’église. L’épigra- 
phe gravée sur la porte extérieure nous 
apprend que cette façade a été érigée 
‘précisément en 1610. André Palladio en 
avait tracé le dessin, mais Temanza 
croit que Scamozzi, comme nous l’avons 
"déjà observé, y a ajouté quelque chose 
du sien, et observe que les niches des 
deux statues sont d’un style plus sim- 
ple dans le modèle. 

En entrant dans l’église par la gran- 
de porte que flanquent intérieurement 
deux colonnes de beau marbre grec, pla- 
cées avec beaucoup d'artifice, on aper- 
coit, au-dessus de la porte, le monu- 
ment —- du Doge Léonard Donato, — 
mort en 1612; et de chaque còté les 
Statues — des quatre Evangélistes, — ou- 
vrage d’Alexandre Vittoria. En tournant 
à droite, on découvre un autre monu- 
ment, c’est-à-dire celui — de Laurent 
Venier, — général, et procurateur de 
Saint-Marc, mort en 1667. Parmi les 
belles peintures, qui enrichissent ce tem- 
ple, on distingue — /a Naissance de 
Jésus-Christ — tableau de Jacques Bas- 
sano, placé sur le premier autel; le 
— Martyre de quelques saints, — sur le 
troisième; et — la Vierge Couronnée — 
ces deux derniers tableaux appartiennent 
à Jacques Tintoret. Le second autel 
possède — Un Crucifix de bois, — 
qu’on croit l’ouvrage de Michelozzi, 
disciple de Donatello. 

La grand’chapelle renferme un autel 
en marbre et en bronze précieux, dessi- 
né par l’Aliense, exécuté par Campa- 
_gne, et orné de chaque côté — d’un 
Ange —, sculpté par Boselli, et de 
deux tableaux de Jacques Tintoret, pla- 
cés sur la paroi à droite, qui reprèsen- 
tent: l’un, — Za Cène —; l’autre — La 
pluie de la Manne -—. Le choeur pos- 
sède des stalles en ‘bois d’un iravail 
délicat, où est retracée — l’histoire de 


propriamente l’anno 1610. Anche il Te- 
manza è di opinione che lo Scamozzi > 
‘siccome abbiamo più sopra notato, abbia 
prestata in questo lavoro una qualche 
assistenza, ed osserva i nicchi delle due. 
statue essere nel modello alquanto più 
semplici. | 


Entrando in chiesa per la porta mag- 
giore, fiancheggiata internamente da due 
colonne di finissimo greco marmo venato 
ed adattate al sito con elegante artificio, 
incontrasi sovra essa porta il monu- 
mento del doge — Leonardo Donato — 
defunto l’ anno 1612; e ad ambo i lati 
— i quattro Evangelisti — statue in 
istucco di Alessandro Vittoria. Volgen- 
do a destra si vede un altro monu- 
mento, che è quello del generale e pro- 
curatore — Lorenzo Veniero — ces- 
sato a’ vivi 1’ anno 1667. Fra le belle 
pitture che arricchiscono questo tem- 
pio si notano: — la Natività di 6. 
C. — di Jacopo Bassano ; nel primo 
altare; nel terzo, la pala col — Mar- 
tirio di alcuni Santi —, nel quarto», la 
pala colla — Zergine coronata —, am- 
bedue di Jacopo Tintoretto. Il secondo 
altare ha un — Crocifisso —, opera in 
legno reputata del Michelozzi, discepolo 
del Donatello. 


La cappella maggiore ha |’ altare 
composto di marmi e bronzi finissimi, 
disegnati dall’ Aliense, ‘eseguiti dal 
Campagna adorno di — Angeli latera- 
li — scolpiti dal Boselli, e di due qua- 
dri di Jacopo Tintoretto sulla destra 
parete, l’uno de’ quali rappresenta — 
la Cena di G.C. —, l’altro — Za caduta 


- della manna —. Il coro è ragguarde- 


vole per sedili di accuratissimo lavoro 


in legno, che rappresentano — la storia 
18 


— 138 — 


Saint-Benoit —; le fiamand Alhert de 
Brule en est l’auteur. 

A gauche en entrant par la grande 
porte; on trouve le monument du Doge 
Marc Antoine Memmo —, mort en 
1615, Le premier autel possède — 
Sainte-Lucie —, par Léandre Bassano; 
le second — une Madonne —-, statue 
médiocre de Campagna; le troisième — 
un Saint-Georges —, peint par Mathieu 
Ponzone; le quatrième — le Martyre de 
Saint-Etienne —, et le cinquième — 
da résurrection. de Jésus-Christ, — et 
plusieurs portrait de Sénateurs Véni- 
tiens, par Jacques T'intoret, Le quatriè- 
me.autel précité est orné en outre de 
deux candélabres en bronze, exécutés 
en 1698; enfin au-dessus d’une porte, on, 
voit le monument du procurateur, Zin- 
cent Morosini, mort l’an 1588., 

Le clocher fort remarquable de cette 
église a été bâti d’après les plans de 
Benoit Bourati Somasque. 

Le monastère est contigu à l’église; 
on y admire le premier cloître, élégant 
et magnifique parallélograme de style 
ionique, le réfectoire et de vastes cel- 
liers, ouvrage estimé de Palladio ; en- 
fin le grand’escalier construit, d’après 
les, plans de Longhena. 

Tout près de cet édifice le gouver- 
nement ilalien a fait élever le port franc, 
établissement important dont Mezzani 
fut l'architecte. A la même époque on 
jugea opportun d’accorder l'entrée des 
marchandises dans cette ‘ile, libre de 
tout droit, afin de ranimer notre com- 
merce: abattu. 


Lorsque le curieux a visité ces diffé- 
rents lieux, il lui faut remonter en gon- 
dole, et faire le tour du grand Canal, 
dufant, lequel nous l’accompagnerons, 
lui indiquant à mesure les objets les 
plus dignes de son attention. 


sù 
di San Benedetto —, e son opera del 
Fiammingo Alberto de Brule. 

A sinistra di chi entra dalla porta 
maggiore, fu posto il monumento del Do- 
ge Marco Antonio Memmo morto l’anno 
1615. Il primo altare — una S. Lucia, — 
di Leandro Bassano; il secondo, — una 
Madonna — statua mediocre del Cam- 
pagna; il terzo — un S. Giorgio — 
pala di Matteo Ponzone; il quarto — 
un martirio di S. Stefano — ed il quinto 
una pala con — la Risurrezione di G. C. 
— e parecchi ritratti di Senatori veneti 
di J. Tintoretto, Inoltre il sopradetto . 
quarto altare è adorno di due gran can- 
delabri di bronzo, lavoro del 1698; poi 
sovra una porta si vede il monumento 
del Procuratore Vincenzo Morosini mor- 
to l’anno 1588. LE 

Il bel campanile di questa chiesa fu 
disegnato da Benedetto Burati Somasco. 

Annesso alla chiesa è il convento in 
cui si ammirano ë] primo chiostro, leg= 
giadro e magnifico quadrato di jonica 
architettura, il refettorio, e le vaste can- 
tine pregiate opere del Palladio; final- 
mente la gran scala disegnata dal Lon- 
ghena. | 


Adjacente a questo edificio sul prin- 
cipiare del secolo nostro fu eretto dal 
governo italiano 7 Porto Franco, gran- 
dioso stabilimento architettato dal Mez- 
zani, nella quale epoca si credette op- 
portuno accordare ai mercadanti di far 
venire libere da ogni gabella in que- 
st’isola le merci loro per ravvivare il 
languente commercio. , 

Queste cose vedute è mestieri al fo- 
restiere risalire la gondola e così far il 
giro del Canal grande lungo il quale 
verremo noi accompagnandolo, e via via 
notandogli le cose di maggior conside- 
razione meritevoli. 


rr ONE mere 


di È uen) purs re Tor À 4 li SR 3 sa : SIC æ = 
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— 139 — 


La Do LULOME. 


Le premier édifice qui se présente 
à nos regards, c’est la douane de mer, 
dite aussi d’entrepôt, bâtie par Joseph 
Bennoni en 1682. L’emplacement de ce 
bel et solide édifice d’ordre dorique a 
été choisi fort heureusement par cet 
architecte. «— Vis-à-vis la douane, et à 


droite du Canal, s'élève le palais Giu-. 


stiniani bàti au moyen-âge, et qui sert 
aujourd’hui de local à l’hôtel de PEn- 
rope, 


Salise de Motie-(Daute de la 
Sauté, 


‘Cette magnifique église, ainsi que le 
monastère adjacent, a été élevée par suite 


d’un voeu fait par le Sénat, à l’occasion 


de la peste affreuse, qui désola cette ville 
en 1630. On en posa la première pier- 
re accompagnée de médailles d’or et 
d’argent le 21 mars 1631, après la cé- 
lébration d’une messe où assistèrent le 
Doge Nicolas Contarini, et le Cardinal- 
Patriarche Frédéric Cornaro. Cette é- 


‘glise, placée sous l’invocation de /a 


Sainte Vierge à l’intercession de laquel- 
le on attribua la délivrance de la ville, 
prit le nom de Sainte-Marie de la Santé. 

Dans les Mémoires de l’Institut na- 
tional des Sciences, et des Arts (1), on 
lit une dissertation de M. Raymond 
sur la construction de celte église, 


(1) Paris, an IX; tom. III, p. 395. 


La Dogana dx Mare. 


Innanzi tratto si presenta la Doga- 
na da Mare detta pure da transito con- 
dotta da Giuseppe Bennoni l’anno 1682. 
con ordine dorico. Solido e magnifico 
edifizio al bel effetto del quale l’archi- 
tetto si valse molto bene del luogo in 
cui. sorge. Dirimpetto alla Dogana, e 
alla destra del canale levasi il palazzo 
Giustiniani architettato nel medio evo 
ed attualmente ridotto ad albergo ‘col 
titolo dell’ Europa. | 


| CB) SIM dello Salate. 


Questa magnifica chiesa e monastero 
fu edificata per voto dell’Fccellentissi- 
mo Senato quando l’anno. 1630 la pe- 
slilenza desolava questa città, e fu po- 
sta la prima pietra con medaglie d’oro, 
e d’argento-alli 21 di marzo 1631, do- 
po celebrata la messa alla presenza del 
Doge Nicolò Contarini, e Federico Cor- 
naro Patriarca, e Gardinale. E ad onore 
di N, D., per l’intercession della quale 
si credette fermamente scampata la cit- 
tà del pestifero morbo, questa chiesa 
vollesi intitolata S. Maria della Salute. 

Nelle Memorie dell’ istituto nazionale 
di scienze, ed arti (1) si legge una dis- 
sertazione del sig, Raymond sulla costru- 
zione di questo tempio paragonato con 
quello degli invalidi a Parigi: in essa 


| (1) Parigi, anno TX. Tom. III. pag. 395. 


— 4140 — 


comparée à celle des Invalides à Paris; 
cet écrivain y dit entre autres choses: 
» J’allai à Venise en 1774, uniquement 
» guidé par le désir de faire une étude 
» complète des édifices qui embellissent 


v 
e) 


cette ville. La disposition singulière et 
» pittoresque de leur intérieur, et sur- 
» tout la légèreté de leur construction, 
» arrêtèrent mon attention. J’ai obser- 
» vé une grande abondance d’objets 
» utiles au progrès de l’art; je les com- 
» parai entr’eux, et je réussis à con- 
» naitre le prix de ces travaux dès 
» long-temps oubliés par l’insouciance 
» deces dernier temps ».Get écrivain fran- 
cais continue ensuite à louer l’église qui 
nous occupe présentement comme celle 
où l'architecte a su le mieux unir la lé- 
gèreté à la solidité ,'et la préfére au 
dôme des Invalides de Paris dessiné par 
Mansard, élevé postérieurement, c’est- 
à-dire en 1676. 

L'Empereur Joseph II appellait le 
dôme de Milan un mont d’or tran- 
sformé en marbre. On pourrait en dire 
autant de l’église de Notre-Dame de 
la Santé, qui, si elle n’est pas tout-à- 
fait une montagne de marbre, est sans 
doute un mont d’ornements riches et 
magnifiques, peut-être même outrés, tels 
que les aimaient le goût dominant à cet- 
te époque, mauvais goût qui ne fit qu’ 
empirer par la suite, » Cette église, dit 
» Moschini, est pleine, et à l’extérieur 
» et à l’intérieur, de statues dont quel- 
» ques auteurs font monter le nombre 
» à 125. Leurs auteurs ne sont pas 
” bien connus, et nous ne le regret- 
* tons ‘guére; quant à la façade, on sait 
» que Francois Carioli sculpta les deux 
+ Sibylles placées ‘dans les angles au-des- 
-» sus du grand portail du milieu; la 
» coupole, très haute, est fort esti- 
» mée. » 

En entrant dans l'église, on trouve 
d’abord à droite trois autels ornés de 


dice l’autore » l’anno 1774 feci un viag- 
» gio a Venezia non per altro che per 
» istruirmi con uno studio compiuto de- 
» gliedifizii che abbellano quella città.La 
» singolare e pittorica disposizione del 
» loro interno, e sovratutto la legge- 
» rezza della costruzione fermavano i 
» miei pensieri. Io osservai colà gran 
» copia di oggetti utili al progresso 
» dell’arte, ne feci il paragone. fra lo- 
» ro, e pervenni a conoscere il pre- 
» gio di codesti lavori messi da lungo 
» tempo in obblio dalla trascuratezza 
» dei secoli scorsi ». Seguita il dot- 
to francese ad ammirare questo tempio 
siecome quello in cui l’architetto sape- 
va congiungere leggerezza a solidità, 
e lo antepone al suddetto di Parigi 
modellato da Giulio Hardovin-Mansard, 
avvegnachè eretto posteriormente, vale 
a dire l’anno 1676. 


Giuseppe II imperatore diceva il duo- 
mo di Milano essere un monte d°’ oro 
mutato in marmo. Potrebbesi dire qua- 
si lo stesso del tempio della Salute il 
quale se non è affatto un monte di mar- 
mo, egli è senza. dubbio un:monte di 
ornamenti ricchi e magnifici sì ma in- 
digesti, e che accennano il gusto domi- 
nante del secolo il quale maggiormente 
in progresso intristiva. Scrive Moschi- 
ni» la chiesa è ‘piena di statue nella 
» parte esteriore e nella interna, le quali 
» alcun paziente scrittore dice che su- 
» perano il numero di 125. Gli autori 


‘» loro furono ‘assai modesti, nè ci duole 


» gran fatto di non conoscerli partita- 
» mente. Quanto alla facciata ci resta no- 
» tizia che Francesco Carrioli scolpì le 
» due Sibille negli angoli sopra il volto 
» della gran porta di mezzo. L’altissima 
» cupola è in molto pregio tenuta ». 


Entrando. in chiesa s’ incontrano a 
prima giunta tre altari a destra con tre 


— UU — 


n 


trois bons tableaux de Luc Giordano: 
-— La Présentation au temple —, l As- 
somption —, et la Naissance de la Vier- 
ge-—. Le grand autel est riche, mais de 
mauvais goût, orné de statues et de 
sculptures en marbre de Carrare, exé- 
cutées par Juste de Curti. Près de 
d'autel on voit un grand candélabre en 
bronze, ouvrage exécuté par Alexandre 
Brenciano d’après la manière de Vitto- 
ria; ce candélabre, après celui d’An- 
dré Riccio qu’on admire dans la grand”? 
chspelle de l’église de Saint-Antoine 
à Padoue, est regardé comme le plus 
beau de tous ceux qui existent dans les 
provinces Vénitiennes. On y voit aussi 
six autres candélabres plus petits du mé- 
me auteur, également en bronze. A. gau- 
che de la grand’porte, le premier autel 
qu’on rencontre possède un tableau re- 
présentant: — 2’ Annonciation —;, attri- 
bué à Liberi, qui est bien certaine- 
ment l’auteur de l’autre où est peinte 
— Venise devant Saint Antoine —, pla- 
cé sur le second autel. Le troisième 
est orné d’une peinture exécutée par 
le Titien en 1541, et représentant — 
la descente du Saint-Esprit —. Le pla- 
fond du choeur nous offre trois ovales 
de Joseph Del-Salviati où. sont peints 
— Elie, la Manne et Habacuc —, et 
huit plus petits du Titien, qui nous 
moutrent — es ZEvangelistes , et les 
docteurs de l'Eglise. 

« L’autel de la sacristie possède un ta- 
bleau du Padoanino représentant — No- 
tre-Dame de la Santé —, et à coté de 
Ja chapelle — Saint-Sébastien —, par le 
Basaiti — , Saint-Marc entre quatre 
«Saints —, ouvrage qui appartient à la 
«première manière du Titien. En. face 
des fenêtres, on voit — les Nôces de Ca- 
na —, par le Tintoret, et à côté — Sail 
-qui brandit sa lance contre David —, 
-par le Salviati.. Au-dessus de la porte 
on remarque trois autres peintures de 


buone pitture di Luca Giordano che 
sono — la Presentazione, l Assunzione, e 
la Natività di M. V. — L’altar maggio- 
re è ricco, ma di cattivo gusto, adorno 
di statue e di sculture tutte in marmo 
carrarese condotte da Giusto de Curti. 
Vi ha inoltre un gran candelabro in 
bronzo, lavoro di Alessandro Brescia- 
no secondo la maniera del Vittoria; il 
quale dopo il candelabro di Andrea 
Riccio, nella maggior cappella della Chie- 
sa del Santo in Padova, è stimato il più 
bello fra quanti se ne trovano nelle ve- 
nete provincie. La sacra mensa è ricca 
di altri sei candelabri minori di bronzo, 
e dello stesso autore puf essi. À sini- 
stra della porta maggiore il primo al- 
tare ha una pala —- coll’ Annunziata — 
attribuita al Liberi; e del Liberi certa- 
mente è — Venezia d’innanzi a S. An- 
tonio — quadro che adorna il secondo 
altare. Il terzo va ricco di una tela — 
con la discesa dello Spirito Santo — che 
Tiziano eseguiva l’anno 1541, vale a di- 
re il sessantesimo quarto dell’ età sua. 
Il soffitto del coro mostra tre ovali di 
Giuseppe del Salviati che rappresenta- 
no — Ælia, la Manna, ed Abacucco —, 
e dopo questi, otto minori ovali del 
Vecellio sopradetto in cui si veggono 
— gli Evangelisti,.e i Dottori di Santa 
Chiesa. 


L'altare della Sagrestia offre una pa- 
la del Padoanino rappresentante — la 
Madonna della Salute; — e a lati della 
cappella — S. Sebastiano — del Basaiti, 
e — S. Marco fra quattro Santi — la- 
voro di Tiziano, e della sua prima ma- 
niera. In faccia poi alle finestre — Le 
nozze di Cana — di J. Tintoretto, e a lati 
di questa — Saule che vibra la lancia 
contro Davidde — del Salviati. Sovra la 
porta ci sono tre altri pezzi del Sal- 
viati che rappresentano l’uno — {a ce- 


— 142 — 


ce même Salviati, qui représentent : 
June — Ja Cène —, et les deux autres 
— deux traits de la vie de David —. 
Dans l’espace entre les fenétres, on voit 
deux ouvrages du même auteur où sont 
peints: — Josué et Aaron —; et deux 
de Palma qui représentent — Jonas et 
Samson —. Le plafond enfin est enri- 
chi de trois productions sublimes du 
Titien, c’est-à-dire — Za Mort d’ Abel 
—, le Sacrifice d'Abraham —, et — 
David vainqueur du géant. 

Dans le couvent voisin est établi le 
Séminaire patriarcal bâti d’après les 
plans du Longhena; c’est là aussi un ma- 
gnifique édifice, riche en statues exé- 
cutées par Marinali, eu bonnes peintures 
appartenant à différents auteurs, en in- 
scriptions, en bas-reliefs, et pourvu. 
d’une nombreuse bibliothèque. N’ou- 
blions pas de dire qu’il renferme le 
tombeau de Sansovino, orné d’un buste 
de ce grand architecte exécuté par 
Vitloria ; ainsi que plusieurs autres 
objets précieux dont le nombre s’aug- 
mente tous les jours, et dont l’Abbé 
Moschini a donné une description aussi 
fidèle que détaillée. 

En sortant de ce Séminaire, et en 
allant à l’Académie des Beaux-Arts dont 
nous parlerons tout à l’heure, on ap- 
perçoit sur les deux bords du grand Canal 
plusieurs palais remarquables dont les 
plus dignes d’attention sont: — le palais 
Tini, bâti par André Trivinian; le pa- 
lais Correr della Ca grande (de la grand” 
maison }, riche et élégant édifice, 
qui est aujourd’hui le siége de la Dé- 
légation de la province, bäti par San- 
sovino vers l’an 1532; sa façade est 
divisé en trois ordres, dorique, ionique, 
et composite; le palais Dario, appar- 
tenant au style des Lombards à l’épo- 
que desquels il fut d’ailleurs construit; 
cet édifice est revêtu de marbre pré- 
cieux et il annonce l'aurore de la re- 


] 

na di G. C. — e gli altri — le gesta 
di Davidde. Negli spazii fra le finestre 
ci hanno ancora due pezzi di esso Sal- 
viati che figurano — Giosuè ed Aron- 
ne —, e due del Palma in cui si veg- 
gono — Giona e Sansone. — Il soffitto 
finalmente contiene tre sublimi opere 
del Tiziano che sono — Za morte di A- 
bele — il sagrificio di Abramo — e Da- 
vidde vincitor del gigante. 


Nell’annesso convento trovasi il Se- 
minario patriarcale instituito a prò de- 
gli Ecclesiastici. Egli è architettura del 
Longhena, magnifico edificio pur esso; 
ricco di statue del Marinali, di buone 
pitture appartenenti a varii autori, d’in- 
scrizioni, bassi rilievi, monumenti, e so- 
vra tulto di una copiosa biblioteca. Vi 
si trovano eziandio le ceneri del San 
sovino, col busto di lui scolpito dal 
Vittoria, con molti altri interessanti og- 
getti, il numero de’quali si aumenta 
tuttodi, e la cui minuta descrizione ven- 
ne esattamente pubblicata dall’ abate 
Moschini. 


Uscendo da questo. stabilimento e 
proseguendo la via fino alla Scuola del- 
la Carità della quale toccheremo più di- 
stesamente, s’ incontrano ad ambe le 
sponde del Canale molti bei Palazzi fra 
quali maggior attenzione meritano i se. 
guenti. —- Il Palazzo Zini architettato 
da Andrea Trivignani; quello dei Cor- 
ner della Ca grande, ricco, magnifico ed 
elegante edificio, attuale residenza della 
R. Delegazione della Provincia, archi- 
tettato dal Sansovino verso. 1’ anno 
1532, con la facciata distinta ne’tre or- 
dini dorico- bugnato, jonico composito; 
quello dei Dario dello stile ed epoca dei 
Lombardi, vestito di fini marmi e che 
accenna il vicino risorgimento dell’ ar- 
chitettura, quello dei Zenier del quale fu 


— 143 — 


naissance de l’architecture ; le palais Ve- 
nier dont une partie seule a été élevée; 
celui des Cavalli, bâti au moyen-age; 
‘et enfin celui des Angarani, dont le 
style se rapproche de celui du palais 
Dario. Puis à gauche du canal, on dé- 
couvre 


L'Acadénue des Die Ce 
(École de la Chauté). 


Le local affecté à cette Académie se 
compose de l’école, du couvent, et de 
l’église de Sainte-Marie de la Charité, 
qui, jusqu’à ces derniers temps, avaient 
été desservis par des chanoines réguliers 
de Latran, qu’y avait placés le prieur 
de Saint-Marc en Port de Ravenneà qui 
Innocent IT accorda cette église, bâtie par 

Marc Giulini vers l’onzième siècle, C’est 
là que trouva un asile Alexandre VI fu- 
gilif. Le monastère, bâti plus tard par 
Palladio, fut la proie d’une incendie. 
Cette école était la plus antique et la 
plus illustre des états vénitiens, ayant 
été fondée en 1262, et ayant douné des 
règles à toutes les autres. Au-dessus de 
la porte du Couvent on voit un bas- 
relief qui représente — la Vierge, l’en- 

| fant Jésus et quelques autres figures —, 
ouvrage estimé qui date de 1345. La 
seconde cour offre une aîle d’une con- 
struction fort élégante, divisée par Pal- 
ladio en trois ordres, le dorique, l’io- 
nique, et le corinthien; on y trouve 
joint un ancien ouvrage du même Pal- 
ladio, 


eretto soltanto il basamento. Quello dei 
Cavalli architettura del Medio-Evo e 
finalmente quello degli Angarani che 
nello stile si approssima al palazzo Da- 
rio sopradetto. Quindi a sinistra del 
Canale ti si fa innanzi la 


Scuola della Carito ovvero 
Ce delle Belle ait. 


La presente Accademia di Belle arti 
si compone della Scuola, Convento e 
Chiesa di S. Maria della Carità, che fi- 
no agli ultimi tempi era ufficiata da ca- 
nonici regolari lateranensi, postivi dal 
priore di S. Maria in Porto di Raven- 
na al quale il secondo Innocenzio con- 
cedeva questa Chiesa edificata da un Giu- 
lini verso l’undecimo secolo. In essa fu 
ricettato il profugo Alessandro terzo, 
Il monastero venne edificato dal Palladio, 
ma arse l’anno 1630.La scuola siera la 
più antica e la più nobile delle vene- 
te, sendo stata instituita l’anno 1262, e 
da essa avendo preso norma tutte le al- 
tre. Sulla porta del convento v’ha un 
basso rilievo messo ad oro che rappre- 
senta la — Wergine il Bambino ed altre 
figure — pregiato lavoro del 1345. Il 
secondo cortile offre un’ala molto ele- 
gante di costruzione del Palladio, dispo- 
sto in tre ordini dorico, jonico e co- 
rintio, e vi è annesso un antico ta- 
blio, Palladiano pur quello, 


— 144 — 


Salle des cérémoutes publiques. 


Sur le mur vis-à-vis des specta- 
teurs, on voit: — l’Assomption de la 
Vierge —, chef-d'oeuvre du Titien; — 
Saint-Thomas qui touche le flanc du Sau- 
veur ressuscité, et à côté Saint-Vincent et 
Saint-Pierre martyrs —, par Léandre 
Bassano; — Sainte-Christine condamnée 
aux verges —, par Paul Véronèse —; 
La mort d Abel —, par Jacques Tinto- 
rel; — Adam et Eve mangeant le fruit 
défendu —, par le même auteur; — 
Saint-Jérôme , et la bienheureuse Mar- 
guerite de Lyon —, par le Boniface; — 
Saint-Marc Evangéliste —, par le même. 
Sur Ja paroi à droite, on voit -— Saint- 
Bruno et Sainte Catherine —; er Saint- 
Barnabé, et Saint-Sylvestre —, ouvra- 
ges tous deux aussi de Boniface; — 
Saint-François recevant les Stigmates, et 
au-dessous plusieurs autres Saints —, par 
Francois Becarussi de Conegliano ; — 
la Vocation des fils de Zébédée —, par 
Marc Basaïti ; — la Présentation de Je- 
sus-Christ au Temple —, par Victor 
Carpaccio; — Marie entourée de Saints 
et de Saintes —, par Cima de Cone- 
gliano; — la Resurrection de Lazare—, 
par Léandre Bassano; — Saint-Laurent 
Giustiniani et quelques autres Saints —, 
par Pordenone; — la Sainte-V terge sur 
un trône, Saint-Job, et plusieurs Saints —, 
par Jean Bellini; — Jésus-Christ qui 
sort du Tombeau—, par Jacques Tin- 
toret; — Ze portrait d'un Doge —, par 
Jean Contarini; -— le Sauveur sur un 
Trône, et quelques Saints —, par le Bo- 
niface ; — l’Apétre Saint-Jacques, et 
Saint-Dominique —, par le même au- 
teur; -—- le Riche Epulon —, par le mé- 
me auteur, — Saint-François recevant 
les Stigmates —, par Palma-le-Jeune. 


Sala delle pubbliche funzione, 


Nella facciata di fronte si veggono 
le seguenti pitture — ZL? Assunzione di 
Maria Vergine in cielo — capo lavoro 
di Tiziano Vecellio —. San Tommaso 
che tocca il costato del Salvatore ri- 
sorto con ai lati i Santi Vincenzo, € 
Pietro martiri — di Leandro Bassano — 
S. Giustina condannata alle verghe — 
di Paolo Caliari — L’uccisione di Abele 
— diJacopo Tintoretto — Adamo ed 
Eva in atto di mangiare il pomo vietato | 
— dello stesso autore — $S. Girolamo 
e la Beata Margherita di Lione — del 
Bonifacio — S. Marco Evangelista — del- 
lo stesso. Nella facciata a destra — &. 
Bruno, e S. Catterina — S. Barnaba, e 
Silvestro — due quadri dello stesso Bo- 
nifacio. — S. Francesco in atto di rice- 
vere le stimmate con sotto altri Santi — 
di Francesco Beccaruzzi di Conegliano 
— LaVocazione dei figli di Zehedeo — 
di Marco Basaiti — Za Presentazione di 
Gesù al tempio — di Vittore Carpaccio. 
— Maria fra Santi e Sante — del Cima 
da Conegliano — La Risurrezione di Laz- 
zaro — del Bassano — S. Lorenzo Giu- 
stiniani con altri Santi — del Pordeno- 
ne — La B. Vergine in trono, con San 
Giobbe ed altri santi — di Gian Bellino 
— Cristo che sorge dal sepolcro — di 
Jacopo Tintoretto — Ritratto di un Doge 
di Giovanni Contarini, — Il Salvatore 
în trono con altri Santi - del Bonifacio — 
S. Giacomo Apostolo e S. Domenico del- 
lo stesso autore. — Il ricco Epulone — 
dello stesso autore — S. Francesco in 
atto di ricevere le stimmate — del giova- 
ne Palma. 


n 448 — 


Sur la paroi adossée à la place, on 
voit: — le Prophète Ezéchiel— clair-obseur 
par Paul Véronèse; — Saint Marc pré- 
servant de la mort un esclave par un mi- 
racle —, ouvrage de Jacques Tintoret; 
— le Prophète Isaie —, clair-obscur exé. 
cuté par Paul Véronèse. 

Sur la paroi à gauche, on voit: — 
les Nôces de Cana —, par le Padoanino; 
— le Portrait d'un Moine Dominicain 
sous la figure de Saint-Thomas d’A- 
quin =, demi-buste par Léandre Bassa- 
no; — Ze Portrait d’un Doge —: par 
le meme auteur; — Saint-François d'As- 

sise et PApôtre Saint Paul — par le 
Boniface ; — la femme Adultère —, par 
le même auteur ; — un Portrait du Do- 
ge Mocenigo —, par Jacques Tintoret; 
— la Sainte Vierge et plusieurs Saints 
—, par Paul Véronèse; — la Vierge, 
VEnfant Jésus et trois Sénateurs, — par 
Jacques Tintoret ; — le Pécheur qui 
présente au Doge l anneau de Saint 
Marc —, par Paris Bordone; — Jésus- 
Christ chargé de sa croix, rencontre par 
Sainte-Veronique —- par Charles fils de 
Paul Véronèse: — ? Adoration des Ma- 
ges — par le Boniface: la Cène —, par 
Benoit frère de Paul Véronèse; — 
| PAssomption —, par Palma l’Ancien; — 
le Rédempieur, Saint Pierre, et Saint Jean 
—, par Roch Marconi. 

Au plafond, on voit — Ze Peuple de 
Mirea qui va au-devant du Saint Evéque 
Nicolas —, par Paul Véronèse ; — qua- 
‘tre Prophètes — demni-figures placées 
‘aux quatre angles du plafond, ouvrages 
de Dominique Campagnola, disciple du 
Titen. 


Nella facciata a tergo del campo. — 
Il Profeta Ezechiello — a chiaro *curo 
di. Paolo Caliari — S. Marco che libera 
dalla morte con un miracolo una schiava 
— di Jacopo Tintoretto. — Il Profeta 
Isaia — a chiaro scuro di Paolo Ca- 
liari: 

Nella facciata a sinistra — Ze nozze 
di Cana — del Padovanino. — Ritratto 
di un monaco Domenicano in figura di 
S. Tommaso d’ Acquino + mezzo busto 
di Leandro Bassano — ÆRitratto di un 
doge — mezza figura dello stesso auto- 
re — S. Francesco d’ Assisi e S. Paolo 
Apostolo — del Bonifacio. — L° Adultera 
— del suddetto autore. — Ritratto del 
Doge Mocenigo — di Jacopo Tinto- 
retto — La B. Vergine con altri Santi e 
Sante — di Paolo Caliari. — La Ver- 
gine col bambino e tre Senatori — di Ja- 
copo Tintoretto. — Il pescatore che pre- # 
senta al Doge l'anello. ricevuto da S.Mar- 
co — di Paris Bordone — Cristo colla 
croce incontrato da S. Veronica e dal- 
le sue donne — di Carlo figlio di Pao- 
lo Caliari — L’adorazione dei Magi — 
del Bonifacio. — L’ultima cena del Sal- 
vatore — di Benedetto fratello di Paolo 
Caliari — L’ Assunta del vecchio Palma 
— Il Redentore con S. Pietro e S. Gio. 
vanni — di Rocco Marconi. 


Nel soffitto. IZ popolo di Mirea che 
va incontro a S. Nicolò Vescovo — di Pao- 
lo Caliari — Quattro profeti — in mez- 
ze figure collocate. nei qualtro angoli 
del soffitio, di Domenico Campagnola di- 
scepolo del Tiziano. 


= 146 — 


Salles des Etudes vbcadswiques. 


La première de ces Salles est incru- 
stée de pierres distribuées symétrique- 
ment sur les parois; sa frise est or- 

. née de différentes peintures du Titien 
dont quatre offrent les emblémes des E- 
vangélistes, sans compter quinze têtes 
d'enfants et des masques de style et de ca- 
ractère différents. On conserve dans cet- 
te salle douze bas-reliefs en bronze du 
Donatello, de Riccio, de Victor Comel- 
‘lo, de Carino, et plusieurs autres d’un 
bon style parmi lesquels nous citerons 
nommément les quatre qui représen- 
tent — histoire de l’Invention de la 
Croix —; et ceux qui nous montrent 
— PAssomption, les Apôtres, et le Cou- 
ronnement de la Vierge —. Vis-à-vis 
des fenétres, on admire un petit monu- 
ment de marbre de Carrare, d’après lés 
dessins du professeur Borsato, dont la 
‘principale partie est un Wase de Por- 
phyre, richement orné de bronze doré, 
destiné par le corps académique à ren- 
fermer la main droite de limmortel 
Canova. 
Aux angles de la salle on voit trois 
_ Candélabres de bronzeyouvrages d'Ale- 
xandre Léopardi, une Statue de Dane- 
se Cataneo, qui représente le Sauveur 
montrant son flanc blessé; enfin cette sal- 
le possède plusieurs bustes en bron- 
ze, placés sur quelques colonnes, et 
plusieurs Statues anciennes posées sur 
quatre consoles. 

Dans l’autre salle spécialement réser- 
vée aux éludes académiques et par con- 
séquent toujours fermée au public, on 
voit aux-dessus de deux portes angu- 
laires, plusieurs statuettes en bronze, don 


RO e SE 


+ 


La prima di queste Sale è incrostata 


di pietre dure distribuite simmetricamen 


te sulle pareti, ed ha un fregio adorno 
con varii pezzi di pitture del Tiziano, 
quattro dei quali offrono gli emblemi 
degl’evangelisti, oltre quindici. teste di 
putti, e maschere di vario stile e carat 
tere. [nu questa sala si conservano do- 
dici bassi rilievi in bronzo del Donatello, 
del Riccio, di Vittor Comelio del Ca- 
rino, ed altri del buon secolo fra i quali 
meritano singolar osservazione i quattro 
indicanti — /a Storia dell’invenzione del. 
la croce — e quelli che si riferiscono — 
alla Assunta cogli Apostoli ed alla Co- 
ronazione della Vergine —. Di fronte alle 
finestre ammirasi un piccolo, monumen- 
to di marmo carrarese che è disegno del 
Professor Borsato, la principal parte 
del quale è un vaso di porfido riccamen- 
te ornato di bronzo messo adoro, eret- 
to dal corpo accademico per custodirvi 
la destra dell’immortale Canova. 


Negli angoli della sala sono tre cande- 
labri di bronzo opere di Alessandro Leo 
pardi; ed una bellissima statua di Da- 
nese Cataneo che rappresenta il Salvatore 
additante la piaga del costato. Finalmen- 
te questa sala è ricca di alcuni busti di 
bronzo, collocati sovra alcuni rocchj di 
colonne, e di siatuete di antico lavoro 
poste su quattro mensole. 

Nell’altra sala che singolarmente è 
riserbata alle riduzioni accademiche, e 
che perciò stà sempre chiusa, si veg- 
gono sovra due porte angolari varie sta- 
tuette di bronzo, donate dal N. U. Molin, 


AR 


de M. de Molin, une Medaille en marbre 
portant l’effigie de Léopold Cicognara, 
gravée par Louis Zandomeneghi, d'a. 
près un décret du corps académique, 


di Salle des peintutes œunciemnes. 


Sur le mur de la porte d’entrée, on 
voit : — la Sainte Vierge et quatre Saints 
— par Barthélemy Vivarini; tableau d’ 
autel divisé en nombreux comparti- 
ments;— Jésus-Christ Crucifié, la Vierge 
et quelques Saints —, par Michel Mattei 
de Bologne ; — Je Redempteur et plu- 
sieurs Saints —, par Michel Giambono. 


Sur le mur vis-à-vis des fenêtres, on 
oil: — Saint Jacques -—, par Marc Ba- 
saiti; divisé en vastes comparliments 
— l’Annonciation —, par Laurent Ve- 
Père Eternel —, 
par Francois Bissolo ; — Saint Antoi- 
ne —, par Marc Basaiti; — Jésus- 
Christ 
teur; — le Couronnement de la Vierge, 
par les frères Jean et Antoine de Mu- 


neziano; et — /e 


mort #— par le même au- 


rano; — Sainte Marie Magdelaine —, 
par Barthélemy Vivarini; — Saint Au- 
gustin —, par Vincent Catena; -- Saint 
Jacques — par Paul del Zoppo; — Saint 
Jérôme — par Vincent Catena; — Sain- 
te Barbe — par Barthélemy Vivarini; — 
Saint Mathieu —, par Louis Vivarini 
l’Ancien; — un tableau d’autel repré- 
sentant — le Couronnement de la V ierge 
et l’histoire de Jésus-Christ, par Nicolas 
Semitecolo; — Saint Jean Baptiste -— par 
Louis Vivarini l’Ancien, Sur le mur dela 
porte qui mène au vestibule, on voit: 
— Saint Sebastien —, par Louis Vivarini 
Je Jeune; — Saint Antoine Abbé —, par 
le même anteur; — Saint Jean Baptiste 


ed una medaglia di marmo coll’ effigie di 
Leopoldo Cicognara scolpita da Luigi 
Zandomeneghi per decreto del corpo ac- 


cademico. 
Sala delle antiche pibbure. 


Nella facciata della porta d’ingresso 
hannovi tre ancone, la prima — con la 
B. Vergine, e quattro Santi — di Barto- 
lomeo Vivarini, 1’ altra in numerosi 
comparti — con un Cristo in Croce, la 
Vergine ed alcuni Santi e Sante — di Mi- 
chele Mattei di Bologna; l’ultima — col 
Redentore e quattro Santi — di Michele 
Giambono. 

Nella facciata di frontealle finestre — 
S. Giacomo — di Marco Basaiti — An- 
cona in numerosi comparti — con l’An- 
nunziata di Lorenzo Veneziano, e — 
Eterno padre — di Francesco Bissolo 
— S. Antonio — di Marco Basaiti — 
Cristo morto — dello stesso autore — L’In- 
coronazione della Vergine — di Giovan- 


ni ed Antonio fratelli di Murano — $. 


Maria Maddalena — di Bartolomeo Vi- 
varini — S. Agostino — di Vincenzo 
Catena — S.Jacopo — di Paolo dal Zop- 
po — $. Girolamo —- di Vincenzo Ca- 
tena — S. Barbara — di Bartolomeo 
Vivarini, — S. Matteo — di Luigi Vi- 
varini il vecchio; un’altra ancona — cor 
l’ Incoronazione della Vergine e la Storia 
di Gesù Cristo — di Niccolò Semitecolo 
— S. Giovanni Battista — di Luigi Vi- 
varini il vecchio. Nella facciata della por- 
ta conducente all’atrio — S. Sebastiano 
— di Luigi Vivarini il giovane — S. 
Antonio Abate — dello stesso — S. Giam- 
battista — dello stesso — S. Lorenzo — 
dello stesso, 


è 


: es = 


par le même, — Saint Laurent —, par 
le même. 

Sur le mur où sont percées les fené- 
tres, on voit -- Sainte Claire —, par 
Barthèlemy Vivarini; — la Sainte Vier- 
ge et deux Saints — par Jacobello del 
Fiore; — la Sainte Vierge sur un trône 
surmonté d'un baldaquin soutenu par 
des anges ayant à ses côtes les quatre 
docteurs de lEglise —, par les frères 
Jean de Murano. 


Westibule qui couduib amo Salles 


des States À 


On admire dans ce vestibule: — 
un buste de Vitellius; — un autre de 
Poppée ; — un autre représentant le Ti. 
tien —, par Rinaldo Rinaldi, membre 
honoraire de l’Académie des Beaux-Arts; 
une statue en membre d’Adonis —, 
par le même auteur; — une autre sta- 
tue représentant le même sujet —, 
par Jacques de Martini membre de 
l’Académie précitée ; — un buste en 
marbre représentant — Venise —, par 
le même auteur; — un bas-relief par 
Antoine Giacareli élève de 1° Acadé- 

| mie, où l’on voit — Ze Vieux Priam 
demandant à Achille le corps d'Hector; 
— un bas-relief par Rinaldo Rinaldi 
représentant — le Jeune Astyanax ef- 
frayé à la vue du cimier de son père 
Hector; — un autre bas-relief par Jac- 
ques de Martini où l’on voit — Oeno- 
ne qui refuse de guerir les blessures de 
Paris; — Ganimède —, bas-relief qui 
est le modèle de celui qn’on admire à 
Ja bibliothèque de Saint-Mare; — en- 
fin un autre bas-relief par Jacques de 
Martini, qui nous montre — Hector re- 
prochant à Paris de passer oisivement 
ses jours à côté de la belle Hélène. 


CI 


Nella facciata delle finestre. — 5. 
Chiara — di Bartolomeo Vivarini — La. 
B. Vergine e due santi — di Jacobello 
del Fiore — La B. Vergine in trono sotto 
un baldacchino, sostenuto dagli Angeli con. 
a lati i quattro Dottori della Chiesa — 
di Giovanni ed Antonio fratelli di Mu- 
rano, 


efbtzio che coud uce alle sale delle 


étatue. 


Si ammirano in esso un busto di Zi- 
tellio — un di Poppea —, un altro rap- 
presentante Tiziano di Rinaldo Rinaldi 
socio onorario di questa reale Accade- 
mia — una statua in marnio di Adone 
dello stesso autorè —, un’altra statua 
intorno al medesimo soggetto di Jacopo 
de Martini, membro di questa Accade- 
mia, e dello stesso un busto in marmo 
che rappresenta — Venezia — un bas- 
so rilievo di Antonio Giacarelli allievo 


dell’ Accademia, in cui si vede il vec- 


chio Priamo chiedere ad Achille‘ il 
corpo di Ettore — ancora, un basso ri- 
lievo di Rinaldo Rinaldi ‘col bambino 
Astianate atterrito alla vista dell’elmo di 
suo padre Ettore — un altro basso ri- 
lievo di Jacopo de Martini nel quale 
scorgesi Ænone che nega sanar le ferite 
di Parride— Ganimede modello ‘di quel- 
lo in marmo onde è ricca la marciana” 
biblioteca. In ultimo un ‘altro basso ri- 
lievo del sopradelto Jacopo de Martini 
nel quale si offre — Zttore che rimpro- 
vera a Paride giacersi inoperoso a fian- 
co della bella greca. 


— 149 — 


Fiuacotbèquo Coutatuu (1): 


Graud' Salle. 


Sur le ur de Ja porte, on voit: — Jé- 
sus-Christ dans le jardin des Olives -— 
par Bassano; — la Sainte-Vierge entou- 
rée de quelques pieux personnages —, par 
Jacques Tintoret; — des Pasteurs — 
par Bassano — Sainte Magdelaine aux 
pieds du Rédempteur, -— par le même au- 
teur; Za Vierge et l'enfant Jésus —, par 

. Vincent Bissolo; — Penfant Jésus dans 
les bras de la Vierge —, tableau dans le 
style de Jean d’Udine. | 

Sur le mur à gauche, on voit: — 
le Rédempteur — par Roch Marconi; — 
la femme de Darius —, par Alexandre 

Vivatari ; — Jésus-Chirst et la veuve de 

Naïm —, par Palma l'Ancien — ; Ja Va- 

nite —, par Varatari, — le Christ mort 
soutenu par des anges —, par Palma le 

Jeune; — Orphée et Eurydice—,par le 

Salviati; —Jrdith —, par Nicolas Renie- 

ri; — Venus et Adonis — par le Titien; 

— la Vierge et l'enfant Jésus —, par Jean 
Bellini — ; Sainte. Magdeleine -—, par 
Tetti; — le repas d'Emmaüs—, par Marc 
Martiale; — Lucrèce —, par Léan- 

dre Bassano; — la Vierge et lenfant 

Jésus —, par Jean Bellini; — les ani. 

maux entrant dans Arche —, par le 

Bassano; — Sainte-Cecile —, par Sas- 
so Ferrato — un Ecce homo —, par 
Bassano; — Scène champêtre —, par 


Tetti; — la Parabole du Samaritain 


(1) On ne citera ici que les principaux 
ouvrages. 


Piuacoteca (a) Coutariwt 


Sala Magg Lo te. 


Nella facciata della porta — Cristo 


nell'orto — di J. Bassano — la B. Ver- 
gine con divoti — di J. Tintoretto — 


Pastori -- di J. Bassano — la Maddalena 
a’piedi del Redentore — dello:stesso auto- 
re — la Vergine col putto -- di Vincenzo 
Bissolo — Gesù Bambino fra le braccia 
della Vergine — della maniera di Gio- 
vanni da Udine. 

Nella facciata a sinistra —. 17 Reden- 
tore di Rocco Marconi — la moglie di 
Dario — di Alessandro Varottari — Cri- 
sto e la vedova di Naim — del vecchio 
Palma — Za Vanità =del Varottari + Cri- 
sto morto sostenuto dagli angeli — del 
giovane Palma — Orfeo ‘ed Euridice — 
del Salviati — Giuditta — di Niccolò 
Renieri — Venere ed Adone — di Ti- 
ziano il vecchio — la Vergine col putto — 
di Giovan Bellini — la Maddalena del 
Tetti — Zu Cena in Emaus — di Marco 
Marziale — Zugrezia romana — di L. 
Bassano — altra Vergine col putto — 
di Giovan Bellino — l'ingresso degli a- 
nimali nell’ arca — di J. Bassano — 
S. Cecilia — del Sasso Ferrato — da 
Vergine con S. Catterina, e S. Giovanni 
di Andrea Cordegliaghi — Givocatori — 
di Polidoro da Caravaggio -- Ecce Ho- 
mo di J. Bassano — Soggetto cam- 
pestre — del Teiti — La Parabola del 
Samaritano — dello stesso autore — 


(1) Non s’indicano qui che à principa- 
li dipinti. 


di AO Si 


—par le même auteur; -— le Christ mort 
soutenu par des Anges —, par Francois 
Bissolo. 

Sur le mur vis-à-vis, on voit —- 
la Sainte-Vierge, l'enfant Jésus et quel- 
ques Saints —, par Vincent Catena, — 
le même sujet —, par Cima de Cone- 
gliano; — une médaille avec le portrait 
da donateur et cette inscription: Hier. 
Contareno Eq. Vel. Aur. Largitori; — 
des pasteurs avec leurs troupeaux —, par 
Léandre Bassano ; — la Vierge, l'enfant 
Jésus, et plusieurs Saints —, par Bocca- 
cino de Crémone; — le même sujet — 
par Polydore Vénitien. 

Sur le mur à droite, on voit — l’en- 
levement de Proserpine —, par le Padoa- 
nino; — la femme Adulière—, par Roch 
Marconi; — Rosamonde — par le Padoa- 
nino; — l’Adoration des bergers —, par 
Léandre Bassano; — une danse cham- 
pétre —, attribuée à Charles Dujardin; 
— Vue d'une Eglise au moment d’une 
procession —, par le même auteur, — 
des Joueurs d'instruments —, pu Po- 
lydore de Caravage; — un grand mar- 
ché champêtre —; par le célébre Callot; 
— une armee prenant du repos —, ouvra- 
ge attribué à Dujardin déjà cité; — un 
marché champêtre —, par le même au- 
teur; — la mère Juive au siège de Je- 
rusalem —, par le Padoanino; — des 
bergers —, par Bassano; — Halte près 
d’une fontaine —, ouvrage altribué à 
Dujardin. 

Tout autour de cette salle sont 
placés douze fauteuils antiques en ta- 
pisserie avec des ornements en buis 
et en ébène, ouvrage du célèbre Bru- 
stolon. 


Cristo morto sostenuto dagli angeli — di 
Francesco Bissolo. 


Nella facciata di fronte — la Fer- 
gine col bambino ed altri Santi — di 
Vincenzo Catena — lo stesso soggetto 
— del Cima di Conegliano — una me- 
daglia — col ritratto del donatore 
e coll’ iscrizione — Hier. Contareno 
Eq. Vel. Aur. Largitori — Pastori con 
gregge — di L. Bassano — la Vergine 
col putto e Santi — di Domenico Vero- 
nese — lo stesso soggetto — di Polido- 
ro Veneziano. 


Nella facciata a destra — Il ratto di 
Proserpina — del Padovanino — lAdul- 
tera — di Marco Marconi — Rosmun- 
da — del Padovanino — ? Adorazione dei 
Pastori di L. Bassano — Danza campe- 
stre — attribuita a Carlo Busardin -- 
Veduta di una chiesa con processione -- 
dello stesso autore -- Suonatori -- di 
Polidoro da Caravaggio -- Grande mer- 
cato campestre -- del celebre Callot -- 
Un esercito in riposo -- attribuito a Du- 
jardin -- Marcato campestre -- dello stes- 
so -- La madre Ebrea all assedio di Ge- 
rusalemme -- del Padovanino -- Pastori-- 
di J. Bassano -- infresco ad una fon- 
tana -- attribuito a Dujardin, 


Intorno a questa sala sono disposte 
dodici antiche sedie a bracciuoli con fo- 
dere, e schienali a trapunto, ornamenti 
in bosso ed in ebano, lavoro del cele- 
bre Brustolon. 


sich 


Cabineb au bout de la Salle. 


On y voit — un groupe en buis 
représentant, Hercule vainqueur de lhy- 
dre; au-dessus sont placés deux fleuves 
qui portent deux urnes, et deux vases 
du Japon avec srois esclaves d’ébène 
qui soutiennent un autre vase ; — Six 
| caryatides qui portent des vases du Ja- 
pon avec des piédestaux d’ébène, cou- 
verts d’ornements, — huit esclaves qui 
supportent aussi des vases du Japon, 
sur de riches piédestaux à trépied; — 
un groupe en buis représentant Bac- 
chus et Automne, qui soutiennent un 
vase du Japon; — un groupe égale- 
. ment en buis représentant Ze Printemps, 
l Air, la Flore marine, lHymen, et l'Eté 
-- deux groupes en buis composés de 
plusieurs enfants, qui supportent des va- 
ses du Japon, et sont soutenus par des 
Monstres d’ébène; + deux riches piéde- 
Staux arrondis d’ébène dont chacun 
supporte un vase du Japon; — trois 
petits groupes en bois qui représen- 
tent Apollon, Vulcain, et Pan; — des sta- 
tuettes d’ébène qui soutiennent un va- 
se du Japon. Tous cés ouvrages ont 
été exécutés par Brustolon. 


Cotuidors. 


* 


Sur le mur vis-à-vis des fenêtres, cn 
voit: — Un apothicaire — Un charla- 
tan — Un maitre de danse — Un mai- 
tre de musique et des joueurs —, ouvra- 
ges de Longhi ; — La fuite en Egypte, 
— du Tintoret. 

‘Passé Ja porte, on trouve: Un ha- 
meau et une querelle de villageois —, 


Gabinelto ue capo della Salo. | 


Si contengono in questo. Un grup- 
po in bosso esprimente — Ercole vincitore 
dell’ Idra e del Cerbero. Sovra di esso 
stanno due fiumi che portano urne, e 
due vasi del Giappone con fre schiavi 
di ebano che sorreggono altro, vaso. -- 
Sei cariatidi che portano vasi del Giap- 
pone con piedestalli di ebano coperti di 
ornamenti. -- Otto schiavi che portano 
pur essi vasi del Giappone sovra ricchi 
piedestalli a tripode con grifi -- Gruppo 
in bosso esprimenti -- Bacco e 2’ Autunno 
— che sorreggono un vaso del Grappone 
-- Gruppo pure in bosso rappresen- 
tante -- Za Primavera, l Aria, la Flora ac- 
quatica, l Imeneo e la State. -- Due gruppi 
di varii puttini di bosso -- che sosten- 
gono vasi del Giappone, e son portati 
da mostri di. Ebano -- Due ricchi pie- 
destalli relativi che li circonda di ebano, 
ciascheduno dei quali poria un vaso del 
Giappone -- Tre gruppetti di bosso che 
raffigurano -- Apollo, Vulcano e Pane -- 
Statuine di ebano che porta un vaso del 
Giappone. Tutte queste opere sono la- 
vori del sopradetto Brustolon. 


Oo vudo) 0: 


Nella facciata di fronte alle finestre. 
— Speziale, Ciarlatano, Sarte, Toilette, 


‘Maestro di ballo, Maestro di musica e 


Giuocatori, quadri tutti del Longhi; e 
la Fuga in Egitto -- del Tintoretto. 


Dopo la porta. — Un paese con zuffa di 
contadini, ed un altro paese - di Callos - 


= HD ; ‘4 


par Callot ; — Le Sauveur —, par Jean 
Bellini; — Une vue de mer —, par Cal- 
lot; — Un paysage et danses de pay- 
sans —, par le même auteur; — Un 
paysage et quelques ruines antiques —, 
par le même; — lÆnfant prodioue —, 
par Palma-le-Jeun®; Trois allegories —, 
par Jean Bellini; — Un paysage et 
quelques bergers —, par Callot; — Wue 
de montagnes —, par le même —, Le songe 
de Joseph —, par Palma-le-Jeune; -- 
Un hameau situé sur une colline —, par 
Callot; — Un paysage avec un moulin à 
Vent, par le même; -- Un jardin --; 
par le même. 


Sur le mur au bout du corridor, on 
voit: — Des paysannes qui filent —, 
par Bassano ; -- Une Bacchanale —, par 
Carpioni. 

Dans les intervalles entre les fenè- 
lres, on voit: Cinq statues d’ébène, sup- 
portees par des piédestaux ornés de 
marqueteries en buis, ouvrage de Bru- 
stolon, que nous avons déjà cité plu- 
sieurs fois. 


Cotudor qui uièue è la Salle 


des Statues 


Ce corridor est couvert, en grande 
partie, de dessins précieux, ouvrages ori- 
ginaux du célébre architecte Queren- 
ghi, et dont on doit l’acquisition à la 
munificence de notre souverain. On y 
voit en outre huit bustes qui nous of- 
frent l’image d’autant d'artistes distin- 
gués ; deux trépieds dont le musée du 
Vatican, et deux vases, la villa Alba- 
ni, La Muse du Capitole, bas-relief de 
Jacques de Martini qui représente: 
Hector à la porte Scées, et un fragment 
antique où sont figurées Les Heures 
dansant. 


Il Salvatore di Gian Bellino -- Una veduta 
sul mare, -- del sud. Callot -- Un’ al- 
tra veduta con danze di contadini -- del 
medesimo autore -- Paese con ruderi anti- 
chi -- dello stesso -- Il figliuol prodi- 
go -- del giovane Palma -- Tre alle- 
gorie -- di Giambellino -- Un paese con 
fiume -- del Callot -- Un altro paesag- 
gio dello stesso - Un’ allegoria - di Giam- 
bellino -- Un paesaggio con pastori -- 
del Callot -- Un paese montuoso -- dello 
stesso -- Il sogno di Giuseppe -- del 
giovane Palma -- Un paese in collina -- 
del Callot -- Un paese con molino a ven- 
10 -- dello stesso -- Giardino -- dello 
stesso, 

Nella facciata in testa al corridoio 
— Una filanda contadinesca — del Bas- 
sano — Un baccanale — del Carpione. 


Fra gli interstizii delle finestre sor- 
gono cinque statue di ebano, su piede- 
stalli adorni di molti lavori intarsiati di 
bosso, opere anco queste del soprano- 


minato Brustolon. . 


Sorzidojo conducente alla Sala 
delle Statue. 


Questo corridojo per la maggior parte 
è ricco di preziosi disegni originali, del 
celebre architetto Querenghi, acqui- 
stati dalla sovrana munificenza. Oltre a 
ciò vi sono otto busti che serbano le 
immagini di artisti distinti; quindi, — due 
tripodi di candelabro —nel museo Vati- 
cano,e— due vasi—istorata villa Albani. 
La musa del Campidoglio, basso rilievo 
di Jacopo de Martini che figura— Ettore 
alla Porta Scea —, ed un antico frammento 
che raffigura Le Ore danzanti. 


«a Picmuère Salle des Statues. > 


(Dans celte salle, se trouvent des co- 
| pies des chefs d'oeuvre les plus fameux 
| de la statuaire ; ce.ssont: — Caius 
‘Marius, l’ original \ exisle au Capito- 
le; — Un gladiateur combattant, à Pa- 
ris; — le Torse du Belvedère, dans le 
Musée du Vatican; — Idale mendiant, 
en Angleterre; — Meleagre, dans le 
Musée du Vatican; — Antinotis sortant 
du bain, au Capitole; — Un groupe de 
| dutteurs, à Florence; — La Flore Far- 
nèse, à Naples; — la Flore Capitoline, 
au Capitole ; — L’Hercule Farnèse, à 
Naples; — Arria et Pétus, dans la vil. 
la Ludovisi; — La Venus Troyenne, au 
Capitole; — Rémouleur, à Florence ; — 
Castor et Pollux, groupe; -- Lucius Papi- 
rius etsa mère, l’oviginal existe dans la 
villa Ludovisi; — Vénus Callipige, à 
Naples; — Faune, surnomme le Roux, 
dans le Musée du Capitole; — Niobé 
Let une de ses filles, à Florence ; — Mars 
assis, dans la villa Ludovisi; — Pieux 
centaure, au Capitole, — . Monument 
 d Angèle Emo, par Canova, l'original 
de ce monument existe dans la Ma- 
rine I. et KR. de Venise; — Un Faune 
jouant des castagnettes, è Florence; — 
Sainte Bibienne, du Fiammingo, à Ro- 
ane;.— Le Rédempteur —, de Michel- 
Ange, dans l’église de Minerve, à Rome; 
_ Sénèque le philosophe, au Capitole; — 
\Bas-relief; du Sansovino, don du capi- 
taine Craglietto; — Déesse Marine, V'o- 
riginal existe dans Ja villa Albani; — 
Cléopâtre endormie, au Musée du Vati- 
eat: -— Agrippine assise, au Capitole; 
— Un buste de Lucius Vérus; — Un 
vieux centaure avec un Amour en croupe, 


Pais Sala delle Statue. 


In questa stanno modellati i più cele- 
bri capo lavori dell’antica statuaria, ad 
esempio -— Cajo Mario filosofo romano, 
l'originale è in Cimpidoglio — Gla- 
diatore combattente, l’originale è in Pa- 
rigi -- Il Torso di Belvedere, nel Museo 
Vaticano — Idolo mendico, in Inghilter- 
ra - Meleagro, nel Museo Vaticano — 
Antinoo che esce dal bagno,in Campido- 
glio — Un gruppo di lottatori, l’originale 
in Firenze — La Flora \Farnesiana, l’o- 
viginale a Napoli — la Flora Capitolina, 
loriginale in Campidoglio —Arria e Pe- 
10, l'originale in villa Ludovisi — Ze- 
nere Trojana, originale in Campidoglio 
— L’Ercole Farnesiano, l’oviginale a Na- 
poli — Arrotino, l'originale a Firenze — 
Castore e Polluce, gruppo — Lucio Pa- 
pirio con la madre, Voriginale a villa Lu- 
dovisi — Venere Calipiga, a Napoli .— 
Fauno detto il rosso, nel inuseo capito- 
lino — Niobe con una figliuoletta, l’ovi- 
ginale a Firenze — Marte sedente a vil- 
la Ludovisi — Centauro vecchio, in Cam- 
pidoglio — Monumento ad Angelo Emo, 
del Canova ?° originale esistente nella 
veneta I, R. Marina — Fauno che suona le 
nacchere, l’originale a Firenze — S. Bi. 
biena, del Fiammingo, Voriginale a Ro- 
ma —-Il Redentore di Michel Angelo 
l'originale nella chiesa della Minerva à 
Roma — Seneca filosofo, in Campidoglio 
— Basso rilievo del Sansovino dono del 
capitano Craglietto — Dea Marina, V'o- 
riginale a villa Albani += Cleopatra dor- 
miente, nel Museo Vaticano — Agrippi- 
na sedente in Campidoglio — Busto di 
Lucio Vero — Centauro vecchio con uomo 
a cavallo, originale a Parigi — Erma- 

20 


Ma BI 


à Paris; — Un Hermaphrodite, à Paris; 
— Un amour endormi sur une peau de 
lion, dans le Musée royal de Turin: —- 
Une Muse, au Capitole; — Les Trois 
provinces, bas-relief antique ; — Tête de 
Canova, bas-relief d’Antoine Bosa, mem- 
bre de l’Académie, appartenant au mo- 
nument élevé à cet illustre artiste dans 
l’église des Frari. On trouve en nutre 
dans cetie salle: — divers bustes exé- 
cutés d'apres des originaux antiques, mo- 
delés d’après les statues que nous venons 
d’énumérer, les bas-reliefs d’ anciens 
temples, et enfin les ouvrages des fa- 
meuses portes de Saint Jean à Floren- 
ce, exécutées par Laurent Ghiberti. 


' Secoride Salle des Stalues: 


On voit dans celie salle: — Une A- 
mazone, l'original existe au Musée Clé- 
‘amentin ; — Un enfant de Niobé, à Mo- 
naco; — Germanicus, au Capitole ; — 
Terpsichore, par Canova, — La Made- 
deine, par le même; — Pris, par le 
meme; — Hebe, par le même; — We- 
Aus, par le mème; l'original se trouve 
à Florence; — Un gladiateur mourant, 
au Capitole; -— L’Apollon du Belvedere; 
à Florence — Laocoon et ses deux fils, 
dans le musée du Vatican ; — Un gladia- 
ieur qui tombe, au Capitole :—Pugiles an- 
tiques, on perdit l'original, dans le tra- 
jet par mer de home à Venise; — ÿé- 
nus de Médicis, original existe à Flo- 
rence; — Antinoüs, au Capitole; — 
Aristide, dans le Musée de Naples; — 
Jeune Berger s'arrachant une épine du 
| pied, au Capitole; — Bacchus, par Bra- 
schi,—Torse d’ Antinots ; -- La fille ainée 
de Niobe, l'original existe à Florence; 

— Si fragments qui fesaient partie de 


— le tre Provincie, basso rilievo anti 
co — Testa del Canova, basso rilievo 
Antonio Bosa, membro accademico 
monumento eretto al Canova medesi 
in S. M. dei Frari. Inoltre in questa 
sala sono varii busti tratti dall’ antica 
modellati sulle statue surriferile, su bas 
si rilievi di antichi templi e finalmeni 
sui getti delle famose porte di S. G 
vanni di Firenze di Lorenzo Ghib 


Seconda Sala delle Statue. 


In questa Sala trovansi — ? Amazo 
l’originale nel Museo Clementino — 
figlio di Niobe, l'originale in Monaco: 
Germanico, l’originale in Campidogli 
La Musa Tersicore di Canova —- 
Maddalena dello stesso — Paride d 
stesso — 12 Pugillo Creugante dello sté 
so — Ebe, dello stesso — Venere dell 
stesso il cui originale è in Firenze = 
Gladiatore morente, in Campidoglio è 
L’Apollo, di Belvedere — Laocoon 
due figli, nel Museo Vaticano — 6 
diatore cadente, in Campidoglio — 
giletto antico, l’originsle si perdette: 
mare trasportandolo da Roma —. 
nere det Medici, in Firenze — An 
il Bello, in Campidoglio — dristide 
Museo di Napoli — Pastorello che st 
va lo spino dal piede in Campidoglio 
Bacco del Braschi —2 Torso di Anti 
La maggior figlia di Niobe, V’origini e 
Firenze — Sei pezzi che formavat 


Ù 


parte del frontespizio del Parteno 


in facade du Parthénon; ce sont: un 
| groupe des Parques; = un torse de Nepiu- 
ne; — Thesée; — le fleuve Ilyssus; — 

Hypérion, s’élevant du sein de la mer; 

— et un groupe de Proserpine et Cé- 

rès ;-- Neuf fragments de la grande frise 
“pinathénaique ; — Trois métopes du 
i Parthénon:; — Quatre bus-reliefs du 
| temple de Tegalia qui représentent: les 

Combats des Amazones ;-- Madame Letizia 

Bonaparte, de Canova, l'original existe 

en Angleterre;-- Polymnie, par le même, 

à Vienne; — la partie inférieure du 

monument élevé au duc d’ Alberg, ouvra- 

ge du professeur Zandomeneghi; — 
Anatomie moderne du cheval, V’original 
existe dans la villa Mattei: — Buste 
de Marc Auréle; — Tête antique de 
cheval, loriginal existe à Florence ; — 

Antinoüs, bas-relief qui se trouvait dans 

la villa Albani; — Un jeune garçon 

jonant avec un masque, au Capilole; — 

La Pallas, de Justiniani; — L'Amour 

bandant son arc, Voriginal se trouve 

dans la Bibliothèque de Saint-Mare; — 

Un orateur romain; — Buste de Léo- 

pold. Cicognara, par Canova. 

Les parois de cette salle, ainsi que 
celle de la précédente, sont ornées de 
bustes antiques; on voit sur 4 tables 
quelques morceaux détachés quì servent 
aux études des élèves, et quelques bu- 
stes de Canova. 


elobarde proche de la balle precilee. 


On y voit les ouvrages suivants de Ca- 
nova: - la Picti --, le monument élevé au 
prince Frédéric d’ Orange, — celui de 
Jean Falier, noble venitien, — du Com- 
te de Sousa, — de Jean Volpato, — deux 
Lions appartenant an monument du pape 


= HR | 


Atene e. sono i seguenti — il gruppa 
delle Parche — il torso di Nettuno — 
Teseo — il fume Ilisso — Iperione 
sorgente dal mare --Il gruppo di Proser- > 
pina e Cerere — nove pezzi del gran 
fregio panatenaico — Tre Metope del Par- 
tenone — Quattro bassi rilievi del tem- 
pio di Figalia che rappresentano î com- 
battimenti delle Amazzoni. — Madama 
Letizia Bonaparte del Canova, l’originale 
in Inghilterra — Za Musa Polinnia del- 
lo stesso, l’originale a Vienna — ‘La 
parte inferiore del’ monumento ‘eretto 
al Duca Dalberg opera del professore 
Zandomeneghi — Anatomia moderna del 
Cavallo Voriginale a villa Mattei — Bu- 
sto di Marco Aurelio — Un antica te- 
sta di cavallo il cui originale è a Fi- 
renze—Antinoo, basso rilievo che era in. 
villa Albani — Un Putto che giuoca com 
la maschera, in Campidoglio — La Pal- 
lade, del Giustiniani — Amore che ten- 
de Parco, l'originale nella Biblioteca di 
S. Marco — Un oratore Romano — Bu- 
sto di Leopoldo Cicognaray del Canova. 


Le pareti di questa Sala come quelle 
dell’antecedente si adornano di varii 
antichi busti, e su quattro tavole si han- 
no alcuni pezzi staccati che servono al- 
lo studio degli alunni, non che alcuni 
altri busti del Canova. 


dobside DER la Sala suddetta. 


Quivi tu vedi del Canova le opere 
seguenti — La Pietà gruppo — Il mo- 
numento del Principe Federico di Orange 
dello stesso — di Giovanni Falier no- 
bile veneto — del conte-Sousa — di Gioi 
vanni Volpato— Due Teonî, appartenenti 


Rezzanico, — un buste du même pape, 
enfin les ornements de sept metopes, 
modellées par ce grand artiste pour son 
temple de Possagno, avec deux mé- 
daillons qui nous offrent l'effigie de 


ses deux Mécènes, Falier et Volpalo. 


Ga lerta dile GES Lee. 


4 


Cette galerie et les salles atlenantes 
rerferment quelques ouvrages des écoles 
d’outre-mont, auxquels sont mêlés, 
comme afin d’en faire l’objet d’une 
glorieuse comparaison, ceux de notre 
propre pays. Nous commencerons par 
citer un nom bien doux et bien fameux, 
celui de Rosalba Carriera, dont plusieurs 
ouvrages sont conservés dans celle ga- 
lerie ; ce sont: — le portrait d’un jeu- 
ne cavalier, au pastel; — Un autre por- 
traît, d’une dame, également au pastel. 
Nous énumérerons ensuite; — la Vier- 
ge, l'Enfant Jésus, plusieurs Anges et 
plusieurs saints —, modèle d’un grand 
tableau de Pompée Bation'; — Suzan- 
ne tentée par les deux vieillards —, d'un 
auteur inconnu; “— Une poule et ses 
poutssins et quelques autres volatiles —, 
de Hondekoeter; — Un coq vainqueur 
de son rival, par le même; — Oiseaux 
et herbages — par Daniel Conichi; -- 
Fleuve gelé avec beaucoup de figures, et un 
paysage; — un Mariage hébreu, imita- 
tion de Rembrandt; Cérémonie payenne 
pour un mariage; -- Un paysage --, par 
Montpré; -- Un paysage --, par Ga- 
spard Daghet,; -- Un paysage d’une bel- 
le. composition, par le Lorrain: — Un 
berger se délassant, une ‘bouteille à la 
main -—, attribué à Dietrich; -- Brveur 
au cabaret --, par Van-Ostade; Un 
village et Saint Jean-Baptiste: «-; par 


toc ——<——————_—tttt_—t'r___1_‘ ‘*‘‘’ 


al monumento del Papa Rezzonico A 
Busto del Papa: Rezzonico In ultime. 
gli ornamenti di sette Metope modellate | 
dal grande artista pel tempio di Pol 
sagno, con due medaglie che impronta-. 


no l'effigie de’ suoi Mecenati Falier, e, 


Volpato. 


Galle: i x CIAD Lau. 


+ ch 


Questa galleria, e le sale ad essa con 
giunte, compendiano i capo lavori delle 
scuole oliramontane, ai quali siccome al 
glorioso paragone per loro, si frami- 
mischiano quelli .della patria nostra. 
Questa enumerazione incomincierà con 
un nome leggiadro e famoso, quello di 
Rosalba Carriera, della quale aminirasim 
quivi — il ritratto di un giovane ca-. 
valiere — in pastello; e del medesimo | 
genere altro — ritratio di una matrona | 

Seguitano quindi — la Vergine col. 
putto, angeli, e santi — modello di cca 
quadro di Pompeo Battoni — Susan 
insidiata da due vecchi — d’ ignoto au 
tore — Gallina con pulcini ed altri vo- 
latili— di Hondekoeter — Gallo vinotto- | 
nemico — dello stesso + 


re del suo 
Volatili ed erbaggi di Davide Conich — 
Fiume agghiacciato con molte figure ed un. 
paese con figurine -— d’ignoti autori 
fiamminghi — Donna svenuta e genti. 
che la soccorrono — di Gerardo Ter 
burg — Matrimonio all’ Ebraica — imi- 
tazione di Rembrand — Cerimonia pas 
gana per un matrimonio — dello stesso 
— Paese con molta arboratura — di 
Giodoco Mompré — Paese — . di Gal 
spare Dughet —, Paese di ricca compos i 
sizione — di Angiolo del Lorenese — 4 
Pastore in riposo con fiasco in mano _ L 
altribuito a Dietrick — Bevitore alla ta- 


verna + di Van Ostade -— Paese con. 


Tempesta; - Halte avec des animaux 
-- par Berghem: -- Portrait d’ Antoine 
Capello --, 
Marche champétre --, attribué à Jean de 
Liège; — Unsacrifice à Diane--, par Pier- 
re Francois Mola; -- Joueurs d’échecs --, 
par le Caravage; — La Sainte Trini- 
té --; par Félix Brusasorci: -- Une de- 


par Jacques Robusti, -- 


scente de Croix --. par Barthélemy 
Schedone ; -- Une téte de vieille fem- 
me, qu Von eroit celle de la mère de 
l’auteur, le Titien: -- La Vierge, l'En- 
Jant Jésus et quelques Saints --, ouvrage 
attribué à Bernardin Pintoriechio ; -- 
Un pay sage avec figures, --, d'un auteur 
inconnu; -- Portrait d’un homme de 
lettres --, par J. B. Moroni; -- Paysa- 
ge et halte de soldats dans une tour --, 
par Jean Wivermann; -- Portrait d'un 
docteur -- par Tibère Tinelli; -- Une 
tête de jeune-homme --, par Antoine 
Van-Dyk;--Un paysage avec grand nom- 
bre de figures et un moulin à vent --, 
par Pierre Breughel; Etude sur une te- 
te d'homme endormi --, par A. Van-Dyk; 
Homère jouant de la lyre -- par Michel- 
Ange Amerighi ; -- Une bataille -- par 


un auleur inconnu; -- Fleurs, symbole 
de l'instabilité de la vie humaine, -- par 
Nicolas Wanderbrach . -- £oth et ses 


filles --, par Luc Cranach l'Ancien; -- 
La Vierge et l'Enfant Jésus -- par Jean 
Bellini; -- Jésus-Christ pleurant sur le 
destin de Jérusalem --, par Schiavone ; 
= Un crucifiement -- par Engelbrecht ; 
- la Vierge et l'Enfant Jésus --, par 
Jérôme Schiavone ; -- Allégorie -- de 
Montemezzano; -- S.1-Jérôme priant --, 
par Marc Basaïti ; -- Portrait de Jacques 
Soranzo -- par le Titien ; -- Foule ras- 
semblee sur la glace --, par Jean Wil- 
dens ; -- Femme endormie, ayant un livre 
par David Téniers 
le Jeune; -- Jesus arrêté dans le Jardin 


sur SES. genoux --, 


des oliviers --, par un auteur inconnu ; -- 


— del 


S. G. Battista — del Tempesta — Ri 
poso con animali — di Nicolò Berghem 
— Ritratto di Antonio Capello di Ja- 
copo Robusti — Mercato campestre — 
attribuito ad Joas de Liere — Sagrifizio 
a Diana — di Pier Francesco Nola — 
Giuocatori di scacchi — del Caravaggio 
— La Santissima Trinità — di Felice 
Brusasorei — Deposizione della Croce — 
di Ravtolormeo Schedone — Testa di 
una vecchia creduta la madre dell’ auto- 
re — di Tiziano Vecellio — La Vergine 
col putto ed altri Santi — attribuita a 
Bernardino Pinturicchio — Paese cor 
figure — di un ignoto oltramontano — 
Ritratto di um letterato — di G. B. Mo- 
roni — Paesaggio e riposo di soldati in 
una torre — di Giov. Wuvermann — 
Ritratto di un dottore — di Tiberio Ti- 
nelli — Testa di un giovinetto — di An- 
tonio Wan-Dvk, — Paese con molte fi- 
gurine e molino a vento: — di Pietro 
Breughel — Studio sopra una testa dor- 
miente — di Antonio Wan-Dyk —- 0- 
mero. citaredo — di Michel Angelo A- 
merighi — Battaglia — di un ignoto 
oltramontano — Fiori, simbolo della fu- 
gacüà della vita umana — di Niccolò 
Wanderbrach — Zot con le figlie — di 
Luca Cranach — Madonna 
col bambino — di Gian Bellini — Cri- 
sto piangente sulla futura distruzione di 


il vecchio 


Gerusalemme — dello Schiavone — Za 
Crocefissione — di Engelbrecht, — La 
Vergine col bambino — di Girolamo 
Schiavone. AZlegoria, del Montemezzano 
— S. Girolamo in adorazione — di Mar- 


co Borsalli -— Aitratto di Jacopo So- 
ranzo — del Tiziano —- Concorso di po- 
polo sopra il ghiaccio -— di Giovanni 


Wildens — Donna che dorme con un li- 
bro sulle ginocchia — di Davidde Teniers 
il giovane — Za presa di Cristo nel- 
l’ orto — di un ignoto oltramontano — 
Nozze di S. Caterina, altre Sante ed il 


sic BR 


Les Nôces | de S.te-Catherine, une autre 
Sainte et le portrait de l’auteur --, pat 
Luc Van-Leyden; -- Un ange volant sur 
des nuages --, par le Pordenone; -- Une 
Madone +, par Guido Reni; -- la Sain- 
te 4 ierge, l'Enfant Jesus ‘et plusieurs 
Saints --, par Boniface Vénitien; -- Jou- 
eurs et joueuses d'instruments -- par un 
‘auteur inconnu;-- Animaux s'abreuvant 
à une fontaine ---, par un auteur fla- 


mand inconnu; -- La fuite en Egypte 
par le Poussin; -- Vue de mer avec des 
navires =, par Van de Veldes -- La 


fuite en Egypte --, par Barocci; -- La 
Ste-Vierge, l'Enfant Jésus et plusieurs 
Saints --, par Jérôme Sainte-Croix: -- 
Un bain de Diane --, par Joseph He! 
ne; -- Vue d'un pays montueux --, par 
un auteur inconnu; -- Une tête d’hom- 
me couverte dun bonnet --, de style fla- 
mand; -- Une tête de vieux buveur --, 
par Van Ostade; = La Vierge, l'Enfant 
Jésus et plusieurs saints --, par Jean Bel 
lini; -- Portrait d’un général --, par Mi- 
chel Johnson Mirevelt; -- Fabrique, de 
fantaisie --, par Marieschi; «-- Marty- 
re de St-Barthélemy'; -- par l'Espagno- 
let; -- Une cuisine où mangent plusietirs 
personnes --, imitalion dans le goût fla- 
mand, par Paul Alboni; -- Un joueur de 
violon et des buveurs --, par un anteur 


flamand inconnu; -- Tête de vieillard 
barbu --, par Adam Elsheier; -- Un 


curé de village entouré de paysans --, 
par Paul Albani; -- Ætude sur la Vier- 
ge du Titien --, par Jean Contarini; 
- Un vase avec des fleurs, d’un autenr 
inconnu; -- La Vierge, l'Enfant Jesus 
et S. Jean --, par Jacques Chimenti; -- 
La mére des Sept douleurs --, par An- 
tonello de Messine; -- Le Jugement 
dernier --, attribué à Sémitécolo; -- 
Un philosophe méditant dans la  solitu- 
de --, ‘pat Pierre Longhi; -- La Pein- 
ture consultant la Nature --, px Fran 


ritratio dell autore + di Luca Van-Leÿ: 
den — Angioletti volanti sovra nuvole — 
del. Pordenone — Za Madonna — di 
Guido Reni — La B. Vergine col bam- 
bino ed altri Santi — di Bonifacio Ve- 
niziano — Giucator e .suonatrici — di 
un ignoto oltramontano + Animale ad 
una fontana -— di un’ignoto fiammins 
go — Il riposo in Egitto — del Pous: 
sin — Zedute di mare con naviglio — 
di Van de Velde — Un altro .riposovin 
Egitto — del Barocci — La vergine col 
puito e santi — di Girolamo Santa Cro+ 
ce — Bagno di Diana — di Giuseppe 
Hins — Paese montuoso — di un ignotò 
oltramontano — La testa di un uoma 
con un beretio — di stile fiammingo: 
la testa di un vecchio bevitore —di Van 
Ostade -— La vergine col bambino e 
santi — di Gian Bellini — Aitratto di 
un generale — di Michele Jonson Mi- 


revelt — Fabbricato a capriccio — del 


Marieschi. — Il martirio di S. Bartolo- 
meo — dello Spagnuoletto + Cucina 
con persone che mangiano. — imitazione 
dello stile fiammingo di Paolo Alboni — 
Suonatore di violino, e bevitore — di 
um ignoto fiammingo — Testa di un 
vecchio barbato con berretto — di Ada: 
mo Eizheimer — Parroco di vila cir- 
condato da paesani — di. Paolo Albani 
— Studio sopra la Vergine di Tiziano — 
«li Giov. Contarini — Waso con fiori — 
di sconosciuto autore — la Vergine col 
bambino e S. Giovanni — di Jacopo Chi- 
menti — 4’ Addolorata — di Antonello, 
da Messina — Il giudizio universale —- 
attribuito al Semitecolo — Filosofo 50- 
litario che studia — di Pietro Longhi 
— La Pittura che st consiglia-colla na- 
ura — di Francesco Maggiolto == Æ- 
trio di ricco edificio a capriecio — di 
Giuseppe Moretti — Cristo che dorme 


‘sulla ‘croce — della scuola del Padoa- 
nino — Invenzione di ‘magnifico fabbre- 


er" 


RE Pe E 


cois Maggiotto ; -- Parvis d'un superbe 
édifice --, par Joseph Moretti; -- Le 
‘Christ dormant sur sa croix --, dans le 
I style du Padoanino; -- Plan d’un ma- 
gnifique édifice --, par Pierre Gaspari; 
-- Vue en perspective d’une grande cour, 
d’une architecture «e fantaisie --, par 
Antoine Vicentini; -- Perspective d'une 
fabrique --, par Antoine Soli; -- Vue 
dun bel edifice --, par François Batta- 
glioli; -- Champ de bataille et prépa- 
ratifs pour l'assaut d’une forteresse --, 
par N. Pluvenel; -- Paysage avec l'En- 
Jant prodigue qui garde des pourceaux --, 
par Paul Franceschi, dit le Flamand; -- 
La Naissance du Sauveur --, par Ber: 
mard Parentino; -- Champ de bataille 
visite par un général --, par M. Pluve- 
nel; -- La Tour de Babel --, par Henri 
de, Blois, dit Civetta: -- Ste-Catherine -- 
par Thomas de Modène; -- La Ste- 
Vierge lisant -- par Antonello de Messine. 
Outre les tableaux que nous venons 
d’énumérer, cette galerie possède: -- 
Quatre bustes, de marbre fin et d’un tra- 
vail exquis, le premier de style greco- 
romain représentant : la tête dite du ber- 
ger ; à peut être est-ce le portrait d'un 
jeune-homme de la famille Marcellus ; 
le second, de style romain, représen- 
tant; Antonin-le-Pieux ; le troisième, 
ouvrage de Francois Du Quesnoy dit 
le Flamand, représentant: Antinoüs sous 
la figure de Bacchus; et le quatrième 
enfin, ouvrage d'Alexandre Vittoria, est 
le portrait de: Jérôme Contarini, géné- 
al de la république. Le buste de 
l’empereur Francois Ler exécuté par 
leu Angèle Pizzi, décore cette galerie, 


cato — «li Pietro Gaspari — Zeduta 
prospettiva di gran cortile con architet- 
ture a capriccio — di Antonio Vicen- 
tini — Prospettiva di fabbricato archi- 
tettonico — di Antonio Soli — Veduta 
di un nobile edificio a capriccio — di 
Francesco, Battaglioli — Campo di bat- 
taglia con. disposizione per l'assalto di 
una fortezza — di M. Pluvenel — Paese 
col figliuol prodigo che custodisce à porci, 
di Paolo Franceschi detto il Fiammin- 
go — La nascita» del Salvatore. =- di 
Bernardo Parentino — Campo di bat- 
taglia con generale che si. porta a visi 
tare il sito — di M. Pluvenel, — La 
torre di Rachele —. di Enrico de Bles 
detto il Civetta — S. Caterina — di 
Tommaso da Modena — La Vergine che 
legge — di Antonello da Messina. 


Questa galleria oltre i surriferiti di- 
pinti è decorata — da quattro busti — 
di fino marmo e di squisito lavoro, il 
primo de’ quali di stile greco romano 
esprime — la testa detta del pastorello, . 
o forse uno dei ritratti di un giovanetto 
della famiglia Marcello —, il secondo 
di. stile romano rappresenta — Anto- 
nino Pio —, il terzo dello. scultore 
Francesco da Quesnoy, detto il Fiam- 
mingo raffigura — Antinoo sotto le sen 
bianze di Bacco — e l’ultimo di Ales- 
sandro Vittoria ritrae — Girolamo Con- 
tarini generale della repubblica —= Havvi 
finalmente il, busto — dell’imperatore 
Francesco I. - scolpito dal. defunto 


professore Angelo Pizzi. "1 


— 160 — 


Première Salle ina 


On admire dans cette salle les ta- 
bleaux suivants: -- L'agonie de Jésus 
--, d’un flamand inconnu; -- 
Jésus-Christ chez Martheet Magdelaine, 
par Laurent Canozio; --- la Ste-Vier 
ge et quelques Saints --, par Polydore 

- Vénitien; -- Le Christ disputant parmi 
les docteurs --, par Jean d'Udine ; -- La 
Sainte-Famille et Ste Catherine --, par 
Cirro Ferri; -- La Ste-Vierge, l'Enfant 
Jesus et plusteurs Saints —, par Vincent 
Catena; — Le même sujet --, par Jean 
Bellini; — le méme sujet —, pat An- 
dré Schiavone; — L’Adoration des Rois 
Mages —, par Boniface Vénitien ; — 
Vèuns couronnée par les Amours —, par 
Francois Montemezzano, — Ste- Ursule 


auteur 


et ses compagnes — par Catherine Vi 
gri; -- La Sainte Vierge endormie avec 
le divin enfant sur ses genoux —, par 


Jean Bellini. 


Secsude Salle Palfedi euae. 


Dans cette salle, on trouve: — Cinq 
compartiments d'un tableau d’autel re- 
présentant la S.te-Vierge et quatre Saints 
—. par M..J. Bovagna; — S.-Pierre et 
Saint Marc —, par Laurent. Vénitien: 
— Saint Georges —, par Barthélemy 
Vivarini; — Saint Sébastien et quelques 
autres Saints —-, par André de Murano; 
.— Saint Pierre martyr —., par le même 
auteur; — La Sainte Vierge assise, l'enfant 
Jésus et plusieurs Saints --. par Louis 


Vivavini-le-Jeune; -- La Vierge sur un 
trône et deux Saints — par Benoit Mon- 
tagna: — La Sainte Vierge, Jésus-Christ 


et quelgues Saints --, par Floriglorio. 


Paid Sala Piadina: 


In questa sala si trovano i seguenti 
dipinti — ‘Gesù agonizzante — di ua i 
gnoto Fiammingo — Cristo in casa di 
Marta e Maddalena — di Lorenzo Ca- 
uozio — La Vergine con Santi — di 
Pollidoro Veneziano — Cristo che di- 
sputa fra dottori —- di Giovanni di U- 


dine — Sacra famiglia e Santa Cate 
rina — di Cirro Ferri — Vergine con 
bambino e Santi — di Vincenzo Cate- 
na — La Vergine col bambino e col 
putto — di Giov. Bellini — Altra Ver- 
gine col bambino e Santi — di Andrea 
Schiavone — L'incredulità di S. Tom- 


maso — di G, B. Cima da Conegliano 
— Il riposo in Egitto — di Jacopo Bas- 
sino — L’adorazione dei Re Magi — 
di Bonifizio Veneziano —— Wenere co- 
ronata dagli Amori — di Francesco 
Montemezzano — S. Orsola e le Vergini 
di Caterina Vizei — La Vergine che 
dorme col putto sulle ginocchia — di Gio- 


vanni Belliar, 
Soco nda Sala Palfadi uma. 


Si. ammirano in,essa le tele seguen- 
ti — Cinque comparti di un’ Ancona 
con — la Fergine Annunziata e quater 
tro Santi — di M. Giovanni Bovogna 
— S. Pietro e S. Marco — due .tavo- 
lette di Lorenzo Veneziano — $.. Gior- 
gio — di Bartolomeo Vivarini — San 
Sebastiano e altri Santi — di Giovanni 
Mansueti — S. Girolamo — di Barto- 
lomeo Vivarini — S. Sebastiano -- di 
Andrea da Murano -- S. Pietro Marti- 
re -- dello stesso -- La B. Vergine se- 
dente col bambino, ed alri Santi -- di 
Luigi Vivarini il giovane -- La Zer- 
gine in trono con due santi -- di Bene- 
detto Montagna -- Maria Gest e altri 


Santi -- del Floriglorio. 


— 1601 — 


Croisième salle PE une 


Cette salle renferme les peintures dont 
suit l’'énumération: — Un paysage —, 
par Marc Rizzi: — {a Résurrection du 
Nazaréen —, par Dominique Tintoret ; 
— La Bataille des Corzulari —, par 
Paul Véronèse; — Za Vierge et quel- 
ques Saints —, ouvrage dans le style 
d’André del Sarto; — Le même sujet —, 
dans le style de Paris Bordone; — 
Portrait du procurateur André Dandolo 
—, dans le même style; — Madelaine 
chez le Pharisien —, par Palma-le-Jeu- 
ne; — S. François —, par M. Paolo; — 
S. Jacques —, par le même ; — La Si. 
bylle Erythrée —, par Nicolas Renieri. 


Qualtièure salle Pda. 


On voit dans cette salle: $. Luc —, 
par Boniface Vénitien; — la Patience 
de Job —, par Antoine Zanchi; — La 
Naissance de Marie —, par Boniface Vé- 
nitien; — S. Mathieu et S. Louis, roi 
de France —, par le même; — S. Sé 
bastien et S. Benoît —, par le même; — 
S. Pierre et S. Jean Baptiste —, par le 
même; — Des hommes arrachant des 
pierres d'une montagne; — Allégorie —, 
de Vitrulio — S. Marc et S. Jean —, 
par Boniface Vénitien ; — Ste. Anne ayant 
da Vierge, enfant, dans ses bras et plusieurs 
Saints —, par Jacques Bassano; — Le 
Christ ressuscité, apparaissant à Ste. Marie 
Madeleine —, par François Rizzo: — 
S. Joseph, l'Enfant Jésus et quatre Saints 
—, par Jean Baptiste Tiepolo; — Moïse 
devant le buisson ardent —, par Antoine 
Zanchi. 


Versa Sala Pollen. 


Questa sala é adorna dei dipinti che 
seguono -- Paesaggio -- di Marco Riz- 
zi -- Risurrezione del Nazareno -- di 
Domenico Tintoretto -- Za Battaglia 
delle Curzolari -- di Paolo Veronese -- 


La Vergine e Santi -- credesi della 
scuola di Andrea del Sarto — altra 
Vergine e Santi -- della scuola di Pa- 


ride Bordone -- Ritratto del Procuratore 
Andrea Dandolo -- della scuola stessa -- 
La Maddalena in casa del Fariseo -- 
dal giovane Palma-- S. Francesco e San 
Jacopo -- due separate tavolette di M. 
Paolo -- La Sibilla Eritrea -- di Nicolò 
Renieri. 


Quarta sala Palladiama: 


Si conservano in questa -- S. Luca -- 
di Bonifacio Veneziano -- Za Pazienza 
di Giobbe -- di Antonio Zanchi -- La 
Nascita di Maria -- di Bonifacio Vene- 
ziano -- S. Matteo e S. Luigi Re di Fran- 
cia --dello stesso-- Ss. Sebastiano e Benedet- 
to --dello stesso -- S. Pietro S. Giovanni Bat- 
tista e Filippo— dello stesso — Uomini che 
levano sassi da un monte— Allegoria — di 
Vitrulio—S. Marco e $. Giovanni — di 
Bonifacio Veneziano — S. Anna con 
Maria bambina in braccio, e altri Santi — 
di Jacopo Bassano — Cristo risuscitato 
che apparisce a M. Maddalena — di 
Francesco Rizzo —- S. Giuseppe col Bam-. 
bino e quattro Santi — di Giambattista 
Tiepolo — Mosè dinanzi al Rovo — 


di Antonio Zanchi. 


Cinquième salle Palladienne: 


On admire dans cetie salle plusieurs 
peintures modernes, entr’autres Za mort 
de Rachel, par Jean Baptiste Cignaro- 
li; et les ouvrages de peinture, sculptu- 
re: et dessins qui obtinrent lhonneur 
d'une médaille d’or. 


É PIO salle Tosucelle. 


Sur le mur vis-à-vis de l’autre salle, 
on voil:--Une descente de croix -- parAndré 
Vicentin ; --Un portrait d’un noble vénitien, 
par Dominique Tintoret; — La Vierge 
couronnée dans le ciel par le Pere Eternel—, 
de Paul Véronèse; — Ze Portrait d’un 
prince inconnu —, par Jean Riley; — 
Le couronnement d’épines —, par Do- 
minique Tintoret; — Ze Portrait d’un 
noble vénitien —, par Jean Contarini; 
le même sujet —, par Dominique Tin- 
torel; — Un ange portant quelques-uns 
des instruments de la Passion —, par 
Paul, fils du grand Paul Véronèse ; — 
le même sujet —, par le même au- 
teur; — Le portrait d’un noble veni- 
tien —, par Jacques Bassano; — La 
descente du Saint Esprit —, par Ale- 
xandre Varatari, dit le Padoanino; — 
Le portrait dun seigneur étranger —, 
par Van-Dyck. 

Au milieu d’une niche bâtie tout ex- 
près pour cet usage, on voit un colosse 
représentant: Hercule lancant Lycas dans 
la mer —, modèle original de Canova. 

Sur le mur vis-à-vis de Ja porte, on 


ti 


Quinta Sa la Pelladia wa 


In questa sala si ammirano parecchie 
opere moderne, fra le quali splende la 
Morte di Rachele di Giambattista Ci- 
gnaroli e le altre di pittura, scultura, 
disegno, architettura ed incisione che 
ottennero l’onore dell’ aurea medaglia. 


Eu JGuo Va Sala. 


- Nella facciata di fronte all’ altra sala 
si vede — La Deposizione — del Vicen- 
tino — Ritratto di nobile veneto — di 
Domenico Tintoretto — La Vergine co- 
ronata dall’ Eterno Padre nel cielo .— di 
Paolo Caliari — Ritratto di un Princi- 
pe ignoto — di Giovanni Riley — Za 
coronazione di Spine — di Domenico Tin- 
torelto — Ritratto di nobile veneto — 
di Giovanni Contarini — Altro simile 
— di Domenico Tintoretto — Angelo 
che porta alcuni strumenti della passio- 
ne — di Paolo Caliari figlio di Pao- 
lo — Soggetto medesimo — e dell’ an- 
tore medesimo — Ritratto di nobile veneto 
— di Jacopo Bassano — La discesa dello 
Spirito Santo — di Alessandro Varatari 
detto il Padoanino — Zitratto di sog- 
getto oltramontano — di Wan-Dick, 


In mezzo ad una niéchia. apposita- 
mente costrutta vedesi il colosso rap- 
presentante — Ercole che scaglia Lica 
in mare — modello originale di Canova. 


Nella facciata di fronte alla porta d'in- 


— 165 — 


voit: — La Charité —, clair-obscur, 
par Paul Véronèse; — Quelques traits 
de la vie de Sainte Ursule —, peints, 
chacun séparément, par Victor Car- 
paccio; — La Foi —, clair-obscur par 
Paul Véronèse ; — Confière d'une école 
(espèce de confrérie particulière, à 
Venise) distribuant des aumônes —, par 
Benoit Diana; — La Présentation de la 
Sainte Vierge au Temple —, par Titien 
Vecellio; — Le Christ priant dans le 
jardin de Gethmani 
Saints —, par Marc Basaïti; — La Vier- 


avec plusieurs 


ge dans sa gloire et plusieurs Saints —, 
par Boniface Vénitien; — Le Christ 
présentant à Sainte Catherine la couronne 
d’épines, et plusieurs Saints —, par Fran- 
cois Bissolo ; — Procession sur la pla- 
ce S. Marc — ouvrage remarquable qui 
nous montre les coutumes de l’épo- 
que (1496) et les vieux édifices qui 
existaient alors sur la place S. Marc —, 
par Gentil Bellini ; —- La gloire du Pa- 
radis — , par Paris Bordone. 

Sur le mur de la porte qui conduit à 
la seconde salle, on voit: — Le Baptême 
de Jésus-Christ — par Joseph Porta, dit 
le. Salviati; — L'Assomption —, par 
Paul Véronèse; — La Vierge sur un 
trône avec le divin Enfant et plusieurs 
Saints —, par Rodolphe Grillandai; — 
Jesus Christ crucifié, les deux Maries 
et quelques Saints —, par Donato Vé. 
nitien ; — Sainte Anne, - Saint Joachim, 
et quelques autres Saints —, par Victor 
Carpaccio; — L’Annonciation —, par 
Martin d’Udine; — Le Christ souffrant 
et plusieurs Saints —, par Barthélemy 
Montagna; — La Vierge, l'Enfant Jesus 
et plusieurs Saints —, par le Varotta- 
ri; — Le Rédempieur entouré des ap6- 
tres —, par Boniface Vénitien; — La 
Flagellation du Christ —, par Vincent 
Catena;—Sainte Christine engagée à adorer 
les Idoles —, par Paul Véronèse; — 


gresso — La Carità a chiaro scuro — 
di Paolo Caliari — Alcuni fatti della 
vita di S. Orsola — dipinti in cinque 
tele distinte da Vittore Carpaccio — 
La Fede a chiaro scuro —. di Paolo 
Caliari — Confratelli di una scuola che 
dispensano elemosine — di Benedetto 


Diana — La presentazione della Vergine 


al tempio CtTu Siazian'omeVe ce limone 
Cristo orante nell’ orto di Getsmani con 


° tre discepoli e altri santi -— di Marco 


Basaiti — La Vergine in gloria, e altri 
Santi — di Bonifacio Veneziano — Cri- 
sto che porge a S. Catterina la corona di 
spine, con. Santi — di Francesco Bisso- 
to — Processione nella piazza di S. Mar- 
co — di Gentile Bellini, dipinto rag- 
guardevole perchè mostra i costumi del- 
l’epoca che è l’anno 1496,e gli antichi 
fabbricati che allora esistevano nella 
piazza — La gloria del Paradiso — di 
Paris Bordone. 


Nella facciata della porta conducente 
nella seconda sala — 17 Battesimo di 
G. C. — di Giuseppe. Porta detto Sal- 
viati — L’ Assunzione di Maria în pre- 
senza degli Appostoli — di Paolo Ca- 
liari — la Vergine in trono, col Bambi- 
no e Santi — di Ridolfo Grillandai — 
Cristo. in croce, con le Marie e San- 
ti, — di Donato Veneziano — Sant 
Anna; S. Gioachino ed altri-—di Vitto- 
re Carpaccio — (L’ Annunziata — di 
Martin da Udine: — Cristo paziente, e 
Santi + di Bartolomeo Montagna — 
La Vergine col Figlio ed altri Santi — 
del Varottari — 11 Redentore fra gli A- 


postoli — di Bonifacio Veneziano — 


Cristo flagellato — di Vincenzo Cate- 
na — Santa Cristina eccitata all adora- 
zione degli idoli — di Paolo Caliari — 


Sant Eleuterio che benedice alcuni divo= 
ti— di Jacopo Daponte detto il Bassano. 


— 164 — 


Sani Eleuihère bénissant quelques fide- 
les .—, par Jacques da Ponte, dit le 
Bassano. 
. Au-dessus de la porte qui conduit à 
la deuxième salle, on voit: — Une Mi- 
nerve assise —, statue de Jacques de 
Montino. 

Sur le mur de la porte d’entrée, on 
voit: — Sainte Ursule rencontrée hors 
de Rome par le pape Sirriacue —, par 
Victor Carpaccio; — Une descente de 
Croix —, par Lazare Sébastiani; — 
Deux traits de la vie de Sainte Ursule 
— peints séparément, par Victor Car- 
 paccio; — Le Christ amené devant Pi- 
late —, par Benoît Cagliari, frère du 
fameux Cagliari; — Saint Marc et quel- 
ques autres Saints —, par André Busa- 
ti: — Les douze mille signes —, vision 
de l’Apocalypse, par Palma-le-Jeune ; — 
La Vierge dans sa gloire, Saint Damien 
et Saint Côme —-, par le Tintoret; — 
Un miracle de la Sainte Croix —, par 
Lazare Sébastiani ; — Ze même sujet —, 
par Jean Mansueti; — L’Adoration des 
Mages +—, par Boniface Vénitien; — 
Un miracle de la Sainte Croix —, par 
Gentil Bellini; — Za Sainte Vierge 
sur un trône, entourée de plusieurs Saints 
—, par Benoît Diana; — Un miracle 
‘de la Sainte Croix opéré par l’entremise 
d’un patriarche de Grado —, par Victor 
Carpaccio. 

Le plafond de cette salle a été peint 
avec beaucoup d’habileté par M. Tran- 
quillo Orsi, et les bustes des peintres 
vénitiens qui la décorent, par M. Odo- 
ric Politi. 


Sulla trabeazione della porta che 
conduce alla seconda sala — v’ha una Mi- 
nerva seduta — statua di Jacopo de 
Martini. 

Nella facciata della porta d’ingresso 
— S. Orsola incontrata fuori di Roma 
da Papa Ciriaco -— di Vittore Carpac- 
cio — La Deposizione della Croce -— di 
Lazzaro Sebastiani — Fatti di s. Or- 
sola — due teste distinte di Vittore Car- 
paccio —- Cristo condotto a Pilato — di 
Benedetto Caliari fratello di Paolo — 
S. Marco con altri Santi — di Andrea 
Busati — I dodici mila segnati visione 
dell'Apocalisse — di Palma il giovane — 


La Vergine in gloria con Santi Cosma e 


Damiano — di Jacopo Robusti detto il 
Tintoretto — Miracolo della Santa Cro- 
ce — di Lazzaro Sebastiani — Aro 
miracolo della Santa Croce -— di Gio- 
vanni Mansueti — ZL’ Adorazione dei Ma- 
gi — di Bonifacio Veneziano — Altro 
miracolo della Santa Croce — di Gen- 
til Bellini — La Vergine in trono cir- 
condata da Santi — di Benedetto Dia- 
na — Altro miracolo della Santa Croce 
operato per mezzo del Patriarca di Gra- 
do — di Vittore Carpaccio. 


Il soffitto di questa sala è dipinto con 
molta intelligenza ed amore dal prof. 
Tranquillo Orsi; ed i busti dei pittori 
della veneta scuola dal prof. Odorico 
Politi. 


— 165 — 


Deuxième SAL 


Dans cette salle, la seconde par le 
chiffre qu’ elle porte, mais non par le 
mérite des tableaux qu’elle renferme, 
on admire: — La Madelaine prosternee 
aux pieds du Sauveur —, par Charles 
Lebrun ; ce tableau avait été transpor- 
té à Paris; — Une descente de croix —, 
par Roch Marconi; — Saint François 
et plusieurs autres Saints —, par Pal- 
ma-le-Jeune; — L'Assomption —, par 
Jacques Tintoret: — Saint Francois et 
quelques autres Saints —, par Sébastien 
Florigerio; — Une descente de Croix —, 
par Luc Giordano, — Daniel dans la 
fosse aux Lions—, par Pierre de Cor- 
tone; — Festin chez Lévi —, par Paul 
Véronèse ; — Le Cheval de la Mort —, 
par Palma-le-Jeune; — L’Ange gardien 
et quelques Saints —, par le même au- 
teur; — Saint Jean-Baptiste au désert —, 
par Tilien Vecellio; — Saint Diacre 
priant —, par Alexandre Varottari; — 
L’Annonciation de la Vierge —, par 
Paul Véronèse: — La Vierge dans sa 
gloire —, par Alexandre Varottari; — 
La Visitation —, par Titien Vecellio; 
— Les Dix mille martyrs —, par Vi- 
ctor Carpaccio ; — Saint Marc et quel- 
ques autres Saints apaisant une tempête 
—, par Georges Barbarelli; — Saint 
Marc et Saint Mathieu —, par Paul Vé- 
ronèse; — Sainte Christine au lac de 
Bolsena —, 
Pierre dans une chaire entouré de plu- 


par de même: — Saint 


sieurs Saints — par Palma l’Ancien, — 
La Vierge, l'Enfant Jesus et quelques 
Saints —, par Sébastien Florigorio; — 
La Vierge du Carmel et quelques Saints 
—, pat Jean Regillo, dit le Pordeno- 


Sala Seco nda. 


Ultima di numero non di merito que. 
sta sala si abbella dei seguenti dipin- 
ti — La Maddalena a’ piedi del Salva- 
tore — di Carlo. le Brun, restituita da 
Parigi — La Deposizione con due Santi 
— di Rocco Marconi — $. Francesco 
con altri Santi — del giovane Palma — 
L’ Assunta — di Jacopo Tintoretto — 
S. Francesco ed altri Santi — di Seba- 
stiano Florigorio — La Deposizione — 
di Luca Giordano — Daniele fra Leo- 
nt — di Pietro da Cortona — Convito 
in casa di Levi — di Paolo Veronese — 
IL Caval della morte — del giovane Pal- 
ma — L'Angelo custode e alcuni santi — 
dello stesso —. 12 Battista nel deserto — 
dì Tiziano Vecellio — Santo Diacono 
in atto di orare — di Alessandro Va- 
rottari — La Vergine Annunziata — di 
Paolo Caliari — La Vergine in gloria — 
di Alessandro Varottari — Za Zisita- 
zione di santa Maria Elisabetta — di Ti- 
ziano Vecellio — 17 Martirio di dieci- 
mila martiri — di Vittore Carpaccio. 
— San Marco ed altri Santi che sedano 
una tempesta -— di Giorgio Barbarel- 
li — San Marco e San Matteo — di 
Paolo Caliari — Santa Cristina nel la- 
go di Bolsena — dello stesso — San 
Pietro in cattedra con altri Santi — del 
vecchio Palma — Za Vergine col Bam- 
bino ed altri Santi — di Sebastiano Flo- 
rigorio — La Vergine del Carmello ed 
altri Santi — di Giovanni Regillo, det- 
to il Pordenone — Za Vergine Annun- 
ziata — di Francesco Vecellio — La 
istituzion del soccorso — di Carlo Ca- 
liari — S. Cristina cibata dagli Angeli 
nella prigione .— di Paolo Caliari — 


| Mort 


ne; — L’Annonciation de la Vierge —, | S. Lucae S. Giovanni — dello stesso — 


par Francois Vecellio; — L'institution 
du Secours — par Charles Cagliari; — 
Sainte Christine nourrie par des anges 
dans sa prison —, par Paul Véronèse ; — 
Saint Luc et Saint Jean —, par le mé- 
me; — Une descente de croix —, par 
Titien ‘Vecellio. 

Au-dessus de la porte, on voit: — 
La Peinture vénitienne —, statue de M. 
de Martini. Le plafond a été peint 
par M. Orsi et les bustes de quelques 
peintres vénitiens par M. Darif. 


Una Deposizione — di Tiziano Vecellio. 


Sulla trabeazione della porta vede- 
si — la Pittura Veneziana — statua del 
professor De Martini. Il soffitto fu di- 
pinto dal professor Orsi, ed i busti di 


-alcuni veneti pittori dal professor Darif, 


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CINQUIÈME VISITE. 


La gondole est absolument nécessaire 
pour cette visite. 


. L’amateur de nos: monuments d’art 
qui nous a accompagné, durant notre 
quatrième visite, dans les salles de 
l’Académie des Beaux-Arts, ne sera sans 
doute pas fàché de commencer celle- 
ci par la partie du Ganal que nous 
avons déjà décrite, afin de poursuivre 
la revue des édifices remarquables qui 
en décorent les deux bords et que nous 
indiquerons ci-dessous. 

- Après Za Charité, vient Ze palais Ju- 
stiniani Lolin, bâti sur la rive droite 
par Balthazar Longhena; puis, sur la 
rive: gauche, le palais Contarini degli 
sScrigni. Get élégant édifice, dont on 
attribue la construction au Scamozzi, 
présente une facude composée des trois 
ordres rustique, ionique et corinthien, 
Sur la meme rive, s’élève immédiate- 
ment après celui-ci. le palais Rezzoni- 
co, riche et vaste édifice bati d’après 
les plans. de Balthazar Longhena, et 
divisé en trois. ordres, le dorique, l’io- 
nique et le corinihien: ce, dernier, a 
été ajouté aux deux autres par Geor- 
ges Massari. Sur la rive gauche, on 
trouve ensuite le palais Grassi et le 
palais Moro-Lin: le premier, qui eut 
pour: architecte Georges Massari, est 
divisé en trois ordres, le rustique, l’io- 
mien et le corinthien; le second, an- 
cienne résidence. des aïeux de l’auteur, 
a été, construit d’après les plans du 
Florentin Sébastien Mazzoni, qui le 


QUINTA VISITA: 


Per questa visita è mestieri della gondola. 


All’amatore dei nostri monumenti ,che 
nella quarta. visita abbiamo accompa- 
gnato per le sale della veneta accade- 
mia, non sarà discaro |’ incominciare la 
presente visita ripetendo il tratto del 
canale già descritto; per proseguire la 
rivista dei magnifici edificii che ne a- 
dornano ambe le sponde e che andre- 


mo in appresso indicando 


Dopo la Carità seguita il Palazzo Giu- 
stiniani Lolin, sulla sponda destra, ar- 
chitettato da Baldassare Longhena quin- 
di sulla sponda sinistra il palazzo Con- 
tarini dagli Scrigni, elegante edificio re- 
putato dello Scamozzi, colla facciala nel 
tre ordini rustico, ionio, corintio. Sul- 
la sponda medesima seguita il ricco e 
grandioso palazzo Rezzonico, eretto col 
disegno di Baldassare Longhena, e di- 
stinto nei tre ordini dorico, ionio, co- 
rintio, 1? ultimo dei quali fu aggiunto 
da Giorgio Massari. Sulla sponda de- 
stra vengono quindi i Palazzi Grassi e 
Morolin, il primo de’ quali architettava 
Giorgio Massari nei tre ordini rustico, 
ionio e corintio, ed il secondo, antica 
sede della mia famiglia veniva eret- 
to dal fiorentino Sebastian Maz zoni, che 
lo divideva in quattro ordini, rustico 
dorico, ionico; e corintio. Ollre a ciò 
egli è nello, interno. adorno, di molte 
buone pitture, a fresco di varii autori 
e particolarmente del Lazzarini. Tra 


— 168 — 


partagea en quatre ordres, le rustique, 
le dorique, l’ionique et le corinthien; 
il est en outre orné au-dedans de plu- 
sieurs peintures estimables, et de fres- 
ques, exécutées par divers artistes, et 
surtout par Lazzarini. Entre ces deux 
palais se trouve le local du nouvel éta- 
blissement de bains de M. De Antoni, 
dont l'entrée par terre se trouve dans 
le quartier de S. Samuel. ! 

Les bains sont un établissement di- 
gne de la reconnaissance de ceux qui, 
loin de gloser sur toute chose, aiment 
à en apprécier la valeur réelle, alors 
même que, marqué du cachet de la mo- 
de futile, un objet semble moins digne 
de leur attention. Les bains sont sans 
contredit une des institutions les plus 
anciennes et les plus remarquables de 
nos aïeux , d’après les sentences des- 
quels il est bon de nous régler quelque- 
fois, si nous ne voulons pas le faire 
toujours en répétant le vieux adage: 
magister dixit. Les bains ne sont-ils pas 
un des éléments le plus indispensa- 
bles de la salubrité publique en Orient 
( pays peu divers de nos régions méri- 
dionales), si bien que de savants écri- 
vains affirmèrent que ces contrées 
étaient redevables à un tel usage de 
l’exemption d’une infinité de maladies? 
L'usage des bains n’était pas moins cher 
autrefois aux habitants des rudes cli- 
mats du nord; la Germanie, les Gau- 
les, la Bretagne, faconnées à la! civilisa- 
tion romaine, l’ adoptèrent et le con- 
servent encore aujourd’hui. En un mot, 
par tout pays les bains furent considé- 
rés comme un auxiliaire puissant de 
l’hygiène. Pourquoi donc se trouve- 
t-il des gens qui se déchainent con- 
ir’eux? pourquoi les Vénitiens ne se 
réjouiraient-ils pas bien plutôt de pos- 
séder eux aussi enfin plusieurs établis- 
sements de ce genre, commodes et élé- 


questi due palazzi trovansi i nuovi ba- | 
gni del sig. De Antonit, che per terra 
rispondono a S. Samuele. 


Questi bagni sono uno stabilimento 
meritevole della riconoscenza di colo- 
ro, i quali, anzi che scherzare sulle co- 
se, amano ponderarne l’intrinseco va- 
lore anche allora che per essere fog- 
giate dalla volubile moda si paiono forse 
meritevoli di scherno. Molti declamano 
contro i bagni, ed i bagni sono delle 
più antiche e senza dubbio delle più 
autorevoli istituzioni dei padri nostri, 
sulle cui parole, se non vuolsi giurar. 
sempre, sarebbe ciò non pertanto pre- 
gie dell’opera il giurar qualche volta. 
I bagni conservano la salute in Orien- 
te, paese tanto omogeneo a’ nostri me- 
ridionali, di maniera che dolttissimi e 
pratici scrittori opinarono dovere 1’0- 
riente a? suoi bagni la sottrazione di 
molti morbi. 1 bagni erano un tempo 
prediletta istituzione ed esercizio del 
rigido Settentrione, e le Germanie, le 
Gallie e la Brittania rinnovellatesi alla 
romana civiltà ne conservavano e tut- 
tavia ne conservano l’uso. Insomma per 
l’universo mondo, in ogni età, ne’ cli- 
mi caldi, freddi, temperati, e dovunque 
si trovava opportuno il beneficio del 
bagno. Perchè dunque declamare con- 
tro i bagni e l’uso loro ? Perchè non 
rallegrarci piuttosto noi Viniziani che 
molti comodi ed eleganti ne possedia- 
mo; a” quali tutti oggimai stanno in ci- 
ma i nuovi che il sig. De Antonii eri- 
geva in S. Samuele? E chi entra in essi 
a prima giunta si accorge dello spirito 


# 
gants, parmi lesquels on peut citer au 
premier rang celui que M. De Antoni 

_wient. de faire élever à Saint Samuel; 
il.suffit .d’y entrer pour reconnaitre au 
premier abord le, bon esprit qui pré- 
«Sida, à sa construction en choisissant 
“un emplacement qui en permit l’accès 
également par terre et par eau.  L’a- 
zaeublement en est d’une simplicité é- 
Jégante ; et son architecture, non moins 
commode  qu’agréable, a rendu :possi- 
ble d’y réunir salles de conversation, 
restaurants, café, cabinet de lecture, 
coup-d’eil charmant, en un mot tout ce 
qu’il faut pour en faire un établisse- 
ment admirable dans son genre. Ajou- 
‘tons que son architecture rappelle fort 
“celle des maisons de Pompeï, et 
surtout de celle d’Arius Diomède qui 
lui servit particukèrement de modèle, 
de manière qu’on pourrait  presqu’ap- 
peler cet édifice un échantillon tout-à- 
la-fois de la civilisation des temps pas- 
‘sés et de celle d’aujourd’hui. 

Ces bains se composent de vingt'ca- 
binets distribués autour d’une cour 
‘ornée de colonnes et de sculptures; les 
baignoires sont en marbre; chaque ca- 
binet est pourvu d’un lit et de tous les 
ohjets: de toilette désirables, sans par- 
lér de la rare régularité da service. 
Des vases de fleurs y embaument Pair; 
laisance , l'élégance, tout le confort 
«de notre siècle y respire. Enfin, pour 
‘achever: de fermer la bouche à tous 
des critiques, et rassurer les plus timo- 
rés et les plus difficiles, nous. ajoute- 

 xons que l’eau dont on y fait ‘usage 
est la plus pure du Grand-Canal, qu’el- 
le est chauffée à la vapeur, et que des 
«machines, mes par celte même vapeur, 
la conduisent jusque dans les baignoires. 
trAprès:les bains de M. De Antoni, 
nous ine saurions ‘sans |injuslice man- 
quer de citer parmi les plus remarqua- 


— 60 


tutto cittadinesco onde furono dalle fon- 
damenta edificati in luogo sì opportuno 
che approdar vi si può per terra, e per 
mare e da questa parte per il gran ca- 
nale. Semplicità e leggiadria ‘regnano 
negli arredi; l'eleganza nell’ architetta- 
ra; ogni comodità si aggiunge all’ edi- 
ficio in guisa che vi ha Sala di crocchio, 
Caffè, Ristoratore , Gabinetto di lettu- 
ra, belle vedute, in una parola tutto ciò 
che si richiede per comporre nel suo 
genere il. più vago edificio del paese. 
Il modello fu desunto dalle case di 
Pompei singolarmente da quello di A- 
rio Diomede, onde questi bagni potreb- 
bero considerarsi come Vanello che riu- 
nisce la squisitezza dell’antica, e della 
moderna civiltà. 


Si compongono essi di venti stanze 
distribuite intorno ad un cortile adorno 
di fregi, e di colonne ; le vasche sono 
di marmo; contigua ad ogni stanza vj 
ba una cameretta con letto, e avente 
ogni cosa opportuna, alla cura, della 
persona; per ogni dove veggonsi vasi, 
di fiori che imbalsamano l’aria; dovunque 
spira l’agiatezza, la novità, la eleganza. 
E. perchè i medici non gridino, e gli 
scrupolosi non si. spaventino, l’acqua è 
allinta dalle più vive correnti del gran 
canale, riscaldata a vapore, e condotta 
nei bagni con, macchine mosse dal yva- 
pore medesimo. 


Nè questi solamenie sono, come fu 
delto, i soli bagni della nostra viltà; 
vi hanno anche quelli dei principali al- 


na 
és 


bi 


— 170 — 


bles de Venise ceux des principaux 
hôtels, ceux du Docteur. Tumiani et les 
bains flottants. Ges derniers, quijne sont 
ouverts qu’en été, ancrés : presque 
toujours dans le canal de Saint Geor- 
ges, se composent d’un grand carré 
de baraques de bois, au centre desquel- 
les se trouve un espace de mer assez 
grand pour permettre l’exercice sì utile 
de la natation. Il y a des cabinets sé- 
parés pour les dames et pour quicon- 
‘que les préfère; fort souvent, aux heu- 
res de bain général, on y jouit, pour 
surcroit d’agrément, des sons de la 
musique militaire. 

Tous ces établissements de bains doi- 
vent être chers à nos jolies femmes et 
à nos jeunes gens. Par eux Venise 
prendra chaque jour davantage une phy- 
sionomie orientale, 

En continuant à parcourir le Grand- 
Canal, les trois premiers palais que l’on 
rencontre sur la rive gauche, élevés au 
moyÿen-âge, appartiennent à la famille 
Justiniani; vient ensuite le magnifique 
palais Foscari, fort prisé par Sansovino 
et où logeaient d’ordinaire, au temps 
de la république, les Souverains qui 
visitaient sa capitale. L'architecture. de 
ce palais est dans le style du moyen- 
âge, et on l’attribue à ce même Maître 
Bartolommeo, auteur de la Porte della 
Carta. Sur la rive droite, s'élève le 
palais Contarini, dont le style archite- 
ctonique se rapproche de celui des Lom- 
bards; c’est un édifice élégant, partagé 
en trois ordres corinthiens, orné d’ex- 
quises sculptures, et qui porte le ca- 
chet de la renaissance de l’architecture; 
on assigne pour date à sa construction 
Pan 1504. Les palais suivants sont: ce- 


lui des Grimani, à Saint Thomas, d’or- 


dre rustique, et quatre de la famille 
Mocenigo sur la rive droite. Sur le bord 
opposé, on trouve: le palais Pisani, à 


| 2 oO cor» 


berghi, e del Dottor Fumiani; siccome . 
degni di osservazione sono quelli gal 
leggianti che si mostrano soltanto nella\ 
stagione di estate, e che per lo più so- 
no ancorati nel canal di S. Giorgio. So- 
no essi un quadro edificio di legno che 
circonda uno spazio di mare sufficiente 
per goder anche’ l’esercizio del nuoto, 
Per entro sonvi camere per chi desi- 
dera la solitudine, e perle donne; e 
nelle ‘cre del bagno il più delle volte 
si. fanno sentire i suoni lieti ‘delle no- 
stre bande militari. 


Tutti. questi bagni sono benemeriti 
delle rosate guancie, e delle vigorose 
membra delle nostre cittadine, e de’no- 
stri cittadini. 

Proseguendo. la gita lungo. il. canale 
seguita la vista dei magnifici palazzig 
e prima, sulla sponda sinistra, tre della 
famiglia Giustiniani, architettura del me: 
dio evo, a’ quali tien dietro il magni- 
fico. Palazzo Foscari molto stimato € 
lodato dal Sansovino, ove solevanò al» 
loggiare i sovrani che al tempo: della 
repubblica visitavano questa capitale. 
L’architettura è del medio evo e si at- 
tribuisce a quel M. Bartolomeo che fes 
ce la porta della Carta. Seguita sulla 
destra sponda il palazzo Contarini il cui 
stile architettonico si av vicina alla manie- 
ra dei Lombardi. Certo egli è un edificio 
elegante e distinto in tre ordini corintii, 
adorno di gentilissime sculture, e che 
mostra il risorgimento della buona ars 
chitettura: si fa risalire all’anno 1504, 
Degni di osservazione sono i seguenti. 
palazzi, cioè uno dei Grimani a S. To. 
mà e quattro della famiglia Mocenigo, i 
quali ultimi si trovano sulla sponda 
destra. Sulla sponda sinistra poi s’in* 
contrano quello dei Pisani a S. Polo, 


— AT — 


Saint Paul, construit au commencement 
du XV siècle et qui annonce le retour 
du bon goût; celui des Barbarigo, dont 
la façade regarde le canal de Saint Paul, 
tandis qu’une aile seule donne sur le 
Grand-Canal, Vis-à-vis de ce dernier 
| palais, s'élève celui des Corner Spinel- 
di, dans le style des Lombards, et bâti 
au XV siècle. L’élégance et le bon goût 
le distinguent, et nous recommandons 
surtout à l'attention de nos lecteurs 
quelques parties intérieures, et une pla- 
te-forme, ouvrage de Michel Sammichie- 
li. Le palais Grimani déjà cité est d’un 
style moderne; après celui-ci et du mé- 
me côté, vient le palais Tiepolo, d’une 
architecture élégante et moderne, et 
dont la facade se compose des trois or- 
dres ionique, dorique et composite. En 
face de ce dernier, on trouve un pa- 
lais magnifique des Grimani dits de Saint 
Luc, siége aujourd’hui de la Direction 
des Postes, qu l’on regarde comme un 
‘chef-d’ocuvre d'élégance et de riches- 
se; on a relevé quelques légers dé- 
fauts dans le troisième ordre, mais on 
ne saurait en conscience les reprocher 
à l’architectes il était mort avant de 
voir son ouvrage achevé. Au reste, cet 
architecte n’était rien moins que le fa- 
meux Sammichieli. La facade de ce 
palais se compose de trois ordres co- 
rinthiens. Sur la même rive, on voit 
le palais Farsetti, siège aujourd’hui du 
corps municipal. de Venise; le palais 
Loredano, le palais Bembo, construit 
au moyen-âge ; le palais des Manin (fa- 
mille dont ‘un membre fut le dernier 
doge de Venise), élevé par Sansovino 
et divisé en trois ordres, le corinthien, 
le dorique et l’ionique; ila été derniè- 
rement restauré par l’architecte Selva, 
qui arrangea aussi la distribution inté- 
rieure, 


Entre ces deux derniers palais, qui 


eretto verso il principio del secolo XV 
e che accenna vicina l’epoca del buon 
gusto; e quello dei Barbarigo la cui fac- 
ciata è nel vicino rivo di S. Polo men- 
tre sul gran canale non ‘guardano che 
un ala e una loggia —. A fronte di questo 
ultimo è il palazzo Corner Spinelli, dello 
stile dei Lombardi, eretto nel secolo XV, 
Vi.regnano la leggiadria e un gusto fi 
nissimo, e particolar osservazione meri- 
tano alcuni quarti interni, e il terrazi_ 
no pure interno, lavoro di Michele Sam, 
michieli. — Il Palazzo Grimani a San 
Polo, che sorge sulla parte sinistra, è di 
uno stile che molto si avvicina al mo- 
derno; dopo di questo puossi vedere quel. 
lo dei Tiepolo la cui moderna ed elegante 
architettura offre una facciata distinta nei 
tre ordini ionico, dorico e composito. — 
Dirimpetto a quest’ultimo sorge: il ma- 
gnifico dei Grimani a S. Luca, ove al 
presente trovasi la Direzione delle Imp. 
Regie Poste, e che stimasi un capo la- 
voro di ricchezza o di eleganza, e se nel 
terzo ordine fu notato qualche difetto 
ciò venneanche attribuito all’essere l’ar- 
chitetto morto innanzi al compimento 
dell’edificio. Era desso Michele Sammi- 
chieli che ne distingueva la facciata in 
tre ordini corintii. Sulla medesima 
sponda trionfa quindi il palazzo Far- 
setti ora residenza della Municipalità, non 
che il palazzo Loredan, quello dei Bem- 
bo architettato nel medio evo, ed il pa- 
lazzo Manin, soggiorno alla famiglia del- 
l’ultimo Doge della repubblica, eretto da 
Jacopo $Sansovino con tre ordini dori- 
co, jonio, corintio, recentemente ristau- 
rato dall’architetto Selva, col disegno 
del quale fu anche condotta la parte 
interna. 


Tra questi due ultimi palazzi i quali 


s'élèvent, ainsi que les premiers, sur 
de quai, dit du | Charbon., est. située 
une maison, portant le numéro 3752, 
que, l’on prétend avoir été. habitée 
autrefois par Henri. Dandolo. Une in- 
scriplion placée” sur la facade. de cette 
maison, .et rappelant le nom de Dan- 
dolo et son séjour dans ses murs; don- 
nerait du poids à l'opinion commune, si 
l'aspect même de celte maison dont l’ar- 
chitecture est tout-à-fait diverse de.cel- 
le des temps où vivait Henri Dando- 
lo, ne suffisait point pour.la démentir 
gomplètement. Mais. cependant comme 
l'on sait bien, d’un côté que les vicis- 
situdes des choses et des temps peuvent 
avoir altéré et mème détruit les traces 
d’antiquité de cette maison, et de l’au- 
tre que la plupart des, traditions po- 
pulaires, sans excepter celles qui ont 
prises les plus profondes racines, rési- 
stent rarement à l’épreuve de la saine 
critique, nous nous abstiendrons d’affir- 
imer:ou de nier ici que dans celte mai- 
son demeura le fameux Henri Dandolo, 
4x. doge de Venise, conquérant de Con- 
stantiriople, fondateur de: l’éphémère 
empire latin d’Orient, à la. splendeur 
duquel ce héros préféra noblement le 
pouvoir ducal,non-moinshonorablequoi- 
que: plus modeste: cette action est un 
des plus beaux titres. de, Dandolo. à 
Padmiration de la postérité. 

Sur le même quai, logeait, sans con- 
iredit à cette fois, Pierre l’Arétin, mais 
quant à: la maison qu’il habitait, nous 
nous: trouvons de. nouveau : dans l’im- 
possibilité de le dire à nos lecteurs, 
cette question, souvent débattue ‘en- 
ire, nos archéologues les plus infatiga» 
bles, étant restée indécise. Pierre l’A- 
rétin est trop fameux par ses ouvrages 
et par ses actions, presqu’ aussi sales 
ds unes que les autres, pour qu’ il 
soit. besoin: d’en ‘parler ici plus lon- 


— 172 — 


co’ primi. sorgono: sulla: fondamenta ape. 
pellata del Carbon, è opinione’ sorgesse | 
la casa di Enrico Dandolo, la quale, av= 
visano alcuni, fosse quella segnata del 
civico num, 3752. Una lapide posta nella 
facciata che-ricorda il nome, ed attesta 
l'antico soggiorno fra quelle mura di 
quell’ eroe; mostra ‘essere questa la 
più volgare opinione. Ella è però smen- 
tita dall’ aspetto della’casa medesima che 
nulla offre dello stile architettonico del 
XI. ‘secolo. in cui viveva Ærrico Dan 
dolo. Siccome però sappiamo da un lato 
che le vicende delle cose e dei tempi. 
possono avere alterate anzi distrutte in 
essa le. traccie dell’antica sua vetustà, è 
dall’ altro che la maggior parte delle po- 
polari opinioni, anche le più radicate; 
troppo di rado reggono al confronto 
della critica, ci guardaremo dal negare. 
ed affermare espressamente questa es: 
sere stata la casa di Enrico Dandolo 
quarantesimo primo Doge di Venezia, 
conquistatore di Costantinopoli, fonda: 
tore del breve impero latino d’Oriente, 
allo splendore del quale anteponeva, con, 
patrio zelo, il più modesto, ma non men 
glorioso scettro ducale. Fw questa la glo- 


ria più bella di Enrico Dandolo. 


Sulla fondamenta medesima : abitava! 
non ha dubbio Pietro Aretino, ma qual 
veramente fosse la casa di lui è arduà 
questione, che i più pazienti munici- 
pali. antiquari. lasciano. ancora indecisa: 
Questo Pietro Aretino fu sciagurata- 
mente, famoso e per le opere, e per le 
azioni sue, sozze, e scellerate del pari: 
A darne in breve compiuta notizia non 
possiamo far meglio che riferire i versi 
dettati da non si sa chi per la morte 
sua. 


— 175 — 


guement ; d’ailleurs Pépitaphe suivante 
qu’un inconnu composa pour PArétin 
suffirait au besoin. pour donner ‘une 
idée juste de son caractère: 

‘ 
Ici gît l'Aréuin, poéte redouté, 
Qui sur le sol toscana reçu la lumière; 
Il médit d’unchacun, Jésus-Christ excepté, 
Disant, pour s’excuser: Je ne le connais guè- 

(re. 

Après avoir. dépassé la halle. aux 
poissons, et près du pont: de Rialto, 
du côté, gauche du Grand-Canal,. on 
.rencontre les bâtiments proprement dits 
vieux (fabbriche vecchie) construits en 
1520 par Antoine Scarpagnino.. Ils s’é- 
tendent: en divers ; sens sur une lon- 
gueur de 30 pieds, et aux temps de la 
république, ils étaient affectés à l’usa- 
ge des magistrals vénitiens et du com- 
merce; aujourd’hui les bureaux de la 
Magistrature de la Chambre y sont éta- 
blis. 

. Non loin de là s'élève le célèbre 
pont de Rialto, ouvrage de l'architecte 
Antoine Da Ponte achevé en 1591. Nous 
espérons que nos lecteurs ne nous 
sauront pas mauvais gré, si nous ré- 
pétons ici ce que nous avons déjà dit 
à propos de ce monument admirable 
dans un autre ouvrage sur Venise: 
» Notre ville ayant toujours été scin- 
» dée en deux par le grand-canal qui 
> la traverse, et le pont de Rialto n°e- 
» xistant point autrefois, il fallait, lor- 
+ squ’ on voulait aller d’un bord à 
» l’autre, passer l’eau dans de petites 
barques appelées, sceole. On. payait 
» pour ce petit trajet un quart de de- 
».mier, c’est-à-dire deux centimes en- 
»_viron de la monnaie présente ; si bien 
» que, lorsqu’en . 1180 on s’avisa de 
» jeter un pont sur ce canal, on don- 
» na à celle construction le nom..de 


Qui giace l’ Aretin poeta tosco 
Che parlò mal di ognun fuor che di Dio 
Scusandosi col dir — non lo conosco 


Passata la pescheria e. vicino al Ponte 
di Rivoalto, dalla parte sinistra del gran 
canale, sorgono, le così dette, fabbriche 
vecchie che nel 1520 veniano architetta- 
te da Antonio Scarpagnino. Girano esse 
in varie linee per la lunghezza di circa 
trenta piedi, ed ai tempi repubblicani 
serviano agli. usi de’ veneti Magistrati e 
del commercio, Di presente in esse son- 
vi, gli, Ufficii del. Magistrato Camerale. 


Poco. dalla. lunge sorge il superbo; 
ponte. di, Rivoalto, opera pregiatissima 
dell’ architteto Antonio Da Ponte, da 
cul. nel 1591 venia fornita. Non credia- 
mo far.cosa‘discara al lettore nel ripetere 
qui, ciò che di questo ponte ‘abbiamo 
scritto in un’altra nostra ‘opera che! sul- 
l’antica Venezia si aggira. - Essendo stata 
» sempre mat la nostra città disgiunta e 
» divisa dal canale che vi corre fra mez- 
» zo, e non vi essendo. negli antichi 
» tempi il ponte di Rialto che le due 
» isole congiungesse, chi voglioso era di 
» passare all’ altra parte veniva tra- 
» ghettato in certe barchette le quali 
». si appellavano sceole. Per questo tra- 
» gitto pagavasi la quarta. parte di un 
» danaro, cioè all’incirca due centesimi 
» odierni, da che nel 1180, come venne 
» preso di gittare in quel sito un ponte; 
» diessi ad esso il nome della moneta. 


— 174 — 


» cette pelite monnaie. Il paraît qu’à 
» celte époque, on l’éleva sur des espè- 
» ces de barques, ainsi que le dit une 
» ancienne chronique attribuée à Tie- 
» polo, dans laquelle on dit expres- 
» sément; qu’en 1258 Le pont fut re- 
» construit et élevé sur des pieux, tandis 
» qu'auparavant il ne l'était que sur des 
» bateaux Si vous êtes curieux d’avoir 
» une idée exacte de la vue qu’il pré- 
» sentait alors, vous n’avez qu’à visi- 
5 ter le tableau précieux de Jean Bel- 
» ilini, possédé par 1 Académie des 
# beaux-arts, où l’ancien pont est repré- 
» senté avec une fidélite que, d’après les 
5 notions transmises par de vieux écri- 
% vains sur ce pont, nous pouvons dire 
»'admirable: Détruit plusieurs fois par 
# le temps ou par de funestes accidents, 
+ ilfutreconstruit autant de fois presqu” 
» aussitôt, mais toujoursen bois, jusqu’à 
» ce que, l’an 1588, il le fut en pier- 
+ re, par l’ordre du sénat, tel que nous 
» le voyons aujourd’hui. » La solidité 
est le principal mérite de ce pont sur- 
tout aux yeux de quiconque : considère 
le nombre des boutiques qui le surchar- 
gent, la grandeur de ses dimensions et 
la hardisse de l’exécution. Ce- pont est 
formé d’une seule arche dont on éva- 
Jue l’ouverture à 83 pieds, la longueur 
sur le dos à G6, et. la hauteur, prise 
vers son milieu au-dessus de la ligne 
L'eau, à 18 p. et 5 centimètres, l’épais- 
seur à 4. Sa surface est divisée en cinq 
sompartiments, formés par deux files 
shacune de’12 boutiques et par 3 rues 
parallèles à ces deux files. 

Au-dlelt du pont de Rialto et à gau- 
che du canal dont nous nous occupons 
maintenant, se trouve l’ancien palais des 
Camerlingues, devenu aujourd’hui le 
siége du Tribunal d'appel. Guillaume 
Bergamasque le batit en 1525; et l’ar- 
chitecture de ce palais, bien qu'irré- 


» 0 del quartarolo, e sembra che a. 
» quell’epoca lo si facesse sopra una 
» specie di barche, dappcichè in una 
» cronaca attribuita al Tiepolo si legge 
» che nel 1255 fu rifatto e costrutto so- 
» pra pali mentre în prima era ‘sopra 
» burchielle. Che se ti movesse desio 
» di vederlo anche di presente gitta lo 
» sguardo sovra la tela immortale di 
» Giovanni Bellini appo la nostra Ac- 
» cademia di belle arti, e dalla tua 
» memoria non fia giammai ch’ésso si 
» cancelli. Più fiate poi, rovinato o dal 
» tempo o da sciagurate avventure, lo 
» si riattava e ricostruivalo per anco, 
» fino a tanto che nel 1588 decretavasi 
» in Pregadi di farlo di pietra, quale 
» lo veggiamo a’ dì nostri. » La soli- 
dità' costituisce il principal pregio di 
questo ponte, singolarmente avuto ri- 
spetto ‘alle fabbriche che stannovi sopra; 
alle giganti sue dimenzioni e all’ardi- 
merito dell’esecuzione. Egli è di un sol 
arco la cui luce si computa essere ot- 
tantatre piedi, la lunghezza sul dorso 
sessantasei, l’altezza sul pelo dell’ac- 
qua presa per via media diciotto piedi 
e cinque centimetri, la grossezza quat- 
tro. La superficie è divisa in cinque 
spazj formati da due ordini ‘di botte- 
ghe; dodici perlato, e da tre strade ad 
esse parallele. i 


Passato il ponte di Rialto, ed a sini- 
stra del canale di cui si tiene discorso, 
érgesi 1 antico palazzo dei Camerlen- 
ghi odierna sede del Tribunale d’Ap- 
pello. Guglielmo Bergamasco erane Par- 
chitetto Vanno 1525, e la sua figura 
avvegnacchè ‘irregolare è tenuta però 


— 173 — 


gulière, est fort estimée, en considé- 
ration des. difficultés : d? emplacement 
| que cet artiste dut surmonter. Un seul 
de:ses côtés. regarde le Grand-Canal, 
et. pour. bien. examiner les autres, il 
faut mettre pied à terre auprès du bout 
septentrional du pont. 

A droite, on aperçoit l’ancien /on- 
daco (marché, comptoir) des Allemands, 
où sont présentement installés les bu- 
reaux de l’administration des Finances, 
de la Douane, et de quelques autres trop 
peu importants pour mériter une men- 
tion particulière, Cet édifice fut bâti Pan 
1506, d’après les. plans de Frère Jo- 
conde de Vérone. Il renferme deux 
cents chambres, et ses deux. façades 
principales furent peintes à fresque par 
le Titien et parle Giorgione, mais à peine 
Si aujourd’hui il reste quelques traces 
de ces peiniures précieuses. Jadis, il 
servait de logement aux négociants al- 
lemands ; ce qui lui fit donner le nom 
que nous avons indiqué plus haut. On 
fait remonter sa fondation au XIII siè- 
cle; mais ce ne fut:que dans le XVI, 
comme nous l’avons dit toui-à-l’heure, 
qu'il fut rebàti tel qu’on le voit au- 
jourd’hui, après avoir été détruit par 
un incendie. Il a 512 pieds de circon- 
férence, et la porte du côté de la terre 
est d’une architecture majestueuse. 

Vient ensuite le palais Civran, puis 
à gauche une face des fabbriche vecchie 
dont nous avons parlé plus haut, et les 
bâtiments nouveaux, élevés pour la 
commodité du commerce, lan 1555, par 
Sansovino, et dont la facade est divi- 
sée en trois ordres, le rustique, le do- 
rique et l’ionique. 


Si vous tournez vos regards vers la 
droite du Canal, vous apercevrez alors 
le palais Mangili, maintenant V’almarana, 
édifice d’une date récente dont la fa- 


in grandissimo pregio per essersi l’ar- 
tista saputo, adattare ai difetti dello 
spazio sul quale fonda. Un lato ‘solo di 
essi guarda sul gran canale; e per ben 
considerare gli altri fa duopo mettersi 
a terra presso la testa, settentrionale del 
Ponte. 

A destra poi ti si! presenta l’antico 
Fondaco dei tedeschi, in cui di presen- 
te è stabilita la R. Dogana e la resi 
denza dei R. Ufficii di Finanza, non 
che di altri che inutile sarebbe qui ri- 
ferire. Ergeasi questo edificio 1’ anno 
mille cinquecento sei col disegno del- 
l’ architetto frate Giocondo da Verona: 
— Racchiude desso duecento camere, 
e le sue due facciate principali erano 
dipinte a fresco da Tiziano e da Gior- 
gione. Di presente però appena si con- 
servan le traccie. Nei tempi antichi; é 
precisamente all’ epoca in cui venne edi- 
ficato serviva di abitazione ai negozianti 
tedeschi, per cui prendeva appunto l’ap- 
pellativo di fontico dei tedeschi. La sua 
crezione si fa risalire al secolo XII; 
ma nel XVI veniva riedificato a cagion 
di un incendio. Maestosa è la porta di 
questo edificio dalla parte di terra, € 
la sua circonferenza è di piedi 512, — 


Segue poscia il palazzo Civran, indi 
dal lato sinistro un lato delle fabbriche 
vecchie, di cui più sopra abbiamo par- 
lato, e le nuove fabbriche erette ad uso 
della mercatura. Architetto di quest’ ul- 
time fu il Sansovino che nel 1555 : ne 
dirigeva co’ proprii disegni il lavoro; 
nella cui facciata si scorgono i tre or- 
dini rustico, dorico, e ionico, 

Volgendo l’occhio a destra del gran 
canale ti:si porge il palazzo Mangili 
ora Valmarana, edificio mouerno che mo- 
stra nella facciata i due ordini rustico 


= 06 = 


cade se compose des deux ordres rusti- 
que et corinthien ; le portail appartient 
au style dorique. Antoine Visentini en 
fut l’architecte. Vous rencontrez en- 
suite le palais Mi cheli des Colonnes, au- 
jourd’hui Martinengo, où l’on voit trois 
salles ornées de précieuses tapisseries, 
exécutées d’après des cartons de Raphaë!; 
une. quatrième, i reufermant les. orne- 
ments, sacrés et la bibliothèque du car: 
dinal Barbarigo; et une cinquième enfin, 
où l’on conserve l’armure du Doge 
Dominique Micheli, qui prit part à la 
conquéte de la Terre-Sainte et s’illustra 
au siége de Tyr. C’est précisément ce 
même doge qui fit transporter. à Venise 
les deux colonnes de la Piazzetta. — 
Du même côté du grand: canal s'élève 
le palais Sagredo, bâti au moyen-age et 
où l’on admire un.escaher,: chef-d’oeu- 
vre, d’Andre Tirali . En 1734, Pierre 
Longhi y peignit La Chüte de Géants. 
Le palais de la Cà. d'oro, dont, l'archi: 
lecture gréco-arabe remonte. au XIV 
siècle, est également orné de peintures 
du même.auteur, mais il'n’est pas ache- 
vé. On a cru long-temps que son nom 
venait des ornements dorés de sa façade 
et. on l’écrivait alors Ca d’oro (mai 
son d’or); mais une découverte faite 
iout récemment nous a prouvé que ce 
nom lui était venu de celui d’une fa- 
mille patricienne appelée Doro qui pos- 
séda jadis ce palais. On sait que Henri 
Doro, qui vécut vers 1183, fut .un des 
compilateurs du livre Zractus, qui con- 
tenait plusieurs lois : et: règlements de 
la république vénitienue, et qu’un au- 
ire Doro trempa dans la conjuration de 
Baïamonte Tiepolo. 

De l’autre côté du grand canal, c’est- 
à-dire: à gauche, on rencontre le palais 
Corner. de la Reine, où l’on à établi 
dernièrement. le: Mont-de-Piélé et: la 


Caisse: d’épargnes ; il se compose des 


con porla dorica, e corintio. Veniva at 
chitettato da Antonio Visentini. Poscia 
vedi quello Micheli delle Colonne ora 
Martinengo. Tu questo palazzo sonvi tre’ 
stanze tappezzate di ‘preziosi arazzi tes! 
suti con disegni di Raffaello, ed una 
quarta coi sacri arredi; e ‘libri del Car: 
dinale Beato Barbarigo: Infine una sala 
con aënesi militari usativin guerra dal 
Doge Domenico Micheli; che ‘fu’ alla 
conquista di Terra Santa e che nella pres 
sa di T'irogloriosamente' segnalavasi. ‘È 
questi appunto che tradaceva ‘al Vened 
zia le due colonne che si innalzano nel= 
la piazzetta. Dallo stesso lato del gran 
canale ergesi il palazzo Sagredo archia 
tettura del medio evo, .nel quale notisi 
una scala opera pregiata di Andrea ‘Tit 
rali. Nel 1734 Pietro Longhi vi: dipin- 
geva la caduta de’Giganti, Segue poi il 
palazzo detto. della Cà d’oro architet: 
tura greco araba del secolo XIV. Que- 
sl’ultimo-edificio, che non è compiuto, 
credevasi che: traesse la denominazione 
da alcuni esterni ornamenti ‘dorati, se 
non che la scoperta fatta in vquesto: ul: 
timo tempo fece conoscere che avendo 
appartenuto anticamenté a certa fami. 
glia patrizia che Doro addomandavasi 
prendeva» da essa 1’ appellativo da cui 
anco di presente lil palazzo è distinto! 
Si sa che un Enrico Doro nel :118,3/fu 
uno dei compilatori del libro Fractus 
che conteneva molte leggi, ve. regola= 
menti , della Veneta. repubblica, ve. che 
un altro; Doro fu involto nella congiura : 
di Baiamonte! Tiepolo. ? 


1 


Dall’altra parte del gran canale cioè a 
mano manca v’hanno il Palazzo Corner del- 
la Regina nel quale in questi ultimi tempi 
furono stabiliti 1} Monte de’Pegni ce Ja 
Cassa di Risparmio. In questo fabbricato 


= nre 


ordres rustique, ionique et corinthien, 
et fut bâti en 1924 par Dominique Ros- 
si. Vient ensuite le palais Pesaro, con- 
struit par Balthasar Longhena, édifice 
magnifique, également admirable par sa 
grandeur, sa solidité et sa richesse, 
où est établi aujourd'hui le Collége des 
Arméniens. Non loin de ce palais s’é- 
lève celui des Grimani, ouvrage de Sam- 
michieli. Enfin, on aperçoit, toujours 
sut la rive gauche du grand-canal 


noli gli ordini rustico jonico, e corinlio, 
Il suo archiletto fu Domenico Rossi che 
nel 1724 edificavalo. Dalla stessa parte 
poi, sul disegno di Baldassare Longhe- 
na e da lui diretto, ergevasi il Palaz- 
zo Pesaro, edificio magnifico per la sua 
vastità solidezza e ricchezza, ove di 
presente trovasi il Collegio Armeno. A 
poca distanza e dall’opposta parte l’ar- 
chitetto Sammichieli poneva l’opera sua 
nel palazzo Grimani. A questo punto 
e sulle sponde dello stesso gran canale 
li si porge 


____ 000 rt 


© Eg frs e de Sa tul-Lrustache. 


La façade imposante de cette, église 
fut élevée, grâce à un legs du doge 
Mocenigo, d’après les plans de Domi- 
nique Rossi; les statues qui la déco- 
rent sont l’ouvrage de divers sculpteurs. 
Le doge Mocenigo précité, mort en 1709, 
fut enSeveli dans cette église; sur sa 
tombe, on lit l'inscription suivante: 
Nomen et cineres una cum. vanitate se- 
pulti. L’architecte Jean Grassi dirigea 
la construction de l’intérieur de cette 
église en 1678. On y remarque: Sur 
le premier autel, un tableau de Nicolas 
Bambini, représentant — la Vierge et 
quelques Saints —, et sur le second, un 
autre où est peint:-— Saint Osvald —, ou- 
vrage-de Balestra. La grand’chapelle est 
décorée de plusieurs peintures d’artistes 
modernes; on remarque entr’autres — 
le Martyre de Saini-Barthélemy —, par B. 
Tiepolo dit le Z'iepoletto; — Saint-Paul 
ravi ‘au ciel —, par Grégoire Lazzari- 
ni. À gauche, en entrant, on trouve: 
— un Crucifix en marbre —, sculpté 
par Toretti, i 


Lx Ebiesa di Si Eustachio. 


Nel viniziano dialetto dassi a questo 
tempio 1’ appellativo anco di S, Stae. 
Per legato del Doge Mocenigo venne 
eretto il grandioso di lei frontespizio 
con il modello di Domenico Rossi, e 
da molti scultori furono travagliate le 
statue che l’abbelliscono. Questo Doge 
Mocenigo moriva l’anno 1709 a cui 
davasi nella medesima chiesa sepoltura 
distinta solamente da questa epigrafe. 
Nomen et cineres una cum vanitate se- 
pulti. L° architettura dell’ interno del 
tempio è di Giovanni Grassi che vi 
travagliava nel 1678. Ciò che si nota 
di particolare è a destra di chi entra. 
— Una Madonna con alcuni Santi — 
pala di Nicolò Bambini nel primo alta- 
re; e nel secondo un’altra pala in cui 
si rappresenta. — Santo Osvaldo .—, la- 
voro del Balestra. La maggior Cappella 
è adorna di molte pitture di autori 
moderni, fra quali splendono — è 
martirio di San Bartolomeo — tela di 
Gio. Battista Fiepolo detto il Tiepoletto 
— San Paolo portato in cielo — di Gre- 

23 


— 178 — 


Dans la sacristie on voit au-dessus 
de Pautel principal: — Jésus-Christ cru- 
cifie et les saintes femmes —, tableau 
de Maffei de Vérone. 

En continuant le tour du grand ca- 
nal, à peine sorti de l’église de Saint- 
Eustache, nous: trouvons: à gauche, le 
palais Contarini, d'ordre dorique; le 
palais Tron, divisé en deux ordres, le 
corinthien et l’ionique; à droite, le pa- 
lais Vendrumin Calerei, chef-d’oeuvre 
de symétrie, d'élégance et de magnifi- 
cence, dont on attribue la construction 
à Pierre Lombard, construction à la- 
quelle on assigne pour date l’an 1481. 
Trois ordres corinthiens composent la 
facade, qu’enrichissent des colonnes de 
marbre grec, de porphyre, de serpen- 
tin, et d'autres marbres précieux. On 
conserve dans ce palais deux statues 
de marbre, sculptées par Tullius Lom- 
bard, qui représentent — Adam et Eve 
+; celles appartenaient jadis au mauso- 
lée Vendramin, placé dans Péglise des 
SS. Jean et Paul; en outre, deux co- 
lonnes fort eslimées par les’ connais- 
seurs. 


Après avoir vu ce palais, il serait 
bon'avant que de poursuivre le tour du 
grand-cañal, de s’en écarter pour vi- 
siter 


gorio Lazzarini. che sta vicino al so- 
vradescritto. A sinistra di chi entra tro 
vasi il — Crocefisso in marmo — dal 
Toretti scolpito. i 
Nella Sagrestia. ammirasi, sull’ altar 
principale.— n Cristo in cr oce le 
Marie — pala di Maffeo da Verona. 


Visitata questa Chiesa e ripigliando il 
giro del Gran Canale, si trovano a si- 
nistra i Palazzi, Contarini di ordine 
dorico, bene distinto nei due ordini je- 
nico e corintio; il Battaggia ora Pa- 
ron architettato da Baldassare Longhena 
con-due ordini dorico, e corintio. A 
destra poi sorge il palazzo Vendramin 
Calergi capo d’opera di simmetria, ele- 
ganza e magnificenza, la cui architet- 
tura si attribuisce a Pietro Lombardo 
verso .1’ anno 1/81. Tre ordini co- 
rintii compongono la facciata arricchita 
da colonne di marmo greco. veneto, da 
porfido, da serpentini, e da altri finissi- 
mi marmi che l’incrostano. Si conser- 
vano in questo palazzo due: statue di 
marmo scolpite da Tullio Lombardo le 
quali rappresentano — Adamo ed Eva 
— ed esse appartenevano al mausoleo 
Vendramin posto nella chiesa de’Santi 
Giovanni e Paolo. Inoltre due leggia- 
dre colonne assai pregiate dagli intel- 
ligenti. 

Visitato questo palazzo sarebbe pre- 
gio dell’opera, innanzi di proseguire il 
giro del gran canale, deviar fino alla 
vicina 


D () DSC 2 Denmass—— 


L'Eglise de Sainte-VMNadeleine. 


Le célèbre Thomas Temanza balit 
au XVIII. siècle celte - église sur un 


Chiesa della Maddalena. 


Ergeva questa chiesa il famoso Tom- 
maso Temanza con singolarissimo ed 


— 179 — 


plan aussi bisarre qu'élégant, et d’ordre 
ionique, qui lui attira l’admiration gé- 
nérale. 


Retournés au grand-canal, nous trou- 
vons à gauche le fondaco (comptoir, 
bazar) des Turcs, considéré comme un 
des édifices les plus anciens de Veni- 
se. Il appartint jadis au duc de Fer- 
rare; en 1621 il fut assigné pour 
logement aux négociants Turcs, par 
ordre du Sénat. Aujourd’hui, ce bâti- 
ment tombe en ruines, et ne conserve 
de son ancienne splendeur que son ar- 
chitecture arabe, qui rappelle les beaux 
temps où Venise était l’entrepôt de 
l'Orient. 

Sur le même bord, on trouve 


Le NCusce Cover. 


Théodore Correr) par un dernier 
acte de sa volonté, ordonna la fonda- 
tion de cet établissement de beaux-arts, 
dont il institua Venise l’héritiére , lui 
assignant une dotation pour son entre- 
tien, par une autre clause de son testa- 
ment. Ce musée est ouvert au : public 
tous les mercredis et samedis de cha- 
que semaine. On y conserve une ad- 
mirable collection de camées, de gra- 
vures, de médailles, de peintures, d’é- 
maux, d’ivoires et d’autres curiosités 
semblables. 

Parmi les médailles, on en remarque 
une fort grande, portant l'effigie de 
Bernard Soranzo, frappée par André 
Spinelli, en 1540; et parmi les gravu-. 
res, un plan de Venise d’une très- 


Il 


à 


‘elegantissimo disegno di ordine jonico 
per lo quale saliva in gran fama que- 
sto sacro monumento, Ciò fu nel se- 
colo XVIII. 

Ritornando al Canal Grande trovasi 
a sinistra il fondaco dei Turchi il quale 
si annovera fra le più antiche fabbri- 
che di Venezia. Un tempo apparteneva 
al Duca di Ferrara, ma l’anno 1621 la 
repubblica lo assegnava ad alloggia- 
mento ed uffizio dei maviganti turchi 
che frequentavano questo porto. Di pre- 
sente 1’ edificio va deperendo, e più 
non conserva dello antico splendore se 
non l araba architettura che ricorda il 
tempo nel quale Venezia era l’emporio 
dell’ Oriente. 

Seguita sulla medesima sponda 


IL Museo Cote. 


Questo artistico stabilimento veniva 
istituito per testamentaria disposizione 
dal veneto patrizio Teodoro. Correr il 
quale ne lasciava erede la città di Ve- 
nezia con una dotazione pel suo man- 
tenimento. Egli e aperto liberamente il 
mercoledì ed ‘il: sabbato di ogni setti- 
mana a quanti amano visitarlo, e vi si 
custodisce una ‘ricchissima collezione 
di Gammei, d’Intagli, di Medaglie, di Pit- 
ture, di Manoscritti, di patrie memorie, 
di-Smalti, d’Avorii, e di altri curiosi ed 
importanti oggetti. i 

«Tra le medaglie distinguesi una molto- 
grande con l’effigie di Bernardo Soran- 
zo battuta da. Andrea Spinelli 1’ anno 
1540; e- fra le incisioni la-pianta di 


\ Venezia in grande scala : disegnata da 


— 180 — 


grande échelle, dessinée par Albert Du- 
rer, et dont on conserve aussi la ma- 
4rice dans ce musée. 


Canab voyal, vulyaiveuveut dit Ca- 


uategio (Caual regio). 


Le palais Labia ouvre la série des 
édifices qui bordeant ce canal , lequel 
peut bien s’appeler l’entrée la plus ma- 
gnifique de Venise. Ce palais fut bâti 
par André Cominelli; il est composé des 
trois ordres dorique, ionique et corin- 
thien; on y admire une salle peinte 
à fresque par J. B. Tiepolo, et trois 
plafonds, par J. B. Cignaroli. A gauche, 
s'élève le palais Manfrin que l’on peut 
nommer justement 


Galezio Ja fici [LA 


a 


Cette galerie renferme une collection 
nombreuse et choisie de tableaux étran- 
gers et italiens, et surtout de l’école 
vénitienne. Le catalogue de ces tableaux 
se trouvant dans chaque salle, nous 
croyons superflu de le reproduire ici’, 
et nous nous bornerons à citer les plus 
remmarquables d’entr’eux; ce sont : 


Dans la salle A: — Une Vierge et 


l'enfant Jésus —, de Jean' Bellini; — 
Une femme, jouant de la guitarre —, 
‘par le Giorgione; — Wenise triom- 
phante — par Pompée Battoni. 

Dans la salle B: — Un portrait de 
LArioste —, par le Titien; — Trois 
portraits célèbres —, par le Giorgione ; 


Alberto Duro, e della quale conservasi 
ben anco nel Museo la matrice. 


Canale Regio. 
(Col acmente chiamato Canareqio. 


Il palazzo Labia dà ingresso a que- 
sto canale il quale è certamente il 
più bello e magnifico ingresso che s’ab- 
bia la nostra città. In questo palazzo 
architettato da Andrea Cominelli il qua- 
le ergevane la facciata co’ tre ordini 
dorico, jonico e corintio, vi si ammira 
una sala dipinta a fresco da Giambatti- 
sta Tiepolo, e tre soffitti dipinti da 
Giambatista Cignaroli. A sinistra sorge 
il palazzo Manfrin che puossi a buon 
dritto chiamare 


Galleria Tau ‘eva, 


Questa contiene una copiosa, e scel- 
ta collezione di quadri stranieri, ed 
italiani singolarmente della veneta scuola, 
in ogni sala della quale trovandosi il 
catalogo dei quadri che vi si.contengo= 
no stimiamo inutile il ripeterlo, e'ci li- 
miteremo a riferire in generale i più 
importanti,, quali sono: 

Nella camera À — Una Vergine col bam- 
bino — di Giovanni Bellini — Una don- 
na con chitarra — di Giorgione — Ze: 
nezia trionfante — di Pompeo Battoni. 


Nella camera Be+ Z/ ritratto dell Ario- 
sto = di Tiziano Vecellio — Tre ma- 
ravigliosi ritratti — del Giorgione — 


| — 181 — 


— celui de la reine Cornaro vêtue à VO- 
rientale —, par le Titien ; — Moise fe- 
sant jaillir une source du rocher —, par 
le Bassano; — Cerès et Bacchus —, par 
Rubens. | 

Dans la salle C:— Une Sibylle —, par 
‘ Benoît Gennari. 

Dans la salle D: — Une descente de 
Croix, — chef d’oeuvre, du Titien — le 
Sacrifice d’Iphigenie —, par le Padoa- 

«nino; — Un Æcce Homo —, de Car- 
tache; — un portrait —, par Rem- 
brandt; — wn autre beau portrait —, 
par Paul Véronèse. 

Dans Ja salle E: — Un berger —, 
par Barthélemy Murillo, célèbre pein- 
tre espagnol dont les ouvrages sont fort 
rares en Italie; — la Présentation de 
J. C. au Temple —, par Jean d’Udine. 

Dans la salle F: Le portrait d’ Antoine 
Licinio, dit le Pordenone, entouré par 
cinq de ses disciples —, chef-d’oeuvre 
du Pordenone lui-même. 

Dans la salle G: — J, C.à Emmaüs 
—, par Jean Bellini. 

Dans la salle H, on admire plasieurs 
ouvrages de peintres anciens, qui vé- 
curent vers le temps de la Renaissan- 
au Cimabüe, à Giotto, à Mantegna, et 
les plus remarquables sont: — es por- 
traits de Pétrarque et de Laure —, par 
Jacques Bellini, père de Jean; et — 
le Christ attaché à la Colonne —, par 
Antonello de Messine. 

Dans la salle I: — ? Adoration des 
Mages —, par Jérôme Sainte-Croix. 


Dans la salle K: — Zucréce —, par 
Guido Reni; — /a Présentation de Jé- 
sus-Christ au Temple —, par Frère Sé- 
bastien Dal Piombo; — Les animaux 
prêts à entrer dans l'arche —,, par Benoît 
Castiglione ; — Za Fuite en Egypte —, 
par Augustin Carrache, 

On ne saurait non plus trop admirer 


ce. Beaucoup d’entr’eux appartiennent, 


Il ritratto della Regina Cornaro in co 
stume orientale — di Tiziano Vecellio 
— Mosè che fa scaturir l’acqua dalla 
rupe — del Bassano — Cerere e Bacco 
— di Rubens. 

Nella camera C — Una Sibilla — «li 
Benedetto Gennari. 

Nella camera D — Cristo deposto dalla 
croce — capo ilavoro del Tiziano — IL 
sagrificio di Ifigenia — del Padovanino 
— Un ecce Homo — del Carracci — 
Un ritratto — beli? opera di Rembrandt 
— Un altro bel ritratto — di Paolo Ve- 
ronese. 

Nella camera E — Un pastorello — 
di Bartolomeo Meriglio pittore spa- 
gnuolo i cui lavori sono rarissimi in 
Italia — La presentazione del bambino — 
di Giovanni da Udine. . 

Nella camera F. — £itratto di Anto- 
nio Licinio detto il Pordenone infra cin- 


que suoi discepoli — capo lavoro dello 
stesso Pordenone. 
Nella camera G. — Cristo in Emaus — 


di Giovanni Bellino, 

Nella camera H. Veggonsi opere di 
pittori antichi che travagliarono all’ e- 
poca del rinascimento dell” arte. Molte 
di queste sono del Cimabue, del Giot- 
to, del Mantegna, e quelle che si di- 
slinguono fra le altre sono — à Aztrat- 
ti del Petrarca, e di Laura — di Jacopo 
Bellino padre di Giovanni e — Cristo 
alla colonna — di Antonello di Messina. 


Nella camera IT. — Z’adorazione di 
Magi — di Girolamo Santa Croce. 

Nella Camera K. — Lugrezia — di 
Guido Reni — La presentazione di Ge- 
sù Cristo -= di fra Sebastiano dal Piom+ 
bo — Gli animali presso l'arca — di 
Benedetto Castiglione — Za Fuga in 
Egitto — di Agostino Carracci. 


Sono pure da osservarsi altri pezz 
2 


— 182 — 


plusieurs autres objets d’arts, d’un gen- 
re divers et d’un grand mérite, c’est- 

à-dire des nielles, des émaux, etc. 
Cette galerie n’est ouverte aux cu- 
rieux que les lundi et jeudi de chaque 
semaine. 

Sorti du palais Manfrin, on trou- 
ve à gauche le palais Galvagna, bâti 
par J. Sardi. Ce vaste édifice fut der- 
nièrement reslauré et embelli par son 
propriétaire; on y trouve jointe une 
collection de tableaux de Fécole véni- 
tienne, parmi lesquels on distingue 
surtout plusieurs ouvrages d’ André 
Schiavoni, nom cher aux beaux-arts, et 
dont les productions sont nombreuses 
à Venise, 


Après avoir visilé ce palais, si vous 
continuez à parcourir le Canal royal, 
en vous dirigeant vers son extrémité, 
vous rencontrerez 


L'Eglise de Saurt-d ob. 


Cette vaste et remarquable église fut 
bâtie vers le milieu du XV siècle. Le 
doge Christophe Moro, illustre aïeul de 
la famille de l’auteur, agrandit le mo- 
nastère -voisin, et embellit l’église ellé- 
même, en y ajoutant une chapelle con- 
sacrée .à Saint Bernardin de Sienne, 
pour lequel il avait une dévolion sin- 
gulière. Enfin au XVI siècle, cette égli- 
se éprouva des changements si consi- 
dérables qu’on jugea nécessaire de la 


consacrer de nouveau, en 1597. 


Les objets les plus dignes d’atten- 


di arte di molto pregio, e di vario ge: 
nere vogliam dire Mielli, Smalti, Age- 
mune, T'arzie e così via. 

Nei- soli giorni di lunedì, e giovedì 
di ogni settimana è permesso al curio- 
so l’ingresso a questa galleria. | 

Uscendo dal palazzo. Manfrin si tro- 
va alla sinistra il palazzo Galvagna, che 
venia architettato da Gio. Sardi. Que- 
sto vasto edificio fu di recente ristau- 
rato ed abbellito dal suo proprietario, 
ed in esso vi si trova una collezione 
di quadri di alcuni celebri artisti della 
scuola viniziana, fra. cui in ispezieltà è 
da notarsi venti delle migliori opere di 
Andrea Schiavone nome caro all’arte, e 
di cui molte sono le tele che Venezia 
abbelliscono. 

Visitato questo palazzo si continui 
il corso del canal regio ‘e dirigendosi 
verso la sua estremità incontrerasst 


La Chiesa d à. Giobbe, 


Fabbricavasi questo ampio, e prege- 
vole tempio intorno al compiersi della 
prima metà del secolo XV. Il doge Cri- 
stoforo Moro, rispettabile antenato di 
mia famiglia, ne ampliava poscia il vi- 
cino monastero; e ne rendeva più ador- 
na la chiesa specialmente con una cap- 
pella di S. Bernardino da Siena pel 
quale sentia il degno uomo devozione 
grandissima. Nel secolo poi XVI que- 
sta chiesa sofferiva non leggiero can- 
giamento per cui nel 1597, le si dava 
una seconda consacrazione. 

Gli oggetti che di presente vi si rin- 


— 185 — 


lion que cet édifice pieux renferme au- 
jourd’ hui peuvent étre énumérés com- 
me il suil: 

Sur l’autel à droite en entrant, un 
tableau qui représente : — L’apôtre Saint 
Pierre, Saint Nicolas et Saint André —; 
par Paris Bordone. 

Sur le second autel à gauche:—Saint 
Diego adorant la Sainte Vierge, le Sau - 
eur mort et quelques autres personnages, 
ouvrage de Charlot Cagliari. 

Dans le corridor, proche de Ja sacri- 
slie: — La Naissance de. N. S..J. C. par 
Jerome Savoldo. 

Dans la sacristie, un petit tableau re- 
présentant: — Za Sainte Vierge, Sainte 
Catherine et Saint Jean-Bapuste. —, par 
Jean Bellino. 

Le portail, le choeur et les deux cha- 
pelles à gauche en entrant, sont ornées 
de sculptures en marbre qui rappellent 
les beaux jours du seizième siècle. 

Dans le cloître attenant à l’église, 
se trouve 


Le Jardin des lenbest 


H existe dans ce jardin plus de 8000 
plantes indigènes ou exoliques, : et le 
zèle avec lequel les gardiens de cet 
élablissement veillent à son ‘entretien 
mérile bien qu’on leur accorde ici une 
mention honorable, 

En continuant à parcourir le grand 
Canal, on rencontre à droite, le palais 
Flangin dont la facade se compose des 
| trois ordres ruslique, ionique el corin- 
thien; puis, toujours du même côté: 


os 


vengono più degni di. allenzione sono 
ì seguenti. 


Nel primo altare a destra di chi en- 
tra la tavola rappresentante — S. Pie- 
tro Apostolo, San Nicolò e S. Andrea 
— di Paris Bordone. 

. Nell’ altare secondo a sinistra di chi 
entra — San Diego che adora la Ver- 


, gine, col Salvatore morto ed altre figure 


— di Carletto Caliari. 

: Nel corridoio presso la Sagrestia — 
La Natività di Gesù Cristo —- di Giro- 
lamo Savoldo. 

- Nella sagrestia un piccolo quadro por- 
gente — La Vergine, Santa Catterina e. 
S. Gio. Battista — di Giovanni Bellino. 


La porta maggiore, il coro, :e le due 
cappelle a sinistra. di chi entra, sono 
abbellite di sculture in marmo che ri- 
cordano il buon:stile del secolo XVI. 

Nel chiostro: adiacente alla chiesa tro- 
vasi 


. a Giardino Uotawice. 


Ritrovansi in questo giardino più di 

otto mila piante nostrali ed esotiche, 
ed è da farsi menzione onorevole dei 
custodi di questo giardino per Je dili- 
genti cure che si danno per la di esso 
coltivazione, 
* Ripreso il corso del gran canale si 
irova a destra il palazzo Flangini nella 
cui facciata si nolano i tre ordini ru- 
slico, ionio e corinlio, poscia dalla stes- 
sa parte 


——___mmi.i. Er 


L'Eglise des Scalzi (unotmes de- 


chaussés.) 


L’ église connue sous ce nom; 
est placée sous l’invocation de Sainte- 
Marie de Nazareth. Elle est entière- 
ment bâtie en marbre fin de Carrare, 
et regorge tellement de statues, de scul- 
ptures, et d’ornements de toute espèce, 
qu’on peut la mettre hardiment au nom- 
bre des plus remarquables de Venise. Sa 
batisse fut entreprise en 1680 par Bal: 
thäzar Longhena ; sa facade composée 
des deux ordres corinthien et compo- 
site, est Pouvrage de Joseph Sardi, 

L’intérieur de cette église offre une 
foule d’objets remarquables, entr’autres : 

A droite en entrant, une chapelle ren- 
fermant un autel magnifique, dont le 
dessin fut tracé par Frère Joseph Poz- 
z0; il est orné d’une statue de Sainte 
Thérèse, ouvrage de Balbi; ces deux 
tableaux, placés sur les murs latéraux, 
rapresentent: — Les miracles de la pa- 
tronne de cette église —, par Bambini; le 
plafond fut peint par le Tiepoletto. 

La grand’chapelle. fut bâtie d’après 
les plans de Viviani et de Frère Poz- 
zo on remarque, derrière le maitre- 
autel: — La Sainte Vierge et l'Enfant 
Jésus —, par Jean Bellini. 

La chapelle à gauche en entrant fut 
également bâtie par Frère Pozzo ; les 
sculptures qui la décorent, appartien- 
nent à Joseph Torretti. 

Le plafond de cette église représen- 
le: la Translation de laj Sainte Maison 
de Lorette —, ouvrage de Tiepoletto, 
accompagné d’ornements exécutés par 
Jéròome Mingozzi Colonna. 

Sur le même bord du Grand-Canal, 
non-loin de celle des Scalzi, s'élève 


La Chiesa degli Soa 


Questo tempio, riconosciuto sotto un | 
tal titolo, è sacro a S. Maria in Naza | 
ret. Desso, quantunque di doppio or- 
dine, è tutto di fino marmo di Carrara, 
ed è sì pieno di ornamenti, di statue 
e di sculture, che senza tema di errare 
lo si può annoverare fra i più ricchi 
della capitale. Baldassare Longhena nel 
1680 architettavalo, e Giuseppe Sardi 
conduceva la sua facciata in due ordini 
corintio e composito. 


Nello interno vi ha di rimarchevole, 


A destra di chi entra una cappella il 
cui altare. magnifico disegnato da fra 
Giuseppe Pozzo è abbellito dalla statua 
di —S. Zeresa—lavoro del Balbi. I due 
quadri sulle pareti laterali rappresen» 
tano — i Prodigi della Santa — del Bam- 
bini. Il cielo è dipinto dal Tiepoletto, 


La Cappella maggiore venne eseguita 
con disegno del Viviani e di Fra Poz- 
zo, e dietro l’altare è da notarsi — Za 
Vergine col Bambino — di Gio. Bellino. 


La cappella a sinistra di chi en- 
tra è pure disegno di Fra Pozzo e le 
sculture di Giuseppe Torretti. 


Il soffitto della Chiesa rappresenta la 
— Traslazione della Santa Casa di’ Lo- 
reto. — opera del Tiepoletto con or- 
namenti di Girolamo Mingozzi Colon- 
na. 

Sulla medesima: destra sponda del 
Gran Canale a poca distanza della Chie- 
sa degli Scalzi sorge 


___———“900G— 


SR HO O 


i L'Eglise de Saiute-(0 nose 


Temanza nous apprend que celle é- 
glise fut à Venise le dernier ouvrage 
d’André Palladio. Et Sansovino remar- 
que qu’un cavalier de la famille Mo- 
cenigo inaugura ce bel édifice par la 
consécration de la grand’chapelle. L°é- 
poque de sa fondation remonte à l’an 
1609, c’est-à-dire à un temps posté- 
rieur à la mort de son architecte. 

L'intérieur de cette église offre entre 
autres choses à notre admiration: Ja 
première chapelle, renfermant trois ta- 
bleaux qui représentent: — Sainte Lu- 
cie montant au ciel, et deux traits de la 
vie de cette Sainte —, tous trois ouvra- 
ges de J. Palma; dans la grand’cha- 
pelle, un sautel et un élégant taberna- 
cle, et le buste de Bernard Mocenigo, 
sculpté par Viltoria ; dans la troisième 
chapelle, un tableau-d’autel qui nous 
offre: — Saint Joachim, Sainte Anne et 
d’autres Saints —, par le même Palma, au- 
quel appartiennent également les pein- 
iures des volets de l’orgue et une autre 
tableau qui représente: — a Sainte Vierge 
dans l’étable —, placé sur le premier des 
‘deux autels appuyés au mur vis-à-vis 
de la grand’chapelle ; sur le second, on 
voit: —- un Saint Augustin —, peint 
par Léandre Bassano. Plusieurs autres 
tableaux exsitant dans cette église sont 
également l'ouvrage de J. Palma. 

. Sur l’autre bord du Grand-Canal, 
s'élève P 


La SUO di 3. Lucio, 


Ci istruisce il Temanza che questa 
chiesa fu l’ultima opera disegnata in 
Venezia da Andrea Palladio. Dal San- 
sovino poi abbiamo che un cavaliere 
di casa Mocenigo, consacrandone la cap- 
pella maggiore, diede principio a così 
bello ed onorato edificio. L'epoca del- 
la sua erezione risale al 1609 quindi 
dopo la morte del suo architetto. 

Nello interno del tempio merila al- 
tenzione, à destra la prima cappella con 
una pala rappresentante — S. Lucia 
che sale al cielo — e sulle pareti late- 
rali veggonsi— Varie azioni di detta Santa 
— Tutti e tre questi quadri sono di 
À. Palma; nella cappella maggiore l’al- 
lare con elegante tabernacolo, ed il bu- 
sto di Bernardo Mocenigo scolpito da 
Alessandro Vittoria ; nella terza cappella 
la pala di altare che porge — San Gioa- 
chino, S. Anna, ed altri santi — del 
suddetto Palma, del quale pure sono le 
porticelle dell’organo e l’altra pala ove 
si vede — M. W. nel Presepio — che 
irovasi nel primo dei due altari ap- 
poggiati al muro, dirimpetto la cappella 
maggiore, nel secondo dei quali v' ha 
— un S. Agostino — dipinto da Lean- 
dro Bassano. Di Jacopo Palma eziandio 
sono altre tele che in questa chiesa ri- 
trovansi. 


Dall’ altra sponda del gran canale sor- 
ge la 


0-60 2 


Èg lise de Sarnt-Siuéow el Saint ude. 


Cette église s'appelle vulgairement 
église de Saint Simon le Petit, Jean 
Scalfarotto la bälit en 1918. C’est un 


Chiesa der SS Simone (2 Giuda. 


Volgarmente è appiccato a questa 
chiesa il titolo di S. Simon Piccolo. 
Giovanni Scalfarotto nel 1718 architet- 


n 


dini 


— 186 — 


édifice fort élégant ; sa coupole est ma- 
gnifique et hardie ; sa facade nous pré- 
sente un vestibule d’ordre corinthien, 
dont le frontispice offre un bas-relief de 
Francois Penso dit Cabianca, représen- 
tant: — Ze martyre des. deux Saints, pa- 
trons de l’église. 

En. entrant, on, aperçoit le maitre- 
autel, orné d’un beau tabernacle; dans 
un cabinet adjacent à la sacristie, on 
trouve un lavabo de marbre, exécuté 
d’après les dessins de Thomas Teman- 
‘a, accompagné d’un bas-relief sculpté 
par Jean Marchiori qui s’y représenta 
lui-même dans un buste. 

_. Toujours sur la rive gauche du Grand- 
Canal, on trouve 


——( 


L'Eglise de Jesus. 


C'est là un édifice moderne, et d’un 


fort bon goût, bâti par A. Selva, et 


remarquable par l’harmonie et la sem- 
plicité architectonique, qui le caracté- 
risent. | 

Non-loin. de là s nto 


© E glise de Jaiut-budLe. 


Cette église se compose d’une seule 
nef; elle fut achevée au XVII. siècle. 


On y remarque. A droite on entrant, 
et sur l’autel latéral du choeur : + Saint 
Jérôme au désert —, qui offre les plus 
beaux nus de Paul Véronèse, et sur 
l’autel à gauche: — Saint Augustin et 
deux Anges +, de Paris Bordone. 

Ici finit le grand-canal, et à son ex- 
irémité à droite, commence 


tavala. Egli è un edificio molto elegan- 
te; e magnifica ed ardita è la sua cap- 
pella. La sua facciata mostra un vestibolo 
di ordine corintio , nel cui frontespi- 
zio havvi un basso rilievo di Francesco 
Penso, detto Cabianca, rappresentante + 
il martirio dei due santi titolari. 
Entrando in chiesa scorgi il maggioré 
altare adorno di un bel tabernacolo, ed 
in un gabinetto adjacente alla Sagrestia; 
unpurificatojo marmoreo pei Sacerdoti, 
disegnato da Tommaso Temanza, ac- 
compagnato da un basso rilievo scolpi- 
ta da Giovanni Marchiori che in un bu 
sto vi lasciava il proprio ritratto. | 
Dalla stessa ‘sponda sinistra del gran 
canale incontrasi 


i) 
ù 


La Chiesa del MOLLE di Gesù. } 


È questa opera moderna e di oltima 
gusto. Architettavala A. Selva che me- 
ritò gli encomii degli intelligenti, per 


l’armonia,, e per la semplicità architet+ 


tonica che mostra questo edificio, 
Poco dalla lunge 


La Chiesa di S. Andrea. 


Ella è formata di una sola nave, € 
fu ridotta allo stato in che presente 
mente si vede, nel corso dell’andato se- 
colo XVII, 

Ritrovasi di rimarchevole. A destra 
di chi'entra, e nell’ altare laterale al 
coro — S. Girolamo nel Deserto — il 
più: bel nudo di Paolo Veronese; e nell 
l’altare a sinistra — $S. Agostino e tre 
Angeli — di Paris Bordone. 

Quivi termina il gran canale alla cui 
destra estremità comincia À 


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— 187 — 


Le Pont du chemiw de fee. 


Gràce è ce chemin, une communica- 
tion rapide doit s’établir entre Venise 
et Milan ; elle a été appelée Ferdinan- 
dine du nom de l’empereur sous le rè- 
gne du quel elle a été entreprise. Un 
pont immense joindra bientôt Venise à 
la terre-ferme; on en jeta la première 
pierre le 25 avril 1841; il commence 
au bout du canal de Sainte Lucie, pré- 
cisément là où le grand-canal se jette 
dans la lagune, passe au sud de l’ile de 
Saint Seconil, et aboutit en ligne droite 
au continent près de Malgherra, s’éten- 
dant sur 122 arches, interrompues à in- 
tervalles par 5 grandes plates-formes et 
par 34 moins considérables; sa lon- 
gueur totale sera de 3596 mètres 18 
centimètres au-dessus de la ligne d’eau. 


Dans l’histoire entière, on ne sau- 
rait trouver rien de comparable à cet 
ouvrage gigantesque, si ce n’est la voie 
construite par les Romains pour unir 
l’ancienne Aquilée à l’ile de Grado; cette 
voie traversait quatre milles de mer, 
c’est-à-dire un mille de moins que le 
nouveau pont: ouvrage vraiment admi- 
rable et digne des Romains. Loup, duc 
du Frioul, se servit en 663 des moyens 
de passage que présentaient encore les 
ruines de celte voie romaine, pour sur- 
prendre et saccager Grado. 


SI Grau Poute pet la uuoyæ 


strada ferrata. 


Questa strada ferrata deve con rapi- 
da comunicazione congiungere Venezia 
a Milano, e fu onorata del titolo di Fer- 
dinandea perchè impresa sotto gli au- 
spicii di Ferdinando imperatore di pre- 
sente regnante. Un gran ponte unirà la 
metropoli veneta alla terraferma, del qua- 
le fu gettata la prima pietra il 25 A- 
prile 1841; esso ponte incomincia dal- 
la così detta Sacca di S. Lucia, appun- 
to colà dove il Canal grande mette in 
laguna, passa al sud dell’isola di San 
Secondo, ed in linea ‘retta afferra il 
continente vicino a Malghera, scorren- 
do sopra cento ventidue arcate, inter- 
polate da cinque grandi piazzette e da 
trentaquattro minori, per la lunghezza 
di tremila cinquecento novantasei me- 
tri, e diciotto centimetri sulle acque. 

Questo ponte non trova esempio in 
tutta quanta la storia, che nellà via co- 
strutta da’ Romani per congiungere l’an- 
tica Aquileja all’isola di Grado, la qua, 
le attraversava quattro miglia di ‘mare 
un miglio circa di manco che l’odierna 
impresa, unica veramente perciò, stu- 
penda e più che romana. Lupo duca del 
Friuli l’anno 663 giovavasi delle mace- 
rie di quella strada romana, per sor- 
prendere, e per saccheggiare co’ suoi ca- 
valieri Grado. | 


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SIXIEME VISITE. 


Une gondole est absolument nécessaire 


pour cette visite. 


Les curieux peuvent commencer cette 
visite par une excursion à l’île de la 
Giudecca , remarquable par plusieurs 
églises et autres édifices. Nous repro- 
duirons ici quelques notions sur celte 
île, puisées dans le savant ouvrage où 
le célèbre Flaminius Correr parle des 
églises vénitiennes. 

L’ile de la Giudecca, appelée ainsi 
aujourd’hui à cause du séjour, assez 
court au reste, qui firent jadis les Juifs 
(Giudei), se nommait autrefois Longue 
épine, nom qui lui venait de sa forme 
extrémement. allongée, alors plus en- 
core qu'aujourd'hui. En effet, ce n°est 
qu'au XIV siècle que cette île gagna du 
terrein dans le sens de la longueur, atten- 
du la cession que le gouvernement fit 
à ses propriétaires des marais voisins; 
de sorte que ces derniers purent alors 
agrandir l'ile et l’orner de jardins, de 
divers édifices et surtout de monastè- 
res, selon l’usage pieux de ce temps. On 
dit que, sous le dogat de Orso Parteci- 
pazio, le séjour de cette ile fut accordé 
par grâce aux Barbolani, aux Iscoli et 
aux. Selvi, (illustres familles long-temps 
bannies de Venise leur patrie), qui y 
élevèrent un grand nombre de chapel- 
les. Vers les derniers temps de la ré- 
ublique, la Giudecca servait aux Véni- 
üens de lieu de‘plaisancéet de promenade 


VISITA SESTA: 


Per fornir questa visita è necessaria la 


gondola. 


Il forestiere può dar principio a que- 
sta visita recandosi nell’ isola della Giu- 
decca, e ricercando le chiese e i monu- 
menti che l’adornano. Rispetto ad essa 
riferiremo alcune notizie, desunte dal- 
l’ eruditissima opera intorno alle venete 
chiese del celebre Flaminio Corner. 


L'isola della Giudecca oggi così detta, 
dalla non lunga dimora che anticamente 
fecero in essa i Giudei, chiamavasi Spi- 
nalunga, per la sua: estenzione in lun- 
ghezza, alla quale per niente corrispon- 
deva la larghezza, che d’ assai in quei 
tempi era minore di quello che sia di 
presente. Imperocchè verso i principii 
del. secolo: XIV. ella fu di molto dila- 
tala, per le concessioni fatte a’ privati 
delle annesse paludi, essendosene que- 
sti giovati pér aumentarla di edificii, di 
corti, e di monasteri singolarmente, se- 
condo l’usanza del tempo. Narrasi che 
regnante Orso Partecipazio fosse que- 
sl’ isola conceduta per grazia a tre no- 
bilissime famiglie dei Barbolani, Iscoli, 
e Selvi, richiamati dall’esilio, che lun- 
gamente li avea tenuti lontani dalla pa- 
tria, e che cotestoro edificassero in es- 
sa molti oratorii. A’ tempi ultimi della 
repubblica era la Giudecca ai Viniziani 
luogo di quotidiano passeggio e solaz- 
zo, qual sono al presente i pubblici 


= 400 


tel que le sont aujourd’hui les Jar- 
dins publics qui n’existaient pas 
alors. C’élait là que se donnaient ces 
joyeux repas, que se passaient ces fran- 
ches parties de plaisir que Gozzi et 
Goldoni ont si bien décrits, l’un dans 
ses spirituels ouvrages, l’autre dans ses 
immortelles comédies. Maintenant cette 
île ne présente plus le même tableau, 
si vivant, si agréable, qu’une seule fois 
dans l’année; le jour, ou pour mieux 
dire la nuit de la fête du Rédempteur. 

La première église que l’on trouve 
à l’est de cette île c’est 


giardini, che non fiorivano allora. Colà 
si vedevano i desinari, le cene festevoli 
e sociali, e tutte quante le allegrezze e 
giocondità,che quel divino ingegno di 
Gaspare Gozzi descrive ne” suoi scritti,. 
e nelle sue commedie Goldoni. Al dì 
d’oggì questo spettacolo non si pre- 
senta al forestiere, se non la notte del- 
la sagra del Redentore, spettacolo di una 
sol volta, ma invidiabile a chi lo vide. 

La prima chiesa che s'incontra dal 
levante di quest’ isola è 


D On 


L'Eglise dite des Jeuutes - filles. 


André Palladio bâtit cette église vers 
Pan 1586; la facade de cet édifice se 
compose de deux ordres corinthiens ; 
sa forme est octogone et fort élégante; 
plusieurs tableaux l’enrichissent, entre 
autres: — Jésus-Christ dans le Jardin 
des Olives —, ouvrage de J. Palma, pla- 
cé sur le premier autel à droite en 
entrant; sur celui à gauche: — La 
Vierge, Saint François et le Procurateur 
de Saint Marc Frédéric Contarini —, 
tableau de l’Aliense ; et sur le maitre- 
autel : — Za Présentation de la Sainte 
Vierge —, par François Bassano. 

On trouve adjacente à cette église 
une maison d’asile (orphanotrophe) de- 
stinée aux jeunes orphelines de famille 
noble ou bourgeoise. 


Non-loin de cette même église s’élè- 
ve une maison, dont une des murailles 
‘porte une inscription qui nous apprend 
que c’est là l’ancien siége de la fameu- 
se Académie Barbaro, et en même temps 
l'ancienne habitation de l’historien Nani. 


La Chiesa delle telle. 


Ergeva Andrea Palladio questa chie: 
sa verso l'anno 1586, colla facciata di 
due ordini corintii. L'edificio è di fis, 
gura ottagona e sommamente elegante 5 
è anche ricco di alcuni bei quadri e si 
notano fra essi i seguenti, Una pala di 
J. Palma rappresentante — Cristo nel- 
Porto — nell’ altare a destra di chi en- 
tra; ed in quello a sinistra un’altra pa- 
la dell’Aliense, in cui si ammira -- Za 
Vergine, S.T'ommaso e il Procurator Fede- 
rico Contarini. Nell’ altar maggiore poi 
Francesco Bassano dipingeva la -— Pre: 
sentazione di nostra Donna. — 

A questa chiesa è annesso 1’ orfano- 
trofio femminile, quivi istituito a suffra- 
gio delle povere fanciulle di nobile @ 
civile condizione. i 

Poco distante dal tempio suddetto 
Sorge una casa, sopra ‘una cui muraglia 
vedesi innestata ùn’iscrizione, dalla qua- 
le si conosce essere ivi stata 1’ antica 
sede della celebre Accademia Barbaro, 
non che l’ abitazione del ‘rinomato sto? 
rico Nani. ° 


— 191 — 


x 


En ‘continuant à parcourir le quai 
vers l’ouest, on rencontre 


Proseguendo la fondamenta verso po- 
nente incontrasi 


i ——mDCODCICqocre 


4 L'Eglise du A édeurpteur. 


- En 1575, la ville de Venise ayant été 
désolée par une peste horrible, le Sé- 
nat fit voeu d’élever un temple au Ré- 
dempteur des hommes dès que ce fléau 
cesserait ; et en effet, la peste ayant di- 
sparu en 1598, on jeta aussitôt, le 3 
mai de cette même année, les fonde. 
ments de l’église dont nous nous occu- 
pons présentement ; après une proces- 
sion solennelle et une messe célébrée 
dans l’église de Sainte-Croix, le doge 
Louis Mocenigo et le patriarche Jean 
Trévisan posèrent la première pierre de 
ce magnifique édifice, accompagnée de 
médailles sur les quelles étaient gravés 
ces mots:— ex pio solemnique voto Rei: 
publicae. 

Le fameux André Palladio fut chargé 
de tracer le plan de cette église, et il 
s’acquitta si heureusement de cette tà- 
che que l'édifice qu’il créa peut vrai- 
ment passer pour un chef-d'oeuvre de 
simplicité et de magnificencè; on ne 
saurait trop admirer non-plus l em- 
preinte réellement religieuse que l’ar- 
chitecte sut donner à toute cette égli- 
se; dès le premier abord, on sent qu’elle 
respire la majesté divine. Aussi la consi- 
dère-t-on comme le chef-d'oeuvre de Pal- 
ladio. Elle a la forme d’une croix latine; 
sa. facade, d’ordre composite, et accom. 
pagnée de deux ailes de style corin> 
thien, nous montre dans ses entre-co- 
lonnements: — Saint Marc et Saint 
François —, sculptés en marbre par Je- 
rôme Campagna. 

. À peine entré dans l’église, vous 


La Chiesa del Pedeutore. 


Nel 1575 essendo stata la città di Ve- 
nezia afflitta da pestilenzial morbo che 
inesorabile a migliaja vittime mieteva, 
il Senato faceva voto d’innalzare un 
tempio in onore del Nazareno, quando 
il male fosse cessato, e per lo fatto nel 
1578, appena ebbe cesso il contagio, si 
volle venire al compimento di quel voto; 
onde nel luogo ove sorge questo tem- 
pio; il giorno terzo di Maggio dell’an- 
no sopraddetto, dopo solennissima pro- 
cessione, e celebrata la messa nella chie- 
sa di S. Croce, il Doge Luigi Mocenigo 
ed il Patriarca Giovanni Trevisani po- 
sero la prima pietra con monete, sulle 
quali scolpito era il motto. £x pio so- 
lemnique voto Reipublicae. 

La commissione di erigere questo tem- 
pio fu. data al Palladio, il quale eresse 
un monumento che è ad un tempo mi- 
racolo di semplicità e di magnificenza, 
e massimamente ragguardevole per quel- 
l’intimo senso di devozione, che ispira 
nel visitatore non, piuttosto egli abbia 
messo il piede per entro. le sacre so: 
glie. È egli riputato il capo lavoro del- 
l’ insigne architetto. Forma una croce 
latina, e la facciata si leva sull’ordine 
composito, accompagnata da due ali co. 
rintie, mostrando fra gli intercolunni 
— S Marco; e S. Francesco — scolpiti 
in marmo da Girolamo Campagna. 


Entrando in chiesa, soprale due pile 
ed 


— 192 — 


trouverez au-dessus des deux bénitiers 
deux figures de bronze, représentant : 
— Saint Jean-Baptiste et le Rédempteur, 
coulées l’an 1610 par F. Terilli de 
Feltre, 

Sur le premier autel à droite en en- 
trant, on trouve un tableau de Fran- 
cois Bassano, représentant: — La Naus- 
sance de Jésus-Christ. — Sur le se- 
cond, on admire: —— Le Baptême de J. 
C. —, ‘ouvrage’ des conlinuateurs de 
Paul Véronèse» Sur:le troisième: — 
La Flagellation —, par J. Tintoret. 

Sur: le maitre-aulel, on : voit — un 
Crucifix et les deux statues de Saint Marc 
et de Saint François qui l’adorent —, 
magnifiques ouvrages en bronze de. Jé- 
rôme Campagna. L'autel même est une 
belle ‘création de Massa, exécutée en 
1679; ce monument appartient cepen- 
dant à l’époque de la décadence da 
bon goût. 

Sur. le premier autel, à gauche, est 
placé un tableau de Palma, représen- 
tant: — Une Descente de croix. — Sur 
le second: — La Résurrection —, par 
F. Bassano. Sur le troisième ; — 2° 4- 


scension —, par J. Tintoret. 


Dans la sacrislie, on admire trois ta- 
bleaux placés au-dessus des deux por- 
tes en face de celle par où l’on entre. 
S’ils appartiennent tous les trois à Jean 
Bellini, ce qui est douteux, surtout 
pour le troisième, ils sont remarquables 
dans l’histoire de l’art par les d'fféren- 
tes manières de l’auteur: Celui à droi- 
te, qui représente: — La Vierge, l'En- 
fant Jésus et deux Sainis —, est le plus 
animé et son style est fort large; ce- 
Jui du milieu, qui nous offre: — La 
Vierge, Jesus et deux anges —-, est un 
chet-d’oeuvre de diligence ; le troisiè- 


; , à 
per l’acqua santa, si ammirano due fi- 
gure di bronzo che sono — S. Giovan 


ni Battista ed il Redentore — fuse l’an- 


no 1610 da Francesco Terilli da Feltre. 


Sul primo altare, a destra di chi en- 
tra, splende Francesco Bassano in una 
pala che rappresenta — la Natività di 
Gesù Cristo. — Nel secondo altare am- 
mirasi — il Battesimo di INostro Signore 
— pala dipinta dagli eredi di Paolo Ve- 
ronese. — Nel secondo altare — la Fla- 
gellazione — di Jacopo Tintoretto. 

Nell’ altare maggiore poi si veggono 
— un Crocefisso e le due statue di San 
Francesco e di S. Marco che lo adorano 
- bei getti in bronzo di. Girolamo 
Campagna. Quest? allare è ricco lavoro 
del Massa, scolpito l’anno 1679, monu- 
mento però del decadente buon gusto. 


Nel primo altare a sinistra della chie- 
sa si conserva una pula di Jacopo Pal- 
ma che rappresenta. — Cristo deposto 
dalla Croce. — Nel secondo altare hav- 
vene un’altra di F. Bassano in cui ve- 
desi. — La Risurrezione. — Finalmen- 
te nel terzo altare trovasi — 2° Ascensione 
di Nostro Signore — pala di Jacopo 
Tintoretto. 

Nella Sacrestia splendono tre quadri, 
posti. sovra le due porte, in faccia a 
quella per la quale si entra, Se veramente 
appartengono a Gian Bellino tutte e tre, 
perchè del terzo si dubita, sono rag« 
guardevoli nella storia dell’ arte, giacchè 
mostranole differenti maniere dell’autore. 
Quello a destra che rappresenta —. Za 
Vergine col bambino e due santi — è:il 
più animato. e di uno stile assai largo. 
Quello:nel mezzo che mostri — La Wer- 
gine con Gesù e due Angeli — è opera 
insigne per accuratezza. Il terzo offre 
— La Vèrgine col bambino e due Santi. 


— 195 — 


me nous montre: — La Vierge, l’'En- 
fani Jésus et deux Saintes. 

Mais avant de quitter cette ile, nous 
ne saurions oublir de mentionner le 
séjour qu'y fit 
P 


Ce Michel, Ange véritable. 


Mais laissons parler le célèbre Varchi, 
historien contemporain : « Michel-Ange 
» Buonarotti, dit-il, quitta Florence en 
» 1529 lorsqu'il pressentit que la puis- 
» sance des Médicis allait s’appesantir 
» sur cette ville, et se rendit à Veni- 
» se. Là afin d'échapper aux visites et 
» aux compliments dont il fut toujours 
» l’ennemi juré, et de pouvoir vivre 
» à sa guise, il se retira sans bruit 
» dans l’île de la Giudecca, mais l’ar- 
» rivée d’un si grand homme ne pou- 
» vant demeurer inconnue, la seigneu- 
» rie de Venise lui envoya deux de ses 
» premiers gentilhommes pour le com- 
» plimenter en son nom, et lui offrir 
» tout ce qui pourrait être agréable à 
» lui ou à ceux qui l’accompagnaient ; 
» acte qui prouve tout-à-la-fois la gran- 
» deur de Michel-Ange et celle de l’e- 
» stime que ces hauts seigneurs avaient 
» pour le génie. » 

Vis-à-vis de l’ile de la Giudecca s’é- 
iend le qua! des Zattere, qui fait par- 
lie de la ville, et où l’on rencontre les 


ES 


édifices suivants. 


Non è da lasciare quest’isola, innanzi 
di aver fatto cenno del breve soggior- 
no onde la illustrava 


Michel più che immortal Angel divino. 


Riferiremo le parole del Varchi sto- 
rico contemporaneo. « Michel Angelo 
» Buonarrotti , così dice, abbandonava 
» nel 1529 Firenze, presentendo che sa- 
» rebbe stata in breve sotto la podestà 
» dei Medici, e si veniva a Venezia, ove 
» per fuggire le visite e le cerimonie 
» delle quali egli era nimicissimo, per 
» vivere solitario secondo l’usanza sua 
» e rimoto delle conversazioni, si ritirò 
» piamente alla Giudeca dove la Si- 
» gnoria, non si potendo celare la ve- 
» nuta di un tal uomo in tanta città, 
» mandò due dei primi gentiluomini 
» suoi a visitarlo in nome di lei ad of- 
» ferirgli amorevolmente tutte quelle 
» cose le quali o a lui proprio, o ad 
» alcuno di sua compagnia bisognasse- 
» ro; alto che dimostra la grandezza 
» così della virtù di Michel Angelo 
» come dell’ amor di quei magnificii e 
» e chiarissimi signori alla virtù. 

Rimpetto all’isola della Giudeca sten- 
desi la fondamenta chiamata delle Zat- 
tere che è parte della città e sulla quale 
a prima giunta s'incontrano 1 seguen- 
ti edifrcii. 


art cs 


Caserne dite des Iucuvables. 


Cet édifice servait autrefois de local 
à un hospice des Incurables, auquel 
était joint un orphanotrophe (maison 
d’asile ) pour les personnes du sexe. 


La Caserma della degli Jucutabilr. 


Era questo in antico un’ ospedale che 
appunto chiamavasi degli Incurabili ed 
era desso destinato a que’tempi ad orfa- 
notrofio femminile. Le fanciulle ivi rac- 

25 


ne JO 


Les jeunes-filles qu’on y recevait, ap- 
prenaient la musique ; si bien que pour 
rendre plus harmonieuse l’église placée 
au centre de cet édifice, on lui avait 
donné une forme ovale. Les plans de 
ces divers bâtiments furent tracés par 
Antoine Da-Ponte. | 


En continuant à parcourir le quai 
des Zattere, après avoir passé le pont 
de la Calcina, on trouve près de la mai- 
son portant le numéro 997, celle qui, 
d’après une inscription gravée sur le 
mur, appartint au célèbre Apostolo Ze- 
no, poète, critique, philologue, etc., qui 
a vraiment bien mérité des lettres et 
de sa patrie. 


colte si istruivano nella musica onde! 
la chiesa che sorgeva nel centro di que- 
sto edificio era stata appositamente e- 
retta in forma ovale lo che molto con- 
tribuiva alla di lei armonia. Di ciò tutto’ 
ebbe la direzione 1’ architetto Antonio 
Daponte che ne disegnò la porta prin- 
cipale. 

Continuando il cammino per le Zat- 
tere incontrasi il ponte detto della Cal- 
cina varcato il quale dopo alcuni passi 
e vicino alla casa segnata del numero’ 
997 incontrasi quella che secondo un 
iscrizione incassata nel muro*apparten- 
ne al celebre Apostolo Zeno; poeta an- 
tico filologo numismatico ec. Uomo egli 
fa benemerito alle lettere, alla patria, ed 
alle più care, ed utili virtù pubbliche, 


e private. 
Plus loin encore, on rencontre Proseguendo ancora innanzi giungesi 
alla 


L'Eglise de S.te Maio du Mosaice. 


Cette église s’appelle communément 
des Gesuati; elle eut pour architecte Geor- 
ges Massari ; sa facade est d’ordre com- 
posite; son intérieur orné d’une infi- 
nité de statues et de bas-reliefs scul- 
piés par Marie Morlaiter, d’un tableau 
de Jacques Tintoret représentant: — 
Jésus-Christ crucifié et les deux Maries 
—, placé sur le premier autel à l’issue 
du choeur, et enfin d’un précieux ta- 
bernacle, appartenant au maitre-autel, 
soutenu par des colonnes de lapislaz- 
zuli d’une grandeur remarquable. 

Près de celte église s’élève un or- 
phanotrophe qui fut jadis l’ancienne égli- 
se des Gesuati, et où l’on voit une por- 
ie fort élégante, enrichie de plusieurs 
ornements dans le style des Lombards. 


Ohiesa db S. OTO. del Mosazio. 


Volgarmente appellasi questo tempia 
dei Gesuati; architettavalo Giorgio Mas- 
sari ornandolo di una facciata di ordine 
composito. Dentro è ricco di molte sta- 
tue bassi rilievi e sculture di Gian Ma- 
ria Morlaiter; di una pala di Jacopo 
Tintoretto rappresentante — il Croce- 
fisso e le Marie — posta nel primo al- 


‘tare all’uscir del coro; e finalmente di 


un hello e prezioso tabernacolo che è 
nell’ altar maggiore sostenuto da colon- 
ne di lapislazzuli di considerabile di- 
mensione. 

Vicino a questa chiesa vi ha un’ or- 
fanotrofio che fu l'antica chiesa dei Ge- 
suati in cui si nota un elegantissima 
porta con molti ornamenti dello stile dei 
Lombardi, 


— 195 — 


‘En continuant à longer le quai des 
Zattere, on trouve le canal de San 


Trovaso qui tire son nom de l’église 


qui s'élève sur ses bords et qui s’ap- 
pelle proprement 


Eglise de S. Getoais et de S. Probass. 


Cette église fut bâtie au XVI. siècle 
par un architecte inconnu, que lon 
croit cependant avoir appartenu à l’é- 
cole de Palladio. La facade se compose 
de deux ordres corinthiens. Entré dans 
l’église, on trouve sur le second autel 
à droite un tableau ancien dans le sty- 
le du XIV siècle, ‘d’un auteur incon- 
nu, qui représente: — Saint Chryso- 
logue à cheval —, sur un champ d’or. 

Sur le quatrième autel est placé un 
tableau de J. Palma qui représente: — 
L’Annonciation —; le devant de cet 
autel est orné de bas-reliefs en mar- 
bre avec des figures qui se détachent 
du fond, et qui représentent: — Des 
Enfants et la Croix —; ils sont l’ou- 
vrage d’un artiste inconnu du XV, 
siècle. 

Vis-à-vis de cet autel, on en voit un 
‘ autre fort élégant, orné d’un tableau 
.de J. Tintoret, représentant: — Jé- 
sus-Christ crucifié et les deux Marie. 

La grand’chapelle possède deux ta- 
bleaux , dans la composition desquels 
Sébastien Massoni fut aidé par le 
Bambini; ils nous offrent, le pre- 
mier: — Le Massacre des Innocents; — 
le second: — le Del uge universel. — Le 
riche et majestueux autel de cette cha- 
pelle est orné d’un tableau de Georges 
Lazzarini, qui représente; — Les Saints, 
patrons de l'église. 


Tirando innanzi per le Zattere en. 
trasi nel rivo detto di S. Trovaso dalla 
chiesa che sulle sue sponde ritrovasi la 
quale anpellasi italianamente. 


Obiesa del SS. Gervaso e Protasio. 


Ergevala nel secolo XVI. un’ignoto 
architetto che stimasi però appartenente 
alla scuola Palladiana. La facciata è in 
due ‘ordini corintii. Entrando in chiesa 
nel secondo altare a destra vedesi un’ an- 
tica tavola della maniera del secolo XIV. 
ma d’ ignoto autore che rappresenta — 
S. Grisogono a cavallo — in campo do- 


rato. 


Nel quarto altare è una pala di Jacopo 
Palma colla — Vergine Annunziata. — Il * 
parapetto di questo altare è coperto di 
finissimi bassi rilievi in marmo con fi- 
gure rilevate dal fondo ad angoli rien- 
tranti a squadra che ti offre. — Puttini 
e la Croce. — lavoro di sconosciuto .au- 
tore del secolo XV. 


Rimpetto al suddetto altare v’ha un’al- 
tro altare. elegante la cui pala di Do- 
menico Tintoretto rappresenta — 17 Cro- 
cefisso e le Marie. — 

La maggior cappella ha due quadri 
di Sebastiano Massoni che fu assistito dal 
Bambini cioè — la strage degl Inno, 
centi, e il Diluvio universale. — Il ric- 
co e maestoso altare ha una pala di 
Gregorio Lazzarini che ti offre — i Sari: 
ti titolari in gloria, 


= 1406 Leu 


© Dans la chapelle à gauche de la prin- 
cipale, on admire un bon tableau de J. 
Tintoret qui représente: = Saint Antoi- 
ne Abbé. 


Dans la chapelle à gauche de la pré- 
cédente, existe un viche et élégant au- 
tel, orné de sculptures dans le style 
des Lombards, et d’un tableau attribué 
à Jean Bellini, qui représente: — La 
Sainte Vierge et l'Enfant Jésus — ; sur 
les murs de cette même chapelle, on 
voits — Le lavement des pieds — et 
la Cène — ; le second de ces tableaux 
est incontestablement l’ouvrage de J. 
Tintoret, mais le premier ne saurait lui 
être attribué avec la même certitude. 

Après avoir dépassé la chaire, qui 
est en marbre et fort ornée, on trouve 
une chapelle qui possède: — Za nais- 
sance de la Sainte Vierge —, tableau 
de Palma ; le tableau de la chapelle 
suivante, qui représente: — La Vier- 
ge, Saint Jean-Baptiste, Saint Marc et 
plusieurs autres Saints =, est égale- 
ment l’ouvrage de Palma. 

En reprenant, après avoir visité cel- 
te église, le canal de la Giudecca, on 
rencontre sur le quai des Zattere le pa- 
lais Justiniani, fameux par une galerie 
de tableaux qui possède entr’autres — 
Le Ganimède — du Padoanino, par une 
collection de sculptures et de médail- 
les grecques, et par une bibliothèque 
nombreuse de manuscrits nationaux. 
Ensuite on peut visHer 


Nella Cappella, presso la maggiore a 
sinistra di chi guarda, oltre un’altare 
di buon gusto, vedesi una pregiata ope- 
ra di J. Tintoretto che è una pala in 
cui si raffigura. — S. Antonio Abate.— 

Nella Cappella del Sagramento ci ha 
un ricco ed elegante altare bello di 
sculture dello stile dei lombardi. Sovr’es- 
so — la Vergine e il fanciullo Gesù. — 
quadro attribuito a Giovanni Bellini. 
Nelle pareti poi dell’altare medesimo 
— la lavanda ai piedi, e la cena di 
Gesù Cristo — quadri di J. Tintoretto 
quantunque corra dubbio sul primo. 


Dopo il pulpito ricco di marmi e di 
fregi incontrasi una cappella in cui ve- 
desi — la Natività di Maria — di J. 
Palma, al quale appartiene eziandio la 
pala della seguente che mostra — la 
Madonna S. Giovanni Battista, S. Mar- 
co, ed altri Santi, -— 


Rimettendosi dopo aver visitato que- 
sta chiesa nel canal della Giudeca in- 
contrasi sulle Zattere il palazzo Giu- 
stiniani famoso per una gallerìa di qua- 
dri, fra quali splende il Ganimede del 
Padoanino, per una collezione di gre- 
che sculture e medaglie, e per una bi- 
blioteca abbondante di ‘codici patrii. 
Quindi sì può visitare. 


in ” 


D L'Eglise de Saint-Sébastien. 


Cette église, qui fut aussi un mo- 
nastère jadis, dut son origine au B. 


La chiesa di $. Sebastiano. 


Questa chiesa che un tempo fu an: 
che Monastero ebbe origine nel 1405 


Pierre Gambacurta de Pise, fondateur | per opera del B. Pietro Gambacurta di 


— 197 — 


de la Congrégation des solitaires de 
Saint- Jérôme, et à Frère Ange Da 
Corsia du troisième ordre de S. Fran- 
cois, lan 1405. Les disciples du B. 
Pierre obtinrent des Chanoines de la 
basilique de Saint Latran à Rome la 
permission de bâtir une chapelle qu'ils 
dédièrent à Sainte Marie pleine de grâ- 
ces. Long-temps après, des contesta- 
tions s'étant élevées entr’eux et la pa- 
roisse, le pape Calixte III, par un bref 
du 28 août 1455, leur accorda pleine per- 
mission d'élever une église’ consacrée 
à Saint Sébastien. Cet édifice fut re- 
stauré en 1506 par Sébastien Serlio. 
On croit que sa façade fut construite 
en 1548 par Sansovino; elle se compo- 
se de deux ordres corinthiens. 


Cette église renferme de précieux 
tableaux, et — Saint Ni- 
colas —, par le Titien, tableau placé 
sur l’autel du parvis, à droite en en- 


ntr’autres: 


trant. 

Dans la première chapelle, on trou- 
ve: — La Sainte Vierge et l'Enfant Jé- 
sus —, petit tableau. du Véronèse. 

Dans la seconde: — Une statue de 
la Sainte Vierge avec l’enfant Jésus et S: 
Jean-Baptiste —; ouvrage achevé de 
Thomas Lombard, disciple de Sanso- 
vino. 

Dans la troisième: — Jésus crucifié 
et les Marie —, tableau peint par Paul 
Véronèse en 1565. i 

Vient ensuite le mausolée de Livius 
Podacatoro, archevêque de Chypre, 
mort en 1555; c’est l’ouvrage de San- 
sovino. 

Dans la chapelle à droite de la prin- 
cipale, on admire: — La Sainte Vier- 
ge, Saint Jérôme et Saint Charles —, ta- 
bleau de Jacques Palma. On voit sur 


les murs latéraux: — Quelques traits’ 


de la vie de Saint Charles Borromée — 


Pisa fondatore della. congregazione dei 
romiti di San Girolamo, e di Frate 
Angelo Da Corsia del terzo ordine di 
San Francesco. I seguaci del B. Pie- 
tro ottenero dai Canonici della Basilica 
Laterana di Roma licenza di fabbricare 
un oralorio che intitolarono a S. Ma- 
ria piena di Grazie, e di Misericordia. 
Molti anni appresso finalmente, insorte 
liti con Ja Parrocchia; Papa Calisto III, 
con breve dato il di 28 agosto dell’ an: 
no 1455 concedeva ampia licenza che 
fosse fabbricata una pubblica chiesa in 
onore di S. Sebastiano della quale fu 
l’anno 1506 concessa la ristaurazione 
a Sebastiano Serlio. La facciata poi cre- 
desi eretta del 1548, seconda che si vede 
1e due ordini corintii, per opera del 
Sansovino. 

D’assai belli ed illustri quadri si tro- 
vano in questa chiesa, e innanzi trat- 
to — Un S. Nicolò — del Tiziano che 
è nell’altar del vestibolo a destra di 
chi entra. 

Quindi nella prima cappella. — Una 
Vergine col bambino — quadretto del 
Veronese. E 

Nella seconda cappella poi ci ha una 
statua — di Maria Vergine col Bambi- 
no ed il Battista — lavoro finissimo di 
Tommaso Lombardo discepolo del San- 
sovino. 

Nella terza cappella vedesi. — Un 
Cristo in croce colle Marie — pala di 
Paolo Veronese del 1565. 

Seguita il mausoleo di Livio Poda- 
cataro, arcivescovo di Cipro morto l’an- 
no 1555, lavoro del Sansovino. 


Nella cappella a destra della maggio- 
re ammirasi — la Madonna S. Girola- 
mo € S. Carlo — pala diJ. Palma. — e 
nelle pareti si veggono — Ze azioni di 
S, Carlo Borromeo, e di San Girolamo 
— dipinto da Andrea Vicentino. 


2. HO sa 


et de— celle de Saint-Jérôme —, peints , 


par André Vicentin. 

Dans la grand’chapelle, on trouve les 
tableaux suivants de Paul Véronèse: — 
Le martyre de Saint Sebastien —, placé 
sur Je maître - autel ; — Ze même su- 
jet —, et Saint Sébastien exhoriant au 
martyre Marc et Marcellin. 

Dans la chapelle à gauche de celle- 
ci, on trouve: — Six traits de la vie 
de la Sainte Vierge —, peints par In- 
goli, et — Ye buste du grand Véronèse 
—, sculpté par Camille Bozzetti. On y 
voit aussi la tombe de ce grand peintre 
avec une inscription qui indique la da- 
te de sa mort ( 19 mai 1588). 

L’orgue fut exécuté d’après les des- 
sins du même Véronèse (qui en pei- 
guit également la partie anlérieure et 
les portes) et sculpté par Vittoria. 
en 1560, 

La porte, placée au-dessous de l’or- 
gue, conduit à la sacristie, dont le pla- 
fond fat peint par Paul Véronèse, d’a- 
près sa première manière, Van 1555; 
quant aux enfants que l’on voit dans 
les quatre ovales, on les attribue à 
quelqu'un de ses disciples. On admire 
sur les murs: — La naissance de Jésus- 
Christ —, par Baptiste de Vérone ; — 
Echelle de Jacob —, par Boniface; — 
Jonas sortant du ventre de la baleine — 
et — la Résurrection —, ouvrages du 
même auteur, énfin — Le châtiment 
des serpents —; que l’on attribue à Jac- 
ques Tintoret. Dans l’intervalle entre 
les deux fenètres, on voit: — Jesus 
Christ crucifié er deux Saints à côte de 
lui —, tableau que l’on croit être l’ou- 
vrage de Raphaël de Vérone. Sur le 
mur en face de ces deux fenêtres, sont 
placés: — Le Baptême de J. C. — le 
Sacrifice d'Abraham —- et — J. C. dans 
de Jardin des Olives =; tableaux attri- 
bués à Boniface. 


Nella cappella maggiore hannovi di 
P. Veronese la pala dell’altare col — 
martirio di S. Sebastiano — un secondo 
martirio de llo stesso Santo, — e final- 
mente — 1} Santo medesimo che confor- 
ta al martirio Marco e Marcellino. 

Nella cappella a sinistra della mag- 
giore sonvi — Sei storie di Maria — 
dipinte dall’ Ingoli — ed il busto del 
gran 
Bozzetti. Vi si vede anche la tomba di 


Veronese — sculto da Camillo 


lui con l'iscrizione che ne indica la 
morte accaduta il 19 di maggio dell’an- 
no 1588. 

L'organo è disegno di P. Veronese 
il quale dipinse ben anco il parapetto 
e le porticelle, e fu sculto dal Vittoria 
con la data dell’anno 1560. 


Per la porta sottoposta all’ organo si 
passa nella Sagrestia il cui soffitto mo- 
stra la prima maniera di P. Veronese 
che tutto lo dipinse l’anno 1555 tran- 
ne i putti che si veggono nei quattro 
ovali, e che si attribuiscono ad un qual- 
che suo discepolo. Nelle pareti si am- 
mirano — la Natività di G. C. — di 
Battista da Verona — la scala di Gia- 
cobbe — ‘del Bonifacio. — Jonas che 
esce dalla balena, e la Risurrezione — 
ambedue dello stesso; finalmente — 22 
castigo dei serpentt — creduto di Jaco, 
po Tintoretto. Tra le finestre — 2 
Crocefisso, e due Santi laterali — cre- 
duti di Raffaello da Verona. Nella pa- 
rete poi in faccia alle‘ due finestre me- 
desime si trovano — i/ Battesimo. di 
G. C., il Sagrifizio di Abramo; e Cristo 
nell'orto + attribuiti tutti al Bonifacio, 


"1 sii 


De la sacrislie, on peut monter dans 
les galeries du choeur dont les murs 
sont couverts de fresques d’après la pre- 
mière manière du Véronèse. On voit à 
ses angles quatre statues en stuc de Jé- 
rome Campagna, portant la date de 1582. 

Retourné dans l’église, et tournant 
à droite de l’orgue, on rencontre d’a- 
‘bord un autel orné de marbres précieux 
et d’un tableau représentant — Ze Christ 
portant sa croix —, un peu endomma- 
gé, mais d’un fort bon style. De cha- 
que côté, on voit: — Saint Marc —, 
Saint | Antoine —, et — un buste de 
Marc Antoine Grimani —; ces statues 
ainsi que leur niche sont l’ouvrage de 
Vittoria, et leur date remonte à l’an 1564. 


La chapelle suivante possède: — Ze 
Baptéme de J. C. —, tableau peint par 
Paul Véronèse en 1565. Le vestibule 
offre ‘une petite chapelle et une belle 
mosaique, ouvrage d’Arminius Zuccato 
Conversion de Saint 
en 1588. 

Le plafond de l’église est partagé 
en trois compartiments, peints par Paul 


représentant — /a 
Paul —, et achevé 


Véronèse et restaurés récemment, qui 
représentent: — L'histoire d'Esther. 

De cette église, le chemin est court 
jusqu’à la suivante 


Eqlue de l'ebuge Raphael. 


Cette église ne fut d’abord qu’un o- 
Yaloire appartenant aux religieuses de 
Saint Zacharie et que leur avait légué 
une certaine Adrienne qui l'avait fait 
élever, à l’époque où les îles de Veni- 
se commencèrent à se peupler, afin 
d'accomplir un voeu qu’elle avait fait à 


Dalla Sagrestia si sale al coro, ed alle 
sue gallerie le cui muraglie sono co- 
perte di affreschi della prima maniera 
del Veronese. Agli angoli di esso stan- 
no quattro stalue di stucco di Girolamo 
Campagna con la data del 1582. 

Ritornando in chiesa, e girando a de- 
stra dell’ organo il primo altare si chetro- 
va è adorno di marmi preziosi. Su que- 
sto v'ha — un Cristo che porta la croce — 
tavola di buona mano della scuola ve-. 
neta quantunque alquanto guasta. Ai la- 
ti dell’altare si veggono — un $S. Mar- 
co e un S. Antonio — non che un busto 
di. Marcantonio Grimani, le quali scul- 
ture tutte con la nicchia che sta loro di- 
rimpetto appartengono al Vittoria, ed 
hanno la data dell’anno 1564. 

La cappella seguente mostra. — #2 
Battesimo di G. C. — pregiata tavola 
dipinta da Paolo Veronese l’anno 1565. 
Il vestibolo poi ha una cappellina con un 
bel mosaico opera di Arminio Zuccato 
che raffigura — Za conversione di S. Pao- 
lo — compiuto l’anno 1588. 

Il soffitto della chiesa è distinto in 
tre comparti, preziosi lavori .di Paolo 
Veronese testè ristaurati nci quali espo- 
se — la Sioria di Ester. 

Da questa chiesa è vicino il tragitto 
alla 


Chiesa dell! Sougelo Raffaele 


Questa chiesa fu sulle prime un ora- 
torio che appartenne alle monache di S. 
Zaccaria Jasciato loro per testamento da 
certa Adriana che fatto l’avea fabbrica- 
re per compiere un voto all’ Angelo 
Raffaele nel tempo che incominciavano a 
fiorire le isole di Venezia. Arso qualche 


— 200 — 


l’ange Raphaël. Dét ruité peu de temps 
après par un incendie, celte chapelle 
fut rebâtie l’an 809 par les Candian, et 
enfin en 1688, l’architecte Francois Con- 
tini lagrandit et l’embellit de facon à 
en faire la belle église que nous admi- 
rons aujourd’hui. On y remarque en- 
ir'autres objets d’art précieux: sur le 
premier autel à droite en entrant — 
la Vierge et quelques Saints —, par A. 
Vicentino ; dans la chapelle à droite de 
la principale — La Cene —, tableau du 
Boniface; dans fa grand’chapelle — Le 
chätiment des serpents —, par l’Aliense 
et — le Centurion devant J. C. —, par 
Alois Dal Friso; enfin, dans la chapelle 
à gauche de la principale — Suint Fran- 
çois —, par J. Palma. | 

Non-loin de cette église, on trouve 
celle de Saint Nicolas. 


tempo dopo fu rifabbricato l’anno 809 
dai Candiani; e finalmente l’anno 1688 
coll’opera dell’architetto Francesco Con- 
tini fu ridotta allo stato presente di bella 
e nobile chiesa, nella quale son degni 
di nota, una pala con — la Vergine in 
gloria, e alcuni santi — di Andrea Vi- 
centino e che è nel primo altare a destra 
di chi entra; — Za cena di G. C. — 
quadro del Bonifacio nella cappella a de- 
stra della maggiore — il castigo dei 
serpenti -— quadro dell’Aliense ed il —: 
Centurione d’innanzi a Cristo — di Alvise : 
Dal Friso, ambidue nella cappella mag- 
giore. Per ultimo poi nella cappella sini- 
stra alla suddetta maggiore — S. Fran- 
cesco — pala di Jacopo Palma. 


Visitato questo tempio si passi alla 


non molto lungi 


Eglise de Saut Ji coas. 


On dit que cette église a été con- 
struite par Zancaruoli, passé de la Grè- 
ce en Italie, et, ce qui est plus incon- 
testable, qu’elle est d’une antiquité fort 
reculée, ayant été bâtie tout de suite 
après Saint Jacques de Rialto. 

Dans la nef du milieu, on admire six 
colonnes d’un marbre précieux et d’un 
travail exquis qui, disposées d’une fa- 
con fort singulière, séparent le choeur 


du reste de l’église. Le plafond de ce: 


choeur, peint par Charlot Cagliari, re- 
présente: — Saint Nicolas transporié au 
ciel par des anges. Le même  peintre 
et J. Palma peignirent — divers traits 
de la vie de ce Saint --.en deux tableaux 
placés à gauche de la corniche qui fait 
ta- 


le tour du choeur. Deux autres 


Cchiesx di S. Vicolo. 


E° fama fosse edificato questo tempio 
dai Zancaruoli venuti dalla Grecia ed è 
certo antichissima siccome quella che fu 
edificata seconda dopo il S. Jacopo di 
Rialto, 


Nella navata di mezzo alla chiesa sono 
sei colonne di marmo prezioso e di fi- 
nissimo lavoro, le quali poste in guisa 
singolare dividono la chiesa dal presbi- 
terio. Il soffitto di esso presbiterio è 
dipinto da Carletto Caliari il quale vi 
rappresentava. — S. /Vicolò sollevato al 
cielo dagli Angeli. — Dello stesso arti- 
sta non che del Palma sono — diversi 
fatti del Santo medesimo, — espressi in 
due quadri posti alla sinistra della cor- 1 
nice che ricinge esso presbiterio, Altri 


—.201 — 


bleaux; appartenant à l’école de Paul 
Véronèse, placés à droite, représentent 
— le même sujet. — 

Dans la troisième chapelle à droite en 
entrant, on remarque un élégant autel, 
orné de quatre colonnes d’un marbre- 
stalactite appelé goutte de Corfou, et fort 
estimé. | 

Dans la chapelle à droite du grand 
autel, on trouve deux tableaux de Pier- 
re Malombra, représentant: l’un — La 
naissance de Saint Nicolas —; l’autre — 

un de ses miracles —; et deux autres 
tableaux d'André Vicentin, représen- 
tant: — d’autres miracles du même Saint. 

Dans la chapelle à gauche du grand 
autel, existe un autel de marbre pré- 
cieux et une plaque également en mar- 
bre sculpté, tous deux ouvrages esti- 
més, et du style des Lombard. Alois 
Dal Friso peignit. sur la voûte: — Le 
Père Eternel, quelques Anges et les qua- 
tre Evangélistes. — Et au plafond, au- 
dessus de la porte latérale, on voit quel- 
ques ovales de petite dimension, peints 
par André Schiavone. 

La partie antérieure de l’orgue est 
divisée en trois compartiments où Char- 
lot Cagliari peignit: — quelques mi- 
racles de Sainte-Marthe. — 

Sur la corniche de la nef du milieu, 
on aperçoit 12 tableaux, dont six à 
droite, ce sont: — La Résurrection —, 
de Palma; — J. C. mort —, par Alois 
Dal Friso; — le Crucifiement —, la 
Flagellation —, la Présentation —, et 
— Sainte Veronique — par le Véronè- 

se; et six à gauche, ce. sont: — Za 
naissance — de J. C. —, la Visite des 
Rois Mages —, La Circoncision —, le 
Baptême —L’oraison dans le jardins des 
olives— et — la Capture de J. C.— par 
Dal Friso. 

Le plafond de cette église est  par- 
lagé en {rois compartiments. Dans ce- 


due quadri appartenenti ambidue alla : 
scuola di Paolo posti alla destra rap- 
presentano — e Azioni del Santo. — 

Nella terza cappella a destra di chi: 
entra in chiesa ammirasi un’ altare ele- 
gante adorno di quattro colonne di un 
marmo stalattitico chiamato goccia di 
Corfù, e sommamente pregiate. 

Nella cappella a destra dell’ altar mag- 
giore sono due quadri di Pietro Ma- 
lombra uno de’ quali rappresenta. — 
La natività di San Nicolò — l° altro — 
Un di lui miracolo. — Andrea Vicenti- 
no poi aggiungeva due dipinti ne’ quali 
si veggono — Altri miracoli del Santo. 

Nella cappella a sinistra dell’ altar 
maggiore vi ha un’altare di finissimo 
marmo ed una tavola scolpita pure di 
marmo, pregiati lavori ambedue dello 
stile dei Lombardi. Nella volta Alvise dal 
Friso pose — 17 Padre eterno, alcuni An- 
geli e gli Evangelisti. È nel soffitto sulla 
vicina porta laterale si trovano alcuni 
piccoli ovali di Andrea Schiavone. 


Il parapetto dell’organo è distinto in 
tre comparti ne’ quali Carletto Cagliari 
rappresentava — Alcuni miracoli di San- 
ta Marta. — 

Nella cornice della navata di mezzo 
sono ordinati dodici quadri. Sei a de- 
stra, che sono — la Rissurrezione — 
del Palma — Cristo morto — di Alvise 
Dal Friso — La Crocifissione — poi — 
la Flagellazione — la Presentazione ad 
Erode — e Santa Veronica — vennero 
eseguiti dal Veronese. A sinistra altri sei 
quadri corrispondono a questi, e sono 
— La Natività — La visita dei Magi 
— La Circoncisione — Il Battesimo — 
L’orazione all’orto — La cattura di G. 
C. — tutti di Alvise Dal Friso, 

Il soffitto della chiesa è distinto in 
tre comparti. In quello di mezzo splen- 

26 


— 202 — 


lui du milieu, on voit: — Saint Nico- 
las —, peint par Francois Montemez- 
zano; dans les deux autres — plusieurs 
traits de la vie de ce Saint —, par Léo- 
nard Corona. 

Cette église renferme d’ailleurs plu- 
sieurs autres peintures estimables que 
nous n’avons pas indiquées ici, 


de. — San Niccolò in gloria — dipinto 
di Francesco Montemezzano. Negli altri 
due Leonardo Corona raffisurò == Pa- 
recchie azioni del Santo. — 

Oltre le descritte fin qui si trovano 
in questa chiesa diverse altre buone 
pitture. : 


Eglise de Sarnte-VMarie-du-Catmel. 


Cette église était placée autrefois 
sous l’invocation de la Vierge de l’An- 
nonciation; mais en 1325, le patricien 
Jean Zancaruolo, revenant d'Orient, 
conduisit à Venise quatre religieux du 
Carmel, et les établit dans cette église 
que l’on agrandit considérablement par 
la suite, ainsi que le monastère qui y 
était uni. 


Sur le premier autel, à droite, en en- 
trant, on trouve un tableau de J, Tin- 
toret représentant: — £a Présentation 
de l'Enfant Jésus au Temple —, dans 
le style du Schiavone. 

Sur letroisième autel du même côté 
existe un bel ouvrage de Cima de Co- 
negliano: — la Naissance de J. C. — 


Sur le quatrième autel : — La Vier- 


ge du Carmel adorée par les Anges —, 
tableau peint par Pace Pace en 1692, 


Le premier autel à gauche possède: 
— Saint Libéral —, tableau d’André 
Vicentin, et un autre célèbre de Va- 
rottari, représentant: — le même Saint 
demandant grâce pour un condamné à 
mort. — 


Sur le second auicl, toujours du mé- 


t 
4 


Chicsa d 9. Maia del Carmine. 


Anticamente questa chiesa era inti- 
tolata l’Annunziata ; ma l’anno 1325 ri- 
tornando dal viaggio di Oriente il pa- 
trizio Giovanni Zancaruolo conducea 
seco a Venezia quattro religiosi Carme- 
litani e li collocava in questa chiesa la 
quale venne in progresso di tempo am- 
pliata dalla pubblica, € privata pietà 
siccome pure ampliato il monastero che 
vi era un tempo e di molto abbellito. 

Nel primo altare a destra di chi en- 
tra fu posto una pala di J. Tintoretto 
nella quale è dipinta — la Presentazio- 
ne del bambino Gesù — secondo lo stile 
dello Schiavone. . 

Nel terzo altare dalla parte medesima 
è un bel lavoro del Gima di Coneglia- 
no vale a dire — la Natività di N. S. 
Gesù Cristo. — 

Nel quarto altare un quadro di Pace 
Pace dato del 1692 rappresentante -— 
La Madonna del Carmelo venerata dagli’ 
Angeli. — 

Il primo altare a sinistra ha una pa- 
la di Andrea Vicentino con — San Li- 
berale —. ed ivi presso un’opera insi- 
gne del Varottari nella quale vedesi —. 
il medesimo San Liberale impetrar grazia 
a un,condannato a morte. — 

Nel secondo altare, sempre dalla si- 


| — 205 — 


f 


me côté, on voit: — Saint Albert don- 
nant la bénédiction avec une croix —; 
par Pierre Liberi. 

Sur le troisième autel: — Saint ANi- 
colas entouré de Sain et d’ Angests — ta- 
bleau de Laurent Lotto que l’on a fort 
mal restauré, 

Sur le cinquième autels — La Wier- 
ge dans sa gloire et quelques Saints —; 
tableau de Palma. 

La grand’ chapelle renferme deux ta- 
bleaux de Gaspard Diziani, qui repré- 
sentent: l’un, — Une Vision de l'Apo- 
calypse —; l'autre, — Le Serpent au 
désert —; un tableau de J. Palma, re- 
présentant:— Le miracle de la Multipli. 
cation des pains — ; et un quatrième 
enfin, de Marc, fils d'André Vicentin, 
qui reproduit: — La pluie de la manne. 

On admire dans la sacrisue un ta- 
bleau de J, Palma: L’Annonciation —; 
une copie du — Crucifiement —, de J. 
Tintoret, appartenant à l’Ecole de Saint 
Roch; et une — Descente de croix —, 
d’un artiste vénitien ; tous ces ouvra- 
ges servent à l’ornement d’un autel. 

Entre la sacristie et l’église se trou- 
ve un petit autel, orné d’une — Ma- 
done de la Pitié —, tableau attribué à 
Corona par Boschini. 


Les deux loges des orgues furent 
peintes par André Schiavone et Marc 
Vicentin. 

Au-dessus de la grand’ porte on a- 
perçoit un magnifique mausolée de mar- 
bre et la statue du général Jacques Fo- 
scarini, mort en 1602. 

La nef du milieu s’élève sur vingt- 
quatre colonnes de marbre ; au-dessus 
de la frise sont placés autant de ta- 
bleaux remarquables de plusieurs auteurs 
différents; l'architecture de cette église 
respire tout-à-fait le style du moyen- 
âge; on lui assigne pour date l’an 1348, 


nistra, è — Sant’ Alberto che benedice 
con la Croce — di Pietro Liberi, 


Nel terzo altare — S. Nicolò frà santi 
ed angeli — di Lorenzo Lotto, mala- 
mente ristaurato. 


Nel quinto altare fù posta una pala 
di J. Palma — con la Vergine in gloria 
e alcuni Santi. — 

La cappella maggiore possiede due 
quadri di Gaspare Diziani l’ uno dei 
quali è — una visione dell Apocalisse 
— l’altro —- il serpente nel deserto. — 
Nella stessa cappella J. Palma poneva — 
Il miracolo dei pesci, e dei pani — e 
Marco figlio di Andrea Vicentino rap- 
presentava — La caduta della manna 


Nella sagrestia ammirasi una pala di 
J. Palma con — L° Annunziata — una 
copia della — Crocifissione — di Jaco- 
po Tintoretto già dipinta per la scuola 
di S. Rocco — e un Cristo deposto dal- 
la Croce — della scuola veneta. Tutti 
è tre, questi quadri adornano ‘l’altare. 

Tra la sagrestia e la chiesa v? ha un 
piccolo altare ricco di — una Madonna 
della Pictà — di buona maniera vene- 


.ziana che il Boschini attribuisce al Co- 


rona. 

I due palchi degli organi furono di- 
pinti da Andrea Schiavone, e da Marco 
Vicentino. 

Sulla porta maggiore vedesi magnifico 
mausoleo di marmo, con la statua del ge- 
nerale Jacopo Foscarini morlo l’an- 
no 1602. | 

La navata di mezzo di quesla chiesa 
è sostenuta da ventiquattro colonne di 
marmo sul fregio delle quali son posti 
altrettanti buoni quadri di differenti 
autori. Tufta quanta poi l’archittetura 
della chiesa impronta lo stile del medio 
evo e si fa risalire al 1348. La facciata 


ce O iù 


La facade est simple; le portail d’or- 
dré ionique. 


| 


è semplice ed ha una bella porta Jo- ‘ 


nica. 


__——————tmIIK'\*\--T___m__=w<.M 


Eco le del Carmine. 


Cette école, bel édifice bàti au XVII. 
siècle, se compose de deux ordres co- 
rinthiens; elle possède plusieurs ta- 
bleaux estimables. J. B. Tiepolo pei- 
gnit le plafond de la salle supérieure. 


La Scuola del Catane. 


La scuola del Carmine è un’edificio 
del secolo XVII. distinto in due ordini 
corintii ricco di parecchie buone pit- 
ture: Il soffitto della sala superiore di 
questa scuola fu dipinto da Gian Ratte 
Tiepolo. 


——— T_T _ 8DL-ORTRRR——__.€ 


Eg live de Saut-Vbarnabe. 


Cet édifice, de fort vieille date, 
fut bâti aux frais de la famille Adami. 
Restauré et rafraîchi à plusieurs repri- 
ses, il fut enfin achevé tel que nous 
le voyons aujourd’hui par l'architecte 
Laurent Boschetti, vers le milieu du 
siècle passé. Sa façade est d’ordre com- 
posile. 

Sur le premier autel, à droite, en en- 
trant, existe un tableau de Marc Vicen- 
vin: — La Naissance de la Vierge. 

Sur le second autel, un ouvrage dans 
le style de Palma l'Ancien, représen- 
tant: — Saint-Bernardin, Sainte-Claire 
et Sainte-Marguerite. 

Sur le ‘premier autel à gauche, une 
— Sainte Famille —, de Paul Véronèse. 

Sur le second, du même côté: — 
Saint Diègue, Saint Jacques et Saint An- 
toine abbé —, tableau de Palma l’An- 
cien, au-dessus duquel on voit dans 
un croissant: — Une Decente de Croix, 
:«, du même auteur. 


Chiesa di 5: Vacuabæ. 


Il tempio erelto ad onore del santo 
apostolo Barnaba è molto antico è fu 
edificato a spese della famiglia Adami. 
Venne più volte ristaurato ‘e rimoder- 
nato finchè verso la metà del secolo 
scorso coll’ opera dell’ architteto Loren 
zo Boschetti era ridotto all’ attual con- 
dizione. La facciata è di ordine com 
posito. 

Nel primo altare a destra di chi en- 
tra è una pala di Marco Vicentino colla 
— Natività di Maria. — | 

Nel secondo altare la pala sullo sti- 
le del vecchio Palma rappresenta — 
S. Bernardino, Santa Chiara, e Santa Mar- 
gherita. — 

Nel primo «altare a sinistra havvi — 
Una Sacra famiglia — di Paolo Veronese. 

Nel secondo altare dalla sinistra ve- 
desi — San Diego :San Jacopo e Sant 
Antonio abate — del vecchio Palma ‘e 
solto esso una mezza luna rappresen- 
tante — /a Deposizion della Croce — 
dell’autore medesimo, belle-opere am. 
bedue, 


ni 


.— 205 — 


Sur le troisième autel enfin : — Sainte 
Catherine et quelques Saints —, de Marc 
Vicentin. 

Le maitre-autel possède trois ta- 
bleaux: l’un, de Darius Varottari, père 
de Padoanino, représentant: — Saint Bar- 
nabé revêtu de ses habits pontificaux et 
quelques autres Saints; les deux autres, — 
de J. Palma, nous offrent: — J. C. 
portant sa croix — et — la Cene. — 


Finalmente nel terzo altare — S. Ca- 
terina con altri Santi — di Marco Vi- 
centini. 

L’altare maggiore ha un — S. Bar- 
naba in abiti vescovili con altri Santi — 
di Domenico Varottoari padre del Pa- 
doanino — Un Cristo che porta la Croce 
-- e — Una Cena — sono quadri di Ja- 
copo Palma. | 


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scdrisa: soli ’apera nel atntttato’ Tati i 
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Viniane, Li laselità à ili spin dot. 
féistte. | ire A Tir 
Wa): prio Altar» 5 ento die ben 
{ré È ma pan a LT biro. VI sesitigo 4000] 
- Muni tx ik Arai » ue Ris 
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fe del Acoibià, Pula déppr crentate 
&  Birmardine, dora es og 


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SEPTIEME VISITE: 


Une gondole west pas absolument né- 
cessaire pour cette visite, mais elle 
fera épargner beaucoup de temps. 


On commencera celte visite par 


L'Eg Use de Saint-Chomes 3 


Cette église fut bâtie, selon nos chro- 
‘niqueurs, en 917, par la famille Miani, 
d’où est sorti Saint Jérôme. Francois 
Alborelli, qui la restaura il y a déjà 
long-temps, respecta en partie son ar- 
chitecture primitive. Mais le besoin de 
la réparer se fesant sentir de nouveau 
vers le milieu du siècle passé, l’archi- 
tecte Francois Bognolo la rebàtit de 
fond en comble, dans le style alors en 
vogue, et, lui donna une façade d’ordre 
corinthien. 


Ce que cette église renferme de plus 
remarquable, c’est: — Deux statues de 


Saint-Pierre et de Saint-Thomas — 


2 
sculptées par Jérôme Campagna, et un 
tableau d’André Vicentin, portant la 
date de 1602, et représentant: — Le 
Pere Eternel, la Vierge et plusieurs Saints 
—, placé dans la chapelle à droite de 
la grand’chapelle. 
Près de cette église, existe 


(© 


VISITA SETTIMA, 


In questa visita la gondola non è ne- 
cessaria ciò non pertanto sarà bene 
il giovarsene. 

Le 


Si può dar principio a questa visita 
col recarsi alla 


Chiesa di à. Commeaso. 


Volgarmente appellasi questo tempio 
S. Tomà, e fu edificato, a quanto nar- 
rano le cronache, l’anno 917 dalla fa- 
miglia Miani famosa per il San Girola- 
mo nato da lei. Rimodernavasi poi per 
opera di Francesco Alborelli in guisa 
che rimaneva ancora una parte dell’ an- 
tica archittetura ; ma verso la metà del 
secolo scorso irovandosi questa chiesa 
nuovamente in rovina fu rifabbricata sul 
gusto di que’tempi, col disegno dell’ar- 
chitetto Francesco Bognolo che nella 
facciata si valse dell’ ordine corintio. 

Cid che maggiormente si ammira in 
questa chiesa sono le statue — ds. Pie- 
iroe di S. Tommaso — scolpite da Gi- 
rolamo Campagna che adornano l’al- 
tar maggiore, ed una pala di Marco Vi- 
centino segnata dell’anno 1602 rappre- 
sentante — 2 Padre eterno, la Vergine 
e alcuni Santi — che vedesi nella cap- 
pella posta alla dritta della maggiore. 

Appresso questa chiesa havvi 


ppi 


À Bospice des Pio N meurs 


Couveutuels 7 


Cet hospice possède de précieuses re- 
liques enchàssées en or, en argent et en 
cristal de roche, et des ouvrages fort 
importants pour l’histoire du dessin et 
de l’orfèvrerie, ainsi qu’une collection 
rare de lettres autographes de beaucoup 
de personnages fameux dans l’histoire 
ecclésiastique. 

Trois hommes célèbres habitèrent 
cette paroisse. Le premier, Charles Gol- 
doni, logea dans une maison, n. 2369; 
rue Centiani. Né à Venise l’an 1707, 
il passa des premières années de sa vie 
dans une villa de la Marche Trévisa- 
ne, où son aïeul, homme ami des plai- 
sirs, fesait jouer des comédies par les 
acteurs les plus renommés de son temps. 
L'amour des plaisirs et du théâtre sem- 
blait héréditaire dans cette maison; le 
père de Goldoni, qui ne le cédait en 
rien sur ce point à son aïeul, avait in- 
stallé chez lui un théâtre de marion- 
nettes qu'il fesait jouer lui-même au 
grand contentement du jeune Char- 
les. Mais l’aïeul étant mort, la famille 
Goldoni se trouva fort mal aisée, et 
son chef, confiant Charles aux soins de 
sa mère, dut partir pour Rome où il 
fut prendre ses degrés en médecine et 
l’exerca ensuite à Pérouse. Alors il ap- 
pela son fils près de lui, et recommen- 
ca de plus belle le cours de ses passe- 
temps scéniques; le jeune Goldoni, doué 
d’un physique agréable, jouait des rôles 
de femme dans les pièces que son père 
fesait représenter. Il fréquenta en mè- 
me temps les écoles des Jésuites de 
Pérouse, et plus tard, celles des Domi- 
niquains à Rimini; mais Charles qui ne 
se souciait guère de philosophie et d’hu- 
manités, n’éludiait véritablement que 


L'sspisio del PP. ALe 


Co uveutuafs. 


Quest’ospizio è ricco di reliquie in- 
cassate in oro, in argenlo, ed in cri- 
stallo di roccia, con lavori preziosissi- 
mi per la storia delle arti del disegno 
e della orificeria, non che di una colle- 
zione rarissima di Jettere autografe di 
molti personaggi celebri nella storia ec- 
clesiastica. 

In questa parrocchia abitavano tre 
uomini celebri, e prima in calle Cen- 
tani al N. 2369 Carlo Goldoni. Egli 
nacque a Venezia l’anno 1707 e passò 
gli anni della sua fanciullezza in una 
villa della marca Trivigiana dove l’avo 
di lui il quale si era uomo solazzevole 
facea rappresentare drammi e comme- 
die da più rinnomati musici ed attori 
de’ suoi tempi. L'amore dei divertimen- 
ti e del teatro pareva naturale in quel- 
la famiglia ; nè il padre di Carlo si era 
uomo di manco buon’ umore che l’ avo 
chè anco esso avea costrutto in casa un 
teatro di burrattini i quali facea muo- 
vere egli medesimo con diletto gran- 
dissimo di Carlo. Morì l’avo e la fa- 
miglia si trovò assai disagiata per la 
qual cosa il padre lasciato Garlo alla di 
rezione della madre andò a Roma a lau- 
rearsi in medicina e quindi ad eserci- 
tarla in Perugia; colà chiamò il figliuolo 
ed incominciò a nuovamente divertirlo 
con rappresentazioni teatrali nelle quali 
perchè il ragazzo era di av venente pre- 


senza, rappresentava le parti di donna, 


Nel medesimo tempo fu mandato allo 
studio dei Gesuiti di Perugia, poscia a 
Rimini a quello dei Domenicani; ma egli 
non ne volea sapere nè di filosofia, nè 
di scolastica, e davasi solo a leggere Te- 
renzio, Plauto, Moliere. Di ott’anni avea 
abbozzata una commedia, e di sedici pens 


4 


; — 209 — 


Terence, Plaute et Molière. A huit ans, 
il avait tracé l’ébauche d’une comédie; 
à seize, il songeait à réformer le théa- 
tre italien. Des comédiens qui passaient 
par Rimini embauchèrent le jeune Gol- 
doni qui, s’échappant de Rimini, alla 
avec eux à Chioggia où sa mère habi- 
tait alors. Rattrapé par son père, il fut 
conduit à Pavie où il consentit à pren- 
dre l’habit ecclésiastique afin d’obtenir 
une place gratuite dans le collége Ghi- 
sleri. Excité par ses camarades, il y écrit 
une satire contre un puissant person- 
nage, et se voit aussilòt ignominieu- 
sement chassé de ce collége; il y avait 
étudié la musique, la danse, l'escrime, 
tout en un mot excepté le droit civil 
et canonique qu’on l'avait envoyé y ap- 
prendre. Un prêtre, qui ne connaissait 
apparemment que le titre de cette co- 
médie, lui fit lire la Mandragore qui 
enflamma vivement l’esprit de Goldoni. 
Enfin son père, après l'avoir envoyé 
voyager dans le Frioul et en Allema- 
gue, lui fit achever ses études dans l’u- 
niversité de Modène. Assailli par une 
mélancolie noire, Goldoni songea un 
instant à se faire capucin; il guérit de 
cet accès de tristesse, d’abord à force 
d’amourettes, puis en écrivant des co- 
médies, enfin par le mariage: il épousa 
à Gènes la fille d’un honnête notaire à 
laquelle, comme il le dit lui-même, il dut 
le bonheur de sa vie. Son père étant 
mort, il prit ses degrés en droit, et se 
mit à exercer la profession d’avocat ; 
mais ce métier-là ne lui profita guère. 
Il écrivit des almanachs, gagna quelque 
favori 
‘de la réforme du théâtre italien. Mais, 
n'ayant pu réussir d’abord dans ce pro- 
jet, et criblé de dettes, il s’enfuit à 
Milan, où il fut fort bien accueilli par 
le ministre de Venise. 


argent, et retourna à son rêve 


Il ne s’arrêta 
pas long-temps daus cette ville ; n’ayant 


sava già alla riforma del teatro italiano. 
Passò da Rimini una compagnia di comici, 
lo adescarono, ed egli con essi fuggissene 
a Chioggia ove abitava la madre. Raggiun- 
to dal padre fu condotto a Pavia si sot- 
topose alla tonsura per avere un po- 
sto gratuito nel collegio Ghisleri. Se- 
dotto da compagni scrisse una satira con- 
tro un potente personaggio per la quale 
fu ignominiosamente cacciato. In quel 
collegio avea apparato ballo, scherma, 
musica, disegno, tutto fuorchè diritto 
civile e canonico, che si era voluto far- 
gli studiare. Un sacerdote il quale della 
Mandragora non sapeva più in là che 
il titolo gli fè Jeggere quella commedia 
la quale accese veramente il genio di 
Goldoni. Il padre poi gli fece viaggiare 
la Germania, il Friuli e compiere gli 
nell'Università di Modena. Fu 
colto dalla malinconia di farsi cappuc» 


studii 


cino, ma guarì questa prima cogli amo- 
ri e collo scrivere commedie, poi col- 
lo sposarsi a Genova con la figliuola 
di un onesto notajo la quale, diss’egli, 
fece le delizie della sua vita. Mortogli 
il padre addottoravasi in legge, ma po- 
stosi ad esercitar l'avvocatura non gli 
fu la fortuna propizia. Scrisse almana- 
chi, guadagnò qualche moneta e allora 
pensava al proprio disegno di libera 
il teatro italiano da parecchie sconcez- 
ze. Se non che non avendo potuto su- 
bitamente riuscire ne anche in questo, 
oppresso dai debiti dovette fuggirsene 
a Milatio laddove fu accolto dal resi- 
dente di Venezia. Quivi fu breve la sua 
dimora perchè non avendo potuto otte- 
nere verun impiego rilevante partì e 
giunto a Verona si pose ai stipendi di 
una compagnia comica € da quel mo- 
mento cominciò veramente la sua car- 
riera teatrale il cui maggior splendore 
si fu a Venezia nella quale sostenne ad 
un tempo l’ufficio, di Console per la 


22 


.— 210 — 


pu y trouver aucun emploi, il se rendit 
à Vérone où il se mit aux gages d’une 
troupe de comédiens: c’est de ce mo- 
ment que date véritablement sa carrière 
théâtrale. Mais il ne parvint que beau- 
coup plus tard au faite de la renom- 
mée, et-ce fut à Venise, où il remplis- 
sait en méme temps les fonctions de 
consul de la république génoise, el où 
il ferma la bouche à l’envie même la 
plus envenimée par un tour de force 
incroyable de verve et de fécondité: 
nous entendons parler ici des seize 
comédies, (parmi lesquelles on com- 
pie quelques-unes des plus belles de 
l’auteur) qu'il composa dans une seule 
année. Volé par un marchand de Ra- 
guse, il dut abandonner de nouveau Ve- 
nise; dévalisé en route il prit sa femme 
sur ses épaules, et en traversant un ruis- 
seau à gué, il s’écrir: Omnia mecum porto. 
Puis il visita Bologne, Rimini, Pesaro, 
Florence, Sienne, dont il appella les ha- 
bitants les Clussiques vivants de notre lan- 
gue. Il écrivit des comédies, et il exer- 
Ça partout. la profession d’avocat; en- 
fin en 1761 il se rendit en France où 
il fut nommé maitre de langue italien- 
ne des filles du Roi, et obtint une 
pension de 3600, francs, qu’il perdit à 
l’époque de la-révolution. Il mourut 
donc dans l’indigence le 8 Janvier 1793, 
c’est-à-dire la veille même du jour où 
la Convention nationale lui rendait la 
jouissance de cette pension. Ayant ap- 
pris sa mort, celte assemblée accorda 
une rente viagère de 1200 francs à sa 
veuve, et en méme temps tous les ar- 
riérages de la pension. Goldoni avait 
écrit en France, et dans la langue de 
ce pays, une comédie fameuse: Le Bour- 
ru bienfaisant, chef-d'oeuvre qui attira 
à l’auteur presqu’autant de gloire sur 
la scène française que sur l'italienne. 
Voltaire, juge competent cerles en parei- 


Repubblica di Genova, e dove confuse 
i suol avversari col dare in un anno, 


| sedici commedie di getto fra le quali 


molte delle sue più belle. Derubato da 

un mercadante raguseo dovelte nuova- 
3 LI 

mente abbandonar Venezia, e svaligia- 


-to per la strada si mise la moglie în 


ispalla, e così passava le fiumane escla- 
mando — Omnia mecum porto. — Visitò 
Bologna, Rimini, Pesaro, Firenze, Sie- 
na i cui abitatori chiamava & testi vi- 
vi della lingua; scrisse commedie ed 
esercitò dovunque l'avvocatura. Final- 
mente del 1761 passava in Francia 
maestro di lingua italiana alle figliuole 
del Re ed ebbe la pensione di 3600 
franchi che perdeva per il sopraggiun- 
gere della rivoluzione, donde che mo- 
riva in povero stato a’ dì 8 di Gennajo 
1793 e quel che è più doloroso il gior- 
no dopo che la convenzion nazionale 
‘stabiliva gli si dovesse rendere la pen- 
sione, la quale uditane la morte con 
nuova legge stabilì un vitalizio di 1200 
franchi alla vedova di lui, e le fece pagare 
gli arretrati. Goldoni scrisse in Fran- 
cia un’altra commedia che è il Burbero, 
benefico capo lavoro della lingua fran- 
cese nella quale la dettò, e che meri- 
tava all’ autore il titolo di riformatore, 
del teatro francese come giù stato lo, 
era dell'italiano, Voltaire. giudice com- 
petente su questa materia lodavalo di 
aver tralto )° Italia di mano agli Arlec- 
chini e la Francia da’ Piagnoloni. Così 
un italiano ed un veneto fa la gloria 
delle due più culte odierne mazioni. 


i 


dii 


Te matière, loue Goldoni d'avoir dé- 
livré l’Italie dest arlequins, et la Fran- 
ce des pleurnicheurs; c’est ainsi qu’un 
italien, un vénitien, obtint des honneurs 
extraordinaires chez les deux nations 
les plus civilisées de nos jours. 

Le second des personnages fameux 
quì rendent cette paroisse digne de notre 
attention, c’est Gaspard Gozzi qui lo- 
geait dans la maison, n. 2444, rue Lar- 
ge ( Calle larga) près du pont de la 
Femme Honnéte ( Donna Onesta ). 

Gaspard Gozzi fut appelé par Pierre 

Giordani esprit divin, et Vincent Monti 
en fit le plus bel éloge, ie comparant à 
Caro, l’écrivain le plus classique de 
son temps, et qui ne le cède à person- 
ne en grâce eten correction, Les longs 

inalheurs de sa vie ajoutent, pour ainsi 

dire, au poids de ces louanges, Gozzi 
naquit à Venise en 1910, d’une famille 
distinguée, mais réduite à une condi- 
tion fort humble par le peu d'économie 
de son père. Il étudia la jurisprudence 
et les mathématiques dans le collège 
de Murano, dirigé alors par d’habiles 
professeurs, mais les belles - lettres 
Surtout excitèrent son ardeur studieu- 


se. Pétrarque devint son auteur favo- 
ti, et ses progrès dans la carrière des 
lettres furent vraiment extraordinaires. 
Malheureusement les progrès de la pas- 
sion qu’il conçut à peu près à cette 
époque pour Louise Bergali, ne furent 
pas moins rapides. S’étant jeté à corps 
perdu dans des entreprises de théâtre, 
il y dévora bientôt les débris de sa 
fortune, déjà notablement entamée pat 
son père. Alors il dut écrire pour des: 
libraires, pour des comédiens, en un 
mot pour quiconque avait recours à sa 
plume, sans pouvoir parvenir toutefois 
à rétablir un peu ses fiñances: Cepen- 
dant, dans tous ses ouvrages, excepté 
quelques traductions, on admire un 


MN) DO UN | 


Il secondo degli illustri personaggi 
il quale rende memorabile questa Par- 
rocchia fu Gaspare Gozzi il quale abi 
tava la casa segnala del N. 2444. posta 
in calle longa presso il ponte di Donna 
onesta. 

Gozzi fu da Pietro Gior- 


dani chiamato divino ingegno, e da 


Gaspare 


Vincenzo Monti lodato siccome — sà 
mile al Caro, il più classico de’ suoi con- 
temporanei e che può tener fronte a qual- 
siasi più grazioso e corretto. — Le gra- 
vi afflizioni della lungamente travaglia- 
ta sua vita, accrescono se è lecito dirlo; 
l’importanza di questo encomio. Nac- 
que in Venezia l’anno 1710, di nobile 
famiglia quantunque assai disestata dal 
padre di lui, che pare non fosse trop- 
po valente nel domestico reggimento. 
Studiò giurisprudenza e matematica nel 
collegio di Murano sotto illustri precetto- 
ri, ma più ancora si diè alle belle lettere. 
Lesse il Petrarca, e fè rapidi progressi 
ad onor della patria nel buon gusto, é 
per sventura sua nell’amore; perchè 
invaghitosi di Luigia Bergali pastorella 
arcade si diede ad imprese teatrali le 
quali finirono di ridurre al verde il 
suo palrimonio. Allora si pose a scrive- 
re per i librai, per le comiche compa: 
gnie, e per qualunqné si pensava ca- 
var profitto dalla sua penna, senza che 
da tanto affacchinare potesse mai cavar 
di che ridurre a miglior stato la pro- 
pria casa. Tuttavia nelle opere sue, da 
poche :iraduzioni in fuori, splendono 
iutte le doti del vastissimo ingegno, 
del gusto più squisito, e della dizione 
più perfetta, Mortagli la moglie da lui 


— 912 — 


goût exquis, un style parfait et un gé- 
nie véritable. Sa femme, qu’il aimait si 
tendrement, étant morte, il fut chargé 
de réformer les études de Padoue. Le 
doge Foscarini désira avoir le concours 
de ses lumières dans la composition 
de son bistoire littéraire; la célèbre 
Catherine Dolfin-Tron se déclara chau- 
dément sa protectrice, et le pauvre 
Gozzi, grâce à ses bienfaits, put couler 
le reste de ses jours, sinon dans l’ai- 
sance, au moins à l’abri du besoin. Il 
mourut en 1786, laissant quelque bien 
à une jeune Francaise qu’il avait épou- 
sée peu de temps auparavant, recon- 
naissant des soins qu’elle lui avait prodi- 
gués durant les dernières années de sa 
vie, Le nom de Gaspard Gozzi sera 
immortel comme ses ouvrages. Ses Di- 
scours en vers le placent bien près 
d’ Horace; l’Observateur, la Gazette, le 
Monde Moral et la Défense du Dante, ont 
donné en lui un Lucien à l'Italie, et 
y ont fait refleurir dans le siècle passé 
le bon goût lilléraire non moins que 
les bonnes moeurs publiques, 

Le troisième des hommes célèbres 
dont nous ayons pärlé, c’est le Titien, 
dont la maison se trouve rue Gallipoli, 
n.-4528. Mais, ayant déjà longuement 
parlé de ce grand peintre dans notre 
ouvrage, nous nous dispenserons de 
| relourner ici sur ce sujet. 

Quittez la place de S. Thomas, en- 
tréz dans le rue du Christ, puis, pre- 
nant la rue à main gauche, passez le 
pont de Donna Onesta (la Femme Hon- 
néte), et, après avoir remonté la rue 
dello: Speziale, vous déboucherez sur 
une place où s’élève 


teneramente amata fu eletto riformatore 
dello studio di Padova. Il Doge Fo: 
scarini lo volle in ajuto nella sua sto- 
ria letteraria. La celebre Catterina Dol- . 
fin Tron gli porse ogni sorte di pro- 
tezione e favore, tal che potè egli. 
condurre se non agiatamente almeno 
onestamente la vita fino al 1786 nel qual 
anno moriva più che settuagenario la- 
sciando di che vivere ad una donzella 
francese da lui poco prima sposata per 
rimeritarla dell’ affettuosa assistenza che 
gli aveva prestata nelle sue infermità. 
Il nome di Gasparo Gozzi non può 
essere scompagnato da quello delle sue 
opere, I Sermoni lo pongono al fianco 
di Orazio; l’Osservatore, la Gazzetta 
il Mondo morale, e la difesa di Dante 
fanno che Italia non invidii alla Gre- 
cia il suo Luciano, e fecero rifiorire 
nello scorso secolo i buoni studii; e 
quello che più importa i buoni costumi, 


Il terzo degli uomini celebri che abi- 


tavano questa parocchia è Tiziano la.cut 


‘casa è ora segnata del N. 4528 in calle 


Gallipoli. Di questo valente avendo nelle 
pagine innanzi discorso fia inutil cosa 
il ritornar sull’ argomento. 

Lasciando il campo di San Tomà, il 
visitatore entri nella calle del Cristo, 
poscia prendendo la via a mano manca 
passi il Ponte di Donna Onesta, per- 
corri la calle detta dello Speziale che 
sbocca nel campo in cui sorge 


A 


— 215 — 


L'Eglise de Saint-Pautaleon. 


da 


‘Cette église fut fondée, selon nos 
chroniques, par les familles Signola et 
Dandolo, l’an 1025. L'architecte François 
Comino ‘la reconstruisit en entier, l’an 
1684. Son extérieur n'offre rien de re- 
marquable, mais l’intérieur en revan- 


che renferme plusieurs objets dignes 
d’attention. 


Dans la seconde chapelle, à droite, 
én entrant, existe un tableau repré- 
sentant: — Saint-Pantaleon qui guérit 
un enfant —; et sur les murs laté- 
raux: — Ze Martyre, — à droite, et 
— Un miracle du méme Saint —, è 
gauche. 

Dans la troisième chapelle: — Saint 
Bernardin et deux Anges —, tableau 
attribué par les uns à Paul Véronèse, 
par les autres, à Aloïs Dal Friso, et 
sur le mur à gauche: — Le même Saint 
devenu Hospitalier —, ouvrage de la 


vieillesse de Paul Véronèse. 


Dans la grand’chapelle, on admire 
sur le mur à droite: — La Piscine pro- 
batique — tableau du peintre francais 
Charron; et à gauche: — La Multipli- 
cation des pains et des poissons —, d’An- 
toine Molinari. 


Le tabernacle du grand-autel, sculpté 
par Joseph Sardi, est magnifique. — 
L'histoire Sainte — et — le plafond 
—, sont l’ouvrage de J. A. Fumiani. 

La chapelle dédiée à Notre-Dame de 
Lorette, est riche en tableaux, parmi 
lesquels nous citerons; sur le mur à 
droite et au milieu: — Le couronnement 
de la Sainte-Vierge —; tableau de Vi- 


si 


La Chiesa di S. Pantalone. 


La prima edificazione di questo tem- 
pio si dee, secondo le cronache, alle fa- 
miglie Signola e Dandolo che nel 1025 
la mercè loro sorgeva; nel 1684 poi 
venia del tutto rinnovata con architet- 
tura di Francesco Comino. Niente offre 
al curioso il suo esterno, ma l’interno 
di lei presenta bellezze che a buon di- 
ritto devono fermare l’attenzione del- 
l’ intelligente. 

Nella seconda cappella a destra di chi 
entra havvi una pala che porge — Sar 
Pantaleone che risana un fanciullo — e 
nelle pareti laterali — Il martirio del 
Santo titolare — a «destra, ed — an mi- 
racolo del medesimo Santo — a sinistra. 


Nella terza cappella trovasi un’altra 
pala che alcuni reputano di Paolo Ve- 
ronese, altri di Alvise dal Friso in cui 
è pinto — S. Bernardino e due Angeli 
— e nella parete a sinistra — lo stesso 
S. Bernardino divenuto ospitaliere —— o- 
pera questa che Paolo Veronese forniva 
in età assai avanzata, 

Nella cappella maggiore è meritevole 
di venire ricordati due bei quadri che 
stanno nelle laterali pareti. vogliam dire 
a destra. — La Probatica Piscina — del 
— La 
moltiplicazione dei pesci, e dei pani — 


francese Charon; ed a sinistra. 


di Antonio Molinari. 

Magnifico è il tabernacolo dell’altar 
maggiore scolpito da Giuseppe Sardi — 
La sacra storia — poi el — il Soffito 
— sono opere di G. A. Fumiani, 

La cappella intitolata a Nostra Donna 
di Loreto è ricca di molti quadri fra 
quali si distinguono ; nella parete a de- 
stra, e nel mezzo — L’incoronazione di 
M. V. — opera del Viviani; e sopra 


a oO Rae i 


viani; et au-dessus de la porte, à l’in- 
térieur: — Za Femme adulière devant 
J. C. —, de Marconi. L’autel en très 
beau marbre est un ouvrage qui date 
du XV. siècle. 

Le plafond de cette église, repré- 
sentant: — Divers 1raïs de la vie de 
Saint-Panialéon —, a élé peint avec 
beaucoup de vigueur per J. A. Fumiani. 

Un pont qui donne sur la place de 
Saint-Pantaléon et qui en recoit son 
nom, méne à la petite place — des 
Mouches (campiello delle Mosche); arri- 
vé là, vous parcourrez le quai Minotto, 
puis, tournant à gauche, vous trouve- 
rez un autre quai, qui vous conduira à 


la porta internamente — L’adultera di- 
nanzi a Cristo — del Marconi. L’altare 
di questa cappella è opera finissima in 
marmo della metà del XV. secolog 


Il soffitto di questa Chiesa è lavoro 
pieno di forza eseguito da G. A. Fu- 
miani, e rappresenta — le azioni del 
santo titolare. 

Un ponte che da. sul campo di San 
Pantaleone e che dal campo stesso ri- 
ceve la sua nomenclatura conduce in 
campiello delle Mosche ove giunto il 
visitatore percorrerà la fondamenta Mi- 
notto tenendosi sulla sinistra in capo al- 
la quale incontrerà altra fondamenta 


che guidarallo alla 


POS — 


| L €g lise de Colentini. 


« Au XVI. siècle, les clercs réguliers 
de l’ordre fondé par Saint Gaëtan Tie- 
ne, résolurent d'élever cette église; 
et en effet, l’an 1591, le patriarche de 
Venise Laurent Priouli en posa la pre- 
mière pierre. On choisit pour architec- 
te Vincent Scamozzi, qui mourut avant 
d’avoir achevé cet édifice; ce qui fut 
cause qu'il s’y glissa quelques défauts. 
Cependant cette église n’en est pas 
moins un édifice magnifique. Sa faca- 
de, d’ordre corinthien, est l'ouvrage 


d'André Tirali. 


Dans la première chapelle, à droite 
én entrant, on remarque l’autel orné 
d’un tableau de Santo Peranda, repré- 
sentant: — Saint André Avellin — ; sur 
les murs latéraux, on voit deux tableaux 


du 


Pidoanino, qui reproduisent: — 


(SI lesa di Coleutiuz. 


Nel secolo XVI. i chierici regolari 
che menavano una vita secondo le isti- 
tuzioni di S. Gaetano Tiene vennero 
nel risolvimento d’innalzar questa chie- 
sa, e nel 1591 il Patriarca di Venezia 
Lorenzo Priuli ne poneva la prima pie 
tra. Il lavoro fu addossato a Vincenzo 
Scamozzi che morte però colpiva pria 
che il lavoro fosse compiuto, il perchè 
corsero in esso alcuni errori di esecu- 
zione. Ciò non tolse però che l’edificio 
magnifico e bello nonriuscisse. La facciata 
di lui si dee ad Andrea Tirali nella qua 
le si altenne all’ ordine corintio. 

Nella prima cappella a destra di chi 
entra merita l’attenzione del visitatore 
l’altare avente una pala’ di Santo Pe- 
randa rappresentante = S: Andrea A- 
vellino. — Nelle pareti poi laterali son- 
vi due quadri del Padovanino porgenti 


— 24 


Quelques traits de la vie du même 
Saint. 

Dans la troisième chapelle, sur l’au- 
tels — L’Adoration des Mages —, par 
Santo Peranda; et sur les murs laté- 
raux: — ZMerode et la danseuse —, et 
— La Decollation de Saint Jean-Bapti- 
ste —, par Bonifacio. 

Dans la quatrième chapelle: — La 
Vierge et quelques Saints —, par Jaco- 
po Palma. 

C’est dans la même chapelle que se 
trouvent les tombes de la famille Cor- 
naro, exécutées en 1720. 

Dans la sacristie, sur le mur è gau- 
che, on voit un tableau ‘d’un auteur 
inconnu, représentant: — Une Descente 
de Croix — ; et plus loin: — Sant 
Marc délivrant un prisonnier —, modèle 
du tableau admirable de Tintoret que l’on 
conserve à l’Académie des beaux-arts. 

Dans la grand’chapelle, et sur les 
murs latéraux, on voit: à droite — 
L’Annonciation —, de Luc Giordano ; 
à gauche — le mausolée du patriarche 
François Morosini, mort en 1678 — ; Ma- 
thieu Bortoloni peignit à fresque la voù- 
le de cette chapelle. 

Zampieri et l’Algeri exécutèrent les 
fresques, Jérôme Mingozzi Colonna les 
ornemenis de la coupole qui s'élève au 
point d’intersection des deux branches 
de la croix dont l'église a la forme. 

Ensuite, à droite, en venant du choeur, 
on trouve un confessionnal, au-dessus 
duquel est placé un tableau remar- 
quable du Prêtre Génois, ( Prete Geno- 
vese), représentant: — Saint Laurent 
Justiniani distribuani aux pauvres les 
biens de l’eglise. 

Dans la première chapelle, située à 
Jun des bouts de la branche transver- 
sale de la croix formée par l’église, on 
admire: — Saint Gaëtan entouré par les 
Verius —, tableau de Santo Peranda; 


9) 


— Alcune azioni dello stesso S. Andrea 
Avellino. — 

Nella terza cappella havvi una pala 
del suddetto Peranda con — ? adorazione 
dei Magi — e lateralmente due opere 
del Bonifacio che mostrano. — Ærode 
con la danzatrice — e — la decollazione 
di S. Giovanni Battista. —- 

Nella quarta cappella havvi di Jacopo 
Palma la pala rappresentante — La Ver- 
gine in gloria ed alcuni Santi. — 

In questa cappella si trovano i mau- 
solei della famiglia Cornaro, lavoro del- 
l’anno 1720. 

Nella Sagrestia sulla parete a sini- 
stra si vede un’opera d’ignoto autore 
con — Cristo. deposto dalla croce — 
e dopo l’angolo — S. Marco che scende 
a liberare un prigioniero — modello del 
quadro che si conserva nell'Accademia di 


Belle acti, grande Javoro del Tintoretto. 


Nella cappella maggiore, e sulle late- 
rali pareti veggonsi: a destra — ZL’ An- 
nunziata — di Luca Giordano; a sini- 
stra il mausoleo del Patriarca France- 
sco Morosini che moriva nel 1678. Il 
cielo di questa cappella è dipinto a fre- 
sco da Matteo Bortoloni. 

Nella cupola in mezzo alla crociera 
lo Zampieri, e l’Algeri eseguivano le pit- 
ture a fresco che vi si veggono, e Gi- 
rolamo Mingozzi Colonna gli ornamenti, 

Sulla destra poi del tempio venendo 
dal coro havvi un confessionario supe- 
riormente al quale sta un quadro, bella 
opera del Prete Genovese porgente —. 
S. Lorenzo Giustiniani che distribuisce ai 
poveri gli effetti preziosi della Chiesa. — 


Nella prima cappella situata nella ero- 
ciera Santo. Peranda eseguiva la tela 
dell’ altare che mostra — S Gaetano. 
circondato dalle virtù. — e Matteo Bor- 
toloni vi dipingeva il cielo. 


DI 


— 216 — 


Mathieu Bortoloni peignit la voùte de 
cette chapelle. 

Au-dessus de Ja chaire, existe un ta- 
bleau du Prete Genovese, représentant: 
— Saint-Antoine. : 

Dans la seconde chapelle, on remar- 
que: —. Le martyre de Sainte-Cécile —, 
tableau dautel; et sur les murs laté- 
raux: — Sainte-Agathe et Sainte-Cecile 
— , le Martyre de Saint-Tiburce (1) et 
de Saint-Valérien —, Sainte-Cécile cou- 
ronnée par un ange, — et, sur la voüle— 
La Vierge dans sa gloire —, ouvrages 
de Jacques Palma. 

Dans Ja troisième chapelie, on adm're 
les compositions suivantes du mème au- 
teur; sur l’autel: — Ze Rédempteur, la 
Vierge et Saint-Pierre — ; sur les murs 
latéraux: — Sainte-Apollonie et Sainte- 
Barbe —, L’Annonciation —, La Visita- 
tion —, et sur la voùle : — Diverses fi- 
gures. 

Vis-à-vis de cette église, ou peu s’en 
faut, s’étendent des jardins magnifi- 
ques appartenant à l’opulente famille 
Papadopoli ; la rareté des plantes et des 
arbres qu’ils renferment et le bon goût 
avec lequel ils sont disposés, méritent 
d’attirer notre attention. 

_ Mais si vous voulez continuer notre 
visite, il faut que vous suiviez le quai 
à droite de l’église, puis celui dit della 
Croce, et passer ensuite le sottoporti- 
co (espèce d’allée couverte) dit del Ta- 
gliapietra, qui mène à la place della 
Lana Après avoir passé cette place et 
Ja petite cour dite de Ca (maison) Canal, 
vous arriverez au quai de Æio Marin, 
vous passerez le pont des Garzoti, et 
le quai qui se présente à gauche, vous 
enlrerez dans la première rue à droite, 


puis dans celle dite Calle Larga (Rue 


(1) On peut voir le portrait de lau- 
eur dans un coin de ce tableau. 


Ì 


Sopra il pulpito poi del soprauno- 
mato Prete Genovese v' ha un altro qua4 
dro con — $. Antonio. — 

Nella seconda cappella la pala dell’al- 
tare rappresenta — il Martirio di S. 
Cecilia; — e sulle pareti laterali J, Pal 
ma operava i seguenti dipinti — Sun. 
v Agata e S. Cecilia. — Il Martirio di 
S. Tiburzio (1) e di S. Valeriano — e —5$. 
Cecilia coronata da un Angelo — e nella 
volta — La Vergine in gloria. 


Nella terza cappella. lo stesso Palma 
eseguiva la pata d'altare col — Reden= 
tore, la Vergine e S. Pietro. — sulle pae 
reti laterali; — S. Apollonia, e S. Bar 
bara — L’Annunziata. — La visita di 
S. Elisabetta — e nella volta — alcune 


Storie e Figure. — 


Quasi rimpetto al tempio che abbia- 
mo descritto sorgono i deliziosi giardi- 
ni della ricca famiglia Papadopoli che 
per la rarità delle piante che conten- 
gono e per il gusto con che vennero 
piantate meritano daddovero fermare 
la curiosità del nazionale e forestiero. 

Per continuare la presente visita è 
d’uopo prendere la fondamenta a de? 
stra della chiesa entrare in quella chia- 
mala della Croce, imboccare il sotto 
portico del Tagliapietra che conduce in 
campo della Lana. Percorso il detto cam- 
po e la seguente corte di Cà Canal si giun= 
gerà alla fondamenta di Rio Marin. Si pas 
si indi il ponte de Garzoti e la fondamenta 
si presenta a sinistra, poscia si entri 


nella prima calle che si trova a destra; | 


e da questa in calle /arga appellata, si 


Va 


volti sulla destra e si arriverà in cam 


(1) Vedesi il ritratto di questo pittore 
in un lato del quadro di S. Tiburzio. 


= RR 


Large); tournez à droite, traversez la 
place (campo) dei Tedeschi, puis la Ru- 
gabella; passez le pont du même nom, 
et-vous arriverez enfin à la place où 
s'élève 


À Eglise de Ò. Jacques dall'Ocio. 


Cette église est fort ancienne, puis- 
qu’elle été fondée, selon nos chroniques, 
en 555. Elle fut rebatie en 1225 par 
les famille Badoer et Mula. Au temps de 
Sansovino enfin, elle fut restaurée à plu- 
sieurs reprises. 

A. droite, en entrant, on trouve un 
tableau — Saint-Séba- 
Saint-Roch et Saint-Laurent —, 
ouvrage fort remarquable de J. Buon- 


représentant: 
stien, 


consigli. 

Près de la première porte latérale: 
Un grand tableau de J. Palma repré- 
sentant: — Le miracle de la multipli- 
cation des pains. 

On remarque entre autres zne colon- 
ne ionique, — placée près de l’autel 
voisin, tout entière en marbre vert an- 
tique, d’une grandeur extraordinaire et 
d’un très-beau travail; vis-à-vis de cet- 
te colonne, mais dans une direction 
oblique, se trouve: — Un Saint-Jean- 
Baptiste préchant —, ouvrage de Fran- 
cois Bassano. 

Dans la chapelle, à droite de celle 
qui renferme le maitre-autel, on voit 
sur les parois latérales: à droite: — Un 


Christ au sépulcre —, de J. Palma, . 


et dans une demi-lune: ‘— La Flagel- 
lauon du Christ, — du Titianello (1); à 


(1) Tüianello était fils de Marc Ti- 
tien, cousin et disciple du grand peintre 
de ce nom. 


po dei Tedeschi, ed in Rugabella; fatto 
il ponte che prende pur esso di Auga- 
bella il nome si troverà il visitatore nel 


campo in cui sorgé 


La Chiesa d S. Giacowo dall'Ozio. 


Antichissimo è questo tempio giacchè 
la prima sua costruzione risale, secondo 
le cronache, all’ anno 555. Fu poi nel 
1225 riedificato dalle famiglie Badoer, 
e Mula indi ai tempi del Sansovino eb- 
be di molti ristauri. 

A destra di chi entra havvi un qua- 
dro rappresentante. — S. Sebastiano, S. 
Rocco, e S. Lorenzo — opera pregie- 
vole assai di G. Buonconsigli. 


Presso la prima porta laterale J. Pal. 
ma poneva un suo gran quadro con — 
la Moltiplicazione de’ Pani, e de’ Pesci, 


Merita poi particolare attenzione una 
— colonna jonica — collocata presso il 
vicino altare, tutta di verde antico, di 
straordinaria grandezza, e di finissimo 
lavoro; e dirimpetto a questa colonna 
ma obbliquamente, il quadro di France- 
sco Bassano con — S. Gio. Battista che 
predica alle turbe. — 


è 


Nella cappella presso la maggiore a 
destra di chi guarda trovasi sulle pa- 
reti laterali a destra — Cristo nel se- 
polcro — di J. Palma ed in una mez- 
zaluna — Cristo flagellato — del Tizia- 


nello (1); a sinistra — ? Ascesa al Cal- 


(1) Questo era figlio di quel Marco cu- 
gino e discepolo di Tiziano. 


26 


PU 


‘ gauche: — J. C. montant au Calvaire —, 
de J. Palma, et dans une demi-lune: 
—— Un Ecce Homo —, de Jules Dal 
Moro. Enfin, dans les angles de la cou- 

— Les 

quatre Evangélistes —, peints par le Pa- 


pole de cette chapelle, on voit: 


doanino. 

En retournant vers le portail, on 
rencontre l'orgue, orné de bonnes pein- 
iures dans le style d’André Schiavone. 

Sur le mur voisin, à gauche en en- 
trant par le portail, on remarque deux 
beaux tableaux, l’un de J. Bassano: — 
Saint Jean-Baptiste, Saint Augustin, et la 
Sainte Vierge —, l’autre de P. Véro- 
nèse: —. Saint Laurent et quelques au- 
res Saints —; passé le premier autel, 
on trouve: — Le repas d'Emmaiüs —, 
par Palma l'Ancien. 


Les murs latéraux de Ja chapelle qui 
vient après les Fonts Baptismaux, sont 
décorés de deux autres tableaux de +. 
Palma, qui représentent: — Quelques 
traits de la vie de Saint-Laurent et son 
— Une 
Sainte Vierge tenant l’enfant Jésus dans 
ses bras et entourée de plusieurs Saints 


Martyre; — l'autel possède: 


—, tableau fort remarquable, exécuté 
par L. Lotto en 1546. 

Au-dessus de la chaire, ouvrage ad- 
mirable en marbre, existe: — Une Cè- 
ne —, de Titianello, près de la porte 
de la sacristie: — J. C. soutenu par un 
Ange —-; de Palma, et au-dessus de ce 
tableau: -- Les quatre Vertus Theolo- 
gales et les quatre Docteurs —, par P. 
Véronèse. 


Les murs et le plafond de la sacri- 
slie sont couverts de peintures du mé - 
me Palma. 

Après avoir visité cette église, sor- 
tez par Ja porte de la sacristie, passez 


le pont — del Mes gio, — parcourez 


vario — di J. Palma; ed in un’altra 
mezza luna un — Ecce Homo — di Giu- 
lio dal Moro. Negli angoli poi della cu- 
pola di questa cappella il Padoanimo di- 
pingeva — I quattro Evangelisti. — 


Rimettendosi verso la porta maggio- 
re incontrasi l’ organo adorno di buone 
pitture sullo stile di Andrea Schiavone. 

Sulla vicina parete a sinistra di chi 
entra dalla porta maggiore, degni di os- 
servazione sono i due quadri seguenti, 
il primo di J. Bassano rappresentante 
— Se, Giovanni Battista S. Agostino, € 
MP in gloria -— il secondo di P. Ve- 
ronese con — S. Lorenzo ed altri San- 
ti — non che — la Cena di G. C. in 
Emaus -- del vecchio Palma che tro- 
vasi dopo il primo altare, 

Le pareti laterali della cappella dopo 
il Battisterio sono abbellite da due al- 
tri dipinti di J. Paima che porgono — 
Azioni, e Martirio di S. Lorenzo — e 
l’altare di essa cappella ba una tavola 
con — M. VW. tenente il Bambino Gesù 
fra le braccia, ed alcuni Santi — finis- 
simo lavoro che nel 1546 Lorenzo Lolto 


forniva. 


Sopra il pulpito, lavoro singolare di 
fini marmi, Tizianello dipingeva. — La 
Cena di G. C. —; e presso la vicina 
porta della Sagrestia J. Palma figura- 
va — G. C. sostenuto da un Angelo — 
P. Veronese poi nello stesso sito e su- 
periormente al quadro del Palma, rap- 
presentava — le quattro virtù reologali, 
ed i quattro dottori. — i 
ed il soffit- 
to sono tutte abbellite da pitture del 
suddetto Palma. 

Visitata questa chiesa si sorti per la 


Le pareti della Sagresti; 


dA, 


porta della Sagrestia, si diriga il passo 
verso il Ponte del Megsio, si passi que 


° Christine. 


— 219 — 


la rue suivante, passez les ponts del sto e Ta calle su cui mette, e fatli i 
Tintore et della Rioda, vous aperce- ponti del T'intore e della Rioda che si 
vrez enfin à gauche | susseguono a destra si troverà la 


—q«sn-00)-0-G—re19i 


L'église de Sancia Maria Mater Chiesa di $. Maria Nater 
OOO Dane 


La famille Cappello fit construire cet: Nel 660 edificavasi questo tempio dal- 
te église en 660; c’était alors un mo- la famiglia Cappello ed era a quell’ epo- 
nastère de religieuses, sous le patro- ca monastero di Monache, sotto il tito- 
nage de Sainte-Christine, auquel la fa- lare di S. Cristina per cui la famiglia 
mille Olivieri de Pesaro fit d’abondan- Olivieri da Pesaro fu larga assai di ele- 
tes aumônes. Rebâtie dans le style des mosine. In seguito intitolavasi alla Madre 
Lombard, et achevée par J. Sansovino, di Dio, riedificavasi collo stile dei Lom- 
elle fut placée sous Pinvocation de la bardi, e venia compiuta da Jacopo San- 
Mère de Dieu. sovino. Deesi notare di rimarchevole 

ciò che segue. dé 

Le premier antel, à draile en en- Nel primo altare a destra di chi en- 
trant, possède trois statues estimables, tra veggonsi tre buone statue, però di 
ipais d’autenrs inconnus, qui représen- | sconosciuto autore, le quali rappresen- 
tent: — Saint Pierre, Saint Paul, et Saint tano — S. Pietro, S. Paulo, e S. Andrea; 


André. Le second autel est orné d'un 
tableau de V. Catena, exécuté en 1520, 
qui représente: — Le Martyre de Sainte 


— e nel secondo altare una tavola di 
V. Catena nel 1520 fornita con — il 
Martirio di S. Cristina. — 

Dans la branche transversale de Ja Nella crociera pure a destra havvi 
una bell’ opera del Tintoretto che of- 
fre. — L'invenzione della Croce. — 


croix formée par l’église, toujours à 
droite, on voit: — L’Invention de la 
Croix —, par le Tintoret. 


—_rrrr———— ——— eta 


Dans la chapelle, à gauche de celle À sinistra Ja: cappella, laterale alla 


qui renferme le maitre -autel, on re- maggiore, è bella di un’altare adorno 
marque un auter orné de marbres pré-: di marmi finissimi e di due picciole sta- 
cieux et de deux statuettes, représen- tue che figurano — S. Giovanni e San 
tant: — Saint Jean et Saint Marc. Marco. — 

Dans la partie à gauche de la bran- Nella crociera a sinistra, e sulla pa- 
che transversale de la Croix, on a pla- rete vi ha un quadro che lo Zanetti re- 
cé sur le mur — une Cène —, altri- puta del Vecchio Palma, ed altri attri- 
buée par Zanetti à Palma l’Ancien et buiscono al Bonifacio rappresentante — 
par d’autres à Bonifacio. La Cena di Gesù Cristo. — 

Le dernier autel possède un tableau Nell’ultimo altare si vede una pala 
de Bissolo, reproduisant: — Za Tran- pittura del Bissolo offerenti — la Tra- 
sfiguration. sfigurazione di Nostro Signore. — 


— 220 — 


Traversez la place Sancta Maria Mater 
Domini, passez le pont qui mène à la 
rue de la Regina, entrez dans le ruelle 
dei Morti —, et vous arriverez à 


L'Eglise de Sainb-Oassiew. 


Les chroniques de Venise nous ap- 
prennent que cette église fut construite 
aux frais des nobles familles Minotto 
et Micheli; c’était autrefois un mona- 
stère de religieuses , ayant Sainte-Cé- 
cile pour patronne. Il faut donc né- 
cessairement supposer que, réédifiée 
dans des temps postérieurs, elle a été 
placée alors sous l’invocation de Saint 
Cassien: on ignore quel en fut l’archi- 
lecle. 

À droite, en entrant, on remarque: 


Sur le premier autel, un tableau de 
Palma l’Ancien, représentant: — Saint 
Jean-Baptiste, Saint Pierre, Saint Paul, 
Saint Marc et Saint Jérôme ; sur le troi- 
sième :— La Visitation —, de Léan- 
dre Bassano. 

Dans la chapelle à droite de celle qui 
renferme le maitre-autel : — La INais- 
sance de la Sainte Vierge — et — Saint 
Zacharie priant —, beaux tableaux de 
L. Bassano. 


Dans la grand’chapelle, on admire 
sur l’autel: — La. Résurrection — ; 
sur les murs latéraux : — Za Descente 
aux limbes — et — le Crucifiement —, 
ouvrages eslimables du Tintoret. 

La chaire est soutenue par deux co- 
lonnes de marbre vert antique; les 
deux sacrislies sont également riches en 
marbre précieux ; l’une d'elles possède 


Dal campo di S.-M. Mater Domini si 
passi il Ponte che mette in calle della 
Regina, si entri indi nel viottolo appel- 
lato deî Morti, che conduce alla 


Chiesa hp S. Cassiano. 


Dalle Cronache veniamo fatti istrutti 
essere stata questa chiesa eretta dalle 
patrizie famiglie Minotto: e Micheli, e 
che anticamente era un chiostro di mo- 
nache dedicato a S. Cecilia. Da ciò si 
deve arguire essere slala dessa rifabbri- 
cata, e dedicata poi al santo di cui al. 
presente prende l’appellativo. È sco- 
nosciulo il suo architetto. 


Merita in essa di venir risguardato a 

destra di chi entra. 

Il primo altare con una tavola di Pal- 
ma il vecchio porgente — S. Giovanni 
Battista, S. Pietro, S. Paulo, S. Marco, e 
S. Girolamo — e nel terzo altare — la 
Visitazione — di Leandro Bassano. 


Nella cappella laterale alla maggiore 
situata a destra di chi guarda, sulla di 
essa parete si scorgono — la Nascita 
di M.V.— e — S&S. Zaccaria che innal- 
zò offerte. — Belle pitture iutte e due 
di Leandro. Bassano. 

Nella cappella maggiore havvi la pala 


dell’ altare con — a Risurrezione — 
e nelle pareti — Za Discesa al limbo — 
e — la Crocifissione —— opere distinte 


del Tintoretto. 

Il pulpito di San Gassiano è soste- 
nuto da due colonne di verde antico ; 
e ricche di marmi sono le Sagrestie di 
questo tempio nella seconda delle quali 


— 221 — 


un tableau de L. Bassano, représen- 
tant: — J, C. au jardin des Olives. 

Pour continuer cette visite, il faudra 
relourner à la place Sancta Maria Mater 
Domini, entrer dans la Rue-Longue (Cal- 
le Longa), passer le pont, tourner à 
droite, puis à gauche et enfiler la rue 
dite Rio Terrà (canal comblé). Au com- 
mencement de celte rue, au n. 2013 (2311 
tracé en rouge). on lira une inscription 
qui indique aux passants l’ancien logis 
d’Alde Minuce, célèbre imprimeur dont 
nous avons déjà parlé. Après avoir par 
couru cette rue, on arrivera à la pla- 
ce Saint Augustin. Dans cette place, et 
précisement tout proche de l’angle der- 
rière l’église, on remarquera sur le pa- 
vé une inscriplion qui rappelle que ce 
fut là qu’habita Baiamonte Tiepolo. La 
maison de ce rebelle fut rasée, par 
l’ordre du Grand-Conseil, le 25 juil- 
let 1310, et on éleva à sa place une 
colonne sur laquelle étaient gravées 
les paroles suivantes : 


De Baiamonte ceci fut le terrein 
et puis par son inique trahison 


mis en commun et pour l’épouvante d'autrui 
el pour enscigner à tous et toujours la sagesse. 


(Zraduct. mot-à-mot.) 

Cette colonne fut transportée, lan 
1903, par A. M. Quirini, dans la villa 
délicieuse que ce patricien possédait 
près de Padoue. Mais là non plus ne 
devait point se borner le cours des pé- 
régrinations de celte colonne, qui, a- 
près bien d’aulres vicissitudes, passa 
dans le jardin d’un Melzi, sur les bords 
du lac de Côme, où elle se trouve au- 
jourd’hui encore. 

Ensuite, passez le pont Dorà, la rue 
dello Spezier; arrivé à la place San Suin, 
tournez à gauche, passez le pont du 
même nom de San Stin, le quai suivant 
ct un autre pont, et vous arriverez à 


' 


havvi una bell’opera di Leandro Bassano 
rappresentante. -— Cristo nell'orto. — 

Per continuare questa visita si dovrà 
ritornare sul campo di S. M. Mater 
Domini, di là entrare nella Calle lun- 
ga e passato il Ponte girare a destra 
indi a sinistra ed entrare nella via 
detta Zio Terrà. Al principio di questa 
strada e propriamente sulla porta Num- 
rosso 2311 havvi un'iscrizione che indica 
l’antica abitazione di Aldo Manuzio ce- 
lebre tipografo di cui già sulle pagine 
innanzi abbiam fatto cenno. Si prose-, 
gua poscia questa via e si entrerà in 
campo $. Agostino, presso l’angolo die- 
tro la chiesa vedesi sul pavimento 
un’iscrizione che segna essere stalo 
quello il sito in cui sorgeva l’abitazio- 
ne di Bajamonte Tiepolo. La casa di 
quest’ uomo ribelle alla patria demoli- 
vasi per ordine del veneto Maggior Con- 
siglio il 25 luglio 1310, ed in luogo 
di essa innalzavasi una colonna su cui 


stavano incise le seguenti parole: 


De Bajamonte fo questo terreno 

E mo per suo iniquo tradimento 

Posto in comun et per altrui spavento 
E per mostrar à tutti sempre seno. 


Questa colonna fu poi trasportata nel- 
l’anno 1783 dal patrizio Angelo Ma- 
ria Quirini nella sua villa che delizio- 
sissima aveva in Altichiero presso Pa- 
dova. Ma ne manco quivi doveva sem- 
pre restare chè dopo molte vicende po- 
litiche e private cotal colonna venne 
in mano di un Melzi che la pose ad 
ornamento di un suo giardino in Tre- 
messina sul lago di Como. 

Per continuare questa visita si pas- 
serà il Ponte Donà, e la calle dello 
Spezier e giunti in campo dé S. Sun — 
sinistra si varcherà il 
Ponte pure di $. Sin il quale mette ad 


girando sulla 


una fondamenta conducente adaltro Por. 
te che sorge proprio in faccia della 


———___t1<«in ctuuurt1 


Vbootre- Dame des 


L'Eglise de 
i Toner 

Cette église fut d’abord une abbaye 
de moines blancs. Sous le dogat de Henri 
Dandolo, elle fut rebâtie en entier, aux 
frais de beaucoup de nobles et de ci- 
toyens de Venise, et entre autres d'un 
Gradenigo et 
établit alors les Frères Mineurs de 
l’observance de Saint Francois. Le car- 
dinal Ottaviano, légat du pape à Venise, 


d’un Justiniani. On y 


posa la première pierre des travaux de 
reconstruction}, confiés à 1° architecte 
Nicolas Pisano. La grand’porte de celte 
église est fort ornée, et surmontée de 
trois belles statues, attribuées à Nicolas 


Pisano ou à ses élèves. 


Dans l’intérieur de l’église, à quel- 
ques pas du portail, on voit au-dessus 
des bénitiers deux statues de bronze; 
celle à gauche représente — Saint An- 
toine — et celle à droile : — L’Innocence. 


Si vous commencez le tour de l’église 
par la droite en entrant, vous remarque- 
rez d’abord une urne élégante renfer- 
mant les cendres d’Alcis Pasqualigo 

Le premier autel, magnifique et riche 
en marbre précieux, fut exécuté d’après 
un carton de Sardi et de Longhena; les 
sculptures qui le décorent sont l’ouvra- 
ge de Juste de Curt. 

Le second autel est orné de sculptures 
du méme auteur, et tout près, du ‘côté 


Chiesa d S. Maria 
Di Frasi. 


Nei primi tempi era questa chiesa 
una Badia di Monaci bianchi, ma al- 
l’epoca in che reggeva il viniziano do- 
minio Enrico Dandolo rinnovavasi que- 
sto tempio, e solenne lo si rifabbricava 
a’ dispendii di molti nobili, e cittadini 
viniziani fra quali specialmente concor- 
sero un Gradenigo, ed un Giustiniano, 
ed ebbero ricetto in essoi Francescani 
minori osservanti. La prima pietra di 
tal rifabbricazione fu, gettata verso il 
1250 da Ottaviano cardinale il quale tro- 
vavasi a quell’epoca legato Pontificio a 
Venezia; l’ architetto fu un Nicolò Pi- 
sano. La principale porta di questo tem- 
pio è ornatissima, sopra la quale si di- 
stinguono tre belle statue che si re- 
putano del suindicato Nicolò Pisano o 
della sua scuola. $ 

Nello interno della chiesa a pochi pas- 
si dall’ ingresso principale veggonsi so- 
pra le pile per l’acqua santa due star | 
tue in bronzo. Quella a sinistra rap- 
presenta S. Antonio; Valtra a destra 
lInnocenza. 

Cominciando il. giro della chiesa a 
destra di chi entra ammirasi un’urna 
elegante contenente le ceneri di Alvise 
Pasqualigo. ., ak, 

Il primo altare, magnifico e ricco di 
e dal 


Longhena ed è bello di sculture ese- 


marmi fu disegnato dal Sardi, 
guite da Giusto de Curt. 


Il secondo ‘altare è pure adorno di 
sculture del medesimo artista. Presso 


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de l’épitre, reposent les cendres du Ti- 
tien. Mort de la peste À Venise au mois 
de septembre 1575, sa tombe ne fut ho- 
norée pour lors d'aucun monument, 
d’aucüne inscription. Nous n’ignorons 
pas que, vers les derniers temps de 
la république, on avait concu le projet 
d'élever à cet artiste immortel un tom- 
beau plus digne de lui, et une société 
présidée par le cavalier Zuliani avait 
même fait exécuter le modèle de ce mo- 
nument; mais la république vénitienne 
ayant péri, ce projet s’évanouit avec elle. 
Depuis lors, les cendres du grand Titien 
continuaient à giser à-peu-près complète- 
ment oubliées lorsque, dans ces'derniers 
temps, S. M. l’empereur Ferdinand I. 
ordonna l’érection du monument de- 
stiné à renfermer les restes du Titien 
et dont nous avons indiqué tout-à-l’heu- 
re la place. 


Le troisième autel possède un tableau 
de Salviati, représentant: — La Pre 
sentation de la Sainte-Vierge au temple 
D Tout” près, on voit le monument 
d’Alméric d’Est, général de Venise, 
mort en 1666. 

Le quatrième autel est orné d’un 
ouvrage achevé. et hardi d’Alexandre 
Vittoria, reproduisant: —- Saint Jéré- 
me —, et de deux statues en stuc du 
même auteur. Vient ensuite l’urne fu- 
néraire de Jacques Barbaro, mort en 1511. 


Le troisième autel possède le beau 
tableau de J. Palma — Le Martyre de 
Sainte Catherine — ; viennent ensuite 
les tombes de Marc Zeno, évèque de 
Torcello, mort en 1641, de François 
Joseph Marie Bottari, mort en 1708, et 
de Benoît Brugnolo, — littérateur di- 


slingué, mort en 1505, 


Dans le bras gauche de la branehe 


» . 


quest’ ultimo altare alla parte dell’ epi- 
stola riposano le ceneri di T'iziano Ve- 
cellio. Morto quest’insigne e famoso ar- 
tista nel settembre 1575 allora quando 
Venezia era afflitta dalla peste il suo 
sepolcro non venne distinto con verun 
ornamento od iscrizione. Egli ci è noto 
che negli ultimi tempi della repubblica 
si era dato ricetto all’idea d’innalzare 
un monumento a questo genio della pit- 
tura, e diffatto il modello era stato falto 
eseguire da una società di cui era capo 
il cav. Zuliani; se non che il progetto 
cadde col veneto governo, ed il pensie- 
ro di tributare al maestro della viniziana 
pittura sen tacque finchè S. M. 1’ Im- 
peratore Ferdinando I. decretava si do- 
vesse onorare con lapide la memoria del 
grand’ uomo, e la mercè gli ordini so- 
vrani s’ innalzò il monumento al Ve- 
cellio che ofa da questo lato del tem- 
pio si scorge. 

Nel terzo altare ammirasi la pala del 
Salviati con — Za Presentazione di M. V. 
al tempio, e varii Santi. — Quivi pres- 
so trovasi il monumento di Almerico 
Estense generale della repubblica morto 
l’anno 1666. 

Nel quarto altare v’ha un lavoro fi- 
nissimo ed ardito di Alessandro Vitto- 
ria rappresentante S. Girolamo, e due 
figure in istucco del medesimo autore, 
Seguita poscia l’ urna sepolcrale di Ja- 
copo Barbaro il quale cedea alla vita 
nel 

Nel quinto altare vi è una bell’ opera 
di J. Palma cioè .— i Martirio di Sunta 
Catterina; — seguono poi tre monu- 
menti in marmo vogliam dire il 1.mo 
di Marco Zeno Vescovo di Torcello 
morto l’anno 1641; il 2.do di Francesco 
Giuseppe Maria Bottari morto 1 anno 
1708; il 3.20 di Benedetto Brugnolo ce- 
lebre letterato morto l’anno 1505. 

Nel braccio della crociera a destra vi 


transversale de la croix formée par 
cette église, on voit une urne élégante 
dans le style des Lombard, renfermant 
les cendres de Jacques Marcello, mort 
en 1484; et à côlé de la porte de Ja 
sacristie, à droite du spectateur, une 
autre urne gothique, où reposent les 


restes du B. Pacifique, issu de la fa- 


mille patricienne des Bon, mort en 1437. 
Au-dessous de cette urne, près du coin, 
on admire un tableau de Viviani divisé 
en lrois compartiments , et portant la 
date de lan 1482: — Notre-Dame et 
quelques Saints. 

A gauche, on apercoit un autre mo- 
nument, surmonté d’une statue éque- 
stre de Paul Savello, prince romain, 
général de la république, 

Le magnifique mausolée du général 
Benoît Pesaro forme l’ornement de la 
porte de la sacristie; c’est un ouvrage 
précieux, exécuté en 1503, et attribué 
à l’école des Bregno qui florissait vers 
ce temps-là. On voit au milieu la sta- 
tue de ce général, sculptée par Lau- 
rent Bregno, el, à ‘gauche, celle de 
Mars, ouvrage de Baccio de Monte Lu- 
po de Toscane. | 

Dans la sacristie, vis-à-vis de la por- 
te, existe un précieux reliquaire, orné 
de sculptures en marbre exécutées par 
F. Penso dit Cabianca. On admire 
aussi deux Séraphins dorés, ouvrage 
d'André Brustolon, Ensuite, à gauche 
en entrant, on voit un petit tableau 
dans le style du Titien, représentant: 
— La Sainte Vierge, l Enfant Jésus, Sainte 
Catherine et un autre personnage —. 
L’autel de celte sacristie possède un 
bel ouvrage de J. Bellino, c’est-à-dire 
un tableau divisé en trois comparti- 
ments, qui reproduit: — La Sainte Fier- 
ge et quatre Saints. 

Retourné dans l’église, vous remar- 
querez d’abord les peintures et les 


# 
si vede un'urna elegante sul stile der 


Lombardi colle ceneri di Jacopo Mar- 
cello passato fra i più nel 1484 ; e la- 
teralmente alla porta della Sacrestia a 


destra di chi guarda altra urna gotica! 


con gli avanzi del Beato Pacifico, pio 
personaggio appartenente alle patrizia 
famiglia Bon morto nel 1437. Sotto 
quest’ urna presso l’ angolo ammirasi un 
quadro in tre comparti di B. Vivarini 
portante l’anno 1482 con — Nostra Don- 


na, ed alcuni Santi. — 


A sinistra di chi guarda si presenta 
altro monumento con statua equestre 
di Paolo Savello principe Romano ge- 
nera!e della renubblica. 

H Magnifico mausoleo del generale 
Benedetto Pesaro forma gli ornamenti 
della porta della sagrestia. Opera insi- 
gne del 1503, che si attribuisce alla 
scuola, dei Bregno che in quell’ epoca 
fioriva. Nel mezzo vedesi la statua del 
Duce scolpito da Lorenzo Bregno, ed 
alla sua sinistra quella di Marte lavoro 
di Baccio da Monte Lupo toscano. 


Nella Sagrestia dirimpetto alla porta 
havvi il Sacrario di preziose reliquie, 
adorno di sculture in marmo eseguite 
da Francesco Penso. detto Cabianca. 
Trovansi pure in questo Sacrario due 
Serafini dorati opera di Andrea Bru- 
stolon. A sinistra poi di chi entra ve- 
desi un, piccolo quadro alla maniera di 


CASTA 


S. Caterina, ed un’ altra figura — Lal- 


Tiziano con il Bambino 
tare di questa Sacrestia ha un’opera 
distinta di Giov. Bellino, cioè una ta- 
vola in tre comparti con — la B. Wer- 
gine, e quattro Santi. — 
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Ritornando in chiesa meritano alten- 

zione le pitture € monumenti esistenti 


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monuments que renferme la graud’cha- 
pelle, savoir: sur le mur à droite: — 
J. C. crucifié —, et à gauche: — Le Pa- 
radis — et— Le Jugement dernier —, 
tableaux du Vicentin. Quant aux mo- 
numents, ils sont placés comme il suit: 
à droite celui du doge François Fosca- 
ri, mort en 1457, bel ouvrage d’Antoi- 
ne et de Paul Bregno ; à gauche, celui 
du doge Nicolas Tron, mort en 1472, 
ouvrage admirable de l’école de ces mé- 
mes artistes, 


Le mailre autel, en marbre, et aussi 
élégant que riche, fut exécuté en 1516; 
le tableau qui le décore -- L'Assomption 
--, est du Salviali. 

Dans la cinquième Chapelle, en com- 
mençant à compter depuis la sacristie, 
on voit un tableau de Bernardin Lici- 
nio, qui nous montre: — Za Sainte 
Vierge et quelques Saints. — 

Dans la sixième chapelle à droite, 
existe le monument de Melchior Tré- 
visan, général de Venise, mort en 1500, 
ouvrage simple et d’un grand mérite 
altribué à Antoine Dentone. Vis-à-vis 
de ce monument, se trouve une pein- 
ture d’Octave Angarani, exécutée vers 
l’an 1700, et représentant: — Za Nais- 

sance de J. C. — Angarani appartenait 

à une famille patricienne de Venise, et 
c’est là une nouvelle preuve que la no- 
blesse vénitienne , ne se contentant 
point d’exercer un pouvoir absolu, sa- 
vait aussi s’honorer par l’amour des 
arts. È 

Dans la septième chapelle, on remar- 
que un ouvrage commencé par Vivarini 
et achevé par Marc Basaïti, c’est-à-dire: 
le tableau représentant: — Le Couron- 
nement de la Sainte Vierge —, placé au- 
dessus de l’autel. Sur les murs de ceite 
chapelle, on voit: à droite, un tableau 
tepréseutant — Saint Ambroise à che- 


nella cappella maggiore cioè sulla pa- 
vele a destra — Cristo in croce — a si- 
nistra — 11 Paradiso — ed — il Giu- 
dizio finale — quadri tutti e tre del 
Vicentino. I monumenti poi sono a de- 
stra quello del Doge Francesco Foscari 
morto nel 1457, lavoro pregiato di An- 
lonio e Paolo Bregno; a sinistra l’altro 
del Doge Niccolò Tron morto nel 1472. 
opera insigne della scuola dei Bregno 
divisa in quattro ordini sopra il basa- 
mento, ed abbellita di diecinove grandi 
statue. 

L'altare maggiore è lavoro in marmo 
ricco ed elegante fornito nel 1516; e la 
pala del Salviati rappresenta — L° 4s- 
sunta. — 

Nella quinta cappella, contando dalla 
Sagrestia, vedesi una tavola di Bernar- 
dino Licinio porgente — la Madonna 


con alcuni Santi. — 


Nella sesta cappella a destra, havvi il 
monumento. di Melchiore Trevisano ge- 
nerale della repubblica eslinto nel 1500, 
opera semplice e di merito sommo at- 
tribuita ad Antonio Dentone. Dirimpet- 
to poi a questo monumento ti si pre- 
senta una pittura di Ottavio Angarani 
eseguita verso il 1700 e rappresentante 
— la Natività di G. C. — Questo An- 
garani erà di famiglia patrizia, e puossi 
quindi desumere che anco la veneta no- 
biltà, ch’era allora il corpo sovrano del- 
la nazione, amava di esercitarsi nel. 
arti belle. 


Nella settima cappella trovasi un’ o- 
pera cominciata dal Vivarini e finita da 
Marco Basaiti, che è la tavola che ve- 
desi superiormente all’ altare rappresen- 
tante — l’ Incoronazione di M.V.— La pala 
poi offre — S. Ambrogio seduto fra alcuni 
Santi. — Le pareli laterali di questa 
cappella seno abbellite; a destra da un 

29 


— 226 — 


val chassant les Ariens —, par Jean Con- 
.tarini, au-dessus, duquel on en voit un 
autre, reproduisant «— Saint Charles 
Borromee distribuant des aumônes +, bel 
-ouvrage de l’école vénilienne. A gau- 
che, on voit deux tableaux du Titianel- 
«lo, représentant: — diverses actions des 
deux saints précités. 


‘ Maintenant, si vous étes curieux de 
‘connaître tout ce que cette église offre 
d’intéressant, sortez par la porte voi- 
sine et remarquez à droite l’extérieur 
‘d’une autre porte Jatérale: surmontée 
d’un bas-relief en marbre représentant 
.— La Vierge et l'Enfant Jésus —, buvra- 
ge fort remarquable d’un auteur incon- 
nu, qui vivait vers le milieu du XV siè- 
cle, à ce que l’on croit. A côté de cet- 
‘te porte, on voit dans deux médail- 
Jons l'effigie d’Urbain Balsino et de 
Pierre Valérien Balsano. 


Rentré dans l’église, vous remarque 
rez d’abord un tableau de B. Vivariai, 
divisé en trois compartiments, et re- 
présentant: — Saint Marc assis au mi- 
dieu de plusieurs autres Saints, et sur la 
même ligne le monument d’Orsini, exé- 
‘cuté par un auteur inconnu, mais fort 
estimé pour la simplicité et le fini de 
son travail, et qu’on fait remonter au 
XV. siècle, 

En continuant votre tournée à droite, 
vous rencontrerez le riche monument 
en marbre de Jerôme Venier, ouvrage 
du XVII siècle. 

Dans la chapelle dite de Saint Pierre, 
éxiste un autel fort orné de statues et 
de sculptures, ouvrage du XV. siècle. 
Sur un des murs de cette chapelle, se 
trouve une urne de marbre, renfermant 
les cendres de Pierre Miani, évêque de 
Vicence, mort en 1464, et au-déssous 
de l’urne les Fonts Baptismaux, ornés 


| 


quadro con — S. Ambrogio a cavallo 
che scaccia gli Ariant —: di Giovanni 
Contarini sovrapposto al quale vedesi 
altro quadro con — S. Carlo Borromeo 
che distribuisce elemosine — bell’opera 
della scuola veneziana. A sinistra am- 
miransi altri due quadri del Tizianello 
rappresentanti — altre azioni de’ sum- 
mentovati due Santi. — 


A questo punto il visitatore che de-. 


siderasse tutto vedere ‘quanto vi ha di 
interessante nel tempio che descrivia- 
mo potrà escire per la vicina porta 
ed osservare a destra l’ esterno di al- 
tra porta laterale sopra cui si vede un 
basso rilievo in marmo esprimente — 
la Vergine col bambino — pregiato la- 
voro di autor sconosciuto che sembra 
appartenere alla metà circa del secolo 
XV, Lateralmente poi a detta porta 
sonvi due medaglie colle teste di Ur- 
bano Bolzano e di Pietro Valeriano Bol- 
zano, 

 Rientrando in chiesa sulla parete del- 
la crociera vi ha una tavola di B. Viva- 
rini in tre comparti porgente — San 
Marco seduto nel mezzo, ed altri San- 
ti — e sulla stessa linea il monumento 
Orsini opera d’ ignoto autore ma tenuta 
in. molto pregio per la sua semplicità, 


e finitezza di lavoro — Si attribuisce. 


ancor questa al secolo XV. 


Seguendo il giro a destra si trova il 
ricco monumento in marmo di Girola- 
mo Venier lavoro del secolo XVII. 


Nella cappella così detta di S. Pietro 
ti si porge un altare ornatissimo di sta- 
tue e sculture. È desso travaglio del 
secolo XV. Sulla parete di questa cap- 
pella trovasi un’ urna marmorea conte- 
nente le ceneri di Pietro Miani vesco- 
vo di Vicenza morto nel 1464, e sotto 
l’urna il Baltisterio con statua di San 


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d’une statue de Saint Jean-Baptiste, ou- 
vrage de J. Sansovino, 

En sortant de cette chapelle pour re- 
tourner. dans l’église, vous rencontre- 
rez à droite un monument érigé à Jac- 
ques Pesaro, évêque et commandant mi- 
litaire, mort en 1547; ouvrage élégant 
et riche, en marbre d'Orient. 

Sur l’autel suivant on admire un ta- 
bleau remarquable du Titien, représen- 
tant: — La Sainte Vierge, Saint Pierre 
et quelques autres Saints, avec quelques 
personnages de la famille Pesaro méme. 

Après cet autel vient le grand mau- 
solée du doge Jean Pesaro; B. Lon- 
ghena en fut l’architecte et Marchio 
Barthel le sculpteur. Cet ouvrage, ri- 
che mais pesant et, tranchons le mot, 
défectueux, fut exécuté en 1669. Près 
de ce mausolée s’élève le monument 
funèbre érigé à Canova en 1827, et à 
lexécution duquel prirent part les ar- 
tistes les plus distingués de Venise, tels 
que Zandomeneghi, Ferrari, Bosa, Fa- 
bris, Montini, Rinaldi et Fadiga. 

L’autel en bois doré qui vient ensui- 
te, est, à ce que l’on croit, l’ouvrage 
d’arlistes florentins. Quant à la statue 
du milieu, représentant Saint Jean-Ba- 
ptiste, elle fut exécutée par Donatello. 
Entre la nef où se trouve cet autel et 
le portail, on voit le riche monument 
en marbre érigé à Pierre Bernardo, 
mort en 1668, et au-dessus du portail 
mème un autre monument, élevé à la 
mémoire de Jérôme Garzoni, mort en 
1688. 

Au milieu de l’église, on aperçoit un 
choeur magnifique, garni de 150 stalles 
en bois, ouvrage exquis de marquete- 
rie et de ciselure, exécuté en 1468 
par Jean Pierre de Vicence (que l’on 


croit être Je Canozio). Ce choeur est 


entouré d’une enceinte en marbre, or 
née de bas-reliefs et de statues, ouvra- 


Giovanni Battista scolpita da J. Sanso, 
vino. 

Uscendo dalla suddetta cappella, e ri- 
tornando in chiesa s'incontra sulla de- 
stra il monumento eretto a Jacopo Pe- 
saro vescovo e comandante militare mor- 
to l’anno 1547, opera elegante e forni- 
ta con isfarzo di marmi orientali, 

Nell’ altare che viene appresso si am- 
mira una pala con — Ja Vergine San 
Pietro, ed altri Santi con alcuni perso- 
naggi della famiglia Pesaro — distinto 
lavoro di Tiziano Vecellio. 

Dopo quest’ altare sorge il gran mau- 
soleo del Doge Giovanni Pesaro. Archi- 
tettavalo Baldassero Longhena, e Mar- 
chiò Barthel ne era lo scultore. Que- 
st’ opera ricca ma pesante, e direm puré 
difettosa eseguivasi nel 1669. Presso a 
questo mausoleo havvi il monumento 
eretto a Canova l’anno 1827 in cui po- 
neva l’opera loro i celebri artisti ve- 
neziani Zandomeneghi, Ferrari, Bosa, 
Fabris, Martini, Rinaldi, e Fadiga. 


L’altare che seguita in legno dorato 
si attribuisce ad artisti fiorentini. È 
opera poi del Donatello la statua di mez- 
zo rappresentante S. Giovanni Battista. 
Tra la navata ove ritrovasi quest’ al- 
tare, e la porla maggiore vedesi il ric- 
co ed eleganie monumento in marmo 
eretto a Pietro Bernardo mancato a’ 
vivi nel 1668; e sopra la porta l’altro 
monumento innalzato alla memoria di 
Girolamo Garzoni morto nel 1688. 


In mezzo alla chiesa trovasi il ma- 
gnifico coro con 150 sedili di legno la- 
voro finissimo in tarsia ed intaglio del 
1468 di Marco q. Giovanni Pietro da 
Vicenza ( si crede il Canozio). Que- 
sto coro è chiuso da un ricinto in mar- 
mo abbellito da bassi rilievi e statue ; 
opere tuile del 1475. À lati esterni di 


— 228 — © 


ges qui datent de 1475. Les côtés ex- 
térieurs de cette enceinte sont enrichis 
de peintures d’André Vicentin. 

A droite de ce choeur, on trouve une 
porte qui mène au cloître du couvent 
voisin, affecté aujourd'hui aux bureaux 
des archives publiques; ce cloître est 
orné de bas-reliefs et d'inscriptions. Un 
corridor, qui s’ouvre à gauche, conduit 
de ce cloître à 


esso sono adorni di pitture di Andrea 
Vicentino. 


A destra di questo coro trovasi una 
porta conducenfe nel chiostro dell’ad- 
jacente convento ora ad uso di Pubbli- 
co archivio, chiostro adorno di bassi ri- 
lievi ed iscrizioni. Da qui mediante 
un corridoio che si apre sulla sinistra 
sì passa alla 


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LE bise de Saiut-R och, 


Cette église fut élevée après la ces- 
sation de la peste à Venise en 1490, 
faveur céleste attribuée, selon la tradi- 
tion, à l’intercession de Saint Roch. 
Maître Buono contribua en grande par- 
lie à l'érection de cet édifice. Cette 
église fut ensuite rebâtie par Jean Scal- 
faroto, et la façade actuelle, d'ordre co- 
rinthien et composite, fut élevée par 
Bernardin Maccaruzzi. 

On sait que cette église fut bâtie aux 
dépens d’une confrérie de S. Roch, con- 
frérie qui avant la construction de cet- 
ie église se rassemblait dans celle de 
Saint Julien. Nous parlerons mainte- 
nant de tout ce qu'il y a de remarqua- 
ble dans celle église. 

A droite en entrant, après le premier 
autel, on admire deux tableaux du Tin- 
toret, c’est-à-dire — a Piscine pro- 
batique, et Saint Roch au désert. — 

Dans la chapelle, à droite de la prin- 
cipale, on aperçoit un tableau du Ti- 
tien représentant — Jesus-Christ trainé 
par un bourreau, et au-dessus on en 
voit un autre, qui représente — le Père 
Eternel au milieu des anges — par Au- 
dré Schiavone. 


Chiesa di DS Rocco. 


Edificavasi questo tempio nel 1490 
alloraquando Venezia rimase libera dalla 
peste per intercessione, secondo la tra- 
dizione di S. Rocco, e Mastro Buono vi 
poneva assai nello fibbricamentodi opera 
sua. Fu poscia rinnovata da Giovanni 
Scalfarotto, e la facciata presente di or- 
dine corintio e composito fu architettata 
da Bernardino Maccaruzzi. 


Egli ci è fatto noto che a dispendii 
di una confraternita di devoti a San 
Rocco veniva eretto questo tempio, con- 
fraternita che prima dello innalzamento 
della chiesa ragunavasi in quella di San 
Giuliano. Noteremo ora quanto di ri- 
marchevole v’ha in esso. 

A destra di chi sentra dopo il primo 
altare si ammirano due quadri del Tin- 
toretto cioè — la Probatica Piscina — 
e — S. Rocco in solitudine. — 

Nella cappella laterale alla maggiore 
a destra di chi guarda vedesi una tela 
di Tiziano Vecellio con — Gesù Cristo 
tratto da un Manigoldo — e sopra que- 
sta una mezza luna con — z Padre 
Eterno fragli angeli — di Andrea Schia- 


vone. 


— 229 — 


Les murs latéraux de la grand’cha- 
pelle sont ornés de quatre grands ta- 
bleaux du Tintoret, reproduisant — 
quelques traits de la vie de Saint-Roch — 
La. peinture à fresque, qu’on admire 
sur la coupole de celte chapelle, a été 
‘exécutée par le Pordenone, et restau- 
rée plus tard par Joseph Angeli: toute- 
fois on aperçoit encore quelques en- 

‘ fants, peints par Pordenone. 

Le maître-autel, qui est très-riche et 
très-élégant, fut construit, à ce qu’on 
croit, par Maitre Buono; le devant est 
incrusté de pierres précieuses et d’au- 
tres ouvrages fort exquis. 

Le tombeau, où git le corps de Saint 
Roch, est orné de peintures qui ap- 
partiennent, à ce qu’on dit, à Vivarini 
ou à Schiavone. Au-dessus de ce tom- 
beau on voit la statue du même Saint, 
laquelle fut sculptée par Maitre Buo- 
no; ct à coté de celle-ci on admire 
deux autres statues de Jean Marie Mas. 
sa, dont l’une représente — Saint Sé- 
bastien — et l’autre reproduit : — Saint 
Pantaléon. 

Le corridor qui mène à la sacristie, 
renferme une statue digne d’être men- 
lionnée, reproduisant — Pelegrino Bo- 
selli Grillo, — de Bergame, général de 
la république, mort en 1517. A côté 
de cette statue, sur les murs voisins, 
on apercoit une peinlure à fresque du 
Pordenone; représentant — Suint-Se- 
bastien. Le plafond de la sacristie fut 
peint par Francois Fontebasso. 

Rentré dans l’église, vous apercevez 
à droite du mur, qui est dans l’inter- 
valle entre les deux autels, un tableau 
de Jean-Antoine Fumiani, représentant 
— Jésus-Christ chas santles pro fanateurs 
du temple —, et au-dessus de ce tableau 
‘vous en voyez un aulre, partagé en 
deux compartimens, qui reproduit — 

Saint Mortin à cheval, et Saint Christophe 


Nella cappella maggiore le pareti la- 
terali sono abbellite da quattro gran 
quadri, opere distinte del Tintoretto 
rappresentanti — alcune azioni di Sar 
Rocco — La cupola di questa cappella 
fu dipinta a fresco dal Pordenone, ma 
venne rinnovata da Giuseppe Angeli; 
tuttavolta scorgonsi ancora alcuni put- 
tini fattura del suddetto Pordenone. 


Ricchissimo, ed elegantissimo è l’altar 
maggior che si reputa opera di Mastro 
Buono e il di cui parapetto è intar- 
siato di pietre preziose, e di finiti la- 
vori. 

L’avello in cui giace il corpo di 
San Rocco è adorno di pitture che 
si attribuiscono al Vivarini o allo Schia- 
vone. La statua del Santo che vi sta so- 
pra veniva scolpita. da M. Buono. La- 
teralmente poi Gio. Maria Mosca scol- 
piva le altre due statue di S. Sebastiano e 
S. Pantalone, 


Nel corridojo che conduce alla sagre- 
slia merita di venir ricordata una sta- 
tua di Pellegrino Boselli Grillo berga- 
masco generale della repubblica che nel 
15179 moriva, e lateralmente a questa 
statua sulla vicina parete una piltura a 
fresco del Pordenone rappresentante — 
San Sebastiano —. Il soffitto della sa- 
creslia è dipinto da Francesco Fonte- 
basso. 

Ritornando in chiesa e continuando 
il giro scorgesi sulla parete a destra 
fra i due altari un quadro di G. A. Fu- 
miani porgente — Cristo che scaccia i 
profanatori del tempio — e sovrapposto 
altro quadro in due pezzi collocati con- 
giuntamente con — S. Martino a ca- 
vallo e S. Cristoforo col bambino — ope- 
ra del Pordenone. 


* 


è portant l'enfant Jesus — ouvrage de Por- 
denone. 

Sur les murs latéraux du portail, on 
admire deux ouvrages du Tintoret ; 
celui qui est à droite, représente —- 
l’Annonciation — ; celui qui est à gau- 
che —- Saint Roch devant le Pape. 

Tout près de celte église, qui renfer- 
me plusieurs autres peinlures estima- 
bles, s’élève 


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Sulle pareti poi laterali alla porta 
maggiore veggonsi due opere del Tin: 
toretto cioè a destra — ? Annunziata — 
ed a sinistra — S. Rocco dinanzi al 
Papa. 

Altre buone pitture eziandio presen: 
ta questo tempio vicino al quale in- 
nalzasi 


———__1i119@6‘68800-0-0 Gea 


€ Ecole de Saimt-ARoch. 


L’école de Saint-Roch fut bâtie, ainsi 
que l'église, aux frais d’une société 
de personnes pieuses ou confrérie, 

comme on l’a dit. Cette confrérie, dé- 
sirant avoir un autre édifice pour s’y 
rassembler, fit venir en 1516 les artistes 
les plus célèbres, et leur ordonna d’éri- 
ger un bâtiment magnifique, qui réunit 
dans son ensemble les modèles les plus 
parfaits d'architecture, de sculpture, et 
de peinture. 

La confrérie de Saint Roch était, en- 
tre toutes les grandes écoles (1), celle qui 
pouvait se distinguer le mieux par son 
opulence, puisqu'elle était composée de 
marchands, qui, comme on sait, abon- 
daient à Venise en richesses. Ses mem- 
bres principaux, qu’on appelait la Ban- 
que, étaient destinées à recevoir le prin- 
ce de la république, auquel le gardien 
de l’école donnait en présent un bou- 
quel, tandis que le sous-gardien en pré- 
sentait un autre aux ambassadeurs et 
à la Seigneurie. Dans ce jour c’était le 

(1) Il y avait à Venise six grandes 
écoles, ainsi nommées à cause de leur im- 
portance tout-à-fait particulière, 


La scuola db S. Rocco. 


A simiglianza della Chiesa anco la 
scuola di S. Rocco veniva edificata da 
un unione di gente pia, e divota del 
Santo che come abbiam detto appella- 
vasi confraternita. Questa desiosa di 
avere un altro edificio per’ tenervi le 
sue ragunanze nel 1516 chiamava gli 
artefici più celebri, ed ordinava loro 
d’ innalzare una fabbrica solenne in cui 
fosse la unione la più perfetta ‘di ar- 
chitettura, scultura e pittura. 

La confraternita di S. Rocco era d’ini 
fra le scuole. grandi (1) quella che me- 
glio poteva distinguersi in dovizia poi 
chè composta da mercadanti i quali, co- 
me ognun sa, invano forniti in Venezia 
di ricchezze grandissime. Le principali 
cariche di lei chiamate Za Banca erano 
destinate ad accogliere il principe della 
repubblica il quale a mano del guardiano 
grande veniva presentato di un maz- 
zetto di fiori mentre il sotto guardiano 
ne offeriva uno agli ambasciatori, ed 
alla Signoria. In quel dì era il cappel- 


(1) Sei erano le scuole grandi a Venezia, 
e prendevano siffatto nome appunto perchè 
più grande delle altre era la loro im- 
portanza» 


— 231 — 


chapelain de la confrérie, qui célébrait 
la messe, privilége accordé par le prince 
à cette société ; car c'était le chapelain 
ducal qui devait la célébrer dans tou- 
tes les autres circonstances. Aussitôt la 
messe achevée, plusieurs valets distri- 
buaient des cierges, qu’ils portaient 
dans des bassins d'argent, au doge et 
à tous ceux qui avaient assisté à 
cette solennité. Le corlége passait ‘en- 


suite dans une des salles de l’école, 


où l’on vénérait les reliques sacrées qui, 
aux temps de la république, formaient 
le trésor de cette société. Le doge, a- 
vant son départ, ordonnait au gardien 
supérieur de présenter à la confrérie 
l'approbation du gouvernement, ‘et les 
assurances de sa protection particuliè- 
re (1). 

- Peut-être nous sommes-nous trop ar- 
rêlé: à ces vieux souvenirs, et il est 
temps que nous revenions à notre sujet. 
Nous avons dit ci-dessus que la constru- 
ction de cette école fut arrêtée. en 1516. 
En effet cet édifice fut commencé l’an 
1517. Pierre Lombardo et Sébastien Ser- 
lio ont été, à ce qu’on dit, les auteurs 
du premier plan ; Marc Buono, Santo 
Lombardo, Antoine Scarpagni, dit Scar- 
pagnino , et Jacques Sansovino l'ont 
exécuté, en y ajoulant quelque détail. 
La façade, qu'on voit sur le canal, est 


| attribuée à l’architecte du premier plan; | 


et celle qui donne sur le campo, (place) 
divisée en deux ôrdres corinthiens, ri- 
che de marbres grecs et orientaux, ap- 
partient au Scarpagnino. L’aile où exi- 
ste la salle, appelée auberge, ainsi que 
les salles inférieures, fut exécutée par 
le même artiste. 

Les murs de la salle au rez-de-chaus- 


(1) Les doges, par le fait même de leur 
élection, devenaient membres de cette so- 
ciete. 


lano. della confraternita che celebrava 
la messa, privilegio concesso dal prin- 
cipe a quella società imperciochè in 
tutte le altre occasioni spettava il dirla 
al cappellano ducale. Fornito. il santo 
sagrificio comparivano dei servienti con 
bacili d’argento carichi di cere, le quali 
distribuivansi al doge ed a tutti quei 
che alla funzione aveano assistito, po- 
scia il corteggio passava in una sala 
della scuola per venerarvi le sacre re- 
liquie, tesoro a’ tempi repubblicani pre- 
ziosissimo di quella società; e come il 
principe viniziano stava per partire di- 
rigeva la parola al guardiano superiore, 
e lo commissionava di porgere alla con- 
fraternita l’ approvazione del governo, 
e le assicurazioni della sua speciale pre- 
dilezione (1). 

Ma noi per avventura ci abbiamo per- 
duto un pò troppo in vecchie remini- 
scenze ed è tempo che ritorniamo a 
bomba. Abbia detto più sopra che nel 
1516 stabilivasi l’edificamento di questa 
scuola e difatto nel 1517 davasiad essa 
principio. Pietro Lombardo, e Sebastia- 
no Serlio si reputano autori del primo 
modello, M. Buono poi, Santo Lombar- 
do, Antonio Scarpagni detto Scarpa- 
gnino eJ. Sansovino si occuparono della 
esecuzione e di qualche aggiunta. La 
facciata sul rio si attribuisce all’ archi- 
tetto del primo modello, e la facciata 
sul campo in due ordini corintii, ricca 
di marmi greci e orientali, allo Scar- 
pagnino che fu pure Parchitetto di quel- 
Pala ovè collocata la sala chiamata 
l'albergo, e luoghi sotto posti alla me- 
desima. 


Le pareti della sala terrena sono co- 


(1) Z dogi al momento della loro ele- 
zione divenivano membri di questa so- 
cietà. 


— 252 — 


sée, sont tout converts de tableaux peints 
par le Tintoret. Parmi ces peintures on 
remarque la première et la quatrième à 
gauche, dont l’une représente ; — ? An- 
nonciation —, l’autre — le Massacre des 
Innocens —. L’autel qu’on admire dans 
Ja même salle, possède une magnifique 
statue, reproduisant — Saint Roch —, 
sculptée par Jérôme Campagna. 

L’escalier est un ouvrage estimable du 
Scarpagnino. Au milieu de cet escalier, 
parmi plusieurs tableaux qu’on y admi- 
re, on en voit deux, dont l’un, peint par 
le Titien, représente — /’Annonciation 
—, l’autre, par le Tintoret, reproduit — 
la Visitation. | 

A l’entrée de cet escalier, dans la sal- 
le supérieure, on aperçoit les piédestaux 
des colonnes, ornés de sculptures, qui 
nous montrent — quelques traits de l'E- 
criture Sainte — Celle salle est toute 
couverle de peintures exéculées par le 
Tintoret, parmi lesquelles on remarque: 
sur Je mur, qui est en face de l’escalier: 
— la Résurrection de Jésus-Christ (troi- 
sième tableau) — a Cène (cinquième 
tableau) —, et vis-à-vis de celui-ci, on 
aperçoit — Za Multiplication des pains 
et des poissons —. L’autel qu’on admire 
dans celle salle, est un bel ouvrage de 
François de Bernardino, achevé en 1588. 
Sur cet autel vous voyez un tableau, 
qui représente — Saint Roch dans sa 
gloire et plusieurs pestiféres —. Les deux 
statues latérales, dont l’une reproduit — 
Saint-Jean Baptiste —, l’autre — Saint 
Sebastien —, 


Vi 


ainsi que les deux autres, 
qu’on voit sur la balustrade, ont été 
sculptées par J. Campagna. Les ciselu- 
res que vous apercevez à côlé de l’au- 
tel, sont attribuées à Jean Marchiori, 
et représentent — Za vie de Saint Roch. 

Autour de li salle, on admire des co- 
lonnes en marbre, ornées de sculptures 
exquises, ainsi que des ciselures en bois, 


perte di dipinti eseguiti tutti da J. Tin- 
toretto fra cui si distinguono il primo 
ed il quinto a sinistra rappresentante 
— l’Annunziata — e — la Strage de-. 
gli Innocenti. — L'altare nella medesi- 
ma sala è bello di una statua di Sar 


Rocco scultura reputata di Girolamo 


Campagna. 


Magnifica opera è la scala dallo Scar- 
pagnino ampliata alla cui metà fra gli 
altri veggonsi due quadri l’uno di Ti- 
ziano Vecellio rappresentante — la Ver- 
gine Annunziata — V'allro — La visita 
di S. Elisabetta — di J. Tintoretto. 

Allo sbocco di detta scala nella su- 
perior sala veggonsi i piedestalli delle 
colonne da belle sculture decorati por- 
genti— alcuni fatti della sacra storia.-— 
La sala poi è tutta coperta di pitture del 
suddetto Tintoretto fra cui è da notare 
principalmente, Sulla parete dirimpetto 
alla Scala — la Risurrezione di Gesù Cri- 
sto (terzo quadro) — la cena degli apo- 
stoli — (quinto quadro). --- In faccia a 
questa — la Moltiplicazione dei pani e 
dei pesci. — L'altare che scorgesi in 
questa sala è opera distinta di France- 
sco di Bernardino fornita l’anno 1588. 
La pala rappresenta — S. Rocco in glo- 
ria ed alcuni infermi all’ inorno. — G. 
Campagna scolpiva le due statue late- 
rali cioè. — S£. Gio. Battista, e S. Seba- 
stiano. — Del medesimo Campagna so- 
no le altre duc statue che veggonsi sul- 
la balaustrata; e di Giovanni Marchiori 
sono gli intagli che Li si presentano la- 
teralmente all’altare rappresentanti -- 
la vita di S. Rocco. 


Dintorno alla sala girano alcune co. 
lonne in marmo con fine sculture, non 
che alcuni intagli in legno eseguiti da 


| Lots 


qui ont élé exéculées per Francois 
Pianta, excepté celles qu’on voit sur la 
facade vis-à-vis de l'autel, car ces gra- 
vures-ci, plus estimables encore que les 
premières, appartiennent à Michel-An- 
ge de Florence. 

Les plafonds de ces salles sont des 
ouvrages hardis et magnifiques. Si vous 
partez du côté de la façade qui donne 
sur la rue, et allez vers l’autel, vous 
voyez dans la ligne de compartiment 
du milieu les tableaux suivants — Adam 
et Eve — Moïse qui fait jaillir l’eau du 
Rocher — Jonas sortant du ventre de la 
baleine — le Châtiment des serpents — 
Le sacrifice d’ Abraham — la chite de la 
manne — la Pâque célébrée par les Juifs. 


Dans la Chancellerie, sur le mur à 
droite, on remarque un tableau repro- 
duisant — Saint Roch — peint par le 
Prêtre Génois, et un autre tableau, qui 
nous montre — Jésus-Christ souffrant , 
exécuté d’après les cartons du Titien ; 
on y aperçoit aussi une peinture, repré- 
sentant — Saint Pierre. 

Trois colonnes précieuses, que plu- 
sieurs connaisseurs attribuent à Luma- 
chella, servent d'ornement à la porte 
qui mène aux Archives, où l’on ad- 
mire une mosaique reproduisant -— 
PAnnonciation — ouvrage de Jean No- 
vello. 

Dans la salle, nommée l’aubderge, on 
apercoit une porte en marbre ornée de 
sculptures très estimables, et hors de 
celte porte — Ze portrait de Jacques 
Tintoret — peint par lui-même en 1572. 
Intérieurement, sur le mur qui est en 
face de la même porte, se trouve un 
autre ouvrage de Tintoret. Cette pein- 
ture, qui est un chef-d'oeuvre d’inven- 
tion et d’exécution, représente — Le 
Crucifiement — Vis-à-vis de ce tableau, 
c'est-à-dire sur Ja porte, on admire un 


Francesco Pianta. Non tulti però sono 
di quest’ ultimo artista chè quelli dispo- 
sti nella facciata che sta dirimpetto al- 
l’altare e più finiti dei primi sono opera 
di Michelangelo da Firenze. 

Lavoro di grande ardimento è forza 
d’immaginazione è il soffitto di queste 
sale. Cominciando dalla parte della fac- 
ciata che guarda il campo, e progreden- 
do verso l’altare Ja linea di compar- 
timento di mezzo è composta dei se- 
guenti pezzi -- Adamo ed Eva -- Mosè 
che fa scaturire l’acqua -- Giona che esce 
dalla balena. -- Il castigo dei serpenti. -- 
Il Sacrifizio di Abramo. -- La caduta del- 
la Manna. -- La Pasqua celebrata dagli 
Ebrei. 

Nella Cancelleria noti sulla parete a 
destra -- S. Rocco — dipinto dal Prete 
Genovese -- Cristo paziente -- maniera 
del Tiziano ; ed un arazzo che rappre” 
senta -- S. Pietro. — 


Due preziose colonne credute dai più 
di Lumachella abbelliscono la porta che 
mette all’ archivio in cui ti ferma un 
mosaico rappresentante -- La Vergine 
Annunziata — opera di Giov. Novello. 


Nella Sala chiamata l’Albergo merita 
osservazione la bella porta in marmo 
avente bellissime sculture, e sopra que- 
sta esternamente il -- ritratto di J. Tin- 
toretto -- dipinto da lui medesimo l’an- 
no 1572. Internamente poi sulla parete 
in faccia a detta porta havvi altra ope- 
ra del medesimo Tintoretto capo lavoro 
e per invenzione, e per esecuzione por- 
gente -- La Crocifissione. -- Dirimpetto 
questo ultimo quadro cioè sopra la por- 
la si osserva un -- Zcce Homo -- a de- 

30 


— 254 — 


Ecce Homo — ; à droite de celui-ci, 
on voit — Jésus-Christ devant Pilate — 
et à gauche — Jésus-Christ sur le Cal- 
vaire. 

Les plafonds de ces salles sont fort 
estimables. Tintoret peignit dans le com- 


partiment du milieu — Saint-Roch con- 


templant le Père Eternel — et dans les 
autres compartiments — es six gran- 
des Confréries de Venise. 

Non-loin de cet édifice, se trouve le 
manége dit de Saint Roch, bâtiment fort 
bien approprié à sa destination; on y 
trouve des chevaux très bien dressés par 
le Directeur, qui offre aux habitants de 
Venise comme aux étrangers la commo- 
- dité de s’y exercer chaque jour moyen- 
nant une rétribution modique. 


Après avoir visité la grande Confré- 
vie de Saint Roch, il faut retourner par 
le cloître des Frari sur la place où est 
l’église, passer le pont, tourner à gau- 
che, passer l’autre pont, appelé de Saint 
Stin, puis tourner encore à gauche, et 
entrer dans la rue à droite du Magaz- 
zeno. Au milieu de celte rue, on apercoit 


stra -- Cristo d’ innanzi a Pilato -- ed a 
sinistra. -- Cristo sul Calvario. — 


Pregievole d’assai è il soffitto di que- 
sta sala giacchè Tintoretto vi dipingeva 


nel comparto di mezzo -- S. Rocco che | 


contempla l Eterno padre -- e nei compar- 
ti-- le sei grandi confraternite di Venezia. 


Non lontana da questo edificio ritro- 
vasi la cavallerizza, o stabilimento di 
equitazione, Questo fabbricato è dispo- 
sto in modo che assai felicemente si of- 
fre a quest’uopo. Buoni sono i cavalli 
da maneggio che vi si rinvengono e bene 
ammaestrati dal Direttore il quale of- 
fre agli abitanti di Venezia ed ai fore- 
stieri pur’ anco agio di esercitarsi ogni 
giorno verso discreto pagamento. 

Visitata che si avrà l’Arciconfrater- 
nita di S. Rocco si ritorni pel chiostro 
dei Frari al campo dinanzi la chiesa, 
si passi il ponte, si giri a sinistra, sì 
passi l’altro ponte di S, Stin appellato, 
poi si giri a sinistra, si entri nella cal- 
le a destra del Magazzeno eda metà ri- 
troverassi sulla manca 


n "—"___—_____————@mb 


L'Eglise de Oaiut-deaw 
l'Evaug éliôte, 


La noble famille Partecipazio, l’une 
des plus anciennes de Venise, et appe- 
lée ensuite Badoer, fit construire en 
690 cette église dont le juspatronato lui 
fut dès-lors dévolu. L’arc qu’on ad- 
mire à l’entrée de léglise, est d’une 
date plus récente que l’église même, 
puisqu'il fut construit, à ce que l’on dit, 
aux temps des Lombard, en 1480. 


La Chiesa di $ Gio: Evangelista, 


La nobil famiglia Partecipazio, una 
delle più antiche patrizie famiglie di 
Venezia che coll’ andare del tempo pre- 
se l’altro appellativo di Badoer, fu 
quella che nel Goo fondava questa 
chiesa, e ne prendeva fin d? allora 37 
jus patronato. L’ arco che dà ingres- 
so al tempio è molto posteriore alla 
fabbrica della chiesa conciossiachè re- 


— 935 — 


Dans l'intérieur de cette église, on 
remarque les peintures suivantes: 

Sur le mur, à droite de la grand’ 
chapelle, un tableau reproduisant — le 
Crucifiement de Jésus-Christ += peint 
par le Tintoret en 1626. 
| Sur le maître-autel un tableau, qui 
nous montre — Saint Jean écrivant 
l'apocalypse — , exécuté par Pierre 
Liberi. 

Dans la chapelle à côté de la prin- 
cipale, à droite, on remarque un autre 
tableau, qui représente — le Couronne- 
ment de la Vierge Marie. 

Enfin dans la chapelle à droite de l’or- 
gue vous apercevrez un troisième tableau, 
qui vous offre — Saint Jacques — peint 
par l’Aliense. 

Pour continuer ‘cette visite, il faut 
repasser le Pont de Saint Stin, marcher 
le long du quai jusqu’au bout, tourner 
à gauche, puis à droite, et entrer dans 
la rue dite des Savoneri. Après que vous 
aurez parcouru cette rue, à gauche, vous 
verrez le Pont de Saint Paul, où vous 
vous arrêterez pour regarder le Palais 
Corner Mocenigo, dont la facade est di- 
gne d’être observée. Cette facade, qui 
est partagée en trois ordres, dorique, 
ionique et corinthien, fut construite en 
1548, par Sammicheli. Quand vous aurez 
passé le Pont de Saint Paul, vous aper- 
cevrez tout près 


putasi opera dei Lombardi dell’ anno 
1480. 

Nello interno del tempio è mestieri 
notare. 

Sulla parete a destra della cappella 
maggiore — la Crocifissione di Cristo 
— che J. Tintoretto nel 1626 eseguiva. 


Nell” altar maggiore una pala con — 
S. Giovanni che scrive l'apocalisse — di 
Pietro Liberi. 


Nella cappella laterale alla maggiore 
a destra di chi guarda altra pala rap- 
presentante — a Coronazione di M. V. 
— di Andrea Vicentino, 

Finalmente nella cappella a destra 
dell’organo una terza pala porgente — 
— S. Giacomo — dell’ Aliense. 


Per continuare questa visita è duopo 
ripassare il Ponte di S. Sin, prosegui- 
re la fondamenta fino alla sua estremità, 
girarsi a sinistra indi a destra ed en- 
trare nella calle detta dei Savoneri, 
percorsa la quale a mano manca ti si. 
presenterà il Ponte di Sar Polo sul 
quale soffermandoti vedrai il Palazzo 
Corner Mocenigo la cui facciata merita 
l'osservazione del nazionale e del fo- 
restiero, Ella è divisa in tre ordini Do- 
rico Jonico Corintio, e n° era architet- 
to nel 1548 M. Sammichieli. Sceso que= 
sto ponte incontri poco dalla lunge 


—————__ss-0-0-0- Gerace 


L'Eg lise de SARI 


Dandolo, notre ancien chroniqueur, 
raconte qu’en 837 les doges Pierre Tra- 
donico, et Jean son fils et son compa- 


La Obiesa di S. Paolo volgarurente 
S. Polo. 


Riferisce il Dandolo, antico cronista 
nostro, che nel 837 i dogi Pietro Tra- 
donico e Giovanni suo figliuolo e com- 


— 956 — 


gnon sur le trone ducal ont.été les fon- . 


dateurs de l’antique église de Saint Paul, 
qui fut récemment restaurée sous la di- 
rection de David Rossi. 


Sur les murs latéraux de la chapelle 
à côte de la principale, on admire à droi- 
te quatre tableaux peints par le Salviati. 
Deux de ces tableaux représentent — 
le Lavement des ‘pieds — et — Jésus- 
Christ au jardin des Olives —; les au- 
tres deux — Jesus-Christ qui monte le 
Calvaire — et — Jésus-Christ mort. 

Dans la grand’chapelle, on remarque 
les tableaux suivants: à droite, — la 
mort de Saint Antoine Abbé — et — les 
tentations du même Saint + à gauche 
— Saint Pierre qui reçoit les clefs de Jésus- 
Christ — et — Saint Pierre au milieu des 
apôtres —. Tous ces ouvrages furent 
exécutés par Jacques Palma. 

Sur le maître-autel, on aperçoit un ta- 
bleau reproduisant — la Conversion de 
Saint Paul — peint par Palma. Les deux 
statues .en bronze qu’on y admire, re- 
présentant, l’une — Saint Antoine Ab- 
bé —, et l’autre — Saint Paul —,ont été 
sculptées par Alexandre Vittoria. 

Dans la chapelle près de la principa- 
le, à droite, on remarque un tableau- 
d’autel, peint par Paul Véronèse, et re- 
produisant — Ze mariage de Notre-Du- 
me -- et sur le mur à gauche, onvoit: -- 
Saint-Laurent et plusieurs autres figures. 


Outre les tableaux précités, il faut 
aussi remarquer dans cette église une 
peinture du Tintoret, placée près de 
l'orgue, à gauche de l'observateur, et 
représentant -- Za Cene --, et en face, un 
tableau reproduisant -- le Baptéme de 
Dempereur Constantin --, ouvrage de 
Paul Piazza, appelé frère Cosme, Ca- 
pucin. . i | 

Le clocher, qui s'élève non-loin de 


pagno al soglio ducale fossero i fonda- 
tori dell’ antica chiesa di S. Paolo che 
poi venne dello in tutto ristaurata e 
riformata sotto la direzione di David 
Rossi. 

Sulle pareti laterali della cappella di 
fianco alla maggiore a destra di chi guar- 
da sonvi quattro quadri del Salviati rap- 
presentanti dall’ una parte — il lavare 
de’ piedi — Cristo nell’orto — e dall’altra 
— Cristo che monta il Calvario e — Cristo. 
morto. — 


Nella Cappella maggiore meritano os- 
servazione i seguenti quadri: a destra 
— il transito di S. Antonio Abate — 
— le tentazioni del medesimo —; a si- 
nistra — S. Pietro che riceve le chiavi 
del Nazareno — e — S. Pietro fra gli 
Apostoli — opere tutte e quattro di J. 
Palma. | 

Nell’altar maggiore il suddetto Pal- 
ma poneva la pala con — la Conversio- 
ne di S. Paolo — e lo scultore A. Vit- 
toria le due statue in bronzo porgenti 
S. Antonio Abate e S. Paolo. 


Nella cappella vicina alla maggiore a 
sinistra di chi guarda P. Veronese di- 
pingeva la pala d’ altare porgente — Lo 
Sposalizio di Nostra Donna — e sulla 
parete a sinistra della scuola del vec- 
chio Palma. vedesi — S. Lorenzo fra 
molti astanti. — 

Oltre le ricordate sonvi altre pitture 
eziandio in questa chiesa fra le quali 
distinguonsi — Za Cena — del Tinto- 
retto collocata a sinistra di chi guarda 
verso l’organo; e sopra il Banco dall’op- 
posta parte — ël Battesimo dell’ impe- 
ratore Costantino -— di Paolo Piazza 
chiamato fra Cosimo Capuccino. 


Il campanile di questa chiesa che s’in- 


— 937 — 


tette église, est remarquable par deux 
lions, qu’on voit placés sur le soubas- 
sement du côté de la porte. À un de ces 
lions s’enlace un serpent qui voudrait 
l'étouffer ; l’autre tient entre ses griffes 
une tête séparée de son buste. Selon la 
tradition, ces deux sculptures font al- 
lusion au général Carmagnola, dont la 
fin déplorable a été, selon quelques-uns, 
une tache pour le caraclère de la répu- 
blique de Venise. Nous avons déjà parlé 
de cet événement, et par conséquent 
nous croyoent inutile de reparler d’une 
chose étrangère au but présent de cet 
ouvrage. Nous dirons seulement que 
l’époque de cet événement remonte à 
l’an 1432, et que le général Carma- 
gnola fut condamné à mort par la ré- 
publique, parce qu’elle savait qu’il avait 
des intelligences secrètes avec le Duc 
de Milan, qui était alors en guerre avec 
elle. Carmagnola habitait dans un palais 
proche de cet endroit et l’on prétend 
que c’est pour cela qu’on y a placé ce 
monument, ou pour mieux dire, ce sou- 
venir. 

Pour continuer cette visite, il faut 
entrer dans la rue de la Madonetta, pas- 
ser celle des Meloni, et parvenir sur la 
place de Saint-Apollinaire. Alors, vous 
verrez à gauche une rue, appelée del 
Ponte storto, qui mène à l’ancien séjour 
de Blanche Cappello, dont nous avons 
parlé à la page 81 de cet ouvrage, 
C’est de ce palais que cette femme, 
célèbre dans les annales de l’Italie, s’é- 
chappa en 1563 avec Pierre Bonaventuri. 
Retourné sur Ja place de Saint-Apolli- 
naire, vous apercevrez une église réstau- 
rée depuis peu, c’est-à-dire 


nalza poco dalle lunge di lei è osser- 
vabile per due leoni in marmo che gli 
stan collocati sopra il basamento nel 
lato ove ha la porta. Uno di essi ve- 
desi avviticchiato da un serpente che 
mostra volerlo affogare, l’altro tiene 
d’ infra le zampe una testa che sembra 
essere stata recisa da un busto. Vuole 
la tradizione che essi sieno allusivi al 
general Carmagnola la cui lagrimosa fi- 
ne voglion certuni abbia impronta una 
marca di condannabile violenza sulla 
repubblica veneta. Noi altrove abbiam 
tocco su questo fatto e fia inutile il ri- 
petere il detto essend’ esso estraneo allo 
scopo di questo libro, soggiungeremo 
però che fu l’anno 1432 l’epoca dello 
avvenimento e che il Carmagnola fu 
condannato ad esser decapitato poichè 
constava a quell’ estinta potenza aver 
egli avuto delle secrete intelligenze col 
Duca di Milano allora in guerra con lei, 
Il Carmagnola abitava un palazzo poco 
lontano da quel sito e per avventura si 
volle per ciò ivi porre quel monumento, 
e meglio quell’ allusivo ricordo. 

Per continuare questa visita è me- 
stieri entrare la calle detta della Mado- 
netta, passare la via dei Melloni, en- 
trare il campo di S. Aponal in cui si 
apre sulla sinistra una calle chiamata 
del Ponte Storto la quale mette all’an- 
tica abitazione di Bianca Cappello di 
cui abbiamo tocco alla pagina ottantu- 
no di quest'opera. Fu da qui che que- 
sta famosa negli annali d’Italia fuggì 
nel 1563 con Pietro Bonaventuri. Ri- 
tornando al campo di S. Aponal vedesi 
testè ristaurata 


RIO AI) DA SE 


L'Eglise de Saint-Sopollimaite. 


Cette église fut érigée, selon les an- 
ciens chroniqueurs, par Alexandre Scie- 
volo de Ravenne, au commencement du 
siècle XI. Dans ces derniers temps, à 
cause des changements qui eurent lieu 
dans cette ville, sous la domination fran- 
caise, l’église de Saint-Apollinaire fut 
affectée à des usages profanes: mais au- 
jourd’hui elle a été rendue au culte sa- 
cré, grâce aux offrandes généreuses et 
spontanées des personnes pieuses. 

On entre par une porte de marbre 
magnifique, qui appartenait à l’église 
supprimée de l’Ile de Sainte - Hélène. 
Au-dessus de cette porte on aperçoit 
un groupe, représentant — Wictor Cap- 
pello agenowillé devant Sainte Hélène —, 
sculpté par Antoine Dentone en 1480. 

Le maître-autel, qu’on voit mainte- 
nant dans celte église, est un ouvrage 
précieux par les marbres, dont il est 
orné. Sur cet autel, qui appartenait ja- 
dis à l’église aujourd’hui supprimée de 
Sainte-Justine, on admire deux statues, 
dont l’une, sculptée par Antoine Lom- 
bardo, reproduit — Saint Thomas —, 
l’autre par Paul Milanese, nous mon- 
ire — Saint Pierre martyre. Ces deux 
statues se trouvaient auparavant dans 
l’église de Saint-Jean-et-Saint-Paul. Le 
tableau du maître-autel, peint par le 
Querena, représente — Le martyre de 
Saint-Apollinaire. 

A droile, en entrant, vous apercevez 
sur le premier autel, un tableau peint 
par Bellini, qui vous offre: — L’4s- 
somption de la Vierge Marie —. Sur le 
second autel, ouvrage magnifique en 
marbre du Sansovino, vous voyez un 
chef-d’oeuvre de Jules Dal Moro re- 
présentant — Lès quatre martyrs cou- 
ronnés. — Sur le troisième autel on ad- 


38 — 


La Ohiesa di S. dbpollunase, 


Sul principiare del secolo XI erige- 
vasi questo tempio a cura, secondo le 
antiche cronache, di un Alessandro Scie» 
volo ravennate. Nei primi anni del pre- 
sente secolo per le varietà , figlie del 
dominio francese avvenute in questa 
città, fu secolarizzata, ma a nostri giorni 
mercè generose e sponlanee oblazioni di 
gente pia venne riaperta al culto di- 
vino. 


L'ingresso è decorato di magnifica 
porta di marmo che apparteneva alla sop- 
pressa chiesa dell'Isola di S. Elena; 
ed un gruppo porgente Zittore Cappel- 
lo genuflesso dinanzi S. Elena sculpito 
da Antonio Dentone nel 1480 vedesi al 
di sopra di essa porta. 

L'altar maggiore elegante e ricca fat- 
tura di marmi che ammirasi ora in que- 
sta chiesa, apparteneva un tempo alla 
soppressa chiesa di S. Giustina. Desso 
è decorato eziandio da due buone sta- 
tue porgenti una S. Tommaso di Anto- 
nio Lombardo, l’altra S. Pietro Martire 
di Paolo Milanese. Esistevano desse 
nella ‘chiesa dei SS. Giovanni e Paolo 
in cui erano depositate. La pala di que- 
sto altare rappresenta — il Martirio di S. 
Apollinare opera di Lattanzio Querena, 


A destra di chi entra nel primo al- 
tare v’ha una pala, lavoro moderno, rap? 
presentante — l’Assunta in Cielo — pit- 
tore Bellini, Nel secondo altare riguarde- 
vole opera in marmo del Sansovino, ve- 
desi un capo lavoro di Giulio dal Moro 
porgente — Z quattro coronati Martiri, — 
e nel terzo altare la Contessa Spaur 
poneva un suo lavoro con + S. Anna — 


— 259 — 


mire. un tableau, exéculé par la Con- 
tesse: Spaur, reproduisant —  Sainte- 
Anne. 

Dans la chapelle à droite du maitre- 
autel, on voit: — Saint Pierre Orseolo 
—, tableau de Lactance Querena. 

Dans la chapelle à gauche on trouve 
une peinture exécutée par Jean-Bapti- 
ste Carrer, reproduisant — La Sainte 
Vierge du Carmel. 

Enfin sur l’autel qui vient après, 
on voit un tableau de la Comtesse Thurn, 
représentant — Saint Ferdinand —, et 
sur l’autre autel il y a une copie qui 
nous offre — Saint-Laurent entouré de 
Saint Alois, de, Saint-François, et de 
Saint-Jean Baptiste. 

En sortant de cette église, tournez à 
gauche, et prenant la rue qui est près 
de la pharmacie, poursuivez. votre che- 
min vers le Rialto jusqu’à la première 
rue à droite; au bout de cette rue, 
VOUS apercevrez 


L'Eglise de Saunt-Sufoestre. 


Les opinions des chroniqueurs sur 
l’ancienneté de cette église,. sont fort 
partagées, puisque Caroldo dit qu’el- 
le fut érigée en 983, tandis que Dan- 
dolo fait remonter son érection à l’an 


878, s’appuyant sur le faitsuivant. Il ra- 
conte que Victor II, fils du Doge Orso 
Partecipazio, prétre de cette église, fut 
nommé Patriarche de Grado, du vivant 
de son père qui régnait justement dans 
le neuvième siècle. Par les soins et 
aux dépens de Ja famille Andrearda, di. 
te aussi Giuli, cette église fut érigée 
une première fois, et plus tard restau- 
rée, ct sa forme rendue plus élégante. 


Nella cap pella a destra dell’ altar mag- 
giore v’haaltro quadro di Lattanzio Que- 
rena che mostra — S. Pietro Orseolo. -- 

Nella cappella a sinistra G. B. Car- 
rer pingeva — Mostra Donna del Car- 
mine. — 


Finalmente l’altare che segue da que- 
sto lato ha un lavoro della Contessa 
Thurn con — S. Ferdinando — e nel- 
l’altro allare vedesi — S. Lorenzo cir- 
condato da, S. Alvise, S. Francesco e San 
Giovanni Battista, — copia. 


Uscendo da questa chiesa si giri a 
sinistra, e prendendo la vicina calle al- 
l’ angolo della Farmacia si prosegua il 
cammino verso Rialto fino alla prima 
via che a destra incontrasi da cui 
vedesi 


La Chiesa di S. Silvestro. 


Sull’antichità di questa chiesa varia- 
no le opinioni dei cronisti giacchè il 
Caroldo ne dimostra la sua erezione 
essere del 983 ed il Dandolo afferma 
invece ammontare essa al 878 appog- 
giando la propria asserzione su di un 
fatto cioè, che Vittorio II. figliuolo del 
Doge Orso Partecipazio prete di questa 
chiesa fu eletto Patriarca gradense vi- 
vente ancora il padre che regnava ap- 
punto nel secolo nono. Mercè le cure 
e gli esborsi della famiglia Andrearda, 
detta anco Giulii, veniva la prima volta 
il tempio erelto il quale però in se- 
guilo ristauravasi, e prendea novella e 


— 240 — 


C’est dans cette église que les Patriar- 
ches de Grado eurent leur siége, ju- 
squ’à ce que ce Patriarchat fut réuni 
à l’évéché de Castello. 

Dans ces derniers temps, cette église 
fut tout-à-fait restaurée par les soins de 
celui qui l’administre, etsa magnificence 
intérieure est une preuve des frais con- 
sidérables qu’on a dû supporter pour 
la restaurer. 

Dans cette église, on remarque: 


A gauche, en entrant, sur le premier 
autel, un tableau représentant -- Saint- 
Thomas de Cantorbéry assis sur un trône 
et plusieurs Saints autour de lui --, ouvra- 
ge distingué de Jérôme Santa Croce ; 
et sur le second autel un tableau qui 
nous montre -- Saint Sylvestre qui bapti- 


se Constantin -- ouvrage moderne de 


Sébastien Santi. 

A droite, en entrant, sur le premier 
autel, une peinture du Tintoret repro- 
duisant -- Saint-Jean-Baptiste qui bapti- 
se Jésus-Christ; — et sur le second autel 
un autre tableau peint par Jean Char- 
les Loth, représentant -- La Sainte Fa- 
mille -- 

Vis-à-vis de cette église s’élève une 
maison, dont la façade conserve enco- 
re quelques traces de peintures à fre- 
sque. C’était le séjour du fameux pein- 
tre Georges Barbarelli (Giorgione). 


Pour continuer cette visite, sortez 
de cette église, et reprenez Ja rue qui 
mène au Rialto; dans cette rue, qui s’ap- 
pelle Ruga vecchia, vous apercevrez près 
d’une ancienne tour 


miglior forma. Sappiamo che in essa 
facean loro residenza i Patriarchi di 
Grado finchè quel Patriarcato si unì al 
vescovo di Castello. 

In questi ultimi tempi mercedio le 
cure di chi degnamente presiede a 
questo tempio dello in tutto ristaura- 
vasi, e la splendidezza interna fa la 
storia che le spese conseguenti dal suo 
riatto furon molte, e generose. 

Degni di osservazione sono i seguen- 
ti dipinti. — | 

A sinistra di chi entra nel primo al- 
tare la pala rappresentante —- S. Tom- 
maso di Cantorbery seduto in trono ed al- 
cuni Santi che gli fanno corona — distin- 

to lavoro di Girolamo Santa Croce; e 
nel secondo altare — S. Silvestro che offre 
il battesimo a Costantino — opera mo- 
derna di Sebastiano Santi. . 


A destra di chi entra nel primo altare 
la pala porgente — S. Giovanni Batti- ‘ 
sta che battezza il Nazareno — di J. Tin. 
toretto ; e nel secondo altare l’ altra pa- 
la rappresentante la — Sacra famiglia — 
di Gio. Carlo Loth. 


Dirimpetto a questa chiesa sorge una 
casa che serba ancora sulla facciata al- 
cune tracce di pitture a fresco. Era que- 
sta l’abitazione del celebre pittore Gior- 
gio Barbarella, volgarmente chiamato 
Giorgione. 

Per continuare questa visita è me- 
stieri che il visitatore uscito di chiesa 
ripigli la via conducente a Rialto, via 
che Ruga vecchia viene appellata, ove 
presso un’antica torre sorge 


1 


n 244 — 


L'église de Sœiut-Jexu-L'/bumouez, 


Cette église, qui est l'ouvrage de l’ar- 
chitecte Antoine Scarpagnino, fut éri- 
gée par la famille Trévisan en 1527. 
Aux temps de la république, la juri- 
diction de cette église était dévolue au 
doge de Venise, qui en élisait les 
curés. Dans celte église on remarque: 


A droite, en entrant, après le pre- 
mier autel, un tableau peint par Co- 
rona, reproduisant -- le miracle de la 
Manne —, et un autre tableau de Jac- 
ques Palma, représentant — le marty- 
re de Sainte-Catherine. 

Dans la chapelle à côté de la grande 
chapelle, on admire une peinture, exécu- 
tée par le Pordenone en 1530, et re- 
produisant — Saint Sébastien, Sainte-Ca- 
therine, — et — Saint-Roch; et dans 
la demi-lune qui est au-dessus, on voit 
un tableau de Dominique Tintoret, re- 
présentant -- Sainte-Catherine au milieu 
des anges. 

Dans la grand’chapelle, sur les murs 
latéraux, vous apercevez trois tableaux, 
dont l’un, à droite peint par Corona, 
vous montre — le Crucifiement —, et 
les deux autres à gauche, peints par 
JAliense vous offrent— la Cène, — et — 
le Lavement des pieds. — Dans les deux 
demi-lunes qui sont au-dessus de ces 
peintures, vous voyez deux» tableaux 
de Corona, dont l’un reproduit — la 
Résurrection — Vautre — Jésus-Christ 
dans le jardin des Oliviers. 

Sur le msître-autel, érigé en 1633, on 


admire un tableau du Titien, représen- 
tant — Ze Saint patron de l’église distri- 
buant des aumônes. 

‘Sur les murs, près de la chapelle qui 
est à côté de la précédente, on remar- 


La chiesa di DI Gio. Elemosiwatio. 


A cura della famiglia Trevisan veni- 
va eretto questo tempio, e Antonio Scar- 
pagnino n'era l’architetto nel 1527. 
A’ tempi repubblicani la giurisdizione 
di lui era propria del veneto Principe 
da cui si eleggeva li Pievani che la pre- 
siedevano. Sono degni di osservazione 
i seguenti oggetti. 

A destra di chi entra dopo il primo 
altare un bel quadro del Corona rap- 
presentante — I miracolo della Man- 
na — ed un altro di J. Palma con —= 
il Martirio di S. Caterina, 


Nella cappella laterale alla maggiore 
il Pordenone eseguiva nel 1530 la pala 
con — San Sebastiano, Santa Catterina, 
e S. Rocco —, e nella sovrapposta mez- 
zaluna Domenico Tintoretto pingeva — 
S. Catterina fra gli Angeli. — 


Nella cappella maggiore e sulle late- 
rali pareti si veggono a destra — la 
Crocifissione — del Corona; ed a sini- 
stra — la Cena di Gesù Cristo — ed — 
il Lavare de’piedi — dell’Aliense. Nelle 
due mezzelune superiori a questi qua- 
dri vi sono del Corona — la Risurre- 
zione — e — Cristo nell Orto. —- 


Nell’ altar maggiore eretto nel 1633 
ammirasi la tavola di Tiziano Vecellio 
porgente — il Santo Titolare che di- 
stribuisce elemosine. — 

Sulle pareti presso la cappella vicina 
alla maggiore sonvi i seguenti quadri 

On 


— 249 — 


que un tableau peint par Palma, re- 
produisant + Constantin portant la Croix; 
— les deux autres qu’on y voit, ont 
été exécutés par Marc Vecellio , et 
nous montrent, l’un — Saint Jean l’au- 
ménier. — l’autre — le Curé Carnevali 
et Saint-Marc. 

Sur le dernier autel, on aperçoit une 
peinture exécutée par le Boniface, ri- 
produisant — la Wierse Marie au mi. 
lieu des nuages, et trois Saints — ; et 
sur le mur voisin on en voit une au- 
tre, quisnous offre — lAdoration des 
Mages — ouvrage du chevalier Ridolfi, 

Après avoir visité celte église, tour- 
nez à droite, marchez vers le Pont du 
Rialto, et vous ftrouverez la place de 
Saint-Jacques. Tout près du portique, 
qui est vis-à-vis de l’église, vous re- 
marquerez une petite colonne ancien- 
ne, sur laquelle, aux temps de la ré- 
publique, le crieur publiait les lois. On 
monte sur cette colonne, par un petit 
escalier, que supporte une statue scul- 
piée par Pierre da Salò. Cette statue 
représente — un Bossu —, qui s’ ap- 
pelle vulgairement Ze Bossu du Rialto. 
Dans la visite cinquième, page 175 nous 
avons décrit les bàtiments qui existent 
autour de cette place, où s’élève 


Ot, 


pe église de Saiul. Jacques. 


Si nous devons en croire une chro- 
nique, confirmée par la tradition, cette 
église a été fondée en 421, pour l’ac- 
complissement d’un voeu d'un certain 
Eutinope de Candie constructeur de 
vaisseaux. Le feu ayant pris à son 
habitation, lui avait causé de grands 


SPE D nm 


NN AT TS 


— Costantino che porta la croce — di J. ‘ 


Palma — S Giovanni Elemosinario — e 
— il Parroco Carnevali e San Marco — 
opere di Marco Vecellio. 


Nell’ ultimo altare scorgesi un’opera 
del Bonifacio con — La Vergine fra le 
nubi, e tre Santi — e sulla vicina pa- 
rete il cav. Ridolfi poneva — 7 4do- 
razione dei Magi — 


Dopo che avrassi visitata questa chie- 
sa si giri a destra e dirigendosi verso 
il Ponte di Rialto trovasi il campo di 
S. Jacopo, presso il cui portico che sta 
dirimpetto la chiesa è degna da osser- 
varsi una picciola colonna antica sopra 
la quale a’tempi della repubblica il ban- 
ditore pubblicava le leggi. A questa co- 
lonna mette una picciola scala che ve- 
desi sostenuta da una statua di Pietro. 
da Salò porgente un Gokbo che appel- 
last per ognuno il Gobbo di Rialto ; le 
fabbriche cingenti questo piazzale fu- 
rono da noi descritte nella visita quinta 
alla pagina 195. Sopra detto campo in+ 
nalzasi 


) 


La chiesa di 8. Jacopo. 


Se dobbiamo dar retta a certa cro- 
naca; che la tradizione avvalora, questa 
chiesa avrebbe avuto principio nel 421, 
giacchè per voto di certo Eutinopo Can- 
diotto artefice di navigli innalzavasi, Un 
incendio avea preso l’abitazione di que- 
sto uomo, e grande rovine avea fattey “ 


dommages, et menacait d’en faire ‘de 
plus grands encore, lorsque Eutino- 
pe consterné fit voeu que, si l’in- 
cendie venait à s’éteindre, il ferait 
ériger une église à ses dépens. C’est 
la première église qu’on ait bâtie à 
Venise, et, bien que restaurée en 1194 
et en 1531, elle conserve encore sa for- 
me originaire. 

En entrant dans cette église, vous 
voyez d’abord deux tableaux, peints 
par Marc Vecellio, reproduisant, l’un — 
la Naissance de la Sainte Vierge, — 
l’autre — Son Mariage. 

Sur le premier autel on admire nn 
tableau du Vecellio, représentant — 
lAnnonciation — ; et vis-à-vis de cet 
autel, on en voit un autre très-élégant, 
embelli de marbres fort estimables, par- 
mi lesquels on remarque la grande sta- 
tue, reproduisant — Saint Antoine Ab- 
bé —, ouvrage d’un grand mérite, exé- 
cuté par Jérôme Campagna. 

La grand’chapelle est ornée d’une 
statue, qui nous offre -- Saint Jacques 
sculptée par A. Vittoria. 

En sortant de cette église on ren- 
contre l'extrémité septentrionale du 
Pont du Rialto, près de laquelle s’élève 
le Palais des Camerlingues où réside 
maintenant l’I. et BR, Tribunal d’Appel. 
Il faudra en observer la facade de ce 
còté ; nous avons parlé du reste dans 
la visite cinquième, page 174. 


ed altre ne minacciava allorquando En- 
tinopo porgea patto che se il fuoco ve- 
niva spento ei un tempio innalzerebbe 
a tutte spese di lui. Questa fu la prima 
chiesa edificata in Venezia, e nei ri- 
stauri a cui soggiacque nel 1194, e 1531, 
conservavasi l’ originaria sua forma. 


Quando tu entri in questo tempio ti si 
presentano a destra due quadri di Mar- 
co Vecellio cioè — Za Natività e lo Spo- 
salizio di Nostra Donita — 


Nel primo altare il suddetto Vecellio 
poneva una tavola con — ?’Annunzia- 
ta — e dirimpetto a questo havvi altro 
altare elegante, e ricco di fini marmi e 
bronzi fra cui distinguesi la grande sta- 
tua di S. Antonio Abate. Le sono opere 
di alto merito eseguite da Girolamo 
Campagna. 


La cappella maggiore è abbellita da 
una statua rappresentante S. Jacopo scul- 
iura di A. Vittoria. 

Uscendo da questa chiesa ritrovasi 
la testa settentrionale del Ponte di Rial- 
to, vicino al quale innalzasi il Palazzo 
dei Camerlenghi ora residenza dell’I. R. 
Appello. Gioverà osservarne la facciata 
da questo lato, mentre il resto lo ab- 
biamo descritto nella visita quinta, pa- 
gina 174. » 


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dite ariefloe di vavigio taiaie cante 
| sno ea PE Paotelizione dope 
DAI dt so ras crus kg [ 


à 


VISITE BUFTIEME, 


La gondole n’est pas nécessaire’ pour 
cette visite. On commencera par vi- 


siler 


L'Eglise de Ss. Sean-Obrysostome. 


Cette église construite au onzième 
siècle, par les soins de la famille Cata- 
nio, fut détruite par un incendie, et 

‘ rebàtie en 1483, par l’architecte Tul- 
lius Lombard. Dans cette église on re- 
marque: 

A droite, en entrant, sur le premier 
autel un tableau, qui nous montre -- 
Saint Jérôme, Saint Christophe et Saint 
Augustin -- peinture exéculée par Jean 
Bellino en 1513; et sur le second au- 
tel un autre tableau, reproduisant -- Za 
mort de Saint Joseph -- par Charles 
Loth. 

Le tableau que vous apercevez sur le 
maîfre-autel, représentant — Saint Jean 
Chrysostòme et plusieurs autres Saints —, 
est un ouvrage très distingué de Frère 
Sébastien Dal Piombo, disciple du Gior- 
gione; on remarquera aussi le devant 
de cet autel; c’est une estimable scul- 
pture en marbre du seizième siècle. 

Dans la chapelle à côté du maître- 
autel, à gauche sur les murs Jatéraux, 
vous apercevez deux tableaux, qui vous 
offrent — Saint Onuphre et Saint Jean- 
Chrysostôme -- ouvrages attribués par 
les uns aux Vivarini, par les autres à 
Jean Bellini, 


VISITA OTTAVA. 


In questa ottava visita non v' ha mestie- 
ri di gondola. Si comincierà dal por- 
tarsi u vedere 


no . pe ND: 
La chiesa di Ss. Gioca Yusostomo, 


La prima edificazione di questa chie- 
sa appare del secolo decimo primo, ed 
a cura della famiglia Catanio . Rimase 
essa consumata da un incendio e ven- . 
ne rifabbricata nel 1483 dall’ architetto 
Tullio Lombardo. Essa conta 

A destra di chi entra nel primo al- 
tare la pala con — San Girolamo, San 
Cristoforo, e S. Agostino — che Giov. 
Bellino pingeva nel 1513; e nel secon- 
do altare Carlo Loth porgeva — la 
morte di S. Giuseppe. — 


L’altar maggiore ha una pala rap- 
presentante — S. Giovanni Grisostomo, 
ed altri Santi e Sante — opera di mol- 
to merito di Fra Sebastiano dal Piom- 
bo discepolo di Giorgione. Merita osser- 
vazione pur anco il parapetto di que- 
st’altare scolpitoin marmo, ch’è finissimo 
lavoro del secolo X.VI. 

Nella cappella laterale all’ altar mag- 
giore a sinistra di chi guarda sono pre- 
giati i due quadri che. veggonsi sulle 
pareti Jaterali offerenti — S. Onofrio — 
e — S. Giov. Grisostomo — si attribui- 
scono al Vivarini od a Giov. Bellini, 


Dans l’autre chapelle à droite sur 
Pautel on admire un bas-relief, repré- 
sentant — les Apôtres dans le Cénacle — 
ouvrage exquis de Tullius Lombard. Sur 
les murs on voit deux tableaux qu’on 
attribue aux Vivarini, dont l’un repro- 
duit -- Sainte Agathe -- l'autre -- Saint 
André. 

On trouve en outre dans la sacristie 
de cette église quattre tableaux, attri- 
bués aussi à Vivarini. 


En sortant de cette église, tournez 
à gauche et vous verrez sur le mur une 
inscription qui vous indiquera le sé- 
jour du célèbre voyageur Mare Polo, 
qui vécut vers l’an 1225, Marc Polo, 
fils de Nicolas, naquit pendant que 
son père voyageait dans des pays loin- 
tains, et sa naissance causa la mort de 
sa mère. Il était encore adolescent, lor- 
sque son père le conduisit parmi les 
Tartares, auprès desquels ils trouvè- 
rent tous les deux tant de faveur qu’oc- 
cupant les places les plus distinguées 
du pays, ils y fixèrent leur séjour pen- 
dant vingt-six ans, toujours bien vus 
et gracieusement accueillis par Kublai- 
khan, souverain de ces pays, où Marc 
grâce à d’adroites entreprises, par mer 
et par terre, acquit par la suite une 
grande réputation. 

Cependant, tout bien recus qu'ils é- 
taient à Ja cour de Tartarie , ils sen- 
tirent le besoin de revoir leur patrie, 
et ils furent obligés de demander la 
permission de partir à cette cour, per- 
mission qu'ils obtinrent avec une gran- 
de difficulté. Quand ils furent de retour 
à Venise, personne ne les reconnut, car 
ils avaient  presqu’ entièrement oublié 
le dialecte vénitien et portaient sur 
leur physiowomie la trace des ‘usages 
des habitants de la Tartarie. Mais aus- 
sitôt qu’ils se firent reconnaître, ils 


Nell’ altra cappella a destra, finissimo 
è il basso rilievo che vedesi sull’altare, 
porgente — gli Apostoli nel Cenacolo — 
lavoro pregiatissimo di Tullio Lombar- 
do. Sulle pareti vi sono — $. Agata 
— e — S. Andrea — dipinti che si 
attribuiscono al Vivarini: 


Nella sagrestia di questa chiesa deesi 
anco osservare quattro quadri di eguale 
grandezza che pur essi si reputano la- 
voro de’ Vivarini. 

Uscendo dalla suddetta Chiesa pren- 
dasi la via a mano manca ove si osser- 
verà addossata al muro un’iscrizione che 
accenna la casa dell’ insigne viaggiatore 
Marco Polo che fa visso gloriosamente 
intorno al 1225. Fu questi figlio di un 
Nicolò Polo che venne alla luce men- 
tre il padre viaggiava in Jontani paesi, 
ed il cui nascimento cagionava la morte 
della madre sua. Partiva Polo appena 
fatto grandicello col padre che addus- 
selo' fra Tartari, appo i quali amendu- 
hi tanto favore incontrarono, che oc- 
cupando posti di grande importanza; pet 
ventisei anni vi fecero dimora sempre 
ben veduti ed accolti da Kublai-Kan di 
quei luoghi reggitore. Ivi per imprese 
che in mare ed in terra Marco mae- 
stramente ‘eseguiva grandissimo nome 
si andò procacciando. 

Avvegnachè accarezzati così, e dalla 
tartara corte benissimo accetti non per 
tauto î Polo sentirono il bisogno di 
rivedere la patria. Laonde chiestane 
permissione, dopo ùti’ amica violenza 
perchè si fermassero, poterono final- 
mente ‘la loro brama appagare e ripren- 
der la via alla patria. Egli ci è noto che, 
arrivati novellamente in Venezia nullo 
concittadino ticonoscevali chè aveano 
dimentico quasi affatto il viniziano dia- 
letto ed acquistata tartara fisonomia: Ma- 
nifestatisi, ebbero tosto l'assegno di 


furent employés. Marc, ayant recu le 
commandement d’une galère, dans un 
voyage qu'il entreprit, devint par son 
imprudence prisonnier des Génois, qui 
ne le traitèrent pas comme un captif, 
ni comme un vénitien quelconque, tom- 
bé dans leur pouvoir. Le bruit de ses 
voyages imposa silence à la haine na- 
tionale, et inspira du respect à ses en- 
nemis mêmes, qui l’honorèrent com- 
me un grand homme. 


Il écrivit à Gênes un abrégé de l’hi- 
stoire de ses voyages, et en donna une 
copie à Ja Cour de France. Ses aventu- 
res surprirent toute l’Europe, et quoi- 
qu’on eùt d’abord de la peine à les 
croire, on sait qu'on reconnut aisé- 
ment leur vérité, quand les Européens, 
voyageant dans l’Asie, connurent mieux 
l’histoire des Persans et des Tartares; 
il faut convenir en effet que peu, de 
voyageurs ont parcouru autant de pays 
que Marc Polo. L'empereur des Tarta- 
res l’avait fait voyager tout exprès 
par terre, après la conquéte de la 
Chine, jusqu’ au-delà de Péquateur, en 
sorte qu’on peut dire hardiment qu’il 
a, vu, non seulement l'Océan, mais aus- 
si une grande partie des iles que les 
Anglais et les Français viennent de dé- 
couvrir dans les mers du Sud. L’histoi- 
re nous apprend que Marc Polo arriva 
jusqu’au soixante-quinzième degré vers 
le Nord, dans le Kamschatka et chez les 
Tongouses, et qu’il vit, vers le Sud, 
outre le Japon, les iles Moluques, les 
Philippines, la Nouvelle-Hollande, la 
grande île de Madagascar vers l'ouest, 
les deux Indes en-deca et au-delà du 
Gange, l’Indostan, la Perse, et plu- 
sieurs autres pays, dont l’énumération 
serait trop longue. à faire. Nous nous 
bornexons à dire que personne: n’a vo- 


diversi uffizi ed a Marco affidavasi il co- 
mando di una galera. Poco dopo iutrapre- 
so un viaggio da Marco, veniva egli per 
il troppo suo ardire fatto prigione dai 
Genovesi; ma fu ben lungi dall’essere 
trattato siccome a quel tempo pratiea- 
vasi coi captivi e siccome que’di Ge. 
nova usarono mai sempre con ‘un vi- 
niziano quando riusciva loro di aver- 
lo fra mani. La fama de’suoi viaggi 
impose silenzio agli odj, e Polo ispirò 
agli stessi suoi nemici rispetto. Lo ono- 
rarono qual genio, 

Stando a Genova dettava in succinto 
la storia de’ suoi viaggi e ne dava copia 
alla corte di Francia. E daddovero le 
avventure di lui di sorpresa all’ univer: 
sa Europa riuscirono. Che se troviamo 
scritto essere desse state reputate fole, 
leggiamo ancora che in processo di 
tempo, allorchè gli Europei viaggian- 
do per l’ Asia conobbero la storia dei 
Persiani, e dei Tartari, ritrovarono ve- 
ro ciò che Marco aveva detto. Per lo 
fatto pochi momini corsero siccome 
lui tanti paesi. Sappiamo che l’Im- 
peratore dei Tartari avealo fatto viag- 
giare a bella posta, dopo la conqui- 
sta della China, per terra fino oltre 
il circolo artico, e per mare fino di là 
dell’ equatore; talchè puossi senz’ altro 
inferire, aver egli veduto non solo tutto 
l'Oceano Indiano ma alcune altresì delle 
isole. testè scoperte nei mari australi 
dagli Inglesi, e Francesi. Dicono le sto- 
rie che Marco Polo fino oltre li settans 
tacinque gradi verso il Nord arrivasse, 
quinci sopra al Kamsciatka e Tovtkschi; 
che e ‘oltre il Giappone verso il. Sud 
vedesse le Molucche, le Filippine, la 
Nuova Olanda, la grande isola di Ma- 
dagascar, verso l’Ovest le due Indie di 
qua e di là del Gange, l’Indostan; Ja 
Persia, e via via che a nominare troppo 
alla lunga andressimo, Ci basterà adun- 


— 248 — 


y agé plus loin que Marc Polo, et qu’il 
a par conséquent le mérite d’avoir été 
le premier qui fit connaître à l’Europe 
Je Japon, la Chine, le Madagascar et 
beaucoup d’autres pays de l’Asie, et de 
l'Afrique. 

Le mérite de cet illustre vénitien 
fut reconnu par les étrangers non-moins 
que par ses compatriotes. Ses voyages 
en effet procurèrent de grands avanta- 
ges à tout le monde et ses connaissan- 
ces géographiques et maritimes sont 
justement célèbres. 


Reprenez la rue de l’Eglise, passez 
le pont, puis tournez à gauche, par- 
courez la rue, dite Cà Dolfin, jusqu’au 
bout, et vous rencontrerez un pont qui 
vous conduira à la place Saints-Apò- 
tres, où, s’élève 


Leg Lise des Salists-oAopotres à 


Cette église peut être comptée par- 
mi les plus anciennes églises vénitiennes. 
Elle fut construite au neuvième siècle, 
rebalie en 1575, et restaurée vers Ja 
moitié du dix-septième siècle par Jo- 
seph Pedolo. On remarquera dans cette 
église : 


À droite, en entrant, après le second 
autel, Ja chapelle, dite Cornaro, qui 
appartenait à l’ancienne église. L’ar- 
chitecture de cette chapelle, qui est fort 
élégante,. et riche en marbres et en 
oûvrages exquis, est attribuée à Guil- 
laume Bergamasco qui l’acheva en 1540. 
Deux mausolées mognifiques de la fa- 


que il dire nullo viaggiatore esservi sta- 
to a’suoi dì che più lontano andasse di 
Marco Polo e, potersi a lui concedere 
il vanto di avere per il primo fatto co- 
noscere all’ Europa il Giappone, la Chi- 
na, ed il Madagascar, e tanti altri paesi 
Asialici ed Africani. 

Il merito di questo illustre viniziano 
oltre di essere stato da suoi connazio- 
nali comendato di molto lo fu anco da- 
gli stranieri, poichè i viaggi suoi gran- 
di vantaggi apportarono a tutti, e delle 
sue geografiche e marinesche cognizioni 
tutti ne fecero tesoro. Basta su Marco 
Polo. 

Ritornando sulla via della chiesa si 
passi il ponte a capo di questa; si volti 
indi a manca, si percorri tulte la calle 
di Ca’ Dolfin e ritroverassi altro pon- 
te conducente al campo di S. Apostoli 
ove sorge. 


La chiesa dei $$. Apostoli. 


Questo tempio è fra gli antichi che 
conta Venezia. La sua prima edifica- 
zione fu, del nono secolo indi venne 
riedificato. nel 1575, e riformato verso 
la metà del secolo decimo settimo da 
Giuseppe Pedolo. I seguenti sono gli 
oggetti che denno fermare l’ attenzione 
del visitatore. 

A destra di chi entra dopo il secon- 
do altare la cappella detta Cornaro che 
venne conser vata dall’antica chiesa. Mol- 
to elegante è l’ architettura. di lei; ed 
è ricca di marmi, e lavori finissimi. 
Dessa è opera attribuita a Guglielmo 
Bergamasco compiuta nel 1540. Due ma- 
gnifici mausolci della famiglia Cornaro 


— 29 — 


mille Cornaro en embellissent les murs, 

le tableau-d’autel, qu’on y voit, fut 
peint par le Tiepoletto, et reproduit — 
Sainte-Lucie. -- Cette chapelle renfer- 
mait les cendres de la reine Cornaro, 
célèbre vénitienne, avant qu’on luité- 
rigeàt à Saint-Sauveur le. monument 
dont nous parlerons plus tard (1). 

Après cette chapelle, vient un autel, 
où l’on voit un tableau de Jean Con- 
tarini, représentant — Za naissance de 
la Vierge Marie. 

Sur les murs de la grand’chapelle, 
on admire, à droite, une peinture qui 
nous offre -- La Cène, -- seul ouvra- 
ge que l’on connaisse à Venise de Cé- 
sar de Conegliano ; et à gauche une 
autre peinture, reproduisant — la man- 
ne au désert —, par Paul Véronèse et ses 
continualeurs. 

Dans la chapelle à droite de la prin- 
cipale, on remarque un autel magnifi- 
que en pierre de touche, qui existait 
dans un couvent des Jésuites, et qui fut 
placé ici dernièrement. 


Dans l’autre chapelle, à gauche de 
la principale, on admire un tableau- 
d’aute], peint par le Prêtre Génois, 
représentant — l’Ange gardien — Sur 
le mur à gauche de cette chapelle, exl- 
ste le monument du Comte Joseph 
Mangilli, mort en 1811, sculpté par 


(1) La restauration dé la précieuse 
chapelle Cornaro, l'érection de l'autel en 
pierre de touche et beaucoup d'autres 
embellissements, qu’on a exécutés depuis 
peu dans cette église, sont düs surtout aux 
soins de Pillustre Abbé et Chanoine Mon- 
seigneur Pianton, et des patriciens An- 
toine Zen «0 Charles Micheli, qui aidè- 
rent avec un zèle vraiment méritoire les 
marguilliers de l'église dans cette circon- 
stance. 


abbelliscono le sue pareti laterali, e la 
pala dell’ altare del Tiepoletto porge 
una — Santa Lucia — In questa cip: 
pella erano deposte le ceneri della re- 
gina Cornaro prima che a questa ce- 
lebre veneziana venisse ‘éretto il sud 
monumento a S. Salvatore di cui par- 
leremo in seguito (1). 

Dopo questa cappella vedesi 1’ altare 
con la pala rappresentante — Za Nau- 
vità di Maria Vergine — di Giovanni 
Cav. Contarini, 

Sulle pareti della cappella maggiore 
sonvi a destra — Za Cena di Gesù 
Cristo — di Cesare da Conegliano, .0- 
pera unica di questo artista conosciuta 
a Venezia ; a sinistra — la Manna nel 
Deserto — di Paolo Veronese e suoi 
eredi. 


Nella cappella laterale alla maggiore 
a destra di chi guarda è osservabile 


altare magnifico di pietra chiamata 


del paragone, che esisteva in un chio- 
stro de’ Gesuiti e che qui di recente 
venne rialzato. (Vedi nota) 

Nella altra cappella laterale alla mag- 
giore a sinistra di chi guarda il prete 
genovese poneva la pala porgente — 
Angelo Custode—. Sulla parete sinistra 
di questa cappella v’ha il monumento 
del conte Giuseppe Mangilli morto l’an- 
no 1811 il cui disegno è di Luigi Trez- 


(1) Il ristauro della preziosa cappella 
Cornaro, il collocamento dell’ altare di pie» 
tra del paragone e molti altri recenti ab- 
bellimenti di questa chiesa sono precipua- 
mente dovuti alle cure dell’illustre e chia» 
rissimo monsignor abate canonico Pianton, 


_e de’ veneti Patrizii A. Zen e Conte Carlo 


Micheli i quali sostenendo a quel tempo 
con altri ragguardevoli personaggi la fab- 
briceria segnalarono il pio loro zelo. 


92 


— 250 — 


Dominique Fadiga, d’après les dessins 
de Louis Trezza ; le buste fut exécuté 
par Angèle Pizzi. 

Après avoir examiné cette église, 
entrez dans la rue. voisine, dite del- 
lOca , parcourez - la tout entière, et 
vous parviendrez dans une autre rue, 
appelée de la Cadoro. Au bout de cette 
rue vous trouverez le pont de Saint- 
Félix, près duquel s’élève 


za e le sculture di Domenico Fadiga. 
Angelo Pizzi poi ne lavorava il busto. 


Dopo l'esame di questo tempio si en-. 
tri nella poco distante calle detta del- 
lOca, si percorra tutta questa che di- 
rettamente condurrà all’ altra via detta 
della Cadoro, la quale ti metterà al 
ponte di S. Felice a pie del quale sor- 


ge 


_—— esi), 


€ eg lise de Saiut-F clic. 


Cette église fut fondée au dixième 
siècle , et la famille vénitienne Gallina 
contribua à son érection. Plus tard elle 
fut restaurée, et l’architecture qu’elle 
présente est du style des Lombard. 


Ses deux portes sont élégantes, et. 


nous offrent des ornements estimables. 


Dans l’intérieur de cette église, on 
observe: 


A droite, en entrant , le troisième 


autel, où l’on admire un tableau du 
Tintoret représentant — Saint-Démé- 
trius. —" 

Le maître-autel, où vous voyez un 

tableau, reproduisant — le divin Sau- 
veur, S.t-Félix et quelques figures, —ou- 
vrage du Chevalier Passignano. Sur 
les murs on aperçoit deux statues al- 
légoriques , sculptées par Jules Dal 
Moro. 
° Sur Pautel de ‘la sacristie on admire 
un bas-relie!, qui nous montre — Jesus: 
Christ sortant du Sépulcre, — du style 
des Lombard. 

En sortant de cette. église, suivez 
le quai que vous trouverez à gauche, 
passez le pont qui mène à l’autre quai, 


La Chiesa dl 8. Felice. 


Del decimo secolo fu la prima ere- 
zione di questo tempio alla quale con- 
correva con suffragi la veneta famiglia 
Gallina. Fu in seguito ristaurata e l’ar- 
chitettura che al dì d’oggi presentaè del- 
lo stile dei Lombardi. Le due porte che 
vi mettono ingresso sono eleganti ed 
offerenti puri ornamenti. 

È mestieri osservare nello interno. 


A destra di chi entra il terzo altare 
con Pala porgente — S. Demetrio — 
di J. Tintoretto. 


L’ altar Maggiore con Pala eseguita 
dal cav. Passignano sulla quale figura- 
va — il Salvatore, S. Felice ed alcuni 
ritratti. — e sui laterali di questo due 
statue allegoriche scolpite da Giulio dal 


Moro. 


Sull'altare della Sagrestia vs’ ha un 
bassorilievo con — Cristo che sorge dal 
sepolcro — Buon lavoro sullo stile dei 
Lombardi. 

Uscendo da questa chiesa si passi sul- 
la fondamenta che sta a parte manca ; 
si monti il ponte conducente sull’altra 


— 951 — 


dit de San Marsiliano (Saint-Martial ), 
tournez à droite, passez le pont de bois, 
qui est à côté de l’Ecole, supprimée 
aujourd’hui, de la Miséricorde, et vous 
apercevrez 


fondamenta di S. Marsiliano, si volti a 
destra e passato il ponte di legno, che 
a lato della soppressa scuola della Mi- 
sericordia s’innalza, il visitatore scor- 


gerà 


— CD 


L'église de l'ALbbaue. 


La façade de cette église fut exécu- 
. tée par l'architecte Clément Moli en 
1659, mais son intérieur fut construit 
à une époque moins récente c'est-à- 
dire en 939. L'auteur de cet ouvrage, 
ayant sur cette église, ainsi que sur 
l’hospice adjacent, droit de padronage, 
se permettra ici de faire connaître en peu 
de mots les priviléges dont cette abbaye 
jouit. 


En 1369 Barthélemy Donà, prieur 
de cette église - abbatiale, demanda au 
pape la permission d’élire son succes- 
seur, et, encore vivant, il accorda cette 


place à Luc Moro, dont la famille eut 


dès ce temps-là le droit d’élection. En 
effet après Luc Moro, tous les prieurs 
appartinrent toujours sans conteste à 
cette famille, ou bien ils furent choi- 
sis par elle, s’ils lui étaient étrangers. 
Or, comme les priviléges dont cette é- 
glise jouit dès sa fondation s’augmen- 
tèrent chaque année de plus en plus, 
nous dirons seulement que l’abbé qui 
l’administre, a droit à la mître, à la croix 
pectorale, à l'anneau, à la crosse, à Phabit 
des notaires apostoliques, et qu’il a enfin 
la seconde place après le Patriarche , 
dans les synodes diocésains et provin- 
ciaux. — Maintenant, ce serait manquer 
à notre devoir et à la gratitude que de 
ne pas parler du prieur actuel, Mon- 
seigneur l'Abbé, Chanoine et Docteur 


% 


La Chiesa dell banc, 


La facciata che di presente offre 
questa chiesa è dell’architetto Clemente 
Moli che nel 1659 erigevala. L’inter- 
no poi del tempio conta un’ epoca di 
fabbricazione ben anteriore cioè dall’an- 
no 939. Avendo l’autore di questo libro 
il diritto di jus-patronato su questa chie- 
sa ed ospizio annesso, e d” altra parte 
meritando i privilegi di cui va ricca 
questa Abazia essere fatti conosciuti, si 
permetterà egli due parole. 

Nel 1369 un Bartolomeo Donà, priore 
di questa abaziale chiesa, chiedea facoltà 
al pontefice di dare a sè stesso il suc- 
cessore, e ancor vivente un Luca Moro 
nominava nella famiglia del quale ri- 
mase da allora il diritro di eleggere. E 
per lo fatto dopo questo Luca, pacifi- 
camente fin oggi i priori furono tutti 
di questa casata e se stranieri da lei 
sola prescelti. I privilegi che ‘avea fino 
dai principi questo tempio si aumen- 
tarono ogni anno più, fra quali ci limi- 
teremo di annoverare i ‘seguenti: aver 
cioè l’abate diritto alla mitra, alla petto- 
ral croce, all’anello, al pastorale, all’abito 
de’ notari apostolici, ed essere di lui il 
secondo posto dopo il Patriarca nei si- 
nodi diocesani, e provinciali, e così via. 
Detto ciò crederessimo mancare di do- 
vere e gratitudine se non soggiunges- 
simo alcune linee dirette al presente M.r 
Abate Canonico Pietro Dott. Pianion, 
Protonotario Apost., Prelato Domestico 


— 939 — 


Pierre Pianton, Protonoltaire Apostoli= 4 


que, Prélat Domestique de S. S. Gré- 
goire X VI, Chapelain Conventuel, Com- 
mendeur de l’ordre de Jérusalem; et 
Censeur Royal, et lui rendre les louan- 
ges qui lui sont bien dùes pour les 
soins qu'il a prodigués au rétablis- 
sement de ce pieux édifice. C’est grà- 
ce à lui que le maître-autel a pris 
une nouvelle forme, que la chantrerie 
et l'orgue ont été érigés de nouveau, 
qu’on a donné une meilleure disposi- 
tion aux autels latéraux qui seront éle- 
vés sous peu, et qu’on a embelli l’é- 
glise même de nouveaux monumens. Il 
nes’est pas borné seulement à améliorer 
cette église, mais il a aussi voulu faire 
des dépensés considérables pour l’érec- 
tion d’une chapelle intérieure, de la 
sacristie, des lieux adjacents, et pour la 
. chanoinie; et il s’occupe aujourd’hui de 
l'amélioration de l’hospicé, et dela disci- 
pline à introduire parmi les vieilles fem- 
mes qui y logent, et dont il méritera les 
bénédictions, par la convenance des 
changemens opérés pour le bien de ces 
pauvres femmes: 

Remarquons maintenant dans celte 
église, les objets suivants, qui peuvent 
mériter l'attention du curieux. 

À droite, en entrant, on admire la 
chapelle, consacrée à Sainte-Philomè- 
ne. L’enirée de cette chapelle est or- 
née. de cinq statues en marbre, qui re- 
produisent’ — S.te Christine, S.te Dorothée, 
S.t Calixte, S.t François et St Domini- 
que. — Les trois premières statues, 
sculptées au quatorzième siècle, sont 
attribuées à: Maître Barthélemy, et les 
autres sont aussi d’un auteur estima- 
ble, L’autel de cette chapelle: est fort 
élégant, et riche en marbres, parmi 
lesquels on remarque quatre colonnes 
de’ lumachélle, Le plafond fut peint par 
Antoine Zanchi, et. représente — Za 


di S. S. Gregorio XVI., Cappellano 
Conventuale, Commend. S. M, O. Ge. 
rosolimitano, ed I. R. Censore, scopo 
delle quali egli è di tributare a questo 
illustre quella laude ben giusta per le cure 
che a tutto uomo si dà egli a beneficio di 
questo pio luogo per esso solo salvo e re- 
dento. Nuovoaspetto la mercè dilui acqui- 
stava l’altai maggiore, la cantoria edorga- 
no di nuovo veniano eretti, miglior sime- 
tria davasi agli altari laterali, che quanto 
prima saranno alzati e di novelli mo- 
numenti il tempio si abbelliva. Nè si li- 
mitava al miglioramento della sola chiesa 
che ingenti spese sosteneva per la ere- 
zione di un interno oratorio, della sagre- 
stia, dei luoghi attigui, e della canonica: 
e sta ora inteso a migliorare l’ospizio, e 
adave sesto alla disciplina delle vecchia- 
relle quivi allogate, dalle quali riceverà 
benedizioni per l’aggiustatezza delle in- 
novazioni introdotte a meglio suffragar 
le poverelte. 


Ora attendiamo agli oggetti esistenti 
in. questo tempio che meritano l’'os- 
servazione del visitatore. 

A destra di chi entra la cappella de- 
dicata a S. Filomena il cui ingresso è 
decorato di cinque statue in marmo 
raffiguranti — S. Cristina, S. Dorotea, S. 
Callista, S. Francesco e S. Domenico. — 
Le tre prime sono opere del XIV se- 
colo , e si reputano di Mastro Bartolo- 
meo; le due ultime sono pure di buon 
scalpello. L’ altare di questa cappella 
è molto elegante e ricco di marmi tra 
cui quattro colonne di lumacbhella. A: 
Zanchi. dipingevane il cielo e vi rap- 
presentava — /a B. W. della Misericor- 
dia — a cui l’Abazia' è intitolata. 


me Le | 


Sainte Pierge de la Miséricorde, — pa- 
tronne de cette Abbaye. 

Vis-à-vis de cette chapelle on aper- 
coit, appuyée au mur, une grande scul- 
plure en marbre , représentant — La 
Vierge Marie qui couvre de son manteau 
les dévots — ouvrage d’un grand mé- 
rite, et unique dans son genre, exécuté 
aussi par Maitre Barthélemy. 

Le monument qu’on admire tout 
près, ouvrage exquis et riche en mar- 
bres, fut érigé à un des aïeux de 
Vauteur, nommé Jacques Moro, célèbre 
capitaine de son temps. 

Le maître-autel nous offre un grand 
luxe de marbres africains, parmi lesquels 
on doit surtout observer ceux des stalles 
qui entourent le maître-autel, qui est 
fort beau, enlevé par l’abbé actuel, Mr 
Pianton, à église de St-Mathieu de Mu- 
rano. 

La sacristie est embellie des tableaux 
suivants, qui reproduisent — St. Pierre 
Acotanto — par Jean Angeli, — Le 
portrait du Patriarche Bragadino — par 
Alexandre Longhi, — Ze portrait du 
cardinal Fleury, et celui du Patriarche 
Giovanelli -— par Jean Gressler. 

Dans la salle intérieure, près de 
la sacristie, on remarque entre autres 
les tableaux, représentant — L’Ange 
Raphaël et Tobie — ouvrage exquis 
de Jean Baptiste Cima de Conegliano, 
que M.r PAbbé Pianton, après dix ans 
de débats judiciaires, rendit à cette é- 
glise, qui l’avait perdu par une vente 
long-temps avant qu’il eñt été élu Abbé. 
— Saint Laurent Giustiniani — par 
Jacques Palma — Sainte Christine cou- 
ronnée, St-Pierre et S.t-Paul, — ou- 
vrage admirable de Damien Massa, élè- 
ve ‘du Titien, — St Mathieu et St 
Jean-Baptiste — tableaux exécutés par 
le Boniface, — St Martin et St Blaise 
— peints par Jean-Baptiste Tiepolo — 


Dirimpetto a questa cappella vedesi 
appoggiata alla parete una grande scul. 
tura in marmo porgente — M. 7. che 
accoglie sotto il manto i devoti. — Opera 
di alto merito, e classico nel suo ge- 
nere, di quel M. Bartolomeo che più 
sopra abbiam ricordato. 

Il vicino monumento eretto al uno 
de’ miei avi Jacopo Moro celebre ca- 
pitano. da’suoi tempi è lavoro elegante 
e di ricchi marmi. 


L'altar maggiore presenta uno sfarzo 
di marmi africani fra cui in ispecieltà 
deensi osservare i sedili a spalliera che 
conlornano quest’altare veramente ma- 
gnifici, dall’ attuale M.r Abate trasferito 
dalla chiesa di S. Mattia di Murano. 


La sagrestia è fregiata delle seguenti 
pitture — B. Pietro Acotanto — di G. 
Angeli — Ritratto del Patriarca Braga- 
dino — di Alessandro Longhi — simile 
del Card. Fleury — di Nicolò Lefevre — 
simile del Patriarca Giovanelli — di G. 
Gressler. 

Nella stanza interna presso la sa- 
grestia si distinguono fra gli altri quadri 
—l'Angelo Raffaello e Tobia — prezioso 
lavoro di G. B. Cima da Conegliano, 
che a mezzo di dieci anni di forense di- 
micazioneritornò M.r Pianton Abate alla 
Chiesa, da cui era stato per vendita tol- 
to molti mesi innanzi la sua elezione 
in Abate — S. Lorenzo Giustiniani di J. 
Palma — S. Cristina coronata, e li SS. 
Pietro e Paolo — opera classica di Damiano 
Massa discepolo di Tiziano — S. Mat- 
teo e S. G. Battista — entrambi del Bo- 
nifacio — S. Martino e S. Biagio — di 
G. B. Tiepolo. — La B. 7. Regina San- 
ctorum omhium — del vecchio Maganza, 
— 8, Girolamo — del Ribera o Spagno- 


— 254 — 


la Vierge Marie, Regina sanctorum om- 
nium_— par Maganza l’ancien — St 
Jérôme — par Ribera dit l’Espagnolet 
— St Pierre Martyr — copie de petite 
dimension du tableau du Titien, dont 
nous avons parlé dans ce volume, page 


128, par Antoine Varottari surnommé le. 


Padovanino — Le Rédempteur au jardin 
des oliviers — copie du tableau du cé- 
lèbre Corrège, par B. Schidone, et — 
la Présentation des Mages à l'Enfant Jé- 
sus —, du Tintoret. / 
Dans cette salle on admire beau- 
coup d’autres tableaux, et plusieurs 
sculptures de Maître Barthélemy , du 
Dentone, de Vittoria, de Campagna et 
d’autres fameux artistes. ; 

Dans la salle contigüe il y a treize 
tableaux, peints par Francois Batta- 
glioli, peintre estimé du dernier siècle, 
représentant quelques exploits de la 
famille vénitienne Martinengo et quelques 
autres tableaux. 

En sortant de celte église, tournez à 
droite, parcourez la rue près du canal, 
passez le pont dit dei Muti (des Muets), 
et vous trouverez le quai dei Mori 
(des Mores), parcourez-le jusqu’au bout, 
et vous verrez à droite le pont de la 
Madonna dell'Orto, puis vous arriverez 
à la place, où s’élève, 


letto — S. Pietro Martire — copia in 
piccola forma dell’ originale di Tiziano 
di cui abbiam parlato alla pagina 128 
di questo secondo volume, eseguita da 
A. Varottari detto il Padovanino — Il 
Redentore nell Orto — copia dell’ ori- 
ginale del celebre Correggio tratto da 
B. Schidone. —/a presentazione dei Magi 
al Bambino Gesù — del Tintoretto. 


Conservansi in questa stanza molte 
altre pitture, e varii pezzi di scultura 
di M. Bartolomeo, del Dentone, del Vit- 
toria, del Campagna e di altri celebri 
artisti. 

Nella saletta adiacente sonvi tredici 
quadri dipinti da Francesco Battaglioli 
buon pittore che fiorì nel passato secolo 
rappresentanti alcuni fasti principali 
della nobile famiglia veneziana Marti. 
nengo, ed altri dipinti. , 

Uscendo da questa chiesa si prenda 
la via a mano destra lungo il vicino 


canale, si prosegua la fondamenta , si 


passi il ponte de’ Muti; si percorra l’altra 
fondamenta de’ Mori indi girando si tro- 
verà il ponte della Madonna del? Orto 
dopo il quale si entrerà nel campo ove 


sorge 


—————DI por ——— 


L'église de Vootre-Dame dell'Oxto 
(du jeu.) 


Cette église était d’abord consacrée 
Christophe Martyr, et desservie par les 
Pères humiliés; mais cet ordre ayant été 
supprimée par le Pape Pie V, elle fut 
desservie par les Chanoines de Saint 
Georges in alga qui furent eux aussi 
supprimés par Clément X. C’est alors 
qu’on a donné cetle église aux moines 


Chiesa di Si DITO dell' Otto. 


In sul principio della sua edificazione 
era dedicata questa chiesa a S. Cristo- 
foro Martire, e dai Padri umiliati uffi- 
ziata, se non che soppressa quella re- 
ligione da Papa Pio VII, ne prende- 
vano. d’ uffiziatura i Canonici detti di 
S. Giorgio in alga, la quale congrega- 
zione dal X Clemente pure soppressa 


de la Congrégalion de S.t-Bernard, 
. dits Bourguignons, qui la conservèrent 
jusqu’à la chûte de la république. 


La facade, érigée vers l’an 1350, 
est embellie de sculptures exquises, 
parmi lesquelles on remarque, au-des- 
sus de la porte — Saint Christophe — 
et à côté les douze apôtres. Ces treize 
statues sont attribués à Maitre Barthé- 
lemy, dont on a parlé autrefois dans 
cet ouvrage, et qui sculpta la Porte 
della Carta. Sur. la fenêtre du milieu 
‘on aperçoit quelques restes de peintu- 
res à fresque, exéculées, à ce qu’on 
dit, par le Pordenone. 

Dans l’intérieur de l’église, on remar- 
que dix colonnes en marbre grec vei- 
né, qui soutiennent la nef du milieu. 

Maintenant donnons un coup d'oeil 
aux autels, et commencons par ceux 
qu’on voit à droite en entrant. 

Sur le premier autel vous admirez 
un tableau, peint par Jean Baptiste Ci- 
ma de Conegliano, reproduisant — S.t 
Jean-Baptiste et plusieurs autres Saints -- 
et au-dessus de ce même autel vous a- 
percevez un chef-d'oeuvre de J. Tins 
toret, qui vous montre — Za Présen- 
‘tation de la Vierge au temple. — 

Après le second autel on remarque 
une peinture, exécutée par Palma l’an- 
cien, représentant — Saint Vincent, 
Sainte Hélène, et plusieurs autres Saints.-- 

Enfin le quatrième autel posséde un 
tableau, peint par Daniel Van-dick, 
qui reproduit — Le martyre de Saint 
Laurent. 

L’orgue est orné de tableaux du Tin- 
toret, et au-dessous on admire un petit 
autel, qui renferme un tableau, repré- 
sentant — La Vierge Marie et l'enfant 
Jésus — ouvrage précieux de Jean Bel- 
lini. 


99 — 


davasi la cura di questo tempio ai Mo- 


naci Cistercensi della Congregazione. 
di S. Bernardo detta Borgognoni, che 
rimanevano quivi fino al termine della 
repubblica. | 

La presente facciata ergevasi verso 
l’anno 1350, ed è adorna di buoue 
sculture fra cui — S. Cristoforo — collo- 
cato sopra la porta, e lateralmente i do- 
dici apostoli. Si reputano queste tre- 
dici statue di M. Bartolomeo di cui al- 
tre volte facemmo cenno in questo libro, 
e che è quello che scolpiva la Porta 
della carta. Sulla finestra di mezzo veg- 
gonsi alcuni rimasugli di pitture a fre- 
sco attribuite al Pordenone. 


Nello interno del tempio sono osser- 
vabili dieci colonne di marmo greco ve- 
nato sostenenti la navata di mezzo. 

Diamo ora un'occhiata agli altari, ed 
incominciamo da quelli che trovansi a 
destra di chi entra. 

Nel primo ammirasi una tavola di 
Gio. Battista Cima da Conegliano con 
— S. Giovanni Battista, ed altri santi — 
e sopra l’altare J. Tintoretto poneva 
un suo capo lavoro porgente — Za Pre- 
sentazione al tempio di nostra Donna.— 


Dopo il secondo altare merita osser- 
vazione un quadro, lavoro del Palma il 
vecchio, porgente — S. Vincenzo, S. E- 
lena ed altri santi. — 


Nel quarto altare finalmente v’ha una 
pala di Daniele Wan-dick col — Marti. 
rio di S. Lorenzo. — 


L'organo è adorno di pitture del 
Tintoretto e sotto questo vedesi un pic- 
colo altare con una pala, opera veramen- 
to preziosa di Gio. Bellini rappresen- 
tante — la Madonna col fanciullo Ge- 


SÙ, = 


— 256 — 


Les murs latéraux de Ja grand’cha- 
pelle sont ornés, à droite, d’un ta: 
bleau, qui nous montre -- Les circon- 
stances qui précéderont le jugement der- 
nier — à gauche, d’un autre tableau, 
reproduisant, — L'adoration du Veau 
d'or, et le mont Sinaï où Moïse reçoit la 
loi. — Ces deux ouvrages, d’une gran- 
deur extraordinaire , ont élé exécutés 
par le Tintoret dans la force de son 
génie. Au-dessus de cet autel on admi- 
re cinq tableaux, qui reproduisent au- 
tant de vertus allégoriques, et plus has 
on aperçoit, à droite — Ze Martyre de 
Saint Christophe, — et à gauche — Saint 
Pierre regardant la Croix soutenue par 
des Anges — dont les ailes sont re- 
marquables par leur transparence. Ces 
sept peintures aussi furent exéculées 
par le Tintoret. Au milieu du pavé de 
celte chapelle on voit le tombeau de 
Jérôme Grimani, et la date de 1512. 
Le style des sculptures est semblable 
à celui des Lombard. 

En retournant vers le portail, à gau- 
che en entrant, vous remarquerez: la 
première chapelle, architecture du style 
des Lombard; la troisième chapelle, 
renfermant un tableau de Dominique 
Tintoret, qui vous montre — La IVais- 
sance de Jésus-Christ; la quatrième cha- 
pelle, où l’on voit un tableau de Jac- 
ques Tintoret , reproduisant — Sainte 
Agnès — ouvrage qu’il exécuta à son 
retour de Paris. Dans la même cha- 
pelle on admire deux riches. monu- 
ments en marbre, qui couvrent ses deux 
côtés, et six bustes représentant des 
personnages de la famille vénitienne 
Contarini; les deux du milieu, sculptés 
par A. Vittoria, reproduisent , celui à 


droite — Ze Procurateur Thomas Con- 


tarini, — mort en 1578, et l’autre à 
gauche — le Cardinal Contarini — mort 
en 1542. 


Le pareti laterali della Cappella mag- 
giore sono abbellite a destra da un 
quadro coi — Fatti che precederanno il 
giudizio Universale — a sinistra da al- 
tro quadro con — /° adorazione del Vi- 
tello d’ oro; ed il Sinai con Mosè che 
riceve la legge — queste due opere di 
estraordinaria grandezza furono dipinte 
da J. Tintoretto allo sviluppo del suo 
fiorire. Inferiormente poi a quest’ al- 
tare sonvi cinque quadri con altrettante 
virtù allegoricamente rappresentate; e 
solto ques — il Martirio di S. Cri- 
stoforo — dalla destra parte, e — S. 
Pietro che osserva la Croce sostenuta da- 
gli Angeli — dalla sinistra, È osserva- 
bile in quest’ ultimo quadro le ali de- 
gli Angeli che pajono trasparenti. Tutti 
questi sette dipinti sono del Tintoret- 
to. Nel mezzo del pavimento di questa 
cappella vedesi la tomba di Girolamo 
Grimani colla data del 1512. Modo di 
scultura simile a quello dei Lombardi. 


Rimettendosi. verso la porta maggiore 
a sinistra di chi entra noti — la I cap- 
pella architettura dello stile dei Lom. 
bardi. — La III cappella con pala di Do- 
menico Tintoretto rappresentante — Za 
Natività di G. C. — La IV Cappella 
con pala di J, Tintoretto porgente: 
— Saw” Agnese — lavoro quest’ultimo 
che Jacopo forniva lorquando era re- 
duce da Parigi. Nella medesima cappella 
vi son due ricchi monumenti in mar- 
mo che ne coprono i latij e sei busti 
raffiguranti personaggi della veneta fa- 
miglia Contarini, dei quali i due di mez- 
zo è scultura di A. Vittoria, e sono, 
quello a destra il Procuratore Z'ommaso 
Contarini morto nel 1578, e i’ altro a 
sinistra il Cardinale Gasparo Contarini 
morto nel 1542. 


— 257 — 


Le temps et l’humidité ont endom- 
magé le superbe plafond de cette égli- 
se; et maintenant il n’y reste que des 
vestiges des peintures fort estimables 
dont il était orné, ouvrage des frères 
Christophe et Etienne Rosa de Bresse. 

Le clocher de cette église, haut de 
cent-soixante-huit pieds et large de 
vingt-cinq, est bâti dans le style orien- 
tal, et peut être considéré comme un 
joli ouvrage du quiuzième siècle. 

Sur la place, vis-à-vis de cette égli- 
se, on rencontre un petit édifice, ap- 
pelé 


Il tempo e l’umidità guastarono quasi 
dello in tutto il bel soffitto di questa 
chiesa. Delle pitture di cui veniva ab- 
bellito, pregiatissimo lavoro dei fratelli 
Cristoforo e Stefano Rosa di Brescia 
non rimangono che poche vestigia. 

Leggiadra opera del secolo XV, e di 
stile orientale è il campanile di questo 
tempio, alto piedi cento sessanta e larg 
venticinque. 


Sul campo d’ innanzi a questa chie- 
sa trovasi un picciolo edifizio. chiama- 
to 


ED JT E-rea 


L'école des Moarchands. 


Cet édifice, érigé en 1570, est de peu 
d'importance; et il n’a de remarqua- 
ble qu’un bas-relief en marbre au-des- 
sus de ia porte, reproduisant — Za 
Vierge Marie avec l'enfant Jésus entre 
deux Saints — Cette sculpture remar- 
quable est d’un auteur inconnu. 


Quittez la place de la Madonna del- 
l'Orto, tournez à droite, parcourez tout 
ce quai et vous rencontrerez la maison 
de Monsieur Roncan, où le propriétaire 
garde une collection de peintures de 
plusieurs grands maitres de l’école vé- 
nitienne, et d’autres encore, ainsi que 
plusieurs chefs d’oeuvre de l’antiquité, 
dont Monsieur Roncan fait commerce, 
En face du même quai on aperçoit le 
Palais Contarini orné d’estimables pein- 
tures à fresque de Dominique Ticpolo, 
de Jacques Guarana, et du Fossati. Dans 
la salle on admire quatre des meil- 
leurs tableaux de Luc Giordano, et entre 
autres on remarque — Ænée portant 
son père Anchise. 


Scuolæ de Mercanti. 


Di poca importanza è questo fabbri- 
cato che veniva eretto nell’anno 1570, e © 
solo quello che merita venir osservato in 
esso è un basso rilievo in marmo sopra la 
porta rappresentante — Za Wergina col 
bambino fra due Santi, — Egli è di 
buona scultura ma non se ne conosce 
1’ autore. 

Lasciando il campo della Madonna 
dell'Orto si giri a destra, e percorren- 
do quella fondamenta si troverà la casa 
del signor Roncan in cui il proprietario 
conserva una collezione di pitture di 
varii classici autori della veneziana 
scuola, e di altre ancora; non che varii 
capi d’arte d’ antiquaria, Desso Roncan 
fa commercio di questi oggetti. Sulla 
stessa fondamenta e al capo opposto di 
lei ritrovasi il Palazzo Contarini ador- 
no di buone pitture a fresco di Dome- 
nico Tiepolo, di Jacopo Guarana, e del 
Fossati. Nella sala Luca Giordano pin- 
geva quattro dei migliori suoi quadri 
fra cui si distingue — Znea che porta 
il padre Anchise. — 

99 


— 958 — 


Pour continuer cette visite, il faut 
que le voyageur retourne vers l’église, 
repasse le pont de la Madonna dell Orto, 
celui dei Mori, suive le quai voisin à 
gauche jusqu’au pont de Saint Martial, et 
il apercevra enfin 


Per la continuazione di questa visita. 
è giuoco forza che il viaggiatore ritorni 
verso la chiesa, ripassi il ponte della 
Madonna dell Orto, quello eziandio dei 
Mori, prosegui per la vicina fonda- 
menta a sinistra sino al ponte di San 
Marziliano , scendendo dal quale tro- 
verà la 


cc 00-0- enon 


L'église de Sarmt-OTartial, 
(cufgaicement dite Saw Marzia.) 


La fondation de ce temple selon leschro- 
niqueurs vénitiens, remonte à 1132, et 
c’est à cette époque qu’il fut achevé, 
moyennantles soins et l'argent de la famil- 
le Rocchi. Au dix-septième siècle cette 
église fut presque entièrement rebâtie à 
cause des nombreuses réparations, dont 
elle avait besoin. Dans cette église, on 
remarque : 

A droite en entrant sur. le premier 
autel un tableau peint par Jacques Tin- 
toret, reproduisant — Saint Martial et 
plusieurs autres Saints. 

Dans la grand’chapelle, à l’entrée ex- 
térieure, deux tableaux, représentant — 
PAnnonciation, — du Tintoret; et sur 
les murs, à l’intérieur, à droite— la Ré- 
surrection de J. C., — beau tableau de 
l’Aliense, et à gauche — Le Crucifiement 
— par le Chevalier Passignano. 


En retournant vers le portail, vous 
observerez ie premier autel à gauche, 
renfermant un des plus beaux ouvra- 
ges du Titien, c’est-à-dire — Tobie 
guidé par un ange, 


Eros di 8. Narziale. 
(colgazinento Saw Mearzilan,) 


La prima edificazione di questo tem- 
pio, se diamo retta alle cronache venete, 
risale al 1132 epoca in cui a cura e 
spese della famiglia Rocchi fornivasi. 
Nel secolo decimosettimo poi a cagione 
dei molti ristauri di che abbisognava 
veniva dello in tutto quasi modificato. 
È mestieri notare in questo tempio. 


A destra di chi entra nel I. altare 
la pala dipinta da J. Tintoretto con — 
S. Marziale ed altri Santi. — 


Nella cappella maggiore due quadri 
laterali all'imboccatura esterna, rappre- 
sentanii — L? Annunziazione di Nostra 
Donna — del suddetto Tintoretto; e 
sulle pareti nello interno a destra — Za 
Risurrezione di G. C. — hel lavoro del- 
l’ Aliense , ed a sinistra — la Crocifis- 
sione — del Cavalier Passignano. 

Ritornando verso la porta maggiore 
si dee osservare il I. altare a sinistra 
avente una fra le insigni opere del Ti- 
ziano vogliam dire — Tobia guidato 
dall'Angelo. — 


e — {ssa 


NEUVIEME VISITE. 


Pour cette visite, on peut se passer de 
gondole. 


Eglise de Saiut- ITCoise. 


Cette église, de méme que plusieurs 
autres temples vénitiens, fut édifiée deux 
fois ; la première. en 796 par les soins 
de la famille Scepara, qui voulut la dé- 
dier à Saint Victor; la seconde par 
ceux de Moïse Véniero, qui l’a consa- 
crée à Saint Moïse le Prophète. Enfin 
elle fut nouvellement agrandie l’an 1632. 
Sa façade, exécutée en 1688 par Alexan- 
dre Tremignan est un riche et grossier 
ouvrage, qui atteste la décadence totale 
du goût architectonique de cette époque. 


Dans l’intérieur de cette église on 
remarque, sur le second autel à droite 
en entrant, un tableau, ouvrage de Pier- 
re Liberi, représentant — LZ’ invention 
de la Croix. i 


Dans la chapelle à côté de la princi- 
pale, on admire à gauche, et précisé- 
ment sur les murs latéraux, deux pein- 
tures, dont l’une reproduit — La cè- 
ne, — exécutée par Jacques Palma; 
l’autre — Le lavement des pieds + par 
le Tintoret. i 

Le parapet de l’autel de la sacristie 
est un ouvrage laborieux de bronze, et 
tout d’un jet qui nous montre — Le 
Sépulcre de Jésus-Christ. -- Il fut exé- 
cuté par Jean Chenet et par Marin 
Féron d’après un modèle de Nicolas et 
de Sébastien Rocca-tagliata, et l’on y lit la 
date de l’an 1633. 


VISITA NONA, 


Sarà indifferente in questa visita l'uso 
della gondola. 


Chiesa di S. Mise. 


À somiglianza di altre chiese vene- 
ziane anco questa di S. Moisè conta 
due edificazioni cioè, l’una nel. 796 a 
cura della famiglia Scepara che la vo- 
lea intitolata a S. Vittore, 1’ altra da 
Mosè Veniero che la dedicava a San 
Moisè Profeta. In seguito poi, cioè nel 
1632, veniva novellamente ampliata. La 
presente sua facciata, ricco e goffo la- 
voro che mostra il grave decadimento 
del gusto architettonico in quell’epoca, 
è di Alessandro Tremignan e conta l’ 
epoca del 1688. 

Nello interno di questa chiesa il fo- 
restiero osserverà, nel II. altare a destra 
di chi entra, la pala di cui esso è ab- 
bellito. Egli è un lavoro di Pietro Li- 
beri col quale porgeva — 7 Invenzione 
della Croce. — 

Nella cappella presso la maggiore, a 
sinistra di chi guarda e propriamente 
sulle pareti sonvi due quadri l’uno che 
rappresenta — {y Cena del Nazareno — 
di J. Palma, l’altro la Lavanda de’ pie- 
di — di J. Tintoretto, 


Il parapetto dell’ altare della Sagre- 
stia è un getto di bronzo e di un la- 
voro laboriosissimo rappresentante — il 
Sepolcro di G. C. — Fu opera di Gio. 
Chenet. e Marino Feron con modello 
dei Nicolò e Sebastiano Rocca-tagliata- 
Desso porta la data dell’ anno 1633. 


— 2600 — 


En sortant de cette église par le por- 
tail, entrez dans la ruelle à gauche, dite 
del campanile (du clocher), puis tour- 
nez à droite, passez le pont Barozzi, 
et vous vous trouverez dans la cour du 
même nom, où s’élève le Palais Emo, 
à présent Trévès. Ses riches proprié- 
taires actuels ont rendu cet édifice char- 
mant et magnifique : outre les pein- 
tures de plusieurs écoles , et les rares 
chefs-d’oeuvre qu’on y voit rassemblés, 
on y admire deux statues colossales de 
Canova, qui reproduisent — Hector et 
Ajax. — 


Pour ne pas s’égarer dans des rues 
élroites et incommodes, vous pourrez 
retourner sur la place S.t Moïse, pas- 
ser le pont, qui est vis-à-vis de l’égli- 
se, entrer dans la rue nommée Àue 
longue de St Moïse, et la parcourir 
jusqu’à ce que vous soyez arrivé à la 
Cour dite Micheli, qui est à droite, et 
où vous verrez une maison, IN. 2040. 
Cette maison, est habitée par Monsieur 
le Comte Joseph Albrizzi, qui possède, 
outre la Téte d'Hélène, sculpture de Cano» 
va, plusieurs lettres autographes d’hom- 
mes ,savans, lettrés ou puissants du der- 
nier siècle et du nôtre, qui étaient 
en correspondance avec son illustre mè- 
re, la comtesse Isabelle Teotocchi Al- 
brizzi. 

Pour continuer cette visite , retour- 
nez dans la rue Longue, qui vous con- 
duira au pont des Huîtres, après lequel 
vous rencontrerez la place Notre-Dame- 
du-Lis, où s’élève 


Si esca da questa chiesa per la porta 
maggiore, si entri il picciolo viottolo che 
sta a sinistra detto del campaaile si volga 
indi a a destra si monti il ponte Ba- 
rozzi conducente nella corte di questo 
nome ove sorge il Palazzo Emo ora Tre- 
ves. I ricchi presenti suoi proprietarii 
ridussero questa fabbrica veramente bel“ 
la e magnifica, e diciamo magnifica con- 
ciossiachè oltre rinvenire in essa rac- 
colte diverse buone pitture di varie 
scuole, ed altri interessanti capi d’arte 
v’ ha le due statue colossali del Canova 
raffiguranti Zttore ed Ajace. 

Per non inoltrarsi in straduccie consi- 
gliamo il visitatore a ritornare in cam- 
po S. Moisè, montare il ponte che sta 
dirimpetto la chiesa entrare nella cal- 
le lunga appellata eziandio di S. Moisé 
e camminarla finchè giunto alla corte 
Micheli, che sta a destra, arriyerà ad una 
casa portante il Num. 2040 abitata dal 
Nob. conte Giuseppe Albrizzi il quale. 
possiede la testa dé Elena lavoro in 
marmo del-Canova suddetto, ed oltre a 
questa molte lettere autografe di uo- 
mini insigni nelle scienze, e leitere, e 
nella diplomazia del passato e del cor- 
rente secolo, i quali erano in carteggio 
coll’ illustre di lui madre contessa Isa- 
bella Teotocchi Albrizzi. 


Per proseguire questa visita si ritor- 
nerà nella calle Zunga la quale tutta 
percorsa ti metterà al ponte delle O- 
striche, passato il quale presentarassi il 
campo di S. M. del Giglio su cui sor- 
ge la 


co OU ee. 


L'église de Pbotte-Dause du-Lis, 
(culguitement dito S. SIC doobewigo) 


C’est une des églises les plus an- 
ciennes de Venise. A présent il ne res- 
te aucune trace de sa fondation dont 
‘la date n’est pas indiquée dans les chro- 
niques, ni de sa reédification, qui date 
de 955. Nous savons que cette église 
fut rebàtie aux dépens de la famille 
Giubanici, d’où elle a tiré son nom 
vulgaire . Elle fut rebàtie une troi- 
sieme fois telle que nous la voyons 
maintenant, en 1680, d’après un plan 
de l’architecte Joseph Sardi, et tout- 
à-fait dans le mauvais goût de cette 
époque, 


Dans l’intérieur de cette église, on 
remarque les objets suivants: 

Sur le premier autel, à droite, en 
entrant, un tableau, peint par Charles 
Loth, représentant — St-Æugène sur le 
point de subir le martyre. 

Sur le troisième autel, une peinture 
de Jacques Palma, reproduisant — La 
Visite de Sainte-Elisabeth. — 

Dans la sacristie, une statue qui nous 
montre — Jésus-Christ ressuscité, — 
ouvrage de Jules Dal Moro. 

Dans le choeur, où l’on entre par la 
sacristie, au-dessous de l’orgue, un ta- 
bleau, exécuté par Joseph Salviati, qui 
reproduit — L'Annonciation, — et à cò- 
té de celui-ci deux autres tableaux du 
Tintoret, représentant — Les Ævan- 
gélistes. — 

Sur les murs latéraux du maître-au- 
tel, on admire deux monuments, qui 
nous montrent les bustes de Jules et 
de Justinien Contarini. 

A droite, on remarque 


E Biesa di Ss. AU. del Giglio. 
(volqaruveute 9. AI, Lobenigo.) 


Fu una delle più antiche chiese in- 
nalzate a Venezia ma della prima sua 
edificazione, di cui le cronache tacciono 
I° anno, ne della rifabbrica che viene 
segnata nel 955 non rimangono vesti- 
gia aleuna. Sappiamo che la seconda sua 
fabbricazione venne eseguita a spese 
della famiglia Giubanici dalla quale sem- 
bra abbia preso il volgare suo presente 
appellativo. Questo tempio conta una 
terza edificazione, ed è quella che veg- 
giamo, e che nel 1680 eseguivasi con 
il disegno dell’ architetto Giuseppe Sar- 
di. Egli è un lavoro che attesta il cat- 
tivo gusto dominante in quell'epoca. 

Nello interno fermerai la tua atten- 
zione ai seguenti oggetti. 

Nel I, altare a destra di chi entra Carlo 
Loth pingeva la pala porgente — Sar 
Eugenio nell atto di subire il marti- 
rio. — 

Nel III. altare J, Palma poneva — Za 
Visita di S. Elisabetta. — 


Nella Sagrestia la statua di — Cristo 
risuscitato — lavoro di Giulio dal Moro, 


Nel coro a cui pone ingresso la sud- 
detta Sagrestia v’ ha sotto l’organo un 
quadro con — ? Annunziata — di Giu- 
seppe Salviati; ed ai laterali di questo 
due altri quadri di J. Tintoretto con 
— gli Evangelisti. — 


Nell’altar maggiore e propriamente 
sulle di esso pareti veggonsi due monu- 
menti che portano i busti di Giulio, € 
di Giustiniano Contarini. 

A destra dei notare gli oggetti se- 
guenti, 


— 2602 — 


Sur le premier autel, une peinture 
du Tintoret, qui représente — Le Sau- 
veur. 

Au-dessus du portail, un tableau 
peint par Jules dal Moro, reprodui- 
sant — Za Cène, — et à coté — qua- 
tre Sibylles — du Salviati, 

En sortant de l’église par une des 


portes qui sont à droite, passez le pont ‘| 


voisin, puis l’autre quiest vis-à-vis, et 
vous arriverez à une place, où s'élève 


Nel I. altare la pala — col Salvatore + 
di J. Tintoretto. 


Sopra la porta maggiore -— 2a Cent 
di G. C. — di Giulio dal Moro ; e ai 
laterali — Quattro Sibille — del Sal- 
Viati. 

Uscendo dal tempio per una delle 
porte che stanno al suo. fianco destro 
si monti il ponte che gli sta vicino, 


‘poi l’altro che trovasi dirimpetto, e 


fatto quest’ultimo ti troverai in altro cam- 
po su cui v’ha la 


L'église de S.b-Mauzice. 


Il ya peu de temps qu'on a biti 
cette église. Le patrice vénitien Pier- 
re Zaguri en donna le premier plan 
imité de celui de l’église de Saint-Gé- 
minien, ouvrage du Sansovino, vanda- 
lement anéanti pour embellir la place 
S.t-Marc en y substituant le nouveau 
Palais-Royal . Zaguri étant mort en 
1806, M. Antoine de Diedo et A, Selva 
qui mourut l’an 1819, mirent à exécu- 
tion le plan précité, y faisant les chan- 
gemens qu’ils crurent nécessaires. 


La façade , exécutée par Dominique 
Fadiga, est simple et élégante. Les sta- 
tues et les bas-reliefs ont été sculptés 
par le Professeur Zandomeneghi et par 
B. Ferrari. 

Dans l’intérieur de cette église, on 
remarque: 

Sur l’autel à côté du maître-autel, à 
gauche, une image représentant — La 
Vierge Marie — débris de la façade de l’é- 
glise démolie. Cette image fat peinte à 
resque par Horace de Castel-Franco: 


Chiesa di $. Maurizio. 


Recente è la edificazione di questa 
chiesa. Il primo disegno di lei fu dato 
dal veneto patrizio: Pietro Zaguri che 
dicesi proposito suo fosse d’ imitare la 
demolita; chiesa di S: Geminiano, opera 
del Sansovino che si distrusse creden- 
do di viemaggiormenté - abbellire la 
piazza di San Marco col fabbricare in 
suo luogo il Palazzo Reale. Morio il 
Zaguri nel 1806 il Nob. Antonio Diedo, 
ed A. Selva, che non è più, posero 
in esecuzione il sudetto disegno. facen- 
dovi però quelle riforme ed. aggiunte 
che trovarono all’ uopo. 

La facciata ne è semplice ed elegante, 
e Domenico Fadiga ne fu l’esecutore; 
le statue poi edi bassi rilievi sono ope- 
re del Professore Zandomenighi e di B. 
Ferrari. 

Nello interno del tempio meritane di 
essere ricordati. 

Nell’ altare laterale al maggiore a si- 
sinistra di chi guarda, la sua tavola che 
è un'immagine della Madonna tratta. e 
conservata dal demolito: prospetto del- 
l’ antica chiesa. Tale effigie dipinta a 


— 263 — 


Au milieu de l’église, on voit le tom- 
beau du susdit Pierre Zaguri. 

Enfin toutes les sculptures en marbre 
sont de bons ouvrages de Dominique 
Fadiga précité. 

Aprés avoir examiné cette église, sor- 
tez par le portail, entrez dans la rue 
à droite, et vous trouverez d’abord 


fresco è opera di Orazio da Castel 
Franco. 

In mezzo alla chiesa la tomba del 
sunnominato Pietro Zaguri. 

Finalmente tutte le sculture in mar- 
mo sono buoni lavori del ricordato Do- 
menico Fadiga. 

Esaminato questo tempio si sorta per 
la porta maggiore si prenda la via che 
gli sta a mano destra in principio della 
quale trovasi la soppressa 


— i 


ZIA suppoumce des Aolbawais. 


L’extérieur de ce petit édifice offre 
des sculptures estimées du XV siècle, 
qui intéressent les connaisseurs parce 
qu'elles concernent l’histoire des arts. 
Ces sculptures reproduisent — Le sie- 
ge de Scutari en 1474, — et au-des- 
sous — La Vierge Marie avec son en- 
fant — et à côté — deux Saints. — 
Après avoir visité cette école, passez 
le pont voisin, et, arrivé sur la pla- 
ce S.t Etienne, tournez à gauche et 
vous verrez le Palais Morosini, à pré- 
sent Gattembours. C’était le séjour du 
Doge Francois Morosini le Péloponé- 
siaque, dont on conserve deux bustes , 
l’un en bronze, et l’autre en marbre: 
celui de bronze avoit été érigé au 
temps de la république vénitienne , et 
dans la salle du Conseil des Dix. On 
trouve dans ce palais une collection de 
tableaux qui reproduisent les nombreu- 
ses batailles gagnées par le héros véni- 
tien, une salle d’armes, et plusieurs dra- 
peaux enlevés par lui aux Turcs. 

- Presque vis-à-vis de ce palais, on en 
voit un autre, qui, parmi ceux qu’on 
admire sur cette place, mérite notre 
attention; c’est le palais Lorédan, d’or- 


Scuola degli Albanesi 


L'esterno di questo picciolo edificio 
presenta di buone sculture, 

Sono desse del secolo XV , ed inte- 
ressano gli intelligenti per la storia del- 
l’arti. Rappresentano — 1 assedio di 
Scutari nel 1474, — sotto questo — Ma- 
ria vergine col bambino — e lateralmen- 
te — due Santi. 

Datta un’occhiata a questa scuola si 
monti il ponte vicino ed arrivati al campo 
di S. Stefano si volga a manca ove sorge 
il Palazzo Morosini ora Gattembourg. Era 
questa la magione del Doge Francesco 
Morosini il Peloponnesiaco di cui si con- 
servano due busti l’uno in bronzo l’altro 
in marmo. Quello di bronzo era stato 
eretto al tempo della repubblica vene- 
ta, ed era stato posto nella residenza 
del Consiglio di Dieci. Trovasi in que- 
sto palazzo una collezione di pitture 
rappresentanti le molte vittorie ripore 
tate da quel eroe veneziano, ed una sala 
d’armi, e d’insegne da lui tolte ai turchi. 


Quasi dirimpetto v ha l'altro palaz- 
zo, Loredan fra i meritevoli di menzione 
che sorgono su questo campo. Egli è in 
due ordini, jonico e corinlio, e serve 


— 964 — 


dre ionique et corinthien, résiden- 
ce actuelle de l’I. et R. Commandant 
de la ville et forteresse de Venise, 
Non-loin de celui-ci, sur une pe- 
tite place, s’ élève le palais des Pisa- 
ni, dont la magnificence et l'étendue 
sont une preuve de l’opulence des fa- 
milles qui formaient le corps souverain 
de la république vénitienne, Cet édi- 
fice, qui est un vrai séjour princier, 
offre un beau vestibule, des cours, de 
spacieux escaliers et de grandes salles; 
c’est un ouvrage du XVII siècle, d’or- 
dre rustique, avec des piliers ioni- 
ques. 

Retourné sur la place S.t-Etienne , 
vous apercevrez 


ora a residenza dell’ I. R. Comando ge- 
nerale della città e fortezza di Venezia. 
Poco lungi di questo sovra una piaz- 
zetta sorge l’altro palazzo detto dei Pi- 
sani magnifico vasto e ricco, e che at- 
testa quanto erano potenti in ricchez- 
za le famiglie formanti il corpo sovra- 
no della veneta repubblica. Egli ha un 
bell’ atrio, cortili, gradinate spaziose » 
sale vastissime tutto in somma per ren- 
derlo vera dimora di principi. L? ordi- 
ne suo è il rustico con pilastri jonici. 
Ella è opera del secolo XVII. 


Ritornati nel campo di S. Stefano 
sul suo finire ti si presenta la 


mn QD Games 


L'Eglise de Garni Vital, 


Cette église, dont la facade est l’ou- 
vrage de l’architecte André Tirali, fut 
érigée l’an 1700, et réédifiée plus tard 
de même que la plupart des églises vé- 
nitiennes ; certains manuscrits nous ap- 
prennent qu’en 917, les familles Miani, 
Casuali ou Barbarighi contribuèrent beau- 
coup à sa première édification. On lit 
aussi dans quelques chroniques que le 
Doge Vital Faliero a contribué égale- 
ment à l’ancienne érection de cette 
église, 

On remarque dans cette église: 


Sur le second autel, à droite, en en- 
trant, un bas-relief en marbre, sculpté 
par Antoine Terzia, représentant — l’An- 
nonciation — et au-dessus une demi- 
lune reproduisant — L’Ascension —- 
nous peinte par l’Aliense. 

Le même peintre a exécuté un autre 
tableau en demi-lune , placé sur Pautel 


Chiesa di 8. Vitale. 


Nell’anno 1700 erigevasi questa chie- 
sa la cui facciata è dell’ architetto An- 
drea Tirali, A simiglianza di quasi tutti, 
li veneziani templi anco questo di San 
Vitale conta rinnovamento di edifica- 
zione, giacchè troviamo da certe scritte 
le famiglie Miani, Casuali o Bavbarighi 
molto operassero nel 917 per il primo 
suo edificamento. In alcune cronache 
poi risulta che il Doge Vital Faliero 
avesse parle maggiore nella vecchia pri- 
ma erezione di questa chiesa. 

Havvi in essa di meritevole di venir 
ricorduto, 

Nel II. altare a destra di chi entra 
un basso rilievo in marmo di Antonio 
Terzia raffigurante — l’'Annunziata — e 
sovrapposta una mezza luna in cui l’A- 
liense pingeva — l’Ascensione di Gesù 
Cristo. — 

Lo stesso Aliense eseguiva l’ altra 
mezza luna sopra l’altare situato dirim- 


— 265 — 


qui est vis-à-vis de ce dernier, et qui 
nous offre — la Résurrection. 

Sur le maitre-autel on aperçoit un 
grand tableau, représentant — Saint 
Vital à cheval, et plusieurs autres figu- 
Tes —, ouvrage distingué de Victor 
Carpaccio, exécuté en 1514. 

Retourné sur Ja place, on trouve à son 
extrémité 


petto a quest’ ultimo, rappresenta es- 
so — la Risurrezione — , 

Nell’ altar maggiore vedesi la gran ta- 
vola con — S. Vitale a cavallo ed altre 
figure — Opera distinta di Vittore Car- 


paccio dell’anno 151/. 


Retrocedendo verso il campo, lo si 
percorra tutto al cui termine s’innalza la 


————_—;cgermr__—mmm@€ 


L'Eglise de Saint-Etienne. 


Cette église, dont l'architecture ap- 
partient au moyen age, fut bâtie Pan 
1325, sur le plan d’un architecte in- 
connu, et nous offre les objets suivants, 
qui méritent une attention particuliè- 
re. 


Sur le bénitier, à droite en entrant, 
vous voyez une statue de marbre, scul- 
ptée par le padouan Jean Marie Mosca, 
laquelle vous montre — /a Charité. 

Sur le mur voisin, on admire les mo- 
numents de — Zorzi — mort en 1558. — 
de Marcello — mort en 1555 — de Por- 
ta — mort en 1614. — et de Grazio- 
st — mort en 1558. 

De ce côté de l’église, on trouve la 
Sacristie, sur la porte de laquelle on 
apercoit deux bustes, exécutés, à ce qu’on 
croit, par Pierre Lombard. L’autel, 
qui est au milieu, est fort élégant , et 
orné de deux statues, sculptées par le 
même artiste, et représentant, l’une 
— Saint-Antoine ; — l’autre — Saint- 
Jean-Baptiste. — 

Sur le mur à sauche, on admire un 
tableau, reproduisant — Ja Sainte-Tri- 
mite, St-Augusiîn, et Sainte- Claire. — 
Dans cette sacristie vous trouvez plu- 
sieurs autres tableaux , et entre autres 


u 


Chiesa di $. Stefecuo. 


L’ architettura di questa chiesa è del 
medio evo, ed il suo edificamento conta 
l’anno 1325. Egli è un grandioso tem- 
pio di cui non si conosce l’ architetto. 
Devonsi aunoverare per cose merite 
voli di particolare attenzione ed os- 
servazione le seguenti, 

Sopra la pila dell’acqua santa a de- 
stra di chì entra — a Carità — sta- 
tua iu marmo del padovano. Giov. Ma- 
ria Mosca. 

Sulla vicina parete i monumenti di 
— Zorzi — morto nel 1588 — Mar- 
cello morto nel 1555 — Medico Por- 
ta — morto nel 1614 — Graziosi — 
morto nel 1558. 

Percorrendo la chiesa da questa par- 
te si trova la Sagrestia sopra la porte 
della quale ti si porgono due busti che 
si reputano opera di Pietro Lombardo. 
Elegante è 1° altare che le sta nel mez- 
zo con due stalue rappresentanti — S. 
Antonio, e —- S. Gio. Battista — attri- 
buite anco queste al sunnominato Lom- 
bardo. 

Nel mezzo della parete sa sinistra 
trovasi un *quadro di P. Liberi, con 
— la SS. Trinità, Sant Agostino e 
Santa Chiara — Altri quadri ezian- 
dio sonvi in questa Sagrestia fra cui 


34 ' 


— 266 — 


< 


deux} superbes copies des peintures à 
fresque du Pordenone, existant dans 
le cloître voisin. Ces deux copies, 
dont l’une vous montre — Adam et 
Eve — et l’autre — /a Madeleine — 
sont suspendues au mur à droite en en- 
trant. 
Retourné dans l’église, on remarque : 
Sur l’autel de la chapelle à côté de 
la principale, trois statues de marbre, 
représentant — Ze Redempteur et deux 
Anges — et derrière cet autel un grou- 
pe, reproduisant — Jésus-Christ sou- 
tenu par un ange. — Le tabernacle est 
orné de six petites statues de bronze, 
et de deux candélabres de bronze doré; 
celui à droite, qui est le meilleur, date 
de 1577, l’autre de 1617. Tous ces ou- 
vrages ont été exécutés par Jules Dal 
Moro. 
Les 


chapelle sont embellis d’exquis ouvra- 


murs latéraux de la grand’ 


ges en marbre, ainsi que de bas-reliefs 
et de statues. Les douze Apôtres qu’on 
admire sur les corniches, ont été scul- 
piés par Victor Camelo ou Gamelo. 
L’autel que renferme cette chapelle, 
est un ouvrage magnifique, attribué à 
Jérôme Campagna ; derrière cet autel se 
trouve le choeur, dont les stalles sont 
dans le vieux style du Canozzi. 

Dans la chapelle à gauche de la prin- 
cipale vous voyez sur Je mur à droite 
le monument de Jean-Baptiste Feretti Vi- 
centin, célèbre jurisconsulie, monument 
qui fut exécuté, à ce qu’on croit, par 
Michel Sammicheli. L’autel renferme un 
tableau en deux compartiments: celui 
d’en-haut, peint par Palma'l’Ancien re- 
produit — la Vierge Marie avec l'Enfant 
Jésus et plusieurs autres saints — et l’in- 
férieur fut exécuté par le Triva. 

En sortant de cette chapelle, on aper- 
coit tout près une porte donnant sur 
le Baptistère, dont l'autel renferme une 


Ì 


belle sono due copie tratte da origi- 
nali che il Pordenone ‘eseguiva a fre- 
sco nel vicino chiostro e rappresentano 
luna — Adamo ed Eva, — l'altra 
— la Maddalena; — desse stanno ap- 
pese alla parete a destra di chi entra. 

Ritornando in chiesa nell’ altare del- 
la cappella presso la maggiore a destra 
di chi guarda sonvi tre statue in mar- 
mo cioè — #2 Redentore e due Ange- 
li, — e dietro quest’ altare un gruppo 
d’alto rilievo rappresentante — Cristo : 
sostenuto da un Angelo, — Sei picciole 
statue di bronzo adornano il taberna- 
colo, opere tutte di Giulio Dal Moro 
non che due Candelabri 
rato. Il migliore di questi, situato a 
destra, ha la data del 1577 1° altro del 
1617. 


di bronzo do- 


Nella cappella maggiore le pareti la- 


terali sono adorne di buoni lavori in 


marmo con bassi-rilievi, e statue: I 
dodici Apostoli sopra le cornici furono 
scolpiti da Vittore: Camelo, o Gamelo. 
L’ altare di questa maggior cappella è 
opera magnifica, riputata di Girolamo 
Campagna, e dietro a questo v° ha il 
coro con sedili di antico. lavoro. sullo 
stile del Canozzi. 


Nella cappella presso la maggiore a 
sinistra di chi guarda trovasi sulla de- 
stra parete il monumento di Gio, Bat- 
tista Ferretti Vicentino, celeberrimo giu- 
reconsulto che credesi fattura di Mi- 
chele Sammicheli ; e ! altare ha una 
tavola in due pezzi divisa, il supe- 
riore dei quali porge — a. Madonna 
col Bambino ed alcuni santi — di J. 
Palma il vecchio ; e l’inferiore è di- 
pintura del Triva. i 

Uscendo da questa cappella vedesi 
vicinamente a lei una porta conducente 
nel Battistero il cui altare ha una ta- 


— 267 — 


peinture de l’école vénitienne, repré- 
sentant — le Baptême de Jésus-Christ -- 
et sur les fonts baptismaux mêmes, on 
admire une statue, qui nous offre — St 
Jean-Baptiste, — sculptée par Jules Dal 
Moro. 

Retourné dans l’église, continuez à 
avancer à droite et vous apercevrez sur 
la porte, qui est près de la même cha- 
pelle, un monument en l’honneur d’Al- 
viane, fameux général de la républi- 
que vénitienne, L’histoire nous apprend 
que l’Alviane se distingua beaucoup 
dans la guerre soutenue par Venise 
contre la ligue de Cambrai. 

. Sur le troisième autel, on voit deux 
statues, sculptées par Pierre Lombard, 
reproduisant , l’une — Si-Jér ôme — et 
l’autre — St- Paul. 

Sur le pavé, vers le milieu de l’é- 
glise, on voit un tombeau magnifique 
renfermant les cendres de François Mo- 
rosini dit le Péloponésiaque, et la date 
de 1694. 

La grand’porte de cette église est 
surmontée par le monument de Do- 
minique Contarini et d’Ange son ne- 
veu. Le premier de ces deux per- 
sonnages fut général et mourut en 1650, 
l’autre, célèbre magistrat, mourut eu 
1657. Ce monument est un ouvrage du 
XVII siècle. A gauche de cette porte 
on admire un autre monument, érigé 
en l’honneur du fameux Jacques Suriani 
de Rimini, médecin renommé de son 
temps. Le mausolée qu’on y admire, de 
fort bon goùt et d’un travail exquis, 
fut exécuté au XVI siècle. Plus loin, on 
aperçoit un bas-relief en bronze, ou- 
vrage estimé d’un auteur inconnu, re- 
présentant — la Vierge Marie avec l'En- 
fant Jésus et plusieurs autres Saints. — 

Après avoir examiné cette église, 
sortez par la porte, qui est près de 
celle donnant sur le Baptistère , dont 


vola di scuola veneziana con — il Batte_ 
simo di G. C.--;e sopra la fonte batte- 
simale Giulio dal Moro scolpiva la sta- 
tua di — S, Gio. Battista. — 


Ritornando in chiesa e continuando 
il giro a destra ritrovasi sopra la porta 
vicina alla suddetta cappella un monu- 
mento con cui si onorava alla memoria 
dell’ Alviano celebre generale della ve- 
neziana repubblica. Abbiamo dalle sto- 
rie che quest’Alviano molto figurasse nel- 
la guerra contro la lega di Cambrai, 


Nel II altare sonvi due statue por- 
genti — S. Girolamo, e S. Paolo — scolpi- 
te da Pietro Lombardo. 


Nel pavimento verso la metà della 
chiesa vedesi la magnifica tomba di 
Francesco Morosini il Peloponnesiaco por- 
tante l’anno 1694. 


La porta maggiore di questa chiesa 
mostra superiormente il monumento di 
Domenico, ed Angelo Contarini zio, e 
nipote, il primo generale morto nell’an- 
no 1650 altro celebre magistrato mor- 
to nel 1657, Quest’ opera è del se- 
colo XVII. A sinistra di questa porta 
poi havvi l’altro monumento eretto alla 
del 


riminese, medico a suoi tempi celeber- 


memoria celebre Jacopo Suriani 
rimo. Il mausoleo è di ottimo gusto e 
di finita esecuzione ; la sua epoca è il 
secolo XVI. Dopo questo scorgesi un 
basso-rilievo in bronzo buon, lavoro 
ma d’ignoto autore rappresentante — La 
Madonna col bambino ed alcuni santi. — 


| Fatti questi esami al tempio si sorti 
per la porta che sta vicina a quella 
conducente nel Battistero, di cui ab- 


— 263 — 


nous avons parlé plus haut, cet vous 
parviendrez dans le cloître de St-Etien- 
ne, qui mérite votre attention par son 
estimable architecture. Les murs de ce 
cloître, du côté de la cour, étaient au- 
irefois embellis de peintures à fresque 
par Jean-Antoine Pordenone, peintures 
qui, étant presque entièrement détrui- 
tes, n’offrent aux connaisseurs que de 
précieux fragments. On y trouve une 
riche urne de marbre, qui renferme le 
corps du célèbre Doge André Contarini 
qui montra tant de valeur à la conquête 
de Chioggia, contre les Génois, en 1382. 
L’ architecte de ce cloitre ful le Frère 
Gabriel de Venise, qui le bätit en 
1532. 

Après avoir passé le pont, par lequel 
on entre dans ce cloitre, et parcouru 
la place St-Ange jusqu’à la pharmacie, 
vous trouverez à côté de celle-ci une 
rue, qui vous ménera au pont dit della 
Verona, d’où vous apercevrez la place 
St-Fantin, à gauche de laquelle s’élève 


Ÿ dbibeuce Véuibieu , ct-depaut E cole 
° de St-derome. 


Aux temps de la république les con- 
frères de cette Ecole accompagnaient au 
supplice les condamnés à mort. Dans 
cette circonstance ils. mettaient certai- 
nés chapés noires, et suivaient proces- 
sionnellement le condamné qu’ils enter- 
raient, quand il avoit subi sa peine. 
Après la chùte de la république, et la 
suppression des Ecoles, on affecta cet 
édifice à l’Athénée vénitien. Alexan- 


biamo parlato , la quale mette al chio … 
stro di S. Stefano meritevole di atten- 

zione per la bella sua architettura. Le 

pareti di esso respicienti il cortile era- 
no decorate di pitture a fresco di G.. 
A. Pordenone le quali però sono in 
gran parte deperite e presentano ap- 
pena agli intelligenti dell’ arte qualche 

interessante frammento. In ricca urna 
di marmo si deposero in questo chio- 
stro le ceneri del celebre Doge Andrea 
Contarini” che tanto valore mostrava 
nella presa di Chioggia a Genovesi nel 
1382. L'architetto di questo chiostro 

fu Fra Gabriele da Venezia che ne fa- 

ceva eseguir la erezione nell’ anno 

1532. 

Si monti il ponte che dà ingresso a 
questi chiostri, si passi il campo di S. 
Angelo, si entri la calle che sta all’an- 
golo della Farmacia, la si passi tutta, si 
volti indi a destra e si passi il ponte 
della Verona, dopo il quale il viottolo 
che ti si presenterà condurratti al cam- 
po di S. Fantino al lato sinistro del 
quale sorge 


«Lelbtenco Veneto ea Scuola di Si 


Girolamo 4 


A” tempi repubblicani i confratelli di 
questa scuola accompagnavano al sup- 
plizio à rei di morte, per fornire il 
qual ufficio vestivano certe cappe nere 
e processionalmente orando seguivano 
il condannato che come avea subita sua 
pena era per loro sepolto. Caduta poi 
la repubblica, e soppresse le scuole, ri- 
ducevasi di esso edificio il veneto Ate- 
neo, Alessandro Vittoria ne fu l’ archi- 


— 269 — 


dre Vittoria qui en a été l’architecte, a 
partagé la facade en deux ordres, l’ioni- 
que et le corinthien. | 

Dans la salle au-rez-de-chaussée, sur 
le mur à droite en entrant, on aperçoit 
le monument de Raymond Forti de Vé- 
rone, et vis-à-vis de la porte trois bu- 
stes, sculptés par Vittoria; celui du mi- 
lieu nous offre Santario Santorio, et les 
deux latéraux reproduisent — Apollonius 
et Nicolas Massa —. À gauche vous vo- 
yez un tableau représentant — Jésus- 
Christ montré au peupl: — peint par 
Balthazar d’Anna. Les autres tableaux 
qu’on voit disposés sur les murs ont été 
peints par le Corona, et les peintures 
qu'on admire au plafond, partagé en 
ireize compartimens, ont été exécu- 
tées par Palma. 

Dans l'étage supérieur, on remarque : 


Dans la salle à droite de l'escalier . 
à gauche en entrant, un monument mo- 
derne, érigé au célèbre Professeur Pa- 
jola, qui mourut en 1816, et exécuté 
par le Zandomeneghi. Au-dessus de ce 
monument on trouve un buste en bron- 
ze du fameux philologue Thomas Ran- 
gone de Ravenne. 

Dans la salle voisine vous apercevez 
sur les murs huit tableaux, reprodui- 
sant — La Vie de Jésus. Christ ,.et de 
la Vierge Marie; — ouvrage d’Aloïs 
dal Friso. Sur le plafond on admire 


une peinture d’ Antoine Zanchi, repré- 


sentant — Ze Jugement dernier. 
Tout près de l’Athénée, s’élève 


tetto che formava la facciata in due or- 
dini jonico e corintio. 


Nella sala terrena sulla parete a de- 
stra di chi entra trovasi il monumento 
di Raimondo Forti veronese ; e dirim- 
petto alla porta veggonsi tre busti cioè 
in mezzo Saniorio Santorio; ai laterali 
Apollonio e Nicolò Massa scolpiti dal Vit- 
toria, ed a sinistra di chi guarda i sud- 
detti busti un quadro — con Cristo mo- 
strato al popolo. — Pittore Baldassare 
d’ Anna, Gli altri quadri disposti sulle 
pareti sono del Corona. Il soffitto è di- 
viso in tredici comparti, che il Palma 


travagliava. 


Nel piano superiore meritano osser- 
vazione. 

La sala a destra della scala nella cui 
facciata a sinistra di chi entra vedesi 
un monumento moderno eretlo al ce- 
lebre professore Pajola morto 1’ anno 
1816. Ella è opera del Zandomeneghi. 
Sopra questo monumento havvi un bu- 
sto in bronzo del celebre Filologo Tom- 
maso Rangone da Ravenna. 

Nell’ altra. vicina sala sono disposti 
sulle pareti otto quadri rappresentanti 
— La Vita di G. C. e di MV. — 
opere di Alvise dal Friso. Il soffitto 
porge un’ opera di Antonio Zanchi con 
—- il Giudizio finale. — 


Vicinamenle all’ Ateneo e sullo stesso 
campo sorge la 


Lg lise de Si 


Cette église fut érigée, à ce qu’on 


croit, par les anciennes familles Ba- 
rozzi, Alduini et Equilj, et restaurée 
ensuite par les Pisani, ayant été pre- 
sque entièrement renouvelée à l’inté- 
térieur. Elle est d’un auteur inconnu, 
dont le style se rapproche beaucoup au 
reste de celui des Lombard. La ‘façade 
est simple, mais fort élégante et régu- 
lière, 

Dans l’intérieur de ce temple, vous 
voyez: 

Dans la première chapelle à droite 
en entrant, un monument érigé en l’hon- 
neur du médecin Parisano Parisano (qui 
mourut en 1609), et exécuté par Jules 
Dal Moro. 

Après la porte latérale, on admire 
entre deux fenêtres un tableau, repro- 
duisant — Jésus-Christ mort —, peint 
par Jacques Palma. 

Dans la grand’chapelle, érigée en 
1564 par Jacques Sansovino, on aper- 
çcoit deux jolis monumens en marbre 
précieux, l’un de Bernardin Martini, 
mort en 1518, l’autre de Vincingwerra 
Dandolo, mort en 1517. 

Au-dessus de la porie de la sacristie, 
vous voyez un petit tableau, qui vous 
offre -- Notre-Dame et l'Enfant Jésus -- 
peint par Jean Bellini. 

Sur le maitre-autel on admire deux 
statues de marbre, sculptures estimées 
du XVI siècle, représentant, l’une — 
Sainte - Marthe , — l’autre — Saint- 
Fantin. — 

Sur le mur à droite en venant de la 
grand’chapelle, on aperçoit un tableau, 
qu’on regarde comme un des meilleurs 
ouvrages de Léonard Corona, et qui nous 
montre — le Crucifiement —. Enfin au 


Chiesa di $ 1 Giulio: 


È credenza che le antiche famiglie 
Barozzi, Alduini ed Equilj facessero 
erigere questo tempio, e che poscia i 
Pisani la ristaurassero, e pressoché del- 
lo in tutto nell’esterno la rinnovassero. 
Isnoto però ne è l’autore, solo alcuni 
la attribuiscono fattura dei Lombardi. 
La sua facciata è semplice, ma molto e- 


legante e regolare. 
Nello interno tu noti. 


Nella I cappella a destra di chi en- 
tra il monumento eretto alla memoria 
del medico Parisano” Parisano morto nel 
1609 scultura di Giulio dal Moro. 


Dopo la porta laterale fra due fine- 
stre un quadro con — Cristo morto — 
di Jacopo Palma. 

Nella Cappella maggiore, eretta ncl 
1564, da J. Sansovino due eleganti mo- 
numenti di fini marmi, l’uno di Ber- 
nardino Martini morto nel 1518, l’altro 
di Vincinguerra Dandolo morto nel 1517. 


Sopra la porta della Sagrestia un 
picciolo quadro con -- Nostra Donna 
ed il Bambino — di G. Bellini. 


L'altar maggiore ha due statue in 
marmo, cioè Santa Marta e S. Fantino 
buone sculture del secolo XVI. 


Sulla parete poi situata a destra di 
chi discende dalla Cappella maggiore 
vedesi un quadro opera fra le migliori 
di Leonardo Corona porgente la — Cro- 
cifissione — ; e finalmente sopra la vi- 


— 971 — 


dessus de la porte latérale, on voit une 
peinture, représentant — la Cène. 
Vis-à-vis de cette église, s'élève la 


facade du 


cina porta laterale Andrea Vicentino di- 
pingeva. — la Cena del Nazareno — 

Dirimpetto a questa chiesa s° innalza 
la facciata del 


————— re 


Grand Cheatre la F euvce (le Phénix), 


Ce théâtre fut érigé en 1791 d’après 
les dessins d° Antoine Selva. La façade 
donnant sur la place St Fantin offre un 
portique corinthien; et celle qui donne sur 
Je canal voisin, est régulière et de bon 
goût. Plusieurs sociétaires sont les pro- 

e priétaires de ce théâtre, qui, par sa ri- 
chesse et par sa solidité, est un des plus 
beaux édifices de l'Italie. Il fut détruit 
par un incendie, le 13 décembre 1836, 
et reconstruit, en peu de mois, d’après 
son ancien plan. Ce théâtre offre les di. 
mensions suivantes (en pieds de Paris): 


£ (o) er | ugwo 


le Parterre . . . < 55:59... 0.0. + 58:6 
le Pròscénium 
ou avant-scène . . 13,3. . . . . . . 45:6 


tati A Sti Magli dati: af, 
AS DIRE PEAR à 158:6 


la Scène . . . 
l'édifice entier . 


Quittez la place Saint - Fantin, en- 
trez dans Ja rue à gauche, qui vous mé- 
nera au Pont dit des Barcajuoli, après 
lequel vous trouverez une rue, que 
vous devrez parcourir jusqu’à langle 
de l’auberge de la Reine d'Angleterre; 
alors tournez à gauche et vous vous 
trouverez dans une autre rue, au bout 
de laquelle on voit le pont dit des Fu- 
seri; passez-le et la rue que vous trou- 
verez après, vous conduira à la place 
St-Luc. Il faut y remarquer l’hast d’é- 
tendard qui s’y élève sur un piédestal 
de marbre. Cet étendard fut érigé en 


Largeur 


Gian Ceatro della gf ewice. 


Nel 1791 venia questo teatro eretta 
con disegno di Antonio Selva. La facciata 
che dà sul campo di S. Fantino ha una 
loggia corintia, e quella sopra il vicino 
rivo è regolare e di buon gusto. Sociale 
è la proprietà di questo teatro, ed è 
un edifizio che si considera uno dei 
migliori di Italia per la sua ricchezza 
e solidità. Desso veniva nel 13 decem- 
bre 1836 distrutto da un incendio, ma 
in pochi mesi si riedificava sul modello 
primitivo. Ha le seguenti dimensioni in 


‘piedi parigini. 


Lung bezza Lacgh (44404 


Plattatasat'l:svigabi Dai! ciche 58:16 
Proscenio. . . ... 103 peg see 1066 
SCT AMEN MO eda 


Tutto l'edificio. . 25,4 ... . . . 158: 6 


Lasciando il campo di S. Fantino si 
prenda la calle che gli sta a sinistra 
conducente al ponte dei Barcajuoli, si 
faccia il ponte, si percorra l’altra calle 
su cui mette il suddetto ponte fino all’an- 
golo dell’albergo della regina d'Inghilterra 
e quivi giunti si entri l’altra via che si 
presenta a quest’ angolo, si monti il 
ponte dei Fuserz, ed entrati nel campo 
di S. Luca si ponga mente allo stendardo 
che quivi sorge sopra un piedestallo di 
marmo. Ergevasi questo nel 1310 in me- 
moria della sconfitta in quel luogo sof- 
ferta da Bajamonte Tiepolo contro il 


es ONE 


1310, ‘en mémoire de la défaile que 
trouva dans ce lieu Bajamonte Tiepolo, 
contre qui fondirent, les armes à la main, 
plusieurs habitants de ce quartier, ainsi 
que les confrères des Ecoles de la Cha- 
rité et des Peintres, qui avaient pour 
patron l’Evangéliste St-Luc. Ces der- 
niers, animés par l’amour de la pa- 
îrie, défirent entièrement les rebelles, 
Cet étendard qui est orné d’uu lion, 
emblème de la république, et des ar- 
moiries des deux Ecoles précitées, porte 
la date de MCCCX, de même que celle 
des réparations, qu'il a reçues, la se- 
conde en MDCCLXXXXI, et la der- 
nière en MDCCCXXX VIT. 

Entré dans la Salizzada, prenez à droi- 
ie ei vous arriverez à une place, où 


s'élève 


quale erano usciti in armi molti degli 
abitanti «di quella contrada, e i confra- 
telli delle scuole della Carità, e de’Pit- 
tori che aveano a protettore 1° Evan- 
gelista. Condotti tutti da vero amore di 
patria fu per essi la vittoria, e caddero 
la mercè loro i mali intenzionati. Que- 
sito stendardo perciò è decorato del 
leone, emblema della repubblica, e de- 
gli stemmi di quelle due scuole, Esso 
porta la data MCCCX non che quelle 
dei ristauri a cui soggiacque cioè del 


MDCCLXXXXL,e del MDCOCKXXXVIE. 


Il visitatore prenda la salizzada si 
volga indi dal destro lato che mette in 
un piazzale ove sorge la 


—P Cin. 


© Eg lise de St-Quc. 


tes familles Pizzamano et Dandolo 
contribuèrent beaucoup à l’érection de 
cette église, qui remonte à l’an 1147. 
Elle subit dernièrement des réparations 
importantes, aux frais de ses parois- 
siens, par les soins de celui qui l’ad- 
ministre. Son extérieur n’a rien de re- 
marquable, et n’est qu’une preuve des 
dépenses considérables qu'on a failes 
aujourd’hui pour la réparer. 


Dans l’intérieur de cette église, on 
remarque: | 

Sur le ‘maitre - autel, un tableau de 
Paul Véronèse, représentant — Saint- 
Luc écrivant son Evangile. 

Dans le vestibule, près de la sacri- 
stie, un buste érigé au peintre Jean- 
Charles Loth de Bavière, qui mourut 
en 1698, et dont les cendres reposent 


en ce lieu. 


Chiesa di S, Luca, 


Le famiglie Pizzamano e Dandolo 
molto si adoperarono per l'erezione di 
questo tempio che risale all’anno 1147. 
Ebbe però essa dei posteriori radi- 
cali ristauri, e ne ebbe anco a dì nostri 
i quali mercè le cure ed istigazioni di 
chi la presiede stettero tutte a carico 
de’ suoi parocchiani. L’ esterno di lei 


nulla presenta di singolare se non che 


le prove che molto si profuse di dena- 
ro per renderlo migliore. 
Nello interno deesi porre attenzione, 


All’altare maggiore in. cui havvi la 
tavola — con S, Luca che scrive il Van 
gelo — di Paolo Veronese. 

Al vestibolo presso Ja. Sagrestia in 
cui. vedesi il ‘busto del Pittore. Gio. 
Carlo Loth bavarese momo nel 1698, 
le cui ceneri qui riposano. 


ue a DA 


% 

Cest dans celte église aussi qu’on a 
enterré Pierre l’Arétin dont nous avons 
parlé daus la cinquième visite. 

Vis-à-vis de cette église s’élève la 
façade du théâtre Saint-Benoît, auquel 
un pont vous conduit. 4 
: Retourné sur la place, entrez dans 
la rue à gauche, parcourez tout le quai, 
appelé del Carbon, et après avoir passé 
le pont, qui donne sur le portique dit 
Manin, prenez la première rue à droite 
que vous verrez, et vous voilà sur la 
place, où s'élève 


Pi 


x 


In questa chiesa ebbe eziandio se. 
poltura quel Pietro Aretino .di cui par- 
lammo nella visita quinta, 

Dirimpetto al tempio di che teniamo 
discorso sorge la facciata del teatro S, 
Benedetto a cui mette un ponte. 

Ritornisi nel piazzale, si entri la se- 
conda calle a mano manca, si percor- 
ra tutta la Riva del carbon, si monti 
il ponte che pone sotto il . portico 
Manin, si prenda il primo viottolo che 
s'incontra a destra, il quale ti condurrà 
nel campo in cui sorge 


—__ cibi 


i L'Eg Lise de Saiut-Sauvert. 


L'église de Saint-Sauveur est une 
des plus élégantes et des plus magni- 
fiques qu’on admire à Venise. Elle fut 

fondée, selon les chroniques, aux dé- 
pens des familles Galerazzi et Caresi , 
et à sa réédification, qui eut lieu au 
XVI.© siècle, prirent part les meil- 
leurs artistes de ce temps-là, tels que 
Georges Spavento qui en donna le pre- 
mier plan, et commença la grand’cha- 
pelle, plan qui fut plus tard réformé 
par Tullius Lombardo, qui l’acheva en 
1534. En outre Jacques Sansovino coo- 
celte construction, et Vincent 


N 


péra à 
Scamozzi exécuta les lanternes des dô- 
mes en 1569. La facade de cette église 
est attribuée à Longhena ou à Sardi et 
on fait remonter la date de son aché- 
vement à l’an 1663. Cet édifice est 
d’ordre composite, mais l’attique rè- 
gne dans sa travaison. 


Voyons maintenant ce qu’il y a de 
remarquable dans cette église. 
Après le premier autel, en entrant, 


La Chiesa di S. Salvatore. 


Fra i templi eleganti e magnifici di 
cui è bella Venezia deessi per certo an- 
noverare la chiesa di S. Salvatore. La 
sua prima erezione, vien detto dalle cro- 
nache, si facesse a dispendii delle fa- 
miglie Galerazzi, e Caresi. Il suo no- 
vello rifacimento è del secolo XVI 
in cui offrirono l’ opera loro i miglio- 
ri artisti di quel tempo, vogliam dire 
Giorgio Spavenio dava il primo model- 
lo, e cominciava la cappella maggiore, 
modello però che veniva riformato da 
Tullio Lombardo il quale eseguiva il 
restante e che compivasi l’ anno 1534. 
Sappiamo di più che J. Sansovino fu 
assistente alla esecuzione, e che Vin- 
cenzo Scamozzi apriva le lanterne alle 
cupole nell’anno 1569. La facciata si 
attribuisce al Longhena od al Sardi, ed 
il suo compimento si fa risalire all’ an- 
no 1663, Composito è l’ordine di que- 
sta fabbrica ma nella trabeazione vi si 
scorge l’attico. 

Passiamo ora quanto di considerabile 
offre questa chiesa. 

Dopo il I. altare a destra di chi entra 

35 | 


D OPA » 


on aperçoit un monument érigé à dn 
dré Dandolo, et à sa femme, sculpture 
attribuée à Jules Dal Moro, et deux 
bustes placés au-dessus des urnes, exé- 
cutés par Jérôme Campagna. 4 

Le second autel, élégant et maje- 
stuéux, fut exécuté, à ce qu’on dit, 
par Campagna, auteur de la statue voi- 
sine, représentant — La,Vierge Marie 
avec l'Enfant Jésus. 

Or voit ensuite un riche ouvrage de 
J. Sansovino, à savoir le monument du 


Doge François Venier, qui mourut 


en 1556. 

Le iroisième autel aussi a été érigé 
par Sansovino, et l’on y admire un ta- 
bleau, reproduisant — ? Annonciation —, 
peint par le Titien dans les dernières 
années de sa vie. 

Dans le transeps à droite, vous aper- 
cevez le grand et riche mausolée de Ca- 
therine Cornaro, Reine de Chypre, mor- 
te à Venise l’an 1510. Les cendres de 
cette reine, célèbre dans l’histoire vé- 
nitienne, avaient été d’abord déposées 
dans la chapelle Cornaro‘ aux Saints- 
Apôtres, et plus tard transportées dans 
cette église. Bernardin Contino a été 
l'architecte de ce mausolée. 

Dans la chapelle à côté de la prin- 
cipale, vous voyez sur le mur à droite 
un ouvrage du Boniface, qui vous of- 
fre — le Martyre de Saint-Théodore. 

Le maitre-autel, exécuté par Guil- 
laume Bergamasco, est riche et élégant. 
Le tableau qu’il possède, reproduisant — 
la Transfiguration de Jésus-Christ — est 
un ouvrage que le Titien exécuta dans sa 
vieillesse. Il faut observer que ce tableau 
en couvre un aulre, qui représente le 
même sujet et qu'on découvre dans les 
jours de fête solennelle; cet ouvrage en ar- 
gent, doré en partie, avec plusieurs fi- 
gures en haut-relief, est d’une date an- 
cienne, puisqu’il remonte à l’an 1290. 


vedesi il monumento eretto ad Andrea 
Dandolo ed alla ‘moglie di Usi; scultura 
che si attribuisce a Giulio Dal Moro. I 
due busti sovrapposti alle urne sono di 
Girolamo Campagna. 

Il II. altare che si erge bello e mae- 
stoso reputasi del suddetto Campagna, 
siccome è sua scultura la statua di I. 
F. col Bambino. 


Viene appresso un ricco lavoro del 
Sansovino, vogliam dire il monumento 
del doge Francesco Venier morto l’an- 
no 1556. 

Il TIT. altare fu eretto da J, Sanso- 
vino e la sua pala rappresentante —l4n- 
nunziata — fu eseguita da Tiziano Ve- 
cellio negli ultimi suoi anni. 


Nella crociera a destra, sorge il gran- 
de e ricco mausoleo di Caterina Cor: 
naro Regina di Cipro morta in Vene- 
zia Panno 1510. Le ceneri di questa 
famigerata nella veneta istoria, erano sta- 
te prima deposte nella cappella Cornaro 
ai Santi Apostoli, e poscia vennero qui 
trasferite. Bernardino Contino n° era 
l'architetto. 


Nella cappella laterale alla maggiore 
a destra di chi guarda v’ ha sulla parete 
destra un’ opera del Bonifacio porgen- 
te — il Martirio di S. Teodoro. — 

Ricco ed elegante è 1° altar maggiore 
opera di Guglielmo Bergamasco. Molte 
delle sue colonne sono di verde antico. 
La di esso pala mostra — a 7rasfi- 
gurazione di G. C. — altra opera di Ti- 
ziano quando avea tocco la vecchiezza. 
È da notarsi che questa pala altra ne 
copre che rappresenta lo stesso sogget- 
to, e che si espone alla pubblica vista 
in aleuni giorni solenni. Essa è d’ar- 
gento in parte dorato, con varie figure 
di alto rilievo, E' un lavoro curioso che 


Dans la chapelle à côté de la princi- 
pale, à gauche, vous admirez sur le mur 
à gauche un chef-d’oeuvre de Jean Bel- 
lino, reproduisant — Jésus-Christ à Em- 
maïs —, et au-dessus de celui-ei, une de- 
lune, qui vous offre — la Résurrection 
de Jésus-Christ —, exécutée à ce qu’on 
croit par le Boniface. L’autel de cette 
chapelle est un ouvrage du dix-septiè- 
me siècle, et Ja mosaïque qui cst au- 
dessus, reproduit — le Doge Jérôme 
Priuli, et un chanoine. 

De cette chapelle on descend dans le 
transeps, où l’on aperçoit le monument 
érigé à trois cardinaux de la famille 
Corner, — Marc, François et André; — 
ouvrage de Bernardin Contino. 


En continuant à faire le tour de l’égli- 
se, on remarque, à droite: 

L’autel, qui a élé exécuté par Ale- 

xandre Vittoria, de même que les deux 
Statues qui l’embellissent et qui re- 
présentent — Suint-Sébastien—et—Saint- 
Roch —. Get autel possède un tableau, 
de Jacques Palma, reproduisant — da 
Vierge Marie et plusieurs Saints — ; au- 
dessus, on voit une demi-lune exécutée 
par A. Vicentino, reproduisant — la 
Gloire des Anges. 
L’orgue est vraiment magnifique, et 
fut construit en 1530, d’après un mo- 
dèle de J. Sansovino; ses portes ont élé 
peintes ‘intérieurement et extérieure- 
ment par François Vecellio, frère du 
Titien. 

Le second autel, au-dessus duquel 
vous voyez une statue de Gruillaume Ber- 
gamasco, représentant — Saint Jérôme 
—, est un ouvrage de Thomas Lom- 
bard. 

Le monument, qui vient après cet 
autel ;, fut érigé aux Doges — Zau- 


mu 


conta vecchia data risalendo all’anno 
1290. 

Nella cappella laterale alla maggiore 
a sinistra di chi guarda v’ha sulla pa- 
rete a sinistra un quadro, capo lavoro 
di Gio. Bellino, cioè — Cristo in Emaus. 
— Nella sovrapposta mezzaluna sta di- 
pinta — la Risurrezione di G. C., — 
che si reputa del Bonifacio. L’altare di 
questa cappella è lavoro del secolo XVII, 
ed il Musaico sovrapposto rappresenta 
— il Doge Girolamo Priuli, éd un ca- 


nonico. 


Da questa cappella si scende nella 
crociera ove si osserva il monumento 
eretto a tre cardinali della famiglia Cot- 
ner cioè — Marco — Francesco — ed — 
Andrea. — Architetto Bernardino Con- 
tino. 

Seguendo il giro della chiesa irovasi 
a destra di notevole. 

Il I. altare che veniva architettato da 
A. Vittoria, e vi scolpiva Je due statue 
che lo adornano porgenti — S. Seba- 
stiano e S. Rocco. — J. Palma ne pin- 
geva la pala con — M. V. ed alcuni 
Santi — La sovrapposta mezzaluna con 
la -- Gloria degli Angeli — si dipin- 
geva da A. Vicentino. ‘ 


L’ organo di una molle veramente ma- 
gnifica innalzavasi co) disegno di J. San- 
sovino nel 1530, e le portelle si dipin- 
gevano tanto esternamente che interna- 
mente da Francesco Vecellio fratello di 
Tiziano. | 

Il II. altare è bell? opera di Gugliel- 
mo Bergamasco su cui sta una statua 
rappresentante — S. Girolamo — scul- 
tura di Tommaso Lombardo, 

Il monumento de’ Dogi Lorenzo, e 
Girolamo Priuli, che viene subito dopo 


— 276 — 


rent, — el — Jérôme Priuli —, et fut 
exécuté, à ce qu’on croit, par César 
Franco. Les statues, qu’on aperçoit dans 
l’ordre supérieur, et dont Pune repro- 
duit — Saint-Laurent — l'autre — 
Saint-Jérôme. — ont été sculptées par 
Jules dal Moro. 

Le couvent contigu renferme un joli 
cloître, dont l’architecture est de Jac- 
ques Sansovino ; maintenant il est con- 
Verti en caserne, 

‘En sortant de ce temple, on voit à 
gauche 


questo altare, si attribuisce a Cesare 
Franco. Le statue di — S. Lorenzo, e S. 
Girolamo — che si mostrano nell’ordi- 
ne superiore, vennero scolpite da Giulio 
dal Moro. 


L’ adiacente convento ha un bel chio- 
stro che ordinava J. Sansovino. Que- 
sto convento è ora ad uso di Caserma. 


Uscendo ‘da questa chiesa vedesi sul 
la sinistra 


L'éco e de Saiñt-Olcodores 


Aux temps de la république, c'était 
une des ‘plus grandes écoles de Veni- 
se. Les confrères de cette école ont ache- 
té l’emplacement sur lequel elle s’élè- 
ve, et l'ont fait bàtir à léurs dépens. 
Nos historiens municipaux ne sont pas 
d’accord sur le nom de l’architecte de 
cet édifice; les uns l’atiribuent à Lon- 
ghena, les autres à Sardi. 

Aujourd’hui Monsieur Sanquirico a 
établi dans cette école sa riche collection 
de médailles, de tableaux, de gravures, 
enfin de tout ce qui sert à former un 
véritable cabinet d’antiquités. 


Après avoir visité le musée San- 
quirico, parcourez les merceries, et pas- 
sez le Pont des Berretteri, non-loin 
duquel vôus rencontrereZ une petite 

place, où l’on voit 


La Scuola di Si Geodoto. 


Sotto la veneta repubblica era questa 
una delle scuole grandi i cui fratelli 
comperarono il fondo sul quale s’in- 
nalza, ed a loro dispendj la fecero edi- 
ficare. Sul suo architetto non si accor-, 
dano. i nostri storici municipali, con- 
ciossiachè vha chi la vuole opera del 
Longhena, altri del Sardi. 

Di presente il signor Sanquirico ha 
collocato in questo stabilimento la sua 
ricca collezione di numismatica, di pit- 
tura; incisione, e di tutti insomma que- 
gli articoli che formano il vero gabi- 
netto d’ antiquaria. | 

Visitato il museo Sanquirico si entri 
le mercerie, le si percorri fino al Ponte 
dei Baretteri, si monti il ponte poco 
dalla lungi del quale in un piazzale 


vedesi 


TS 


Le lise de Satutg ulien. 


Le chroniqueur Dandolo nous ap- 


prend que la fondation de cette église: 


date de l’an 829, et est die aux soins 
de Jean Marturio, sous le dogat de Jean 
Partecipazio. En, 1555 elle fut réédifiée 
aux frais de Thomas Rangone de Ra- 
venne, philologue et physicien célèbre. 
Sa façade, composée des deux ordres 
dorique et ionique, a été exécutée par 
les architectes Jacques Sansovino et A. 
Vittoria. Sur le portail on voit une sta- 
tue de bronze, représentant Rangone, 
bel ouvrage du Sansovino. ° 


Dans cette église, on remarque à 
droite : | 

Le premier autel, qui possède un beau 
tableau de Paul Véronèse, représen- 
tant — Jésus-Christ mort, soutenu par 
les Anges, et plusieurs Saints — 

Au-dessus de la porte voisine, on ad- 
mire un tableau, qui nous offre — Saint 
Jérôme —, peint par L. Bassano. 

Le second autel possède une peintu- 
re, reproduisant — ?Assomption — par 
le Palma. Cet autel est aussi embelli de 
bonnes statues et de bas-reliefs, scul- 
ptés par Alexandre Vittoria. 

Le maître-autel est orné d’un tableau, 
représentant — la Zierge Marie couron- 
née et plusieurs Saints —. Cette peintu- 


re est attribuée par quelques-uns à Jé- 


rôme Santa Croce, par Boschini à Vic- 
tor Belliniano. 

Dans la chapelle à gauche du maître- 
autel, vous apercevez sur les murs la- 
téraux : à droite, un tableau reprodui- 
sant — la Cène — exécuté par Paul 
Véronèse et dans une demi-lune — a 
chite de la manne —,par Léonard Co- 
rona ; à gauche, vous voyez un autre ta- 


La Chiesa di S. Grufrauo. 


Sappiamo dal Cronista Dandolo che 
il primo edificamento di questa chiesa 
fu a cura di Giovanni Marturio nel 829 
mentre occupava il seggio ducale Gio- 
vanni Partecipazio. Nel 1555. poi ven- 
ne rifatta mercedio le grandi somme che 
vi dispese un Tommaso Rangone di Ra- 
venna filologo e fisico insigne. La pre- 
sente sua facciata è in due ordini do- 
rico, e jonico, e gli architetti che vi 
travagliarono furono i Sansovino e A. 
Vittoria. Sopra la porta maggiore ve- 
desi l’effigie del suddetto Rangone, sta- 
tua in bronzo ed opera pregiatissima di 
J. Sansovino. 

Per entro in chiesa si osserverà dal 
lato destro : 

Il I. Altare avente una bell’ opera di 
P. Veronese con — Cristo morto soste- 
nuto dagli Angeli, ed alcuni Santi. — 


Sopra la vicina porta laterale un qua- 
dro — con S. Girolamo. — di Leandro 
Bassano. 

Il II. Altare con una pala rappresen- 
tante — Nostra donna Assunta — di J. 
Palma. Quest’ altare è adorno eziandio 
di buone statue e bassi, rilievi di A- 
lessandro Vittoria. 

L? altar maggiore è bello di una ta- 
vola che alcuni reputano di Girolamo 
Santa Croce, ed il Boschini l’attribuisce 
a Vittore Belliniano su cui sta dipinto 
— la Vergine ed alcuni Santi. — 

La cappella laterale al maggior altare 
a sinistra di chi guarda mostra sulle pa- 
reti laterali, a destra — Za Cena di G. 
C. — di Paolo Veronese; e la mezzaluna 
porge — la caduta della Manna — di 
Leonardo Corona ; a sinistra — Cristo 


nell’ Orto — di J. Palma. Il suo altare 


— 218 — 


bleau, qui reproduit — Ho Chris au 
Jardin des Oliviers —- peint par le Pal- 
ma. L’ autel de cette chapelle a été exe- 
cuté d’après un carton du Rusconi, et 
au milieu, on voit un groupe sculpté 
par Jérôme Campagna, représentant — 
Jésus-Christ soutenu par les Anges —. Le 
plafond a été orné de stucs par Vittoria. 

Quittez cette chapelle, et vous verrez 
à droite deux autels; le second possè- 
de un. tableau peint par Bocaccino de 
Cremone, et représentant — Za Vierge 
Marie et quatre Saints. 

Dans cette église, on remarque aussi 
le plafond, dont le. compartiment du 
milieu reproduit — 7 Apothéose du Saint 
patron de l’église —, et les autres re- 
présentent chacun :— une vert —. 
C’est un ouvrage de Jacques Palma. 


è disegno del Rusconi, ed ha nel mez- 
zo un gruppo di Girolamo Campagna 
raffigurante — Cristo sostenuto dagli An- 
geli — Il soffitto è. lavorato a stucco dal _ 
Vittoria. 


Lasciando questa cappella ti si por- 
gono a destra due altari il secondo dei 
quali ha una bella pittura di Bocaccino 
da Cremona con — M. V. e quattro 
Santi. — 

Merita pure osservazione il soffitto di 
questa chiesa, il comparto di mezzo del 
quale rappresenta — l Apoteosi del San- 
to titolare — e gli altri esprimono al- 
trettante — Virtù. — Fu desso trava- 
glio di J. Palma. 


VISITE DIXIEME, 


Pour cette visite, la gondole est indispen- 
sable, puisqu’on doit se rendre dans 
les îles voisines de Venise. 


ILE SAINT-MICHEL DE MURANO, 


Cette île renferme le champ de re- 
pos éternel des habitants de Venise. Ce 
cimetière a élé mis en communication 
avec celui qui existe dans l’ile voisine 
dite de St-Christophe maintenant unie 
à celle de S.t-Michel, et nous offre des 
chapelles d’une bonne architecture, qui 
servent de tombeaux à d’illustres per- 
sonnages. Pour le service de l’église 
êt du cimetière, il exisle une société de 
Pères Réformés, établis dans le couvent 
voisin de l’église de Saint Michel, qui 
appartenait autrefois aux Camaldules, 
ordre qui a donné beaucoup d’hommes 
illustres par leur savoir et par leurs ver- 
ius. Nous citerons entre autres le Frère 
Mauro cosmographe, auteur du plani- 
sphère qu’on voit dans la Bibliothèque 
Royale de Saint-Marc. Le Cardinal Zur- 
la, et S. S. le Souverain Pontife Gré- 
goire XVI surtout, appartenaient aussi 
à cette société, dans laquelle ils se sont 
distingués par leur savoir. 


. VISITA CIMA: 


Per questa visita v’ha mestieri della gon- 
dola giacchè con essa si fornisce il 
giro delle isole adjacenti alla cità di 
Venezia. 


ISOLA DI S. MIGHRLE DI MURANO, 


Sono in quest’ isola che giacciono 
nell’ eterna quiete della morte que’ che 
a Venezia alla natura cedettero. Que- 
sto cimitero fu posto in comunicazio- 
ne con l’altro già esistente nella vi- 
cina isola di S. Cristoforo di presente 
congiunta con questa di S. Michele. 
Trovansi in esso ben travagliate cap= 
pelle pe’ tumuli .d’ illustri personaggi. 
Pel servigio della chiesa e del cimitero 
è ora stabilita una società di P. P. Ri- 
formati nel convento adjacente alla chie- 
sa di S. Michele ch’era un tempo Ce- 
nobio di monaci Camaldolesi, il quale 
diede molti illustri soggetti per virtù, 
e per sapere. D’ infra questi puossi an- 
noverare quel Fra Mauro cosmografo 
autore del Planisfero che vedesi nella 
R. Biblioteca di S. Marco. Negli ultimi 
tempi appartenevano. a quella società, e 
vi si segnalarono pei loro studj il Car» 
dinale Zurla, e più ancora S. S. il som- 
mo Pontefice Gregorio XVI. 


— 250 — 


Eglise de Saiut-dIUichel. 


Moro Lombardo, fils de Martin, fut, à 
ce qu’on croif, l’architecte de cette 
église, bâtie en 1466. 

Sa facade, enrichie d’ornements exquis 
en marbre, est très-élégante; les bas- 
reliefs qu’on admire autour du por- 
tai), sont attribués à Ambroise d’Urbin. 
Cependant le Chevalier Cicognara les 
croit, non sans fondement, l’ouvrage 
des Citrini de Venise. 

Dans l’église, au-dessus du portail, 
vous apercevez le monument du Cardi- 
nal Jean Dolfin, qui mourut en 1622. 
Une partie des sculptures dont ce mo- 
nument est embelli, ont. été exécutées 
par le cavalier Bernini. 

Le choeur, incrusté de beaux mar- 
bres, sculptés avec beaucoup d’art, a 
été construit non-loin de l’entrée prin- 
cipale. 

Après le choeur, sur Je mur à gau- 
che, vous lirez l’épitaphe du moine 
Eusèbe, composée par Alde Manuce, et 
gravée en 1502 sur une pierre, embel- 
lie de belles sculplures. 


Le grand’chapelle est ornée aussi de 
marbres précieux et de sculptures, et 
les murs latéraux vous offrent: à droite 
— le serpent élevé par Moïse —, d’An- 
toine Zanchi; et à gauche, un tableau 
représentant — ladoration du Veau 
d'or —, de Grégoire Lazzarini, 

Ce ne sont pas au reste les seuls ta- 
bleaux , sculplures et inscriptions que 
cette église renferme. 

Du côté à gauche, en entrant par le 
portail, on passe à une chapelle voisi- 
ne, dite 


Chiesa di S. Michele 


È opinione fosse architetto di que- 
sto tempio nel. 1466. Moro Lombardo 
figlio di Martino. | 

Elegantissima n° è la facciata, e ricca 
di finissimi ornamenti in marmo, I bas- 
sì rilievi d’intorno alla porta si attri- 
buiscono ad Ambrogio da Urbino. Il 
Cav. Cicoghara però mise fuori buone 
ragioni per farli credere opere de’Gitri- 
ni di Venezia. 

In chiesa sopra la porta maggiore 
v’ ha il monumento del Cardinale Gio- 
vanni Dolfin che nel 1622. moriva. Il: 
Cav. Bernini ebbe parte nelle sculture 
che lo adornano. 


Il coro è costurito a mezz’aria poco 
lungi dall’ingresso principale, incrosta- 
to di fini marmi scolpiti con eleganza, 
e somma accuratezza. 

Trapassato questo coro si vede sulla 
parete della chiesa a mano sinistra — 
È iscrizione sepolcrale — del monaco 
Eusebio composta da Aldo Manuzio, 
incisa in una lapide adorna di belle scul- 
ture. Opera del 1502. 

La cappella maggiore. é decorata e- 
ziandio di scelti marmi e sculture, e le 
pareti laterali mostrano a destra — #7 
Serpente innalzato da Mosè — pittura di 
Antonio Zanchi; ed a sinistra —; 24 
dorazione del vitello d’oro — di Grego- 
rio Lazzarini. 

Nè sono queste le sole buone pitture, 
sculture ed iscrizioni che conti il tempio, 


Dall’ angolo a sinistra di chi entra 
per la porta maggiore si passa nella 
vicina. 


— 251 — 


Chapelle Duniliennes 


L'architecte Guillaume Bergamasco 
construisit cette chapelle en 1530. 


Elle a quatre façades uniformes d'or- 
dre corinthien ; et les portes, ainsi que 
les niches, sont richement ornées. Cette 
chapelle tire son nom d’un legs que 
Marguerite Miani fit en faveur de son 
érection. Sa forme hexagone, l’élégan- 
ce de sa construction, de même que 
l'endroit où elle s’élève. forment un 
ensemble fort agréable aux yeux. 

Trois autels et trois portes se sui- 
vent alternativement dans ses six faca- 
des’ intérieures d’ordre corinthien, 

Le vestibule, qui unit cette chapelle 
à l’église, est u n joli pentagone, embelli 
au-dedans de cinq colonnes ioniques 
en spirale. 

De l’ile de Saint Michel, on passe 
dans celle de Murano. i 


xp pella Emi law. 


Fu Gillielmp Bergamasco l’architet- 
to di questa fabbrica che nel 1530 for- 
niva. 

Dessa ha quattro facciate uniformi 
d’ordine corintio, porte e nicchie orna- 
tissime. Questa cappella prende il suo ap- 
pellativo dal lascito disposto da Marghe- 
rita Miani per) la sua erezione. La sua 
figura esagona , la leggiadria della sua 
costruzione, il punto in cui sorge, tutto 
ciò forma un assieme piacevolissimo 
allo sguardo. 

Tre altari e tre porte si. alternano 
nelle sei facciate interne, tutte d’ordine 
corintio, 

Il vestibolo che unisce questa cap- 
pella alla chiesa è un elegante Penta- 
gono internamente adorno di cinque co- 
lonne joniche lavorate a spira. 

Dall’isola di S. Michele si va a quel- 
la di Murano. 


e osa 


ILE DE NURANO. 


Murano, autrefois dite Amuriano, était 
_ une des îles principales de Venise. Elle 
est étendue et coupée en deux par un 
large canal, où s’élèvent et s’abaissent 
rapidement les eaux des marées, qui 
servaient autrefois à une grande quan- 
tité de moulins. Anciennement on frap- 
pait à Murano cent-et-une pièces de mon- 
naie d’argent, qui portaient gravées les 
armoiries des chefs du conseil de cette 
ile, ainsi que les armes de ce bourg, 
avec une légende. Murano a été gou- 


vernée d’abord par des :tribuns; puis 


par des régisseurs ducaux, et plus tard 


“ISOLA DI MURANO. 


Murano che anticamente chiamavasi, 
Amuriano era una delle principali ve- 
nete isole. Murano è estesa e divisa in 
due parti da un largo canale in cui con 
grande velocità salgono e scendono le 
maree che in altri tempi ponevano in 
movimento quantità di mulini. Parlan- 
do sempre dei tempi antichi, Murano 
batteva annualmente cent’ una moneta 
d’ argento cogli stemmi’ de’ suoi primati 
del consiglio, coll’arma della terra, e 
propria leggenda. Tribuni prima, indi 
gastaldi ducali, e più tardi un Podestà 
ressero Murano. Fu popolata assai, ed 

36 


— 282 — 


par un maire ou podeslat. Elle était. 


fort peuplée, et une des plus grandes et 
des plus charmantes îles de Venise. On 
y voyait épars cà et là des myrtes, des 
cyprès et des lauriers, qui offraient, 
même en hiver, un spectacle ravissant, 
et des habitations magnifiques, de ri- 
ches palais bien conservés, des jets 
d’eau, des fontaines, des orangers, des 
citronniers et d’autres arbustes odorifé- 
rants, qui embaumaient l’air. Parmi les 
jardins de cette île on compte ceux de 
Navigero et de Cornaro. 

Murano renferme aujuord’hui encore 
des fabriques de cristaux, de verroteries, 
de glaces , de jayets, etc., objets qui 
étaient autrefois d’une grande importance 
pour le commerce vénitien. 


Voici quelles sont les principales fa- 
briques de cette île: 


Peres eb Oris Eau, 


La fabrique de Cessionari Marietti occu- 
pe 230 personnes. 


Perl sou 
etles, couterres ch emawæ. 


La fabrique de Pierre Bigaglia 
occupe go ouvriers 
Celle de Dal Mistro 
Errera et Comp. » 80 » 
Et celle de Coen et Comp. 


” 32 ” 


Glaces de WIYOLYA, uouwnmees Quai. 


Cette fabrique, qui occupait autre- 
fois environ 150 ouvriers, ne travaille 
presque plus maintenant. 


oltre essere stata come si disse una fra le 
più grandi isole dell’ estuario fu ezian- 
dio una delle più amene. Quà e là tu 
vedevi mirti cipressi lauri che anche 
nella stagione invernale ti offerivano 
bellissimo uno spettacolo; vi scorgevi 
magnifiche abitazioni, ricchi palagi col- 
tivati, getti d’acqua, fontane; financo gli. 
aranci, i cedri, ed altri arbusti e fiori 
impregnavano l’aria degli odori i più 
soavi. Infra i giardini si enumerarono 
quelli del Navagero, e del Cornaro. 


Parlando poi di Murano a’ tempi pre- 
senti meritano in essa osservazione, le 
fabbriche de’cristalli, vetri, specchi, 
contarie, e simili articoli, sorta di ma- 
nufatti che nei tempi andati ridonda-. 
vano a sommo vantaggio del veneziano 
commercio, 

Le officine principali sono le seguenti: 


Weta e Sets balli. 


Cessionari ditta Marietti operano per- 
Smentita ‘utt. NERO 


Perle coutevie e Swalki. 
Pietro Bigaglia operano persone. 90 


Dal Mistro Errera e Comp. . » 80 
CorntetComp et en 


Lastre da specchi dencowiwalbe Quasi, 


Una tal fabbrica impiegava in ad- 
dietro circa 150 operai ora trovasi qua- 
si inattiva. 


rem 0-00 


+ 


— 983 — 


Eglise de S.t iete-et_S.t-Paul, 


Les chroniqueurs ne nous apprennent 
pas le nom de l’architecte de cette égli- 
se, érigée en 1509. 

A droite, en entrant, vous voyez: 

Le premier autel, renfermant un ta- 
bleau peint par Palma et représen- 
tant — Saint Blaise sur un trône en- 
touré de plusieurs Saints. — i 

Le second autel, où-l’on admire une 
peinture exécutée lan 1607 par Fran- 
cois Santa Croce, et reproduisant — 
La Vierge Marie, un Ange et deux 
Saints. 

Après le second autel, vous apercevez 
un tableau peint par Jean Bellino en 
1488, et qui vous offre. — La Vierge 
Marie sur un trône, deux Anges, le Do- 
ge Augustin Barbarigo agenouillé et d’au- 
tres personnages. 

Après le troisième autel vous admi- 
rez un autre tableau, représentant — 
Saint Jérôme au désert —, par Paul 
Véronèse. 

Dans la grand’chapelle, sur les murs 
latéraux, on voit : à droite — Les INo- 
ces de Cana — et à gauche — la 
multiplication des pains et des. poissons 
— ; ouvrages exécutés tous les deux 
par Barthélemy Letterini, l’an 1921. Le 
tableau, qu’on aperçoit derrière l’au- 
tel, reproduit — Jésus-Christ déposé de 
la Croix — et a été peint par Joseph 
Dal Salviati. 

Dans la chapelle à gauche de la prin- 
cipale, on adinire sur le mur, à gauche, un 
superbe tableau, peint par les Vivarini, 
et représentant — Notre-Dame sur un 
trône, Jésus-Christ et plusieurs Saints — . 
Après ce tableau on en voit un autre, 
reproduisant Sainte Agathe en prison, 
visitée par Saint Pierre —, ouvrage de 
Benoit Cagliari, frère de Paul Véro- 


Obiesa dei SS, Pietro è Paolo. 


Erigevasi questa chiesa nell’anno 1509 
Le cronache però tacciono il nome del 
suo architetto. 

A destra di chi entra v’ha. 

I. Altare con una pala di Jacopo Pal- 
ma raffigurante — S. Biagio in trono, ed 
alcuni Santi all’ intorno.-- 


II. Altare con una pala di Francesco 
Santa Croce dell’anno 1607. porgen- 
te — La Vergine un Angelo e due 
Santi — 


Dopo il IL altare v'ha un’ opera ce- 
lebre di Gio. Bellino del 1488. che por- 
ge — La Vergine in trono, due Angeli, 
il Doge Agostino Barbarigo genuflesso, ed 


altri personaggi. — 


Dopo il III. altare ti si presenta al- 
tro Quadro di Paolo Veronese con — 
S. Girolamo nel deserto. — 


La cappella maggiore offre sulle. pa- 
reti laterali, a destra — le Nozze di Ca- 
naam — a sinistra — Za Moltiplicazione 
dei pani, e de’ pesci. — Pittore d’ambidue 
Bartolomeo Letterini del 1721. Dietro 
l’altare Giuseppe del Salviati dipingeva 
la pala con — Cristo deposto dalla Cro- 
Ce. — 


Nella cappella presso la maggiore a 
sinistra di chi guarda v' ha sulla sini- 
stra parete un quadro bellissimo dei Vi- 
varini con — Nostra Donna in trono, 


Gesù ed alcuni Santi — e dopo questo 


altro quadro porgente. — S. Agata in 
carcere visitata da S. Pietro — di Bene- 
detto Caliari fratello di Paolo Veronese. 
Sull’ altare tiene luogo di pala un basso 


= 284 — 


nèse. L’autel offre, au lieu de peintu- 
ves, un bas-relief en marbre dans le 
style des Lombard, qui porte la date 
de l’an 1495. 

En sortant de cette chapelle, vous 
irouvez à droite la porte de la sacri- 
stie, au dessus de laquelle Léandre Bas- 
sano «a peint un tableau , qui vous of- 
fre — Le Martyre de Saint Etienne: — 
Les murs de la sacristie sont tous em- 
bellis de sculptures en bois, représen- 
tant — La vie de Saint-Jean-Baptiste, 


ainsi que plusieurs figures d’empereurs . 


et de philosophes —-; ouvrages exécu- 
tés par Pierre Morando en 1652. En- 
fin sur le mur à droite en entrant, on 
aperçoit une peinture de Pierre Ma. 
lombra, qui nous montre — Le Pon- 
üfe Clément VIII accordant des indul- 
gences —. Cet ouvrage porte la date de 
l’an 1604. 

| Retournez dans l’église, et sur le mur 
à droite, en sortant da la sacristie, vous 
verrez un bel ouvrage du Basaiti, qui 
reproduit — L’Assomption. 

Le premier autel possède un tableau 
qu’on attribue à Palma l’ancien, repré- 
sentant — La Vierge Marie, quelques 
Saints et le Sénateur Laurent Pasqualigo. 

Après le second- autel, on admire un 
tebleau, reproduisant — Ze Baptême 
de Jésus-Christ —-, par le Tintoret. 

Après avoir visité celle église, pas- 
sez le pont de bois, qui est tout près, 
puis tournez à gauche, et marchez le 
long du quai jusqu’à ce ‘que vous ar- 
riviez à 


rilievo in marmo sullo stile dei Lom- 
bardi portante l’anno 1495. 


Uscendo da questa cappella trovasi a 
destra la Porta della Sacrestia sopra la 
quale Leandro Bassano poneva un suo 
quadro offerente — Il martirio di San 
Stefano — Nella Sacrestia poi intagli 
di legno: ne adornano le pareti e por- 
gono. — La Vita di S. Gio. Battista, e 
varie figure d’imperadori, e di filosofi. — 
Opere che Pietro Morando forniva l’an- 
no 1652. Finalmente sulla parete a de- 
stra di ch’ entra vedesi un dipinto: di 
Pietro Malombra con — 1! Pontefice 
Clemente VIII. che concede indulgenze — 
Ha egli la data del 160f. 


Ritornando in chiesa sulla parete a 
destra di chi viene dalla Sacrestia ve. 
desi una bell’opera del Basaiti rappre- 
sentante — Assunta. — 

Nel I. altare una pala che Si reputa 
del Vecchio Palma con — la Vergine 
alcuni Santi, ed il Senatore Lorenzo Pa- 
squaligo. — 

Dopo il II. altare un quadro di J. 
Tintoretto col — Battesimo di G.C. — 


Visitata questa chiesa si passi il vici, 
no ponte di legno; indi girando a sini- 
stra, e proseguendo lungo la. fonda- 
menla sì arriva alla 


L'Eglise des dbuges. 


L’architecte de cette église est incon- 
nu, de même que celui de l’autre que 
nous venons de décrire : cependant nous 
savons qu’elle fut bâtie l’an 1529. 

Au-dessus de la porte, donnant dans 
la cour, on remarque un bas-relief en 
marbre qui reproduit — Z’Annoncia- 
tion —, sculpture dans le style de Ja 
première moilié du quinzième siècle. 

Les autels à côté de la grand’chapel- 
le possèdent deux tableaux, qu’on at- 
iribue au pinceau du Salviati; l’un à 
droite, vous offre — Le Sauveur appa- 
raissant à la Magdeleine —, l'autre à 
gauche — Une déposition de croix. 


Le maitre-autel nous montre une 
peinture du Pordénon reproduisant — 
L’Annonciation de Notre-Dame. 

Le milieu du plafond de cette église 
représente — Le couronnement de la Vier- 
ge Marie — ; et autour du même pla- 
fond on aperçoit trente-quatre compar- 
timens reproduisant chacun — da figure 
d'un Ange, ou d'un apôtre, ou d’un pro- 
phète, etc., — ouvrage exquis de Pier- 
re Marie Pennacchi, 

Les murs de cette église sont ornés 
de grands tableaux peints par le Tin- 
toret et représentant — Quelques traits 
de la vie de Saint-Marc. 


Enfin la sacristie est embellie de 
tentures, exéculées d’après des cartons 
appartenant à l’école vénitienne du sei- 
xième siècle. 

Retournez sur le quai que vous avez 
parcouru auparavant, et marchez jusqu’au 
pont, au bout duquel vous rencontre- 
rez à gauche 


Chiesa dogli Sougeli. 


A simiglianza del tempio sudescritto 
ignorasi d° architetto di questa chiesa 
solo si ha che fa bbricata venisse, nel- 
l’anno 1529. 

Sopra la porta che da ingresso al cor- 
tile merita osservazione. — L’ Annun- 
ziata — basso rilievo sullo stile della 
prima metà del XV. secolo. 


Gli altari laterali alla maggiore cap- 
pella son belli di due quadri che si at- 
Salviati od alla di lui 
scuola. Quello a diritta ti offre — i2 
Salvatore che comparisce alla Maddale- 


tribuiscono al 


na — ; l’altro a sinistra — la Deposi- 
zione dalla croce. — 

L’altar maggiore mostra. — Nostra 
Donna Annunziata — bella opera del 
Pordenone. È 

Il soffitto di questo tempio rappre- 
senta nel mezzo — l’Incoronazione del- 
la Vergine — e nello intorno veggonsi 
trentaquattro comparti in.cui sono raffi- 
gurati — Angeli Apostoli Profeti ec. — 
opera che mena celebrità molta, dovuta 
a Pier Maria Pennacchi. 


Le pareti della chiesa muranese de- 
gli Angeli sono adorne di quadri di 
grande dimensione e che porgono — le 
Azioni di S. Marco — pitture J. Tin- 
toretto, 

Infine la Sagrestia è abbellita da A- 
razzi tessuti sopra cartoni della vene- 
ta scuola del XVI secolo. 


Si ritorni sulla via primamente per- 
corsa, si prendi passo verso il ponte di 
legno, e giunti a piedi di questo si prose- 
gua per la fondamenta che ivi continua 
in fine della quale, girando sulla sini- 
stra, presentasi 


— 286 — 


L'Eglise de Saiut-Douat. 


Dans cette église, ouvrage du dou- 
ziéme siècle et d’architecture gréco- 
arabe, on remarquera les objets suivants: 

La nef du milieu, soutenue par (dix 
superbes colonnes de marbre grec. 


Le pavé, incrusté de belles mosai- 
ques, exécuté en 1140. 

A droite en entrant, au-dessus du 
banc, on admire un tableau peint par 
Marc Vecellio, reproduisant — La de- 
, scente du Saint Esprit — et au-dessus 
de la porte voisine, on voit un tableau 
eu demi-lune, qui nous montre — Za 
Vierge Marie, l'enfant Jésus et d'autres 
figures —, ouvrage estimé, que Lazare 
Sébastiani exécuta l’an 1484. 

Dans la chapelle derrière le maitre 
autel, vous voyez une ancona sculptée 
et peinte sur bois, représentant — 
L’Evêque Saint Donat, et à côté deux pe- 
tites figures, qu’on croit représenter le po- 
destat Memmo et sa femme, — bel ou- 
vrage, exécuté en 1310. Au-dessus 
de celte ancona vous apercevez une 
plaque de marbre, où est sculptée 2 4s- 
somption ; et au-dessus de celle-ci, vous 
voyez une ancienne mosaïque qui of- 
fre — La Sainte-Vierge —; ouvrage 
contemporain de l'édification de cette 
église. Sur les murs, on aperçoit quel- 
ques débris d’anciennes peintures à 
fresque. 

Dans le transeps à droite, en descen- 
dant de la grand’chapelle, on rencontre 
un autel magnifique, dont Je tableau 
reproduit — Saint-Laurent Giustiniani 
célébrant le messe — par Barthélemy 
Lettérini. 

Après avoir visité cette église, re- 
montez en gondole, et abordez à 


La Chiesa di S. Douato. 


Fu questa chiesa opera del XII se- 
colo d’ architettura greco-araba. Si ri- 
marcherà in essa gli oggetti seguenti. 

La navata di mezzo merita di veni- 
re osservata giacchè sostenuta da dieci 
superbe colonne di marmo greco. 

Il pavimento vedesi incrostato di buo- 
ni mosaici, lavorati nel 1140. 

A destra di chi entra sopra il banco 
ammirasi — Za discesa dello Spirito San- 
to nel Cenacolo — bell’opera del Ti- 
ziano ; e sopra la vicina porta laterale 
una mezza luna porgente. — M. 7. il 
Bambino, ed alire figure — che valen- 
temente Lazzaro Sebastiani pingeva 
l’ anno 1484. 


Nella cappella dietro 1’ altar maggiore 
vedesi un’ Ancona intagliata e dipinta 
in legno rappresentante — Il vescovo 
S. Donato; ed a suoi lati due picciole fi- 
gure che si crede possano rappresentare 
il Podestà di Murano e la moglie di lui — 
Egli è un lavoro bello nel suo genere, 
eseguito nel 1310. Al di sopra di que- 
sta Ancona sta riposta una tavola in 
marmo su cui è scolpita 7’ Assunta, e su- 
periormente a quest’ultima vedesi un 
mosaico in forma di mezza luna che of- 
fre -- Nostra Donna + lavoro che di- 
cesi contemporaneo all’edificazione del 
tempio. Sur li muri scorgesi alcuni 
avanzi di pitture a fresco. 

Nella crociera a destra di chi discen- 
de dalla cappella maggiore s’ incontra, 
un altare magnifico di cui la pala por- 
ge -- S. Lorenzo Giustiniani che celebra 
il divin sagrifizio -- Pittore Bartolomeu 
Letterini, 

Dopo aver visitata questa chiesa sì ri- 
monti in gondola, e si passi alla vicina 


— età eee 


— 287 — 


L'ILE DI TORCELLO. 


Torcello aussi w’offrait pas autrefois 
comme à présent le comble de la dé- 
solation, de la tristesse et de la misè- 
re. Dans ces premiers temps, elle pré- 
sentait du mouvement, de la vie, con- 
séquence d’une nombreuse population, 
même temps que de la richesse, et ce 
luxe qui est propre des anciens et sa- 
ges vénitiens. 

Les Torcellains étaient industrieux et 
marins; leur commerce s’étendait ju- 
squ’en Asie, en Grèce, et en Egypte, 
et leurs expéditions maritimes leur at- 
tiraient beaucoup de considération. 

Torcello fournissait à la nation beau- 
coup de soldats et de matelots, ainsi 
que plusieurs galères. Jusqu'au trei- 
zième siècle elle conserva la plus grande 
splendeur, et compta vingt nobles fa- 
milles environ. 

Les Torcellains avaient coutume d’ac- 
compagner le Bucentaure le jour de 
l’Ascension avee une grande quantité 
de barques, parées magnifiquement, et 
ils étaient célèbres par leurs combats 
à coups de poings. On voyait encore, 
il y a peu de temps, un pont-jeté sur 
un de ses canaux, sur la plate-forme 
duquel on apercevait des creux dans le 
marbre, là où les lutteurs placaient leurs 
pieds. + 

Parmi les édifices de Torcello qui 
peuvent mériter notre attention, il faut 
distinguer 


ISOLA DI TORCELLO. 


Anco Torcello nei tempi andati non 
offeriva come offre di presente gli estre- 
mi tutti della desolazione della mestizia 
e della miseria. In quelle prische epo- 
che presentava dessa il movimento e la 
vita conseguenza di una numerosa po- 
polazione ed insieme la ricchezza, e quel 
lusso addatto agli antichi e sensati ve- 
neti. 

I Torcellani erano industriosi, e na- 
viganti; commerciavano nell’Asia, nella 
Grecia, e nell’Egitto e mercè la marit- 
tima loro navigazione erano di molto 
considerati. 

Torcello forniva la nazione di molti 
soldati e marinari, non che di alcune 
galere. Fino al secolo decimo terzo essa 
rimase nel pieno suo splendore. Con- 
tava da circa venti nobili famiglie. 


Aveasi in costume da Torcellani di 
accompagnare il Bucintoro nel dì del- 
l’ Ascensione con molti navigli parati 
magnificamente, cd appo loro erano ce- 
lebri i combattimenti de’ pugni. Ri- 
maneva ancora, ne è molto, un ponte 
attraversante uno de’suoi canali sul cui 
pianerottolo si vedevano gli incavi in 
marmo nè quali i pugillatori ponevano 
il lor piede per fornir questa lotta. 


Tra gli edificj che in Torcello me- 
ritano esser veduti deensi contare 


o_o 


L'Eglise de la Gierge-WNazie 
3 dite la Cathédrale. 


Cette église fut érigée en 1008, par 
les soins d’Orso Orseolo. Près du por- 


La chiesa db S. Matrix chiamata 
A uomo. 


Erigevasi questa chiesa per cura di 
Orso Orseolo l’anno 1008. Giusta l’an- 


tail s’élève la chapelle du Baptistère, 
suivant l’ancien rite. 

Au-dehors, de mème qu’au-dedans, 
on découvre aisément l’ancienneté de 
cet édifice, qui révèle le goût archi- 
tectonique de ces temps-là. 

La nef du milieu est soutenue par 
dix-huit colonnes magnifiques de mar- 
bre grec, avec des bases et des chapi- 
teaux d’un travail ancien et varié, et 
le pavé est tout en mosaïque. 

La façade intérieure, où est le por- 
tail, est recouverte d’un grand ouvra- 

‘ ge en mosaique, parlagé en plusieurs 
compartimens. Cette mosaïque, exécu- 
tée du douzième au quatorzième siè- 
cle, reproduit — Les quatre fins de 
Thomme, et beaucoup de sujets tirés de 
l'Histoire Sainte. 

A droite, en entrant, on admire un 
_bénitier fort curieux par sa forme. Il 
ressemble à un de ces autels anciens, 
dont les païens se servaient. 

Il faut observer aussi un parapet, 
embelli de marbres fins et de sculptu- 
res. Il renferme un espace réservé devant 
le maître-autel, et forme un sanctuaire, 
où anciennement pouvaient entrer les 
prêtres seuls. Au-dessus de l'entrée de 
ce sanctuaire vous apercevez un fa- 
bleau d’argent doré, qui ornait autrefois 
l’autel. C’est un ouvrage grec, qu’on 
peut comparer pour le style à la pala 
d’or qu’on admire dans l'église de 
Saint-Marc (V. page 42). 

Le choeur de cette église, formant 
un demi-cercle, est composé de six hauts 
degrés au milieu desquels s'élève une 
chaire épiscopale, qui servait aux cha- 
noines, selon la coutume du moyen âge. 
‘ Le dessus de ces degrés est embelli 
de mosaïques. 

On remarquera aussi les fenêtres de 
cette église; elles se ferment avec des 


88 — 


tico rito cristiano sorge esternamente 
presso la maggior porta di lei la cap- 
pella del Battisterio, 

Siccome l’ esterno, l’ interno ezian- 
dio mostra l’ antichità di questo edifi- 
cio, che fa la storia del gusto architet- 


tonico di que? prischi secoli. 


Diciotto magnifiche colonne di mar- 
mo greco con base e capitelli d’antico e 
vario lavoro sostengono la navata di 
mezzo, ed il pavimento è tutto lavora- 
to a mosaico. 

La facciata interna ov’è la porta 
maggiore è intonacata da un grande mo- 
saico in molti comparti. Rappresenta 
esso. — I quattro INovissimi e ‘copiosa 
varietà di soggetti della Sacra Storia — 
Opere tutte fornite dal XII, al XIV, 


secolo. 


A destra di chi entra sta una pila 
per l’acqua” santa curiosissima per la 
sua forma. Sembra essa un’ Ara ‘antica 
di cui facevano uso i Gentili. 

Merita osservazione eziandio un pa- 
rapetto di fini marmi e sculture. Esso 
chiude uno spazio «d’innanzi all’altac 
maggiore, e forma il Santuario acces- 
sibile anticamente ai soli Sacerdoti. So- 
pra l’ingresso di questo Santuario ve- 
desi una — Pala d’argento dorato — 
che decorava anticamente 1° altare. Egli 
è un lavoro greco che puossi equiparare 
alla maniera della pala doro di S. Mar- 
co ( Vedi pag. 42). 


Semicircolare è il coro composto di 
sei alti gradini di marmo, in mezzo ai 
quali sorge una Cattedra Episcopale. 
Serviva agli usi canonici secondo il rito 
del medio Evo. La volta sopra questi 
gradini è adorna di musaici, 


c . ° ° 
E da osservarsi eziandio le finestre 
di questo tempio che si chiudono con 


— 989 — 


de marbre à la manière orientale, tour- 
nant sur des gonds de fer. 


valve di marmo a mò. orientale, le quali 
girano sopra cardini di ferro, 


Da questa chiesa si passi al vicino 


men Ce GO cn 


Eglise de S.te SATO 


C’est un petit bâtiment du neuviè- 
me siècle, érigé, à ce que disent les 
chroniqueurs, avec les débris des édi- 
fices démantelés de PAltino voisin. Sa 
construction est fort élégante, et il pa- 
raît que le Scarpagnino et le Sansovi- 
no l’ont étudiée et imitée dans l’érec- 
tion des églises de Saint - Géminiea, 
qui ne subsiste plus, et de Saint-Jean 
l’Aumònier. L'église S. Fosca est ornée 
de colonnes, de bases et de chapiteaux, 
et peut être cilée comme un ouvrage 
fort estimable. 


fre Saiut-budté, 


Vis-à-vis du rivage, appelé Zio, on 
aperçoit ce château, élevé pour la dé- 
fense de la capitale ; commencé en 1545, 
il fut achevé en 1571, sous le dogat 
d’Aloïs Mocenigo, par Michel Sammi- 
cheli. C’est un édifice élégant, magnifi- 
que et solide. Il forme un pentagone, 
armé de quarante embrasures pour des 
canons de gros calibre qui tirent à 
fleur-d’eau. Au milieu se trouve un ba- 
stion, orné d’une facade avec trois arcs 
doriques, dont l’un sert d’entrée prin. 
cipale. 


Cewpietto à S. La 04ca, 


Egli è un piccolo edificio del IX se. 
colo, eretto, a detta degli storici, coi fram- 
menti delle distrutte fabbriche romane 
della vicina Altino, La sua struttora è 
molto elegante. Sembra che lo Scar- 
pagnino ed il Sansovino l’ abbiano stu- 
diato, ed imitato nella erezione delle 
chiese di S. Geminiano che non è più 
e di S. Giovanni Elemosinario. Il tem- 
pio torcellano di S. Fosca è adornato 
di colonne, basi, e capitelli di marmo 
greco; e tutto offerente gli estremi di 
buon lavoro. 

Da quest’ isola rimettendosi in barca 
si prenderà la via verso il porto del 
Lido alla cui imboccatura si troverà. 


she Castello di S. Aowdrea, 


Dirimpetto al lido chiamato di Lio 
irovasi questo castello eretto a difesa, 
della capitale. Veniva esso cominciato 
nel 1545, e compiuto nel 1571 sotto il 
Doge Alvise Mocenigo, e n’ era archi- 
tetto Michele Sammicheli, Egli è un 
edificio magnifico elegante, e della mag- 
giore solidità. Presenta cinque facce con 
quaranta cannoniere ad uso di pezzi di 
grosso calibro che tirano a fior d’ac- 
qua. Nel suo mezzo poi porge un ba- 
stione decorato di prospetlo con tre ar- 
chi dorici uno de’quali serve d’ingres- 
so principale. 

37 


— 290 — 


Ce château offre un point de vue 
vraiment pittoresque et varié. L’élégan- 
ce de son architecture, la majesté de 
la mer dont les flots se brisent à ses 
pieds, la beauté des champs cultivés du 
Lido voisin qui présentent la plus rian- 
te verdure, tout contribue à y former 
un spectacle ravissant. 


Les anciens Vénitiens avaient une 
affection particulière pour les rivages 
qui entourent leurs lagunes, rivages fort 
bien cultivés et fort peuplés. Toutes 
les chroniques parlent des boeufs et des 
moutons qui y paissaient, du froment, 
de l’orge, des vignes, des fruits, etc. 
qu'ils produisaient. 


Les tièdes brises de mer et la qua- 
lité du terroir y sont aujourd’hui en- 
core favorables à presque toutes les es- 
pèces de végétaux qui, bien que leurs 
racines s’étendent parfois jusqu’au bord 
méme de l’eau salée, n’en souffrent nul- 
Tement et croissent au contraire vigou- 
reux et féconds. Enfin les fleurs, qui 
ne sont pas un des moindres ornements 
de cet agréable lieu, offrent une source 
de profits considérables à leurs cultiva- 
teurs, qui les envoient vendre dans la 
capitale. 

Une preuve de la diligence avec la- 
quelle on cultivait jadis ces bords, sub- 
siste aujourd’hui encore dans les tu- 
yaux qu’on y a déterrés dernièrement, 
et qui servaient à conduire l’eau d’un 
endroit à un autre, de même que dans 
les vases de bois où on la conservait 
le long des allées. Les chroniques ajou- 
lent que les récoltes y étaient fort 
abondantes: le produit des vignes sur- 
tout était fort considérable, attendu la 
fertilité extraordinaire de ces rivages, 
et formait une branche importante de 
commerce pour les anciens Vénitiens. 


Questo castello per il punto in cui è 
posto offre una vista veramente pitto- 
resca e variata. La leggiadria del suo 
gusto architettonico, la solennità del ma- 
re le cui onde si frangono sulle di lui 
mura, l’amenità che ti presentano 1 
coltivati parevoli della più orgogliosa 
verdura del vicino lido di Lio, è uno 
spettacolo daddovero sorprendente. 

Gli antichi veneziani avevano in mol- 
to pregio i lidi onde scorgevano attor- 
niate le loro lagune, siccome quelli i 
quali erano coltivatissimi, ed abbonde- 
volmente popolati. Le cronache tutte 
parlano de’ buoi, delle pecore che vi 
pascevano, del frumento, dell’orzo, del» 
l’uve, delle frutta che in essi racco- 
glievansi. 

Il tepore dell’ aria marina, € la qua- 
lità del terreno tornano anche a di no- 
stri propizii pressochè a tutta sorte di 
vegetabili i quali comechè alcuna fiata 
colle loro radici giungano a toccare l’ac- 
qua marina pur tutta volta non la te- 
mono e crescono rigogliosi, e danno 
abbondanti i ricolti, I fiori poi non 
solamente fanno quivi di se vaghissima 
mostra, ma recisi dal loro stelo recano 
eziandio un guadagno ingente ai loro 
coltivatori per la vendita che nella ca- 
pitale ne fanno. 

Dell’antica litorale coltivazione for- 
mano prova i iubi disotterratisi a certi 
tempi che servivano a condurre l’ acqua 
da luogo a luogo; come pure ì vasi lin 
gnei che la conservavano qua € là in 
mezzo alle ajuole. Dalle cronache ab- 
biamo che copiosissime erano le messi; 
abbiamo che importantissimo era il pro- 
dotto che davano le vigne, e le vendem- 
mie in settembre, e che finalmente la 
mercè della fertilità de’ veneti lidi gran- 
de guadagno i vecchi veneziani face- 
vano. I pini che felicemente vi cresco- 
no e di leggieri si moltiplicano davano 


— 294 — 


Les pins, qui y croissent et s’y mul- 
tiplient rapidement, ajoutaient une nou- 
velle importance aux produits de ces 
rivages, et leur bois avait formé une 
des branches principales du trafic pri- 
mitif de Venise. Il est peu d’arbres 
qui, comme le pin, s’accommode de tous 
les terreins, (résiste à toutes les tem- 
pétes, et croisse heureusement dans les 
climats les plus chauds, ainsi que dans 
les plus froids. On le retrouve en 
effet aussi vigoureux sur les sommets 
glacés des Alpes que sur les côtes brù- 
lantes de la mer. — Les anciens Vé- 
nitiens se montraient fort sévères en- 
vers quiconque les arrachait on les en- 
dommageait ; des lois et des chatiments 
exprès punissaient le coupable. Mainte- 
nant encore les rivages et les îles de 
Venise produisent ioute sorte de végé- 
taux, et en telle quantité qu’on peut 
avancer hardiment qu’il n’y a pas une 
ville en Italie où ils se vendent à aussi 
bon marché qu’à Venise. 

Entre autres îles voisines du Lido, 
nous citerons celles qui suivent. 


ad essi un vantaggio invero d’ alta fat. 
ta ; anzi il legname che da questa pian- 
ta ricavavano avea costituito un ramo 
del loro primo commercio. Difficile è 
rinvenire un albero che come il pino 
ritrovi simpatico ogni terreno, che re- 
sista ad ogni procella, cresca, e vegeti 
tanto al sommo caldo quanto al freddo, 
il perchè tu lo vedi prosperare e sui 
gelidi cigliari dell’alpi e sugli infuocati 
lidi del mare. I veneziani erano seve- 
rissimi con colui, fosse qualsivoglia, che 
li sterpava o danneggiavali ; e v’erano 
leggi e pene emanate a danno dei con- 
travventori. Anco di presente eziandio i 
lidi veneziani non che le isole offrono 
tutta sorta di vegetabili, ed in quantità 
tale che senza tema di errare puossi 
asserire non v’abbia città d’Italia che a 
migliore, e più discreto prezzo di Ve- 
nezia li offra. 


Percorrendo le Isole vicine al Lido 
converrà approdare alle seguenti. 


rr 0 


Ile du i ne azateb, 


La république vénitienne fit bâtir dans 
cette ile l’an 1423, quelques édifices, 
destinés à recevoir les pestiférés et qui 
devinrent par la suite un lazaret pour 
les marchandises provenant de pays su- 
spects, ainsi que pour les individus qui 
venaient de ces mêmes pays, et qui y 
purgeaient leur quarantaine. Le Vieux- 
Lazaret est intéressant sous beaucoup 
de rapports, et surtout sous celui de 
la police sanitaire qui y est exercée 
avec beaucoup de vigilance et de sagesse. 


Lazzaretto Picchio, 


La repubblica veneta nel 1423 faceva 
fabbricare su quest'isola alcuni edifi- 
zii per ivi accogliere, e governare gli ap- 
pestati. Divenne poscia questi il luogo 
ove si espurgano le merci provenienti da 
paesi sospetti, ed ove scontano lor con- 
tumacia anco le persone che arrivano 
da quelli. Il Lazzaretto vecchio è inte- 
ressante per molti oggetti ed in ispe- 
cieltà per la polizia sanitaria che vi si 
trova stabilita, e diligentemente prati- 
cata, 


reg memes 


— 292 — 


Sle de Saint - Lazare, 


4 


A une époque fort reculée, celte île 
servait de lieu de refuge aux lépreux. 
Plus tard, le sénat de Venise la con- 
céda à la congrégation des moines ar- 
méniens de l’ordre de Saint Antoine 
abbé. Méchitar ayant rendu d’impor- 
tants services à ces religieux, la con- 
grégation prit le nom de méchitariste. 
Ces moines s’y établirent en 1717, et 
depuis ils ont toujours été fort bien 
vus à Venise. Leur asile fut toujours 
respecté, même par tous les gouvérne- 
ments divers qui succédèrent à celui 
de la république. 

L'église de cette ile est ornée de 
peintures estimables ; dans le couvent, 
on remarque entre autres choses pré- 
cieuses: — Une bibliothèque nombreuse — , 
riche surtout en manuscrits orientaux, 
— Une momie Esyptienne —, Un papy- 
rus antique — en caracières birmans, — 
un cabinet de physique et d’histoire natu- 
relle, — et une imprimerie fort réputée —, 
d’où sortent d’élégantes éditions en di- 
verses langues, et surtout en langues 
orientales. 


Ile de S. a Servolo. 


Au VIII siècle, celte île était habi- 
iée par des moines qui furent transfé- 
rés ensuite dans l’abbaye de Saint-Hi- 
larion, l’an 816, abbaye fameuse dans 
les histoires vénitiennes de ce temps, 
et dont l’auteur de ce livre a parlé lon- 
guement dans un autre ouvrage sur les 
antiquités vénitiennes (r). Cette île fut 


() Tableau historique de Venise. 


i 


Isola di S. 


Nei tempi rimoti 


Lazzaro. 


era in quesl isola | 
affetti dalla lebraj | 
coll andare però del tempo il Senato 
veneto la concedeva alla Congregazio- 


che accoglievasi gli 


ne de’ Monaci armeni dell’ ordine di San 
Antonio Abate, Certo Mechitar fu be- 
nemerilo assai per questi monaci, il 
perchè tale Congregazione prendeva il 
nome di Mechitarista. L’anno in cui 
presero stanza dessi in quest’isola fu 
nel 1717; e furono sempre ben veduti, 
ed il loro asilo fu mai sempre rispetta- 
to anche da tulli i governi alla veneta 
repubblica succeduti. 

La Chiesa di quest’isola, è adorna di 
buone pitture, e nel convento vi si tro- 
vano degni di osservazione — Una co- 
piosa Biblioteca — ricca di codici orien- 
tali, — Una Mummia egiziana. — Un 
antico Papiro in caratteri birmani. — 
Un Gabinetto di Fisica, e Storia natu- 
rale. — Una Stamperia pregiatissima, e 
da cui escono eleganti edizioni in varie 
lingue, e particolarmente orientali. — 


Isola db 5, Secvole. 


Nel secolo ottavo aveano qui stanza i 
Monaci che poscia furono trasportati nel- 
l’Abazia di S. Ilario nel 816. Quest’ A- 
bazia è famosa nelle venete storie di quei 
tempi, e di cui noi parlammo lunga- 
mente, e deltagliatamente in un’ altra no- 
stra opera risguardante le cose antiche 
veneziane (1). Fu poscia abitata da mo- 


{1) Quadro storico di Venezia. 


habitée ensuite par des religieuses, et 
plus tard, c’est-à-dire en 1716, cédée aux 
Révérends Pères Iospitaliers, vulgai- 
rement dit Faites du bien, frères, (Fat- 
te bene fratelli) qui l’habitent encore 
présentement et y soignent 250 fous 


et 100 malades, 


le de Saut - Cent 


Selon les chroniques, cette ile fut 
créée (c’est le mot) en 1131 par un 
certain Pierre Garilesso, qui y établit 
un hôpital. Par la suite, elle devint la 
propriété des patriarches de Grado, et 
fut achetée plus tard par les chanoines 
réguliers, dits alors de la Charité qui la 
cédèrent, avec la permission du gou- 
vernement, aux Pères hermites Camal- 
dules de Rua, l’an 1644. A l’époque 
où la république vénitienne tomba, tout 
changea d’aspect, et l’île de Saint Clé- 
ment ressentit elle aussi les conséquen- 
ces de l'occupation francaise. Parlons 
maintenant brièvement de tout ce que 
l’église offre de remarquable. 

Au-dessus de la grand’porte, on voit 
le mausolée de Jérôme Gradenizo, pa- 
triarche d’Aquilée. 

Dans les deux bras du transeps, à 
droite : — l’doration des bergers —, de 
l’école de Bassano, et à gauche: — La 
visite des rois mages —, ouvrage de Laz- 
Zarini. 

Dans la chapelle du transeps, à gau- 
che, on aperçoit sur le mur à gauche 
un tableau, représentant — Suint- Ro- 
muald qui présente l'habit à Saint Pierre 
Orséolo —, ouvrage du Padoanino, fort 
endommagé par l'humidité, 


ÈS 
Ke] 


GA 


nache, e più tardi cioè, nel 1716 la si 
concedeva ai PP. Ospitalieri detti vol- 
garmente fate bene fratelli i quali Pabi- 
tano tultavia e ricovrano 250 pazzi, € 
100 infermi. 


I sola dl SI Cfeueute, 


Se diamo retta alle storie, quest’ iso- 
la veniva eretta da certo Pietro Gari- 
lesso 1’ anno 1131 che quivi poneva uno 
Spedale. Coll’andare del tempo diven- 
ne proprietà dei patriarchi di Grado, 
indi acquistata dai canonici regolari det- 
ti allora della Carità questi dietro pub- 
blico beneplacito la cedevano a’ Padri 
Eremiti Camaldolesi di Rua, Ciò acca- 
deva nel 1644. A’tempi ne’ quali cadde 
ia veneta Repubblica tutto cangiò d’ a- 
spetto, e l’isola di S. Clemente sentì 
anch’ essa le conseguenze della rinno- 
vazione francese. Veniamo ora su quan- 
to è da osservarsi nella chiesa. 


Sopra la porta maggiore il mausoleo di 
Girolamo Gradenigo Patriarca di Aqui- 
leja. 

Nelle due braccia della crociera a de 
stra — L’Adorazione de’ Pastori — Scuo- 
la di Bassano, ed a sinistra. — La vi- 
sita dè Magi — del Lazzarini. 


Nella cappella della crociera a sini- 
stra vedesi sulla parete pure a sinistra 
un quadro con — S. Romualdo che porge 
l'abito dell'ordine a S. Pietro Orseolo. — 
Opera del Padoanino, guastata però 
molto dall’umidità. 


— 294 — 


De chaque côté de -l’arcade qui con- 
duit au maitre-autel, il existe deux mo- 
numents pareils, élevés l’un à Pierre, 
Pautre à Georges Morosini, et gravés 
par Juste de Curt. Derrière le maitre- 
autel, on voit: — La Sainte Maison de 
Lorette — enrichie de marbres afri- 
cains et de sculptures, portant la date 
de l’an 1616. Derrière, on trouve un bas- 
relief en, bronze, reproduisant: — la 
Naissance de J. C.—, ouvrage de Joseph 
Marie Mazza de Bologne. 

Nous voici enfin arrivés au terme de 
notre tâche; nons avons décrit tout ce 
qui nous resle de cette ville fondée, non 
sur le sang et les larmes, mais par l’a- 
mour et la reconnaissance envers Dieu 
qui, au milieu du désastre général, a- 
vait daigné protéger les habitants de 
Venise (1). Nous pouvons comparer har- 
diment la position des anciens vénitiens 
à celle des Troyens. Un chef, fameux 
entre tous par sa valeur, servait de gui- 
de à des hommes résolus de verser leur 
sang pour la défense de la liberté, et 
le siége de sa domination était plus re- 
commandable par sa simplicité que par 
l’abondance des richesses et des orne- 
ments. Les herbes, les fruits, les bêtes 
sauvages et domestiques, fournissaient 
aux besoins de sa frugale table. C’était 
le secours de Dieu qui protégeait alors 
Ja force, et la fraternité se reliait à l’a- 
mour de la liberté. Les passe-temps les 
plus doux, c’étaient l’aspect de la na- 
ture, les récits des vieillards, les chan- 
sons des amoureux, et les ovations de 
la victoire, Ensuite, la simplicité des 
premiers vénitiens se modifia, el Ja ci- 
vilisalion romaine passa en eux, pour 
ainsi dire, alors que, l’empire d’Occi- 
dent étant tombé et les barbares déso- 
lant l'Italie et tous les habitants de la 


(1) Botta, Histoire d’Italie. 


Ai due lati dell’arcata che mette al» 
l’altar maggiore sonvi due monumenti 
consimili 1’ uno di. Pietro 1’ altro di 
Giorgio Morosini scolpiti da Giusto de 
Curt. Dietro l’altar maggiore osserva- 
si — la Santa Casa di Loreto — ricca 
di marmi africani e di sculture portan- 
te l’anno 1646. Nel lato posteriore del- 
la medesima trovasi un basso rilievo în 
bronzo porgente — la Natività del Na 
zareno — Opera di Giuseppe Maria 
Mazza da Bologna. 

Eccoci giunti al fine della nostra in- 
trapresa cioè di descrivere iutto quanto 
ci resta di quella città a cui dava o- 
rigine non sangue nè pianto sì |’ amore 
e la gratitudine verso Dio che in mez- 
zo all’ universale trambusto era stato 
cortese di salute agli abitatori di lei (1). 
Noi possiamo senza tema di errare pa- 
ragonare la condizione degli antichi vi- 
niziani a’ trojani. Un capo che meglio 
si distingueva per belliche virtù era 
seguito da gente volonterosa di ver- 
sare in guerra il proprio sangue per 
difendere la libertà. Questi aveva il seg- 
gio della sua dominazione più pregiato 
per la semplicità degli addobbi che per 
profusione di finissimo travaglio; e di 
ricchezza. Le erbe, le frutta, le bestie 
selvaggie, e domestiche procacciavano 
la prima mensa. Il conforto degli Dei 
era allora che proteggeva la forza ; e la 
fratellanza stava in relazione dell’amore 
della libertà. I trastulli erano i 
della natura, i racconti dei vegli, le can- 
zoni degli amanti e le ovazioni delle 
vittorie. Si modificò la semplicità dei 
primi veneti e la romana civiltà quasi 
diremmo passò in essi, chè ceduto l’im- 
pero d’occidente, e desolando i barbari 
popoli 1’ Italia e tutti gl’ abitatori della 
Venezia terrestre, questi lasciate le pa» 


risi 


(1) Botta Storia d'Italia. 


— 995 — 


Vénétie continentale, ces derniers dû- 
rent, abandonnant leur patrie, se réfu- 
gier dans les marécages de l’Adriatique. 
Et là, tirant parli des connaissances, 
unique héritage que leur avaient laissé 
leurs ancêtres, ils surent se créer des 
ressources mieux faites pour leur exi- 
stence. Alors la nation vénitienne se 
montre à nous sous un nouveau jour ; 
elle n’est plus simple et rustique com- 
me autrefois, mais instruite et civilisée, 
elle n’est plus impuissante et inconnue, 
mais formidable et célèbre. 

Les Vénitiens, qui n’entreprirent 
d’autres ouvrages que ceux de l’amour, 
sont passés-maîtres en fait de morale. 
Réunis ensemble sur ces ilots, ils te- 
naient des assemblées lorsque le besoin 
l’exigeait et y proposaient les motifs 
qui demandaient l’emploi des forces 
communes pour obtenir le bien de tous, 
sans tracas, sans querelles, sans riva- 
lité, Tous étaient frères l’un de l'autre, 
eb ils se parlaient en frères de l’amour 
de la patrie, qui était leur unique 
pensée, et l'harmonie régnait entre 
eux. Ils ne se fiaient point à la fortune 
prospère ; ils se défiaient en général 
de quiconque n° était pas vénitien ; 
ils regardaient les destins des peuples 
comme semblables à ceux des indivi- 
dus, et ils avaient pour maxime que de 
Dieu seul vient la vérité, et non des 
équivoques lumières de la terre, et que 
l’amour de la religion et de la patrie 
pouvait seul les élever à ce degré de 
puissance, inébranlable comme un vieux 
chène, qui résiste à tous les efforts des 
vents. En un mot, ils vivaient heureux, 
loin du tourbillon qui, se déchainant 
sur l'Occident, emportait en passant 
les destins et les moeurs de Rome, des- 
séchait tout noble sentiment de vertu 
en Italie, et mélait le sang italien avec 
celui des barbares, Nation fortunée qui 


trie si posero al salvo sulle maremme 
dell’ Adria dove traendo essi partito 
dalle idee, unico retaggio che da loro 
maggiori aveano acquistato, seppero tro- 
var mezzi più propri al loro vivere. 
E qui ci si presenta in altro aspetto la 
veneta gente; non più semplice, e ru- 
slicana ma ammaestrata, ed incivilita ; 
non più angusta ma ampla; non più 
inosservala, ma conosciuta, e riverita. 


I veneziani, che non intrapresero al- 
tre opere che quelle dell’amore sono i 
maestri della morale. Aggregati essi e- 
rano assieme sulle isole, e ne’ primi loro 
bisogni si raunavano, e proponevano 
nell’ adunanza i motivi che avrebbero a 
muovere le loro forze per conseguire 
la comune felicità senza clamori senza 
astiose contenzioni senza rivalità. Eva 
ciascun fratello dell’ altro, e come fra- 
tello gli parlava dell’ amor della patria 
primo e supremo loro pensiero, e v’era 
armonia. Eglino non si fidavano della 
larga fortuna; diffidavano generalmen- 
te di chi veneziano non era, risguarda- 
vano gli avvenimenti dei popoli simili 
a quelli della vita degli uomini, ed avea- 
no che solo dagli Iddii lume si trae 
del vero e non dalle ambigue cose della 
terra, e che solo dall’ amore di patria 
e di religione polevano aspettare di cre- 
scere in quella potenza che sta ferma 
come robusta pianta di quercia annosa 
che non serolla mai per lo soffiare im- 
petuoso de’ venti. Gente beata ella era 
lontana dal turbine il quale spirando 
sull’ occidente ravvolgeva seco le fortu- 
ne e i costumi de’Romani e disertava 
d'ogni ingenua. ed alta virtù l’Italia, 
mescolando il sangue italiano col feroce 
de’ barbari ; gente beata ell’ era lo ripe- 
tiamo che sola pura e tulta italiana se ne 


— 296 — 


se conservait seule pure el vraiment 
italienne, florissant sur les rivages de 
Adriatique à l’ombre des vertus et de 
la gloire! 

La nation vénitienne, considérée dans 
cet état au milieu des troubles de PE- 
talie, instruite par l’exemple des vicis- 
situdes de ce pays, devait, pour se pré- 
server de la contagion générale, être 
essentiellement circonspecte, et partant 
politique dans toutes ses actions, et 
elle le fut. Semblable à une étoile qui 
apparait sur le firmament aux matelots 
assaillis par les vents et la tempête, 
Venise brilla seule aux temps du mo- 
yen-âge, Venise apprit aux audacieux 
Italiens, instruits par son exemple, à 
porter leur renommée jusque sur un con- 
linent inconnu; Venise enfin, et nous 
pouvons le dire à bon droit, fut la mai- 
tresse de la civilisation nouvelle. 


Réellement, en lisant l'histoire, on 
voit dans le Vénitien antique, en gé- 
néral, l'homme prudent et expérimen- 
té, qui veille à son propre intérêt sans 
oublier celui de sa nation, toujours prêt 
à soupconner la bonne-foi de tous les 
hommes, excepté ses conciloyens; qui, 
robuste et expéditif, terrasse avec cou- 
rage son ennemi, chérit l’honneur na- 
tional , et porte au loin ses armes, 
parce qu’il veut que sa Venise s’agran- 
disse et s’embellisse. A l’intérieur, il 
ne désire que le bien commun, et il 
évite tout débat dans lPintérét de sa 
chère république; il confère avec les 
princes, et les aide dans tout ce qu'ils 
font pour le bien de humanité, et d’eux- 
memes, et pour la gloire de leurs états; 
il ne néglige donc rien afin de se ren- 
dre digne de l’estime publique. Voilà 
le Vénitien, tel que l’ont fait les actions 
mémorables de ses aieux, consacrées dans 


des temples magnifiques, ainsi que par 


stava sicura nei lidi remoti dell’Adria 
all’ombra della virtù e della gloria. 


Considerata la nazione veneta in que- 
sto stato fra mezzo alle agitazioni della 
nostra Italia, edotta delle vicende di 
questa terra dovea essere circospetta 
per guardarsi dal comune contagio ; 
quindi riuscire politica in tutte le sue 
operazioni, e lo fu: Era dessa come una 
stella che comparisce nell’ azzurro del 
firmamento a’ marina) lorchè si trovano 
fra la procella e la tempesta del mar 
burrascoso, conciossiachè Venezia sola 
scintillò nei secoli di mezzo, Venezia 
inviò coll’ esercizio della sua professio- 
ne gli ardimentosi italiani, da lei am- 
maestrati, a portare la fama loro sovra 
un ignoto continente, Venezia infine, 
e lo possiam dire a buon dritto, fu mae- 
stra del novello incivilimento politico. 

E daddovero in leggendo le storie 
tu vedi in generale nel Viniziano an- 
tico l’uomo prudente e scaltrito nelle 
cose del mondo, tendere a se senza di- 
menticare i beni della nazione, sempre 
pronto a sospettare dell’ onestà degli al- 
tri uomini fuori della sua patria ; im- 
pertanto gagliardo e spedito che abbat- 
te con coraggio il nemico, che ama 
l’onor nazionale, che stende il dominio 
amando che Ja sua Vinegia s° accresca, 
e s’abbelli. AI di dentro della sua ca- 
pitale egli vuole quello che è il bene, 
e schiva di altercare pegli alti destini 
della repubblica; conferisce co? principi, 
e gli ajuta in quello che dispongono a 
benefizio dell’umanità, di loro stessi, 
ed a gloria de’ stati loro, e studia quin- 
di ogni guisa di cose per rendersi de- 
gno della pubblica benemerenza perchè 
a ciò lo hanno fatto le pietose opere 
degli avi che si leggono nei templi ma- 
gnifici, nelle are, nella bontà e saviezza 


— 297 — 


la bonté et la sagesse des grands, par 
la louable conduite du clergé, par de 
fréquentes solennités, l’inviolabilité des 
lois, les monuments de la vertu, et une 
foule d’autres choses extérieures qui, 
parlant puissamment à l’imagination et 
au coeur, peuvent rendre un peuple lo- 
yal, vertueux et bon. Enfin, à quelques 
égards que l’on considère les anciens 
Vénitiens, on doit convenir qu’ils ont 
été la nation civilisée la plus parfaite. 
Egalement éloignés de la mollesse athé- 
nienne et de la rudesse spartiate, exempts 
jusqu’à un certain point du péril des 
luttes entre les nobles et le peuple, 
libres du joug du despotisme, et gou- 
vernés par un prince, représentant de 
Ja nation , les Vénitiens seuls possé- 
dèrent un régime gouvernemental qui 
fleurit glorieux et respecté pendant plus 
de quatorze siècles. Tels étaient les ti- 
tres de Venise à l’admiration ; et l’Eu- 
rope, après le moyen-àge, songeant enfin 
que la manie des croisades n’était pas le 
plus sûr moyen d’avancer dans la voie de 
la civilisation, jeta les yeux sur les Vé- 
nitiens qui, rassemblant les trésors les 
plus précieux dans leurs excursions 
maritimes, étaient arrivés à un si haut 
degré de prospérité, et jugea qu’elle 
aussi parviendrait à une condition pro- 
spère, si elle adoptait un gouvernement 
semblable au nôtre, En effet, un grand 
nombre d’Etats envoyèrent des dépu- 
tés à Venise, afin d’en obtenir quelques 
personnages d’une haute prudence, ca- 
pables d'établir un ordre heureux dans 
leurs pays, moyennant de bonnes lois, 
appropriées aux besoins des diverses 
nations. La république de Gênes et 
plusieurs autres républiques italien- 
nes retirèrent les plus beaux fruits d’un 
tel système; Gênes entre autres, émule 
principale de Venise, arriva même à un 


dei maggiorenti nell’ equa condotta del 
clero, nelle frequenti solennità religiose, 
nella santità delle leggi, ne’ monumenti 
della virtà e della grandezza d’ animo, 
ed in tante altre cose esteriori, che pos- 
sentemente parlando sull’ immaginazio- 
ne, e sul cuore valgono a fare degli 
uomini un popolo leale virtuoso, e 
buono. Infine da ogni lato tu consideri 
gli antichi veneziani devi convenire 
essere stati dessi la gente civile la più 
perfetta. Lontani dalle mattezze atenie- 
si, dalla rusticana condotta dei Lacede- 
moni, scevri a certo punto dai pericoli 
di cadere per conflittare di plebe con 
nobili e di questi con quella, non mar- 
tellati dal despotismo, ma retti non o- 
stante da un principe che rappresentava 
la nazione, dessi soli presentarono una 
forma di governo che durò glorioso, e 
riverito per civili virtudi oltre a quat- 
tordici secoli. Tutto ciò faceva rispet- 
tata la repubblica; e l’Europa dopo i 
tempi di mezzo pensando che le cro- 
ciate non erano le buone cose per te- 
nersi su quelle strade che conducono 
diritto a’ vantaggi della civil convivenza, 
diede degli occhj su Viniziani, che sul 
mare correndo raspavano il buono ed il 
meglio del mondo, e crescevano in tan- 
to fiore, ed avvisò troverebbe anch’ es- 
sa dolci frutta se divisasse un governo 
al nostro somiglievole. Diffatti molti 
stati spedirono pe’ Viniziani affinchè la 
repubblica inviasse loro alcuni uomini 
di specchiata prudenza ad ordinare le 
civili cose col mezzo di leggi provvide 
secondo la postura della propria nazio- 
ne. La repubblica di Genova e le altre 
italiane diedero di begli esempi d’ imi- 
tazione ; anzi la figlia della nostra nau- 
tica la repubblica Genovese si levò a 
tanto ardire di dar di cozzo con la ma- 
dre; e se la fu raumiliata non cessa 
38 


— 298 — 


tel degré de grandeur qu’elle osa lut- 
ter avec sa maîtresse ; elle succomba, 
‘il est vrai, mais avec gloire, et cette 
victoire coûta les plus grands efforts à 
Venise. 

Après le XIII siècle, ltalie put 
prendre un noble et sûr essor dans le 
vaste champ des arts et des sciences, 
et s’y avanca si loin qu’elle dépassa 
les bornes anciennes. Il n’est pas une 
nation parmi les modernes qui puisse 
dire: « Jai été plus loin qu’elle. » Mais, 
entre les Italiens mêmes, nos concito- 
yens seuls pouvaient déployer une gran- 
deur de créations capable de rivaliser 
avec celle des Romains et des Grecs. 
La place Saint-Marc, qui n’a pas d’é- 
gale au monde, si fameuse par la riches- 
se de ses marbres, la symétrie de leur 
ordonnance, et la magnificence de sa for- 
me quadrangulaire, est un chef-d’oeuvre 
d’exécution et de génie. Les palais qui 
s'élèvent sur les bords du grand-canal, 
le pont de Rialto, etc., etc., démon- 
trent éloquemment à l'étranger que les 
richesses ne furent pas la seule base du 
beau à Venise, mais le génie et un esprit 
entreprenant aussi. Quiconque a vu 
l’Arsenal, se sera formé une idée du 
goût vénitien dans les arts libéraux et 
mécaniques. Les objets que l’on voit à 
la porte d'entrée, symboles de la force, 
du génie et de la prudence, semblent 
dire aux siècles que, s'ils ont quitté le 
ciel où le génie les créa, ils ont été 
heureux, échappant à une nouvelle ère 
de barbarie, d’être transportés au sein 
de Venise, ville bien digne de les mon- 
Mais 
c’en est assez. La bonté des choses du- 


trer à l’admiration de l'univers. 
re en raison directe de leur nature; 
tout ce qui est bon n’est pas éternel, 
et ne se change même que trop sou- 
veni en mal, à cause de la perversité 


DC mp oo Po een mc 


siasi mostrata gagliarda contro a’ Vini- 
Ziani. : 


Dopo il secolo XIII. Italia potè aver 
mezzi di spaziare con voli sicuri en- 
tro il santuario delle arti, e delle scien- 
ze, e lo discorse tanto che passò gli 
antichi termini, nè fu nazione delle mo- 
derne che possa dire io volai più in 
suso. Ma fra gl’Italiani stessi i nostri 
poteano soli sfoggiare magnitudine di 
opere da poter contrapporre a quelle de’ 
Quiriti, e degli Achivi. La piazza di 
S. Marco, di cui pari non havvi al mon- 
do, la ricchezza dei marmi, la simme- 
tria delle sue parti, la magnificenza di lei 
è un portento di opera, e di genio. I 
palagi che posero sulle sponde del gran 
canale, il ponte di Rialto e via, mostra- 
no al passeggero che non fu solo la 
ricchezza la base del bello venetico, ma 
il genio, e l’intraprendimento. Chi avrà 
veduto l’arsenale si avrà formato un'idea 
del gusto veneziano per le arti belle, e 
meccaniche. Quelle opere che si osser- 
vano sulla porta d’ingresso, simboli 
della forza, del genio, o dello accorgi- 
mento, pare stieno lì contro i secoli a 
dichiarare alle generazioni che se lascia- 
rono il cielo ove il genio le fece, la 
turpe barbarie successa le fortunate 
di essere state trasportate in seno ai 
repubblicani di Venezia ben degni di 
mostrarle perchè il loro genio si vene= 
rasse. Ma or basta. La bontà delle cose 
dura in ragione diretta della loro na- 
tura: tutto il buono non è eterno, desso 
pur troppo per la malvagia indole de- 
gli uomini nel mal si permuta. Noi sia- 
mo inclinati alla novità: subito che ab- 
biamo soddisfatto i nostri desiderii, in- 
cominciamo a voler altre soddisfazioni 


— 999 — 


des hommes. Nous sommes enclins au 
changement ; dès que nous avons satis- 
fait un désir, nous commençons à en 
former de nouveaux, qui ne servent 
qu’à nous rendre semblables à tout le 
reste de la nature. 

Enfin, nous voici arrivés au terme 
de nos Scènes de Venise ou pour mieux 
dire d’un Guide nécessaire à l'Etranger 
qui veut connaître les moeurs et les 
monuments Véniliens. 


le quali non fanno altro di noi che la 
somiglianza con tutte le cose della na- 
tura. i 


Ed ecco finite nel miglior modo che 
per noi si potè lo migliore le Scene di 
Venezia, e meglio la guida necessaria al 
forestiero per la conoscenza dei costu- 
mi, e dci veneziani monumenti, 


è PRELATI CATE 


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# 


INDICE GENERALE 


DEGLI OGGETTI DA VEDERSI. 


Abbaye (église de 1°) . 


Charité) . 


DI 


Albanais (Ecole supprimée i 


Alde Minuce (Maison d’) 
André (château de S.). 
— (église de S.). 


Anges (église des) à Murano . 


Ange Raphaël (église de 1°). 


A 


Abazia (chiesa dell’) . . . . Pag. 
Académie des Beaux-Arts (Ecole x la Accademia Reale di belle arti (scuo- 


la della Carità ) } 
Albanesi (scuola soppressa degli). 
Aldo Manuzio (casa di). 
Andrea (castello di S.) . 

— (chiesa di S.) . 
Angeli (chiesa degli) in Murano. 
Angelo Raffaelo (chiesa dell’) . 


Antonii (degli), établissement de bains Antonj (degli) stabilimenti de’Bagni 


Antonin (église de S.) 
Apôtres (église des SS.) . 
Apollinaire (église de S.) . 
Appel (tribunal d’) . . 
Armure de Henri IV. 
Arétin (maison de Pierre 1’) 
Arsenal ; 

Athénée Vénitien. 


Baïamonte,Tiepolo . . . 
Balbi (palcis)faegziona — 

Barbarigo (palais) . ; 
Barnabé (église de S.) , . 


® 


Antonino (chiesa di S.). 
Apostoli idem 

Apollinare idem . 2 
Appello I. R. Tribunale 
Armatura del Re Enrico IV. 
Aretino Pietro (casa di) 
Arsenale . 

Ateneo Veneto 


B 


Bajamonte Tiepolo 
<eBalbi, palazzo niet oh de «4 
Barbarigo S. Polo . . . . 
» + Barnaba (chiesa di S.) , 


— 902 — 


Basso (église de S.) . . . . . . 

Bâtimens anciens et nouveaux au 
Rialto, 0 |: 

Bembo (palais) . 

Blaise (église de S.) . 

Blanche Cappello . 

Bibliothèque (l’ancienne). 

Bibliothèque de S. Marc 

Bossu de Rialto (le) . 


Ca Doro (palais) . 

Camerlenghi (v. le is d Appel) 

Cassien (église de S.) 

Cathédrale de Torcello . 

Catherine (église de Ste). E 

Chapelle des fonts-baptismaux, idem. 

Clocher de l’église de Notre-Dame 
dell'Orto . ACC 

Clocher de S. Mare . . . . 

Cavalli (palais) . 

Civran, idem. RIRENLE, 

Colleoni (statue équestre de) . 

Colonnes de la Piazzetta À 

Contarini (palais) à Notre-Dame del- 
lOrto . PCR on 

Contarini, idem, à S. Samuel . 

Contarini, idem à Saint-Eustache 

Contarini degli Scrigni, idem . 

Corner de la grand maison , idem, 
siége aujourd’hui de la Délégation 
Royale . : + 

Corner (de la Reine), delia 

Corner Mocenigo, idem . 

Corner Spinelli, idem 

Correr (le. musée ) au 2 DAS 

Coup-d’oeil sur les beaux-arts à Ve- 
nise . 


Des édifices et des monuments, etc. 
Dario (palais) . . 
Douane (la) . 


Basso (chiesa di S.) . Pag. 
Fabbriche vecchie e nuove a Rialto. » 
Bembo (palazzo) . . . . . . » 
Biagio (chiesa di S.) . . . . « 
Bianca WG@pello: user E. 
Biblioteca antica, JO NU. . . » 
Biblioteca di S. Marco . . . . » 
Gobbo di Rialto. . . , , . » 


C 


CA Oro DARZZO). Lu . e» 
Camerlenghi — vedi Appello . » 
Cassiano (chiesa di S.) . . . . » 
Duomo di Torcello . . , . . » 
Caterina (chiesa di S.). . . . » 
Cappella del Battisterio idem, . » 


Campanile della Madonna dell’orto. » 
— di S. Marco a i A 
Gavalli®(palazzo) sint RIRES ne aero; 
Givtab Were + 0 su. Le pe RS, 
Colleoni statua equestre . . . » 
Colonne (le due) in Piazzetta . » 


Contarini (S. M. dell’orto) (palazzo) » 


— (a S. Samuele) idem . . . » 
2. {S.: Stae) idem MN) CE » 
— degli Scrigni idem . . . . » 


Corner della Cà grande residenza 


della R. Delegazione (palazzo). > 


— della Regina idem . . . . » 
=. Mocenigo-idem. 12 NN 10.0 
— Spinelli idem 0 0 0. 
Correr Museo .+ .0° .+ .+ + ,: , 05 


Due parole sulle arti veneziane.» 


D 


Delle fabbriche e monumenti ec. > 
Dario palazzo 34° a ANR RES 
Dogana da Mare . . . . . . » 


171 
106 


242 


142 
139 


= at 


— 903 — 


Donat (église de S.) . 
Déchaussés (église des moines) 
Dandolo (maison d'Henri) . 


. Emilienne (chapelle) . 
Escalier des Géants . 
Emo (monument d’Angèle) 
Eustache (église de S.) . 
Etienne, idem 

— (cloitre de S.). 


Fabriques de cristaux et de verre . 
Fantino (église de S.) 
Farsetti (palais)' 


Félix (église de S.) 

Fenice (le théâtre de la) . . 
Flangini (palais) ; 
Fondaco ou bazar des Turcs . 
Fosca (église de Ste) à Torcello . 
Foscari (palais) . 

Frari (église de Notre- Dire de) 


Galvagna (palais) . 

Gatterbourg, idem. es ì 

Gervais et Protais (église dt Ss). 

Gesuati (église des) ou de S.te M. du 
Rosaire son “SUOI 

Georges des nda (église de S.) 

— des Esclavons (église de S.). 

Giorgione (Georges Barbarelli, maison 
de) na . 

Grassi (palais) . . 5 7 

Grimani (idem) siége ino ci na 
la Direction des Postes 

= à S.te M. 

— à S. Paul ! ë 

Goldoni (Charles, maison 19 

Gozzi (Gaspard, idem) . . . . . 


ormosa Cerere 


Donato (chiesa di S.) . 


Scalzi (chiesa desli).® . + «uu» 
Dandolo Enrico abitazione . . » 


E 


Emiliana (cappella) . . . . . » 
Scala dei Giganti 0,00) 
Emo Angelo (monumento d”) . » 
Eustachio (chiesa di S.) . . . » 
Stefano.(idem di S.) Ra. 
= (chiostro dies). ae 5 


F 


Fabbriche di cristalli e vetri . » 
santino; (chiesa dis.) ca 
Farseiti (palazzo) ora residenza del- 

IRE Mic pala e e > 
Heliceg(chresigdiSo) O 
Eénicentieatio ei o 
Filanzinui(0alizzo) i MR eus 2085 
Fondaco dei turchi . . ... » 
Fosca (chiesa di S.) a Torcello . » 
Foscari (palazzo) a 1: Re 
Frari (chiesa dent) valuti > 


G 


Galvagna (palazzo) . . . . . » 
Gatterbourg idem. . . » 
Gervasio e Protasio (chiesa à ss) > 
Gesuati (chiesa dei) o di S. M. del 
Rosario . . > 
Giorgio de’ Cu Cet st S). 5 
Giorgio degli Schiavoni (chiesa di S.) 
Giorgione o Giorgio Barbarelli (abi- 
lazione, di) 0 fateli Air. a 
Grassi palazzo . . n di » 
Grimani idem ora R. DISSI an 
letRosteni 7 + oe 


— a S. M. Formosa . . , . 
tas Pol. LM tt na ad 
Goldoni Carlo (casa di). . . . » 
Gozzi Gaspare idem sure Diet aa di 


+ 


— 804 — 


Hospice des Pères mineurs 
tuels Di 
Hotel de la MCR 


Incurables (Caserne des) 

Ile de Saint-Clément. 

— de Saint-Georges Majeur 
— de Saint-Lazare 

de Saint-Michel 

— de Murano. 

de S. Servolo 

— de Torcello. 


nni 


Î 


Jacques dall Orio (église de S.) . 
Jardins publics 

— des plantes . 

— Papadopoli . dl; 
Jean l’Aumônier (église de S.) 
— l'Evangéliste (église de S.). 
Jeunes-filles (église des). 
Jean-Chrysostôme (église de S.) 
— in Bragora (église de) 

— et S.-Paul (église de S.) . 
Jésuites (église des) . 

Joseph (église de S.). . 
Jabg(ezlisetde"S)a angolo 
Jésus (église du Saint-Nom de) 
Julien (église de S.) . 

Justiniani Lolin (palais) . 

— (lestrois palais). . . . 


Labia (palais) Ha 
Lions (les) athéniens de Te 
Lycée Royal. à 

Logeau pied du clocher dé Ss; Marc 


conven- 


H 


Ospizio di minori conventuali 


Regia Zecca 


Incurabili (Caserma degli) . 
Isola di S. Clemente, 

— di S. Giorgio Maggiore 
— di S, Lazzaro 

— di S. Michele 

— di Murano. 

— di S. Servolo 

di Torcello. moe, 1 4 


I 


Giacomo dall’ Orio (chiesa di S.). 


Giardini pubblici. 

— Botanico 

— di Papadopoli. 3 
Giovannielemosinario (chiesa dis ) 
— Evyangelista (chiesa di S.). 
Delle Zitelle (chiesa) al 
Giovanni Grisostomo(chiesa di S.). 
— in Bragora idem . 

— e Paolo idem . 

Gesuiti (chiesa dei) . 

Giuseppe idem . 

Giobbe idem 

Nome di Gesù idem. 

Giuliano idem mo: 
Giustiniani Lolin (palazzo) . 
— (palazzi tre) 


L 


Labia idem 12, 
Leoni antichi dell’ arsenale 
Hicco (R.) 5 100% : 
Loggia del campanile di s. Mar co. 


193 
293 
T0 
292 
279 
281 
292 


— 505 — 


Lorédan (palais), à S. Luc + , .: Loredan palazzo a S. Luca . Pag. /i71 
— (palais), à S. Etienne, actuelle rési- .+—- S. Stefano ora residenza del R. 


dence de l'E, et R. Commandant de Comando militare della città ce 

la ville et de la forteresses } +: Ont za San: + Guiner) Hrma6é 
Laurent (église de S.). .. .. wo. eu Lorenzo (chiesa di S). … ét 1686 
Mc: (église des.) labapnoissuh)a#iMibita idem. . de (bac) Spies 
Lucie (église dé Ste)h sos tele ssDücraledénru) lle utiosatit xl io 89 


M 


Madelaine (église de Site) +... : Maddalena (chiesa, di. SM) : :: # 178 
Malipiero: (palaisf@s@nty) og. © 0 Malipiero palazzo®tetirine 4 lei) nr 
Manfrin (galerie) =. .. . cl jh séiManfrin (galleria di}, .. oui ob 180 
Méthode (palais) «Logo: gite Vil Mangili (palazzo). gl sh tre 395 
Hénin idem... 50 Ri lot Minin ide. 0... sind siepi 
Marc (cathédrale de S) . Ops 0) Marco. (Basilica di S.) . ge «088 139 
i(l'Ecole.tde SJ. arie (scuola sal S.). LL na 
Marie Formosa (église de Site). .  Marix Formosa (chiesa di S}, 0» 116 
#4 des Frari, idem, MO .sidoone = dei rari idem. 4, © enllistess 
— du Carmel, idem |. 0). 00 + del Carmine idem. | 0015) 202! 
— Mater Domini, idem. . . . . — Mater Domini idem. . . . » 219 
— des Miracles, idem , . . . . dei Miracoli idem... . > 118 
eli dell'OntoR idem: 4... 1.0 eg dell'Orto eden Bee i eo 
— de la Pitié, idem...) 04 della Pietà idem . 0.0) 010» 109 
— du Lis, idem 000) 0) 00.00 2 del Giglio idem . . . . .:09p261 
— de la Santé, idem... } 0, 0) + della Salute idem {-..) 40 239 
Manége: à S. Boch .[% il sist) o%Cavallerizza a. Sr, Rocco? sl 1e (abs fl 
Martinengo (palais) . (©. (L #4) Martinengo, palazzo. .. (0 2h ola 176 
Martin (Église dé SY, CL di 2, Cv gVarinebighiesa di Sha oa 
Maurice, idem n.00. a Mao I RARE 
Mendiants (hôpital des). . . . . Mendicanti (Ospitale cOn dei Ta) RO 
Marchands (école des) .::,. Mercanti (scuola dei) .. {1} 257 
Mocenigo (palais); L00001 Mocenigo (palazzi quattro) : 4.» 170 


Moïse (église de. S.).... 3 + 0 4 1.0 Moisè (chiesa di. S.) un) Lune »l289 
Morolin (palais). .. + Morolin (palazzo). 
N | Aa 


Nicolas (église de S.). .. {4} 4 Nicolò (chiesa di S.) aylyoedlid'{ salino 
Nouveau. Palais-Royal. .. 00% 1, Nuova Fabbrica del Palazzo Reale. {+ 54 


P 
PAR Moy à. . . 0igihyro@ oh HPAr d’ ovot, Ga MIE sd 4a 
Palais des Doges { @ ib, sg9irg) gog: Palazzo Ducale, (19 nb agilob) us 49 


39 


Seen 


— 506 — 
=*qRopali . salt ie ring, auliovodBeale; EL Ri ile 


Pantaléon (église de S.) . . . . . Pantaleone (chiesa diS.) , , 4 5» 213 
Raul, idenilio lab Soi cobramo Paolonidenz brano), AL! of 195 235 
Patriarcal (palais). LT NrstBaätrrarcale (palazzo}h 110 il al de 15168 
PeSaronniden: 2. (2 dl siga aro idem . |. MET Ar 
Pétrarque (maison de) . . . . Petrarca (abitazione del} * 7 oRtfe9) on 
Place et la Piazzetta S. Marc (un mot Piazza e Piazzetta di S. Marco (al- 

SUR CO) TROVARE PE GT HORS. cuni cenni sulla) . . ... » 98 
Pienre  (eglisede'S.). (Lt. MPielro (chiesafidi Si (VU. » 108 


Piédestaux en bronze (les) de la 

place de S. Mare , . . 0... . Pili di bronzo in Piazza S. Marco. . 68 
Pisani (palais), à Saint-Etienne, . . Pisani S. Stefano (pAtzze) + ) +00 264 
Pons de Rialto... {ib pivotiar). giuimbalie di sRjaltoti role) er 173 


— du chemin de fer. . 4: .:— della strada di ferro...) » 189 
Portémdella Carta, > fiat au PHitaldellas Carte 0.0... ob it 
Porte franc ete (5 Sii) voro Franco RIS RS a 
Hisons ne... .;(-£ Bb alouse) Rrigioni, 0. i e A slots 


Procuralies neuves, cavie) «asgagio 1. Procuratie duoveik siii) asc ming 
— vieilles . . . ss rev gf vecchie... OR. mob cina biz 


Polo {maison de Karol: «iu ol Polo Marco (casa di) 4.144) » 246 


R 
Rédempteur (église du). . . .. + Redentore (chiesa del,SS.) . :.,1» 191 
Reliques . e = Le ea ivi) hkeliquie! Sacre (collezione) i lai donl208 
Rezzonico (palais) . .. ....... Rezzonico (palazzo)... ...0..1» 167 
Roch {église de Sipaoil ne.a'asaiisile Rocco (chiesa. di S.) ;ioofl (204 opîaz® 
matf(ceole: delB) .. . ouioui (scuola di S.), dus) vggonita 80 
S 
Sapredo} (palais) va. (sh Loue): ; Sagredo palazzo 20h ) 2bnwlosb 
Salle du conseil des Dix .  . . . Sala del Consiglio de’ dieci a) °2m0067 
— du grand Conseil... . . . — del Maggior Consiglio . , . » ivi 


— des quatre porles . 4 : :. — delle quattro Porte. : 1,15 58 
— de l’Anti-Collége. . . . ,. + — dell’antico Collegio. . , . » 52 
x iu Gollege , 0, oh ©, Gg CEI, QONEgION" Mg ale © e IS 


o eta Bussola ae e PR ME delli Bassola ‘8, ©. MT. —. ‘067 
des Philosophes {.@,(f.; ia) do dei Filosofi .. . {@ 4h.) calo bi 
a de: REcdaati paapleli ab tr sv dello, Scudo .. .Iyrbi.sisls À use 008 


des Edeclales DE MR a degli Scarlati, , .% 2 260 
DINE O LMR... a . . Serchio» agg 4 EPP 
— ‘du Sénat ou Pregadi , . . . "del Senato 0 Pregadi , . . » 54 
ascritte Le, eo tone ‘ris Scrutipio . + ua doble 
Sauveur (église de S.) . .. 0. a. Salvatore (chiesa di S) ... |...» 273 


— 307 — 


Sanquirico (Cabinet d’antiquités) . Sanquirico antiquario . . . Pag. 276 
Sébastien (église de S.) . . . . Sebastiano (chiesa di S) . . . » 196 
Silvesive idem. Ha NT ‘Silvestro dem MO, Gi e 230 
Siméon et S. Jude, idem . . . . Simeone e Giuda idem LAM TORE a 129 IRR 


T 
labéñte du Phénix . . 0 M Teatro la Fenite |. _ JR lo 
DE SN Benoit... Le LENS Héncdetto », MR CPP 
DO ON RL UE n PRET ADO, + OR CT a a 
D Mahibran i i ae CU. — Malibran 1.0, Lilla I 
Théodore (école de S.) . . . . . Teodoro (scuola di.S.). . . . » 276 
ibresor delSaint Marc . © . » . TesorowdiS. Marco. . . 4 | » 43 
Teotocchi Albrizzi (maison de) . . Teotocchi Albrizzi abitazione. . >» 260 
Tiepolo (palais) . . . +. . + + Tiepolo (palazzo). . . . . . » 197 
Mimen'(maisor du}, . .,: 3: , RMTiziono) abitazione ul... v'era 
.— (atelier du) . . . . +. . . + — suo studio . . . . . . . » 134 
Tolentini (église des) . . . . . Tolentini (chiesa dei) . . . . » 214 
Thomas (église de S) . . . . . "“ommaso (chiesa di S) . . . . » 207 
Tour de l’Horloge . . . . + . Torre dell’orologio . . . . . » 69 
Mievesh{palais). . +. la VR + Treves (Palazzo) RE a 
Trévisan, idem. . . . . + + . Trevisan idem. . . . . . . » 89 
DROONNOeN .. COSE ion... Pron idea Ue o MO 178 


V 


Valmarana (palais) . . . . .. . Valmarana (NZ z O0) at 195 
Vendramin-Galergi, idem . . . . Vendramin Calergi idem . . . » 198 
Menier, dem “O. 5 44e e. Menier dem, 4 0 ANNE 
Vigne (église de 8. François de la). Vigna (S. Francesco della). . , » 88 
Mital (église de S) . . . . . . Ville (Chiesa dé SN SO) aa 


VA 
Zacharie (église de S.) . . . . . Zaccaria (chiesa di 8) . , . . « 81 


Zéno, Apostolo (maison de) . . . Zeno Apostolo (abitazione di) , » 194 
Péno (chapelle.de)met “ooo. Zeno (Cappella) "dee 38 


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ls CLICS OS mobi srtesfre 
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